Philippe Brun
SOC · France
“Y a-t-il un problème d’investissements stratégiques étrangers au Kazakhstan, où le gouvernement a lui aussi décidé de se débarrasser de la famille Mittal et de reprendre le contrôle de sa sidérurgie ? Cette destruction de valeur impose une action des pouvoirs publics ; elle nous impose d’entrer au capital d’ArcelorMittal.”
“Une deuxième fois, les députés du groupe Socialistes et apparentés voteront pour ce texte. Par là, nous ne témoignons pas seulement de notre attachement à la défense d’un groupe qui hérite d’une tradition industrielle française vieille de plus d’un siècle.”
“Permettez-moi de répondre aux arguments avancés tout à l’heure par M. le ministre. La nationalisation n’aurait aucun sens et serait particulièrement coûteuse ?”
“Or vous me pardonnerez, monsieur le ministre, de penser que la production d’acier est un actif bien plus stratégique que la production de yachts ou de bateaux de croisière – même si nous approuvons cette reprise de contrôle des Chantiers de l’Atlantique.”
“Boris Vallaud applaudit.) Nous sommes dans un autre monde ; un monde dans lequel le contrôle de nos capacités de production stratégiques est fondamental. La question de l’acier est désormais centrale.”
“…quand Arnaud Montebourg, ministre du redressement productif, et Boris Vallaud, son directeur de cabinet, qui avaient proposé au président de la République et au premier ministre la nationalisation des hauts-fourneaux de Florange, n’avaient pas été suivis.”
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“J’entends également notre collègue Véronique Louwagie reprendre l’expression du Premier ministre qui évoquait un « concours Lépine fiscal ». Est-ce la même Louwagie Véronique qui nous a fait voter le rétablissement de l’ exit tax ? (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC.) Ainsi, il s’est trouvé au sein de la commission des finances des femmes et des hommes capables de travailler ensemble et de sortir des postures pour dire : oui, l’effort doit être justement partagé ; oui, nous devons rétablir les comptes publics, car il est inacceptable de laisser à notre pays une dette aussi importante. Comment faire pour que l’effort soit justement partagé ? Il faut avant tout décharger les classes moyennes et les classes populaires.”
“Lorsque j’entends parler de concours Lépine fiscal, je me demande bien qui sont les députés qui ont voté pour nos propositions. David Amiel – qui est parti – nous a expliqué que cette commission des finances, c’était la boucherie fiscale : est-ce le même Amiel David qui a proposé d’alourdir la taxation des successions les plus importantes ? J’entends notre collègue Jean-Paul Mattei dire que le fardeau fiscal est trop lourd : est-ce le même Mattei Jean-Paul qui nous a fait adopter près de quinze amendements visant à alourdir la fiscalité du capital, par l’augmentation du prélèvement forfaitaire unique et la taxation des successions aux montants les plus élevés ? Nous y sommes favorables ! (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC ainsi que sur plusieurs bancs du groupe EcoS.)”
“Messieurs les ministres, il s’est trouvé dans la commission des finances des femmes et des hommes volontaires, qui se sont rejoints sur un certain nombre de votes. Je m’inscris en faux contre la présentation fallacieuse que vous avez faite, au sortir de nos débats : faire croire que la gauche pourrait elle-même, seule, faire adopter tant de mesures fiscales sans l’apport d’autres groupes ! Jusqu’à preuve du contraire, je ne crois pas que le Nouveau Front populaire ait de majorité absolue dans cette assemblée ni en commission des finances… (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC.)”
“Lisez la récente publication de l’OFCE, qui, jusqu’à preuve du contraire, n’est pas une officine gauchiste : votre budget détruira 130 000 emplois privés. Votre budget entraînera également une division par deux de la croissance. En effet, comment défendre la croissance, lorsque l’on vote un budget qui cassera l’économie, nos entreprises et la dynamique que nous voulons créer ?”
“Elles n’évoluent plus au rythme de la croissance, et pourtant, vous reprenez les mêmes hypothèses, selon lesquelles les recettes fiscales augmenteraient d’un point l’an prochain, au même rythme que la croissance. Pourtant, vous avez vous-mêmes fait la démonstration que la faible hausse des salaires, d’un côté, la faible consommation de l’autre, ne feraient progresser les recettes fiscales que de 0,4 à 0,6 point par rapport à la croissance. Le budget que vous proposez tente de défendre la croissance. Cependant, messieurs les ministres, expliquez-nous comment vous voulez défendre la croissance en faisant 40 milliards d’économies, quand on sait à quel point la dépense publique est importante et tire la croissance.”
“Faut-il remonter à l’année 2017 quand le Président de la République a défendu pour la première fois son budget ? Vous étiez vous-même rapporteur général du budget, monsieur Saint-Martin. À l’époque, le déficit public de la France laissé par les socialistes s’élevait à 2,5 points de PIB – nous en rêverions à présent. À l’époque, la dette était maîtrisée. Nous n’avons certes pas tout réussi, mais la croissance était en train de repartir. (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC.) Voilà ce que vous avez fait du bilan budgétaire que nous vous avons laissé. Quels moyens proposez-vous pour résoudre ce problème ? Le budget que vous nous présentez est marqué par la même insincérité que les budgets qui l’ont précédé. D’abord, on ne comprend pas l’élasticité des recettes par rapport à la croissance : d’où vient ce trou ?”
“Messieurs les ministres, en prenant la parole au nom du groupe socialiste, j’ai en mémoire une citation de l’un de mes prédécesseurs, Pierre Mendès France, député de ma circonscription, dans l’Eure, s’adressant à l’Assemblée : « Des comptes en désordre sont le signe d’une nation qui s’abandonne. » Le désordre, messieurs les ministres, c’est vous qui l’avez créé. (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC. – M. Benjamin Lucas-Lundy applaudit également.)”
“Monsieur Saint-Martin, je vous ai entendu critiquer le travail accompli par la commission des finances dont vous n’êtes même plus membre, car le suffrage universel vous a retiré cette confiance. (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC.)”
“En vous écoutant, monsieur Armand, j’ai été saisi par l’arrogance de votre propos. Vous semblez avoir oublié que nous sommes réunis dans une assemblée qui doit voter pour la première fois 60 milliards d’économies et de recettes nouvelles, un chiffre inégalé sous la V e République. Vous semblez également oublier que nous nous trouvons face à une aggravation du déficit de 50 milliards, ce qui est également inédit depuis 1945, aggravation dont vous avez la seule responsabilité. (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC. – M. Nicolas Sansu applaudit également.) Mes chers collègues, j’ai consulté les archives de notre assemblée. Jamais, même pendant la période de la reconstruction après 1945, il n’y a eu un tel décalage entre les prévisions et l’exécution budgétaires.”
“Messieurs les ministres, en vous écoutant, j’ai été pris d’un doute : auriez-vous donc gagné les dernières élections législatives ? (« Non ! » sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“C’est l’hôpital qui se fout de la charité !”