Corentin Le Fur
DR · France
“Nous abordons un sujet important. Si je salue le travail remarquable du ministre de l’intérieur et du rapporteur sur ce texte, je n’en reste pas moins extrêmement sceptique, voire extrêmement critique, sur le rétablissement de l’article 4. Je sais que mon avis est partagé par certains de mes collègues, notamment l’excellent Ian Boucard.”
“…nous connaissons les supporters, notamment ceux du Kop Rouge – ce sont des artisans, des professeurs, des commerciaux –, à qui cette contrainte est imposée au risque de nuire considérablement à leur vie de famille. J’ai entendu votre argument, monsieur le ministre – on peut demander une dérogation.”
“Je vous ai entendus, le premier ministre et vous-même : vous voulez avancer en ce sens, et c’est heureux. Reste qu’il ne faut pas se tromper de combat en pénalisant les supporters, comme le fait cet article.”
“Sacha Houlié applaudit.) Cet article traite en effet comme des délinquants des supporters qui ont eu le malheur de craquer un fumigène en leur imposant une obligation de pointage qui est disproportionnée. Chez moi, les gendarmes eux-mêmes viennent me voir en disant : « Cette obligation de pointage nous pénalise.”
“Ce sont là des amendements de bon sens, en effet. Nous avons la chance, en Bretagne singulièrement, d’avoir des associations qui organisent bénévolement de très beaux festivals ; elles mettent au service de ces derniers non seulement beaucoup de temps, notamment en vue de monter un dossier pour la préfecture, mais de l’argent – la sécurit…”
“Il est identique au précédent, c’est-à-dire qu’il tend au rétablissement de l’article tel que celui-ci avait été conçu. Les mortiers devenus des armes, un fléau qui se répand dangereusement à chaque manifestation, non seulement menacent les forces de l’ordre – causant aux agents des dommages parfois irréversibles – et les bâtiments public…”
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“Avec cet article, nous entrons dans le vif du sujet. Dès lors que nous élaborons une stratégie pour les soins palliatifs, il est important que nous définissions une trajectoire budgétaire en lui allouant des moyens. En effet, nous avons un retard gigantesque : cela a été dit, presque une personne sur deux qui pourrait avoir besoin de ces soins n’en bénéficie pas. Des départements entiers sont privés d’unités de soins palliatifs et partout ailleurs la situation est très insatisfaisante. La proposition de loi que nous examinons est fondamentale et elle nous rassemblera, mais elle pose la question cruciale des moyens alloués aux soins palliatifs, pour lesquels nous devons adopter une trajectoire très ambitieuse.”
“Ce débat est essentiel car s’agissant des soins palliatifs, le principe d’une loi de programmation serait pleinement légitime. Mais à force d’en avoir fait sur beaucoup d’autres sujets, on risque d’affaiblir une telle loi sur celui-ci. Or les soins palliatifs sont une priorité fondamentale pour notre pays. Par conséquent, j’espère que nous saurons réfléchir – notamment les députés de la commission des finances, dont je fais partie – à l’enjeu que représentent les soins palliatifs. Il y va de l’efficacité des politiques publiques et du respect de la parole de l’État.”
“Je ne voterai pas cet amendement, mais il soulève une vraie question et je partage en grande partie l’analyse de M. Sitzenstuhl. À force de multiplier les lois de programmation dans tous les sens, on finit par ne plus les respecter du tout ces dernières années, et c’est ce qui risque d’arriver ici. Monsieur Nilor, vous avez rappelé que gouverner, c’est prévoir – sauf que ce qui est prévu dans les lois de programmation n’est pas respecté. Il faut donc en tirer les enseignements et prioriser ce qui doit vraiment être régi par une loi de programmation par rapport à ce qui ne doit pas forcément l’être, et par rapport aux autres sujets qui doivent continuer à relever de l’annualité des lois de finances, à laquelle nous devons aussi être attachés.”
“Sitzenstuhl a d’ailleurs posé des questions très justes – sur la coordination des unités car nos concitoyens tiennent particulièrement à ce que les soins palliatifs soient présents partout sur le territoire et dans tous les types de structures. J’attends donc de l’article 2 qu’il permette de lever nos interrogations. Il constitue en tout cas une avancée majeure, et j’espère que nous l’adopterons à l’unanimité.”
“Ce texte constitue une avancée majeure. Le retard français est en effet insupportable, indigne d’un pays comme le nôtre : les unités de soins palliatifs sont essentielles, attendues, mais elles sont insuffisantes. Une vingtaine de départements n’ont pas d’unité de soins palliatifs, et partout ailleurs, on compte trop d’unités spécialisées. Les zones rurales, dont celles qui se trouvent dans ma circonscription, sont particulièrement dépourvues. Il s’agit donc ici de contribuer à combler, ou à tout le moins de réduire notre retard. C’est fondamental parce que l’accompagnement des plus fragiles est le plus beau soin qui soit : il consiste à empêcher les personnes de souffrir, grâce aux soins palliatifs. Cette proposition de loi est l’occasion d’avancer très concrètement sur le sujet. Cela n’empêche pas de s’interroger – et M.”
“Je suis évidemment favorable aux directives anticipées. En revanche, il faut qu’elles soient formulées de manière parfaitement éclairée et parfaitement libre. Ce libre arbitre est fondamental et nous souhaitons donc que soit mieux garantie cette liberté.”
“Contrairement à ce que soutenait M. Clouet, pour ma part, je ne suis pas du tout hostile aux directives anticipées. Elles peuvent constituer une avancée, à condition qu’elles soient l’expression d’un choix éclairé, d’un plein usage du discernement et du libre arbitre. Non seulement le sujet doit être libre de rédiger ses directives anticipées, mais il doit aussi être libre de ne pas le faire. Sur une question majeure comme celle-ci, la position de chacun peut évoluer au cours du temps. Par exemple, une personne peut avoir un avis sans être entièrement convaincue, ou attendre avant de décider. L’amendement vise donc à protéger cette liberté, qui me paraît essentielle, de donner des directives anticipées ou de ne pas le faire, du moins à un moment donné.”
“Nous en venons à la délicate question des directives anticipées et du choix de la personne de confiance. Il s’agit de décisions importantes devant reposer sur le libre arbitre : il est fondamental que le choix soit éclairé et qu’il ne puisse être influencé par autrui. L’amendement vise donc à préserver le caractère libre et éclairé de ces décisions.”
“Les arguments de la rapporteure et de la ministre m’ayant notamment fait prendre conscience d’une erreur de rédaction, je retire l’amendement.”
“Cela étant, il faut rendre ses dispositions effectives partout, notamment à domicile. C’est ce à quoi vise l’amendement n o 249.”
“Je joins ma voix à celles de MM. Hetzel et Falorni qui, pour une fois, sont tombés d’accord. Le débat est tellement sensible et tellement essentiel que nous ne saurions nous dispenser des séances de dimanche. Visiblement, toutes les personnes concernées au premier chef par ces textes – celles qui ont travaillé à l’élaborer ou à l’amender – sont favorables à ce que nous siégions dimanche. J’espère donc que nous pourrons revenir sur cette décision. Les soins palliatifs constituent un enjeu majeur. Le retard de la France dans ce domaine est indigne d’elle. Je me réjouis donc que nous examinions ce texte qui vise à répondre à un besoin essentiel : soulager par ces méthodes la douleur de ceux qui souffrent faute d’unités de soins palliatifs (USP). Il représente une avancée cruciale ; le Parlement s’honorera d’en débattre et de l’adopter.”
“Comme l’ensemble des collègues, je regrette le retard pris par la France dans l’accès aux soins palliatifs. C’est indigne d’un pays comme le nôtre et c’est l’honneur de notre assemblée de légiférer pour les renforcer, afin de permettre à nos compatriotes de souffrir le moins possible, même lorsqu’ils sont en fin de vie. Cela suppose une homogénéité d’accès aux soins palliatifs partout sur le territoire, quel que soit le type d’hébergement du patient, en Ehpad ou à domicile.”
“Nous arrivons en effet au cœur d’un débat essentiel, celui de l’équilibre entre liberté et sécurité, et nous ne pouvons pas nous en exonérer. Notre groupe, qui soutient le gouvernement sur ce point, assume pleinement de dire que, face à une menace aussi forte et aussi organisée, nous devons adapter nos méthodes de renseignement, notamment algorithmiques. Cette évolution est fondamentale pour lutter au mieux contre ces réseaux, ces trafiquants, ces groupes qui engendrent beaucoup de violences. Nous n’avons pas le choix : nous devons faire évoluer notre droit. Voilà pourquoi nous soutiendrons le rétablissement de l’article 8 ter , qui a été supprimé en commission.”
“Pour les AESH, la création d’un vrai statut de fonctionnaire de l’éducation nationale est indispensable pour mettre fin à leur précarité, leur garantir une formation complète, définir clairement leurs missions et tenir un engagement clair et ambitieux en faveur d’une inclusion scolaire effective. En ce vingtième anniversaire de la loi handicap, nous avons une occasion rare de dépasser les clivages politiques pour agir ensemble au service d’une grande cause. Faisons-le. Faisons honneur à notre mission et honneur à cette assemblée en légiférant au bénéfice de nos enfants, des AESH et de la grandeur de notre pays, laquelle se mesure aussi à l’aune de l’attention que nous sommes collectivement capables de porter aux plus fragiles. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes DR, EPR, SOC et Dem, ainsi que sur les bancs des commissions.)”
“Défendre les AESH, c’est avant toute chose réaffirmer une singularité française : l’attention portée aux plus fragiles, au premier rang desquels figurent nos enfants, « spontanément émerveillés » comme l’a écrit si justement Fernand Braudel, mais ô combien vulnérables. Afin que tous nos enfants soient accompagnés et que le métier d’AESH soit mieux reconnu et valorisé, j’ai déposé une proposition de loi transpartisane, cosignée par plus de soixante-dix députés issus de dix groupes parlementaires, visant à doter la profession d’un véritable statut. Mes collègues Lepvraud et Abomangoli ont, de leur côté, entamé une démarche similaire. Je remercie ceux qui ont accepté de cosigner mon texte et invite tous ceux qui souhaiteraient le faire à me l’indiquer.”
“La loi de finances pour 2025 a heureusement entériné la création de 2 000 nouveaux postes d’AESH, ce dont je remercie le gouvernement. Cependant, nous ne répondrons pas à l’appel des familles et aux besoins de leurs enfants en nous cantonnant à de telles mesures. Nous ne pouvons plus nous contenter d’ajouter des postes sans traiter la question de fond. Nous ne pouvons plus accepter que ceux qui accompagnent les plus fragiles de nos enfants vivent dans une grande précarité. Défendre les AESH, c’est défendre la France qui travaille, défendre des femmes et des hommes qui, par leur engagement, font honneur à notre pays. C’est refuser la fatalité du handicap, c’est donner une chance à tous.”
“Nous avons tous entendu leurs témoignages poignants. Nous avons tous constaté la détresse des familles dont les enfants ne bénéficient pas de l’aide pourtant notifiée par les MDPH. Nous avons tous été interpellés et désormais, nous avons tous une responsabilité : celle d’agir ! Plus de 130 000 AESH accompagnent près de 470 000 enfants en situation de handicap. Ces professionnels sont soumis à des temps partiels contraints et perçoivent une rémunération indigne, bien souvent inférieure au seuil de pauvreté. Bien qu’elles exercent un métier exigeant, les AESH ne bénéficient pas de la reconnaissance et des garanties qu’offre un véritable statut. Or, faute de statut et de reconnaissance, nous manquons cruellement de professionnels.”
“Pourtant, les AESH comme les AED sont incontestablement des maillons essentiels de l’éducation nationale. La réalité d’hier n’est plus celle d’aujourd’hui : les AED ne sont plus seulement des étudiants qui occupent un petit boulot, tandis que les AESH sont devenus les piliers d’une inclusion scolaire à laquelle nous sommes tant attachés. Au cœur de cette inclusion, il y a ces femmes qui, chaque jour, se battent pour que nos enfants aient accès à l’éducation. Au cœur de cette inclusion, il y a ce métier indispensable et pourtant si peu valorisé. Sur la situation déplorable des AESH, personne ne peut plus fermer les yeux. Nous avons tous reçu ces agents dans nos permanences – permettez-moi d’avoir une pensée pour le collectif AESH en lumière de Lamballe, qui a fait un travail absolument remarquable. (Mme Ayda Hadizadeh applaudit.)”
“Ces AESH – très souvent des femmes – œuvrent chaque jour, dans des conditions parfois déplorables, pour faire de l’inclusion scolaire une réalité, mais vivent dans une grande précarité et sont souvent obligés de cumuler deux, voire trois boulots pour vivre décemment. L’accès au CDI, permis par la loi du 16 décembre 2022, a certes amorcé un changement, mais la situation de ces agents reste très insatisfaisante et nous devons désormais passer à l’étape supérieure. Les AESH comme les AED souffrent d’un même mal : le manque de reconnaissance, qui découle directement de l’absence d’un véritable statut.”
“Nous célébrons cette année les 20 ans de la loi « handicap » de 2005. Cette grande loi, voulue et soutenue par le président Chirac, a posé les bases de l’inclusion scolaire des élèves en situation de handicap. Vingt ans après sa promulgation, les avancées sont incontestables, mais beaucoup reste encore à faire pour cette cause si essentielle. Voir le verre à moitié vide et minimiser la portée de la loi de 2005 serait très injuste à l’égard de tous ceux qui l’ont rendue possible – j’ai évidemment une pensée émue pour le président Debré –, tandis que le voir à moitié plein et s’en contenter serait une faute vis-à-vis de toutes les personnes en situation de handicap. Je me réjouis que notre débat porte sur la précarité des assistants d’éducation et des accompagnants des élèves en situation de handicap.”
“Les actes de violence perpétrés dans les transports en commun, principalement à l’encontre des femmes, sont inacceptables, comme le sont les tags, l’abandon de déchets ou les nombreux actes d’incivilité. Les agents doivent pouvoir contrôler l’identité de leurs auteurs et obtenir leur véritable adresse. C’est une mesure de bon sens, et j’espère qu’elle sera adoptée.”
“L’objectif est le même que celui de l’amendement que j’ai défendu précédemment : dans une logique de sécurité, je propose de permettre à des organismes privés de saisir des armes létales, y compris si la personne qui les détient n’y consent pas.”
“Je suis notre excellent ministre et le rapporteur et retire mon amendement.”
“Il est de bon sens. Certains individus se promènent dans les transports avec des armes blanches létales, qui permettent de commettre des agressions ; il faut pouvoir saisir ces armes sans l’accord de ceux qui les détiennent. Il est invraisemblable que le consentement du détenteur soit requis pour la saisie d’une arme qui n’est pas autorisée, qui peut être dangereuse et contribuer à cette insécurité contre laquelle nous luttons tous !”
“Je sais qu’avec votre gouvernement, vous en êtes totalement conscient et je vous souhaite un plein succès.”
“Monsieur le ministre, je sais combien la santé mentale des jeunes vous tient à cœur – c’est un sujet majeur – et à quel point vous êtes attelé à la tâche avec détermination, compétence et passion. Merci pour votre réponse au sujet de Zoé : sa famille se bat et a parfois l’impression de se heurter à des murs. Il y a vraiment urgence et je vous remercie par avance de l’attention que vous pourrez porter à ce dossier. La sectorisation n’a pas que des défauts, vous l’avez rappelé, mais en l’occurrence, il n’y a pas de solution pour Zoé dans le département des Côtes-d’Armor et il est indispensable qu’elle soit prise en charge à Rennes. J’espère de tout cœur qu’elle le sera dans les plus brefs délais. Le cas de Zoé n’est qu’un exemple parmi tant d’autres, qui montre à quel point la santé mentale des jeunes est une question fondamentale.”
“J’ai eu l’occasion d’alerter la précédente ministre de la santé et l’agence régionale de santé (ARS) de Bretagne sur le cas de Zoé, et je trouve inadmissible qu’aucune solution n’ait pu être trouvée. Je ne vais pas renoncer tant qu’elle ne sera pas convenablement prise en charge. Je profite donc de votre nomination pour vous saisir de ce problème ; je compte sur vous, la famille compte sur vous, Zoé compte sur vous. Il existe malheureusement beaucoup de cas comme le sien, tout aussi alarmants, mais il est à lui seul la preuve que, en matière de santé mentale, le chantier est gigantesque.”
“Parce que la médecine psychiatrique est le parent pauvre de la médecine, parce que l’on se refuse à déroger à la sectorisation psychiatrique et parce que nous manquons de professionnels, de jeunes enfants se voient administrer des anxiolytiques. J’en prends conscience chaque jour un peu plus : l’accès aux soins, notamment en zone rurale, est mon principal sujet d’inquiétude. L’accès à des soins psychiques m’inquiète plus encore et montre à quel point notre système de santé est à rebâtir. Je sais, monsieur le ministre, que vous en êtes conscient, et que vous vous êtes attaqué à ce chantier dès votre prise de fonction, avec beaucoup de détermination. Je sais pouvoir compter sur vous.”
“Je vous le dis avec gravité, monsieur le ministre : il s’agit de non-assistance à personne en danger. En effet, faute de prise en charge, sa santé mentale se dégrade ; les crises de TOC se multiplient et se succèdent, souvent violentes et d’une grande intensité. Parfois, la jeune fille frappe ses parents et se met elle-même en danger. À force de se heurter au mur de l’administration et en l’absence d’une perspective de prise en charge, la famille s’enfonce chaque jour un peu plus dans l’angoisse. Faute de soins, pour tenter d’atténuer ses crises, Zoé est aujourd’hui sous anxiolytiques. Cette vérité est terrible : comment accepter qu’en 2025, dans la cinquième puissance mondiale qu’est la France, on renonce à soigner une jeune fille de 13 ans ?”
“Zoé a 13 ans, vit à Andel et souffre de troubles obsessionnels compulsifs (TOC). Elle est diagnostiquée et a reçu une orientation médicale qui devrait lui permettre de bénéficier d’un suivi et d’un bilan en thérapie cognitive et comportementale, au sein d’une équipe pluridisciplinaire. Mais Zoé réside dans le département des Côtes-d’Armor, où aucun hôpital ne dispose d’une équipe de professionnels formés en thérapie cognitive et comportementale. Depuis des mois, les parents de Zoé se battent avec beaucoup de courage et d’obstination pour obtenir la prise en charge de leur fille dans un établissement situé à Rennes, dans le département voisin. Mais, depuis des mois, la sectorisation psychiatrique leur est opposée, et Zoé ne peut donc pas bénéficier du suivi qui lui a été prescrit.”
“Faute de personnel et de structure, trop peu d’entre eux bénéficient du suivi psychologique ou psychiatrique dont ils ont cruellement besoin. Le premier ministre Michel Barnier, reprenant une initiative du premier ministre Attal, a fait de la santé mentale la grande cause nationale de 2025, ce qui est une bonne chose. Je me réjouis que François Bayrou ait confirmé cette orientation. Elle doit maintenant se traduire en actes. Car comment accepter que la France soit aussi en retard en matière de prise en charge de la santé mentale ? À ce titre, je veux profiter de cette tribune pour partager avec vous un témoignage aussi attristant que révoltant, qui illustre à lui seul l’étendue des progrès à réaliser. Ce témoignage est celui d’une mère de famille qui se bat courageusement pour sa fille, Zoé.”
“Chez les adolescents, le suicide est la deuxième cause de mortalité après les accidents de la route. Ces chiffres sont terribles et nous obligent. Ils nous obligent à agir sur le harcèlement scolaire que subissent environ 600 000 élèves, soit un élève par classe. En la matière, nous devons encore muscler notre législation. Conçus comme des espaces de liberté, les réseaux sociaux sont devenus des espaces d’impunité, où la violence, souvent sous couvert de pseudonyme, règne en maître. Il faut exclure systématiquement les harceleurs et en finir avec l’anonymat sur les réseaux sociaux, devenus trop souvent asociaux. Ces tristes chiffres nous obligent également à agir afin de mieux prendre en charge les jeunes en détresse.”
“Les causes de cette dégradation sont multiples : anxiété face à un avenir de plus en plus incertain, individualisme exacerbé, éclatement de la sphère familiale, isolement accru par l’essor du numérique. Les jeunes ne sont pas épargnés, bien au contraire. L’état de leur santé mentale est même devenu alarmant. L’épisode du covid et les confinements les ont isolés, les ont privés d’une partie de leur jeunesse et ont causé de nombreux dégâts. Si la pandémie est passée, les séquelles et les souffrances restent parfois indélébiles. Selon Santé publique France, un quart des lycéens et des collégiens éprouvent un sentiment de solitude, et 15 % d’entre eux présentent un risque important de dépression. Pire, un quart des lycéens déclarent avoir déjà eu des pensées suicidaires et, chaque année, plus de 400 adolescents mettent fin à leurs jours.”
“Monsieur le ministre, je suis ravi de vous retrouver à ce poste et je vous souhaite plein succès dans votre mission majeure, alors que la santé est plus que jamais la priorité des Français. Longtemps niée, parfois minimisée voire stigmatisée, la question de la santé mentale est toujours, hélas, d’une grande actualité. Le temps où les personnes en souffrance psychologique étaient marginalisées est révolu, celui où les personnes en souffrance psychiatrique étaient cachées l’est heureusement tout autant. Ces souffrances sont des maladies qui, comme toutes les maladies, se soignent. Ces évidences, parce qu’elles ne l’ont pas toujours été, méritent d’être rappelées. Hélas, enquête après enquête, les chiffres confirment que la santé mentale des Français se dégrade.”
“C’est pourquoi, avec mes collègues de la Droite républicaine, nous avons déposé une proposition de loi visant à envoyer un signal fort aux Français en sortant les heures supplémentaires du calcul du revenu fiscal de référence. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe DR.) En effet, faire des heures sup’ revient trop souvent à renchérir le coût de la cantine scolaire des enfants ou empêcher l’accès à un logement social ou à une bourse scolaire.”
“» et applaudissements sur les bancs du groupe DR.) La solidarité est nécessaire, elle est l’honneur de la France, mais elle ne doit pas être dévoyée par l’assistanat. En France, le travail doit payer, et il doit payer plus que les revenus de l’assistance.”
“…pour les ouvriers et les ouvrières de l’agroalimentaire, qui font les trois huit ; pour les artisans du bâtiment, qui bossent dehors par tous les temps ; pour les agriculteurs, qui ne comptent jamais leurs heures ; pour les aides-soignantes et les infirmières, pour les aides à domicile, pour les accompagnants d’élèves en situation de handicap ; pour tous ceux qui se lèvent tôt, qui travaillent ou qui ont travaillé toute leur vie et qui doivent pouvoir vivre décemment. Hélas, tous ont le sentiment que travailler plus rime avec payer plus ! (Applaudissements sur les bancs du groupe DR.) Cette France du travail, elle me le dit tous les jours, trouve que le travail ne rapporte pas assez. Trop souvent, ceux qui travaillent ont le sentiment d’entretenir ceux qui ne veulent pas travailler. (« Eh oui !”
“Monsieur le premier ministre, depuis que je suis élu, ma priorité, et celle des députés de la Droite républicaine, est de défendre ceux qui travaillent et de mieux rémunérer le travail. J’ai la chance d’être l’élu d’un très beau territoire, la circonscription de Loudéac-Lamballe, où l’on trouve de l’emploi, mais souvent dans des métiers difficiles et offrant de petits salaires. C’est avant tout pour ces gens-là que je me suis engagé politiquement :…”
“Dans ce contexte, je n’ai presque pas envie de parler de ce projet de loi de fin de gestion, si ce n’est pour vous dire qu’il comporte des mesures d’urgence indispensables pour la Nouvelle-Calédonie. Les députés du groupe Droite républicaine le voteront car ils sont responsables, cohérents et soucieux de l’avenir du pays. (Applaudissements sur les bancs du groupe DR, dont les députés se lèvent pour applaudir.)”
“Une telle décision est d’autant plus injuste que Michel Barnier n’est pas comptable des erreurs de Macron et du dérapage des déficits. Dans cette période éminemment difficile, je salue d’ailleurs son courage et son travail – comme celui du ministre, M. Saint-Martin. (Applaudissements sur les bancs du groupe DR et sur quelques bancs du groupe EPR.) La situation est d’autant plus regrettable que nos concurrents, la Chine et l’Amérique trumpiste, avancent au pas de charge pendant que la France s’enlise et se tire une balle dans le pied.”
“Notre pays sera à nouveau bloqué pendant un temps indéterminé. Quel gâchis et quelle perte de temps, d’argent et d’énergie alors que la confiance des Français se gagne au compte-gouttes et se perd en litres.”
“Enfin, si la censure est votée, toutes les avancées que nous avons obtenues grâce au compromis, tout ce que nous avons construit collectivement va tomber à l’eau, ou passer par pertes et profits.”
“Où sont ces partis qui aspirent à devenir des formations de gouvernement ? (Applaudissements sur les bancs du groupe DR.) Cette censure a un coût, et les agriculteurs français, les soignants, les forces de l’ordre et les classes moyennes paieront la note.”
“Si la censure est votée, l’embauche de 2 000 AESH supplémentaires sera gelée. Où sont les défenseurs de l’école inclusive et de l’instruction pour tous ? Si la censure est adoptée, l’extension du prêt à taux zéro à tous nos concitoyens sera remisée au placard. Où sont les défenseurs de l’accès au logement et de la ruralité ? Si elle est votée, adieu les 2 milliards d’euros débloqués en urgence pour les Ehpad et pour les soignants. Où sont ceux qui disent vouloir lutter contre la désertification médicale ? Si elle est votée, notre dette et notre déficit vont se creuser de manière plus spectaculaire encore.”
“Où sont les pseudo-défenseurs de la France qui travaille ? Si la censure est votée, aucun moyen supplémentaire ne sera affecté à nos forces de l’ordre. Où sont les défenseurs de l’ordre et de la sécurité ? Si la censure est votée, aucune des mesures en faveur du monde agricole ne pourra s’appliquer. Où sont les défenseurs des agriculteurs et des retraités de l’agriculture ?”
“Ce sont également 380 000 ménages supplémentaires qui seront assujettis à l’impôt sur le revenu.”
“Je vous prends à témoin, chers collègues : vous devrez assumer toutes les conséquences de cette censure. Si elle est votée, ce sont 18 millions de Français qui vont voir augmenter mécaniquement leur impôt sur le revenu, et ce dès le 1 er janvier. (Applaudissements sur les bancs du groupe DR.)”
“Vous ne pouvez pas ignorer que cette censure pourrait déclencher une crise financière qui va renchérir le coût du financement de notre dette et creuser davantage nos déficits, déjà vertigineux. Vous ne pouvez pas ignorer ce que cette politique de la terre brûlée implique pour la France et les Français. Je salue dans ces circonstances l’esprit de responsabilité, l’honneur et la dignité du premier ministre, qui a prouvé qu’il n’était pas prêt à tout pour sauver son poste. Le compromis, oui ; l’écoute et le dialogue, oui ; mais la surenchère et le marchandage, non ; et le chantage, sûrement pas. (Applaudissements sur les bancs du groupe DR.) C’est un premier ministre qui a su faire un pas vers ses interlocuteurs, lesquels sont pourtant restés campés sur leurs positions et s’apprêtent ainsi à priver la France de budget.”
“C’est d’autant plus regrettable que plusieurs députés du groupe RN nous disent, en privé, le malaise qu’ils ressentent vis-à-vis de cette stratégie jusqu’au-boutiste et irresponsable, qu’ils ne cautionnent pas.”
“Si le NFP a fait depuis longtemps de la censure son horizon politique (Mme Anaïs Belouassa-Cherifi s’exclame) , je constate que, par pur opportunisme et pour servir sa seule ambition électorale, Marine Le Pen choisit désormais de la leur offrir sur un plateau. (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.) En servant son seul agenda personnel, en se livrant à de la politique politicienne, elle prouve qu’elle n’est pas à la hauteur de l’intérêt général. En servant de béquille à l’extrême gauche et en votant une motion de censure déposée par les Insoumis, le RN se décrédibilise et plonge la France dans de grandes turbulences économiques, sociales et financières. (Applaudissements sur les bancs du groupe DR.) Chers collègues des deux extrêmes, vous avez aujourd’hui la même stratégie : attiser le désordre et provoquer la crise de régime.”