Nicolas Turquois
DEM · France
“Par conséquent, le fait même de supprimer l’accès à l’aide à mourir dans certains établissements reviendrait à en priver certains de nos concitoyens des territoires ruraux, qui n’auront pas la possibilité de choisir leur établissement en fonction de ce critère, à moins d’aller très loin de chez eux.”
“L’offre de santé et de soins palliatifs en particulier n’est pas la même dans tous les territoires, comme certains l’ont souligné à plusieurs reprises. Pour ma part, il me semble que ce sont notamment des personnes âgées qui auront recours à ce nouveau droit.”
“Je m’abstiendrai, mais je partage les opinions exprimées au travers de ces amendements. Nous sommes au bout du chemin. Les professionnels de santé présents à ce moment-là partagent la philosophie du dispositif, puisqu’ils savent ce qui va avoir lieu.”
“À titre personnel, j’étais plutôt favorable à la création du délit d’entrave. Nous évoquons parfois ceux qui nous sollicitent dans nos circonscriptions. S’agissant de ce texte, nous sommes partagés : j’y suis plutôt favorable, quand d’autres y sont plutôt défavorables.”
“Je ne m’exprime pas sur tous les amendements en discussion, parce que nous en avons déjà débattu des dizaines et des dizaines de fois au cours de cette lecture comme des précédentes.”
“Premièrement : certes, les personnes en situation de handicap peuvent connaître une altération de leurs facultés, mais elles ont aussi une grande sensibilité et elles peuvent tout à fait comprendre les enjeux liés à cette proposition de loi.”
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“Je souscris aux arguments avancés par M. le rapporteur et Mme la ministre et j’aimerais en ajouter un. Dans les amendements n os 7 et 51, la possibilité pour les communes déléguées d’ouvrir des établissements de 4 e catégorie, qui avait été introduite en commission, est supprimée. J’ai moi-même été maire d’une commune déléguée et j’ai aussi pu assister à des rapprochements entre des communes de taille non négligeable du Maine-et-Loire, le département voisin du mien. Si ces communes souhaitent ouvrir des bars, cafés ou restaurants, elles doivent pouvoir le faire. Cette suppression n’est sans doute pas volontaire mais il me semblerait dommage d’expurger le texte d’un tel apport. Je suis moi aussi défavorable aux amendements.”
“Le droit à la propriété est constitutionnel, mais le fait que des indivisaires soient empêchés de vendre parfois pendant des dizaines d’années est aussi un frein à l’exercice du droit de propriété. C’est ce sujet que nous vous proposons d’examiner ce soir. (Mme la rapporteure et M. Jean-Carles Grelier applaudissent.)”
“Quand vous circulez dans vos circonscriptions, demandez-vous pourquoi une maison de caractère se trouve à l’état d’abandon, sur la belle place du village pourtant totalement rénovée ou à l’entrée du bourg : c’est souvent lié à une indivision conflictuelle, à une succession qui a été mal préparée, et cela dure parfois depuis des dizaines d’années. Une telle situation est contre-productive : elle limite l’aménagement et l’embellissement du village ; elle fait obstacle à l’installation de nouvelles familles, et elle donne surtout au maire un sentiment d’impuissance. C’est ce problème que nous avons voulu traiter, Louise Morel et moi-même, en nous inspirant de dispositions existant dans le droit local mais aussi dans les territoires d’outre-mer, en particulier la loi Letchimy.”
“Il est indéniable que les produits de traitement amplifient la fragilité liée au manque d’alimentation disponible pour les abeilles et les insectes, mais favorisons également la richesse écologique de nos territoires et développons le plan entamé par l’ancien ministre ! (Applaudissements sur les bancs du groupe Dem.)”
“Dans la seconde, beaucoup plus pauvre écologiquement en l’absence de haies, la mortalité des insectes est plus grande parce que dans les plaines céréalières, entre la floraison du colza au mois d’avril et celle du tournesol au mois de juillet, l’alimentation manque aux insectes pollinisateurs. J’entends la problématique des phytosanitaires et je ne la nie pas, mais la question de la richesse écologique des territoires est fondamentale et je veux souligner que le précédent ministre de l’agriculture a lancé un plan pour réimplanter des haies bocagères et apporter de la diversité afin de pallier l’insuffisance périodique de l’alimentation des insectes. (Applaudissements sur les bancs du groupe Dem.)”
“Je veux souligner la qualité des propos de Mme la ministre. Comme je l’ai déjà dit dans cet hémicycle, je suis agriculteur multiplicateur de semences et j’ai absolument besoin d’insectes pollinisateurs. J’exploite des cultures très diverses de céréales et de légumes. Ma ferme se compose de deux parties distantes de 5 kilomètres : l’une comporte beaucoup de haies, l’autre est une plaine céréalière. Dans la première se trouvent énormément d’insectes pollinisateurs, et l’apiculteur qui y exploite des ruches me dit que les abeilles se portent très bien malgré les produits de traitement utilisés.”
“Je pense en particulier à l’amyotrophie spinale, dont l’issue est presque toujours fatale à court ou moyen terme, alors qu’un diagnostic précoce permet d’en prévenir la survenue. Chaque année, quelques dizaines de nouveau-nés en sont atteints. Chaque mois gagné permettra donc d’éviter à plusieurs familles la douleur insoutenable de perdre un enfant : faisons vite ! (Applaudissements sur les bancs des groupes Dem et EPR.)”
“Il faut parfois des années d’errance médicale avant qu’un diagnostic soit posé. Des milliers de familles souffrent de voir la santé de leur enfant se dégrader, sans connaître la cause de son affection ou la manière de la combattre. Les maladies rares sont aussi le combat quotidien d’un de nos anciens collègues, Philippe Berta, à qui je tiens à rendre un hommage appuyé. (Applaudissements sur les bancs du groupe Dem et sur plusieurs bancs du groupe EPR.) Ma question porte plus spécifiquement sur le dépistage postnatal précoce des maladies rares. Vous avez inscrit trois nouvelles maladies dans la liste de celles qui font l’objet d’un dépistage systématique, ce que nous saluons. Pouvez-vous préciser le calendrier de déploiement du dépistage de ces nouvelles maladies ?”
“Au sein du groupe Les Démocrates, nous sommes convaincus qu’il est possible de relever les défis sanitaires de notre temps tout en préservant les finances publiques. Pour cela, il nous faut investir massivement dans la recherche en santé publique, tout en réorientant rapidement notre système de protection sociale vers la prévention. Je pense à la sensibilisation au comportement à adopter en matière d’alimentation, de tabac ou d’alcool, mais aussi au développement des dépistages aux âges clés de la vie. Nous saluons donc avec enthousiasme le quatrième plan sur les maladies rares, qui a été annoncé la semaine dernière. Prises isolément, ces maladies ne concernent que quelques centaines de personnes en France, parfois même quelques individus seulement. Dans leur ensemble, elles touchent toutefois 3 millions de personnes dans notre pays.”
“Ma question s’adresse au ministre de la santé et de l’accès aux soins.”
“Nous possédons une base de données exceptionnelle mais nous n’avons pas les outils techniques suffisants pour les traiter – on nous dit qu’il nous faudrait l’équivalent de Microsoft pour ce faire. Nous avons donc besoin de l’IA mais nous ne disposons pas pour l’instant d’acteurs propres. Comment agir pour à la fois réguler et faire émerger ces acteurs ?”
“Je ne suis pas du tout un spécialiste de l’IA et je retiens de nos échanges une impression très anxiogène. Vous avez évoqué différentes pistes : davantage de régulation ainsi que la promotion d’acteurs européens. En tant que responsables politiques, quelles mesures et quelles grandes orientations pourrions-nous prendre ? D’un côté, nous avons besoin de contrôler l’IA, mais de l’autre nous en avons besoin. Votre intervention, monsieur Benhamou, m’a fait penser à un sujet qui m’est cher, celui du Health Data Hub. En effet, avec la quantité de données dont nous disposons, notamment en matière de maladies rares, nous pourrions identifier des profils de guérison et des parcours d’accompagnement médical.”
“Ils soulèvent un problème réel : ces très grands regroupements risquent d’être confrontés à un oubli démocratique si une partie des communes qui les constituent n’est pas représentée. Ce n’est pas l’objet de cette proposition de loi, qui a vocation à être adoptée conforme, mais il faudra être sensible à la question dans les textes à venir. Nous soutiendrons cette proposition de loi, qui règle un problème factuel. (Applaudissements sur les bancs du groupe Dem. – Mme Stella Dupont applaudit également.)”
“Je tiens à réagir aux propos de notre collègue de la France insoumise. Avant la loi créant les communes nouvelles, la loi Marcellin de 1971 prévoyait déjà un dispositif d’association de communes, suivant la même philosophie. Ma commune a ainsi été associée à des villages voisins en 1973 et j’ai été l’un de ses maires délégués à partir de 2014. Si elle répond à une dynamique de projet et qu’elle est voulue, une telle association a du sens. Le problème, c’est lorsque ce mouvement est imposé. Comme je l’ai dit en commission, quand le mariage est le fruit d’un projet, il peut apporter beaucoup. Je m’oppose donc aux propos tenus par Mme Élisa Martin. Mes collègues du Maine-et-Loire, au nord de mon département, se trouvent dans une situation différente de celle que je viens de décrire, du fait de l’association de nombreuses communes.”
“…démontre que vous pouvez largement contribuer à ce renouveau. Le groupe Les Démocrates vous soutiendra dans cette démarche.”
“Si je m’éloigne du contenu du PLFSS pour évoquer les conditions de son examen, c’est parce que je crois que les enjeux de la sécurité sociale font partie de ceux qui révèlent le plus de points communs entre nous. Ne pas voter la censure, chers collègues, c’est non seulement donner à la France un budget vital pour l’hôpital, pour les maisons de retraite ou pour le handicap, mais c’est aussi mettre en pratique de nouvelles méthodes de travail et de dialogue, entre nous et avec le gouvernement. Or le sillon politique que vous avez, monsieur le premier ministre, tracé dans la vie politique française depuis des dizaines d’années…”
“Enfin, l’enjeu numéro trois est le renouveau du dialogue politique. C’est à dessein que j’ai cité plusieurs collègues ou anciens collègues qui défendent des convictions fortes en matière sociale. J’aurais encore pu évoquer Guillaume Garot pour son travail sur les déserts médicaux, Jérôme Guedj pour sa maîtrise des enjeux médico-sociaux ou Christine Le Nabour pour son engagement en faveur de l’insertion des jeunes dans le monde du travail. Bref, je tenais à souligner l’écart entre, d’une part, la richesse de la contribution de députés de tous bords – je dis bien de tous bords, même si je ne pouvais pas citer tout le monde – aux débats de la commission des affaires sociales et, d’autre part, la caricature et la violence qui caractérisent les débats en séance et qui contribuent à discréditer totalement notre démocratie parlementaire.”
“Regardons ce qui marche, rendons nos organisations plus agiles, et nous fournirons un meilleur service médical aux Français. C’est cela, la vocation première de nos professionnels de santé.”
“Je ne multiplierai pas les exemples : la prévention est une source potentielle d’économies considérables et doit surtout permettre de rester en bonne santé et de mieux vieillir. L’enjeu numéro deux est l’organisation. Les institutions médicales sont sclérosées par la suradministration, par le contrôle à tous les étages et, paradoxalement, par une forme de déresponsabilisation. Il faut redonner du sens au fonctionnement de ces structures, notamment à l’hôpital. Laisser un service plus libre de son organisation, en le tenant responsable de son équilibre financier, est source d’efficacité. Pourquoi certains établissements s’en sortent-ils mieux que d’autres ? Pourquoi les problèmes de prise en charge des urgences sont-ils mieux traités ici que là ?”
“…pourraient être non seulement identifiées, ce qui éviterait aux familles des années d’errance médicale, mais surtout guéries ou, au moins, traitées de manière à en limiter les conséquences dramatiques. Nous devons par ailleurs généraliser le dépistage aux âges clés. Frédéric Valletoux, le président de la commission des affaires sociales, a lancé avec Stéphanie Rist une très intéressante série de conférences portant sur les spécificités de la santé des femmes. J’y ai appris que de simples tests pour déterminer la densité osseuse, effectués à la cinquantaine, pouvaient apporter des informations précieuses et éviter des affections lourdes quelques années plus tard, le tout pour seulement 39 euros.”
“Agir en amont est même crucial pour faire face au mur du vieillissement démographique. D’autres pays le font. Nous devons travailler notamment, comme notre collègue Cyrille Isaac-Sibille s’y emploie depuis des années, à faire évoluer les comportements, à tous les âges de la vie, pour que diminue la consommation de tabac, de sucre ou encore d’alcool. Travaillons aussi à favoriser la détection précoce des maladies génétiques, en soutenant la recherche, comme Philippe Berta en avait l’ambition. Il existe au bas mot une cinquantaine de maladies génétiques rares qui, si elles étaient détectées dans les premières semaines de vie,…”
“L’efficacité d’une politique publique ne saurait se mesurer uniquement à l’aune des dépenses supplémentaires consenties mécaniquement chaque année. L’important, c’est de définir des priorités pour nos politiques publiques, d’en adapter l’organisation en conséquence et de mieux évaluer leur effet sur la vie quotidienne des Français. L’enjeu numéro un est la prévention. En effet, 60 % des dépenses de santé sont liées aux 20 % de personnes en affection longue durée (ALD). Le nombre de ces patients croît de façon quasi exponentielle : ils sont près de 14 millions actuellement, contre 10 millions il y a dix ans et 6,5 millions il y a vingt ans. Nous croyons qu’il est possible d’assurer une prise en charge efficace et humaine de ces personnes tout en luttant mieux contre la survenue des ALD.”
“Ce budget, tel que vous et votre gouvernement le présentez, nourrit des ambitions que nous saluons. Bien sûr, il est loin de pouvoir relever tous les défis auxquels notre sécurité sociale est confrontée, mais il est le fruit d’un compromis visant à concilier des avancées sociales nouvelles et une meilleure maîtrise des déficits. C’est la première pierre d’une reconstruction ambitieuse de notre modèle de sécurité sociale. L’ambition, s’agissant de cette dernière, ne consiste pas à dépenser toujours plus ; elle consiste assurément à guérir mieux et, avant cela, à prévenir mieux. Elle devrait aussi consister à mieux accompagner les personnes âgées et, avant cela, à créer les conditions pour qu’elles puissent mieux vieillir. Il va nous falloir réinterroger notre conception de la politique.”
“On peut citer, par exemple, la santé mentale (Exclamations sur quelques bancs des groupes LFI-NFP et EcoS) , grande cause de Michel Barnier que vous avez, monsieur le premier ministre, reprise ; les soins palliatifs, pour lesquels il est indispensable de développer une politique spécifique, parallèle à la réflexion sur la fin de vie que nous aborderons prochainement sous l’impulsion d’Olivier Falorni ; l’accompagnement des victimes de soumission chimique, dont notre collègue Sandrine Josso a fait son combat ; l’indemnisation des victimes d’accident du travail, sujet sur lequel Philippe Vigier, rapporteur du PLFSS pour cette branche, mais aussi François Ruffin ont beaucoup travaillé ; le déploiement du service public de la petite enfance ; l’alignement du calcul des retraites agricoles sur celui du régime général, un sujet qui m’est cher, comme il l’est à Julien Dive ou à André Chassaigne ; la santé des femmes et leur inclusion dans la vie professionnelle ; la prise en charge adaptée de la maladie de Charcot, et ainsi de suite.”
“Ce budget est fondamental, car il prévoit l’augmentation à hauteur de 1 milliard d’euros de l’objectif national de dépenses d’assurance maladie, le fameux Ondam, qui progresse même de 3,6 % en ce qui concerne l’hôpital. Il est fondamental car il intègre un accord majeur avec l’industrie du médicament visant à concilier l’approvisionnement en médicaments et la maîtrise des dépenses. Il est fondamental car il jette les bases d’une politique structurelle de la prévention, grâce à la réforme de la taxe sur les boissons sucrées, dont la consommation constitue un véritable fléau sanitaire. Il est fondamental car il prévoit le triplement du fonds d’urgence dédié aux Ehpad en difficulté. Il est fondamental, enfin, car il comporte des avancées significatives dans de nombreux domaines.”
“…ou dans les établissements médico-sociaux, ce sont des investissements pourtant cruciaux qui sont bloqués. Or sans ces recrutements, sans ces investissements, nous nous rapprochons chaque jour un peu plus de l’effondrement général du système.”
“Il constitue cependant une première étape fondamentale pour retrouver une situation conforme au modèle que j’ai rappelé – fondamentale, car l’existence même d’un budget est vitale pour la préservation de notre modèle de solidarité et de notre système de santé. Chaque jour passé sans budget ou, en l’absence d’un vote formel de celui-ci, sous le régime des services votés, ce sont des recrutements qui n’aboutissent pas à l’hôpital…”
“Le groupe Démocrates – cela ne vous surprendra pas – tient profondément au modèle de la sécurité sociale tel qu’il a été pensé par des femmes et des hommes de tous bords politiques à la fin de la seconde guerre mondiale – un modèle d’œuvre commune érigé par toutes celles et tous ceux qui, au-delà de leurs différences de sensibilités et parfois de leurs désaccords, s’étaient retrouvés autour d’une certaine idée de l’intérêt général ; un modèle de grande solidarité, également, essentiellement financé par les fruits du travail. (Mme Andrée Taurinya s’exclame.) Le projet de loi présenté par le gouvernement répond-il à cette ambition ? Partiellement seulement, parce qu’il est le fruit d’un compromis et que nous partons d’une situation initiale très dégradée.”
“C’est pourquoi censurer la deuxième partie du PLFSS reviendrait d’une certaine manière à nier les fondements même de la sécurité sociale.”
“Mais cette ambition devait être financée par les cotisations issues du travail, dans la recherche d’un équilibre acceptable entre l’effort de contribution des uns et les besoins des autres.”
“…concerne plus précisément la deuxième partie du PLFSS, celle qui aborde le financement de la sécurité sociale. Symboliquement, c’est très intéressant : beaucoup, dans cet hémicycle, semblent réduire la protection sociale aux dépenses qu’elle représente, au point de mesurer l’efficacité de leur propre action politique à leur capacité à augmenter le montant de celles-ci par rapport à l’année précédente. Mais tel n’était pas l’esprit qui animait les créateurs de la sécurité sociale. L’ambition, alors, était bien sûr de prendre en charge les malades, d’assurer un revenu aux plus âgés sans qu’ils n’aient besoin de travailler et de faciliter, en accompagnant les familles avec enfants, la reconstruction démographique d’un pays exsangue après deux conflits majeurs.”
“Ils n’ont pas la volonté de construire un meilleur projet. Il faut le dire et le redire : ils visent à saper systématiquement nos institutions et toute tentative de dialogue ou de compromis. C’est leur projet depuis des années et il contribue grandement à la crise que traverse notre pays.”
“Disons-le franchement : l’intention de cette nouvelle mention de censure des députés du groupe La France insoumise n’a rien à voir spécifiquement avec le contenu de la seconde partie du projet de loi de financement de la sécurité sociale.”
“C’est, ni plus ni moins, l’effondrement de notre modèle social que vous voulez acter, et c’est avec le Rassemblement national que vous entendez mener ce travail de sape. Aussi le groupe Les Démocrates et ses collègues du bloc central vont-ils démontrer tout au long de cette journée, point par point, calmement, de manière responsable, combien ce texte est dangereux et, surtout, comment nous pourrions œuvrer utilement pour améliorer notre rapport à l’emploi, donc nos conditions de départ en retraite. Les véritables enjeux sont là. (Applaudissements sur les bancs du groupe Dem.)”
“En juillet dernier, les Français nous ont délivré deux messages. Le premier, c’est qu’ils n’ont désigné aucune majorité absolue – tant s’en faut – pour aucun parti. Cela veut dire que nous devons nous parler, trouver des compromis utiles pour notre pays. (Applaudissements sur les bancs du groupe Dem. – M. Boris Vallaud s’exclame.) Le second message, c’est un refus net de Jordan Bardella et de son programme. (Exclamations sur les bancs du groupe RN.) Nombre de nos concitoyens ont voté pour des personnes très éloignées de leurs convictions politiques pour signifier qu’ils ne voulaient pas du Rassemblement national. À travers ce texte, mesdames et messieurs les députés du NFP, vous trahissez ces deux messages. La ligne, rien que la ligne, même si elle mène notre système de retraite droit dans le mur !”
“…alors que nous voulions évoquer la prise en compte de la pénibilité, les carrières hachées, notamment chez les femmes, l’entrée tardive des jeunes sur le marché du travail ou la progressivité du départ en retraite, qui serait une véritable avancée sociale. Oui, nous allons prendre le temps d’expliquer combien notre modèle social, qui repose sur les cotisations des uns au bénéfice des autres, a du sens, mais qu’il n’est toutefois pas possible de conserver les mêmes règles avec 1,5 actif pour un retraité, contre 4 auparavant.”
“…mais aussi en quoi elles doivent être améliorées. Et nous vous rappellerons les milliers d’amendements que vous aviez déposés,…”
“Je vous renvoie à vos déclarations de l’an passé. Il faudrait donc qu’en une journée nous effacions la réforme de 2023 et la réforme Touraine. Eh bien, non ! Nous allons prendre le temps qu’il faudra pour expliquer en quoi ces réformes avaient du sens,…”
“Qu’allez-vous faire, mesdames et messieurs les socialistes ?”
“Vous ne supprimez pas uniquement la réforme de 2023 mais aussi celle de Marisol Touraine. Or je vous rappelle que la réforme de 2023 est avant tout une accélération de la réforme de Mme Touraine, soutenue en son temps par les socialistes – ces mêmes socialistes qui, en 2023, expliquaient ici même qu’ils ne pouvaient voter la réforme de Mme Borne, parce qu’ils défendaient la réforme Touraine !”
“Votre proposition de loi supprime le report de l’âge légal à 64 ans mais n’aborde pas la question financière, à savoir les dizaines de milliards de déficit que cette mesure induirait. Enfin si : vous répondez à un besoin de financement structurel et massif par des taxes au rendement extrêmement volatile. En premier lieu, par une taxe sur le tabac : à ce niveau-là de taxation, plus une seule cigarette ne sera achetée en France !”
“Ce texte consiste-t-il simplement à maintenir ou à abroger une réforme, pour fixer l’âge de départ à la retraite à 62 ou 64 ans ? Bien sûr que non. À travers ce texte, c’est ni plus ni moins la question de l’existence même du système de retraite par répartition qui est posée. (Applaudissements sur les bancs du groupe Dem.)”
“Je me suis interrogé assez longtemps sur la manière dont je m’exprimerais au sujet de cette proposition de loi qui tend à annuler la réforme des retraites de 2023. En commission, j’avais choisi d’évoquer avec légèreté ce feuilleton tragicomique sans fin et cette histoire d’amour qui ne disait pas son nom entre l’extrême gauche et l’extrême droite. C’est d’abord avec colère que j’ai commencé à écrire mon intervention d’aujourd’hui, tant notre groupe a l’impression que tout cela relève de l’irresponsabilité. Finalement, je me suis dit qu’il fallait avant tout s’adresser à nos concitoyens, car ici, dans cet hémicycle, chacun a ses propres objectifs et campe sur ses positions même lorsque c’est contre-productif pour la France et les Français.”
“En somme, je suis totalement opposé à cet argumentaire. Je soutiens l’amendement n o 236 et les amendements identiques.”
“Si, les règles ont été revues depuis deux ans, il faut se mettre à jour !”
“La labellisation instaure donc l’obligation de se placer sur une pente décroissante pour le traitement par des pesticides. Elle constitue donc une avancée majeure. De la même façon, le dispositif instaure une pente décroissante par rapport à ce qui existe. (« Oui ! » sur les bancs du groupe DR.)”
“Mais vous avez le droit d’en utiliser moins, par rapport à une moyenne régionale et de façon significative.”
“Je m’inscris en faux par rapport à ce que vient de dire M. Biteau. Il soutient que la HVE ne présente aucune différence par rapport à l’écoconditionnalité, mais en réalité, les agriculteurs qui bénéficient de ce label doivent par exemple respecter une diminution des indices de fréquence de traitement, de sorte que moins de produits sont utilisés. Je vous accorde que les agriculteurs labellisés ont le droit d’utiliser les mêmes produits que les agriculteurs conventionnels.”
“Nous devons développer un modèle qui nous permette d’assurer l’autonomie alimentaire, au lieu d’opposer les agricultures les unes aux autres. (Protestations sur les bancs des groupes LFI-NFP et ÉcoS.)”
“La labellisation HVE a des limites. Effectivement, les agriculteurs qui bénéficient de ce label peuvent utiliser un certain nombre de produits phytosanitaires, mais il s’agit d’une démarche vertueuse pour faire évoluer les pratiques d’une agriculture intensive vers une agriculture plus respectueuse de l’environnement. C’est tout de même un pas en avant, une étape intéressante, et vous voulez la disqualifier. Il faut effectivement travailler à la réduction des produits phytosanitaires, mais il est aussi important de travailler à la sécurité alimentaire. Étant donné la pluviométrie des deux dernières années, la production biologique a été, plus encore que les autres formes d’agriculture, perturbée par la multiplication des maladies fongiques ; elle n’aurait pas permis d’assumer l’autonomie alimentaire.”