Marc Fesneau
DEM · France
“Dire la vérité, c’est ce que nous devons aux Français comme aux agriculteurs et c’est la condition même de la compréhension mutuelle et de la réconciliation.”
“Pour consacrer ces avancées, l’Assemblée a pris toute sa part, j’en sais quelque chose, et je m’adresse ici en particulier à Julien Dive, à Jean-René Cazeneuve et à Stéphane Travert. La version adoptée par le Sénat comportait, elle, des dérives inacceptables. La vérité consiste également à accepter des repères communs.”
“La vérité implique de ne jamais choisir des réponses simplistes aux trois défis indissociables auxquels fait face notre agriculture : un défi géopolitique, parce que produire dans un monde de prédateurs, c’est préserver notre souveraineté ; un défi climatique, parce que dans un monde aux ressources limitées, la sobriété est la condition p…”
“La vérité, c’est aussi de dire que ce projet de loi n’est pas la caricature qui en est faite. Après la CMP, il consacre de nombreuses avancées sur les bâtiments d’élevage, sur le revenu agricole, sur la lutte contre la prédation et sur l’accès à l’eau. Je le dis clairement : oui, l’agriculture a besoin d’eau pour produire.”
“Aux Français, nous disons que leurs choix quotidiens dessinent autant l’avenir de notre agriculture que nos votes dans cet hémicycle. Notre responsabilité consiste à rendre accessible au plus grand nombre le choix de son alimentation. Même s’il est partagé, le groupe Les Démocrates votera, dans sa majorité, ce texte.”
“C’est en son nom que notre groupe s’est opposé à la réintroduction de l’acétamipride voulue par les sénateurs. C’est une erreur d’avoir fait un totem de cette question, alors qu’elle n’était pas posée par le texte initial. Sur cette question également, la vérité doit être dite.”
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“Ce n’est pas l’agriculteur qui favorise l’urbanisation, c’est l’urbanisation qui empiète sur l’agriculture. C’est pourquoi cet article est utile.”
“Pas plus que M. le rapporteur, je ne parviens à comprendre ces amendements de suppression. Les intentions de l’article me paraissent assez claires. Alors que nous reconnaissons tous la nécessité de ne pas empiéter sur les terres agricoles, le monde agricole subit déjà la contrainte de voir certains aménagements intervenir sur ses terres, à quoi s’ajoute l’emprise, sur ces mêmes terrains, des ZNT. M. Biteau et Mme Meunier ont, au fond, démontré la nécessité de l’article. Si l’agriculteur n’a pas à prendre en charge la ZNT, c’est parce que ce n’est pas lui qui est responsable de l’aménagement. Il est logique que ceux qui ont voulu tel aménagement – que ce soit la collectivité, un Ehpad ou une structure privée – prennent en charge ses conséquences !”
“Si vous étiez un petit peu concret, si vous étiez sorti de Paris, vous sauriez que seulement quatre repas par semaine sont produits dans la restauration scolaire. Et vous sauriez que, pour beaucoup d’enfants, la restauration scolaire est la seule qui leur offre un accès à la viande. (Applaudissements sur les bancs des groupes EPR, DR, Dem et sur quelques bancs du groupe RN.)”
“Nous voterons évidemment contre cet amendement. Il n’y a guère de surprise, monsieur Caron, on vous retrouve toujours où vous êtes attendu ! Nous sommes contents de vous voir apparaître de temps en temps dans l’Assemblée, au beau milieu de nos débats, pour y mettre un peu d’animation. C’est assez réussi d’ailleurs, nous allons être plusieurs à vous répondre par un réflexe un peu pavlovien ! Vous proposez que trois repas sur quatre soient végétariens. Par ailleurs, vous vous faites le chantre – comme nous – de l’agriculture de qualité. Or nous discutons d’un article dont l’objet est de valoriser la viande française et les circuits courts. Et vous proposez de sortir la viande française des trois quarts de la consommation de restauration scolaire.”
“Pardonnez-moi, mais mon amendement n’est pas satisfait. Pour échapper à toute transparence, il suffit de s’abstenir de renseigner la plateforme Ma Cantine. Les habitants de chaque commune de France peuvent consulter ce site, mais uniquement lorsque la personne morale a joué le jeu et a rempli ses données ! Si elle ne le fait pas, le citoyen ne dispose d’aucune information. L’amendement n’est donc absolument pas satisfait. En l’état, c’est donc celui qui prend la peine de renseigner la plateforme – quand bien même il n’atteindrait pas encore les objectifs Egalim – qui se retrouve exposé aux critiques. À l’inverse, celui qui veut être tranquille a tout intérêt à ne pas renseigner ses indicateurs. C’est pourquoi il serait préférable que ce soit affiché ; cela relèvera ensuite de la responsabilité des élus locaux.”
“Il me semble donc indispensable que, dans chaque cantine scolaire, soit affiché le niveau d’atteinte des objectifs Egalim. Dans un souci de transparence, cet amendement propose ainsi de rendre obligatoire l’affichage dans toutes les cantines de France de la situation au regard de ces objectifs, afin de savoir où nous en sommes et de mesurer notre progression.”
“Il vise à offrir une meilleure visibilité sur les objectifs fixés par la loi Egalim et sur leur taux de réalisation. Je rappelle que ce dispositif demeure incitatif ; il n’y a pas d’obligation, c’est un objectif vers lequel il faut tendre. Et pour ce faire, le meilleur levier reste l’information. Madame la ministre, il existe un site internet sur lequel sont répertoriés ces objectifs ainsi que leur état d’avancement : la plateforme Ma Cantine. Nous en avions d’ailleurs simplifié l’accès – je tiens à saluer l’action de la direction générale de l’alimentation, qui a simplifié la déclaration sur cette plateforme autrefois complexe, en particulier pour les communes rurales. Néanmoins, celui qui ne renseigne rien et qui s’abstient de remplir ses données sur la plateforme échappe à toute contrainte.”
“Nous sommes défavorables à ces amendements. Madame Trouvé, vous demandez aux collectivités locales d’intégrer dans leur commande publique des critères liés à l’empreinte carbone. J’ai été maire d’une commune de 700 habitants : il est déjà compliqué de répondre aux critères Egalim – qui partaient d’une très bonne intention –, au point que les procédures, il y a quelques années, ont été simplifiées. Or vous souhaitez encore complexifier les choses. Si vous voulez décourager davantage de communes de petite ou moyenne taille de s’engager dans la démarche Egalim, continuez ainsi ! Nous voilà très loin de la réalité ! Par ailleurs, il est exact que vous n’avez jamais accepté le Parsada, jamais voté en faveur des budgets, ni de la loi Egalim, qu’à présent vous défendez. Si vous pouviez faire preuve d’un peu de cohérence, ce serait super !”
“Nous ne voterons pas cet amendement. J’aimerais, d’un mot, réagir aux propos de Mme la ministre, qui me semblent très justes, et faire écho à ceux de Mme Minard. Il importe d’instaurer une complémentarité entre la démarche de qualité et la démarche territoriale. Il faut encourager le travail des collectivités. La loi Egalim fixait deux objectifs : la montée en gamme, mais aussi la valorisation des circuits courts et des démarches territoriales – car c’est de la valeur ajoutée qu’on peut créer dans les exploitations.”
“Il a le même objet que les précédents. Il importe de clarifier les choses et de distinguer ce qui relève d’une démarche collective de ce qui relève d’une démarche d’amélioration de la qualité. Il importe d’envoyer un signal à ceux qui font un effort à la fois en matière de qualité et de proximité. Je crois, madame Trouvé, que nous avons atteint un point d’équilibre. Vous estimez que nous ne sommes pas assez ambitieux, mais ce serait déjà une bonne chose que nous puissions atteindre les 50 % – ce qui n’est pas facile. On peut toujours faire de grandes déclarations et fixer des objectifs qu’on n’atteindra jamais, mais il me semble que nous faisons œuvre utile en ajustant la liste des produits éligibles au dispositif Egalim.”
“Enfin, j’ai entendu à plusieurs reprises notre collègue Meunier – que je prie de m’excuser de l’interpeller ainsi – dire que la prédation est une affaire de moyens et que son budget est limité à 40 millions d’euros. Or la protection des troupeaux relève d’une enveloppe ouverte puisque les crédits proviennent de la politique agricole commune (PAC). C’est assez curieux, mais cela permet à tous ceux qui doivent être protégés de l’être.”
“Je tiens d’abord à adresser à M. le rapporteur mes remerciements pour avoir exprimé les siens. Nous sommes défavorables à cet amendement, qui est de toute façon satisfait car, la nature ayant horreur du vide, l’aire de répartition du loup va inéluctablement s’étendre. Le vrai sujet est celui de la capacité à protéger les troupeaux. J’ai une autre raison de remercier le rapporteur. Si nous arrivons au résultat obtenu aujourd’hui, c’est que nous œuvrons depuis longtemps pour obtenir le déclassement du loup d’espèce strictement protégée à espèce protégée. En 2022, nous étions quatre ministres européens à le demander – je crois d’ailleurs que mon homologue autrichien d’alors est toujours le vôtre, madame la ministre. Aujourd’hui, les vingt-sept États membres sont d’accord, et c’est une bonne nouvelle.”
“Je ne suis pas sûr que nous en aurions été capables il y a deux ou trois ans, même si je ne nie pas que des désaccords subsistent. La raison est en train de l’emporter : il faut trouver un équilibre entre maintien de la biodiversité et atténuation des effets sur l’élevage et le pastoralisme. L’article 14, dans sa nouvelle rédaction… (Exclamations sur quelques bancs du groupe EcoS.) Je n’ai pas dit que nous étions d’accord puisque j’ai évoqué les controverses qui persistent. Le fait que nos débats soient plus apaisés montre aux éleveurs que nous voulons défendre leurs activités face à une prédation qui leur rend parfois la vie difficile. (Applaudissements sur quelques bancs des groupes Dem et EPR.)”
“Je salue tout d’abord le travail mené par nos collègues Pantel et Rousset. Ce travail était censé déboucher sur une proposition de loi, mais les mesures envisagées ont fini par se glisser dans ce texte. Les procès d’intention qui ont été faits à cet égard sont assez injustes. Ces deux députés et quelques autres de nos collègues ont ainsi mené un travail préalable pour essayer de rendre plus attractif le métier de louvetier. Il s’agit en effet d’une fonction très exigeante et très importante pour gérer les prédateurs comme le loup. Nous soutiendrons ces amendements et nous remercions le gouvernement d’avoir repris à son compte cette disposition qui s’inscrit dans la continuité d’un travail préalable à une proposition de loi. Comme nous arrivons au terme de nos débats sur la lutte contre la prédation, je salue la qualité de nos discussions.”
“Les parcs nationaux sont aussi le produit de l’anthropisation, notamment des activités pastorales. Prétendre qu’aucune régulation n’y est possible revient à nier la vocation même de ces espaces, qui consiste précisément à préserver la biodiversité, y compris grâce au maintien d’activités humaines. Comme l’a souligné le rapporteur, des espaces sont en voie de disparition ou d’appauvrissement écologique parce qu’on ne parvient plus à y maintenir l’élevage. Dès lors, je ne vois pas pourquoi les parcs nationaux devraient être traités différemment du reste des espaces montagnards.”
“Pour faire écho aux propos très justes de notre collègue Bonnivard, les parcs nationaux ne bénéficient pas d’une protection telle que nous devrions y faire cesser toute activité humaine.”
“Nous sommes favorables à l’amendement de notre rapporteur Roseren et nous saluons toutes les avancées proposées en matière de gestion du loup. Pourquoi l’article 14 fait-il l’objet d’un tel débat ? Parce que, comme le soulignait notre collègue Bonnivard, le déclassement du loup du statut d’espèce « strictement protégée » à celui d’espèce « protégée », souvent présenté comme « le » levier, est utile, mais insuffisant. La question principale demeure la même : simplifier les procédures. C’est tout l’objet de cet article 14. La population des loups demeure soumise à des quotas de prélèvement. Chez les éleveurs domine le sentiment qu’au bout du compte, tout est fait pour empêcher les tirs.”
“Si l’on fait un lien avec les associations de chasseurs, pourquoi ne pas le faire dès lors avec les agriculteurs ou les associations de protection de l’environnement ? Nous disons donc non à cet amendement qui risque d’entraver l’action des louvetiers sur le long terme. (M. Jean-François Rousset applaudit.)”
“Nous sommes défavorables à cet amendement. Je rappelle que l’histoire de la louveterie est pluriséculaire. Sa particularité est d’être agent de l’État par délégation. Elle doit donc, je vous le dis en connaisseur, rester séparée des autres acteurs du monde de la chasse. Proposer la nomination des lieutenants de louveterie, qui agissent sur injonction de l’État, sur proposition des fédérations de chasseurs est une erreur totale au regard de l’histoire et de la place particulière de la louveterie. (MM. Philippe Bonnecarrère et Jean-François Rousset applaudissent.) Historiquement, la louveterie, c’est le loup, ce qui explique cette dénomination, mais c’est aussi les sangliers et d’autres espèces de gibier.”
“Iñaki Echaniz applaudit également.) Enfin, certains ont recommandé de faire appel aux brigades du loup. Vous avez raison de souligner le travail mené par l’OFB, mais ce n’est pas sa mission première. La majorité des loups prélevés le sont par les louvetiers. L’important, c’est d’équiper les louvetiers et les agriculteurs. (Applaudissements sur les bancs des groupes EPR et HOR ainsi que sur quelques bancs du groupe SOC.)”
“Madame Cathala, vous devriez vous souvenir que la chasse est un acquis révolutionnaire. (Applaudissements sur les bancs du groupe EPR et sur quelques bancs du groupe DR.) Remettre en cause cet acquis en proposant de réserver la chasse à ceux qui pourraient chasser les jours de semaine est une erreur. Nous ne remettons pas en cause le quota de prélèvements. (Exclamations sur les bancs du groupe EcoS.) En permettant de mieux identifier les animaux et d’éviter les erreurs de tir, le recours à des armes plus précises contribue plutôt à sécuriser les choses. Par ailleurs, l’utilisation d’une lunette de tir à visée thermique ne change pas la nature de l’arme ; le calibre est le même, cela permet juste d’être plus précis. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe HOR. – M.”
“Nous, nous voterons contre à regret – j’associe à ce propos notre collègue Bonnivard, que je remercie de m’avoir laissé la parole alors qu’elle aurait également souhaité s’exprimer. Si seuls les départements où le loup est déjà présent doivent assumer la charge de la compatibilité de l’élevage avec le loup, on obtient un dispositif inégalitaire et inéquitable. Mme la ministre a rappelé le problème des fronts de colonisation ; il y a le manque d’habitude, la non-protégeabilité de certains élevages, des pratiques qui ne marchent pas. Reste que figer les choses, restreindre les populations de loups aux Alpes, en gros, constituerait une injustice crasse. En matière de préservation de la biodiversité – soit dit pour rassurer Mme Voynet, pas question d’éradiquer le loup –, la charge doit être collective ; il faut donc penser autrement.”
“Madame la ministre, monsieur le ministre, pour évaluer l’état de conservation de l’espèce – car c’est ce qui nous préoccupe tous –, je crois qu’il faut réfléchir, non pas à l’échelle nationale – et encore moins départementale –, mais à l’échelle européenne. Il me semble que c’est là-dessus qu’il faut travailler. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe Dem.)”
“Cet amendement a le mérite de poser une question importante : où est-ce qu’on compte l’espèce ? À quel niveau ? Certainement pas au niveau infranational, départemental, car cela n’aurait aucun sens. Si l’on en est arrivé à un déclassement du loup au niveau européen, c’est parce qu’on a réfléchi à l’échelle des massifs, en particulier du massif alpin. Notre collègue Émilie Bonnivard a proposé plusieurs façons de compter le loup. Je ne suis pas sûre que la notion d’approche transfrontalière soit assez précise, parce que cela inclurait aussi, par exemple, les Pyrénées, alors qu’il faut compter les populations lupines au niveau de l’arc alpin.”
“Au début des années 1990, la population de loups était constituée de deux couples. Désormais, ce sont au moins 1 200 animaux présents sur le territoire… (Exclamations sur divers bancs) ; laissons de côté, si vous le voulez bien, les controverses sur les chiffres. C’est donc un succès ! Ce qui a été un échec, en revanche, c’est l’acceptation par les populations d’éleveurs de la présence du loup. C’est bien de protéger le loup, mais c’est bien aussi de protéger les élevages et le pastoralisme. C’est l’objet de l’article et c’est pourquoi nous le défendrons. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe Dem.)”
“Certains troupeaux sont difficiles à protéger, en particulier sur les fronts de colonisation, compte tenu de la manière dont ils sont conduits. Vous pouvez le nier et dire aux agriculteurs de continuer comme si de rien n’était, mais il est particulièrement choquant pour les éleveurs d’avoir le sentiment qu’ils seraient seuls à devoir endosser la responsabilité et la difficulté à faire face à une population de loups.”
“Il conforte ce que nous faisons depuis plusieurs années, avec des mesures de simplification, des tirs comme de la reconnaissance des dégâts.”
“Ce n’est pas par hasard si, sur sollicitation des différents ministres de l’agriculture – j’en sais quelque chose –, nous avons obtenu le déclassement du loup, parce qu’on a considéré que cette mesure était nécessaire. Nous sommes donc très heureux d’examiner cet article, parce que c’est un article d’équilibre.”
“Pas un pays en Europe ne propose de solution qui ne combinerait pas des mesures de protection des troupeaux à des mesures de prélèvement ou de destruction de la population. Ça n’existe pas !”
“Madame Pochon, je partage plusieurs de vos positions sur le loup, mais vous ne pouvez pas dire que la solution c’est de laisser faire.”
“N’ouvrons pas la boîte de Pandore qui consisterait à distinguer, comme certains amendements de rétablissement le suggèrent, entre les « vraies » zones humides et celles qui ne relèveraient pas pleinement de cette qualification. Toutes sont des zones humides, mais les mesures de compensations doivent être proportionnées à leurs fonctionnalités. Je demande donc au gouvernement de veiller, au cours de la navette, que le texte n’aboutisse pas à une remise en cause du classement actuel en zone humide. En tout état de cause, nous voterons pour les amendements de rétablissement de la rapporteure et du gouvernement. (Applaudissements sur les bancs du groupe Dem.)”
“Je le dis aux deux ministres présents : nous serons attentifs au dispositif retenu – parce que je partage certaines craintes qui s’expriment.”
“Reconnaissons donc que les zones humides situées dans le massif forestier n’ont pas la même valeur écologique que celles présentes dans un milieu agricole façonné par l’activité humaine depuis très longtemps. Dès lors, si un projet de nature immobilière ou industrielle voit le jour, la compensation devra être plus forte dans la zone la plus proche de l’état naturel évoqué par notre collègue Biteau que dans les espaces déjà fortement anthropisés. Dans tous les cas, le statut de zone humide sera conservé ; nous défendons simplement le principe que la compensation doit être proportionnée. C’est le seul objet de cet article.”
“D’autre part, l’espace agricole est entièrement anthropisé, puisque le défrichement a eu lieu il y a 1 000 ans.”
“Cela vous fait rire, cher collègue ? Pas de mépris de classe géographique, s’il vous plaît ! (M. Jean-Luc Bourgeaux applaudit.)”
“Mais non ! Elles demeureront des zones humides. Je vis dans un village qui s’appelle Marchenoir – cela signifie « marée noire ». On y trouve des zones humides forestières classées Natura 2000.”
“J’ai l’impression, à entendre les dernières interventions, que nous nous trompons de débat. Le rétablissement de cet article n’aurait pas pour effet de changer le statut des zones humides.”
“Je vois que vous doutez un peu de ce que je dis. C’est vrai, « ça dépend », mais comme ça dépend aussi pour un élu local. J’ajoute que l’amendement ne tend pas à modifier la composition du comité de bassin. Il propose seulement d’en confier la présidence au préfet. Cela ne nous semble pas inintéressant. Nous maintenons donc l’amendement de M. Martineau.”
“Mais non ! Ce n’est pas ce que nous voulons dire. Quand il est nécessaire de réintroduire une parole qui puisse être considérée comme celle du collectif, celle de l’État paraît tout indiquée. Je ne crois pas, madame Batho, que vous remettiez en cause la neutralité d’un préfet.”
“La question n’est pas de savoir si on est pour ou contre les élus locaux.”
“Je rejoins ce qui a été dit par Thierry Benoît. On le voit bien, depuis le début de la journée : la gouvernance de l’eau est un sujet fondamental.”
“Pour notre part, nous voulons nous appuyer sur deux piliers : la sobriété – je maintiens ce terme – et le stockage, qui est nécessaire. (Applaudissements sur les bancs des groupes Dem et EPR ainsi que sur quelques bancs du groupe DR.)”
“Dans le cas qui nous occupe, la nappe ne se recharge pas sur le temps long mais rapidement, ce qui entraîne un risque de débordement. Le stockage est donc nécessaire. Deuxièmement, beaucoup d’entre vous ont dit qu’ils n’étaient pas opposés aux ouvrages, mais qu’il fallait que les constructions s’accompagnent de plantation de haies ou d’une modification des usages. Or vous savez quoi ? Il existait un dispositif formidable, le protocole du bassin du Clain : les agriculteurs s’étaient engagés à planter des haies et à réduire leur consommation d’eau de plus d’un tiers. Vous avez pourtant été les premiers à vous opposer à de tels dispositifs ! Si vous n’encouragez ni le stockage ni les efforts consentis par les uns et par les autres, cela ne démontre qu’une chose : vous rejetez cette solution.”
“Il faut arrêter de s’acharner sur un dispositif qui peut être adapté à la réalité locale. Le fonctionnement d’une nappe… (Exclamations sur les bancs du groupe EcoS.) Écoutez-moi un peu !”
“Je voudrais dire deux choses. Premièrement, nous insistons tous sur la notion de différenciation territoriale, et voilà qu’on se focalise sur la question des mégabassines, tout en procédant à des amalgames peu pertinents. Or, là où, dans un cas – les lacs de la Forêt d’Orient –, on a créé des retenues pour lutter contre les inondations, dans un autre – le lac de Serre-Ponçon –, on l’a fait pour maîtriser le système torrentiel. Ma mégabassine à moi se situe dans la Beauce : elle est souterraine. En effet, dans cette région, la nappe est profonde. Ce n’est pas le cas en Poitou-Charentes, où le système hydrique est différent. (Mme Sandra Marsaud applaudit.) On ne peut donc pas plaquer la logique des retenues collinaires du Lot et du Tarn sur la situation en Poitou-Charentes.”
“(Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes Dem, SOC et EcoS.) Je ne boude pas mon plaisir face à ces applaudissements – c’est un moment rare, pour ne pas dire exceptionnel –, mais je n’en abuserai pas et j’en termine. Les mots ont un sens ; efficacité et sobriété ne sont pas des gros mots, madame la ministre. Ils sont essentiels si on veut conjuguer production et parcimonie, car nous n’échapperons pas à la raréfaction de l’eau. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes Dem, SOC et EcoS. – M. Julien Brugerolles applaudit aussi.)”
“Sans sobriété, cette stratégie ne fonctionnera pas, compte tenu des limites de la ressource. Nous sommes très favorables aux retenues de substitution, aux retenues collinaires, ainsi qu’aux ouvrages de plus grande ampleur, comme ceux du Sud de la France qui ont été évoqués tout à l’heure. Mais ces dispositifs ne fonctionnent que si l’on articule correctement grands cycles et petits cycles de l’eau. En outre, nous devons tous partager la même préoccupation collective : la sobriété dans l’usage de la ressource. Et je signale à mon collègue Turquois, que j’apprécie beaucoup, que la sobriété, ça ne vaut pas que pour les agriculteurs ; ça vaut aussi pour l’énergie, le foncier et pour de nombreux domaines de notre monde, qui n’est pas infini.”
“Je ne parlais pas de vous, madame Batho. Nous sommes d’accord sur un point essentiel – c’est pourquoi nous voterons pour ces articles relatifs à l’eau : il faut accroître la capacité de réaliser des ouvrages car, contrairement à ce qui vient d’être affirmé, davantage de surfaces auront besoin d’être irriguées, le dérèglement climatique rendant la contrainte hydrique plus forte. Mais le corollaire indispensable de cette politique de facilitation des ouvrages, c’est la sobriété.”
“Je ne partage pas votre position, madame la ministre. Je me réjouis de constater que certains, qui avaient dénoncé le plan Eau, le soutiennent désormais – on peut toujours évoluer.”
“(Mme Sandra Marsaud applaudit.) Soit on choisit la concertation, soit on choisit la confrontation permanente, mais on ne peut pas faire du « en même temps » ! (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes EPR et DR.)”