Matthieu Bloch
UDDPLR · France
“Le groupe UDR soutient évidemment la réintroduction de l’article 11 et je suis très choqué que ce texte ne fasse pas l’unanimité dans l’hémicycle. On parle tout de même des pires crimes, des crimes odieux qui sont commis sur d’enfants en bas âge. Comment ne peut-on approuver une condamnation à la perpétuité dans ce cas-là ?”
“Reste qu’une intention n’est pas une politique et qu’une obligation sans outils devient trop souvent une promesse sans lendemain. Or, dans ce texte, les outils manquent encore souvent.”
“En préambule, je souhaite rendre hommage à un Français célèbre à travers le monde, un homme qui bien avant beaucoup d’autres avait identifié les dérives auxquelles le sport professionnel allait être confronté : je veux évidemment parler de Michel Platini.”
“Il continue de privilégier une réforme de la gouvernance sans répondre véritablement aux difficultés économiques qui fragilisent aujourd’hui le sport professionnel français. Surtout, il continue de menacer l’équilibre que des disciplines comme le rugby, le handball et le basket avaient su construire au fil des années.”
“Parce qu’elle nous enseigne une leçon essentielle : les difficultés du sport professionnel français trouvent largement leur origine dans le cadre européen.”
“Je suis aussi bien placé pour rappeler que ce club a été sauvé grâce la mobilisation exceptionnelle de ses supporters, de ses entreprises, de ses collectivités et de tout un territoire. Aujourd’hui, son modèle de gouvernance suscite de l’intérêt bien au-delà de la Franche-Comté.”
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“Il est des héritages que l’on chérit et d’autres que l’on subit. Il est des maisons familiales où résonne encore l’écho des rires d’antan et d’autres qui sombrent peu à peu dans l’oubli, prisonnières des lenteurs juridiques et des désaccords familiaux. Derrière l’indivision, il n’y a pas seulement une règle de droit : il y a des vies, des histoires, des équilibres fragiles. Pourtant, notre droit, tel qu’il est aujourd’hui construit, peut conduire à la situation paradoxale où un bien est juridiquement possédé par tous, mais concrètement inutilisable par chacun. Je l’ai constaté pendant quinze années dans le notariat : des dossiers qui s’enlisent, des biens qui se dégradent et des familles qui, faute de solution, restent durablement bloquées, si ce n’est profondément divisées par la situation.”
“En l’adoptant, nous ferons le choix de soutenir celles et ceux qui s’engagent chaque jour au service de nos concitoyens, souvent dans des conditions difficiles, et qui doivent pouvoir compter sur une organisation sanitaire claire, solide et adaptée à la réalité de leur engagement. Pour toutes ces raisons, le groupe UDR apportera évidemment son soutien à cette proposition de loi. (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)”
“…pour permettre l’adoption rapide de ce texte attendu par les Sdis. Il faut souligner ce sens des responsabilités, qui traduit la volonté partagée d’aboutir à un cadre juridique clair et utile pour les acteurs de terrain – ce que ce texte permet en apportant des réponses concrètes aux difficultés identifiées, en reconnaissant pleinement le rôle des professionnels de santé des Sdis et en sécurisant l’exercice de leurs missions. Nous espérons que cette proposition de loi contribuera à améliorer le recrutement et la fidélisation des personnels de santé, mais aussi à apporter un suivi médical mieux adapté aux réalités des missions des sapeurs-pompiers. Ce texte n’a rien de théorique, il est très attendu et répond à des besoins concrets et immédiats.”
“Je salue également l’implication de notre collègue Julien Rancoule, dont l’expérience de terrain a utilement nourri les débats en commission, où il a fait le choix de retirer ses amendements,…”
“En première lecture, le groupe UDR avait soutenu un tel objectif, tout en demandant de clarifier davantage la rédaction de certaines dispositions afin d’en garantir la sécurité juridique. Le texte a progressé en ce sens lors de la navette parlementaire. Il a été recentré sur ses dispositions essentielles, plusieurs de ses formulations ont été clarifiées, sans que l’objectif initial ne soit remis en cause. Nous disposons à présent d’un texte plus lisible et, c’est essentiel, plus directement opérationnel, plus concrètement applicable sur le terrain. Je salue à cet égard le travail de M. le rapporteur et de l’ensemble des collègues qui ont contribué à ces améliorations.”
“La présente proposition de loi vise à surmonter ces difficultés, à reconnaître les missions des professionnels de santé des Sdis, à en clarifier les contours et à sécuriser leur exercice. Elle permet notamment d’améliorer l’organisation du cumul de leurs différentes fonctions, de lever les incertitudes juridiques et de rendre ainsi plus attractif l’engagement dans cette activité. Il y va concrètement de la capacité des services d’incendie et de secours à assurer leurs missions dans de bonnes conditions, avec des équipes complètes, formées et reconnues. Il s’agit aussi de reconnaître aux sapeurs-pompiers eux-mêmes un suivi médical à la hauteur des risques qu’ils encourent et de l’engagement auquel ils consentent quotidiennement.”
“Or le cadre légal actuel ne permet pas de tenir compte pleinement de ces évolutions. Les professionnels de santé des services d’incendie et de secours doivent aujourd’hui assumer des missions multiples dans des conditions insuffisamment sécurisées : des fonctions de médecine de soins, de prévention et d’aptitude opérationnelle, dont le cumul, indispensable au bon fonctionnement des services, ne repose pas sur un cadre suffisamment clair et stabilisé. S’ajoutent des difficultés persistantes pour recruter, alors même que les compétences en question sont essentielles au bon fonctionnement des services de soins. À terme, c’est toute l’organisation des Sdis qui s’en trouve fragilisée, donc leur capacité à répondre partout, avec la même efficacité, aux besoins de nos concitoyens.”
“Ce texte correspond à une réalité concrète et répond à l’évolution profonde des services d’incendie et de secours, ainsi qu’aux difficultés croissantes auxquelles sont confrontés leurs personnels de santé. Depuis plusieurs décennies, les sapeurs-pompiers connaissent une transformation majeure de leur activité. Le secours à la personne occupe désormais une place centrale dans leurs interventions. Leurs missions se sont diversifiées, tout comme les risques, physiques ou psychologiques, auxquels ils sont exposés. Dans le même temps, leurs besoins de suivi médical se sont accrus. Les troubles musculo-squelettiques liés aux interventions ainsi que les risques psycho-sociaux qui en découlent – alors que les agressions à leur encontre augmentent – imposent un accompagnement médical renforcé et adapté aux spécificités de leurs missions.”
“Faisons en sorte que l’hôpital de Trévenans soit enfin dimensionné à la hauteur des besoins du territoire. Celui-ci compte quand même plus de 300 000 habitants et s’étend sur trois départements, ce n’est pas rien. Et puis, laissons le Mittan tranquille : le centre fonctionne très bien, les patients et les familles sont contents, et les soignants sont très satisfaits de la prise en charge sur ce lieu un peu bucolique, qui répond très bien aux attentes des patients atteints de cette maladie terrible qu’est le cancer. Plutôt que d’envisager de déplacer ce qui fonctionne, occupons-nous de ce qui fonctionne mal !”
“Même si, vous l’avez dit, l’ARS travaille, on a quand même l’impression qu’on est en train de poser quelques rustines. Certes, il y a un agrandissement des services des urgences, mais le territoire a vraiment besoin d’un grand plan d’investissement, avec des moyens humains et financiers, d’un plan définissant l’organisation de la santé. S’agissant du transfert du Mittan, il faut y renoncer définitivement. La ville de Montbéliard a acquis il y a quelques années des terrains supplémentaires pour permettre un agrandissement du pôle oncologie si cela était nécessaire. Plutôt que de projeter d’y installer ce pôle, agrandissons le site de Trévenans pour qu’il dispose de davantage de lits – il n’y a pas que le problème des urgences, il y a aussi celui des services.”
“Les habitants n’attendent pas que l’on fragilise ce qui fonctionne ; ils attendent que l’on corrige enfin ce qui fonctionne mal, en particulier le sous-dimensionnement, à Trévenans, des urgences et des services.”
“Comment comprendre qu’un hôpital déjà sous-dimensionné envisage d’accueillir un service supplémentaire, alors même que ce service fonctionne très bien aujourd’hui, dans un cadre adapté à la prise en charge des cancers, et dans le respect de l’équilibre territorial entre Belfort et Montbéliard initialement promis ? Je vous pose deux questions simples. Quelles actions concrètes comptez-vous mener pour redimensionner l’offre de soins dans le Nord Franche-Comté – en lits, en personnels, en organisation –, afin de répondre enfin réellement aux besoins d’un territoire qui s’étend sur trois départements ? Mettrez-vous un terme au projet de transfert de l’oncologie, perçu comme technocratique et massivement rejeté par la population comme par les élus ?”
“Le plan blanc a encore dû être déclenché cet hiver, sans être justifié pourtant par une crise sanitaire. Derrière, les services sont engorgés, faute de places. Cette gestion de crise permanente n’est pas compatible avec une politique de santé de qualité et les conséquences sont très concrètes : de nombreux patients m’indiquent préférer se rendre au centre hospitalier universitaire (CHU) de Besançon, à une heure de route, plutôt que de se faire soigner dans leur hôpital de proximité. Les habitants n’en peuvent plus, et dans le même temps, ils apprennent que ce qui fonctionne pourrait être remis en cause. Vous le savez, monsieur le ministre, le projet de transfert de la cancérologie du Mittan vers Trévenans ne passe pas. Les élus du Pays de Montbéliard et moi-même avons déjà eu l’occasion d’alerter les précédents ministres de la santé.”
“L’hôpital Nord Franche-Comté, dont le site principal est situé à Trévenans, est issu de la fusion des hôpitaux de Belfort et de Montbéliard, décidée au début des années 2000 avec un objectif clair : améliorer l’offre de soins et offrir davantage de services aux habitants. Le site médian a ouvert en 2017, mais, dans sa conception même, cet établissement n’a pas été dimensionné à la hauteur des besoins du territoire. Aujourd’hui, chacun le constate, il n’y a pas suffisamment de lits, et ce sous-dimensionnement produit des effets en chaîne. Les urgences sont quasi constamment saturées, épuisant des personnels pourtant exemplaires, et les patients n’auront jamais aussi bien porté leur nom : ils attendent des heures, dans des conditions spartiates, parfois même indignes.”
“Je souhaite vous alerter avec gravité sur la dégradation de l’offre de soins dans le pôle métropolitain Nord Franche-Comté. Ce que vivent aujourd’hui les plus de 300 000 habitants de notre territoire, c’est une difficulté croissante à se soigner simplement, dignement et rapidement. Partout, sur le terrain, j’entends nos concitoyens se plaindre de la prise en charge au pôle médian de Trévenans. Ils n’en veulent évidemment pas aux soignants, qui font un travail admirable dans des conditions très difficiles, mais ils constatent une réalité simple : l’hôpital n’est pas dimensionné pour répondre à la demande. Il faut avoir le courage de le dire : cette situation n’est pas seulement conjoncturelle.”
“Merci à eux ! Monsieur le ministre, vous qui, avec le président de la République, sautez comme des cabris sur vos chaises en répétant « l’Europe, l’Europe, l’Europe », quand dépasserez-vous votre jalousie face à l’excellent bilan de l’union des droites italiennes, (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP) pour nouer enfin des relations respectueuses et privilégiées avec ce grand voisin européen ? (Applaudissements sur les bancs des groupes UDR et RN.)”
“Elle sait ce que la violence politique signifie. (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Elle tenait simplement à rendre hommage à Quentin, un jeune européen battu à mort pour ses idées par l’extrême gauche. Il s’agissait d’un geste de fraternité, d’ailleurs reconduit samedi à Rome par des milliers d’Italiens lors d’une manifestation contre toutes les violences politiques.”
“Prière de ne pas rire ! Et voilà que vendredi, le président de la République remettait le couvert, en accusant Mme Meloni de s’ingérer dans les affaires intérieures françaises. Quelle mauvaise foi ! En vérité, Giorgia Meloni parlait avant tout de son pays, l’Italie, qui a vécu les années de plomb et connu les Brigades rouges.”
“« Que chacun reste chez soi et les moutons seront bien gardés ! » Voilà ce que le président de la République a déclaré en fin de semaine dernière depuis l’Inde, visant expressément la présidente du Conseil des ministres italien. Il est vrai qu’Emmanuel Macron ne s’occupe jamais des autres pays… Qui sont les moutons ? les Français ? Monsieur le ministre de l’Europe et des affaires étrangères, la diplomatie macronienne souhaite-t-elle nous fâcher définitivement avec l’Italie ? En juin 2018, à Quimper, le président Macron s’était déjà montré insultant avec le gouvernement transalpin, le qualifiant de « lèpre populiste ». Rien que ça ! En mai 2023, M. Darmanin avait créé un incident diplomatique en critiquant sévèrement la politique d’immigration de l’Italie, qu’il jugeait trop laxiste.”
“En tous les cas, adopter ces dispositions ne suffira pas à rééquilibrer le texte. (Applaudissements sur les bancs des groupes UDR et RN.)”
“Le délit que crée l’amendement est essentiel pour prévenir cette pression. À défaut, nous soutiendrons les sous-amendements n os 2186, 2163, 2179, 2182 et 2187, qui alourdissent les peines, que nous jugeons insuffisantes, prévues par l’amendement n o 261 de M. Valletoux.”
“Nous soutiendrons l’amendement n o 1008 de Mme Vidal qui nous semble le plus complet pour créer un délit d’incitation à l’euthanasie ou au suicide assisté. Quand il est question de mort, il est aussi souvent question d’héritage – vous le savez. La nature humaine est ainsi faite que les héritiers potentiels peuvent user de manœuvres ou exercer une pression psychologique pour accélérer le décès et toucher leur héritage plus vite.”
“Le président de la République aurait dû faire un référendum sur ce sujet qui transforme en profondeur notre société ! Le Sénat a rejeté la proposition de loi. À l’Assemblée, vous bricolerez une majorité de bric et de broc pour la valider, comme l’année dernière et comme au moment des dernières élections législatives. Essayons du moins de protéger les professionnels de santé correctement si ce texte est adopté. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe RN.)”
“Vous dites que c’est un texte de compromis, mais sur tous les amendements que nous avons déposés, nous n’avons pas gagné un point ni modifié une virgule depuis le début de l’examen de la proposition de loi.”
“Il tend à supprimer l’obligation pour les personnels de santé qui feraient usage de la clause de conscience de communiquer au patient une liste de leurs collègues volontaires pour participer à ce schéma d’euthanasie, d’aide à mourir, de suicide assisté. Je ne vois pas pourquoi, alors qu’on donne légitimement le droit à un professionnel de faire valoir sa clause de conscience, il serait obligé de participer indirectement à la procédure en étant tenu d’informer le patient. De nombreux organismes sont en capacité de délivrer cette information, par exemple les agences régionales de santé (ARS) ou la direction des hôpitaux. Il s’agit d’un débat sociétal très important. Moins de 10 % des pays choisissent un schéma tel que celui que vous proposez.”
“M. le rapporteur et Mme la ministre me répondront certainement que cet amendement de précision, qui porte sur le consentement du professionnel de santé au moment de la préparation de la substance létale, est satisfait par l’exercice de la clause de conscience. Néanmoins, mon amendement couvre le cas d’un changement d’avis du professionnel en question. Il peut en effet arriver que celui-ci ne se sente plus prêt, psychologiquement, à préparer une substance létale parce qu’il considère qu’il ne s’agit pas, en réalité, d’une aide à mourir mais qu’on lui demande de préparer, voire d’administrer lui-même, une substance qui va donner la mort. J’aimerais que, pour protéger davantage nos professionnels de santé, nous ajoutions à l’alinéa 5 la précision : « si elle y consent ».”
“C’est absolument essentiel pour nous, a fortiori compte tenu des défaillances constatées sur des pans entiers du territoire – certains départements sont dépourvus de services de soins palliatifs. Nous ne voudrions pas que sur ces territoires sous-dotés, l’aide à mourir soit proposée aux patients comme une solution de facilité, au lieu de leur proposer des soins palliatifs.”
“Je défendrai l’amendement de M. Lenoir, qui traduit une préoccupation récurrente tout au long de ce débat. Nous voulons nous assurer que les soins palliatifs ont bien été proposés au moment où les professionnels discuteront avec un patient d’un éventuel suicide assisté ou d’une aide à mourir.”
“Il n’est malheureusement pas rare que des gens ouvrent une succession à l’étude avant même le décès d’une personne, tant la pression autour des questions d’héritage est forte. Il nous arrive de consulter des médecins, c’est vrai, mais il est bon qu’un officier ministériel, le président du tribunal, en l’occurrence, s’assure du consentement libre et éclairé du patient. L’intervention d’un interlocuteur extérieur est pertinente en raison de la pression qui peut s’exercer sur lui, de la part de son entourage, et parfois même des médecins qui le suivent. (Mme Justine Gruet applaudit.)”
“Je soutiens l’amendement de Mme Gruet. Je travaillais dans le domaine du notariat avant de siéger dans cet hémicycle.”
“Dépendance technologique, enfin : 550 milliards d’euros d’investissements européens vers les États-Unis, ce sont autant de milliards qui ne serviront pas à bâtir des champions français ou européens. Ces sommes renforceront des géants américains déjà particulièrement dominants en matière de cloud, d’intelligence artificielle, de numérique. C’est une fuite en avant. Et tout cela, comment la Commission von der Leyen l’a-t-elle négocié ? Comme à son habitude : sans les États, sans les peuples, alors même que le préaccord touche aux investissements directs à l’étranger, qui relèvent de la compétence des États. Une commission non élue ! Un tel accord devrait exiger l’unanimité et la ratification des parlements nationaux. S’y soustraire constituerait une entorse grave à la démocratie.”
“Après la dépendance russe, voici la dépendance américaine. Demain, plus de 70 % de notre pétrole et de notre GNL viendraient des États-Unis. Pendant que l’Europe interdit le gaz de schiste sur son sol, elle importerait massivement du gaz issu de la fracturation hydraulique. C’est incohérent, c’est hypocrite et c’est même dangereux. Dépendance militaire, ensuite : près des deux tiers, déjà, des armes achetées par les pays européens de l’OTAN viennent des États-Unis – je ne reviendrai pas sur la vente de LMB Aerospace que j’ai évoquée hier soir en intervenant sur le Groenland, mais elle dit tellement ! En l’occurrence, le préaccord de Turnberry ne corrige rien, n’arrange rien ; au contraire, il aggrave tout.”
“Ce préaccord, présenté comme raisonnable et technique, est en réalité profondément déséquilibré : des droits de douane américains sur les produits européens, y compris agricoles, à hauteur de 15 %, sans réciprocité, pendant que l’Europe maintient des droits de douane autour de 4,8 % sur les produits américains. Les exemptions sont marginales ; les compensations, illusoires. Pour la France, c’est un choc frontal. Pour notre agriculture déjà exsangue, ce serait un coup dur supplémentaire. En vingt ans, nous avons perdu 40 % de nos exploitations agricoles ; ce texte viendrait parachever une grande décroissance agricole. Mais ce n’est pas seulement un accord commercial, c’est un accord de dépendance. Dépendance énergétique, d’abord : 700 milliards d’euros d’achats de gaz naturel liquéfié (GNL) et de pétrole américain.”
“Elle est le produit pur de la Commission européenne, une institution technocratique, qui, depuis des décennies, étend ses prérogatives sans demander l’autorisation des peuples. Jean-Claude Juncker avait dit, sans détour, qu’il ne saurait y avoir de démocratie hors des traités européens. Rien que ça ! Jacques Delors, quant à lui, avait intimé aux opposants à Maastricht ce conseil qui ressemblait bien à un ordre : « Messieurs, ou vous changez d’attitude, ou vous abandonnez la politique. Il n’y a pas de place pour un tel discours. » Ces phrases disent tout. Elles disent le mépris, la hiérarchie des priorités ; elles disent aussi leur logique, que l’on retrouve intégralement dans le préaccord de Turnberry.”
“Prenons garde à ne pas commettre une erreur d’analyse. Ne nous trompons pas de débat. Il serait commode, mais faux, de tout ramener à deux noms : Donald Trump et Ursula von der Leyen. Ces deux personnages ne sont pas une rupture, ils sont une continuité. Simplement, ils n’avancent pas masqués. Donald Trump n’a rien inventé. Les États-Unis ont toujours défendu leurs intérêts, parfois brutalement, souvent sans scrupule. L’affaire Alstom, l’amende infligée à BNP Paribas, l’espionnage massif par la NSA, l’Agence nationale de sécurité – parfois de dirigeants européens, quand l’administration démocrate était aux manettes –, tout cela existait bien avant Donald Trump. La différence, c’est qu’il le dit ; les autres le faisaient en silence. Ursula von der Leyen, elle non plus, n’est pas une anomalie.”
“C’est pourquoi le groupe UDR soutient pleinement les appels de cette résolution : la libération des prisonniers politiques, le respect effectif de l’État de droit et le soutien clair à la société civile turque, notamment à la population kurde, aux journalistes et aux défenseurs des droits humains. Nos nations européennes ne peuvent pas être fortes à l’extérieur si elles se montrent faibles sur leurs principes. Voter cette résolution, ce n’est pas rompre le dialogue, c’est fixer des lignes rouges claires et rappeler l’héritage civilisationnel de l’Europe. (Applaudissements sur les bancs des groupes UDR et RN. – M. Laurent Mazaury applaudit également.)”
“Cette dérive du régime turc marque une rupture profonde avec nos valeurs fondamentales. L’Europe s’est construite sur une conception de la dignité humaine héritée de la tradition judéo-chrétienne, qui place la personne humaine au centre du droit, comme intrinsèquement libre et digne. Cette conception est incompatible avec l’islamisme politique, qui subordonne l’individu à un ordre religieux et collectif. Ce constat ne constitue ni une stigmatisation ni une provocation. Il s’agit d’un désaccord de fond, philosophique et politique, qu’il faut avoir le courage d’assumer.”
“Elle est incompatible avec l’État de droit tel que nous l’entendons en Europe. Cette dérive idéologique s’accompagne en outre d’un positionnement international extrêmement préoccupant. La Turquie apporte un soutien, pas toujours assumé, à des mouvements islamistes armés au Proche-Orient : le Hamas, organisation terroriste inscrite sur la liste de l’Union européenne, responsable de la mort de quarante-huit de nos compatriotes le 7 octobre 2023 ; les Frères musulmans, dont nous avons voté ici il y a quelques jours l’inscription sur la liste européenne des mouvements terroristes ; des groupes issus de la mouvance djihadiste syrienne, qui ont combattu la France et ses alliés. Dès lors, ne nous trompons pas de débat : il ne s’agit pas seulement de valeurs abstraites, mais aussi de sécurité internationale et de sécurité nationale.”
“Nous assistons, sous l’autorité du président Erdogan, à une islamisation assumée du pouvoir, qui remet en cause la séparation entre le politique et le religieux, alors que Mustafa Kemal, qui avait étudié en France, avait adapté notre laïcité à son pays, et que le voile islamique était interdit à l’université jusqu’à la prise de pouvoir de l’AKP – Parti de la justice et du développement. Cette islamisation se traduit concrètement : instrumentalisation de la Diyanet, institution religieuse d’État, multiplication des écoles religieuses Imam-Hatip, destinées à former une « génération pieuse », retrait de la convention d’Istanbul contre les violences faites aux femmes et porosité croissante entre pouvoir spirituel et pouvoir temporel. Cette évolution n’est pas anecdotique.”
“L’arrestation, en mars 2025, d’Ekrem Imamoglu, maire d’Istanbul démocratiquement réélu, ne constitue pas un fait isolé. Elle est le symbole d’une dérive profonde, celle d’un pouvoir qui instrumentalise la justice, criminalise l’opposition politique et réprime toute contestation populaire. Les arrestations arbitraires de journalistes, d’avocats, de militants associatifs, la répression des manifestations pacifiques : tout cela ne relève pas de l’exception. Elles constituent désormais une méthode de gouvernement. C’est cette réalité que la résolution européenne a le mérite de nommer. Mais pour le groupe UDR, il serait insuffisant de s’en tenir à une lecture strictement juridique ou procédurale. Car la dérive du régime turc n’est pas seulement autoritaire, elle est idéologique.”
“La proposition de résolution européenne pose une question simple mais fondamentale : l’Union européenne peut-elle continuer à entretenir des relations privilégiées avec un État qui s’éloigne chaque jour davantage de l’État de droit, des libertés publiques et des valeurs qui fondent notre projet commun ? La réponse du groupe UDR est claire, c’est non. Pour cette raison, nous voterons pour cette résolution. La Turquie est candidate à l’adhésion à l’Union européenne. À ce titre, elle a librement souscrit à des engagements précis : respect de l’État de droit, pluralisme politique, respect des libertés fondamentales, indépendance de la justice. Ces engagements ne sont ni optionnels ni négociables. Or force est de constater que la Turquie s’en éloigne méthodiquement et durablement, surtout depuis les événements de 2016.”
“Face à cela, les nations européennes doivent choisir. Elles peuvent continuer à se raconter des histoires, ou bien regarder la réalité en face. Le groupe UDR votera en faveur de cette proposition de résolution, qui affirme des principes justes et marque une solidarité nécessaire. Nous le disons cependant sans détour : la sécurité ne se délègue pas sans conséquences et l’indépendance ne se proclame pas mais se construit. Tant que nous accepterons de dépendre des autres pour nos capacités industrielles, militaires et stratégiques, d’autres décideront à notre place. Le Groenland n’est pas une exception, mais un avertissement. Sachons l’entendre. (Applaudissements sur les bancs des groupes UDR et RN.)”
“Avec l’accord de l’État – avec l’accord de Bercy –, elle a été vendue à un groupe américain. On nous explique que tout est sous contrôle, que des garanties existent et que des clauses ont été prévues ; mais permettez-moi d’en douter. Un communiqué ne neutralise pas l’extraterritorialité du droit américain ; une clause juridique ne fait pas disparaître la dépendance industrielle et des mots ne rattrapent pas une perte de maîtrise stratégique. Ce type de décision raconte une chose très simple : nous parlons d’indépendance alors que nous organisons la dépendance. Le monde qui vient ne pardonnera pas cette incohérence. Regardons autour de nous : la Russie militarise l’Arctique à marche forcée et la Chine avance méthodiquement – elle investit, elle planifie, elle anticipe. Ces puissances ne parlent pas ; elles agissent.”
“Le Danemark en est aujourd’hui un symbole : sa défense repose largement sur des équipements américains, notamment dans le domaine aérien. Chacun ici sait que cela signe une dépendance technologique, opérationnelle et politique. Lorsqu’un pays confie l’essentiel de sa défense à des équipements étrangers, il aliène aussi une part de sa liberté de décision – et c’est là que le bât blesse. On affirme vouloir protéger un territoire stratégique, mais on accepte de dépendre de ceux-là mêmes qui, demain, pourraient en contester le statut. Cette contradiction ne concerne pas que le Danemark ; elle nous concerne tous. L’affaire LMB Aerospace en donne un exemple concret, local et récent. Cette entreprise française, à valeur stratégique, produit des composants essentiels pour nos avions de combat, pour notre marine, pour notre programme de défense.”
“Agir ainsi avec un allié signifie que l’on pense pouvoir obtenir par la contrainte ce que la coopération ne garantit plus. Cette situation ne constitue pas un simple accident diplomatique ; elle est le produit d’une longue histoire. Dans les années 1960, le général de Gaulle avait posé une question simple : les nations européennes veulent-elles décider par elles-mêmes de leur sécurité ? Avec les plans Fouchet, il proposait une coopération politique et militaire permettant aux États européens – qui, alors, n’étaient pas vingt-sept mais seulement six, les six pays fondateurs – de ne pas dépendre entièrement des États-Unis. À l’époque, la réponse fut claire : nos partenaires refusaient en bloc cette indépendance. Depuis lors, la dépendance est devenue une habitude, une routine, presque une culture stratégique.”
“Lorsque le président des États-Unis a évoqué publiquement la possibilité d’une acquisition du Groenland, y compris par la force, il ne s’agissait pas d’une maladresse, mais d’un acte politique lourd de sens. On ne menace pas un territoire que l’on considère réellement capable de se défendre. Lorsque le président des États-Unis évoque publiquement l’hypothèse d’une prise de contrôle du Groenland, ce n’est pas une provocation anodine ni une sortie de route verbale, mais un rapport de force assumé. C’est la traduction de la conviction simple que l’Europe – et avec elle le Danemark – peut être mise sous pression et sommée de céder parce qu’elle ne disposerait pas des moyens politiques et militaires de dire non. Quand ce qui était impensable hier est exprimé, la dissuasion a déjà reculé.”
“Groenland. Jusqu’à récemment, ce mot évoquait pour beaucoup une terre lointaine, glacée, presque abstraite, une carte de géographie, une étendue blanche au nord de nos préoccupations. À présent, le Groenland est devenu le révélateur d’un monde qui change, le symbole de rapports de force assumés et, surtout, d’une faiblesse que nous feignons trop souvent d’ignorer. Commençons par l’essentiel : le Groenland appartient au royaume du Danemark. Cette réalité, établie en droit international, est reconnue par la communauté internationale. Dès lors, toute évolution du statut du Groenland doit relever de la volonté librement exprimée du peuple groenlandais.”
“Au nom du groupe UDR, je veux dire notre soutien aux populations arméniennes d’Artsakh chassées de force de leur terre millénaire. Nous condamnons l’emprisonnement et le procès arbitraire des responsables politiques de la république d’Artsakh. Monsieur le ministre, il faut exiger de la république d’Azerbaïdjan la libération sans délai des prisonniers arméniens qu’elle détient. (Applaudissements sur les bancs des groupes UDR et RN. – M. Laurent Wauquiez applaudit aussi.)”
“On ne peut pas, d’un côté, réclamer des relations apaisées avec la France et, de l’autre, encourager des actions dirigées contre l’intégrité de la République. Rappelons le rôle du groupe d’initiative Bakou, dont les liens avec le gouvernement azerbaïdjanais ne sont plus à démontrer. Rappelons ses tentatives d’ingérence lors des Jeux olympiques de Paris ou encore son rôle auprès des indépendantistes kanaks et antillais. Comment ne pas y voir une attitude hostile envers la France, voire le comportement d’un adversaire sur la scène internationale ? La France, patrie des droits de l’homme et membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies, ne peut adopter une diplomatie du silence lorsque des violations aussi manifestes sont établies. Elle doit parler avec constance, cohérence et fermeté, sans naïveté ni renoncement.”
“Certains diront que cette résolution est symbolique. Oui, mais le symbole a un poids en diplomatie. Les mots prononcés dans cet hémicycle disent aux détenus qu’ils ne sont pas oubliés, à leurs familles que la France reste vigilante et à ceux qui les retiennent que la communauté internationale observe, juge et se souvient. Reconnaissons-le avec lucidité, l’attitude de l’Azerbaïdjan pose un problème humanitaire, mais aussi des questions politiques et stratégiques majeures pour les intérêts français. Bakou mène depuis plusieurs années des actions hostiles à l’encontre de notre pays : campagnes informationnelles, ingérence politique, tentatives de déstabilisation, notamment dans nos territoires d’outre-mer. En Nouvelle-Calédonie, comme ailleurs, ces manœuvres ont été documentées et elles sont assumées.”