Marc Fesneau
DEM · France
“Dire la vérité, c’est ce que nous devons aux Français comme aux agriculteurs et c’est la condition même de la compréhension mutuelle et de la réconciliation.”
“Pour consacrer ces avancées, l’Assemblée a pris toute sa part, j’en sais quelque chose, et je m’adresse ici en particulier à Julien Dive, à Jean-René Cazeneuve et à Stéphane Travert. La version adoptée par le Sénat comportait, elle, des dérives inacceptables. La vérité consiste également à accepter des repères communs.”
“La vérité implique de ne jamais choisir des réponses simplistes aux trois défis indissociables auxquels fait face notre agriculture : un défi géopolitique, parce que produire dans un monde de prédateurs, c’est préserver notre souveraineté ; un défi climatique, parce que dans un monde aux ressources limitées, la sobriété est la condition p…”
“La vérité, c’est aussi de dire que ce projet de loi n’est pas la caricature qui en est faite. Après la CMP, il consacre de nombreuses avancées sur les bâtiments d’élevage, sur le revenu agricole, sur la lutte contre la prédation et sur l’accès à l’eau. Je le dis clairement : oui, l’agriculture a besoin d’eau pour produire.”
“Aux Français, nous disons que leurs choix quotidiens dessinent autant l’avenir de notre agriculture que nos votes dans cet hémicycle. Notre responsabilité consiste à rendre accessible au plus grand nombre le choix de son alimentation. Même s’il est partagé, le groupe Les Démocrates votera, dans sa majorité, ce texte.”
“C’est en son nom que notre groupe s’est opposé à la réintroduction de l’acétamipride voulue par les sénateurs. C’est une erreur d’avoir fait un totem de cette question, alors qu’elle n’était pas posée par le texte initial. Sur cette question également, la vérité doit être dite.”
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“C’est une responsabilité collective, et j’espère que chaque groupe prendra sa part de l’effort.”
“Toujours sur le fondement de l’article 100. Pour aller dans le sens du président Coquerel, je vous indique que le groupe Les Démocrates va examiner les amendements qu’il peut encore retirer – rappelons qu’il avait fait un effort préventif en la matière. Je partage votre sentiment, monsieur Coquerel : l’Assemblée doit pouvoir se prononcer sur le budget par un vote. Le seul moyen d’y parvenir est d’accélérer les débats.”
“Nous serons également garants de la traduction concrète des attentes qu’ils ont exprimées, tant dans leur globalité que dans leurs nuances, même si je sais que le mot « nuances » est parfois compliqué à accepter sur certains bancs. Ces attentes ne doivent pas devenir otages de nos postures. Nous devons y répondre en acceptant qu’elles nécessitent de dépasser nos différences et de construire ensemble des réponses au service de l’intérêt général. Pour ces raisons, et parce que tout doit désormais nous conduire au dialogue et à la culture du compromis, qui nous permettront d’engager le travail pour lequel les Français nous ont élus, les membres du groupe Les Démocrates ne voteront pas cette motion de censure. (Applaudissements sur les bancs du groupe Dem.)”
“…et que vous ne pouvez prétendre gouverner seuls – personne n’a gagné –, vous n’êtes pas suffisamment nombreux pour renverser, seuls, ce gouvernement. (Exclamations sur plusieurs bancs des groupes LFI-NFP et EcoS.) C’est la réalité des chiffres. Dans le débat qui a suivi la déclaration de politique générale, j’ai eu l’occasion de rappeler les exigences de notre groupe à l’égard du Gouvernement. Nous voulons la réussite de ce gouvernement, car nous voulons la réussite de la France : ainsi serons-nous les dépositaires et les gardiens de l’esprit de compromis et d’union nationale auquel les Français nous ont appelés par leur vote, comme l’a rappelé tout à l’heure M. le Premier ministre.”
“…sera encore à l’œuvre, comme il l’a toujours été pour favoriser l’émergence de compromis utiles au quotidien des Français et à l’avenir du pays. C’est cela que nous devrions faire, à l’aube d’un débat budgétaire crucial, plutôt que de débattre d’une motion de censure qui n’est qu’un artifice. M. Faure l’a dit lui-même, en affirmant qu’une fois le vote de cette motion passé, il serait prêt à travailler sur le budget. Peut-être aurions-nous pu gagner un après-midi ? Enfin, il y a une dernière raison pour laquelle la motion de censure que le Nouveau Front populaire nous propose de voter est un leurre, bien éloigné des attentes des Français : c’est qu’elle n’a aucune chance d’aboutir. De la même manière que vous n’avez pas gagné les élections…”
“Notre groupe, parce qu’il croit depuis toujours aux vertus du dépassement et de l’union nationale…”
“Membres du groupe Les Démocrates, nous avons la conviction que pendant cette législature, rien ne se fera sans le Parlement, et c’est aujourd’hui plus vrai que jamais. Cela ne doit pas se traduire par la censure, mais par notre capacité à peser, en recherchant des consensus parlementaires, comme nous y a invités le Premier ministre. Notre responsabilité est immense : celle de dialoguer de manière exigeante avec le Gouvernement, pour améliorer les projets qui nous sont présentés et librement affirmer qu’un projet ne nous paraît pas acceptable ou doit être amendé. Nous avons aussi la responsabilité de prendre des initiatives qui suscitent l’adhésion d’autres forces parlementaires que nos familles politiques et groupes parlementaires : c’est ainsi que nous imposerons nos priorités communes dans le débat public.”
“En voulant censurer d’emblée le Gouvernement, vous faites comme si tout dépendait de lui et vous mettez en scène votre propre impuissance – pas la nôtre – en tant que parlementaires.”
“Elle procède d’un réflexe clanique et démagogique, et témoigne surtout de votre faible considération pour le travail parlementaire dans les domaines que je viens d’évoquer.”
“Chers collègues, à quelles orientations vous opposez-vous avec votre censure ? Au développement, annoncé plus tôt par le Premier ministre, d’un service public renforcé de la petite enfance ? À la poursuite de la lutte contre les déserts médicaux et à la généralisation du service d’accès aux soins (SAS) ? Aux investissements en faveur de la prévention ? Ne défendiez-vous pas ces mesures il y a encore quelques semaines ! Au fond, cette censure est pavlovienne.”
“Vous opposez-vous aussi farouchement à l’anticipation de la revalorisation du Smic ? À la relance de la participation et de l’intéressement ? À l’évolution des allègements de charges, si souvent vilipendés sur vos bancs, qui parfois enferment dans des trappes à bas salaires ?”
“Ensuite, le dépôt de cette motion de censure n’est pas à la hauteur, me semble-t-il, de la gravité du moment, parce que vous voudriez censurer ce gouvernement pour les orientations que le Premier ministre a présentées seulement la semaine passée. Que voulez-vous censurer au juste, avant même que le gouvernement de Michel Barnier n’ait eu le temps d’agir selon ses priorités politiques, d’abord au moyen du budget ? À quelles orientations vous opposez-vous si farouchement ? À la taxation éventuelle des plus hauts revenus ou des très grandes entreprises, pour redresser les finances publiques ? Même si elle devait être provisoire, elle mérite le débat, et non la censure, et peut-être même pourrions-nous nous tomber d’accord à son sujet.”
“…je dis qu’il y a toujours un chemin pour dialoguer, pour faire avancer ensemble les combats que nous pouvons partager, que ce soit ceux de la justice sociale, de l’urgence écologique, de la défense de notre pacte républicain ou même, j’ose le dire, de l’Europe. J’espère que vous saurez nous trouver sur ce chemin – sur lequel vous nous trouverez –, car le pays a besoin d’hommes et de femmes de bonne volonté pour sortir de la difficulté immense dans laquelle il se trouve.”
“À ceux qui parmi vous pensent encore que la vie politique et le débat démocratique, ce n’est pas le coup de force permanent, la recherche de la division et du coup d’éclat ou la posture systématique de l’opposition, de la démagogie et du commentaire,…”
“J’ajoute que votre démarche est profondément cynique, pour au moins trois raisons. D’abord, parce que vous justifiez votre volonté de censurer le Gouvernement en vous fondant sur sa composition. J’ai moi-même affirmé, la semaine dernière au nom du groupe Les Démocrates, que la composition de ce gouvernement ne reflétait pas fidèlement le vote exprimé par les Français lors des dernières élections législatives. Toutefois, la vérité m’oblige à dire que ce grief, le principal, ne peut être fait au Premier ministre ou au Président de la République, mais à ceux qui ont refusé en bloc de participer à tout gouvernement pour y défendre leurs convictions, leurs priorités et leurs propositions. Ce refus, c’est bien celui des élus du Nouveau Front populaire, et de personne d’autre !”
“Ce n’est pas ce qu’ont exprimé les Français, qui n’ont permis à personne de gouverner seul. Et d’une certaine façon, vous mettez ainsi en scène l’impuissance de votre demande et, plus grave encore, celle de notre assemblée.”
“Ce n’est donc pas sur des actes que vous jugez et ce ne sont pas des actes que vous voulez censurer. Au contraire, c’est le principe même du dialogue que doit entretenir l’arc des républicains et des démocrates, élu par les Français au mois de juillet pour refuser les extrêmes, le chaos et la division, que vous battez en brèche. L’élection d’un certain nombre d’entre vous est d’ailleurs le résultat de ce vote, que vous le vouliez ou non. En réalité, votre motion de censure foule aux pieds les attentes des Français. En la défendant, vous dites à ceux qui ne sont pas de votre camp, à ceux qui, plus encore, n’appartiennent pas à votre cartel électoral et à ceux qui n’appliquent pas votre programme que vous vous opposerez à tout, que vous ne dialoguerez pas et que vous rejetterez toutes leurs propositions.”
“…une forme de censure pavlovienne, dont vous vous payez le luxe de menacer vos propres amis, si d’aventure ils avaient été nommés au Gouvernement. C’est dire si vous allez loin dans cette logique !”
“Que proposez-vous encore ? De censurer le Gouvernement une semaine après la déclaration de politique générale. Vous inventez une forme de censure préventive ou a priori , comme l’a dit le Premier ministre,…”
“En réponse à ces attentes, que proposez-vous ? Votre projet, tout votre projet, rien que votre projet – Mme Chatelain vient de le démontrer –, alors que vous savez pertinemment que vous n’avez pas les moyens de l’appliquer au sein de cette assemblée.”
“L’urgence, c’est celle de la transition écologique, de l’accès aux services publics et de leur efficacité ; c’est la lutte contre le sentiment d’un État impuissant, d’un affaiblissement de son autorité, notamment en matière de sécurité du quotidien ; c’est la question essentielle de la santé et celle, tout aussi vitale, de l’éducation nationale ; c’est la volonté de poursuivre le travail que nous avons mené pour rendre notre pays plus attractif pour les investisseurs, afin de créer de la richesse qui pourra être redistribuée.”
“Ils nous ont donc dit, autant à vous qu’à nous : « vous allez devoir vous entendre, vous allez devoir dépasser vos différences, vous allez devoir apprendre à vous rassembler sur l’essentiel. » De grâce, monsieur Faure, ne faites pas « comme si » – je reprends votre expression – vous n’aviez pas entendu. L’essentiel, ce n’est d’ailleurs pas la censure, qui conduirait à l’immobilisme, au statu quo ou, pire, au chaos, alors même que les Français ont exprimé des attentes fortes pour leur vie quotidienne et leur avenir. L’essentiel, c’est l’exigence de justice sociale et fiscale, pour les entreprises comme pour les salariés ou les retraités, que défend le groupe Les Démocrates depuis longtemps.”
“Ils n’ont mis personne en position de gouverner seul, sans les autres – M. le Premier ministre l’a d’ailleurs rappelé. Personne n’est placé en situation d’imposer seul ses idées ou ses propositions : pas plus vous que les autres forces parlementaires.”
“Monsieur Faure, ce que vous proposez de censurer, c’est en réalité le message que les Français nous ont collectivement adressé les 30 juin et 7 juillet derniers. En effet, contrairement à ce que prétendent certains de ceux qui s’expriment en leur nom, les Français ont refusé de désigner un vainqueur lors des dernières élections législatives.”
“On serait passé de l’ombre à la lumière ! (Sourires.)”
“Il faut prévenir un embrasement général, défendre une position d’équilibre assurant à Israël son droit à exister sans être menacé tout en répondant à l’aspiration des Palestiniens à disposer d’un État souverain et préparer la paix. Quelles sont, à l’échelle nationale et à l’échelle internationale, vos orientations pour y parvenir ? (Applaudissements sur les bancs du groupe Dem et sur quelques bancs du groupe SOC.)”
“Chaque mort civil est un mort de trop. Nous ne nous demandons pas pour qui sonne le glas chaque jour un peu plus. Il sonne aussi pour nous et pour l’idée que nous nous faisons de l’humanité. Face à ce conflit historique, la position de la France est claire : il est urgent de parvenir à une issue par le dialogue diplomatique, en vue de réunir les conditions d’une paix durable dans la région. Face à cette crise, il est aussi de notre devoir d’éviter la tentation d’une importation du conflit dans notre pays. Pour cela, la montée des actes antisémites doit être combattue sans relâche et l’apaisement doit être sans cesse recherché. Monsieur le Premier ministre, la paix est une exigence qui doit être garantie pour tous, dont nos compatriotes de confession juive, qui se sentent menacés et s’interrogent sur leur place dans notre pays.”
“Le 7 octobre 2023, Israël s’est trouvé confronté à une attaque terroriste d’une rare cruauté. Exécutée par le Hamas, elle a laissé plus de 1 200 morts derrière elle. Une année s’est écoulée depuis cette tragédie, qui nous a marqués à jamais. Nous tenons à adresser nos plus sincères condoléances aux familles des disparus et nos pensées à celles présentes en tribunes. Le groupe Les Démocrates s’associe à leur peine ou à leur inquiétude. Nous sommes à vos côtés. Nous n’oublions pas les morts comme nous n’oublierons pas les vivants. Cent un otages sont encore retenus par le Hamas, dont beaucoup peut-être déjà morts. Nous condamnons cette situation de la façon la plus ferme et exigeons qu’ils soient libérés sans délai. Alors que le conflit s’enlise et s’étend à la frontière sud du Liban et à l’Iran, les perspectives d’apaisement s’éloignent.”
“Dans la suite de nos débats législatifs, nous déterminerons ce qui s’inscrit dans la ligne de l’engagement de notre groupe, en prenant nos responsabilités, parce que nous voulons la réussite de la France, mais en toute liberté : nous serons toujours les dépositaires du message des Français. Vous avez raison, monsieur le Premier ministre, de vouloir, en montagnard que vous êtes, avancer pas à pas – c’est plus sage et plus sûr, vu ce que nous avons à gravir ensemble. Et l’élu des plaines de Beauce que je suis vous répond que les femmes et les hommes de bonne volonté que nous sommes sont prêts à vous accompagner, avec l’engagement et la lucidité nécessaires. (Applaudissements sur les bancs du groupe Dem et sur plusieurs bancs du groupe EPR.)”
“Ils ont en quelque sorte fabriqué un scrutin proportionnel par les urnes, dont les effets bénéfiques, faute d’une loi électorale préalable, ne peuvent se déployer. J’ai entendu vos propos à ce sujet, sur lequel nous continuerons de travailler. Nous avons besoin pour ce faire d’un calendrier. Vous l’aurez compris, monsieur le Premier ministre : dès lors que votre action et celle de votre gouvernement seront fidèles à la volonté que les Français ont exprimée – et, si j’en crois ce que j’ai entendu, elles le seront –, nous serons à vos côtés, déterminés, soucieux d’efficacité et conscients de la gravité du moment. Votre discours a fait état d’orientations dont l’immense majorité nous convient et va dans le bon sens, avec pragmatisme.”
“Il faut en effet améliorer les politiques que nous conduisons afin qu’elles répondent aux attentes de celles et ceux qui sont supposés en bénéficier. C’est là un enjeu crucial pour rétablir la confiance de nos concitoyens dans l’action publique. J’ai écouté avec intérêt votre évocation des éléments de méthode que vous souhaitez appliquer pour valoriser l’implication des collectivités territoriales. Nous vous suivrons dans cette voie et, en tant qu’élu local et président d’un groupe attaché à la logique de décentralisation, j’y serai attentif. Il convient de se tenir à un principe de base : celui de la confiance, qui doit être réciproque, comme doit l’être la responsabilité. Enfin, je n’oublie pas que les Français, par leur vote, ont exprimé une défiance envers nos institutions.”
“Cette lutte requiert l’instauration de ce que j’appelle un service médical minimum territorialisé, dont il nous faudra dessiner les contours en attendant que les mesures prises ces dernières années produisent les effets que nous espérons. Nous examinerons avec attention vos propositions. Pour ce qui est de l’éducation, nous pouvons nous interroger lucidement sur la pertinence de la réforme dite du choc des savoirs. Il faut en tout cas faire davantage confiance aux enseignants, dont il convient de conforter et de renforcer la capacité d’initiative. Plus encore, il est nécessaire de traiter la question de l’efficacité des services publics sur la base d’un travail de fond relatif au contrôle et à l’évaluation des politiques publiques.”
“Je rends hommage aux ouvertures que vous avez faites de ce point de vue en affirmant que le Parlement devait se saisir d’un nombre de textes plus important et, en filigrane, qu’il s’agissait de légiférer non pas davantage mais mieux – c’est un ancien ministre des relations avec le Parlement qui vous le dit. Il faut en outre s’engager dans un chemin tout aussi nécessaire et possible : celui de l’amélioration de l’accès aux services publics et de leur efficacité. Pour éviter la dispersion, je ne mentionnerai que deux priorités : la santé et l’éducation. Concernant la santé, nous pourrions avancer dans trois directions au moins : notre capacité à garantir notre approvisionnement en médicaments, la promotion d’une culture de la prévention par la modification du mode de rémunération et la lutte contre les déserts médicaux.”
“S’agissant de ce dernier sujet, éminemment important, l’examen du projet de loi pourrait trouver son point d’équilibre entre les deux assemblées. J’ai bien entendu ce que vous avez dit sur ce point, monsieur le Premier ministre. Je ne suis pas certain que nous ayons besoin d’y réfléchir davantage. Il faudrait plutôt inscrire à nouveau ce texte à l’ordre du jour. (Applaudissements sur les bancs du groupe Dem. – Mme Élisabeth Borne applaudit également.) Je n’oublie pas les initiatives parlementaires, de quelque banc qu’elles viennent, qui peuvent faire évoluer la vie de nos concitoyens de manière utile et concrète et doivent poursuivre un parcours législatif parfois interrompu par la dissolution.”
“Il serait également utile de poursuivre le travail engagé relativement à plusieurs questions dont le traitement est susceptible de faire consensus. Vous avez notamment fait allusion au projet de loi d’orientation pour la souveraineté en matière alimentaire et agricole et le renouvellement des générations en agriculture, tant attendu par les agriculteurs. Ceux-ci comptent sur le pragmatisme que je suis heureux d’avoir entendu dans votre bouche. Ce pragmatisme s’inscrit dans le prolongement de ce qu’évoquait Gabriel Attal et de notre action depuis février 2024. Il faut avoir l’humilité de reconnaître que tout n’a pas été achevé et que ce travail doit se poursuivre. Il en va de même de la simplification, éternel enjeu français, si nécessaire pour libérer et donner envie de faire, d’essayer, d’innover, ainsi que de la fin de vie.”
“Cette stratégie fiscale a porté ses fruits. Il ne faudra pas la perdre de vue. Notre discours est le même et notre effort est continu depuis près de sept ans.”
“Troisième et dernier principe, en faveur duquel notre groupe s’est constamment engagé – je tiens à saluer tout particulièrement les combats menés sous la présidence de Jean-Paul Mattei (Applaudissements sur les bancs du groupe Dem et sur quelques bancs du groupe SOC) : le budget doit être respectueux de la justice fiscale et sociale. Je pense à la taxation des superdividendes et des rachats d’actions ou encore à la fiscalité sur le capital. Si l’on veut vraiment réhabiliter le travail, il faut mettre fin aux situations de rente en général et de rente fiscale en particulier. Nous le ferons conformément à l’objectif qui a été le nôtre et celui des gouvernements depuis 2017 : alléger la charge fiscale de nos concitoyens et envoyer des signaux favorables à la création de richesse et à l’attractivité de notre pays.”
“(Applaudissements sur quelques bancs du groupe Dem.) Notre deuxième principe d’action est le suivant : ne pas sacrifier les impératifs de la transition écologique sur l’autel de considérations purement comptables. Les transitions engagées, notamment dans le cadre de la planification écologique, sont essentielles – je pourrais évoquer leur importance pour notre agriculture – et il faut par conséquent les confirmer. Plus encore, il convient d’adapter ou de réexaminer nos dépenses fiscales lorsqu’elles vont à l’encontre de la réponse que nous avons l’obligation de formuler face à l’urgence climatique. C’est une question de cohérence et d’urgence, comme vous l’avez indiqué.”
“Et magistrats. Cet ancrage, cependant, ne doit pas nous empêcher de remettre en question des trajectoires et des dépenses d’une autre nature. Je pense aux aides aux entreprises ou encore à la poursuite de la diminution des impôts de production. Nous serons à vos côtés pour trouver des solutions parce que c’est là une question de souveraineté. Je parlais à l’instant des moyens alloués à nos armées. Je voudrais saluer leur action ainsi que vos propos relatifs à la défense par la France de l’indépendance et de la souveraineté de l’Ukraine, à son soutien à la lutte contre tous les impérialismes et à son appui à la recherche inlassable de la paix pour les peuples du Moyen et du Proche-Orient – qui n’aspirent qu’à elle.”
“Elles constituent le bilan des gouvernements qui se sont succédé depuis 2017. Nous en sommes fiers en notre nom et au nom de ceux pour qui ces mesures ont été prises : policiers, gendarmes, soignants, militaires.”
“Pour cela, il nous paraît important de préserver les orientations fixées en matière militaire, de justice et de sécurité ou en faveur de la recherche.”
“Je sais, monsieur le Premier ministre, qu’il s’agit de l’engagement de votre vie et que vous l’avez parfois assumé contre vos propres amis. En outre, pour en avoir fait l’expérience, je crois comme vous à la nécessité de cultiver une véritable influence européenne. Nous, parlementaires du groupe Les Démocrates, croyons qu’il existe un chemin sur lequel il est possible de rassembler les Français au sein de cette assemblée sans majorité absolue, un chemin que nous pourrons suivre pour surmonter l’obstacle budgétaire. Je vous présenterai rapidement quelques principes d’action et de soutien. Le premier de ces principes consiste à ancrer le budget dans les trajectoires qui, au Parlement, ces dernières années, ont été définies de manière pluriannuelle et – du moins en grande partie – consensuelle.”
“À la vérité, en employant ces termes, vous avez simplement, utilement et clairement rappelé les éléments fondateurs de notre pacte républicain. À la lumière de ce que nous savons de vous et de votre parcours, cela ne m’étonne pas et il était utile, dans cette enceinte et à ce moment, de l’entendre – et pour certains, peut-être, de le réentendre. Aucun choix politique qui s’affranchirait du cadre de nos engagements européens ne serait acceptable car, si nous observons avec lucidité les importantes imperfections que présente le fonctionnement des institutions européennes, nous sommes viscéralement attachés au projet que défend l’Europe. Si nous devons la changer, c’est en Européens et non suivant la logique du chacun pour soi.”
“Vous savez que je ne suis pas très friand de cette expression et je crois comprendre que vous ne l’êtes pas davantage.”
“(Applaudissements sur les bancs du groupe Dem.) Monsieur le Premier ministre, vous avez évoqué ce que certains appellent les lignes rouges.”
“Tel est le sens de la participation au Gouvernement de ministres issus de nos rangs ; nous nous prononcerons en toute occasion suivant un esprit de responsabilité. Cela étant, si nous avions été d’accord sur tout, il ne nous aurait pas fallu sept ans pour nous asseoir autour de la même table et tenter de former un gouvernement. Des différences nous séparent. En humanistes, nous nous opposerons à tout choix politique alimentant la recherche de boucs émissaires ou les ferments de la division, notamment par la caricature. Dresser l’étranger ou l’immigré contre celui qui ne l’est pas, le laïque contre le religieux, le pauvre contre le riche, le rural contre l’urbain, la croissance contre l’écologie ou la solidarité ne ferait que précipiter notre échec collectif.”
“S’agissant de l’immigration, de la justice et de la sécurité au quotidien, il existe le sentiment que l’État mène une action encore trop peu efficace et que son autorité est trop souvent bafouée, et ce malgré les nombreuses lois adoptées depuis 2007. Comme dans bien d’autres domaines, il s’agit non pas de voter toujours plus de lois mais de faire appliquer celles qui existent – vous l’avez d’ailleurs dit vous-même, monsieur le Premier ministre. Oui, notre groupe soutiendra l’action qui sera menée pour répondre à ces attentes, en prenant en considération leur globalité et leur complexité. Nous le ferons avant tout par sens du devoir et, je le redis, sans arrière-pensée ni calcul politicien.”
“Nous soutiendrons un gouvernement qui s’attache à répondre aux attentes des Français. Selon nous, cela passe par la nécessité de trouver un équilibre entre, d’un côté, l’impératif de doter la France d’un budget afin de financer nos politiques publiques, de l’autre, la forte attente de justice fiscale et sociale qui a été exprimée. J’ai la conviction que ces deux impératifs peuvent se conjuguer. Cela passe aussi par les réponses que nous apporterons face au sentiment d’impuissance publique. Concernant l’accès aux services publics, la santé ou – question fondamentale – l’éducation, il existe en effet le sentiment lancinant que, malgré les moyens déployés depuis plusieurs décennies, des inégalités perdurent et des dysfonctionnements persistent ou s’accentuent.”
“Je vous remercie, monsieur le Premier ministre, d’avoir fait preuve de ce même état d’esprit. Sens de la nuance, capacité de dialogue et de dépassement, humilité et sincérité : telles sont les attitudes que les électeurs exigent, y compris – et d’abord – au sein de l’hémicycle. Je le dis à nos collègues parce qu’on m’en parle chaque jour : vous n’imaginez pas le mal que les comportements provocateurs font à la démocratie. (Applaudissements sur les bancs du groupe Dem. – Mme Justine Gruet et MM. Franck Riester et Laurent Wauquiez applaudissent également.) Les attitudes que j’ai évoquées sont, me semble-t-il, les clés d’une culture du compromis que nous, avec beaucoup d’autres, défendons depuis longtemps et que, toutes et tous ici, nous devons désormais adopter dans l’intérêt de la France.”
“Au sein de notre groupe, nous avons toujours été soucieux, en situation aussi bien de majorité absolue que de majorité relative, de ne jamais alimenter le procès en arrogance qui nous a parfois été fait, de tenter d’être humbles, d’admettre que l’on ne peut répondre à tout de façon immédiate et que le temps long est parfois nécessaire, d’assumer aussi bien les réussites que les insuffisances ou les échecs d’un bilan.”