Pierre-Yves Cadalen
LFI-NFP · France
“La collègue Saint-Paul s’en va. C’est dommage, car je souhaitais répondre sur l’usage assez curieux qu’elle a fait de George Orwell. Selon elle, 1984 est la raison pour laquelle nous nous interdisons de tomber dans la dérive liberticide du gouvernement, ce qui serait un problème.”
“…qui se prétendait libéral, a floué son beau monde en 2017. Il a même écrit un livre intitulé, excusez du peu, Révolution . Nous sommes hostiles au néolibéralisme et au libéralisme économique, mais nous connaissons la tradition du libéralisme politique, incarnée notamment par Montesquieu et Benjamin Constant.”
“Karl Marx disait que lorsque l’on vous montre tel que vous êtes, lorsque l’on dit quels intérêts vous représentez, vous ne le supportez pas parce que vous n’assumez pas ce que vous êtes et ce que vous faites.”
“Nous avons bien compris que votre priorité n’était pas du tout de garantir un logement pour toutes et tous, de respecter le préambule de la Constitution de 1946 ou encore la vocation sociale de notre République.”
“C’est d’autant plus ridicule que le pays souffre et que vous n’en avez rien à faire ! (Mêmes mouvements.) Le Haut Conseil pour le climat a dit ce matin que la France n’était pas prête pour la canicule. Et vous voulez que nous discutions de cette loi Ripost qui n’est ni faite ni à faire, de ce fourre-tout invraisemblable ?”
“De l’aveu même de l’Union nationale des propriétaires immobiliers (UNPI), le ministère de l’intérieur dénombre seulement 6 000 à 7 000 squattages par an.”
The complete record
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“Le rapporteur indique que 80 % des visites à un proche durent moins de deux heures. Je vous demande d’y réfléchir un instant. Quand passe-t-on plus de deux heures à l’hôpital auprès d’un proche ? Dans quels instants de son existence ? Vous le savez comme moi et le devinez déjà : c’est dans les pires moments, quand vient la fin, quand on se trouve soi-même désorienté, plongé dans un désarroi immense, habité par l’idée de la rupture définitive avec un être aimé ; c’est aussi quand on vient voir quelqu’un de si malade, hanté par la solitude, que les heures passent sans que l’on s’en rende compte. Alors pourquoi cette proposition de loi n’accorde-t-elle pas la gratuité à celles et ceux qui se trouvent dans ces situations ? Si l’on suit les statistiques, la gratuité des deux premières heures se discute.”
“Cette proposition de loi vise à généraliser la gratuité des parkings pour les patients et les personnels. Pour les visiteurs, en revanche, elle ne propose que deux heures de gratuité. Cela existe déjà, à Vannes par exemple ; dans certains cas, ce texte ne changerait donc rien. Pourquoi deux heures ? Pourquoi pas une, trois ou quatre ?”
“Certains nous disent que cela ne réglera pas tous les problèmes de l’hôpital, mais personne ne le prétend. Ceux-là n’ont qu’à voter plus de moyens pour les hôpitaux ! (Mêmes mouvements.)”
“Efficacité, rationalisation, optimisation… Comme ils sonnent faux, tous ces mots dont nos concitoyens savent très bien ce qu’ils signifient. Lorsque vous entendez cela, courage, résistez ! (Mêmes mouvements.) Avec leur efficacité vient toujours notre lot de souffrances. Cette évolution néfaste est liée à vos politiques, celles qui s’éternisent et que nous avons toujours une chance de censurer – je le dis, avec une certaine ironie, à M. le rapporteur. (M. le rapporteur sourit.) Que l’humain revienne au centre de nos politiques. Lorsque nous parlons de santé nous parlons de la vie, de la maladie, de la mort. Manque d’humanité, manque de délicatesse, défaut d’empathie. L’Assemblée nationale doit mettre fin à l’aberration des parkings payants des hôpitaux publics.”
“Les parkings des hôpitaux doivent être gratuits. En disant cela au nom du groupe La France insoumise, je formule une évidence. Elle en a la force et la netteté. Personne ne saisit par quelle logique bureaucratique aussi sinueuse que brutale il a paru normal de demander à des patients, à leurs proches et même parfois au personnel hospitalier, de payer pour stationner devant notre hôpital à toutes et tous. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Car ce sont bien nos parkings, nos hôpitaux, notre sécurité sociale – ces fruits de lutte sociale qu’à cette tribune il nous revient, inlassablement, de saluer. Le néolibéralisme triomphant dans toute sa violence est à l’œuvre avec la généralisation des parkings payants.”
“Ce n’est d’ailleurs pas du tout ce que disait Max Weber. J’observe la fascination de la droite et de l’extrême droite pour certains dirigeants, comme le président du Salvador, Nayib Bukele, qui procède à des exécutions extrajudiciaires. Certains jugent avec ravissement qu’au Salvador la violence recule, oubliant que la violence d’État, la violence arbitraire, ne cesse d’y augmenter. (Mêmes mouvements.)”
“…selon laquelle la sécurité est la première des libertés. Il est important de rappeler qu’en république, au contraire, la liberté est la première des sécurités, car la république est un régime de libertés publiques. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Vous parlez souvent de violence, mais il faut aborder toutes ses dimensions. Elle existe dans la société, où il faut la réduire, la combattre, la prévenir, mais elle peut aussi être le fait de l’État, de manière injuste et illégitime. Cela me conduit à rappeler les propos hasardeux du ministre Darmanin selon lesquels la police peut faire ce qu’elle veut puisqu’elle a le monopole de la violence légitime. Il ne faut pas tirer du fait que l’État peut légitimement exercer la violence la conclusion que toutes les violences exercées par l’appareil d’État seraient légitimes.”
“La logique générale de la proposition de loi est celle des textes toujours plus sécuritaires qui nous sont proposés, que vous résumez souvent dans la formule, sans doute issue d’un cabinet de communication,…”
“Je tiens, alors que commence la séance de nuit, à appeler l’attention de l’Assemblée nationale sur un élément extrêmement grave. Je vois que M. Jacobelli est d’ailleurs ici présent. (Exclamations sur plusieurs bancs du groupe RN.) Ce matin, il a tenu des propos absolument inadmissibles. Le bureau de notre assemblée a été saisi. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – Exclamations sur les bancs du groupe RN.) En effet, M. Jacobelli a dit : « Si vous voulez lapider les homosexuels, votez LFI ! »”
“C’est qui, les gens comme nous ? Allez-y, finissez votre propos !”
“Or, déclarait Jaurès, « il n’y a pas égalité des droits si l’attachement de tel ou tel citoyen à telle ou telle croyance, à telle ou telle religion, est pour lui une cause de privilège ou une cause de disgrâce. Dans aucun des actes de la vie civile, politique ou sociale, la démocratie ne fait intervenir, légalement, la question religieuse ». Vous la mettez partout, tout le temps, pour stigmatiser les musulmans ! (Les députés du groupe LFI-NFP se lèvent et applaudissent.)”
“…là même où s’asseyait autrefois Jean Jaurès, l’un des plus grands républicains de ce pays, au point que Carmaux continue de voter pour les Insoumis, pour les républicains.”
“…ressemble de plus en plus à celle des années 1930. (Mêmes mouvements.) Vous êtes les dignes héritiers de ceux qui disaient en leur temps : mieux vaut Hitler que le Front populaire ! Vous parlez le même langage ; vous utilisez les mêmes éléments. Nous l’avons rappelé ce matin, certains vont jusqu’à l’absurdité d’un complot islamo-maçonnique, succédant aux complots judéo-maçonnique ou judéo-bolchevique d’autrefois. Ridicule et honte à vous, qui vous réclamez de la République alors que les authentiques républicains sont ici, sur nos bancs (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – Rires sur les bancs du groupe RN) ,…”
“…la prétendue commission d’enquête du groupe Droite républicaine. Celle-ci n’était en effet conçue qu’en vue de taper une fois de plus sur les musulmans et sur la gauche de cet hémicycle (Mêmes mouvements) , les macronistes, du reste, faisant joyeusement de même dans une ambiance qui, pour notre plus grand malheur, mais aussi pour stimuler notre esprit de résistance,…”
“Il reste à l’extrême droite, dans notre hémicycle, à apprendre quelque chose d’assez simple : ce n’est pas parce qu’il n’y a pas de races qu’il n’y a pas de racistes dans ce pays. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Ce à quoi nous assistons ce matin est d’une gravité considérable, c’est pourquoi cet amendement vise à le replacer dans la perspective de l’une des plus vastes fumisteries qu’ait connues ces derniers temps notre République :…”
“Sur l’article 70. Je ne l’ai pas précisé tant je suis profondément choqué.”
“Nous venons d’assister, dans cette assemblée, à un moment très grave. (Exclamations sur les bancs des groupes RN, DR et UDR.)”
“À l’approche des élections, la presse est muselée par la junte ; 23 000 opposants sont toujours en prison et l’ONU avertit : ce scrutin sera marqué par de nouvelles menaces et violences contre les civils. Depuis l’Assemblée nationale française, nous envoyons un message clair de soutien au droit international et au peuple du Myanmar. Les manifestants birmans lèvent trois doigts en signe de résistance – un geste inspiré de Hunger Games , que beaucoup là-bas considèrent comme un symbole de la Révolution française et de notre devise. Depuis cet hémicycle, nous joignons donc le geste à la parole (L’orateur lève trois doigts, suivi par des députés du groupe LFI-NFP) , pour envoyer un message d’espoir et de solidarité : Liberté, Égalité, Fraternité ! (Les députés du groupe LFI-NFP se lèvent et applaudissent.)”
“Désormais, la junte militaire recrute de force de jeunes Rohingyas pour attiser les braises d’un conflit qu’elle veut maintenir dans les limites ethniques dont jouait auparavant la puissance coloniale britannique, tout cela pour garder exclusivement pouvoir et richesses. Mais une réalité politique et sociale profonde s’est dévoilée à l’occasion du coup d’État de 2021 : les travailleurs, déjà organisés contre les politiques ultralibérales du gouvernement encouragées par la banque mondiale, se sont révoltés contre le putsch militaire. La jeunesse est entrée en résistance. La solidarité s’est organisée. La défense de la démocratie, des minorités opprimées et des droits sociaux est allée de pair avec ces mouvements mais la répression a été féroce : l’ONU estime que la junte militaire a tué 5 000 civils.”
“Nous refusons cette perspective avec la dernière énergie, car lorsque la coopération internationale menace de s’effondrer, c’est le monde lui-même qui est au bord de l’implosion, comme nous le rappelle le précédent de la Société des nations. Au bord du gouffre, les crimes internationaux doivent être sanctionnés. Au bord du gouffre, nous devons lutter contre ceux qui créent des boucs émissaires et des ennemis de l’intérieur. (Mêmes mouvements.) Les Rohingyas subissent depuis plusieurs années une épuration ethnique qui s’est poursuivie sous le gouvernement d’Aung San Suu Kyi. Un million d’entre eux se sont réfugiés au Bangladesh ; 500 000 enfants grandissent dans des conditions épouvantables ; plus de 3 millions de personnes sont déplacées.”
“C’est le sens de ce texte, qui vise à appuyer le mécanisme établi pour que les crimes internationaux commis en Birmanie soient jugés. Nous en soutenons donc pleinement l’esprit et la lettre, comme nous soutenons d’ailleurs l’application en tout point des décisions de la CPI. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.) N’ayons pas le moindre doute : si en quelque endroit du monde, nous laissons le droit international être bafoué, alors il est en danger partout. Ne pas tout mettre en œuvre pour que les règles du droit international soient respectées, c’est entériner un nouvel état de fait, où il n’y aurait plus de norme commune, où le droit international humanitaire ne serait plus qu’un motif de plaisanterie cynique ou de compassion lointaine.”
“À toutes celles et tous ceux qui, dans le monde entier, souffrent de cette violence aussi brutale qu’injuste va notre solidarité, sans exclusive, sans hiérarchisation, avec la conviction intime que c’est en défendant le droit international que nous défendons l’humanité. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“La violence génocidaire de l’armée israélienne qui continue à s’abattre sur les Palestiniens met au jour les ressorts d’une ignoble brutalité coloniale renouvelée à l’orée de ce siècle. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.) La férocité des affrontements en cours au Soudan, appuyée par les Émirats arabes unis, a le goût amer des massacres sans fin. (Mêmes mouvements.) Les Congolais harcelés et tués par le Mouvement du 23 mars (M23), déplacés par millions, font l’âpre expérience de cette cruauté devenue quotidienne. L’épuration ethnique et les massacres de la junte en Birmanie créent une situation insupportable.”
“(Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) C’est parce qu’il est fondé pleinement sur la déclaration universelle des droits humains que l’application du droit international doit guider notre action à cette heure. Il est l’heure de faire connaître, depuis cet hémicycle, notre solidarité pleine et entière avec les peuples meurtris et violentés, avec les communautés pourchassées. L’horrible attaque terroriste de Sydney souligne la brutalité avec laquelle la terreur et la mort peuvent s’abattre du jour au lendemain sur des civils, tués parce qu’ils étaient juifs. La brutalité de l’armée russe contre le peuple ukrainien montre comment une armée d’invasion peut multiplier les crimes de guerre contre des civils.”
“Les relations internationales ne sont pas un objet froid, rendu inerte par les milliers de kilomètres qui nous séparent de nos égaux en humanité. Le monde est avant tout peuplé d’êtres humains, où qu’ils soient nés, d’où qu’ils viennent et quelle que soit leur destinée. Dans les temps que nous vivons, l’égalité humaine est plus qu’un principe, c’est une boussole. Les catégories du droit international que sont le crime de guerre, le crime contre l’humanité et le crime de génocide existent en vertu de cette boussole indispensable. Il n’existe aucun droit, nulle part, à disposer de vies humaines comme si elles étaient de trop et insignifiantes. Toutes les vies humaines doivent être chéries et protégées, toutes considérées comme des fins en soi, non comme des moyens dispensables.”
“Je soutiens bien entendu l’amendement. Il faut s’arrêter un instant sur le caractère baroque de la situation dont nous parlons : une force minoritaire en Polynésie, qui n’est pas au gouvernement, bénéficie en ce moment même, dans cet hémicycle, de l’appui d’une force minoritaire en France, qui a perdu les dernières élections législatives et entend mettre en difficulté le gouvernement de la Polynésie française. Ce n’est absolument pas normal sur le plan démocratique. De plus, en application concrète de ce que doivent être les principes républicains, nous nous opposons à toute résurgence du colonialisme (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.”
“C’est ce qui s’appelle lécher les bottes du gouvernement !”
“Nous voulons voter la fin de votre gestion et le plus tôt sera le mieux. Vivement la censure ! Les mauvais jours finiront. (« Bravo ! » et applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“(Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.) Que certains y pensent au lieu de pousser le ridicule jusqu’à demander l’usage de l’article 49.3. La rupture avec cette politique dépassée par les événements est impérative. Taxer les riches, reconstruire la puissance publique, arrêter de tout jeter par la fenêtre : voilà l’alternative. L’avenir de l’industrie, la possibilité de la bifurcation écologique et la République sociale sont en jeu. Pour cela, je dis à ceux qui nous écoutent en dehors de cet hémicycle : ne comptez pas un seul instant sur l’extrême droite, qui fait déjà les yeux doux au Medef, comme nous l’avons entendu tout à l’heure. Pour la rupture et l’ouverture d’un horizon positif, seule l’opposition résolue à votre politique est raisonnable. Nous ne voterons pas votre loi de fin de gestion. Nous nous y opposerons.”
“(Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.) Au lieu de servir ici ou là quelques intérêts particuliers dans des tractations de couloir, comme nous en avons eu écho, vous auriez pu servir l’intérêt général. Mais vous n’avez rien fait. Vous intensifiez la catastrophe industrielle qu’est la politique de l’offre menée par Emmanuel Macron, et d’autres avant lui. Voter pour ce projet de loi, ou s’abstenir, c’est valider une saignée totale de 36,5 milliards en 2025 : une folie ! Personne n’a été élu à gauche de cette Assemblée pour servir de béquille au macronisme finissant. C’est notre devoir de nous opposer à une logique de grande coalition, qui reconduit la violence sociale infligée par Emmanuel Macron au pays.”
“S’ils viennent un jour à manquer de salariés qualifiés et bien formés, en bonne santé et motivés, ils ne pourront s’en prendre qu’à eux-mêmes et à leur courte vue. Le capitalisme français scie la branche sur laquelle il est assis. Cette branche s’appelle l’État et, en République, son peuple. Une dépense augmente au service des plus riches : les intérêts de la dette. Vous empruntez aux riches l’argent que vous refusez de taxer. Avec vous, à l’entrée comme au dessert, chez les nantis, tout le monde est servi. Par cette loi, vous nous privez de 10 milliards d’euros. Vous auriez tout à fait pu les engager ailleurs. Par exemple, vous auriez pu nationaliser ArcelorMittal, conformément à la proposition de loi insoumise votée la semaine passée par cette Assemblée, et sauver ainsi la métallurgie française.”
“Vous prétendiez que la politique de l’offre allait stimuler l’investissement dans les capacités productives. Aucun gain de productivité ces dernières années n’a pourtant été observé, au contraire. Bilan : la productivité a baissé de 5 % et vous n’avez fait que subventionner, par la dette, l’explosion des grandes fortunes. Vous nous demandez désormais à tous de la payer en rognant sur ce qui fait le quotidien et notre avenir : le sport, les associations, l’hôpital, l’école et la recherche. C’est ici que Bernard Arnault, Vincent Bolloré et les autres vont se heurter à un mur. Baisser les ressources de l’État sans investir dans la production et compter sur des aides publiques toujours plus massives est un comportement d’enfant gâté.”
“Il a appauvri l’État et abandonné les citoyens, laissant plus de 1 million de personnes tomber dans la pauvreté : c’est insupportable.”
“Permettez-moi de vous lire, mis bout à bout, trois intertitres de la note publiée en juillet par l’OFCE : « Anatomie d’une dérive du déficit public qui s’explique par la baisse des prélèvements obligatoires et non par une dérive des dépenses publiques. » L’Insee établit que les recettes publiques sont passées de 54,3 % du PIB, en 2017, à 51,4 %, en 2024 – soit 90 milliards d’euros de moins. Vous avez donc menti. Vous avez nié cette conséquence directe de la multiplication des cadeaux fiscaux aux plus fortunés et de l’échec de votre politique. Vous avez voulu contenter l’ensemble du capitalisme français en baissant les prélèvements tout en multipliant allègrement les aides publiques aux entreprises, sans condition. Le banquet a régalé tous les milliardaires, qui ont doublé leur patrimoine en sept ans.”
“Madame la ministre, vous lanciez en 2020, dans un discours enthousiaste sur le futur de l’action publique : « L’État de demain, c’est celui qui donne plus de pouvoir aux acteurs, celui qui sait dire oui. » Il y a, depuis, un éléphant dans votre salon : ceux que vous appelez les acteurs – les citoyens et les citoyennes en français courant – ont, à chacune des trois dernières élections, dit non à votre politique économique. Vous avez été défaits dans les urnes ; vous ne l’avez pas reconnu. Vous avez préféré dire : votez toujours, vous ne nous intéressez pas. À ne servir que les plus riches de ce pays, vous en avez ruiné l’économie. Vous avez prétendu qu’il fallait chercher l’origine du déficit dans les dépenses et non dans les recettes.”
“Quel désastre ! Ceci n’est pas un projet de loi de finances de fin de gestion. Ceci est le résultat, le bilan et la promesse d’une mauvaise gestion. Si seulement c’en était la fin ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Nous pousserions alors des soupirs de joie et d’allégresse, mais vous persistez avec obstination dans l’échec de votre politique économique.”
“Et toi, tu n’as pas honte de ta librairie ? De tes livres négationnistes ?”
“La question concernait l’inscription du texte à l’ordre du jour du Sénat. Respectez les parlementaires !”
“À cet égard, il est important de noter que l’accord de Nouméa, qui a une valeur constitutionnelle, a reconnu l’existence du peuple kanak. Il serait donc possible de trouver des bases, y compris dans l’ordre constitutionnel actuel, pour ratifier cette convention, ce qui me semble être une bonne idée. Sinon, vous savez que nous sommes favorables à un changement de Constitution.”
“Une attention particulière doit être portée à cet égard à la situation des peuples nomades et des agriculteurs itinérants ». Cela va dans le sens de ce que vous disiez tout à l’heure. Cette convention constitue une bonne base pour penser une écologie fondée non pas sur le colonialisme, mais sur une réalité soulignée par notre collègue Jean-Victor Castor : l’écologie ne consiste pas à défendre une nature débarrassée des êtres humains. Ce n’est pas constituer des zones d’exclusion pour les peuples autochtones qui ont, traditionnellement et sur le long terme, su préserver leurs écosystèmes et qui paient le prix de la généralisation de modes de production étrangers à leurs cultures et à leur histoire. L’obstacle souvent mentionné contre la ratification de cette convention est l’inconstitutionnalité de la mesure.”
“Merci pour les interventions que j’ai trouvées particulièrement passionnantes, à l’image de l’ensemble du débat. Un élément soulevé par Mme Da Silva m’a interpellé, à propos de la convention 169 de l’Organisation internationale du travail. La France ne l’a toujours pas ratifiée, et elle fait particulièrement écho à nos discussions, notamment sur le sujet du foncier. L’article 14 de cette convention dit : « les droits de propriété et de possession sur les terres qu’ils occupent traditionnellement doivent être reconnus aux peuples intéressés. En outre, des mesures doivent être prises dans les cas appropriés pour sauvegarder le droit des peuples intéressés d’utiliser les terres non exclusivement occupées par eux, mais auxquelles ils ont traditionnellement accès pour leurs activités traditionnelles et de subsistance.”
“Les tags dont vous parlez visaient l’organisateur du colloque. Vous auriez dû le protéger et non interdire son initiative. Vous fuyez vos responsabilités et vous devez démissionner. Vous êtes à l’image de ce gouvernement, qui doit être censuré… (Le temps de parole étant écoulé, Mme la présidente coupe le micro de l’orateur. – Les députés du groupe LFI-NFP se lèvent et applaudissent ce dernier.)”
“…pointaient du doigt les judéo-bolcheviks hier et ont toujours le même ennemi, la liberté ! N’en rien dire et n’en rien penser, c’est paver la voie à l’extrême droite ! La communauté universitaire internationale est consternée. Ainsi, 120 chercheurs réunis au sein du collectif Jewish Voice for Peace vous ont écrit pour dénoncer cet abaissement (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP) et 3 000 chercheurs ont signé une pétition pour demander votre démission. Je salue ceux qui ont permis que le colloque se tienne hors les murs, avec une audience exceptionnelle. Ils peuvent compter sur nous pour être d’authentiques républicains et défendre les libertés fondamentales. Vous, monsieur le ministre, vous avez failli à votre mission la plus élémentaire. Allez-vous tirer la seule conclusion qui s’impose et démissionner ?”
“Diderot écrivait : « La véritable liberté de penser tient l’esprit en garde contre les préjugés et la précipitation. » En donnant raison à la meute du Printemps républicain et à tous ces dogmatiques qui s’arrogent le privilège de la vérité, vous avez cédé aux préjugés et fait preuve d’une coupable précipitation. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Il y a des moments où la lâcheté et la haine se rejoignent et prennent la pensée pour leur pire ennemi. Nous en sommes là, là où la République en France est menacée ! Ceux qui voient des islamo-gauchistes partout…”
“Monsieur le ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, pensez-vous échapper au scandale ? Sous la pression d’une presse haineuse et obscurantiste, vous vous êtes réjoui d’avoir contribué à l’annulation d’un colloque au Collège de France. D’éminents chercheurs devaient y venir de partout pour discuter des liens entre la Palestine et l’Europe. La censure a pris pour prétexte des risques qui auraient pesé sur l’événement. Et alors ? La liberté ne s’annule pas, elle se garantit ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – M. Marcellin Nadeau et Mme Dominique Voynet applaudissent aussi.) Le droit de discuter de la situation coloniale en Palestine existe, n’en déplaise à certains fanatiques ! Vous éteignez les Lumières que vous prétendez chérir !”
“– Exclamations sur les bancs du groupe EPR) et refusé de revenir sur les exonérations de cotisations sociales que vous avez abondamment versées sur les grandes entreprises ces dernières années, comme l’a rappelé le rapport sénatorial : 211 milliards d’aides publiques, des milliards et des milliards d’exonérations ! Et vous, toujours pleins de mansuétude pour ces personnes que vous soutenez et dont vous représentez les intérêts, ces personnes qui causent le plus grand tort à notre système de santé… (Le temps de parole étant écoulé, Mme la présidente coupe le micro de l’orateur. – Les députés du groupe LFI-NFP applaudissent ce dernier.)”
“Cet amendement a le grand mérite de rappeler à tous les collègues, et ils doivent l’entendre, au moment où approche le vote de la partie recettes du PLFSS, que le compte n’y est pas ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Au regard des besoins de l’hôpital public, des besoins du secteur médico-social et des besoins que partout, nous constatons dans nos circonscriptions, le compte n’y est pas et toujours pour la même raison : vous avez protégé vos amis les plus riches, protégé les grandes entreprises (« Eh oui ! » sur les bancs du groupe LFI-NFP et sur plusieurs bancs du groupe EcoS.”
“Je veux bien entendre l’argument du rapporteur et je l’invite à le répéter lorsque les débats concerneront les bénéficiaires des droits sociaux et du RSA. Il lui faudra plaider pour que le bénéficiaire, lorsqu’il a commis une irrégularité de bonne foi, se voie verser immédiatement les aides dont il a été privé. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.)”
“(Mêmes mouvements.) Cet amendement dit une chose très simple : tant que vous n’aurez pas payé vos cotisations employeur, vous n’aurez pas de papier attestant de leur règlement. C’est l’évidence même et pourtant, actuellement, il en va autrement. Arrêtez de vous en prendre aux plus pauvres ! De toute façon, avec notre victoire, les mauvais jours finiront ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Cette discussion replace au centre de nos débats la question de la fraude. Je dis aux collègues de la droite et de l’extrême droite : si vous réfléchissez deux secondes à la fraude sociale, peut-être cesserez-vous enfin de vous en prendre aux bénéficiaires du RSA ? (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.) Je vous invite à lire le rapport du Haut conseil de financement de la protection sociale (HCFIPS) : il indique que l’essentiel de la fraude trouve son origine dans les pertes associées aux cotisations employeurs, alors que la part des assurés, et notamment des titulaires des minima sociaux, est faible dans l’ensemble. Avez-vous compris ? Allez-vous cesser de stigmatiser une partie de la population ?”