Jean-Louis Thiériot
DR · France
“Pour savoir ce qu’il faut faire, rien ne vaut l’expérience, le retour d’expérience issu du terrain. Nous appliquons partout la méthode que décrivait M. le ministre de l’intérieur, tant dans le domaine de la sécurité intérieure que de la sécurité extérieure.”
“En écoutant les débats, j’ai l’impression que certains, ici, sont totalement étrangers à ce que vivent les maires au quotidien. Vous avez cité des exemples en Seine-et-Marne ; dans ma circonscription, trois communautés de communes sur quatre sont en règle.”
“Je viens d’être mis en cause personnellement. On menace d’organiser une manifestation chez moi. Le droit de manifester est libre, mais je me fie à la vigilance naturelle du ministre de l’intérieur qui ne manquera pas de veiller à ce qu’elle ne cause aucun trouble à l’ordre public.”
“Ian Boucard applaudissent.) La vidéo-assistance permettrait à des policiers et à des gendarmes de s’occuper de la sécurité du quotidien au lieu de passer des heures devant des écrans. Alors, adoptons l’amendement gouvernemental et rétablissons l’article 19 !”
“Le texte issu de la CMP reprend les ambitions du texte voté ici même. Il privilégie ce qui est national lorsque c’est possible, ce qui est européen si ce n’est pas le cas – je salue à cette occasion, madame la ministre, votre choix de retenir la solution nationale Thundart pour le successeur du lance-roquettes unitaire (LRU).”
“Je ne reviendrai pas sur les raisons qui ont amené notre assemblée à voter très majoritairement en faveur de ce texte en première lecture. La menace est là, plus prégnante que jamais. La guerre hybride menée contre nous par la Russie et ses proxys a déjà commencé, des champs informationnels aux dunes d’Afrique.”
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“Demande de retrait ; à défaut, avis défavorable.”
“Monsieur Lachaud, la force de nos armées reposent sur les femmes et les hommes qui les constituent. Il est certain que les militaires ne peuvent défendre efficacement les armes de la France que s’ils ne se trouvent pas dans une ambiance de violences sexistes ou sexuelles. Cependant, le ministère de la défense agit. Parmi les cinquante-deux recommandations formulées dans le rapport de la mission d’enquête sur les violences sexuelles et sexistes au sein des armées, publié en juin 2024, quarante-cinq sont déjà déployées et sept sont en passe de l’être. Un comité de suivi du programme de lutte contre les violences sexuelles et sexistes, animé par Bernard Pêcheur, assure leur mise en œuvre. Une réelle transparence est assurée, ne serait-ce que grâce au travail et au suivi de la mission Thémis. Votre amendement est donc satisfait.”
“Si un rapport annexé suffisait à susciter un choc de simplification, cela se saurait. Les services du ministère des armées essaient sans doute de faire au mieux. Bien que votre objectif soit louable, madame la députée, ces questions relèvent de la conduite administrative, donc du domaine réglementaire plutôt que de la loi. Si je suis favorable sur le principe, j’émets un avis défavorable sur l’amendement : en l’absence d’une volonté politique – et je ne doute pas de celle de Mme la ministre –, il ne changera strictement rien.”
“Le logement est un sujet majeur. Nous souhaiterions évidemment faire mieux et faire davantage. Néanmoins, des efforts importants sont consentis, avec 300 millions d’euros prévus en 2026. L’amendement est donc partiellement satisfait. En conséquence, à défaut d’un retrait, mon avis sera défavorable.”
“Mme Martinez pose évidemment de bonnes questions. (Murmures sur les bancs du groupe RN.)”
“Nos réservistes sont aussi nécessaires que les membres des forces d’active, tout comme le seront demain ceux qui rejoindront le service national volontaire. Nous constatons que le nombre de candidats à la réserve excède celui des postes ouverts. La réserve n’a donc pas de problème d’attractivité : elle attire ceux dont ce n’est pas le métier mais qui ont la passion de servir. Des difficultés demeurent, nous le savons tous, notamment pour ce qui concerne les délais de règlement des soldes, mais ce que vous proposez n’est pas aujourd’hui une priorité. Avis défavorable.”
“Soyons sérieux et agissons au service des militaires, qui ont bien besoin de notre soutien !”
“Si, à l’évidence, vos rapporteurs soutiennent le principe d’une intégration des primes dans les pensions, ils rappellent que cette décision relève d’une discussion budgétaire et n’a pas à figurer dans un rapport annexé. Par ailleurs, vous avez dit dans la discussion générale que vous voteriez contre l’actualisation de la LPM. Vous ne votez jamais les PLF.”
“Le rapport annexé maintient la cible du recrutement de 275 000 ETP – équivalents temps plein –, malgré la sous-exécution au début de l’application de la loi. Les auditions que nous avons menées ont prouvé que ce retard avait été rattrapé. La cible reste donc la même. Nous avons besoin d’un minimum de souplesse dans la conduite. L’amendement est donc satisfait. Avis défavorable.”
“Nous sommes tous d’accord pour dire que la logistique est vitale. Si vous ne parvenez pas à ravitailler les armées, fussent-elles les meilleures du monde, rien ne se passera. Des améliorations ont déjà été apportées, mais il est capital de les poursuivre. Avis favorable, sous réserve de l’adoption du sous-amendement de vos corapporteurs.”
“Le maintien en condition opérationnelle (MCO) est permis par toute une série d’acteurs – les ouvriers d’État, les entreprises de la BITD, le personnel du matériel – qui permettent aux forces armées de bénéficier des meilleurs équipements. Nous insistons régulièrement, de même que la ministre, sur l’importance des ouvriers d’État. Nous savons que le taux de fidélisation est important et que leur expérience est très demandée par les entreprises de la BITD. Cela signifie que nous avons un corps utile, qui continue d’exister. Nous considérons donc que votre demande est satisfaite.”
“L’amendement est largement satisfait par l’article 58, qui prévoit d’utiliser toutes les ressources de la recherche, notamment en matière d’IA ou de quantique. C’est donc une demande de retrait ou un avis défavorable.”
“Nous avons déjà adopté des amendements très bien rédigés évoquant la préférence nationale ou, à défaut, européenne. Vos demandes sont donc satisfaites et ces amendements, inutiles. Avis défavorable sur les deux amendements.”
“Il existe un principe du droit selon lequel la loi doit avoir une portée générale. Dans un texte législatif, on ne cite jamais une société en particulier. Même si nous partageons tous l’objectif de solutions nationales ou européennes, nous n’allons pas faire une entorse à ce principe. Mon avis est donc évidemment défavorable.”
“L’amendement a le mérite de rappeler certains éléments essentiels pour notre base industrielle et technologique de défense (BITD), et de mentionner des points ignorés par d’autres amendements, notamment la vision d’ensemble liée à la revue nationale stratégique (RNS), qui constitue l’une de nos boussoles. Avis favorable donc, et je m’en remets à la sagesse de l’Assemblée pour le sous-amendement.”
“Avis favorable à l’amendement n o 613 et défavorable à l’amendement n o 633.”
“Nous ne sommes pas en économie de guerre, et c’est tant mieux ! Quand on est en guerre, on réquisitionne, on modifie radicalement les rythmes de travail, on supprime les besoins superflus au profit des besoins essentiels. Nous devons nous préparer à l’économie de guerre, si elle devait être nécessaire ; autrement dit, nous devons être en mesure de remonter en puissance, nous devons être prêts à faire face. Mais n’espérons pas immédiatement une économie de guerre ! Nous avons à accélérer et à nous préparer mieux, mais « rendre effective la logique d’économie de guerre » signifierait que nous y serions déjà. Or ici tout le monde ne se bat que pour une chose : la paix. Avis défavorable. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe EPR. – M. Philippe Brun applaudit également.)”
“Vous vous inquiétez des menaces hybrides, nous aussi. Les attaques dans le champ immatériel représentent évidemment un sujet de préoccupation majeur. Pour y faire face, il faut disposer d’infrastructures et d’outils numériques aussi souverains que possible. Vous avez rédigé votre amendement d’une manière qui répond à la menace tout en tenant compte de la réalité : vous écrivez « privilégiant » – ce qui n’implique pas d’exclusivité – et vous envisagez des solutions « nationales ou européennes ». Il s’agit d’un amendement de sagesse, sur lequel la commission émet un avis favorable.”
“L’amendement est très largement satisfait par l’alinéa 58 du rapport annexé. C’est pourquoi la commission a émis un avis défavorable ; les rapporteurs s’en remettent quant à eux à la sagesse de l’Assemblée.”
“…alors qu’on avait classiquement prévu 1,2 milliard. Et vous savez aussi bien que moi qu’il est prévu par la LPM que si l’on dépasse le seuil prévu, le surcoût doit être pris en charge en solidarité interministérielle. L’éventuel dépassement ne concerne donc pas la LPM et s’il y a un sujet qui ne présente pas de difficulté, c’est bien celui-là. J’ajoute que je suis incapable, comme vous, de dire quel sera le surcoût des Opex en 2029. On a fixé un montant de 1,2 milliard ; au-delà, ce sont tous les ministères qui contribueront. Avis défavorable.”
“S’il y a un domaine dans lequel on peut saluer la sincérité de cette loi d’actualisation, c’est bien le coût des Opex. Pour 2026, on en est à 1,450 milliard, pour coller à la réalité – tout est détaillé noir sur blanc –,…”
“Nous débattons d’une actualisation de la loi de programmation militaire, pas d’une loi de finances, ni de propositions susceptibles de figurer sur un tract politique.”
“Si nous arrêtons de soutenir l’Ukraine, elle risque de s’effondrer. Or ce qui se joue là-bas, ce sont des principes, mais c’est surtout la sécurité de l’Europe. La meilleure garantie de paix pour l’Europe, c’est une Ukraine forte, qui nous évite d’être en première ligne. Votre amendement revient à jouer un mauvais coup pour l’Europe et pour la France. Avis évidemment défavorable. (Applaudissements sur quelques bancs des groupes EPR et SOC.)”
“Vous nous demandez explicitement de cesser de financer la Facilité européenne pour la paix, le véhicule qui permet à l’Union européenne de soutenir l’Ukraine par la contribution de ses États membres.”
“Cet amendement revient à formuler une évidence qui fait consensus. La BITD est vitale et la première de nos armes, c’est l’usine. Mais pourquoi inscrire dans le texte une telle évidence, presque une tautologie, si ce n’est un pléonasme ? Il faut éviter les lois bavardes. Avis défavorable.”
“Nous avons la chance d’avoir cet article 15, je rendrai donc un avis défavorable.”
“C’était la volonté du général de Gaulle : une boucle courte et une capacité de décision. En 1940, nous avons vu ce qu’il en coûte de n’avoir ni État, ni chef…”
“En vertu de l’article 15 de la Constitution, le président de la République est le « chef des armées ». Puisqu’il les commande, il est bien normal qu’il rende des arbitrages sur les décisions relatives à une loi de programmation militaire.”
“Vos rapporteurs soutiennent le principe que cette LPM ne soit pas rabotée. Cependant, ils ont à cœur de ne pas voter un texte qui contreviendrait au principe constitutionnel de l’annuité budgétaire. Il n’est pas possible d’aller à l’encontre de ce principe pour les orientations et la trajectoire définies dans le rapport annexé. Avis défavorable.”
“Avis défavorable parce que l’objet de cet amendement n’a pas un grand rapport avec le sujet.”
“Cet amendement enfonce des portes ouvertes, puisque les traités européens prévoient que la défense relève de la compétence exclusive des États. Nous ne considérons en aucun cas que Safe ou Edip constituent des abandons de souveraineté – c’est un point de divergence que nous devons assumer – puisque nous, États souverains, choisissons les programmes que nous voulons faire financer par Safe. Ensuite, l’Europe accepte ou pas, sinon ce sont d’autres projets. C’est la même chose pour Edip : la France n’a aucune obligation d’y entrer. Je considère que ce que vous proposez est déjà prévu par les traités. Avis défavorable des deux rapporteurs.”
“L’amendement que vous présentez pose des questions extrêmement judicieuses que nous partageons tous. La difficulté, c’est qu’une mission parlementaire se penche déjà sur le sujet des infrastructures critiques et de la mobilité stratégique mais qu’aller plus loin poserait un problème de sécurisation de l’information car une grande partie des données sont classifiées. Pour ces raisons, ce sera un avis défavorable.”
“C’est toute l’aventure de la dissuasion voulue par le général de Gaulle – et la sécurité qui en a découlé –, ainsi que la période des Trente Glorieuses, où l’investissement dans la défense a joué son rôle de multiplicateur keynésien dans la prospérité française. Avis très favorable de vos rapporteurs.”
“…, nous devons rattraper ces « manques à gagner » des dividendes de la paix. Un effort de défense se construit sur vingt ans – on ne remonte pas en puissance d’un claquement de doigts. Fixer un cap à 2035, ce qui n’a pas de conséquence directe sur notre LPM, a donc du sens, et montre la détermination du Parlement. J’entends déjà les critiques de certains, mais, non, nous ne préemptons pas le débat présidentiel – 2035 n’est même pas sous la prochaine présidence. Et, non, nous ne cédons pas à l’Otan, pas plus que nous ne souhaitons faire plaisir à M. Trump. Comment imaginer une chose pareille quand on est, comme vos deux rapporteurs, attachés à la souveraineté. En outre, je l’ai déjà dit, nous avions déjà atteint l’objectif de 3,5 % du PIB durant la guerre froide.”
“Cet amendement est important et nous le soutenons. Il respecte l’esprit de la LPM – il fixe un cap à 2035, sans implication impérative et directe. Il est important car, après quarante ans de désinvestissement – nous étions tombés à 1,38 % du PIB avant 2017…”
“Cet amendement est un amendement de cohérence. L’article 4 de la LPM votée en 2023 dispose que les ressources budgétaires prévues jusqu’en 2030 sont un minimum. Nous actualisons cette LPM et, si les nécessités l’imposent, il faut pouvoir consacrer davantage de ressources à la défense. Le cadre proposé ne doit pas être un frein. C’est pourquoi vos rapporteurs proposent de préciser que l’objectif de 2,5 % constitue un minimum.”
“Il est nécessaire qu’émerge une communauté de pays européens qui se soutiendront mutuellement. En commission, vous aviez défendu une première version de cet amendement. Vous l’avez depuis modifié et sa version actuelle tend à accorder la priorité à l’option souveraine et à envisager en second lieu l’option européenne, si l’on ne peut pas faire autrement. En conséquence, les deux rapporteurs que nous sommes ne peuvent que donner un avis favorable à son sujet : il rappelle une réalité sur laquelle nous nous accordons tous.”
“En effet, si on opte pour une solution souveraine qui coûte trois fois plus cher qu’une solution qui n’est pas purement nationale, cela aura pour effet qu’on acquerra moins d’équipements. Ensuite, si nous sommes très heureux de vendre des frégates à la Grèce et des sous-marins à nos amis des Pays-Bas, cela ne peut pas toujours aller dans un seul sens.”
“Nous partageons tous ici l’objectif que la BITD soit aussi souveraine que possible et aussi européenne que nécessaire. Votre amendement est très largement satisfait. En effet, pour l’année 2025, par exemple, 90 % des crédits de paiement versés l’ont été à des entreprises françaises. L’exigence de souveraineté est donc déjà largement respectée. La DGA fait un excellent travail, de même que le ministère de la défense, et nous nous efforçons d’atteindre ce but. Si nous partageons le souhait relatif à la souveraineté française qui transparaît dans votre amendement, il faut néanmoins évoquer deux nuances. D’abord, on est parfois bien obligé d’acheter européen.”
“Dans le tumulte du monde, que les Français soient témoins des votes de chaque groupe politique : si voter contre, c’est clairement refuser à nos forces les moyens dont elles ont besoin pour assurer notre sécurité collective, s’abstenir reviendrait à se dérober au moment de décider. (Applaudissements sur les bancs des groupes EPR, DR et Dem ainsi que sur plusieurs bancs du groupe HOR.)”
“Il faut tout autant se garder de verser dans le déclinisme et le French bashing . Les deux LPM de Florence Parly et de Sébastien Lecornu ont doublé le budget de nos armées. La route sera longue, mais le mouvement est engagé. Il faut bien rester conscient que cette loi n’est qu’une loi de cohérence. Elle doit être adoptée, nous le devons au monde, qui nous regarde ; nous le devons aux membres de nos armées qui, chaque jour, assument un risque, celui de donner la mort ou de la recevoir – ceux des nôtres qui sont tombés en Irak et au Liban viennent de nous le rappeler.”
“Il nous faudra disposer de moyens organiques propres de niveau corps d’armée – l’équivalent d’une dizaine de régiments –, mais aussi de nouveaux navires de premier rang et d’une trentaine de Rafale supplémentaires. Nous devons atteindre le poids de forme de 100 milliards, chiffre avancé par le premier ministre et que vous avez repris, madame la ministre. L’élection de 2027 sera un rendez-vous clé car elle précédera probablement une nouvelle LPM. En commission, nous avons déjà acté le principe d’un nouveau livre blanc. Deux écueils guettent nos débats. Le premier, c’est le triomphalisme. Ne prenons pas des portes ouvertes pour des arcs de triomphe : cette actualisation n’est pas un effort historique. Nous consacrons aujourd’hui 2 % du PIB à la défense, contre 3,5 % durant la guerre froide.”
“Il permet aussi de préparer l’avenir : je pense aux programmes à effet majeur (PEM), aux porte-avions comme la France libre , aux Rafale F5, aux chars intermédiaires, aux technologies émergentes et aux capacités de frappes balistiques dans la profondeur, dont on mesure encore mieux le caractère essentiel après que les États-Unis ont annoncé envisager d’abandonner les leurs. Ce texte comporte également des évolutions normatives utiles, en particulier en posant les fondations d’un modèle hybride de service national, qui permettra une continuité entre volontaires, réservistes et militaires d’active. En revanche, il ne définit pas le format de nos forces à l’horizon 2035.”
“Dans le contexte budgétaire que nous connaissons, cette actualisation s’efforce de conduire le difficile exercice de répondre aux besoins actuels et de préparer l’avenir. La dissuasion étant sauve, le texte répond d’abord aux besoins les plus criants – munitions, drones, feu dans la profondeur, DSA, LAD. On augmente les budgets mais le format ne change pas : certains voudront y voir un paradoxe. En réalité, ce projet de loi traite de tout ce qui est à l’arrière-plan mais qui fait la différence sur le champ de bataille.”
“La prééminence de la menace russe ne doit pas nous aveugler. Les menaces sont à 360 degrés, du péril islamiste aux attaques sur nos voies maritimes en passant par la contestation de nos outre-mer ou par une éventuelle crise majeure en Extrême-Orient. Ce tableau est compliqué par les incertitudes sur la solidité de l’Alliance atlantique. Nous pouvons être seuls ! C’est l’extraordinaire défi qui se pose à notre génération : européaniser l’Otan, disposer des strategic enablers qui nous manquent.”
“La solidité de la défense de l’Europe peut être testée. Le défi pour la France sera de soutenir nos alliés. Notre mission collective est de montrer, par la puissance de nos forces militaires en Europe, que la Russie ne peut pas gagner. Il s’agit d’éviter l’illusion d’une guerre courte, qui a conduit à l’opération militaire spéciale contre l’Ukraine. À ce prix seulement, nous ne serons pas testés. Et la paix, notre combat commun, sera gagnante.”
“…ceux qui, par sympathie idéologique, refusent de voir la vraie nature du poutinisme ; ceux qui, comme Marcel Déat en 1939, ne veulent pas « mourir pour Dantzig », alors que le Donbass rappelle furieusement les Sudètes.”
“L’épée est redevenue l’axe du monde. L’heure est venue de sortir du déni de guerre. Inutile d’insister sur la crise générale du droit international et le recours désinhibé à la force. Pour être respecté, il faut être craint ! Soyons lucides : nous débattons d’une actualisation de la LPM 2023 et non d’une nouvelle LPM. C’est une loi de cohérence, pas une loi de format. Faisons d’abord un point sur les menaces. L’hypothèse centrale est celle d’une confrontation avec la Russie. Bien sûr, il y a ceux qui ne veulent pas y croire. Ceux qui avant 2022, disaient que Vladimir Poutine n’attaquerait pas ;…”
“Certes, « la justice sans la force est impuissante ; la force sans justice est tyrannique », écrivait Pascal dans Les Provinciales , mais à nous de faire en sorte que la justice soit forte car l’arbitraire est la semence du chaos. C’est le combat d’une génération. C’est le vôtre. C’est le nôtre. C’est le seul qui soit digne de la France. (Applaudissements sur les bancs des groupes DR, EPR et Dem.)”
“L’importance de l’épaulement conventionnel de notre dissuasion a été rappelée à l’île Longue : chacune de nos armées devra y jouer un rôle. Enfin, comme il n’est de bonne stratégie que globale, le groupe Droite républicaine appelle à une réflexion sur l’avenir du droit international. Cependant, ne nous leurrons pas ! L’ordre international n’existe pas, nous sommes dans un monde sans juge ni gendarme. Le droit international nécessaire n’est possible qu’en vertu d’un consensus partagé, ou du moins d’un équilibre des puissances, et cela fonctionnait peu ou prou dans le monde bipolaire de la guerre froide ou du temps de l’hyperpuissance américaine, mais ne vaut plus dans un monde multipolaire caractérisé par une grande puissance émergente, la Chine, et des puissances révisionnistes telles que la Russie. N’en faisons pas pour autant le deuil.”