Arnaud Saint-Martin
LFI-NFP · France
“…et maximisé la pénétration du numérique dans tous les plis de l’existence humaine ! Sous l’empire Macron, la jeunesse a aussi été sacrifiée. Le fiasco du service national universel (SNU) en fut le symbole, aussi ridicule que coûteux, comme tant d’autres politiques publiques désastreuses.”
“Cette proposition de loi ne réglera rien, car elle est à l’image des algorithmes qu’elle dénonce : d’une opacité totale ! Des échanges avec la direction générale des réseaux de communication, du contenu et des technologies de la Commission européenne, la DG Connect, auraient été organisés, mais le débat chez les macronistes est à géométri…”
“Entre deux lois régressives, le gouvernement et ce qu’il reste des parlementaires macronistes se tiennent au garde-à-vous, avec le soutien de la droite et de l’extrême droite.”
“Naturellement, nous voterons cette motion de rejet. Pour tout dire, vous naviguez à vue. Vous l’avez reconnu en CMP : vous n’avez ni projet ni vision, mais vous compensez en agitant des mesures autoritaires, censées répondre à vos paniques morales, tout en ignorant l’avis des professionnels, des chercheurs et des principaux concernés, à s…”
“Oui, les jeunes y sont trop souvent exposés à des contenus dangereux – on l’a régulièrement évoqué –, mais ils y trouvent aussi des moyens d’information et d’émancipation qui ouvrent des horizons nouveaux face au racisme, au sexisme, aux LGBTphobies ou encore à la crise climatique, qui pèsent sur leur conscience.”
“C’est aussi une loi paternaliste et répressive (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP) , qui révèle la bien piètre conception que vous avez de l’enfance et de l’adolescence. Vous projetez sur elles vos propres angoisses et indécisions, votre sentiment d’impuissance et vos pulsions de contrôle.”
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“S’il ne s’agit que de corriger la rédaction, on peut sous-amender l’amendement, mais je trouverais dommage qu’il ne soit pas adopté à cause de raisons qui ne me paraissent pas complètement convaincantes.”
“Baptisé à l’origine AsterX, l’exercice, pour des questions de droits d’auteur, a été rebaptisé SparteX. Il s’agit d’une simulation de guerre spatiale, et je ne comprends pas vraiment vos arguments, sachant que le Retex 2026 a déjà commencé, en vue de la préparation du SparteX 2027. Nous parlons d’un contrepoint à Orion, dont il partage la dimension multichamps, multidomaines et multi-actions, tous ces éléments s’intégrant les uns aux autres. L’inclure dans le texte valoriserait l’implication des forces qui s’organisent au sein du CDE et montent en puissance. Plus qu’un encouragement, cela enverrait le signal que la représentation nationale soutient cette force, éminemment critique pour la défense spatiale nationale.”
“J’ajoute que c’est un outil de communication très utile à destination des parlementaires – j’ai moi-même assisté à deux reprises au Retex avec les équipes. Enfin, ces exercices contribuent à la montée en puissance du CDE, qu’il faut encourager. L’adoption de cet amendement enverrait un signal très favorable pour la poursuite de l’équipement de cette capacité et de sa mise en œuvre au sein de la base aérienne 101 « général Robert Aubinière ».”
“La sixième édition de SparteX, cette année, a entériné sa montée en puissance, avec la mobilisation de 200 personnes, de 12 pays et d’experts – notamment du Centre national d’études spatiales (Cnes) – qui ont participé à la mise en œuvre des scénarios avec des opérateurs privés. Sans revenir en détail sur ces scénarios, je dirai simplement qu’ils étaient particulièrement convaincants eu égard au caractère menaçant des systèmes auxquels nos équipes étaient confrontées, sur lesquels elles devaient avoir prise et dont elles devaient se défendre. Ce type de simulations produit des retours d’expérience en continu, qui s’accumulent et s’agrègent au fur et à mesure des éditions, jusqu’à la sixième, qui vient de se dérouler.”
“Il tend à souligner l’apport de l’exercice spatial SparteX et de ses Retex dans la préparation des armées françaises aux opérations sur les nouvelles frontières de l’humanité, en particulier dans l’espace, aujourd’hui exposé à la militarisation, à l’arsenalisation et au surdéploiement des capacités, notamment en orbite basse terrestre. Cela suscite évidemment beaucoup de questions, ne serait-ce qu’en matière de gestion, de trafic et de protection des infrastructures. SparteX regroupe la quasi-totalité des unités du commandement de l’espace (CDE), dont le quartier général a été récemment inauguré à Toulouse. Il offre un cadre de formation et d’échange de bonnes pratiques, tout en permettant à la France de pérenniser sa maîtrise de l’ensemble des technologies spatiales, civiles et militaires.”
“Il faut donc accompagner la reconfiguration de l’enseignement professionnel d’une refonte de l’enseignement supérieur, lui aussi soumis à la disette et à la casse des budgets publics. En somme, deux visions s’opposent. D’un côté, une formation professionnelle sacrifiée sur l’autel de l’austérité et du mépris de classe ; de l’autre, un plan à la hauteur des défis existentiels que notre société doit relever. Vous aurez compris que nous défendons la seconde.”
“L’enjeu est bien de faire de la politique et non de simplement jouer les boutiquiers en évaluant de manière économicisante les performances de nos politiques publiques. Quinze élèves par classe ; une garantie d’autonomie de 1 102 euros par mois dès 16 ans dans l’enseignement professionnel ; une formation d’excellence dans des filières exigeantes ; le bac professionnel en quatre ans avec des enseignements généraux renforcés, voilà certains des mots d’ordre qui nous paraissent nécessaires pour renforcer la formation professionnelle. Tout cela doit s’intégrer à une reconfiguration complète de l’enseignement professionnel, à corréler à la recherche publique. En effet, c’est elle qui assure l’allocation des savoirs mis en œuvre dans le milieu de l’entreprise et dans tous les secteurs productifs nécessitant des compétences.”
“Les filières professionnelles ne sont pas des voies secondaires que vous pouvez traiter avec mépris. Leurs savoirs renvoient notamment à des calculs complexes, à des gestes précis, à des expertises fines. Nous parlons de sens aussi, quand tout est fait, au contraire, pour faire des élèves de la voie professionnelle de la chair à patron. Entre 2000 et 2002, une autre vision de l’enseignement professionnel fut défendue et déployée : celle d’un lycée professionnel émancipateur, offrant des qualifications dignes de ce nom, notamment dans l’agriculture écologique, les transports soutenables, la bifurcation énergétique. C’est cette vision ambitieuse et systémique, avec des moyens à la mesure des défis à relever, que nous défendons.”
“Il faut reconstruire le service public de l’enseignement et de la formation professionnels et repenser de fond en comble les qualifications et les filières professionnelles diplômantes via un cadrage national et cohérent. L’objectif est d’assurer l’expansion d’un enseignement de haut niveau dans les secteurs où il faudra lourdement investir, notamment par la création de centres polytechniques professionnels, formant les jeunes générations à tous les niveaux, du certificat d’aptitude professionnelle (CAP) au brevet de technicien supérieur (BTS), des licences professionnelles jusqu’à la VAE, la validation des acquis de l’expérience, en s’appuyant sur des connaissances théoriques et pratiques, générales et spécifiques – et non au rabais, à l’inverse des politiques actuelles.”
“Il ne s’agit pas de la porte d’entrée dans l’emploi que vous promettez, juste d’une baisse artificielle des chiffres du chômage ! Au RN, à l’initiative de ce débat, prévaut la même logique, mais en pire. Le RN veut la fin du collège unique au profit d’un enseignement à deux vitesses : d’un côté, le collège des plus favorisés ; de l’autre, la voie de garage, aussi dépourvue que possible d’enseignements généraux, aux programmes taillés sur mesure pour faire plaisir au Medef. Le projet du RN, c’est une masse d’alternants payés pas chers et corvéables à souhait. Ce débat n’est pas technique ; il est politique. Rupture, planification, préparation, projection dans le temps long, tels sont nos mots d’ordre pour sortir de l’ornière.”
“Depuis 2019, on observe une hausse de 30 % des morts au travail chez les moins de 25 ans. Vendredi 24 avril, quatre jeunes sont morts au travail. Pourquoi ? Eh bien, le chômage de masse et la précarisation généralisée poussent les travailleurs à accepter des jobs toujours plus dangereux du fait de la suppression des comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT). À cela s’ajoutent, pour les alternants, la précarité des contrats et la pression due à la conditionnalité de la réussite des études. Qui plus est, une immense hypocrisie marque la politique du gouvernement. Il mise sur le tout-alternance, mais pour quoi ? Quelque 16 % des contrats sont rompus dans les six premiers mois, 22 % dans les neuf premiers mois.”
“Les politiques macronistes, prolongeant en sens unique celles qui avaient été menées sous Sarkozy et Hollande, ont détruit l’enseignement professionnel, précipité la fermeture des lycées pro et agricoles, bradé les centres de formation d’apprentis (CFA). L’apprentissage a été sanctuarisé et, avec lui, les milliards fléchés, ce qui arrange bien les entreprises qui en tirent profit sans toujours former, de même que les écoles privées qui vendent des formations défaillantes, car trop ciblées et certifiées à la va-vite. Saupoudrage, assujettissement des formations aux intérêts étroits des entreprises qui font la loi, pilotage à vue : rien ne va ! Pire encore, cette politique est meurtrière : les jeunes, notamment les alternants, sont deux fois et demie plus exposés aux accidents du travail que les autres travailleurs.”
“Quand on enseigne, le but est de transmettre des savoirs et des savoir-faire, d’ouvrir au monde, de susciter l’esprit critique et in fine de former des citoyennes et des citoyens pleinement impliqués dans la vie de la cité. Vu l’urgence, l’objectif doit être d’accélérer et de massifier l’offre de formation dans tous les secteurs productifs nécessaires à la bifurcation écologique, grande cause de ce siècle, pourtant entièrement absente des réflexions et orientations depuis trois décennies. Dans tous les secteurs de la formation professionnelle, c’est la ruine, le chaos et la perte de sens. Et cela vient de loin.”
“Nous traitons aujourd’hui d’une question biaisée dans sa formulation même. Parler d’une performance de la formation professionnelle et la corréler aussitôt à l’efficacité de la dépense publique sous l’angle du financement revient à assumer d’emblée un raisonnement de courte vue, qui réduit la formation professionnelle au rang de faire-valoir, d’expédient pour faire économie du savoir au service d’un système capitaliste qui vampirise tout sur son passage. Un tel raisonnement est révélateur d’une conception utilitariste de la transmission des savoirs à vocation professionnelle ou finalisée, et des savoirs tout court. Or, pour nous, l’enseignement – quelles que soient les spécialités : des plus fondamentales aux plus appliquées – n’a pas vocation à être performant.”
“Eu égard à ses fins comme à ses moyens, nous nous opposons donc à cette logique. C’est le sens de l’amendement que nous soutenons.”
“Cette évolution est particulièrement inquiétante. La vocation du service public départemental est de soutenir et d’aider les personnes précaires – les personnes âgées par exemple. Nous allons faire de chaque allocataire, par construction, un fraudeur en puissance ; le sens même de ces services publics – la solidarité – en est dénaturé. La finalité de ces mesures est donc assez obscène ; mais je m’inquiète également de la sécurité des moyens qui seront mis en œuvre, relativement à l’accès aux fichiers et aux échanges de données. En 2022, le conseil départemental de Seine-et-Marne, où se trouve ma circonscription, a été piraté ; les services en ont été gravement perturbés pendant des semaines. Ces infrastructures sont particulièrement exposées à des attaques de ce genre.”
“Ils auront des pouvoirs de contrôle, et celui d’organiser une certaine forme de suspicion, au détriment des activités d’un autre type qu’ils ont à cœur de développer dans leur office ordinaire.”
“L’article 2 vise pour ainsi dire à convertir en flics les agents départementaux.”
“Chers collègues de l’UDRN, si vous cherchez des limites à l’orientation postbac, regardez donc ce que vous avez voté, ce que vous avez laissé faire et le désastre que cela constitue pour les lycéens et pour les étudiants !”
“On se demande d’ailleurs comment le gouvernement entend financer le repas à 1 euro avec ce genre de budget, à moins de couper dans le programme, comme il l’avait fait pour les bourses. Ma question n’est qu’un prétexte, vous l’aurez compris. En résumé, nous avons donc une université publique, largement sous-financée, qui est en crise et qui manque de places, assortie d’une plateforme opaque qui sélectionne selon des critères incompréhensibles et qui laisse des dizaines de milliers de lycéens sur le carreau ; dans l’éducation nationale, 4 000 postes supprimés, donc moins de conseillers d’orientation, moins d’accompagnement et moins de suivi tout au long de la scolarité.”
“Parcoursup survit grâce à une logique néolibérale de mise en concurrence selon laquelle la prétendue main invisible du marché est censée produire la meilleure orientation possible pour des candidats soumis, toujours plus tôt, à une injonction au darwinisme social. En 2024, plus de 85 000 jeunes se sont retrouvés sans affectation à la fin de la première phase – 77 000 l’année précédente. Plus qu’une limite, c’est un désastre. La deuxième limite, c’est une université asphyxiée financièrement, contrainte de voter des budgets en déficit, alors que le privé est largement subventionné et encouragé. Cette année encore, le projet de loi de finances imposé par 49.3 ne fait pas exception. Dans une université publique où il y a ni assez d’enseignants ni assez de places pour les étudiants, on compte 4 millions d’euros en moins pour la vie étudiante.”
“Permettez-moi de faire un pas de côté et d’interroger la pertinence de la demande d’un tel débat par le groupe UDR…N. Il est cocasse de constater que ce groupe s’inquiète soudainement des limites du système d’orientation postbac, alors même que ses membres ont voté, année après année, les pires lois contre l’université. Les limites sont pourtant claires. Elles sont le fait de votre famille politique qui, on le sait, méprise l’université publique. La première n’est autre que Parcoursup, un système de sélection made in Macronie, dont, à ma connaissance, vous n’avez jamais vraiment contesté la rationalité.”
“Combien faudra-t-il encore d’étudiants endettés et en détresse, faute d’orientation fiable, pour des diplômes sans valeur, avant que l’État assume enfin sa responsabilité ? Quand interdirez-vous l’enseignement supérieur privé lucratif qui prospère sur l’abandon du service public ?”
“Les contrôles de la qualité des formations sont insuffisants, les sanctions sont rares et les exclusions quasi inexistantes. Le gouvernement annonce de nouveaux labels, de nouveaux agréments, un nouveau tri sur Parcoursup, mais l’accumulation de labels du répertoire national des certifications professionnelles (RNCP) – Qualiopi, accréditation privée, et autres – a déjà rendu le système incompréhensible, sans empêcher les fraudes. Les salons de l’étudiant sont de véritables miroirs aux alouettes, remplis de ces fausses universités qui prolifèrent aux côtés de celles du public, promettant aux étudiants un bachelor ou un mastère sans passer par Parcoursup en oubliant de spécifier que ces diplômes n’existent pas. Quelle aubaine !”
“Le nombre d’établissements privés à visée lucrative a explosé ces dernières années, aidé par l’inaction des gouvernements macronistes qui, faute de réguler sévèrement ce commerce douteux, préfèrent proposer des réformes paramétriques ou pire, un projet de loi qui achève de brouiller les frontières entre le public et le privé, normalisant l’idée que les études supérieures sont un business parmi d’autres – vieux mantra de la stratégie de Lisbonne. Peut-être espérez-vous faire oublier des années d’attentisme. Sur les quatre-vingts établissements contrôlés par la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), 56 % présentaient des anomalies graves, allant de la publicité mensongère à la proposition de diplômes sans habilitation.”
“La semaine dernière, en ouvrant ma boîte mail électronique de parlementaire, quelle ne fut pas ma surprise de découvrir une offre de formation d’une improbable école « Robert de Sorbon » : 500 euros de frais de jury pour un diplôme bidon, qui ne vaut rien sur le marché de l’emploi, et 1 200 euros pour une procédure accélérée. Robert de Sorbon est pourtant un multirécidiviste connu des services de l’État, condamné pour arnaque aux faux diplômes et pratiques commerciales douteuses. On pourrait en sourire, tant c’est grossier, mais les études postbac sont bel et bien en proie à une Robert de Sorbonnisation des formations supérieures.”
“Elle doit réaffirmer sans ambiguïté le droit du peuple kurde à l’autodétermination, exiger la reprise des discussions politiques et œuvrer pour une solution pacifique et durable. Monsieur le ministre, j’aimerais que vous disiez quelque chose sur ce sujet car jusqu’à présent, vous vous êtes contenté de vous en remettre à la sagesse de l’Assemblée, ce qui nous laisse sur notre faim. Monsieur le rapporteur, nous aimerions que vous précisiez également votre point de vue. Je pense que cet amendement s’inscrit bien dans le champ de cette proposition de résolution européenne. Nous pourrions ainsi dépasser une chronique géopolitique dont l’actualité est certes brûlante pour envoyer un message de soutien très fort en direction du peuple kurde qui se mobilise légitimement pour faire valoir ses droits.”
“L’Assemblée ne peut se contenter d’une proposition de résolution européenne qui n’affirme pas ce droit alors qu’il entretient des liens historiques profonds avec le peuple kurde, qui, je le rappelle, fut un allié déterminant dans la lutte contre l’organisation État islamique. Le peuple kurde constitue la plus grande nation au monde qui n’a pas d’État. Pourtant, il porte, notamment au Rojava, un projet politique et social fort fondé sur l’autogestion démocratique, l’égalité entre les femmes et les hommes, la reconnaissance des minorités et l’émancipation sociale. Ce projet est combattu avec violence par le régime d’Erdoğan, qui criminalise toute revendication kurde, détruit les droits fondamentaux et enferme des milliers de prisonniers politiques. La France doit se tenir du côté du droit international, de la paix et des peuples opprimés.”
“Il vise à compléter la proposition de résolution en y ajoutant un alinéa essentiel, affirmant le droit légitime du peuple kurde à l’autodétermination, conformément aux principes reconnus par la Charte des Nations unies, et appelant les autorités turques à ouvrir sans délai un dialogue politique inclusif avec toutes les composantes du mouvement kurde, y compris celles aujourd’hui emprisonnées pour leurs opinions, pour leurs engagements politiques ou pour leur simple appartenance à un peuple sur lequel le pouvoir en place s’acharne. Reconnaître le droit à l’autodétermination du peuple kurde est un message politique fort que la France se doit de lancer.”
“Les universitaires turcs luttent pour leurs droits et pour la liberté d’exercer leur profession ; notre pays s’honorerait de les accueillir, comme le président Macron en avait, un temps, effleuré l’idée en ce qui concerne les chercheurs américains. Avant les grandes purges de 2016, le système universitaire turc était un des meilleurs du monde, brillant dans les domaines de la santé, des sciences ou encore des sciences humaines et sociales. La France doit faire tout son possible pour préserver les écoles de pensée qui foisonnent depuis six siècles sur les rives du Bosphore et ailleurs en Turquie. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Quand les universitaires ne sont pas licenciés ou emprisonnés, ils sont poussés à l’exil, à la reconversion professionnelle, ou se voient contraints de publier leurs travaux hors de leurs frontières. Je pense à Pinar Selek, victime de persécution politique et de harcèlement judiciaire ; je me rendrai, avec son comité de soutien, au nouveau procès qui aura lieu dans quelques semaines à Istanbul. Pour elle comme pour ses collègues restés sur place ou en attente d’être accueillis par la France, cette proposition de résolution européenne doit mentionner l’écrasement des libertés académiques, qui sont un pilier des principes démocratiques.”
“Il tend à dénoncer la répression académique que subissent les universitaires turcs ; les collègues, là-bas, parlent même de purge. La politique que mène le pouvoir d’Erdogan à l’encontre des universitaires et des intellectuels est faite de harcèlement, d’interdictions, de pressions, parfois même de faux procès montés dans l’unique but de faire taire les voix critiques du milieu universitaire. Le ministère turc a centralisé les recrutements, faisant nommer et contrôler les recteurs par l’exécutif, entre autres signes d’hétéronomie des universités. Selon l’organisation Human Rights Watch, 5 800 universitaires ont été licenciés par des décrets d’urgence sans aucun fondement et au moins 6 000 autres voient leurs conditions d’exercice grandement affectées par le pouvoir d’Erdogan.”
“En adoptant cet amendement, nous nous donnerions les moyens d’envoyer un message fort aux militants kurdes qui luttent, à l’intérieur des frontières turques, contre l’arbitraire. À mon avis, cet ajout est de nature à renforcer la portée du texte plutôt qu’à l’altérer.”
“Je ne suis pas complètement convaincu. Les actions de déstabilisation extérieures menées par la Turquie produisent des effets sur sa politique intérieure ; les mentionner dans le texte constitue donc un soutien de notre part. Des mobilisations contre les événements de Syrie ont récemment été réprimées à Istanbul : des militants du DEM ont été arrêtés, ainsi qu’un journaliste français qui couvrait la manifestation. Cela montre bien que la déstabilisation extérieure déstabilise aussi la société turque, alors même que le processus de démilitarisation du PKK, riche de promesses, était engagé et qu’il faudrait l’encourager. Ce processus est au point mort et le leader kurde Abdullah Öcalan n’est toujours pas sorti de son trop long et tragique emprisonnement.”
“L’Union européenne investit dans le nouveau pouvoir de Damas et la France est attentiste. La Turquie porte donc une part de responsabilité majeure dans les menaces qui pèsent maintenant sur le peuple kurde. Les atteintes répétées, directes ou par procuration, à l’encontre de ce peuple, doivent impérativement être inscrites dans cette PPRE, tant le régime d’Erdogan s’emploie à nier et à détruire les droits fondamentaux des Kurdes.”
“En octobre 2019, l’armée turque a ainsi bombardé des prisons gardées par les forces kurdes, pourtant alliées de la coalition internationale, et dans lesquelles étaient détenus des combattants de Daech – ces mêmes terroristes que notre armée a combattus aux côtés des forces kurdes et dont certains groupes sont responsables des attentats djihadistes qui ont frappé notre pays. Le soutien de la Turquie aux attaques de l’armée syrienne contre le peuple kurde et les minorités est désormais connu et documenté. Depuis début janvier 2026, la région est complètement déstabilisée. Une administration autonome du Nord et de l’Est de la Syrie est notamment en proie au démantèlement, à l’épreuve d’une reconstruction incertaine de la Syrie, des déplacements de populations massifs… Les États-Unis d’Amérique lâchent.”
“Par cet amendement, nous souhaitons combler un manquement majeur de votre PPRE. En effet, vous n’évoquez qu’en toute fin de texte le sort du peuple kurde, alors même qu’il est au cœur de la politique répressive menée par le pouvoir d’Erdogan. Les près de 20 millions de Kurdes turcs de Turquie sont désignés comme des ennemis de l’intérieur, érigés en boucs émissaires par un pouvoir autoritaire d’extrême droite qui nie leurs droits fondamentaux, réprime leur représentation politique et criminalise toute expression de leur identité et de leur culture. Mais cette répression ne s’arrête pas aux frontières turques. Le pouvoir d’Erdogan mène également une politique agressive à l’extérieur de son territoire en finançant et en soutenant des groupes armés en Syrie, dans le but explicite de combattre la communauté kurde syrienne.”
“(Applaudissements sur les bancs des groupes LFI-NFP et GDR.) En résumé, cette proposition de résolution européenne doit être l’occasion de réaffirmer notre solidarité et notre soutien entier aux peuples qui, en Turquie et dans les pays de la diaspora, dont la France, ont raison de se dresser contre la régression antidémocratique du régime d’Erdogan. (Mêmes mouvements.)”
“La mentionner à la portion congrue n’est pas à la hauteur des enjeux, compte tenu de la persécution dont elle fait l’objet : pas un mot dans l’exposé des motifs ; une seule maigre occurrence, in extremis , pour appeler à un « soutien », en l’état aussi faible qu’incantatoire. Le processus de paix engagé en février 2025 à l’initiative du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) est hélas au point mort. J’évoquerai plus tard la situation catastrophique dans le Kurdistan syrien, où Erdogan souffle cyniquement sur les braises depuis des années et arme les milices de Damas, contribuant directement au chaos régional. La France doit appeler à la désescalade et à la préservation du projet démocratique du Rojava autonome.”
“Pire, le Comité contre la torture des Nations unies s’est inquiété de la recrudescence des accusations de torture et d’autres formes de mauvais traitements depuis 2016. Selon ce même rapport, Ankara entretient les inégalités – elle les construit –, tout comme la répression qui touche les minorités ethniques et religieuses du pays. La préservation des principes démocratiques en Turquie – titre de cette proposition de résolution européenne – est inséparable de la résolution de la question kurde. La communauté kurde représente au moins 20 % de la population en Turquie, soit 20 millions de personnes.”
“La presse publique, organe de propagande, est contrôlée par les oligarchies financières qui perdurent par la grâce du pouvoir d’Ankara. Les rares journalistes indépendants sont muselés, traqués, jusqu’en France. Je pense à Zehra Kurtay, journaliste et militante antifasciste, menacée d’expulsion vers la Turquie depuis la France, où elle réside depuis bientôt vingt ans, en grève de la faim depuis deux cent dix-huit jours pour faire valoir ses droits. Les syndicalistes sont eux aussi pourchassés et jetés en prison sans motif valable. Selon un récent rapport d’Amnesty International, les militants écologistes et les militants féministes sont également pris pour cible, et leurs manifestations violemment réprimées, tout comme les militants des communautés LGBTQI+, qui n’ont absolument aucun droit et risquent la mort du simple fait d’exister.”
“Le recours au lawfare et à tous les subterfuges antidémocratiques visant à neutraliser les adversaires est le signe d’un autoritarisme que nous combattons fermement. Cependant, cette proposition de résolution européenne ignore d’autres composantes de la société civile turque : les universitaires et les intellectuels, qui sont eux aussi durement réprimés. Depuis les arrestations de 2016, la purge des personnels académiques n’a pas cessé. Quand les universitaires ne sont pas bannis des universités fermées ex abrupto , on leur enjoint de se taire ou de composer avec un pouvoir qui les anéantit par obscurantisme. Les libertés académiques sont sacrifiées. On le sait, le gouvernement turc mène une guerre aux contre-pouvoirs.”
“D’autres responsables politiques de gauche subissent la répression, à l’instar des membres du parti DEM, prokurde et progressiste : douze députés sur les cinquante-six que compte le parti sont actuellement emprisonnés ; les autres se battent et résistent, malgré les menaces d’arrestation, après la levée arbitraire de leur immunité parlementaire. L’inventaire de ce politicide n’est pas complet. En décembre 2025, seize militants du Parti des travailleurs de Turquie (PTI) ont été emprisonnés plus d’un mois pour avoir dénoncé la mort de quatre-vingt-cinq jeunes travailleurs de 14 ans. Cette répression des oppositions politiques a doublé en intensité à l’encontre du Parti républicain du Peuple et du DEM.”
“Mais puisqu’il est question de la Turquie, rappelons qu’au moins 30 000 personnes y sont emprisonnées pour des raisons politiques, dont 20 000 militants kurdes. Les purges qui ont suivi la tentative de coup d’État de 2016 ont été massives. L’arrestation et l’incarcération du maire d’Istanbul Ekrem Imamoglu constituent un scandale, et nous saluons la mobilisation du peuple turc contre cet arbitraire avec la même détermination que lors de la révolte de Gezi. Cependant il eût fallu citer d’emblée, plutôt que par voie d’amendement, le nom de Selahattin Demirtas, député et coprésident du Parti démocratique des peuples (HDP), prisonnier politique depuis 2016 – et pour une durée indéterminée.”
“Notre groupe réaffirme son opposition déterminée à la dictature islamo-nationaliste que le président Recep Tayyip Erdogan continue de radicaliser en Turquie avec le soutien de l’extrême droite. Par contraste, nous soutenons tous les peuples et toutes les minorités en lutte contre ce régime – peuples avec lesquels nous, peuple de France, partageons une histoire commune et pluricentenaire. Cette proposition de résolution européenne tombe à point nommé et nous la voterons, tout en regrettant que vous ne soyez pas aussi volontaires dans la condamnation du gouvernement génocidaire et d’extrême droite de Benyamin Netanyahou. Car en Israël comme en Turquie, la justice est mise sous pression et les manifestations sont réprimées avec une grande violence.”
“Nous refusons votre vision infantilisante et inefficace ; nous lui préférons l’émancipation et la confiance dans la jeunesse. C’est la raison pour laquelle nous voterons contre ce texte. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP, dont plusieurs députés se lèvent.)”
“Faire communauté, apprendre collectivement, partager les savoirs et les connaissances, c’est cela aussi les réseaux sociaux. Collègues, si vous voulez réellement lutter contre l’addiction, investissez dans la santé publique. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.) Si vous voulez agir en faveur du développement harmonieux des enfants et des adolescents, investissez dans la santé publique. (Mêmes mouvements .) Si vous voulez lutter contre le harcèlement, investissez dans la santé publique, et lourdement (Mêmes mouvements.) Si vous voulez réguler les usages – attention, il y a une petite subtilité –, légiférez sur les plateformes. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Pourtant, les réseaux sociaux sont aussi des espaces d’apprentissage (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP), de création, d’expression politique et culturelle (Mêmes mouvements.) Pour de nombreux jeunes, notamment LGBT, racisés, isolés et ruraux, ils servent d’espaces de socialisation, de reconnaissance et de soutien.”
“Depuis 2023 et les révoltes urbaines qui ont suivi l’assassinat du jeune Nahel, vous avez vu une jeunesse capable de s’organiser, de s’informer et de se mobiliser massivement grâce aux réseaux sociaux. Cela vous a échappé, et ce qui échappe à votre pouvoir, vous cherchez à le contrôler, à le restreindre, à le discipliner. C’est de là qu’ont émergé les débats sur les usages des réseaux sociaux pour les mineurs, c’est là que votre panique morale s’est déclenchée et n’a cessé de grandir, et c’est là que vous avez décidé qu’il fallait légiférer – vous l’avez notamment appliqué en Kanaky Nouvelle-Calédonie pour maîtriser les mouvements de protestation.”
“Vous êtes des hypocrites (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP) : vous avez brandi tout au long de la discussion la cause du harcèlement et des problèmes psychologiques, vous avez fait mine de vous intéresser au développement de l’enfant, mais vous avez refusé d’investir, en neuf ans de mandat, pour la santé mentale des jeunes, pour plus de psychologues scolaires, pour une psychiatrie qui fonctionne, pour davantage de moyens alloués à l’aide sociale à l’enfance (ASE). Vous avez préféré baisser, année après année, le budget de la sécurité sociale. La vérité, c’est que cette proposition de loi ne naît pas d’une analyse rigoureuse, sociologiquement étayée, des usages et de leurs répercussions, mais d’une peur politique et d’une panique morale.”