Maxime Laisney
LFI-NFP · France
“Ce texte est une double faute, morale et politique. C’est d’abord une faute morale. Monsieur Darmanin, vous soutenez ce texte, mais je rappelle que votre gouvernement fabrique en permanence des sans-papiers et des personnes en situation irrégulière. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – M.”
“Déjà à l’époque, vous saviez qu’elle contenait des dispositions anticonstitutionnelles, mais vous êtes allés au vote en vous disant que le Conseil constitutionnel se prononcerait après. Quatre mois plus tard, les macronistes ont pris une rouste aux élections européennes. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – M.”
“Monsieur le rapporteur, cher Jean-Victor Castor, vous avez raison. Vous avez raison sur plusieurs points, mais il nous reste un désaccord. Vous avez évidemment raison lorsque vous dénoncez la situation sociale tragique de la Guyane.”
“C’est pour toutes ces raisons que vous pourrez compter, en 2027, sur Jean-Luc Mélenchon pour, d’une part, lutter activement et sans attendre contre la pauvreté, par le renforcement du blocage des prix, par l’indexation des salaires sur l’inflation, par l’augmentation du smic et des prestations sociales, par le développement des services p…”
“Monsieur le rapporteur, vous connaissez les projections pour la Guyane dans le cas où la tendance ne s’inverserait pas : érosion du trait de côte, risque de submersion marine, risque de mouvements de terrain, feux de forêt, augmentation des maladies vectorielles, etc.”
“Nous croyons sincèrement que vous ne faites pas partie des climatosceptiques, mais force est de constater que c’est le cas des groupes qui soutiennent votre texte visant à relancer la recherche, l’exploration et l’exploitation des hydrocarbures.”
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“Je suis heureux d’apprendre par la ministre que le CEA s’est enfin mis au travail pour trier ses archives concernant l’Algérie. Dans le cas de la Polynésie, des historiens nous ont indiqué que ce travail, ainsi que celui fourni par le ministère des armées, avait été de qualité. Il reste à faire de même pour l’Algérie. (M. Matthias Tavel applaudit.)”
“La proposition de loi n’ignore pas totalement le cas algérien, puisqu’il est prévu que les victimes seront indemnisées dans les mêmes conditions si elles étaient présentes à cette période dans les centres d’expérimentations ou dans leurs zones périphériques. Mais nous ne comprenons pas clairement ce qui relève des « zones périphériques ». Dans le cas de la Polynésie, il faut avoir été en Polynésie au mauvais moment pour être indemnisé. Or la Polynésie française est aussi étendue que l’Europe… Par conséquent, les zones périphériques autour des centres d’expérimentations en Algérie mériteraient d’être mieux définies. C’est pourquoi une commission d’enquête est nécessaire, précédée d’un rapport du gouvernement pour faire l’état des connaissances.”
“Il est demandé au gouvernement de remettre au Parlement un rapport consacré à la période des essais nucléaires en Algérie, afin de disposer d’un état des lieux des connaissances qui sera nécessaire pour alimenter les travaux d’une commission d’enquête. Cet état des lieux devra inclure une bibliographie des principales sources historiques et scientifiques sur le sujet, ainsi qu’une cartographie des fonds d’archives connus. En Algérie, des essais nucléaires ont eu lieu entre 1960 et 1966 – quatre essais atmosphériques et treize essais dits souterrains, mais qui ne l’étaient que plus ou moins. Ces essais ont produit des retombées radioactives ; certains sites sont restés contaminés et des déchets nucléaires sont enfouis dans le désert du Sahara, sans que nous sachions précisément où.”
“Il y a sans doute une incompréhension. La loi Morin prévoit que le demandeur peut être assisté d’une personne de son choix. Or l’excellente proposition de loi défendue par Mereana Reid Arbelot et Didier Le Gac ne fait plus référence à cette possibilité. Mon amendement propose donc de l’inscrire dans cette proposition de loi, dont je souhaite l’adoption. J’espère un avis favorable de votre part.”
“Ces preuves peuvent reposer sur des documents anciens ou sur des témoignages ; les demandeurs peuvent être en difficulté face à une institution qui impressionne, comme l’ont rapporté certaines auditions de la commission d’enquête, ou être tellement malades qu’il leur est difficile de faire face à cette institution pour faire valoir leurs droits. Nous demandons donc à reconduire ce qui est actuellement prévu par la loi Morin, à savoir la possibilité pour le demandeur d’être assisté d’une personne de son choix.”
“Nous proposons que toute personne formulant une demande d’indemnisation auprès du Civen puisse être assistée par une personne de son choix. La loi Morin dispose que le Civen organise systématiquement un débat contradictoire auquel le demandeur peut participer assisté d’une personne de son choix. La proposition de loi ne prévoit plus de débat contradictoire systématique – même si le Civen doit tout de même le proposer – et ne fait plus référence à une telle assistance. Or, si le demandeur n’a plus besoin de prouver qu’il a été exposé à plus de 1 millisievert par an, puisque le seuil a disparu, il doit tout de même apporter les preuves qu’il a développé une maladie radio-induite et qu’il était malheureusement présent au mauvais moment et au mauvais endroit – les critères de temps et de lieu.”
“Nous allons le faire à l’Assemblée nationale aujourd’hui. Espérons que le Sénat saura se hisser à la même hauteur, celle de l’histoire de la France ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP et sur plusieurs bancs du groupe EcoS. – Mme Karine Lebon applaudit également.)”
“Aussi le texte introduit-il le principe d’une présomption d’exposition : si vous avez été présent au mauvais endroit au mauvais moment et que vous avez développé une maladie susceptible d’être radio-induite, vous devez bénéficier d’une prise en charge. Oui, une telle disposition a un coût ; c’est une ligne de plus sur la longue facture du développement de la bombe atomique. Nous ne pouvons pas changer le passé. Nous ne sommes pas responsables à titre personnel des choix politiques qui ont été faits dans les années 1960. En tant que représentants de la nation, nous pouvons cependant faire en sorte que la France assume ses responsabilités. Elle ne pourra sans doute jamais remettre en état les atolls de Moruroa et de Fangataufa, mais nous pouvons reconnaître et indemniser les victimes.”
“Il était donc temps de faire cesser ce mépris, largement teinté de colonialisme, en particulier en mettant fin au système permettant de rejeter la demande d’indemnisation de toute personne ayant été exposée à moins de 1 millisievert. En effet, l’existence de ce seuil obligeait le Civen à reconstituer la dose reçue lors des tirs, selon une méthode aussi contestable que les valeurs mesurées à l’époque. Qui plus est, un tel seuil n’a aucune consistance scientifique, puisqu’aucun savant n’a pu déterminer de seuil au-dessous duquel nous pourrions affirmer que l’exposition aux rayonnements ionisants est sans conséquence pour la santé. Il existe en revanche une certitude scientifique : ces rayonnements entraînent des maladies radio-induites – vingt-trois selon la liste officielle.”
“En Polynésie, les essais nucléaires ont eu lieu de 1966 à 1996 : en trente ans, 193 tirs, dont 46 tirs atmosphériques. Une longue histoire de déni, de mépris, de relativisation, de rétention d’information, voire de mensonge par omission ; à la fin, de nombreux malades, des morts, sans reconnaissance ni prise en charge. C’est pourquoi cette proposition de loi constitue une victoire pour ces victimes, au terme de dizaines d’années de lutte. En effet, ces gens – militaires français, civils recrutés par l’armée ou habitants – ont été contaminés, maltraités, condamnés à se battre pour faire reconnaître le lien entre leur exposition aux rayonnements ionisants et l’apparition de cancers ou d’autres maladies.”
“Avant les essais en Polynésie, d’autres s’étaient déroulés en Algérie, à Reggane et In Ekker, sur une période s’étendant de 1960 à 1966. On se souvient de la fameuse Gerboise bleue, première bombe nucléaire française, dont les retombées ont été mesurées jusqu’en Suède. Quatre tirs atmosphériques, treize tirs plus ou moins souterrains, des retombées radioactives, des sites contaminés abandonnés par la France sans décontamination, des déchets enfouis dans le désert du Sahara sans qu’on sache exactement où ils se trouvent : autant de raisons pour nous de soutenir la demande de création d’une commission d’enquête déposée par notre collègue Dominique Voynet afin de faire la lumière sur cette période. Il n’existe aucune raison de pratiquer le deux poids deux mesures, pas plus concernant la vérité que les réparations.”
“En effet, elle a conduit ces essais nucléaires tout en ayant connaissance des risques encourus par les populations et les personnels exposés, sans les en informer pour autant, et le plus souvent sans les protéger correctement. Car oui, on savait : on disposait des retours d’expérience des essais nucléaires américains et même de ceux des largages sur Hiroshima et Nagasaki, et on a fait le choix d’ignorer. Les essais Centaure ou Aldébaran n’ont été précédés d’aucune alerte à la population. Lors des premiers tirs, dans les îles Gambier, il n’y avait pas d’abris. Puis, quand il y en a eu, les abris destinés aux Polynésiens étaient en tôle, et non en béton comme ceux des militaires. Ces derniers aussi, je veux le souligner, ont été exposés, très mal protégés – ils nous l’ont raconté – et nombre d’entre eux sont tombés malades.”
“Madame la rapporteure, monsieur le rapporteur, bravo et merci pour votre proposition de loi visant à reconnaître les victimes de l’exposition aux essais nucléaires en Polynésie. Je crois qu’elle tire avec courage les enseignements de la commission d’enquête que vous avez conduite avec rigueur, ouverture d’esprit et honnêteté – une sorte de commission d’enquête modèle pour cette assemblée ! La France des années 1960 a fait le choix de se doter de l’arme nucléaire et, pour ce faire, de mener des essais nucléaires. Je reprendrai ici les mots de l’historien Jean-Marc Regnault, que nous avons auditionné : « la France a fait accepter l’inacceptable ».”
“Votre réponse ne me rassure pas tout à fait ; je ne pense pas qu’elle rassure non plus les salariés qui nous écoutent et les représentants syndicaux qui sont présents ici. Vous indiquez qu’une réflexion est en cours au sein du gouvernement en vue, le cas échéant, d’une réorganisation. Ce n’est pas la réponse que l’on attendait aujourd’hui. La nomination prochaine d’un nouveau président est une bonne nouvelle. Notons bien d’ailleurs qu’il doit s’agir d’un nouveau président, car il n’est plus possible de reconduire le président actuel dans ses fonctions. Je comprends en tout cas que la phase de recrutement est en cours. Quoi qu’il en soit, nous restons inquiets. Je précise que, par « dissolution », j’entends dissolution dans une autre entité, et non disparition – j’ose espérer que celle-ci n’est pas à l’ordre du jour.”
“En effet, le CSTB conduit une recherche appliquée et collaborative nourrie par la recherche académique. Or il n’y a pas de solution alternative : le secteur privé ne le fait pas. D’autre part, la dotation de l’État ne représente qu’un dixième du budget global du CSTB ; c’est peu mais, en même temps, c’est indispensable pour permettre de nouveaux investissements. Enfin, dissoudre le CSTB reviendrait à tourner le dos à l’avenir. Nous l’avons constaté dans le domaine de la rénovation : la politique de stop and go affectant MaPrimeRénov’ est une catastrophe.”
“Enfin, la presse s’est fait l’écho de velléités du gouvernement de fusionner le CSTB avec d’autres organismes qui n’ont pourtant ni le même statut ni les mêmes missions – par exemple, avec le Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement (Cerema). Le gouvernement a-t-il prévu de dissoudre le Centre scientifique et technique du bâtiment dans une autre entité ou bien de le privatiser complètement ? Pour ma part, comme l’intersyndicale inter-établissements qui s’est formée pour défendre son outil de travail, je reste convaincu que, bien évidemment, aucune de ces deux hypothèses ne permettrait au CSTB de continuer à assurer ses missions de service public, indispensables au secteur d’activité dont le ministre du logement a la charge.”
“Or les représentants syndicaux de ces travailleuses et travailleurs – dont je salue la présence dans le public ce matin – m’ont fait part de leurs craintes quant aux intentions du gouvernement auquel vous appartenez. Partageant leurs inquiétudes, je voudrais me faire ici leur porte-voix, tant les indices commencent à s’accumuler. D’abord, alors que le second mandat du président du CSTB est arrivé à son terme et que le gouvernement aurait dû nommer depuis quatre mois une personne pour lui succéder, vous avez préféré lui proposer de poursuivre sa présidence, par intérim, jusqu’à fin février. Ensuite, dans le cadre du projet de loi de finances pour 2026, vous avez modifié le programme à partir duquel est versée la dotation de l’État au CSTB, sans expliquer vos motivations.”
“Cet établissement s’occupe donc d’enjeux majeurs actuels et futurs : la réglementation, la certification des matériaux et des procédures, pour que les artisans puissent établir des garanties décennales, par exemple, et la recherche fondamentale et technique nécessaire à l’innovation dans le secteur, notamment pour l’atténuation du changement climatique et l’adaptation à ce changement. Le CSTB est en mesure d’assurer toutes ces missions, de manière indépendante, non seulement grâce à des équipements uniques, mais surtout grâce à plus de 1 000 salariés, répartis sur quatre sites – Nantes, Grenoble, Sophia Antipolis et Champs-sur-Marne, qui se trouve dans ma circonscription. Je pense aux plus de 700 techniciens, ingénieurs et chercheurs.”
“Ma question porte sur l’avenir du centre scientifique et technique du bâtiment, le CSTB, dont on peut craindre que vous souhaitiez la disparition, du moins dans sa forme actuelle. Le CSTB est un établissement public à caractère industriel et commercial, qui exerce des missions de service public réparties dans cinq activités du secteur de la construction des bâtiments, des quartiers et des villes : la recherche, l’expertise, l’évaluation, la certification et la diffusion des connaissances.”
“Monsieur le ministre des transports, ma collègue Clémence Guetté et moi-même souhaitons savoir comment vous comptez remédier à ces restrictions au droit de se déplacer, notamment dans les territoires franciliens.”
“En ce qui concerne la hausse du prix du passe Navigo, la pilule a été particulièrement difficile à avaler dans ma circonscription, notamment à Chelles, commune desservie par les lignes P et E du RER sur lesquelles des travaux – certes indispensables – affectent le trafic tous les soirs et tous les week-ends depuis de très nombreux mois sans qu’on en voie la fin. Les témoignages s’accumulent dans nos circonscriptions : des personnes qui n’avaient jamais fraudé de leur vie sont désormais contraintes de le faire. On voit bien comment les politiques d’austérité menées par les droites à tous les échelons – État, régions et départements – poussent des personnes à frauder, ce qui justifie ensuite d’augmenter la répression de la fraude avec un coût conséquent et des risques pour les agents.”
“En quelques mois, dans le Val-de-Marne, l’accès aux transports a ainsi été rendu très difficile pour de nombreuses personnes : hausse du prix du passe Navigo – de 20 euros en dix ans ; en juin 2024, suppression du remboursement à hauteur de 50 % du passe Navigo pour les lycéens et les étudiants non-boursiers ; en mars 2025, suppression de la carte Améthyste dont bénéficiaient 50 000 Val-de-Marnais de plus de 60 ans, en situation de handicap ou anciens combattants ; enfin, annonce de la privatisation de la plupart des lignes de bus de la région, instaurant une concurrence entre opérateurs, avec à la clé une dégradation du service et des conditions de travail.”
“J’observe que nombre des constats de ma collègue Clémence Guetté se vérifient aussi dans mon département, la Seine-et-Marne. La situation actuelle est telle que le droit de se déplacer est remis en cause. Cela conduit à l’enclavement des personnes les plus fragiles – les jeunes, les personnes âgées, les personnes en situation de handicap et de grande précarité. Pour une grande partie de la population, se déplacer, y compris au sein de sa propre ville, est parfois devenu un coût à arbitrer, voire un parcours du combattant. Ces politiques de malheur touchent particulièrement les habitants des banlieues urbaines, très dépendants des réseaux de transport collectif pour aller travailler ou étudier, pour faire leurs courses, pour profiter de loisirs culturels et sportifs, ou tout simplement pour accéder à leurs droits.”
“Ce sera Le Pen ou Bardella, votre candidat ?”
“Ce n’est pas ce qu’a dit la commission d’enquête !”
“Vous êtes désormais obligés d’ajouter le nom de Bardella à celui de Le Pen !”
“Et, comme on voit, ça marche super bien !”
“Et vous pensez obtenir satisfaction d’ici au 19 décembre ?”
“De surcroît, en contribuant à l’électrification des usages, la mesure proposée participerait à la transition énergétique du pays. C’est même un soutien supplémentaire que nous apporterions aux entreprises. Je terminerai, madame la ministre, en vous rappelant qu’on attend toujours les fameux seuils de taxation. C’est juste au 1 er janvier… (Le temps de parole étant écoulé, Mme la présidente coupe le micro de l’orateur. – Quelques députés du groupe LFI-NFP applaudissent ce dernier.)”
“Dans cet amendement, nous proposons purement et simplement d’annuler le très mauvais mécanisme qu’est le VNU et de le remplacer par un dispositif qui taxe, au-dessus d’un certain seuil de profit, toutes les capacités de production d’électricité du pays, quelles qu’elles soient. Cela permettrait d’appuyer les factures sur les coûts de production du système électrique français, et de sortir des aléas du marché. Par ailleurs, nous proposons d’étendre le tarif réglementé de vente à l’ensemble des entreprises, qu’elles soient petites et moyennes ou de taille intermédiaire, mais aussi aux collectivités et aux bailleurs sociaux. C’est un amendement dont l’adoption nous permettrait de lutter contre la précarité. Je rappelle que dans notre pays, 3,5 millions de ménages ont du mal à se chauffer et souffrent du froid chaque hiver.”
“Au nom de l’équilibre du réseau, on va leur demander de couper le chauffage en janvier pour l’allumer plutôt en août, parce qu’il y a moins de tension sur le réseau à cette date ! Il faut supprimer ce dispositif mais, encore mieux, il faut le remplacer. C’est pourquoi je vous invite à ne pas voter pour l’amendement n o 3768, que j’ai pourtant cosigné avec notre collègue Bolo, mais pour l’amendement n o 987 rectifié, dont je suis premier signataire et qui a été adopté en commission des finances. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Non seulement il tend à supprimer l’ensemble du VNU mais surtout, il prévoit de le remplacer par un mécanisme grâce auquel les factures refléteront enfin les coûts de production du système électrique français. (« Bravo ! » et applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Lors des auditions menées avec Philippe Bolo dans le cadre du rapport d’information sur le prix de l’électricité, la compétitivité des entreprises et l’action de l’État, l’ensemble des acteurs ont affirmé que le VNU était un parapluie percé de toutes parts et placé trop haut. C’est effectivement un très mauvais mécanisme. Les cabinets dont on a pu lire la prose nous disent prévoir une augmentation des factures de 35 % pour les agriculteurs, de 28 % pour les industriels et de 18 % pour les boulangers. Le VNU, c’est vraiment très mauvais. L’article 41 précise le mécanisme et prévoit de privilégier les consommations d’été pour maintenir l’équilibre du réseau électrique. En vérité, c’est un nouveau cadeau fait aux industriels. On pourrait certes estimer que le geste est légitime mais le coût sera, dans les faits, payé par les ménages.”
“L’article 41 se rapporte au VNU. Cet acronyme désigne le versement nucléaire universel mais pourrait tout aussi bien signifier « vraiment nul », parce que c’est le cas ! (Sourires sur les bancs du groupe LFI-NFP.) En effet, on comprend, à la lecture de l’article, que le VNU ne sera pas universel et que rien ne sera versé à l’arrivée. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.) La disparition de l’accès régulé à l’électricité nucléaire historique (Arenh) à la fin de l’année exposera la quasi-totalité des consommateurs aux mécanismes de marché. Le VNU est un bricolage hérité de Bruno Le Maire.”
“Il faut arrêter de s’informer sur Facebook !”
“Mais ça fait deux intervenants pour les amendements !”
“Par cet amendement, nous proposons un retour à 5,5 % du taux de TVA sur l’abonnement et sur la consommation des premiers kilowattheures d’électricité et des premiers mètres cubes de gaz, ceux qui sont indispensables à une vie digne – étant entendu qu’il y a, de manière générale, un enjeu de maîtrise de la consommation d’énergie. C’est la lutte contre la précarité énergétique qui se joue ici : ces dernières années, nous le savons, 3,5 millions de foyers ont souffert du froid.”
“Dans le budget pour 2025, imposé par 49.3 par François Bayrou, il avait été décidé de porter à 20 % le taux de TVA sur l’abonnement d’électricité, sous prétexte que l’Union européenne obligeait à harmoniser les taux de TVA sur l’abonnement et sur la consommation. Toutefois, quand deux taux différents sont appliqués, 5,5 % et 20 %, on peut soit augmenter le premier à 20 %, soit baisser le second à 5,5 % ! Par ailleurs, dans ce même budget imposé par 49.3 par Bayrou, il avait été décidé d’augmenter une autre taxe, l’accise sur les produits énergétiques.”
“Continuez de soutenir le président des riches et de l’inaction climatique ! Nous, jeudi prochain, dans notre niche, nous défendrons un texte visant à abroger l’accord de libre-échange avec le Mercosur. (Les députés du groupe LFI-NFP se lèvent pour applaudir.)”
“– Applaudissements sur quelques bancs du groupe EcoS.)”
“(Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.) Nous saluons l’action des peuples autochtones qui ont fait irruption dans cette conférence pour dénoncer le saccage de la forêt amazonienne, ce grand régulateur climatique désormais proche de son point de bascule. (Mêmes mouvements.) Cet écosystème est détruit par la mafia agro-industrielle qui accapare les terres pour l’élevage bovin et la culture du maïs et du soja destinés à nos élevages français – tout ce que l’accord entre l’Union européenne et le Mercosur va décupler, sous les applaudissements du président Macron. Quatrième hypocrisie ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – M. Benoît Biteau applaudit également.) Qu’allez-vous faire pour que la France s’oppose enfin, pour de bon, à ce traité mortifère ? (Les députés du groupe LFI-NFP se lèvent et applaudissent.”
“Pourtant, vous emmenez Patrick Pouyanné, PDG de TotalEnergies, à la COP30, alors que l’entreprise vient d’être condamnée pour pratiques commerciales trompeuses liées à son greenwashing , et tandis que les hydrocarbures représentent toujours 97 % de sa production. Deuxième hypocrisie ! (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP et sur quelques bancs du groupe EcoS.) Les pays riches, principaux responsables du changement climatique, s’étaient engagés à verser 300 milliards de dollars par an aux pays les plus vulnérables. Il faudrait tripler ce budget, mais Emmanuel Macron refuse de rouvrir ce débat et plaide même pour que l’argent soit versé sous forme de prêts, au risque d’endetter encore davantage ces pays. Troisième hypocrisie.”
“Madame la ministre de la transition écologique, dix ans après les accords de Paris, la COP30 se tient au Brésil dans une indifférence coupable. Alors que les scientifiques affirment que l’objectif de limiter l’augmentation des températures à 1,5 degré n’est plus atteignable, l’ONG Oxfam, de son côté, révèle que les 308 premières fortunes du globe génèrent davantage d’émissions de gaz à effet de serre que 118 pays réunis. Pourtant, le bloc bancal s’évertue à protéger les milliardaires. C’est la première hypocrisie. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) N’en déplaise au président Macron, notre pays n’est pas sur la bonne voie : cette année, la baisse de nos émissions de gaz à effet de serre sera six fois inférieure à l’objectif fixé, et notre mix énergétique reste composé à 60 % d’énergies fossiles.”
“Vous pouvez nous rappeler le coût de Flamanville ?”
“Voulons-nous décarboner notre économie ? C’est ça, la question !”
“Parce que nous étions contre la partie recettes !”
“Pour respecter l’accord de Paris, Oxfam souligne qu’il faudrait que les milliardaires réduisent leurs émissions de gaz à effet de serre de 99 % d’ici à 2030. En effet, leur train de vie est particulièrement écocide – nous avons déjà parlé de leurs jets privés ou de leurs yachts, que vous refusez de taxer. En outre, ils investissent bien souvent dans les entreprises les plus polluantes. En vérité, 308 milliardaires qui bousillent la planète ont une empreinte carbone équivalente à celle de 118 pays réunis ! Ainsi, taxer les plus riches est évidemment une mesure de justice sociale et fiscale, mais empêcher les plus riches de devenir mégariches est surtout une question de survie pour nous toutes et tous. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Alors que les 50 % les plus pauvres de la population mondiale ont une empreinte carbone inférieure à 2 kilogrammes d’équivalent CO 2 par jour, celle des 0,1 % les plus riches s’élève à 800 kilogrammes d’équivalent CO 2 par jour, soit 400 fois plus. Depuis 1990, la moitié de l’humanité la plus pauvre a vu son empreinte carbone diminuer de 3 %, tandis que celle des super-riches – les 0,1 % les plus riches – a augmenté de 32 %. Dans ces conditions, d’après les membres du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec), il est désormais certain que le réchauffement climatique sera d’au moins 1,5 degré. Le budget carbone qu’il nous reste à consommer avant d’atteindre cette limite sera épuisé d’ici à trois ans.”
“Par cet amendement, le groupe La France insoumise propose d’instaurer, pour dix ans, une taxe de 0,5 % sur le patrimoine des 1 % les plus riches, pour financer en particulier le développement des énergies renouvelables. Cette mesure est inspirée du rapport de Jean Pisani-Ferry et Selma Mahfouz, qui indiquait que, pour atteindre la neutralité carbone en 2050, il fallait investir 34 milliards d’euros par an. Il s’agit évidemment de prendre l’argent là où il est, mais aussi de le retirer aux mégariches. L’ONG Oxfam a tout récemment publié un rapport indiquant que les mégariches crament littéralement la planète.”
“Les gens seront atteints de cancers bien français !”
“Une agente de préfecture ! Écoutez donc !”