Pierre-Yves Cadalen
LFI-NFP · France
“La collègue Saint-Paul s’en va. C’est dommage, car je souhaitais répondre sur l’usage assez curieux qu’elle a fait de George Orwell. Selon elle, 1984 est la raison pour laquelle nous nous interdisons de tomber dans la dérive liberticide du gouvernement, ce qui serait un problème.”
“…qui se prétendait libéral, a floué son beau monde en 2017. Il a même écrit un livre intitulé, excusez du peu, Révolution . Nous sommes hostiles au néolibéralisme et au libéralisme économique, mais nous connaissons la tradition du libéralisme politique, incarnée notamment par Montesquieu et Benjamin Constant.”
“Karl Marx disait que lorsque l’on vous montre tel que vous êtes, lorsque l’on dit quels intérêts vous représentez, vous ne le supportez pas parce que vous n’assumez pas ce que vous êtes et ce que vous faites.”
“Nous avons bien compris que votre priorité n’était pas du tout de garantir un logement pour toutes et tous, de respecter le préambule de la Constitution de 1946 ou encore la vocation sociale de notre République.”
“C’est d’autant plus ridicule que le pays souffre et que vous n’en avez rien à faire ! (Mêmes mouvements.) Le Haut Conseil pour le climat a dit ce matin que la France n’était pas prête pour la canicule. Et vous voulez que nous discutions de cette loi Ripost qui n’est ni faite ni à faire, de ce fourre-tout invraisemblable ?”
“De l’aveu même de l’Union nationale des propriétaires immobiliers (UNPI), le ministère de l’intérieur dénombre seulement 6 000 à 7 000 squattages par an.”
The complete record
Every one of 373 lines we hold for Pierre-Yves Cadalen, in date order, each linked to its source. Free to read, in full, without an account. Page 2 of 8.
“Vous me dites que c’est faux. Mais vous n’étiez pas, comme moi, samedi dernier à Astropolis, le plus grand festival de musique électronique de France, où j’ai eu tout le loisir d’échanger avec des personnes qui connaissent bien mieux le sujet que vous ! (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.)”
“J’ai été ému de voir à Brest, au cours de l’une de ces manifestations, non seulement les jeunes qui dansaient, mais aussi les parents qui les accompagnaient pour les soutenir ainsi que des personnes de 40, 50 ou 60 ans qui m’ont dit : « Vive la free ! » Ce sont eux les véritables héritiers de Mai 68, et certainement pas vous ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP et sur quelques bancs du groupe EcoS.) Enfin, ce qui se joue dans tout cela, c’est un certain rapport à la culture. Ne dissociez pas les festivals des free parties . C’est d’abord dans les free parties que les DJ se forment , de même que les ingés son et les ingés lumière, qui deviennent ensuite des intermittents du spectacle.”
“Peut-être que ce nombre pourrait être atteint aux banquets du Canon français, où la place coûte 80 euros, ou dans les fêtes de CNews et de Bolloré. Mais, bien entendu, dans ces beaux rallyes, dans ces banquets, personne n’est dangereux ni ne consomme de drogue ! Votre rapport à la fête est marqué du sceau de la classe que vous représentez. Vous êtes les représentants de la bourgeoisie. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – M. Benjamin Lucas-Lundy applaudit également.) Voilà ce que vous défendez lorsque vous défendez tantôt le Canon français, tantôt les rallyes, tantôt autre chose. Il faut garder à l’esprit que les free parties sont des espaces de rencontre, tout comme les manifestations organisées pour les défendre.”
“Faites attention en fixant le seuil : les soirées que vous affectionnez peut-être, ces fameux petits rallyes bourgeois, pourraient finir par réunir 250 personnes ! (Exclamations sur les bancs du groupe EPR.)”
“Benjamin Lucas-Lundy applaudit également.) Marine Le Pen ne veut pas de son bracelet électronique, mais elle veut enchaîner la musique électronique ! (Mêmes mouvements.) Nous serons sur son chemin. Vous ne connaissez peut-être pas le slogan des manifestives, mais apprenez-le, monsieur le ministre, et enseignez-le au président de la République : on n’arrête pas un peuple qui danse ! (Vifs applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP et sur quelques bancs du groupe EcoS. – Mme Sophia Chikirou se lève pour applaudir.)”
“…vous vous en prenez à la liberté, car vous la détestez ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – Exclamations sur les bancs des groupes RN, EPR, HOR et UDR) Vous vous en prenez à la fête ! Lorsque nous défendons les free parties, par ces amendements, nous apportons à votre Ripost la réplique de la joie, de la fête, du bonheur que vous nous refusez et que vous vous refusez à vous-même ! L’ennui profond des groupes d’Édouard Philippe et de Marine Le Pen, qui défendent l’interdiction des free parties , transpire de ces propositions. La société que vous nous proposez pour 2027 est une société triste. Nous n’en voulons pas ! Nous sommes les partisans de la joie et de la fête que vous refusez ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – M.”
“Vous n’aimez pas les free parties , vous n’avez rien compris. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – Exclamations sur les bancs des groupes RN, EPR, HOR et UDR.) La répression qui doit selon vous s’abattre sur les organisateurs de fêtes est une trouvaille invraisemblable. Enfermer des personnes qui veulent faire la fête ? Vous ne les connaissez pas, vous ne leur parlez pas ! Êtes-vous allés les rencontrer en manifestation, lors de ce puissant mouvement de masse de défense des libertés publiques ? (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – M. Benjamin Lucas-Lundy applaudit également.) Plus de 60 000 personnes ont défilé contre votre projet de loi liberticide, parce qu’elles ont bien compris ce à quoi vous vous en prenez : comme vos prédécesseurs sur ces bancs dans les années 1960,…”
“L’équilibre du texte que vous venez de voter, on en parle ?”
“Vous piétinez l’État de droit ! Vous offensez la République !”
“» J’y insiste à nouveau : c’est bien la question de la liberté que pose ce texte, par lequel vous voulez pourchasser les personnes étrangères dont vous jugez l’union suspecte – on se demande bien de quel droit vous vous permettez de les suspecter. Puisque nous parlons de liberté et de création juridique, je rappelle que la création juridique se nourrit aussi de création culturelle. J’en profite donc pour terminer ma lecture du poème de Marion Collé : « Inventer pour résister « Résister pour se perdre « Se perdre pour être libre « Être libre pour être au monde « Être au monde pour être ardent « Percé par la poussière « Pour être la matière « Pour être dans l’espérance « Pour être l’espérance « Comme une petite fenêtre « Une toute petite fenêtre. » (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Il a été question tout à l’heure de la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne et nous évoquons à présent la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen. On aurait pu inverser l’ordre d’examen des sous-amendements, puisque la source originelle de la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne se trouve évidemment dans notre texte. Nous voulons ici faire référence à l’article 2 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, qui dispose que : « Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l’homme. Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté, et la résistance à l’oppression.”
“Si votre texte est adopté, on en viendra à suspecter toutes les personnes étrangères de ne pas vraiment avoir le droit d’être là. Cette logique consistant à les pourchasser, que vous avez vous-mêmes instaurée, encouragée et saluée par vos mugissements au Parlement européen, nous la combattons. Nous en sommes fiers, et nous continuerons de le faire. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – M. Marcellin Nadeau applaudit également.)”
“Il porte lui aussi sur la question essentielle des libertés fondamentales, dont nous discutons depuis le début de ce débat. Je redonne lecture de l’article 7 de la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne, qui s’intitule « Respect de la vie privée et familiale » : « Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de ses communications. » Il y est bien question de la notion de personne, c’est-à-dire des personnes humaines en général, qui sont toutes égales, quelles qu’elles soient. D’une certaine façon, cette charte plonge ses racines dans la Révolution française, dans ce moment où, depuis Paris, nous avons affirmé que les êtres humains étaient égaux en droit et qu’il existait un genre humain fondamental uni par une condition commune. Mais vous, vous n’en avez rien à faire.”
“Pensez-vous vraiment qu’il s’agit d’une raison suffisante pour dénoncer un mariage, pour s’immiscer dans la vie des gens et la leur pourrir ? Ça suffit, votre monde de malheur ! (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.)”
“(Exclamations sur les bancs du groupe RN.) L’un des problèmes fondamentaux sous-jacents au texte est que de nombreuses personnes se trouvent dans une situation administrative impossible, contraintes de quitter le territoire français, parfois du seul fait de l’absence de réponse de l’administration. Peut-être n’écoutez-vous pas ceux qui viennent vous exposer ces difficultés, messieurs les députés d’extrême droite. Des usagers expliquent que l’application de l’administration numérique pour les étrangers en France (Anef), sur laquelle ils doivent faire leurs démarches administratives, peut cesser de fonctionner, ce qui les empêche de déposer leur demande dans les délais imposés. Vous ne pouvez ignorer que ce dysfonctionnement conduit ces personnes à se retrouver sous le coup d’une OQTF.”
“Ce sous-amendement s’inscrit dans le même esprit que celui que j’ai défendu précédemment. Il vise à souligner que nombre de droits et de libertés sont menacés et que la loi doit être rédigée en en tenant compte. Tout à l’heure, vous disiez que nous parlions des personnes racisées ou de couleur. Non, nous parlions des personnes sous OQTF visées par la présente proposition de loi ! Et nous sommes opposés à ce que le maire ait le pouvoir de se mêler de la vie intime de ces personnes placées sous son administration. Ce n’est pas le rôle d’un maire de se préoccuper de telles questions.”
“Avec cette proposition de loi, vous leur refuserez maintenant la liberté de se marier – alors qu’en homonationalistes que vous êtes, vous utilisez bien souvent le prétexte de la cause LGBT, en la salissant toujours et davantage ! (M. Andy Kerbrat applaudit.) Ceux qui ont lutté pour les droits LGBT sont de ce côté-ci de l’Hémicycle et le resteront ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Il est rédactionnel ; nous attachons une importance toute particulière à la précision de la langue et de l’expression. En proposant de remplacer « en particulier » par « dont », nous entendons souligner que cette proposition de loi parfaitement insupportable – et que nous allons tenir en échec – menace plusieurs libertés. Ce matin, j’ai évoqué devant vous le cas absolument inadmissible de Ruben Torres, placé sous une OQTF parce qu’on ne croyait pas à son récit. Quelques jours après son retour au Honduras, il a été abattu par un gang – c’est précisément ce qu’il disait craindre. J’ajoute que, parmi les libertés concernées, il y a celle de pouvoir vivre son orientation sexuelle. Or les personnes LGBT placées sous OQTF – puisque vous placez maintenant tout un tas de gens sous OQTF – risquent la mort si vous les renvoyez chez elles.”
“Cette honte a aussi été incarnée, d’une autre façon, par Éric Ciotti lorsqu’il a affirmé ce matin avoir été mis en cause, insulté et – pire encore – avoir dû subir la lecture d’un poème. Le pauvre ! Il devra en subir une autre, celle d’un poème de Marion Collé : « Inventer pour résister « Résister pour se perdre « Se perdre pour être libre « Être libre pour… (M. le président coupe le micro de l’orateur. – Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Ce texte jettera des dizaines de milliers de personnes dans une situation désespérante. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – M. Benjamin Lucas-Lundy applaudit également.) Vos collègues étaient là, repus de leur haine et de la barbarie qu’ils incarnent, et criaient « Send them back ! » – « Renvoyez-les ! ». Comme si cela avait quelque chose à voir avec l’Europe et les libertés fondamentales qu’elle a longtemps prétendu incarner. Lorsque vous vous levez et faites ainsi votre cirque au Parlement européen, vous êtes la honte du pays, la honte de la France des Lumières, la honte de l’Europe des Lumières telle qu’elle a pu exister ! (Plusieurs députés du groupe LFI-NFP ainsi que MM. Paul Christophle et Benjamin Lucas-Lundy se lèvent pour applaudir. – Exclamations sur plusieurs bancs des groupes RN et UDR.)”
“Le terme de « libertés fondamentales » que ce sous-amendement tend à introduire est essentiel. Il permet de replacer cette proposition de loi dans son contexte. Mercredi dernier, au Parlement européen, vos collègues d’extrême droite se sont satisfaits – avec une vulgarité terrible – d’un texte honteux, qui piétine les libertés humaines ! (Exclamations sur plusieurs bancs du groupe RN.)”
“(Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP, dont plusieurs députés se lèvent. – Mme Cyrielle Chatelain et M. Benjamin Lucas-Lundy se lèvent et applaudissent également.)”
“« t’aimer par-delà l’horizon plus loin que le réel t’aimer au-delà du crépuscule se noyant dans l’océan plus fort que des fleurs l’éclos ou des vagues la cohue t’aimer » « comme une nuit au parfum abyssal où l’on parle d’Hemingway et l’on boit du rhum vieux où la vie n’a de sens que ton rire allongé sur la dune défiant la tiédeur de l’été » « ivre rire de vie mesurant le flétrissement du temps le vent est long pourtant et beau ainsi que tes pas sur la plage nue enjambant les premières lueurs de l’aube » « quel sens ton absence aujourd’hui où la lune s’effeuille telle rivière légère dans la chaleur de la nuit » « par-delà l’essence des choses t’aimer la vie étrange alchimie le néant d’où elle sourd et se jette […] » « t’aimer plus loin que tous les défis plus fort que la solitude dans l’attente dérisoire de ton rire la vie lente et ses mystères dans la solitude de toi par-delà le songe même t’aimer » Voici ce à quoi l’extrême droite s’en prend.”
“Ils ne sont pas là mais sans doute, depuis la buvette, peuvent-ils entendre un poème qui les ramènera peut-être à des sentiments plus humains. Je vais vous lire « serment », écrit par Louis-Philippe Dalembert, né à Haïti.”
“Comment pourrait-on l’accepter un seul instant ? Peut-être est-ce parce qu’ils se sont rendu compte du caractère scandaleux de leur proposition de loi qu’ils ont déserté l’hémicycle ? (Sourires et applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)”
“…on se demande à quoi ils sont bons. De façon générale, ils ne sont bons qu’à une chose : pourchasser le fruit de leurs obsessions. Que leur ont fait les personnes étrangères ? Comment les humanistes que nous sommes pourraient-ils ne pas voir le caractère scandaleux de cette proposition de loi d’une violence totale pour les personnes étrangères, qui toutes se verront suspectées et pourront être convoquées pour présenter tel ou tel papier alors que la seule chose qu’elles veulent est vivre avec la personne qu’elles aiment ? (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – Mme Stella Dupont applaudit également.) La proposition de loi pose un problème décisif, car elle procède d’une volonté de s’opposer à la liberté du mariage. Cette suspicion généralisée à l’égard des personnes étrangères est inadmissible.”
“Daniel Balavoine, déjà, nous interrogeait : « Qu’est-ce qui pourrait sauver l’amour ? » (Sourires et applaudissements sur les bancs des groupes LFI-NFP et EcoS.) Aujourd’hui, nous avons la réponse : certainement pas l’extrême droite. Il est vrai qu’étant donné le vide abyssal de leurs bancs dans l’hémicycle,…”
“D’ailleurs, l’un de vos soutiens les plus précieux, les plus en phase avec vos perspectives idéologiques, Bruno Retailleau, a dit qu’il était en faveur de cette proposition de loi, lorsque Robert Ménard a été mis en cause en lien avec ce mariage, parce que selon lui, l’État de droit n’est « ni intangible, ni sacré ». (M. Benjamin Lucas-Lundy s’exclame.) À Bruno Retailleau et à vous-mêmes, nous disons que si, l’État de droit a un caractère sacré ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – M. Benjamin Lucas-Lundy applaudit également.) Cela s’appelle les libertés publiques, cela s’appelle l’égalité humaine – en somme, un mot que vous avez toujours détesté, de ce côté-là de l’hémicycle, la République ! Regardez les comptes rendus du XIX e siècle, ça vous cultivera un peu…”
“Vous devez compter vos soutiens dans le pays. Ils ne sont pas nombreux concernant ce texte, puisque tout le monde s’en fiche, des collègues l’ont dit. Personne n’en a rien à faire de cette histoire de prétendus mariages blancs. Votre argument est splendide : selon vous, puisque Robert Ménard s’est placé lui-même hors la loi, il faut garantir la sécurité des élus. Vous choisissez d’enfreindre la loi, et vous dites : attention, nous nous sommes mis nous-mêmes en danger. (Applaudissements sur quelques bancs des groupes LFI-NFP et EcoS.) Vous rendez-vous compte du pathétique absolu de la situation et de ce que vous donnez à voir au pays, de votre irrespect profond et total de nos institutions et de nos principes de droit ? Vous ne vous en rendez pas compte, comme d’habitude.”
“Benjamin Lucas-Lundy applaudit.) Il l’a refusé en 2024, il le refusera en 2027, date à laquelle il élira Jean-Luc Mélenchon à la présidence de la République, pour votre plus grand déplaisir ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – Rires et exclamations sur les bancs du groupe RN.)”
“(Exclamations sur les bancs des groupes RN et UDR.) Je tiens à signaler qu’une telle suspicion produit des effets très concrets. Je pense à ce jeune Hondurien, Ruben Torres, qui n’a pas été cru lorsqu’il a déclaré être poursuivi par des gangs dans son pays. Quelques jours plus tard, frappé d’une OQTF, il a été renvoyé dans son pays, où il a été tué par balles. Voilà l’effet de la suspicion que vous faites peser sur des vies humaines ! Vous rendez-vous compte de votre brutalité et de votre manque total d’humanité ? (M. Jean-François Coulomme et M. Benjamin Lucas-Lundy applaudissent.) Si nous résistons aujourd’hui, c’est parce que nous en avons le mandat, confié par le peuple français qui a refusé de vous donner le pouvoir lors des dernières élections législatives. (M.”
“Imaginez les conséquences de l’adoption d’une telle loi. Toute personne étrangère souhaitant se marier deviendrait suspecte, et les maires seraient en droit d’exiger la production de documents variés pour justifier de sa situation administrative. Réfléchissez-y concrètement : trouvez-vous cela normal ? (M. François Piquemal et M. Benjamin Lucas-Lundy applaudissent.) Est-ce conforme au principe d’égalité, fondateur de notre République ? Nous savons que vous l’avez toujours combattu. (Exclamations sur quelques bancs des groupes RN et UDR.) Laissez-moi vous dire que les personnes sous OQTF ne sont pas des sous-hommes. Ce sont des êtres humains. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe EcoS.) Nous sommes tous égaux. Cessez de vouloir trier les gens !”
“Cette proposition de loi est placée sous le signe d’une valeur que vous imposez à tout le monde, et surtout aux plus faibles : la suspicion généralisée.”
“Vous révélez ainsi votre vraie nature, celle que vous avez toujours eue, celle de l’extrême droite, votre passion pour l’inégalité et pour la brutalité. Si vous vous placez hors la loi… (Le temps de parole étant écoulé, M. le président coupe le micro de l’orateur.)”
“Au vu de la production d’un tel texte, cela laisse à penser que les sénateurs s’ennuient considérablement et qu’il n’est pas nécessaire que cette institution persiste sous la future VI e République ! (M. Jean-François Coulomme applaudit.) En commençant nos débats ce matin, nous voyons le RN et l’UDR applaudir. Mais applaudir quoi ? Le fait que Robert Ménard se soit placé hors la loi ! (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.) Il a enfreint la loi pour le malheur des personnes qu’il a frappées par sa brutalité, et vous vous en réjouissez ! (Exclamations sur quelques bancs des groupes RN et UDR.) Nous, nous refuserons toujours ce genre de passions tristes, minables et médiocres, que vous étalez ainsi devant le pays.”
“…inscrit à l’ordre du jour de notre assemblée par l’extrême droite, mais qu’il nous vient d’un sénateur centriste. Il faut donc analyser cette proposition sous son vrai jour : celui d’une convergence xénophobe, préoccupante pour notre République, entre certains membres du bloc dit central et l’extrême droite. (M. Benjamin Lucas-Lundy et Mme Gabrielle Cathala applaudissent.) Vous avez un drôle de sens des priorités. Dans un contexte où les inégalités se creusent, où le changement climatique frappe si durement le pays et où la canicule nous accable, vous voulez interdire à des gens de se marier, leur interdire de s’aimer. C’est absolument insupportable ! (Applaudissements sur quelques bancs des groupes LFI-NFP et EcoS.) Puisque le présent texte nous vient du Sénat, cela devrait nous conduire à une réflexion institutionnelle.”
“Pour éclairer les débats en cette heure matinale, il convient de rappeler que ce texte est…”
“En réalité, on trouve moitié moins de cadmium dans l’agriculture biologique, et la question posée aujourd’hui est donc bien celle de la bifurcation du modèle agricole. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Il faut engager cette bifurcation et nous n’avons aucune confiance dans ce gouvernement pour le faire. Il est grand temps d’en changer, comme il est grand temps de changer de président de la République ; nous nous en chargerons dès l’année prochaine ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Je demande à la droite et à l’extrême droite de cet hémicycle : n’avez-vous rien retenu de la mobilisation citoyenne massive contre la loi Duplomb ? N’avez-vous rien compris ? (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) J’ai été interpellé dans ma circonscription par une femme me disant qu’elle avait toujours voté à droite, mais qu’elle ne comprenait pas pourquoi la droite et l’extrême droite avaient voté contre la santé de ses enfants. Vous commettez à nouveau cette faute politique majeure d’une gravité exceptionnelle. (Mêmes mouvements.) Rappelons que 12 000 cancers mortels du pancréas par an sont liés au sujet dont nous parlons. C’est considérable. Pourquoi en êtes-vous là ? Vous refusez de reconnaître le caractère politique et structurel de ces maladies.”
“…dans le nord du Finistère, où l’élevage porcin pourrit les eaux, pourrit la campagne et, autour de Brest, de nombreux points d’eau sont fermés à cause de votre politique agricole. (Mêmes mouvements.) Il faut en assumer les conséquences ! Je termine en rendant hommage à André Pochon, des Côtes d’Armor, qui défend l’élevage herbager (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – Mme Dominique Voynet applaudit également) et non la dépendance terrible que vous avez organisée à l’égard des grands groupes et des coopératives – qui, en Bretagne, n’en ont que le nom et pourrissent la vie des paysans, des ouvriers et des citoyens ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Et alors ? Vous croyez que les Brestois n’ont rien à voir avec l’agriculture ? Ce n’est pas parce qu’on habite en ville qu’on se fiche de la question agricole ou qu’on n’a pas à se prononcer dessus. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Mes parents viennent du Léon, si vous voulez tout savoir,…”
“Dois-je vous redire que ces amendements ont été élaborés avec la Fédération nationale d’agriculture biologique ? Dois-je vous apprendre, enfin, que la Confédération paysanne défend fermement le principe de sobriété (« Ah ! » sur les bancs du groupe RN) et l’adaptation au changement climatique ? Il est important d’avoir tous ces éléments à l’esprit pour comprendre qu’il faut poser non seulement la question de la démocratie de l’eau, mais également celle de l’autonomie des modèles agricoles et de l’autonomie par rapport aux grands groupes. Je vis en Bretagne, où on a organisé la dépendance…”
“C’est insupportable parce que, lorsque vous dites que la sobriété épouvante les agriculteurs, vous commettez une erreur majeure en imaginant que tous les agriculteurs pensent pareil. Dois-je vous apprendre qu’il existe plusieurs syndicats agricoles ?”
“Depuis ce matin, nos débats abordent la question, fort intéressante, de la démocratie de l’eau. Cette démocratie implique de s’émanciper des grands groupes privés, des plus gros agriculteurs, de la FNSEA, dont vous défendez les intérêts en permanence, madame la ministre.”
“Des menaces ? Mesurez vos mots, madame la rapporteure !”
“Nous ne faisons que lire leurs déclarations !”
“Tous les Français le pensent, et nous aussi ! C’est un chiffre absurde !”
“Merci de rétablir la vérité ! (M. Frédéric Weber s’exclame.)”
“Voilà pourquoi vous voyez à la télé des reportages sur les algues vertes, pourquoi on vous dit toujours que la qualité de l’eau est insuffisante et que tant de points d’eau, autour de Brest, sont fermés. L’agriculture intensive pose un problème fondamental, pour les paysans, les milieux de vie et, en définitive, pour l’ensemble de nos concitoyens. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Nous ne retirerons pas cet amendement, qui pose une question cruciale. Notre collègue du Doubs déclarait tout à l’heure ne pas constater la présence du modèle d’agriculture intensive autour de lui. Pourtant, depuis que je suis enfant, je sens parfois une odeur d’œuf pourri remonter du port de Brest. Elle a accompagné mes jeunes années ; c’est celle du soja qui transite par le port avant d’aller nourrir l’ensemble des porcs élevés en Bretagne. (Murmures sur les bancs du groupe EPR.) En Bretagne, en effet, on compte deux cochons par habitant. La production du soja que nous importons, notamment du Brésil, a contribué à la destruction de la forêt amazonienne. Sa teneur en azote est si grande que les terres bretonnes ne peuvent pas l’assimiler.”