Marine Le Pen
RN · France
“Il est des moments, dans la vie des familles comme dans celle des nations, où le cœur et la raison commandent de faire taire les brouilles pour ouvrir la voie de la réconciliation. Cela impose de quitter des postures peu utiles, des raidissements devenus anachroniques et des surenchères toujours absurdes.”
“D’un côté, on trouve ceux qui, en Corse, ont fait le choix de l’intimidation, de la violence, jusqu’à l’assassinat d’un grand commis de l’État, le préfet Érignac.”
“Je vous le dis gentiment – je pourrais le dire méchamment aussi, mais je ne vois pas l’intérêt. (Sourires sur les bancs du groupe RN.) Nous proposons de répondre aux difficultés que pose la rédaction actuelle, qui emploie le terme de « communauté », en lui substituant le concept de « singularité géographique, historique, linguistique et c…”
“Cet État, dont je souhaite qu’il soit dirigé de manière différente, a été livré à lui-même, du fait d’une classe dirigeante sans repères, sans courage et sans vision ; une classe politique qui, tout au long de ces années, porte une grande part de responsabilité dans ces ambiguïtés tragiques, ces dérives inadmissibles, cet immense gâchis.”
“Pardonnez-moi, madame la ministre, mais le texte de l’amendement est au contraire très clair. Il évoque de la manière la plus précise qui soit une loi organique – qui serait d’ailleurs soumise au consentement des électeurs – susceptible de définir la répartition des compétences entre les collectivités, notamment entre celles qui seraient…”
“( Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.) Cela me confère une certaine légitimité pour formuler quelques suggestions, si je ne dérange personne. (Sourires sur les bancs du groupe RN.) Voilà donc comment nous concevons l’autonomie insulaire, et cela me semble consensuel.”
The complete record
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“Tel est l’état de la France que nous laisse Emmanuel Macron. Tel est le pays que nous devrons redresser – car tôt ou tard, c’est au Rassemblement national que reviendra cette mission, et nous la mènerons à bien ! (Vifs applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR. – Exclamations sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Voilà pourquoi, monsieur le premier ministre, nous voterons sans hésiter la censure de votre gouvernement : tout simplement parce que ce budget n’est pas un budget, c’est-à-dire la somme de choix politiques, mais c’est l’acte ultime – nous l’espérons – d’un système politique à bout de souffle, à bout d’idées, et qui, par accumulation de saignées fiscales, de brutalisations sociales, n’aura rien produit d’autre qu’un pays à bout de forces. (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.) Pour s’en convaincre, il suffit des statistiques publiques : les faillites d’entreprises, en particulier de TPE-PME, battent tous les records établis depuis des décennies ; le taux de pauvreté, les difficultés d’accès aux soins médicaux, au logement, explosent ; l’immigration, je le répète, est, comme notre dette publique, hors de contrôle.”
“– Exclamations sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.) Tout cela alimente un climat de division et de ressentiment, aggrave la situation déjà gravissime de nos finances publiques après huit ans de « quoi qu’il en coûte » macroniste, sous l’œil effaré des marchés financiers qui nous prêtent des fonds, mais aussi des contribuables – ménages et entreprises – qui devront payer la note fiscale de ce champ de ruines budgétaire.”
“…mais quand même, sérieusement, comment voulez-vous – après des décennies de course à l’abîme – faire accepter une année de plus aux Français qu’on les spolie de leurs droits sociaux par incapacité à toucher à ceux que nous avons octroyés, de manière totalement irrationnelle, à la terre entière ? (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.) Comment pouvez-vous imaginer que le pays le plus fiscalisé, le plus socialisé au monde ne vous sanctionne pas, ne vous rejette pas, en voyant chaque année s’allonger la liste des injustices et des spoliations – toujours au détriment des Français les plus faibles, jamais au détriment de l’immigration massive, incontrôlée, qui mine nos comptes sociaux et rend nos rues de plus en plus violentes ? (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.”
“Enfin, et c’est sans doute le pire, il y a les mesures d’indécence sociale ; je pense à la fiscalisation des emplois étudiants, mais aussi et surtout à celle des indemnités versées par la sécurité sociale en cas de maladie de longue durée. Nous avons eu la hausse des franchises médicales, le déremboursement de médicaments, de pansements ; aujourd’hui, c’est aux plus vulnérables, à ceux qui sont éloignés de l’emploi et parfois réduits à la solitude, que vous entendez faire payer la note de vos lâchetés, de vos renoncements. Monsieur le premier ministre, je ne veux pas ajouter au débat politique, déjà marqué par le règne de la médiocrité et des effets de manche inutiles, la moindre pierre ;…”
“Il y a l’absence totale d’effort touchant l’immigration, l’absence totale d’action visant à réduire, ne serait-ce que d’un euro, le chiffre des milliards que nous coûtent chaque année l’aide médicale de l’État et le dispositif fou des visas pour soins, qui chaque année bat tous les records.”
“Sans parler du gel du barème, qui vous faisait d’ailleurs, il y a moins d’un an, pousser des cris d’orfraie, vous allez faire entrer 200 000 foyers de la classe moyenne dans le champ de l’imposition sur le revenu : sans doute une récompense pour la France qui bosse, alors que notre taux d’activité est déjà l’un des plus bas d’Europe. Il y a ensuite la poursuite de la gabegie : 28 milliards d’euros de dépenses publiques supplémentaires au-delà de l’inflation ! Aucun effort portant sur le train de vie des administrations, aucun effort de rationalisation du maquis des agences et organismes divers qui coûtent des dizaines de milliards par an.”
“Ce budget, donc, est un véritable musée de toutes les horreurs coincées depuis des années dans les tiroirs de Bercy ; non une année blanche, mais une année noire pour les Français, en particulier ceux qui travaillent et paient des impôts. Il y a d’abord la poursuite du matraquage fiscal : 19 milliards d’euros d’impôts supplémentaires, dont 10 milliards pour le seul impôt sur le revenu.”
“Venons-en au fait : la représentation nationale est aujourd’hui réunie pour décider si votre gouvernement, monsieur le premier ministre, doit être censuré au vu de votre projet de budget. Je dis « votre », pardon ; peut-être aurais-je dû dire « le budget de M. Bayrou », « le budget de Bercy » ? Ce n’est tellement pas le vôtre qu’il n’intègre même pas votre promesse au Parti socialiste de suspendre la réforme des retraites imposée, par un 49.3, par Élisabeth Borne. (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.) Pire, la trajectoire de la réforme Borne est incluse dans votre texte – j’y reviendrai.”
“…depuis la réélection d’Emmanuel Macron en 2022. Ils ne savent même plus qui siège au gouvernement. Qui leur en voudrait ? La durée des ministres se compte, parfois, non plus en années ou en mois, mais en heures. Ce spectacle pathétique est un poison pour notre démocratie car il exaspère nos compatriotes et les détourne du goût de l’action publique. Or une démocratie ne vit que par l’énergie et par l’engagement des citoyens. J’espère donc que le théâtre des manœuvres auxquelles se sont livrés tous les partis du système depuis plus d’un an n’aura pas gravé dans le marbre, pour des millions de Français, un profond dégoût pour l’action politique.”
“Ce régime de malheur, toutes les institutions de la V e République avaient été conçues pour le rendre impossible, mais, à force d’ententes électorales et d’accords de couloir, vous avez réussi à transformer notre loi fondamentale en étouffoir de la démocratie. Ce dévoiement de nos institutions a atteint aujourd’hui un paroxysme. Les Français ne comptent même plus les motions de censure déposées, débattues et votées…”
“Le général de Gaulle, pour désigner le règne des partis, avait une formule : « Le régime de malheur. » En disant cela, le Général croyait décrire le passé, celui de la IV e République. Il se voulait historien ; pour le plus grand malheur de la France et des Français, vous en avez fait un prophète ! Ce régime de malheur, c’est précisément la situation politique à laquelle nous faisons face, du fait de la piteuse coalition des partis du système qui se relaient à la tête de l’État depuis cinquante ans et n’ont aujourd’hui qu’un seul but : durer, se maintenir quelques semaines de plus, au détriment du peuple et de la nation.”
“Mais je le dis avec solennité : n’attendez pas que le groupe RN vous suive dans votre folie fiscale et migratoire, dans vos petits partis pris idéologiques qui vous empêchent de voir la réalité du pays ! (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.) S’il y a une dissolution, nous accepterons le verdict des urnes ; si le peuple nous fait l’honneur d’un mandat clair, c’est-à-dire d’une majorité absolue, nous irons à Matignon pour mettre en œuvre sans attendre la présidentielle un programme de redressement national. Le changement n’attend plus ! (Les députés des groupes RN et UDR se lèvent et applaudissent longuement.)”
“La crise parlementaire que nous traversons constitue un test quant à la conception que le chef de l’État a de sa fonction ; son issue témoignera également de la santé de nos institutions. Il n’y a pas besoin de je ne sais quelle VI e République, et le crime serait de revenir à la IV e . La V e fonctionne merveilleusement bien (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP) pour peu que l’on respecte sa lettre et que l’on retrouve son esprit. Pour ce qui nous concerne, comme nous l’avons toujours fait, nous prendrons nos responsabilités : s’il n’y a pas de dissolution, nous continuerons, avec un esprit constructif mais sans faiblesse, de faire valoir les idées que nos électeurs nous commandent de défendre.”
“…et du rôle éminent et fédérateur que je crois être celui du président de la République.”
“Personne ne comprendrait que le président contribue à sa paralysie. Vous le voyez, mon analyse de la situation provient de la haute conception que j’ai de nos institutions (Exclamations sur les bancs des groupes EPR et Dem) …”
“Enfin, la dernière raison pour laquelle Emmanuel Macron doit dissoudre ressort de l’esprit des lois. Il y a la loi, le texte de la loi ; il y a aussi l’esprit de la loi et celui des institutions. (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.) L’esprit des lois, notamment celui de la loi fondamentale constitutionnelle, enjoint de ne rien faire qui puisse contrarier le fonctionnement des institutions. Si l’une d’elles dysfonctionne, c’est tout l’équilibre institutionnel qui vacille.”
“…sans dissolution, Emmanuel Macron bloque aussi le pays. Or ce dont la France a besoin, ce n’est pas d’un blocage, c’est au contraire d’un déblocage de la situation ; ce n’est pas d’un enlisement, c’est d’un élan. Les forces de blocage macronistes et Insoumises sont les seules responsables de l’enlisement et du désordre.”
“L’arbitrage, c’est revenir au peuple souverain ; laisser perdurer cette situation de blocage par des artifices laisserait le président en première ligne pour faire d’une crise parlementaire une crise de régime. Avec le mouvement du 10 septembre, LFI veut bloquer le pays ;…”
“À l’issue du vote, M. Macron doit se résoudre à sortir au moins une fois de son rôle de chef de la majorité pour enfin assumer – si toutefois il en est capable – son rôle de président de la République. (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.) En ces circonstances, le président n’a qu’une possibilité : convoquer de nouvelles élections et laisser le pays choisir – et le laisser choisir, s’il le décide, une majorité d’alternance. Si le président s’implique dans la campagne, s’il sort de son rôle d’arbitre pour devenir joueur, il accepte par avance d’en assumer les conséquences politiques en cas de défaite. (Mêmes mouvements.) L’alternance n’est pas un gros mot : c’est une respiration normale de la démocratie.”
“On le voit, tout réside dans l’impartialité et le sens des responsabilités démocratiques avec lesquels le président exerce son rôle d’arbitre.”
“Quand il y a blocage, le rôle d’arbitre, tel qu’il est dévolu au président par la Constitution, exige de renvoyer la représentation parlementaire vers le peuple et de laisser s’exprimer le choix des électeurs sans utiliser le second tour pour fausser les logiques électorales. Le procédé avait déjà été employé lors des régionales de 2015 quand, dans les Hauts-de-France et en Provence-Alpes-Côte d’Azur, le second tour fut utilisé pour interdire des alternances locales qui avaient été plébiscitées au premier tour ! (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.) Ces manœuvres d’instrumentalisation des seconds tours sont des dévoiements de la démocratie. Imaginerait-on un arbitre de football s’emparer du ballon parce que l’équipe qui a sa préférence est en train de perdre ?”
“Après une présidentielle, il y a un fait majoritaire qui s’exprime naturellement aux législatives suivantes. Personne n’y trouve rien à redire ; cela s’inscrit dans une logique institutionnelle bien ancrée et permet au pays d’être dirigé et gouverné. Il arrive toutefois qu’en cours de mandat présidentiel, des élections législatives voient émerger un fait majoritaire d’alternance. Celui-ci doit être tout autant respecté, même s’il impose au président une cohabitation. Malgré tous ses défauts, François Mitterrand, alors président, a laissé se constituer, en 1986, une majorité alternative de droite. Il en fut de même pour Jacques Chirac en 1997, avec cette fois-ci une cohabitation socialiste. Ces deux cas montrent que le président de la V e République a le devoir de s’effacer devant le vote populaire qui s’exprime.”
“Un président n’a jamais tort de s’en remettre au peuple ! Le scrutin des européennes de 2024 était à ce point accablant pour la majorité qu’il pouvait et même devait dissoudre. L’erreur d’Emmanuel Macron ne fut pas de dissoudre ; sa faute fut, entre les deux tours, de consacrer son énergie présidentielle et celle de ses amis politiques à fausser le fait majoritaire d’alternance qui se dégageait. (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.)”
“Eu égard à la pratique constitutionnelle, il n’est pas illégitime de dire qu’en ce 8 septembre 2025, il y a non pas une condition remplie mais bien deux, et même davantage : un, le pouvoir législatif est paralysé par une absence de majorité ; deux, le pays connaît une crise sociale latente, qui peut exploser à tout moment ; trois, il connaît une crise financière, le tout dans un contexte international instable et avec une guerre aux portes de l’Europe. Cet état de fait devrait suffire à dissoudre ! Un grand pays comme la France ne peut pas vivre avec un gouvernement de papier, surtout dans un monde tourmenté et dangereux ; les révolutions technologiques et les basculements géopolitiques historiques que nous vivons réclament des décisions immédiates. En 2024, M. Macron n’a pas péché en prononçant la dissolution.”
“Tout laisse penser, juridiquement, politiquement, voire moralement, que la dissolution n’est pas pour lui une option : elle est une obligation. Or, en dehors de la dissolution mécanique qui suit chaque présidentielle et de celle, ubuesque, de 1997, le droit de dissolution a trouvé, dans l’histoire, à s’appliquer dans plusieurs circonstances précises : en 1962, quand le gouvernement n’a pu disposer de majorité stable, ou en 1968, quand le pays fut soumis à une grave crise sociale et politique.”
“La dissolution n’est pas un caprice ; c’est un levier institutionnel pour sortir des blocages et permettre le fonctionnement démocratique, c’est-à-dire normal et fluide, des institutions. J’entends dire ici et là qu’il n’y aura pas de dissolution parce qu’Emmanuel Macron n’y aurait pas intérêt – mais ni les règles de la démocratie ni la Constitution ne prévoient que le président de la République agisse par intérêt ! Il doit agir par devoir et, en l’occurrence, dans l’intérêt supérieur du pays. (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.) S’il dispose de pouvoirs pour permettre l’exercice de la démocratie et le fonctionnement des institutions, c’est pour les mettre en œuvre quand la situation l’exige.”
“…et, en particulier, à son article 5, qui octroie au président de la République un pouvoir d’arbitrage, ainsi qu’à son article 12, qui prévoit la dissolution de l’Assemblée nationale.”
“On le voit : les choix pour sortir de la crise – une crise parlementaire ou, peut-être, une crise de régime – se restreignent. Une démocratie ne se relève des situations de doute et de confusion qu’en retournant aux sources, en suivant le fil rouge qu’indiquent les institutions et, pour notre République, la loi fondamentale qu’est notre Constitution. Alors que vous vous enfoncez dans la IV e République, je vous appelle à revenir au texte de la V e …”
“Je ne le crois pas. (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.) Quel serait le sort d’un gouvernement de gauche, dont le projet gouvernemental se résumerait à 44 milliards d’impôts nouveaux, à des centaines de milliers de migrants supplémentaires et à l’aggravation du laxisme judiciaire ?”
“…nous n’appelons pas à la destitution. (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.) L’hypothèse de la démission étant a priori fermée, le président peut faire le choix de renommer un gouvernement, qui, au vu de l’équation politique, ne passera probablement pas la discussion budgétaire. Techniquement, cela nous conduira en décembre et le télescopage avec les élections municipales de mars rendra difficile l’organisation d’un scrutin législatif. Ce choix signerait donc l’enlisement institutionnel du pays. Y a-t-il d’ailleurs simplement, au sein du bloc macrono-LR (« Oh là là ! » sur les bancs du groupe EPR) ou chez ses supplétifs socialistes, une seule personnalité ayant suffisamment d’autorité pour gouverner en ces circonstances particulières, sans resservir le plat budgétaire avarié préparé par les cuisines de Bercy ?”
“Nous, nous respectons les institutions, notamment l’institution présidentielle :…”
“(Exclamations sur quelques bancs du groupe EPR.) Le vrai reset serait la démission du président mais cette décision ne dépend que de lui, puisqu’il est constitutionnellement élu pour cinq ans. Je ne m’attends à rien sur ce point, consciente que n’est pas le général de Gaulle qui veut. (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.) Faut-il que LFI ait mauvaise conscience pour appeler à la destitution d’un président failli qu’elle a porté par deux fois au pouvoir (Mêmes mouvements) , en toute connaissance de cause !”
“(Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.) Vous cherchez à présenter les gouvernements passés comme irresponsables. Permettez-moi de vous le dire : si la classe politique qui a conduit la France dans le mur est bien irresponsable, ce n’est pas au sens où vous employez ce terme. Ce à quoi nous avons assisté durant la dernière année, c’est à un naufrage, un triste spectacle dont la seule vertu sera, je l’espère, de mettre fin au supplice des Français et, en accélérant l’histoire, de préparer la grande alternance. Les informaticiens parleraient de « reset », cette action qui consiste à réinitialiser la machine qui est étouffée par les bugs.”
“Vous ne pouvez pas pleurer, devant les caméras, sur les conséquences des méfaits que vous avez vous-mêmes commis. (Mêmes mouvements.) Curieux procédé, en effet, que de brandir les dettes dont on est comptable, les déficits dont on est responsable, l’effondrement général dont on est coupable, pour chercher à obtenir la confiance du Parlement ! (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.) Il n’est pas moins paradoxal, monsieur le premier ministre, au moment où vos fonctions vous donnaient le devoir d’appeler à l’unité du pays, de désigner à la vindicte publique une classe d’âge. Ne cherchez pas à vous exonérer à mauvais compte des responsabilités d’un système que vous soutenez vous-même depuis quarante ans et tout particulièrement, dans les rangs macronistes, depuis huit ans.”
“Les Français ne s’y trompent pas puisqu’ils sont 75 % à souhaiter sa censure. Monsieur le premier ministre, vous êtes si habitué à la déconnexion de la représentation parlementaire avec l’opinion que vous vous étonnez que les députés, dans leur majorité, puissent exprimer cette volonté populaire. Nous vivons l’effondrement d’un système qui croit pouvoir tirer du constat scénarisé de ses échecs une nouvelle virginité politique. Faut-il fonctionner en vertu d’une pensée magique pour croire qu’une sorte de nouvelle naissance, de born again selon l’expression d’évangélistes américains, permettrait d’obtenir le pardon céleste et l’onction démocratique divine, cette légitimité que le peuple, devant leur échec patent, ne reconnaît plus à des dirigeants qui ont failli ? Dirigeants de droite comme de gauche, vous êtes coupables !”
“C’est l’honneur de la politique et c’est parfois une noble servitude que de l’accepter. C’est pourquoi je m’étonne que M. Bayrou ait pu un instant croire que je pouvais lier ma décision de voter ou non la confiance à mon intérêt personnel. (Mêmes mouvements.) C’est mal connaître le Rassemblement national et ignorer l’intensité de notre engagement exclusif au service de la France. Ce moment marque la fin de l’agonie d’un gouvernement fantôme, qui n’eut de gouvernement que le nom. En huit mois, des ministres souvent invisibles ou transparents n’ont été capables de produire que cinq textes législatifs, dont trois sur Mayotte, en raison du dramatique épisode du cyclone Chido. À l’évidence, le pays n’est pas gouverné. Est-il seulement administré ? Dès lors, à quoi bon maintenir un gouvernement qui ne gouverne pas ?”
“(Mme Mathilde Panot s’exclame.) C’est dans ces moments de crise, dans ces moments où le roi apparaît nu, que se révèlent, dans le naufrage des formations déconsidérées, les petites et les grandes lâchetés, les opportunismes honteux, les connivences cachées – mais je n’aurai pas la cruauté de décrire les méprisables roucoulades d’aspirants ministres auxquelles nous assistons… (Rires et applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.) Ce que l’on retiendra surtout, c’est la solidarité inébranlable et malvenue d’anciennes forces politiques qui ont en commun le poids d’un bilan déshonorant et pour seul projet de se maintenir au pouvoir coûte que coûte – « quoi qu’il en coûte », dirait quelqu’un… (Applaudissements sur quelques bancs des groupes RN et UDR.) Ce qui se joue aujourd’hui n’est pas le sort politique d’un homme, qui sait que les exigences du combat politique dépassent évidemment les personnes.”
“Il est des moments politiques particuliers dans la petite histoire d’une mandature ou dans la plus grande histoire de la vie parlementaire d’un pays. Celui-ci en est un : c’est un moment de vérité. Nous voyons aujourd’hui les responsables du pays contraints d’étaler les résultats désastreux de cinq décennies de gestion dispendieuse, le spectacle piteux d’un effondrement, d’un désastre pour les Français et pour la nation, car les conséquences de cette situation engagent les générations de demain.”
“…il y a au moins un élément qui surnage : les préfectures sont totalement noyées sous les demandes de papiers des clandestins. C’est vrai, et c’est bien parce qu’il y en a trop ! (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.) Vous nous avez donné goût aux amendements et soyez assurés que nous ne manquerons pas non plus, lors de votre niche parlementaire, de nous faire plaisir. (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.)”
“…dont le niveau fait honte à l’Assemblée,…”
“Des attaques personnelles contre des gens qui ne sont pas là : bravo !”
“C’est dans ce sens que, vous le savez, je souhaite compléter le droit international. La France, éducatrice des peuples, selon la belle formule du pape Jean-Paul II, de tout temps créatrice de droits nouveaux, doit offrir au monde un nouvel outil juridique : une déclaration des droits des peuples et des nations. Profondément ancrés dans la tradition diplomatique et politique de notre pays, les grands principes énoncés dans cette charte, à commencer par l’égalité en dignité et en droits de tous les peuples et nations, pourraient servir de guide sur le chemin de la paix et de la prospérité auxquelles aspirent tout naturellement les peuples du Proche et du Moyen-Orient. (Les députés des groupes RN et UDR se lèvent et applaudissent.)”
“À cet effet, une fois au pouvoir, il faudra réorienter considérablement le discours de la France pour défendre ce qui fut l’un des principes permanents et structurants de notre politique étrangère : l’attachement traditionnel de la France au droit et à la légalité internationale, qui repose sur l’égalité souveraine entre États, laquelle est le fondement même du système multilatéral, cœur de notre rapport au monde. Cela passe, je le crois profondément, par deux postulats qui, avec la fin du mondialisme que nous vivons, semblent être partagés de plus en plus largement dans le monde : l’existence des nations contribue à la diversité du monde et donc à la richesse de l’humanité ; la considération des peuples et le respect des nations sont des principes essentiels à la paix et à l’harmonie du monde.”
“J’en vois au moins cinq : nous voulons lutter contre l’islamisme, danger direct pour notre pays ; nous voulons garantir la sécurité d’Israël, pays ami et allié ; nous voulons protéger la souveraineté du Liban, engagement multimillénaire de la France ; nous voulons maintenir la paix internationale en interdisant l’acquisition de l’arme nucléaire dans la région ; nous voulons protéger la liberté du commerce international et développer nos échanges commerciaux.”
“Pour la France, sans bien sûr remettre en cause nos liens avec les Émirats, où nous avons d’ailleurs une base militaire, le rapprochement avec l’Arabie Saoudite, clé de nombreux sujets cruciaux pour nous, est incontournable. Les plaques tectoniques, qui avaient commencé à bouger avec les accords d’Abraham et dont l’élan s’est arrêté avec l’attaque du 7 Octobre, vont irrémédiablement se remettre en mouvement. Il est par conséquent important de repenser notre influence au Moyen-Orient et surtout les objectifs que nous voulons atteindre.”
“Je ne crois pas que les États-Unis aient cherché à changer le régime iranien. Le président américain semble avoir compris, comme nous le défendons, que le changement de régime ne peut survenir que du fait du peuple iranien lui-même. La succession de Khamenei, très âgé, offrira peut-être une chance pour que la société iranienne choisisse un nouveau système politique. Du côté des pays arabes, qui ont réagi de façon modérée, la question est bien entendu celle du leadership régional. L’Arabie Saoudite, en particulier, malgré la temporisation sur les accords d’Abraham, espère probablement renforcer et étendre son statut d’interlocuteur incontournable dans la région.”
“Israël garde le soutien de ses alliés et a démontré à cette occasion sa supériorité militaire, en particulier en matière de renseignement. En effet, leur système de renseignement, notamment humain, leur a permis d’infiltrer l’État iranien en profondeur, rappelant l’opération sur les bipeurs, qui a profondément affaibli le Hezbollah il y a quelques mois. Voilà une leçon pour notre pays quant à l’importance du renseignement humain.”
“Quatorze missiles, le même nombre que ceux lancés par les B-2, tirés sur deux bases, tous interceptés : une riposte symbolique qui vise davantage à préserver la face qu’à changer la donne. L’escalade a été évitée, non par épuisement mais par calcul. » Je crois que, collectivement, nous pouvons nous réjouir du cessez-le-feu proposé, pour ne pas dire imposé, par les États-Unis, et saluer cette sortie de crise sans vainqueur ni vaincu, chaque protagoniste gardant la face aux yeux du monde. Les États-Unis retrouvent, pour l’instant, le rôle d’arbitre qu’ils avaient perdu par leurs politiques bellicistes depuis une vingtaine d’années. L’Iran évite l’humiliation, bien que le régime sorte incontestablement affaibli de cette guerre.”
“Alors qu’Israël menait une campagne de bombardements contre des cibles iraniennes sensibles, avec une stratégie de pression continue, espérant l’asphyxie, les États-Unis ont considéré que cette initiative, probablement non coordonnée avec eux, risquait d’embraser la région, étant donné la dureté de la riposte iranienne. Pour reprendre les mots d’un de nos diplomates : « En frappant lui-même, le camp américain tente de restaurer l’équilibre, montrer sa capacité d’action, calmer son allié et maintenir l’Iran dans un cadre lisible de confrontation limitée. D’ailleurs, la réplique de Téhéran aux frappes américaines, avec retenue, souligne que les deux camps savaient ce qu’ils faisaient : agir sans provoquer de point de bascule.”