Marc Fesneau
DEM · France
“Dire la vérité, c’est ce que nous devons aux Français comme aux agriculteurs et c’est la condition même de la compréhension mutuelle et de la réconciliation.”
“Pour consacrer ces avancées, l’Assemblée a pris toute sa part, j’en sais quelque chose, et je m’adresse ici en particulier à Julien Dive, à Jean-René Cazeneuve et à Stéphane Travert. La version adoptée par le Sénat comportait, elle, des dérives inacceptables. La vérité consiste également à accepter des repères communs.”
“La vérité implique de ne jamais choisir des réponses simplistes aux trois défis indissociables auxquels fait face notre agriculture : un défi géopolitique, parce que produire dans un monde de prédateurs, c’est préserver notre souveraineté ; un défi climatique, parce que dans un monde aux ressources limitées, la sobriété est la condition p…”
“La vérité, c’est aussi de dire que ce projet de loi n’est pas la caricature qui en est faite. Après la CMP, il consacre de nombreuses avancées sur les bâtiments d’élevage, sur le revenu agricole, sur la lutte contre la prédation et sur l’accès à l’eau. Je le dis clairement : oui, l’agriculture a besoin d’eau pour produire.”
“Aux Français, nous disons que leurs choix quotidiens dessinent autant l’avenir de notre agriculture que nos votes dans cet hémicycle. Notre responsabilité consiste à rendre accessible au plus grand nombre le choix de son alimentation. Même s’il est partagé, le groupe Les Démocrates votera, dans sa majorité, ce texte.”
“C’est en son nom que notre groupe s’est opposé à la réintroduction de l’acétamipride voulue par les sénateurs. C’est une erreur d’avoir fait un totem de cette question, alors qu’elle n’était pas posée par le texte initial. Sur cette question également, la vérité doit être dite.”
The complete record
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“Je veux saluer le bilan positif de ces sept dernières années que vous avez évoqué, monsieur le Premier ministre : réforme des retraites, accès aux services publics grâce aux maisons France Services ou encore questions liées à la transition écologique, aux grandes causes nationales et au RSA. J’ai été heureux de vous entendre saluer les politiques que vos amis n’ont pas toujours soutenues ces dernières années. Voilà peut-être une première vertu de l’union nationale. (Applaudissements sur les bancs du groupe Dem.) Tout en assumant des évolutions et des inflexions – et vous avez eu raison, monsieur le Premier ministre –, vous avez choisi d’éviter la rupture et revendiqué aussi une forme de continuité. C’est une bonne nouvelle.”
“Au groupe Les Démocrates, nous voulons être celles et ceux qui défendront cette indispensable humilité car les Français nous y invitent, comme ils y ont invité l’ancienne majorité – pour laquelle, il faut le reconnaître, les élections législatives ont constitué une défaite. Si nous avions pleinement réussi, nous aurions probablement gagné.”
“(Applaudissements sur les bancs du groupe Dem et sur quelques bancs du groupe EPR.) Ils n’attendent plus de discours martiaux, qui, d’une certaine manière, ne font qu’alimenter le sentiment de l’impuissance politique, parce qu’ils laissent penser, à tort, qu’il serait possible de passer soudainement et facilement de l’ombre à la lumière ; un tel résumé ne rendrait pas justice au travail engagé depuis sept ans ni ne permettrait de dire la vérité sur le chemin qui reste encore à parcourir dans le combat quotidien pour obtenir des résultats concrets. Les Français attendent tout simplement des actes.”
“Au groupe Les Démocrates, nous tenterons d’être les dépositaires exigeants, vigilants et ardents du message qu’ont adressé les Français. Nous respecterons les nuances qu’ils ont exprimées et qui ne sauraient se réduire à une idée simple, voire simpliste, énoncée trois fois. Si les Français veulent de l’ordre – ce dont je suis certain –, ils sont tout autant attachés au respect de nos libertés publiques et, plus généralement, au principe de l’État de droit.”
“Monsieur le Premier ministre, le choix qu’a fait la gauche est une faute. Si notre groupe ne vous en estime pas comptable, sachez que la victoire aux élections ne revient pas, pour autant, à la droite.”
“(Applaudissements sur les bancs du groupe Dem.) Je vous invite, au-delà des postures et en vous concentrant sur le fond, à saisir nos mains tendues – le Premier ministre a lui aussi esquissé ce mouvement. (Exclamations sur les bancs des groupes SOC et EcoS.)”
“…à la justice sociale, aux transitions écologiques, à la défense des valeurs qui fondent notre pacte républicain ou au projet européen, vous avez fait le choix de l’immobilisme et du renoncement. Au fond, vous avez réussi à rendre impossible la nomination d’un Premier ministre issu de vos propres rangs et inévitable la situation que vous critiquez aujourd’hui. À la vérité, personne n’est dupe. Je sais pourtant que figurent dans vos rangs des femmes et des hommes, sincèrement de gauche, de bonne volonté, qui aspirent à retrouver leur liberté et attendent l’heure de l’émancipation. J’espère qu’un jour nous nous retrouverons dans le respect de nos différences – car elles existent.”
“Il montre qu’un parti, autrefois parti de gouvernement, et ses alliés se retrouvent désormais prisonniers de La France insoumise. (Exclamations sur quelques bancs du groupe SOC.) Pire : vous n’avez cessé, depuis, de dénoncer le déséquilibre d’un gouvernement qui est en partie le produit de votre défection et de vos manquements à l’esprit du front républicain, lequel a pourtant aussi permis votre élection. Il est vrai que le choix du cynisme et du sectarisme est toujours plus facile et confortable que celui de l’esprit de responsabilité et de la recherche de convergences. (Applaudissements sur les bancs du groupe Dem.) Plutôt que d’œuvrer utilement, dans le cadre d’un dialogue avec les forces politiques,…”
“Ce refus du Nouveau Front populaire constitue une trahison de la gauche de gouvernement à l’égard de son histoire.”
“En effet, ce gouvernement déséquilibré procède avant tout du refus du Nouveau Front populaire – en tout cas de ceux qui se sont exprimés en son nom et qui le dominent – d’engager le dialogue voulu par les Français, de son opposition pavlovienne et dogmatique à tout ce qui n’appartient pas à son cartel électoral (Applaudissements sur les bancs du groupe Dem) , et cela alors même que la crise profonde que traverse le pays exigeait que, tous, nous prenions nos responsabilités.”
“Vous aviez la lourde responsabilité de former un gouvernement qui soit à l’image du vote, dont les équilibres répondent à une logique de rassemblement large et cohérent autour des forces démocrates et républicaines. C’est ce qu’attendaient les Français et que nous, au groupe Les Démocrates, appelions avec force de nos vœux. La vérité m’oblige à dire que nous n’y sommes pas et que nous aurions souhaité pouvoir définir un véritable contrat d’action gouvernementale. Toutefois, la vérité m’oblige aussi à ajouter que vous seul n’êtes pas – tant s’en faut – responsable de cette situation que notre groupe déplore.”
“Là est la seule vérité au terme de ces élections : personne n’a gagné. Aucune force politique ici présente ne peut par conséquent prétendre qu’elle détient à elle seule la légitimité à gouverner et que son idéologie est la seule qui domine. Le message des urnes est clair : puisque personne n’est en situation de décider seul, il vous appartient, il nous appartient de dialoguer, de dépasser nos différences et peut-être d’apprendre enfin à nous rassembler sur l’essentiel. (Applaudissements sur les bancs du groupe Dem.) Ainsi en ont décidé les Françaises et les Français le 30 juin et le 7 juillet derniers. Cela nous engage, nous lie, nous oblige – et vous oblige, monsieur le Premier ministre.”
“Une telle réaction a été possible au prix de désistements réciproques qui ont exigé des Français qu’ils abandonnent leurs préférences, qu’ils sachent aller plus loin que ce que leur conviction politique leur dictait spontanément. Ainsi ont-ils fait le choix résolu de ce qui était à leurs yeux l’intérêt supérieur de la nation.”
“(Applaudissements sur les bancs du groupe Dem.) Vous l’avez dit, monsieur le Premier ministre – et c’était nécessaire : à un cri de colère a succédé, sans pour autant apporter une réponse à la hauteur de l’alerte, un sursaut des démocrates et des républicains pour dire non à un gouvernement dirigé par le Rassemblement national, dire non, plus largement, aux propositions extrêmes, qu’elles viennent de la droite ou de la gauche, dire non au chaos que portent en elles ces solutions, dire non aux divisions et aux fractures dont de tels projets et de tels discours sont les germes. Ce refus ne doit cependant pas effacer les attentes exprimées par le vote des Français – j’y reviendrai.”
“Ce que les Français, dans leur diversité, ont exprimé mais aussi ce qu’ils ont fondamentalement en partage : voilà ce qui doit constituer notre loi commune, le point d’ancrage et le cap de votre action et de celle de votre gouvernement, ainsi que ceux de l’Assemblée nationale. Dès lors, il est absolument crucial de ne pas travestir le message qui nous a été adressé. Personne, au sein de notre hémicycle, ne peut, de façon sincère, prétendre être le produit d’une adhésion majoritaire à un projet, à son projet.”
“Pour juger du sens de votre déclaration de politique générale, monsieur le Premier ministre, il faut porter un regard lucide sur les postures partisanes – et parfois même claniques – de ceux qui, depuis les élections, se prévalent du message que les Français ont exprimé et ne tentent en réalité que de l’altérer à leur profit. Une nouvelle fois, il faut d’abord partir de la volonté du peuple. Une telle exigence peut – et devrait – être partagée par toutes les forces parlementaires qui, dans un contexte grave, sont issues des élections. Nous sommes ici par la volonté du peuple ; c’est elle qui a façonné l’assemblée à laquelle, monsieur le Premier ministre, vous vous êtes adressé.”
“Vous refusez les mains mais, manifestement, vous ne refusez pas les bulletins. (Applaudissements.)”
“Deuxièmement, c’est vous qui avez demandé que soit dressé un cordon sanitaire. Or vous êtes en train de le franchir allègrement et je le regrette. (Vives exclamations.) Je vous fais donc une proposition simple : puisque vous êtes capables d’être élus sans les voix du Rassemblement national, démissionnez et allons jusqu’au troisième tour. Nous verrons alors si ce que vous dites est vrai. (Applaudissements. – Vives exclamations.)”
“Il se fonde sur les articles 10 et 11 du règlement. Premièrement, il est assez savoureux de vous entendre donner des leçons alors que vous acceptez les voix du Rassemblement national (Applaudissements) et sachant que, hier, vous nous auriez fait le même procès si la présidente Yaël Braun-Pivet avait été élue avec trois voix de plus. (Mêmes mouvements.)”