Matthieu Bloch
UDDPLR · France
“Le groupe UDR soutient évidemment la réintroduction de l’article 11 et je suis très choqué que ce texte ne fasse pas l’unanimité dans l’hémicycle. On parle tout de même des pires crimes, des crimes odieux qui sont commis sur d’enfants en bas âge. Comment ne peut-on approuver une condamnation à la perpétuité dans ce cas-là ?”
“Reste qu’une intention n’est pas une politique et qu’une obligation sans outils devient trop souvent une promesse sans lendemain. Or, dans ce texte, les outils manquent encore souvent.”
“En préambule, je souhaite rendre hommage à un Français célèbre à travers le monde, un homme qui bien avant beaucoup d’autres avait identifié les dérives auxquelles le sport professionnel allait être confronté : je veux évidemment parler de Michel Platini.”
“Il continue de privilégier une réforme de la gouvernance sans répondre véritablement aux difficultés économiques qui fragilisent aujourd’hui le sport professionnel français. Surtout, il continue de menacer l’équilibre que des disciplines comme le rugby, le handball et le basket avaient su construire au fil des années.”
“Parce qu’elle nous enseigne une leçon essentielle : les difficultés du sport professionnel français trouvent largement leur origine dans le cadre européen.”
“Je suis aussi bien placé pour rappeler que ce club a été sauvé grâce la mobilisation exceptionnelle de ses supporters, de ses entreprises, de ses collectivités et de tout un territoire. Aujourd’hui, son modèle de gouvernance suscite de l’intérêt bien au-delà de la Franche-Comté.”
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“Les chefs d’accusation sont extensifs, les procédures opaques et les garanties d’un procès équitable contestées par de nombreuses organisations internationales. Face à cela, la France ne peut rester silencieuse. Ce qui est en jeu dépasse un conflit régional ; c’est le respect des principes fondamentaux du droit humanitaire, la protection des prisonniers, l’interdiction des détentions arbitraires et le refus que l’origine nationale ou l’engagement passé deviennent un motif de persécution. Cette résolution ne recherche ni l’escalade ni la posture. Elle ne se substitue pas à la diplomatie de l’exécutif, monsieur le ministre. Elle exprime avec gravité la responsabilité et la position de la représentation nationale, qui refuse que des êtres humains soient utilisés comme des leviers politiques ou comme des trophées de guerre.”
“Parfaitement intégrés, pleinement assimilés et profondément attachés aux valeurs de la République, ils constituent un exemple remarquable de la réussite de l’assimilation à la française. Ces hommes et ces femmes ont enrichi notre culture, notre économie, notre vie intellectuelle et politique, tout en restant fidèles à la mémoire de leur histoire. Cet héritage crée pour la France une responsabilité particulière. La proposition de résolution touche à l’essentiel : la liberté humaine, le respect du droit international et la responsabilité morale des démocraties lorsqu’un État choisit l’arbitraire et la vengeance plutôt que le droit et la réconciliation. Depuis plusieurs mois, vingt-trois prisonniers arméniens, anciens responsables politiques de la république d’Artsakh, militaires et civils, sont retenus par l’Azerbaïdjan.”
“Je le dis d’emblée, sans détour ni faux suspense : le groupe UDR votera en faveur de cette proposition de résolution. Ce soutien, pleinement assumé, est cohérent et constant. La proposition de résolution a d’ailleurs été cosignée par le président de notre groupe, Éric Ciotti, ainsi que par Olivier Fayssat, Marc Chavent et Hanane Mansouri. Tous quatre sont membres du groupe d’amitié France-Arménie ; leur engagement s’inscrit dans une fidélité ancienne à une nation amie et à une histoire entremêlée avec la nôtre. Les liens entre la France et l’Arménie sont historiques, culturels et humains. Notre pays compte depuis plus d’un siècle de nombreux Français d’origine arménienne.”
“Nous soutiendrons donc cette proposition de résolution, parce qu’elle va dans la bonne direction, mais nous le ferons sans naïveté et sans complaisance. Ce texte doit être un point de départ, certainement pas un aboutissement. La France n’a pas besoin d’un État tentaculaire, illisible et dispersé. Elle a besoin d’un État fort, efficace, responsable et résolument tourné vers l’intérêt général. À vous désormais, socle commun – ou du moins ce qu’il en reste –, de prouver – dans le peu de temps qu’il vous reste – que cette prise de conscience se traduira enfin en actes concrets. (Applaudissements sur les bancs des groupes UDR et RN.)”
“Cela suppose de remettre à plat notre organisation administrative, de recentrer l’État sur ses missions essentielles, de restaurer une chaîne de responsabilité claire et lisible et de rendre des comptes aux citoyens pour chaque euro dépensé.”
“Nous serions aujourd’hui en train de redresser le pays avec nos alliés du Rassemblement national. (Applaudissements sur les bancs des groupes UDR et RN.) Au lieu de cela, vous avez choisi le front de la honte, et vous êtes devenus la béquille du socialo-macronisme. Que de temps perdu pour la France ! Soyons honnêtes : cette agencification s’est accélérée ces dernières années, parfois au nom de la modernisation, parfois pour contourner l’administration classique, parfois aussi – disons-le clairement ! – pour recaser des copains ou diluer les responsabilités. L’Union des droites pour la République, que je représente, est claire : la rationalisation de l’État ne peut pas être un simple affichage. Elle doit être profonde, assumée et cohérente.”
“Ce texte exige la vertu des gouvernements futurs, mais il exonère largement les gouvernements passés – dont vous avez fait partie, chers collègues Républicains. Quel dommage que vous n’ayez pas eu le courage de suivre le président Éric Ciotti en 2024 !”
“Où est l’inventaire exhaustif des agences existantes ? Où est l’évaluation rigoureuse de leur utilité, de leur efficacité, de leur coût ? Où sont les fusions, les suppressions, les recentralisations lorsque celles-ci s’imposent ? Où est, tout simplement, le courage politique de dire que certaines structures n’ont plus lieu d’être ?”
“En effet, le cœur du problème n’est pas seulement dans ce que nous créerons demain, mais dans ce que nous avons laissé prospérer depuis des décennies.”
“Pire encore, certaines de ces structures, jouissant d’une large autonomie, ont parfois défendu – ou financé – des orientations contraires à l’intérêt général, sans réel contrôle démocratique. Il existe pourtant un principe simple de salubrité administrative : on ne peut pas continuer à créer sans cesse de nouvelles structures quand l’État peine déjà à piloter celles qui existent. Mes chers collègues, soyons lucides jusqu’au bout : ce texte est nécessaire, mais il reste insuffisant. Ce n’est qu’une petite marche sur l’escalier long et difficile de la démolition du millefeuille administratif inefficace. Suspendre les créations futures sans s’attaquer au stock existant, c’est fermer le robinet tout en laissant la baignoire déborder.”
“De ce point de vue, l’objectif de cette proposition de résolution – suspendre la création de nouvelles agences, autorités administratives indépendantes, comités ou opérateurs – va indiscutablement dans le bon sens. Car, chacun le sait dans cet hémicycle, l’État français souffre d’un mal profond, presque chronique : l’agencification permanente. À chaque problème, sa structure ; à chaque crise, son comité ; à chaque priorité politique, son opérateur. Le résultat, nous le connaissons tous : un empilement d’instances aux périmètres flous, aux compétences redondantes et mal coordonnées, dont le citoyen ne comprend ni le rôle, ni le coût, ni la légitimité. Cette inflation institutionnelle a fragmenté l’action publique, ralenti la décision et dilué les responsabilités.”
“Je veux le dire d’emblée – et c’est assez rare pour être souligné : le texte qui nous est soumis repose sur un diagnostic lucide, un diagnostic partagé bien au-delà de nos clivages politiques. Oui, notre pays fait face à une dérive grave et durable de ses finances publiques. Oui, la dette atteint des niveaux historiques. Et non, cette dette n’est ni abstraite, ni théorique, ni indolore. Elle pèse sur les Français, sur leur pouvoir d’achat, sur leur avenir, et sur celui de leurs enfants. Dans ce contexte, refuser toute hausse d’impôts et rechercher des économies structurelles n’est pas un choix idéologique. C’est une nécessité impérieuse.”
“Refuser d’agir, c’est prendre le risque de subir demain. Pour toutes ces raisons, le groupe UDR votera sans hésitation pour cette proposition de résolution européenne. (Applaudissements sur les bancs des groupes UDR et RN ainsi que sur quelques bancs du groupe DR.)”
“Refuser de nommer l’ennemi idéologique, c’est déjà reculer.”
“Elle a interdit la propagande idéologique des Frères musulmans et a assumé le combat juridique et politique. Face à une organisation transnationale, la réponse ne peut être nationale ; elle doit être européenne. L’inscription des Frères musulmans sur la liste européenne des organisations terroristes n’est pas un geste symbolique, c’est un outil concret : gel des avoirs, blocage des financements, interdiction des soutiens et coopération renforcée entre services européens. C’est aussi un signal politique clair : l’Europe ne tolérera pas sur son sol une idéologie qui conteste ses lois, ses valeurs et la démocratie. Ce combat n’est pas dirigé contre les musulmans. Il est mené pour la République, pour la liberté de conscience, pour l’égalité et pour la souveraineté de chaque peuple européen.”
“Les Émirats arabes unis, l’Arabie saoudite, la Syrie, le Bahreïn et la Jordanie ont pris la même décision. Ce sont des États musulmans. Ils ne combattent pas une religion, ils combattent un projet de conquête politique. La France n’est pas en dehors de ce champ de bataille idéologique. Le rapport du ministère de l’intérieur est sans ambiguïté : 139 lieux de culte liés ou proches de la mouvance, près de 280 associations, une implantation dans 55 départements et des financements étrangers massifs, notamment en provenance du Qatar. Ce séparatisme n’est pas toujours violent, mais il est méthodique, structuré, résolu. Surtout, il avance à bas bruit pendant que, trop souvent, l’Europe hésite. Un seul État membre a pris ses responsabilités : l’Autriche.”
“Dans le monde arabe, ceux qui ont eu l’islamisme politique face à eux savent ce qu’il est, ce qu’il veut et ce qu’il détruit. L’Égypte, berceau des Frères musulmans, les a interdits.”
“L’objectif est clair : encadrer la vie du musulman dans toutes ses dimensions, l’éloigner progressivement des référents républicains et substituer à l’universalisme français une logique communautaire. Ne nous y trompons pas : cette stratégie prépare toujours le terrain à des formes de radicalisation plus violentes. L’histoire récente l’a tragiquement montré. Rappelons une vérité que certains préfèrent contourner : le Hamas est une émanation directe des Frères musulmans ; il en est la branche palestinienne. Il figure, à juste titre, sur la liste européenne des organisations terroristes. Comment justifier alors que l’on sanctionne la branche armée tout en continuant à fermer les yeux sur l’idéologie, la structure et la maison mère ?”
“…et par la victimisation permanente. C’est précisément ce qui les rend dangereux. Les travaux parlementaires, les auditions des services de renseignement et les rapports du ministère de l’intérieur convergent vers le même constat : la menace islamiste n’est aujourd’hui plus seulement terroriste, elle est séparatiste, idéologique, institutionnelle. Les Frères musulmans construisent des écosystèmes complets : mosquées, associations, structures éducatives, relais numériques, parfois même relais politiques locaux.”
“Ils procèdent non par l’affrontement frontal, mais par l’entrisme, par le double discours, par la dissimulation – la taqiya –,…”
“Nous débattons non pas d’une abstraction idéologique, mais d’un fait politique, documenté, établi, désormais incontestable. La mouvance des Frères musulmans constitue une menace stratégique pour nos démocraties ; non pas une menace fantasmée ou marginale, mais une menace réelle, organisée, structurée et patiente. (M. Ugo Bernalicis s’exclame.) Les Frères musulmans ne sont ni une association cultuelle ordinaire ni une simple école de pensée religieuse ; ils forment une organisation transnationale, hiérarchisée, disciplinée et dotée d’une stratégie globale. Leur objectif n’a jamais varié depuis près d’un siècle : soumettre le politique au religieux, remplacer la loi civile par la charia et transformer progressivement les sociétés dans lesquelles ils s’implantent.”
“Monsieur le ministre, l’Algérie nous insulte matin, midi et soir. Il y a des leviers à actionner, comme la restriction des visas. Je pense qu’il y a aussi des partenaires, vous avez raison. Vous avez parlé de l’Allemagne, je pense aussi à l’Italie, dont les rapports sont plus normalisés avec le régime algérien. Y a-t-il là un levier à utiliser ? Que comptez-vous faire concrètement pour la libération de notre compatriote, qui n’a été emprisonné que parce qu’il exerçait son métier ?”
“Quel levier ferme êtes-vous prêt à utiliser pour y parvenir, y compris des mesures de pression claire, comme la restriction ou la suspension des visas ? La liberté d’un journaliste français ne se protège ni par des communiqués, ni par la patience diplomatique, mais – malheureusement – par le rapport de force. Quand un État emprisonne arbitrairement nos compatriotes, il doit en payer le prix.”
“La France a exprimé son regret et appelé à sa libération, mais les faits sont là : Christophe Gleizes est toujours en prison. Cette situation est d’autant plus préoccupante que, dans un cas comparable, un autre de nos compatriotes, Boualem Sansal, n’a pas été libéré grâce à l’action de la France, mais à celle, décisive, de l’Allemagne. Ce constat, lourd de sens, donne le sentiment que notre diplomatie hésite et temporise, là où d’autres assument le rapport de force. Monsieur le ministre, protéger nos ressortissants n’est pas une option diplomatique, c’est un levier régalien. Je vous pose donc une question simple : quelles actions avez-vous engagées pour obtenir la libération de Christophe Gleizes ?”
“Je souhaite aussi appeler votre attention sur la situation extrêmement grave de notre compatriote Christophe Gleizes, journaliste français condamné à sept ans de prison ferme en Algérie pour des faits directement liés à l’exercice de son métier. Arrêté en mai 2024 alors qu’il travaillait sur un reportage à Tizi Ouzou, il a d’abord été placé sous contrôle judiciaire avant d’être condamné pour « apologie du terrorisme » et « possession de publications dans un but de propagande nuisant à l’intérêt national », une peine confirmée en appel en décembre dernier. Cette condamnation est manifestement disproportionnée, elle détourne des textes antiterroristes pour faire taire un journaliste, elle constitue une atteinte grave à la liberté de la presse et au droit fondamental d’informer.”
“Je vous remercie, monsieur le ministre, mais vous n’avez pas vraiment répondu à mes questions. Les informations étaient exhaustives, mais que fait-on avec cet ambassadeur ? Ne le renvoie-t-on pas ? Il serait souhaitable d’actionner ce levier diplomatique pour envoyer un signal fort à la république islamique d’Iran.”
“Enfin, allez-vous reconnaître, au nom de la France, l’opposition iranienne comme seul interlocuteur légitime pour notre pays, comme l’a demandé notre président Éric Ciotti à Emmanuel Macron la semaine dernière ?”
“Lorsqu’un représentant diplomatique utilise l’espace public français pour nier des violations massives des droits de l’homme et justifier l’action d’une dictature, il outrepasse gravement le rôle qui est le sien et franchit une ligne rouge. La France ne peut pas d’un côté se revendiquer patrie des droits de l’homme et de l’autre offrir une tribune diplomatique à ceux qui piétinent ces principes. Monsieur le ministre, mes questions seront simples et précises et devraient donc recevoir des réponses claires. Pourquoi l’ambassadeur de la république islamique d’Iran est-il toujours accrédité en France, malgré la gravité de ses déclarations ? Êtes-vous prêt à le déclarer persona non grata et à demander son expulsion immédiate du territoire français ?”
“Dimanche dernier, l’ambassadeur de la république islamique d’Iran en France a affirmé, sur une radio du service public, que le régime iranien n’avait pas de sang sur les mains. Ces propos ont été tenus alors même que ce régime est responsable de la répression sanglante de manifestations, de milliers de morts, d’arrestations arbitraires, d’exécutions sommaires de prisonniers et d’une oppression systématique des femmes, des journalistes et des opposants politiques. Ces déclarations ne sont pas une simple opinion diplomatique, elles constituent une négation des victimes de ces massacres et une défense politique assumée d’une dictature islamiste qui martyrise son propre peuple. Un ambassadeur n’est pas un commentateur, mais le représentant officiel d’un État.”
“Aujourd’hui, c’est l’inverse : une France présente dans les réunions, mais absente dans les décisions ; une France que plus personne n’écoute. Georges Clemenceau l’a pourtant dit : « Il faut savoir ce que l’on veut. Quand on le sait, il faut avoir le courage de le dire ; quand on le dit, il faut avoir le courage de le faire. » Monsieur le ministre, appliquons cette maxime à notre diplomatie. Savoir ce que l’on veut : défendre la liberté, la démocratie et nos intérêts vitaux. Avoir le courage de le dire : nommer les dictateurs, refuser les accords qui nous affaiblissent. Avoir le courage de le faire : bloquer, s’opposer, assumer un rapport de force. La France n’a jamais été respectée parce qu’elle était aimable. Elle l’a été parce qu’elle était souveraine, indépendante et forte.”
“Pendant ce temps, Christophe Gleizes, journaliste français, reste détenu. Je veux lui rendre hommage ici – hommage à son courage, hommage à sa liberté confisquée. Faudra-t-il qu’un autre pays agisse encore à notre place ? Même en Europe, la France a renoncé. Pays fondateur de l’Union, deuxième contributeur budgétaire, elle a laissé signer le traité du Mercosur, contre ses agriculteurs et contre sa souveraineté alimentaire ; faute d’influence, elle est restée impuissante. Il fut un temps où, quand les intérêts vitaux de la France étaient menacés, un président savait dire non. Il quittait la table. Il assumait le rapport de force. C’était la politique de la chaise vide du général de Gaulle : pas d’Europe contre la France !”
“Une diplomatie naïve, sans stratégie ni rapport de force, a des conséquences directes sur la sécurité des Français. Cette faiblesse, nous la voyons aussi en Algérie : Boualem Sansal a été libéré non par la France mais par l’Allemagne.”
“Sous l’ère Macron, notre diplomatie s’est dissoute dans le « en même temps » : un jour, on condamne, le lendemain, on nuance ; un jour, on affirme, le lendemain, on corrige… Le Venezuela n’a pas échappé à cette règle toute macronienne. Dans le monde réel, cette illisibilité ne produit pas du respect ; elle produit du vide ! Regardons l’Afrique : sous le seul règne d’Emmanuel Macron, la France a disparu de régions entières, que ce soit du Mali, de Centrafrique ou du Tchad – pourtant un allié historique –, des zones où elle était parfois la dernière digue contre le chaos. Et cette disparition a eu un prix. Alors que cinquante-huit de nos soldats sont tombés lors des opérations Serval et Barkhane pour combattre le terrorisme islamiste à sa source, les errements diplomatiques qui ont suivi ont permis à nos ennemis de reprendre du terrain.”
“Chaque année, plus de 10 % de la production mondiale de cocaïne transite par le Venezuela, alimentant des mafias et des économies criminelles, ainsi qu’une violence qui gangrène aussi nos sociétés. Pendant que le peuple s’appauvrit, le crime, lui, prospère. Voilà le vrai visage de ce régime. Il faut le dire clairement, personne ne regrettera la fin du règne de Maduro : ni le peuple vénézuélien ni les démocraties – personne, sauf les narcotrafiquants que ce régime a protégés et, peut-être, quelques élus de gauche hors sol. Après des décennies de dictature socialiste, le Venezuela doit retrouver le chemin de la prospérité, par une transition démocratique, des élections libres et l’alternance à laquelle aspire son peuple. Quelle a été, monsieur le ministre, le rôle de la France dans cette affaire ?”
“Ainsi, plus de la moitié du peuple vénézuélien est condamnée à l’exil ou à la pauvreté extrême. L’autre moitié vit dans la crainte d’une répression politique sanglante. Un pays riche vidé de sa population ; une rente pétrolière détournée au profit d’un clan ; un État transformé en machine de contrôle et de répression : voilà le bilan de Nicolás Maduro, président non élu puisqu’il a truqué les dernières élections. À cette catastrophe humaine s’ajoute une autre réalité, tout aussi grave : le Venezuela est devenu une plaque tournante du narcotrafic international. Sous Maduro, des réseaux criminels ont prospéré, avec la complicité de l’appareil d’État.”
“Il est des moments où une nation ne peut plus parler à voix basse. Il est des moments où le monde se durcit, où les tyrannies avancent, où les peuples sont écrasés et où la France doit décider si elle veut encore être une puissance qui agit ou seulement une puissance qui commente. Le Venezuela vit aujourd’hui l’un de ces moments de vérité. Le Venezuela est un pays qui possède les plus grandes réserves de pétrole du monde ; un pays qui, par ses ressources, devrait nourrir son peuple, soigner ses enfants et investir dans son avenir. Et pourtant, sous le régime de Nicolás Maduro, ce pays est devenu un symbole mondial de pauvreté extrême, de corruption et de faillite politique : près de 8 millions de Vénézuéliens ont fui leur pays et 7 autres millions vivent dans une urgence humanitaire permanente.”
“Ces ambiguïtés politiques brouillent les repères républicains et renforcent des logiques de rupture, lesquelles sont déjà alimentées par l’endoctrinement numérique. Une démocratie ne contrôle pas les partis politiques – c’est aussi bien heureux qu’indispensable –, mais peut-elle rester passive lorsque la radicalisation en ligne de la jeunesse est renforcée par des postures politiques ambiguës qui affaiblissent le message républicain ? Ma question est donc simple : quelles mesures concrètes le gouvernement entend-il prendre pour lutter efficacement contre l’autoradicalisation en ligne, responsabiliser les plateformes numériques et rappeler clairement aux élus leur devoir d’exemplarité dans la défense des valeurs de la République et la protection de notre jeunesse ?”
“L’autoradicalisation numérique est désormais un phénomène massif, souvent rapide et solitaire, alimenté par des algorithmes qui banalisent le séparatisme, délégitiment la République et construisent, sous le seuil pénal, une justification idéologique de la violence. Les assassinats de Samuel Paty et de Dominique Bernard illustrent tragiquement ces trajectoires : des passages à l’acte nourris avant tout par une radicalisation en ligne, sans encadrement terroriste structuré. Notre rapport met également en évidence un facteur aggravant majeur. Lorsque ces discours sont relayés ou tolérés dans l’espace public par des élus de la République, notamment lors de manifestations militantes, le signal envoyé à la jeunesse devient profondément délétère.”
“Dans le cadre de la commission d’enquête parlementaire sur les liens entre certains mouvements politiques et des réseaux soutenant l’idéologie islamiste, l’ensemble des services de l’État ont été auditionnés – direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), direction nationale du renseignement territorial (DNRT), direction du renseignement de la préfecture de police de Paris (DRPP) et comité interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation (CIPDR). Tous ont livré un diagnostic unanime : la jeunesse est aujourd’hui la cible prioritaire de l’islamisme politique et les réseaux sociaux en sont le principal vecteur.”
“Allez-vous défendre des mécanismes de droits de douane adaptatifs, qui tiennent compte des filières de production hors Union européenne ? Allez-vous conditionner strictement les implantations industrielles étrangères en Europe à de véritables exigences de contenu local, de transfert de technologies et de création d’emplois durables ? Face au risque très concret d’une inondation du marché européen par des véhicules à bas coût, produits en Europe ou réorientés vers le continent par contournement des règles, nous n’avons pas le droit à l’inaction ou à la naïveté.”
“Cette stratégie n’est pas théorique, elle est déjà complétée par une autre voie de contournement : la production en Thaïlande dans une usine récemment mise en service pour exporter les véhicules vers l’Union européenne. Ces véhicules, bien que produits par un constructeur chinois fortement subventionné, échappent aux surtaxes européennes car ils ne sont plus considérés comme importés de Chine. Autrement dit, même les barrières commerciales existantes peuvent être inefficaces si nous ne renforçons pas rapidement nos règles. Ma question est donc simple et directe : quelle est votre stratégie pour éviter que la protection européenne ne soit systématiquement contournée ? Allez-vous soutenir des règles d’origine beaucoup plus exigeantes, intégrant réellement la chaîne de valeur et pas uniquement le lieu d’assemblage final ?”
“Si nous voulons réellement protéger notre industrie automobile, nous devons passer du constat à l’action concrète. Aujourd’hui, les constructeurs chinois ne se contentent plus d’exporter massivement vers l’Europe, ils adaptent leur stratégie pour contourner nos instruments de défense commerciale. C’est le cas de BYD qui a annoncé plusieurs implantations en Europe et qui étudie désormais des projets en Espagne, près de Tarragone, et dans des régions fortement soutenues par des aides publiques. L’objectif est clair : produire ou assembler sur le sol européen pour neutraliser l’effet des droits de douane appliqués aux véhicules électriques importés de Chine.”
“Ils vous demandent de faire véritablement pression sur l’Union européenne pour sortir du tout-électrique imposé et de réaffirmer la neutralité technologique. Ils vous demandent de redonner de la visibilité et de la stabilité à la filière, en mettant fin à l’empilement de normes irréalistes, et de protéger réellement le marché européen face à une concurrence internationale agressive. Ils vous demandent de placer l’emploi, les territoires et la souveraineté industrielle au cœur des décisions européennes. Ces demandes sont lucides, responsables et largement partagées. Les salariés de la filière automobile attendent du courage politique ; ils attendent des actes.”
“Sans réseaux, sans demande suffisante et sans modèle économique viable, ce choix a conduit à un échec industriel et a fragilisé des groupes majeurs de la filière, comme Forvia, qui avait investi massivement dans cette technologie au détriment d’autres voies plus pragmatiques. Ce n’est pas de la planification, mais de l’aveuglement. Nos voisins allemands, eux, ont commencé à tirer les conséquences de cette impasse. Ils demandent à l’Union européenne de revenir sur le dogme du tout-électrique, d’assouplir les calendriers et de reconnaître le rôle des motorisations hybrides et des technologies alternatives – je pense notamment aux biocarburants. Les salariés de la filière automobile française vous demandent la même évolution.”
“Entre 2015 et 2030 – rendons-nous compte –, le prix d’une Renault Clio aura augmenté de 40 %, essentiellement sous l’effet de l’inflation réglementaire européenne. Résultat : les véhicules conçus pour les classes populaires et moyennes deviennent totalement inaccessibles. Pendant ce temps, la concurrence chinoise, elle, avance à marche forcée. Elle produit plus vite et moins cher, elle maîtrise les batteries, elle impose ses standards technologiques. Face à cela, l’Europe continue d’imposer à ses propres industriels des contraintes qu’aucune autre grande puissance n’accepterait. Mais le problème ne s’arrête pas au tout-électrique. Nous avons aussi financé, parfois à marche forcée, des filières sans marché réel – je pense à l’hydrogène automobile.”
“Je l’ai déjà rappelé en posant une question à votre prédécesseur, monsieur le ministre : le marché n’achète pas ce que l’Europe veut que nous vendions. Ce ne sont pas les mots d’opposants politiques, mais ceux de dirigeants industriels comme Luca de Meo, l’ancien patron de Renault, ou John Elkann, l’actuel président de Stellantis, qui nous disent une chose simple : le tout-électrique imposé ne fonctionne pas. La filière automobile française représente près de 350 000 emplois directs – et bien davantage si l’on inclut les sous-traitants, la métallurgie, l’ingénierie ou encore la logistique. Elle est le cœur économique de territoires entiers, comme le mien, celui du Pays de Montbéliard. Or que faisons-nous aujourd’hui ? Nous empilons les normes, nous accélérons les contradictions et les interdictions, nous renchérissons les coûts.”
“Depuis plusieurs mois, tous les signaux de la filière automobile française sont au rouge. Les dirigeants industriels alertent, les territoires s’inquiètent, les salariés angoissent. Pourtant, l’Union européenne, avec la bénédiction du gouvernement français, poursuit une trajectoire qui met en péril tout un pan de notre économie. Je l’affirme clairement : ce débat n’est plus un débat idéologique, ni même environnemental, mais un débat de réalité industrielle. Un récent rapport parlementaire du Sénat dresse un constat sans détour : baisse continue de la production, perte de compétitivité, dépendance croissante à l’égard d’autres continents, concurrence mondiale exacerbée. Il décrit un crash annoncé de la filière si nous persistons dans la trajectoire actuelle.”
“Pendant des décennies, l’histoire automobile française s’est construite autour d’objectifs simples : répondre aux besoins concrets des classes populaires et des familles ; permettre de se déplacer, d’aller travailler et de vivre dignement, notamment dans les territoires ruraux et périurbains. C’était la 2 CV, la 4L, la Renault 5, la 205 – des véhicules accessibles et robustes, adaptés à la réalité du quotidien. Aujourd’hui, malheureusement, nous faisons exactement l’inverse : nous construisons des produits à des prix exorbitants, que les Français ne peuvent plus s’offrir et qui ne répondent plus à leurs besoins réels. Une Renault 5 électrique coûte plus de 30 000 euros, une Peugeot 3008 près de 50 000 euros. Ce ne sont plus des voitures populaires, mais des produits normés qui satisfont des objectifs technocratiques.”
“Les autorités suisses que j’ai rencontrées ne comprennent pas vraiment la dichotomie entre la volonté affichée de l’État français, que je salue, et la frilosité de la région. Il conviendrait que nous accordions nos violons afin d’avancer tous ensemble car ces lignes sont absolument essentielles.”
“Au-delà de la question de l’offre en matière de transports, il y va de la crédibilité internationale de la France, du respect de nos engagements vis-à-vis de nos partenaires suisses et de l’avenir ferroviaire d’un territoire frontalier stratégique. Je vous remercie par avance de votre réponse.”