Pierre-Yves Cadalen
LFI-NFP · France
“La collègue Saint-Paul s’en va. C’est dommage, car je souhaitais répondre sur l’usage assez curieux qu’elle a fait de George Orwell. Selon elle, 1984 est la raison pour laquelle nous nous interdisons de tomber dans la dérive liberticide du gouvernement, ce qui serait un problème.”
“…qui se prétendait libéral, a floué son beau monde en 2017. Il a même écrit un livre intitulé, excusez du peu, Révolution . Nous sommes hostiles au néolibéralisme et au libéralisme économique, mais nous connaissons la tradition du libéralisme politique, incarnée notamment par Montesquieu et Benjamin Constant.”
“Karl Marx disait que lorsque l’on vous montre tel que vous êtes, lorsque l’on dit quels intérêts vous représentez, vous ne le supportez pas parce que vous n’assumez pas ce que vous êtes et ce que vous faites.”
“Nous avons bien compris que votre priorité n’était pas du tout de garantir un logement pour toutes et tous, de respecter le préambule de la Constitution de 1946 ou encore la vocation sociale de notre République.”
“C’est d’autant plus ridicule que le pays souffre et que vous n’en avez rien à faire ! (Mêmes mouvements.) Le Haut Conseil pour le climat a dit ce matin que la France n’était pas prête pour la canicule. Et vous voulez que nous discutions de cette loi Ripost qui n’est ni faite ni à faire, de ce fourre-tout invraisemblable ?”
“De l’aveu même de l’Union nationale des propriétaires immobiliers (UNPI), le ministère de l’intérieur dénombre seulement 6 000 à 7 000 squattages par an.”
The complete record
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“Quelle mauvaise foi dans l’argumentation !”
“À ces gens vous dites : nous voulons rendre les parkings gratuits. C’est faux ! Qu’ils l’entendent bien, vous mentez, comme d’habitude ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Vous êtes une monumentale arnaque sociale. Madame Le Pen, vous ne faites preuve d’un peu de sincérité – et c’est de famille – que lorsque vous déversez votre haine raciste sur le pays, comme vous l’avez fait toute la matinée et tout l’après-midi ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Nous vous combattrons toujours, parce que vous ne méritez rien d’autre ! (Aplaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP, dont les députés se lèvent, et sur quelques bancs des groupes SOC et EcoS.)”
“Ce mensonge est d’autant plus grave qu’il touche des patients atteints de maladies chroniques ainsi que leurs proches, qui viennent voir tous les jours un compagnon, une tante, un oncle et ce faisant doivent s’acquitter de centaines d’euros par mois.”
“Peut-être découvrez-vous vous-mêmes ce mensonge, et Marine Le Pen doit se dire : zut ! on écrit en plus nos propositions de loi avec les pieds.”
“» sur plusieurs bancs du groupe RN) ou des anciens de l’Organisation de l’armée secrète (OAS) – rappelons l’histoire ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“À croire qu’elle n’a pas lu la proposition de loi déposée par son propre groupe ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Je vais lui expliquer pourquoi. Vous êtes des menteurs car, lorsque vous prétendez rendre les parkings des hôpitaux gratuits, vous soignez en réalité, comme d’habitude, vos amis les plus riches : les grandes entreprises de parking Indigo, Effia, Q-Park. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – Mme Sandrine Dogor-Such fait signe à l’orateur de partir.) Ils vous remercient, vous qui êtes, depuis sa fondation, les ennemis de la République sociale ! La sécurité sociale a été fondée contre vous, contre vos ancêtres, contre ceux qui ont fondé votre parti et qui, en effet, étaient des Waffen-SS (« Ah !”
“Menteurs ! Menteurs ! Je vous disais cela tout à l’heure et Marine Le Pen a demandé pourquoi. (Exclamations sur plusieurs bancs du groupe RN.)”
“Avec votre proposition de loi, ils vont attendre longtemps ! (Exclamations sur les bancs du groupe RN.)”
“Avec vous, ils vont continuer à payer pendant trente ans !”
“L’extrême droite attaque les droits de l’homme ! Elle ne les défend pas !”
“Puisqu’ils sont entièrement soumis aux plateformes comme Uber, qui les exploitent, ils doivent se voir reconnaître des droits sociaux. L’amendement met en avant l’idée qu’ils devraient bénéficier de cotisations sociales, ce qu’ont reconnu à la fois la directive européenne de 2024 et la jurisprudence française. Ce sujet illustre une nouvelle fois combien la politique macroniste est un désastre social absolu ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Cet amendement d’appel offre l’occasion de discuter d’une situation grave et préoccupante qui occupe le pays et l’actualité de façon régulière depuis un certain temps, à savoir le développement de l’ubérisation via la multiplication des chauffeurs Uber. Rappelez-vous : Emmanuel Macron, alors ministre de l’économie, avait vanté l’idée que, partout, les jeunes des quartiers populaires allaient travailler dans les voitures Uber, faire fortune et acquérir le goût du travail. Comme il le savait très bien à ce moment-là déjà, cela s’est transformé en une abominable machine à autoexploitation. ( M. Aurélien Le Coq applaudit. ) Nous dénonçons cette situation avec constance depuis longtemps ; nous avons mené bataille, y compris au Parlement européen, pour que la présomption de salariat de ces travailleurs soit reconnue.”
“…« et d’affecter à ces objectifs-là ce dont il dispose en fait de moyens et en fait d’hommes. » Cela signifie que s’il existe encore une droite gaulliste, elle doit s’opposer aux dépenses ruineuses du crédit d’impôt recherche. Vive l’université publique, vive la recherche publique ! (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP ainsi que sur quelques bancs des groupes SOC et EcoS.)”
“Or la recherche fondamentale s’accomplit bien davantage dans le secteur public. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.) Enfin, où est la droite gaulliste dans ce pays ? J’ai entendu parler du général de Gaulle ; voici ce qu’il disait dans un discours de 1959. « Au sommet, enfin, l’État ! l’État, qui a le devoir d’entretenir dans la nation un climat favorable à la recherche et à l’enseignement […]. L’État, enfin, qui doit orienter l’ensemble […]. C’est à l’État qu’il appartient de déterminer, dans le domaine de la recherche, ce qui est le plus utile à l’intérêt public »…”
“(Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes LFI-NFP et EcoS et sur quelques bancs du groupe SOC.) D’ailleurs, vous qui parlez d’innovation, sachez que la recherche fondamentale est nécessaire à l’innovation.”
“Chaque année, lorsque s’engage le débat relatif au crédit d’impôt recherche, nous devons nous rappeler qu’il faut gouverner en fonction des besoins. Or les besoins du pays, en matière de recherche, sont déterminés par la crise absolue que connaît le secteur de la recherche publique. Je pense au CNRS, à l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer) – étant député de Brest, je suis bien placé pour savoir qu’il est en grave crise depuis plusieurs années – et aux trois quarts des universités, qui sont en déficit. Pourtant, certains collègues repoussent des amendements qui produiraient 1 milliard d’économies et autant de crédits que nous pourrions réorienter, tout naturellement et conformément aux besoins du pays, vers la recherche et l’enseignement.”
“Parlez aussi des cotisations employeurs non payées !”
“Avec son dispositif, Jean-Philippe Tanguy souhaite désormais la rediriger vers les banques, les assurances et les grandes enseignes commerciales. Le Rassemblement national n’est pas un parti qui défend le peuple ; le Rassemblement national n’est pas un parti qui défend les intérêts de la majorité sociale ; le Rassemblement national ferait bien de se renommer le Rassemblement des nantis : voilà ce que vous êtes ! (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP. – Exclamations sur les bancs du groupe RN.)”
“…qui vient d’essayer d’accélérer la réalisation d’une promesse d’Emmanuel Macron, la suppression de la CVAE, pour le bénéfice de moins de 10 % de nos entreprises. Et lorsque je vous entends dire que 500 000 euros, c’est le chiffre d’affaires d’une petite boulangerie, je me dis que nous ne devons pas fréquenter les mêmes, car le chiffre d’affaires moyen des boulangeries de ce pays est de l’ordre de 300 000 euros. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) En outre, Jean-Philippe Tanguy finance sa mesure par une taxe additionnelle à la taxe sur les transactions financières. Rappelons que le produit de cette dernière était auparavant fléché vers l’aide publique au développement et la solidarité internationale.”
“Dans ces débats autour de la CVAE, l’extrême droite, avec son amendement déposé par Jean-Philippe Tanguy, montre son vrai visage, son visage historique, un visage souriant pour la bourgeoisie et le capital. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP. – Exclamations sur les bancs du groupe RN.) Le visage de l’extrême droite, c’est celui du parti de l’argent,…”
“Non ! Ils demandent de partager les richesses.”
“En effet, pour que tout le monde puisse comprendre, je rappelle qu’une fois que le vol a commencé, une des prérogatives du pilote est de pouvoir l’interrompre s’il estime que la sûreté de l’appareil est en jeu. Si jamais sa compagnie conteste sa décision, il doit pouvoir faire valoir, y compris en justice, qu’il l’a prise dans le cadre de son droit de retrait.”
“Je confirme à notre collègue du groupe de la Droite républicaine qu’il s’agit d’un amendement d’appel visant à permettre au gouvernement de clarifier sa position sur le droit de retrait pour le personnel navigant aérien. En effet, comme je l’ai indiqué plus tôt, ce point a suscité beaucoup d’inquiétudes auprès des syndicats. Il soulève par ailleurs la question plus générale de la consultation pleine et effective des syndicats et – ainsi que l’ont souligné des députés de plusieurs groupes – des parlementaires sur l’exclusion de certains secteurs du droit de retrait. C’est un sujet très important touchant aux conditions de sécurité des vols, qui peuvent s’en trouver compromises. Le commandant de bord faisant partie de l’équipage, il serait désastreux qu’il soit privé de son droit de retrait.”
“Nous nous épargnerons ainsi, entre autres horreurs, l’imposition des indemnités perçues pour les maladies chroniques que prévoit votre affreux budget, imposition aux termes de laquelle une personne atteinte d’un cancer et gagnant 2 000 euros par mois payerait, chaque année, 850 euros d’impôt supplémentaires. Voilà toute la laideur de votre monde ! La ratification de la convention de l’OIT sur laquelle nous devons nous prononcer est une formalité qui, dans le meilleur des cas, ne changera rien. Le véritable changement, celui qui s’impose, c’est une rupture claire avec la destruction méthodique de l’État social à laquelle vous vous employez. La vie d’un salarié est plus dure que celle de la poignée de responsables qui la malmènent : voilà la véritable leçon de huit ans de macronisme. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.”
“Voter la censure, au contraire, c’est voter pour l’avenir du pays ; c’est voter pour les droits sociaux et la préservation de nos services publics et de nos protections sociales. S’abstenir de la voter, c’est reconduire, pour quelque temps encore, les macronistes, leur logique et leur monde de violence sociale. La responsabilité des uns et des autres, demain, sera lourde. Il reste une nuit pour y réfléchir, et j’espère que celles et ceux qui entendent sauver Macron y réfléchiront à deux fois. La nuit, dit-on, porte conseil : espérons que cela soit plus vrai que jamais. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Oui, espérons que vous tomberez demain !”
“Avec tant d’autres qui nous soutiennent à cette heure, j’ai participé aux mobilisations contre la loi « travail », préparée par Emmanuel Macron en 2015. La république sociale, depuis lors, n’a cessé de reculer sous les assauts des affairistes qui nous gouvernent. Nous ne pouvons faire abstraction du contexte dans lequel nous examinons ce texte, à la veille d’une motion de censure décisive pour l’avenir du pays. Vous laisser gouverner, c’est laisser se reproduire cette violence sociale que vous abattez sur le pays ; vous laisser gouverner, c’est permettre la discussion d’un budget dont les coupes massives – une nouvelle fois – menacent notre quotidien et nos services publics ; vous laisser gouverner, c’est laisser se perpétuer l’indifférence coupable que vous organisez à l’égard des travailleurs et des travailleuses.”
“Baisser le temps de travail dans la journée, dans l’année et dans la vie, voilà le mot d’ordre du mouvement ouvrier auquel l’Organisation internationale du travail doit son existence. Dans ces temps troublés, il s’agit de ne rien céder de cet héritage et de revendiquer fièrement la légitimité du combat social contre les puissances de l’argent. Je viens d’une circonscription où, dans une clinique, des infirmières et des aides-soignantes manquaient de cadres car toutes étaient en arrêt maladie. La dégradation des conditions de travail, c’est la dégradation des conditions de soins, laquelle dégrade à son tour les conditions de travail, puisque nous nous trouvons en moins bonne santé. Telle est la spirale infernale dans laquelle nous entraînent vos politiques. Votre budget, aujourd’hui, ne déroge pas à cette règle.”
“Or, pour toutes ces personnes, la ratification de la convention ne changera rien. Pire, au moment de la ratifier, et alors que notre droit est supposément mieux-disant, la France ne respecte pas les obligations incombant aux membres de l’OIT en matière de contrôle des conditions de travail. Le corps des contrôleurs a été supprimé en 2013 et les départs en retraite non remplacés ont provoqué une situation telle que la France, aujourd’hui, en vient à manquer à ses engagements. Selon l’OIT, il faut un agent de contrôle pour 10 000 salariés ; nous disposons d’un agent pour 13 200 salariés. Nous ne respectons pas la norme d’une institution dont on nous propose de ratifier une nouvelle convention : tout le monde verra facilement le problème. La conquête du temps libéré est le grand mouvement d’émancipation des travailleurs par eux-mêmes.”
“Vous avez également supprimé les critères de pénibilité qui rendaient visibles les souffrances évidentes au travail : le port de charges lourdes, les postures pénibles, les vibrations mécaniques, l’exposition aux risques chimiques. L’abrogation de la réforme des retraites est donc un impératif pour la santé et la sécurité des travailleurs. L’abrogation n’est pas qu’un mot, c’est une réalité concrète pour des millions de travailleuses et de travailleurs, à même de leur garantir une protection pleine et effective. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.) Il en va de même pour la retraite à 60 ans pour quarante annuités, qui figure au programme du Nouveau Front populaire que les Françaises et les Français ont placé en tête lors des dernières élections.”
“En fait d’énergies, les seules que vous avez libérées sont des énergies destructrices pour les travailleurs et les travailleuses. Ce n’est pas tout : en 2018, vous avez supprimé les comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT), instances protectrices dont l’utilité à la protection des travailleurs était unanimement reconnue. Vous avez repoussé l’âge légal de départ en retraite à 64 ans ; vous savez pourtant très bien que les accidents les plus graves sont ceux qui frappent les travailleurs les plus âgés. Il suffit, pour le savoir, d’échanger avec celles et ceux qui sont dans cette situation – mais, pour vous, qu’importe.”
“Le premier ministre vient d’ailleurs d’annoncer une baisse des salaires nets des apprentis ; or les bas salaires sont également un facteur aggravant le risque d’accident du travail. Dans le secteur public hospitalier territorial, le nombre de départs pour invalidité a augmenté de 30 % en dix ans. Moussa Sylla est mort en juillet 2022 sur son lieu de travail ; ici même, dans cette Assemblée nationale que nous fréquentons quotidiennement. Il était employé par une société de sous-traitance – comme si nous n’étions pas capables de réinternaliser ces fonctions ! Je lui rends hommage en notre nom. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes LFI-NFP et EcoS ainsi que sur les bancs du groupe GDR.) Voici l’envers de la médaille macroniste et de son expression, aussi mystique que confuse, la fameuse « libération des énergies ».”
“Chaque jour, en France, deux personnes meurent d’un accident du travail – deux fois plus que la moyenne européenne. On compte au moins 5 millions d’accidents du travail depuis 2017. Le recours de plus en plus massif à l’intérim – il a été multiplié par sept en trente ans – est un facteur connu de multiplication de ces accidents : 50 000 par an chez les intérimaires. La moitié des salariés en intérim déclarent être soumis à des cadences de travail élevées, propices à la multiplication des accidents. L’explosion du nombre des apprentis est également un facteur de risque majeur. Les salariés de moins de 20 ans, qui sont pour moitié des apprentis, connaissent deux fois plus d’accidents du travail que les autres salariés.”
“Ce doute levé, il est clair que l’Assemblée devrait se prononcer en faveur de la ratification de cette convention. Je regrette, cependant, que les régimes d’exclusion n’aient pas été directement intégrés au texte, ce qui aurait permis aux parlementaires de discuter, secteur par secteur, de la pertinence de l’exclusion du droit de retrait. Si beau qu’en soit le symbole, la ratification de cette convention ne saurait en rien vous blanchir – pas plus de vos actions que de votre bilan. Le bilan du macronisme est catastrophique. La violence sociale de la politique menée ces dernières années a des effets bien concrets, conséquences de l’application du projet du président des riches – un projet fondé sur la précarisation du marché du travail et sur les attaques contre les protections des travailleurs.”
“Vous avez même réalisé l’exploit de susciter l’inquiétude légitime du personnel navigant aérien : le gouvernement, en effet, prévoit que ce secteur soit exclu de l’application du droit de retrait, droit qui lui est pourtant garanti depuis plus de quarante ans et qu’une jurisprudence constante a confirmé. Ce serait un comble que cette ratification fasse peser la menace d’une régression alors que tout le monde convient qu’elle ne comporte aucune avancée pour les travailleurs et les travailleuses ! Pour que l’Assemblée puisse se prononcer en toute connaissance de cause, le gouvernement doit impérativement éclaircir sa position sur cette question. J’ai déposé, en ce sens, un amendement qui vient de recevoir un avis favorable de la commission des affaires étrangères. Interpellé par les syndicats du secteur, je m’en fais le relais.”
“L’offensive généralisée contre le droit du travail, commencée par Macron, ministre de François Hollande, et inlassablement poursuivie pendant ces huit dernières années après que l’élève a remplacé le maître, donne une tonalité pour le moins étrange à l’examen tardif, par notre assemblée, de la ratification d’une convention de l’Organisation internationale du travail sur la sécurité et la santé des travailleurs. L’amour du symbole fait perdre à certains le sens des réalités. La ratification de cette convention ne changera rien au droit français, qui est mieux-disant que dans les années 1980.”
“« La vie d’un entrepreneur est bien souvent plus dure que celle d’un salarié. Il ne faut jamais l’oublier, parce qu’il peut tout perdre, lui – et il a moins de garanties. » Emmanuel Macron, alors ministre de l’économie, annonçait ainsi la couleur. Sa politique a toujours été guidée, en effet, par la conviction que les salariés – ceux qui ne sont rien, pour reprendre les mots qu’il a employés par la suite – n’ont pas la vie dure. Ils se la coulent douce, en attendant de pouvoir prendre des vacances aux Bahamas sur leurs allocations chômage, comme l’a dit l’un de ses ministres, une fois Emmanuel Macron devenu président.”
“Quels mensonges ? Donnez des exemples au lieu de dire n’importe quoi !”
“Nous le sommes depuis fort longtemps, depuis l’époque où, en 1871, Victor Hugo rendait honneur à l’Italien Garibaldi, qui avait gagné une bataille quand les généraux français en étaient incapables. À l’époque déjà, vos ancêtres d’extrême droite hurlaient contre cette initiative qui venait des nôtres. (Applaudissements sur les bancs des groupes LFI-NFP et EcoS. – Les exclamations s’amplifient sur les bancs des groupes RN et UDR, jusqu’à couvrir la voix de l’orateur.) Nos ancêtres à nous sont Hugo, Jaurès, des gens à la hauteur de ce pays quand il est beau : la République sociale, pas la France de Pétain ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Lorsque je dis cela, je pense à ceux qui, tout à l’heure, parlaient des héritiers de Mai 68. Nous sommes fiers d’être les héritiers de Mai 68, fiers de reprendre à notre compte le slogan « Faites l’amour, pas la guerre. » (Applaudissements sur les bancs des groupes LFI-NFP et EcoS. – Mme Céline Hervieu applaudit également. – Exclamations sur les bancs des groupes RN et UDR.) Vous, vous voulez la guerre ; nous, nous sommes la force de l’amour, de la solidarité, par-delà les frontières !”
“À ce stade de la discussion je pense que des précisions sont nécessaires. Vous jetez la suspicion et vous voulez accroître les contrôles sur un élément pourtant fondamental de l’existence : l’amour. Or l’amour ne se conjugue pas au conditionnel : on dit « je t’aime », on ne dit pas « je t’aimerais ». (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“(Mêmes mouvements.) Au contraire, s’agissant de la bifurcation écologique et de la protection générale des écosystèmes, il faut penser une transformation générale des modes de production. J’entendais l’un de mes collègues dire tout à l’heure, à juste titre : l’un des avenirs du secteur de la construction, le BTP de l’avenir, c’est le « bois, terre, paille », plus durable et moins émetteur de gaz à effet de serre. (Mêmes mouvements.) Si nous ne perdions pas de temps avec votre dogmatisme et votre sectarisme, nous pourrions discuter des véritables solutions pour faire face au plus grand enjeu de notre temps. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Par ailleurs, de tous les groupes qui s’opposent, pour le moment, à notre motion de rejet, aucun n’a répondu à l’argument que nous avons tranquillement exposé : n’importe quelle technique s’inscrit dans un contexte économique donné. En régime capitaliste, une technique comme la capture et le stockage du carbone ne permettra en rien de répondre aux enjeux écologiques contemporains ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Elle sera dévoyée, comme elle l’a déjà été ; de plus, elle est inefficace. Prenez la récupération assistée du pétrole, qui consiste à injecter du dioxyde de carbone dans des puits de pétrole : 80 % du dioxyde de carbone capturé est utilisé à cette fin. Vous trouvez qu’il s’agit d’une bonne solution de décarbonation ? Voyons, réfléchissez un instant !”
“Collègues, je tiens à vous dire que je ne suis pas personnellement responsable de l’ennui que semblent provoquer certains discours et que, par comparaison, l’on me reproche de rompre. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – M. le rapporteur fait un geste évoquant une tête qui enfle.) Du rapporteur, je n’ai aucune leçon de lettres à recevoir. En revanche, celui-ci aurait mieux fait de s’en tenir au fond car, sur le fond, il est manifeste que vous êtes des hypocrites à un degré élevé. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.) Vous prétendez incarner les grands défenseurs de la réindustrialisation et de la souveraineté industrielle de la France ? Mais allez voir Michelin et tous ceux qui ont perdu leur emploi à cause de la politique de Marc Ferracci, ici présent !”
“La plus urgente des solutions pour le changement climatique est d’en finir avec les conditions du génocide indigène et les conditions de l’occupation. […] J’honore les femmes indigènes et les défenseurs de l’eau de par le monde, qui se battent pour leur futur. Je dédie mon chant aux femmes indigènes et à la jeunesse partout sur les lignes de front du génocide et de l’écocide. […] Je dédie mon chant aux femmes de Palestine et à la Terre nourricière. » (Les députés du groupe LFI-NFP se lèvent et applaudissent. – Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes EcoS et GDR.)”
“…des peuples autochtones, elle a expliqué le lien entre génocide et écocide, cette destruction généralisée que la défense des modes de production capitalistes reproduit sans cesse. Puisque vous êtes perdus, puissiez-vous entendre les mots prononcés par elle afin de retrouver la réalité. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) J’invite cette Assemblée à refuser ce texte aujourd’hui, en conscience, en entendant le sens de ces paroles tirées d’une histoire longue que nous aurions tort d’ignorer : « Je parle depuis l’expérience de ma lignée lorsque je dis que le génocide indigène est toujours une condition de l’écocide : ils ne font qu’un. […] Ce qui a été décrit comme une transition résulte du même agenda destructeur, avec un nouveau label. […] Le colonialisme est le carburant du changement climatique, et non la solution.”
“Vous auriez pu écouter Ta’Kaiya Blaney, l’une des invitées du sommet SOS Océan, conclu par Emmanuel Macron. Venue porter la voix…”
“C’est pourquoi vous ne pouvez comprendre le lien intime qui a conduit Greta Thunberg, aux côtés de notre camarade Rima Hassan (Exclamations sur les bancs des groupes RN et EPR) , de la lutte contre le changement climatique au combat contre le génocide en cours à Gaza, sur cette flottille de la liberté qui a rendu les humanistes de tous pays très fiers.”
“Prenez-vous la mesure de la boîte de Pandore que vous ouvrez ? Pour l’océan comme pour la planète, la guerre est la pire des catastrophes. Les mots prononcés à Nice sonnent terriblement creux au regard de vos prises de position irresponsables et déraisonnables. Votre obstination à vouloir nous faire ratifier ce texte relève de la même dissociation entre la politique que vous menez et la réalité. Vous êtes aussi insensibles aux souffrances des Palestiniens qu’aveugles à la destruction massive de l’environnement, en mer comme sur terre.”
“Pire : vous avez décidé, sans consulter aucun parlementaire, de changer la doctrine internationale de la France en acceptant le principe de la légitime défense préventive, porte ouverte à la guerre généralisée : si un pays se sent menacé, il a le droit d’attaquer, la France le défendra.”
“(Applaudissements sur les bancs des groupes LFI-NFP et GDR.) Allez donc leur parler de ce bateau commun, vous qui ne faites rien pour que cesse le génocide.”