Mathilde Panot
LFI-NFP · France
“Aucune association de terrain ne demande cette peine de réclusion à perpétuité. Aujourd’hui, la Ciivise a publié un communiqué pour expliquer, à l’instar de collectifs féministes et enfantistes, les raisons de son opposition absolue à ces mesures. Vous nous dégoûtez ! La perpétuité ne protégera pas les enfants.”
“(Mêmes mouvements.) Vous n’avez toujours pas compris que les violences sexuelles commises sur des enfants relèvent d’un phénomène de domination. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – Mme Sandrine Rousseau applaudit également.) Vous n’avez toujours pas compris que les violeurs sont nos pères, nos oncles, nos grands-pères.”
“Depuis ce vote, les amis de Marine Le Pen, Gabriel Attal et Édouard Philippe expliquent partout que s’opposer à la perpétuité revient à défendre et à protéger les pédocriminels. (« Oui ! » sur les bancs des groupes RN et DR.) Je le dis solennellement ici : vous nous dégoûtez ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.”
“Vous n’avez pas eu un mot sur le scandale de Bétharram, vous défendez mordicus Jean-Marc Morandini, définitivement condamné pour corruption de mineur, et vous combattez l’éducation à la sexualité, alors qu’elle permet aux enfants d’apprendre que leur corps leur appartient (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.”
“Le gouvernement nous demande de voter une seconde fois sur la question de la perpétuité. Si l’Assemblée a supprimé vendredi l’article qui la prévoyait, c’est parce que nos rangs à gauche étaient pleins, quand ceux de la Macronie, de la droite et de l’extrême droite étaient vides. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“…et de détecter les enfants victimes d’agression. Nous assumons de poser la question… (Le temps de parole étant écoulé, Mme la présidente coupe le micro de l’oratrice. – Les députés du groupe LFI-NFP se lèvent et applaudissent cette dernière. – Exclamations sur les bancs du groupe RN.)”
The complete record
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“Déjà dit ! Quid de l’impérialisme états-unien ?”
“Vous avez peur de prononcer le nom de Trump !”
“Et vous, vous vous couchez devant Trump !”
“Vous tomberez ; et lorsque vous tomberez, le peuple vous regardera et vous rappellera cette leçon de Gérard de Nerval : « C’est que le peuple aussi, malheur à qui l’éveille […] . / Pour que tout au-dessus de l’immense édifice, penche et se démolisse / il ne lui faut qu’un mouvement. » Vous tomberez. (Les députés du groupe LFI-NFP se lèvent pour applaudir.)”
“En toute hypothèse, et ne vous en déplaise, vous n’échapperez ni au scrutin des municipales ni à celui de la présidentielle. Vous devrez rendre des comptes. Lorsque toutes les personnes que vous avez appauvries, humiliées, opprimées et stigmatisées relèvent la tête et vont aux urnes, apparaît une vérité qui vous effraie : nous sommes plus nombreux que vous. Nous sommes plus nombreux que vous ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Sachez que le temps où vous pensiez pouvoir faire souffrir les gens sans qu’ils opposent une résistance est terminé. Les mobilisations sociales en cours en sont une démonstration supplémentaire et nous nous en réjouissons. Monsieur le premier ministre, quand le peuple se rappelle qu’il est peuple, il vous fait peur – et vous avez raison d’avoir peur.”
“(Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) En plus de débarrasser le pays de votre gouvernement de malheur, vous verrez que, suivant les règles de la politique, qui vous font perdre cent députés à chaque élection législative, il ne restera plus alors aucun macroniste dans cette assemblée ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – M. Alexandre Dufosset s’exclame.) Le peuple vous regarde, et il est prêt à vous battre dans les urnes. Pour nous, le vote populaire ne sera jamais une menace : le peuple, en toutes circonstances, est le seul souverain dont nous reconnaissons l’autorité.”
“(Mêmes mouvements.) Un cessez-le-feu avec, en moyenne, un enfant palestinien tué chaque jour, n’est pas un cessez-le-feu ! Nous avons honte de vous voir continuer à défendre l’Otan, emmenée par un État qui nous menace et nous rançonne. Les Insoumis, au pouvoir, auraient immédiatement rejoint le front du refus porté par la Colombie, le Brésil, le Mexique ou encore l’Espagne. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – Exclamations sur les bancs du groupe RN.) Car la France ne sera jamais la vassale des États-Unis ! Vous pensez nous faire peur en agitant le spectre d’une dissolution en cas de vote de cette motion de censure. Chiche, monsieur le premier ministre : faites-le !”
“Quant aux agents du service après-vente du Pentagone, qui voudraient faire croire que les États-Unis agissent pour la liberté et la démocratie, qu’ils regardent en face l’assassinat de Renee Nicole Good par la police de l’immigration. (Mêmes mouvements.) Monsieur le premier ministre, il était de notre devoir, comme Français, de condamner dès la première minute l’impérialisme états-unien – de dire que Trump, avec Poutine et Netanyahou, détruit le droit international. Car la servilité ne produit rien d’autre qu’une extension de la domination du plus fort. Elle est la dernière des faiblesses et un manque de fidélité à notre tradition diplomatique. Vous nous faites honte – comme nous avons honte de voir la France complice du génocide toujours en cours à Gaza.”
“Celui qui s’autoproclame président du Venezuela pour voler son pétrole, celui qui s’affranchit de tout droit international, a applaudi des deux mains la complaisance insupportable du président français en partageant sa réaction sur son réseau social. Cautionner l’enlèvement d’un président en exercice et de son épouse dans une opération qui a fait cent morts, c’est cautionner le kidnapping comme méthode politique. C’est accepter, demain, la main basse des États-Unis sur le Groenland, sur Cuba, sur le Mexique, sur la Colombie et sur la Palestine. Vous légitimez les adorateurs de la force en refusant de défendre le droit international.”
“Le peuple vous regarde, et comment pourrait-il reconnaître en vous le goût pourtant partagé d’une France indépendante et fière de sa voix singulière ? Vous servez de paillasson aux États-Unis d’Amérique et à son dirigeant d’extrême droite – trop lâches pour dénoncer l’acte de guerre commis par Donald Trump contre la souveraineté vénézuélienne, trop lâches, même, pour nommer l’auteur de l’agression – pas plus Trump que les États-Unis. Trop lâches, vous abaissez la France. (Mêmes mouvements.)”
“Vous ajoutez à cela une brutale répression du mouvement des agriculteurs partout déployés dans le pays, en allant jusqu’à placer en garde à vue les porte-parole nationaux de la Confédération paysanne. (« C’est une honte ! » sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.) Comme contre les gilets jaunes, contre le mouvement climat, contre la révolte des quartiers populaires, votre répression est impitoyable quand il s’agit de défendre les intérêts de l’argent. Oui, vous êtes un gouvernement de vassaux, car jamais la France, pays fondateur de l’Union européenne, n’aurait dû se faire imposer cet accord contre ses intérêts stratégiques. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Les Insoumis, au pouvoir, désobéiront pour refuser l’application de ce traité sur notre sol. (Mêmes mouvements.)”
“(Mêmes mouvements.) Le peuple vous regarde, et personne n’a envie de vous accompagner dans votre chute. Il faut que vous partiez. Cette capitulation devant von der Leyen est un scandale démocratique. Vous avez accepté le contournement des parlements nationaux. Vous acceptez même que l’Union européenne puisse mettre en œuvre provisoirement l’accord, avant même le vote de ratification du Parlement européen.”
“Le peuple vous regarde, et avec lui les agriculteurs qui nourrissent le pays. Monsieur le premier ministre, votre capitulation leur coûte cher et la France risque d’en payer le prix. Vous menacez de mort l’agriculture familiale française en laissant entrer en Europe pas moins de 180 000 tonnes de volaille, 99 000 tonnes de bœuf, 45 000 tonnes de miel et même 35 000 tonnes de fromage. Vous abandonnez toutes les exigences agricoles, écologiques et sanitaires. Vous renoncez à la souveraineté alimentaire du pays pour importer ce que nous savons déjà produire, sans gavage systématique aux hormones de croissance, sans gigantesques fermes usines et sans cocktails toxiques à base de pesticides bannis de l’Union européenne pour leurs effets cancérigènes.”
“…et de quelques vagues engagements complètement inapplicables. Il n’y a qu’un miroir dans cet accord, et il vous renvoie le reflet de votre incompétence duplice ! (Mêmes mouvements.)”
“Votre responsabilité est totale dans cette humiliation. Personne ne croit à votre bonne foi. Personne n’y croit, et lorsqu’un pouvoir est à ce point déconfit et méprisé, il est de notre devoir de le censurer. (Mêmes mouvements.) Car, pendant des années, non seulement vous ne vous êtes pas opposés à cet accord, mais vous l’avez soutenu. Emmanuel Macron déclarait par exemple, en 2019 : « À ce stade, l’accord est bon. » En juin 2023, le ministre du commerce extérieur, affirmait : « Nous n’avons jamais été opposés à la signature de cet accord. Il faut évidemment conclure. » Il y a deux mois encore, Emmanuel Macron se disait « plutôt positif » quant à son adoption. Depuis huit ans, vous vous moquez de nous en prétendant améliorer cet accord par l’ajout de clauses miroirs…”
“Vous avez trahi les 80 % de nos concitoyens qui s’y opposent, vous avez trahi vingt-cinq années de résistance citoyenne, des syndicats agricoles dans leur ensemble, de dizaines d’associations, de collectifs et d’experts qui vous l’ont dit sur tous les tons : nous ne refusons pas le traité de libre-échange avec le Mercosur « en l’état », comme vous aimez le dire – nous refusons l’accord tout court ! (Mêmes mouvements.) Officiellement, la France a voté contre l’accord entre l’Union européenne et le Mercosur. Cette opposition de façade ne fait pourtant oublier à personne les huit années de participation aux négociations, durant lesquelles Emmanuel Macron n’a rien empêché ni rien bloqué. (Mêmes mouvements.)”
“Monsieur le premier ministre, vous affaiblissez la France en divisant le peuple. Le peuple, qui tient à son unité, vous regarde, et avec vous l’asservissement international de la France. Vous dirigez, à l’intérieur, un gouvernement de vassaux devant les riches. À l’extérieur, vous voici humiliant notre pays devant la Commission européenne et l’empire états-unien. (Mêmes mouvements.) Oui, vous avez trahi la souveraineté populaire, en capitulant devant Bruxelles sur le traité de libre-échange le plus dangereux de l’histoire de l’Union européenne. Vous avez trahi le vote de cette assemblée, qui a manifesté à l’unanimité sa volonté de rejeter ce traité d’un autre siècle. (Mêmes mouvements.)”
“(Mêmes mouvements.) La France de Macron, c’est CNews, la chaîne du milliardaire d’extrême droite, qui emploie 30 000 fois le mot « islam » entre 2020 et 2024, soit vingt et une fois par jour, qui dicte ses obsessions racistes au reste de la sphère médiatique et qui pourrit l’atmosphère politique du pays. (Mêmes mouvements.) La France de Macron, ce sont des soignantes, comme Majdouline, licenciée parce qu’elle portait un calot ou Mélina, exclue de son lycée et déscolarisée pour avoir porté un turban de chimio. Voilà à quoi mène le climat islamophobe dans le pays.”
“Vous qui disiez pourtant en 2017 que, d’ici un an, plus personne ne dormirait à la rue, vous comptez dans vos rangs un ancien ministre qui exulte et qui appelle de ses vœux des expulsions de masse. Voilà quelle est la brutalité que tout le monde voit, et que bien trop subissent. (Mêmes mouvements.) Le peuple vous regarde, et avec lui la passion et la fierté de l’égalité qui animent la France. La ruine que vous avez produite n’est pas uniquement économique ; elle est aussi morale. L’air devient irrespirable. Au cours de la même année, Aboubacar Cissé, Hichem Miraoui et Djamel Bendjaballah ont été assassinés par l’extrême droite. Vous voilà pourtant à crier « à bas le voile ! », vous voilà à vous taire face à des défilés de néonazis ou face à une chasse aux personnes noires dans la Creuse.”
“Vous resterez comme ceux qui ont détruit méthodiquement le pays et son avenir. Sous Macron, dans la septième puissance économique du monde, une personne sur trois se prive régulièrement de repas pour nourrir ses enfants. Neuf étudiants sur dix ont déjà connu une détresse psychologique. Des enfants placés sous la responsabilité de la nation, dans le cadre de l’aide sociale à l’enfance, tombent dans la prostitution, quand ils ne se suicident pas dans des chambres d’hôtel – je pense à Lily – ou quand ils ne se retrouvent pas, à leur majorité, à vivre à la rue. Des patients meurent sur des brancards après des heures d’attente. Des centaines de personnes, chaque année, meurent de la rue – meurent de vos choix politiques.”
“Le peuple vous regarde. Il vous regarde avec dégoût et colère, comme on regarde quelqu’un qui a trahi. Mais vous êtes des traîtres d’un genre nouveau : de ceux qui déçoivent des espoirs que l’on n’avait jamais placés en eux. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Car personne n’attend plus rien de vous, si ce n’est votre départ. Au dégoût et à la colère s’ajoute la profonde lassitude que vous faites éprouver au pays en souhaitant absolument, envers et contre tout – et surtout contre la volonté populaire –, vous maintenir au pouvoir. Vous voulez imposer brutalement une politique minoritaire, illégitime et détestée. Monsieur le premier ministre, vous nous trouverez toujours sur votre chemin. (Mêmes mouvements.) Le peuple vous regarde, et avec lui l’histoire de notre République, que vous abîmez.”
“Rappelez-moi à l’ordre, pas de problème !”
“Vous n’avez pas dit la même chose après l’échec du projet de Deva ! (Vives exclamations sur les bancs des groupes RN, EPR, DR et HOR.)”
“Vous auriez dû étudier l’histoire, un peu ! (Protestations sur plusieurs bancs du groupe EPR.)”
“On a donc le droit d’enlever un président ?”
“Monsieur le premier ministre, plutôt que la servilité devant un empire, quand allez-vous retrouver la voix d’une France non alignée, pour la paix et pour le droit international ? (Les députés du groupe LFI-NFP se lèvent et applaudissent.)”
“Emmanuel Macron nous fait honte. Ni condamnation ni mention de l’agresseur : jusqu’où le Président abaissera-t-il la France ? Pourquoi s’est-il couché devant Donald Trump en refusant de défendre le droit international ? Pourquoi défendre l’Otan au service d’un État qui nous menace et nous rançonne ? Monsieur le premier ministre, accepter que le droit international soit à géométrie variable, c’est légitimer le règne de la violence généralisée (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP) ; c’est cautionner l’invasion de l’Ukraine et le génocide du peuple palestinien ; c’est s’incliner devant l’annexion du Groenland, annoncée par Trump, et devant ses menaces au sujet de Cuba ou de la Colombie. La France ne sera jamais la vassale des États-Unis et de son dirigeant d’extrême droite.”
“Personne n’est dupe. L’enjeu n’est pas la nature du gouvernement vénézuélien. Les changements qui doivent intervenir appartiennent au peuple et à lui seul. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – Mme Elsa Faucillon applaudit également.) L’enjeu est d’affirmer que de telles agressions, au mépris de la Charte des Nations unies, sont inacceptables. La France doit parler d’une voix forte pour s’opposer à cet impérialisme forcené, aux côtés de la Colombie, du Brésil, du Mexique ou encore de l’Espagne. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Trump, qui opprime les femmes, les LGBT, les musulmans et les réfugiés, est repeint en héros des droits humains par des atlantistes fanatisés.”
“Les États-Unis sont une puissance impérialiste. Ils ne connaissent que leur intérêt. Cet intérêt est hostile au droit des peuples et à la France comme puissance de paix. Donald Trump vient d’agresser le Venezuela en toute illégalité. Il s’en est vanté, comme il s’est vanté des bombardements sur des civils et de l’enlèvement du président et de son épouse. Avec Poutine et Netanyahou, il détruit le droit international. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Il admet qu’il agit pour le pétrole vénézuélien. Pourtant, il y a toujours des agents du service après-vente du Pentagone pour faire la propagande à sa place. Certains voudraient faire croire que les États-Unis agissent pour la liberté et la démocratie.”
“Cela est déjà fait par écrit, et par plusieurs groupes !”
“C’est à nous, parlementaires, de vous contrôler, pas l’inverse !”
“(Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP et sur quelques bancs du groupe EcoS.) L’histoire que nous reconnaissons aujourd’hui doit nous rappeler ce que nous risquons de perdre demain si nous baissons la garde. (Les députés du groupe LFI-NFP se lèvent et applaudissent. – Mme Marie-Charlotte Garin applaudit également.)”
“Huit femmes sur dix sont toujours confrontées à un frein à l’avortement en France, tandis que plus d’une femme sur deux déclare avoir attendu plus de sept jours pour obtenir un rendez-vous, alors que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande de ne pas dépasser un délai de cinq jours. Le combat féministe, cette lutte multimillénaire pour l’émancipation, continue plus que jamais. J’évoque pour finir des femmes qui ne sont pas mentionnées dans ce texte bien qu’elles méritent d’obtenir réparation. Alors que l’État, en France hexagonale, refusait aux femmes de disposer de leur corps, des milliers de femmes étaient stérilisées et forcées à avorter dans les années 1960 et 1970 sur l’île de La Réunion, au nom d’une politique coloniale et raciste. Nous leur rendons hommage !”
“…ou encore au silence de la France et du gouvernement, malgré ses grandes déclarations sur la diplomatie féministe, alors que 10 millions de dollars de contraceptifs états-uniens sont détruits en Europe.”
“Je pense aussi à l’aberration que constitue la double clause de conscience, toujours pas abolie ; au non-respect de la loi sur l’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle, pour lequel l’État a été condamné à la suite d’une action du Planning familial, de SOS homophobie et de Sidaction (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – Mme Sandrine Rousseau applaudit également) ;…”
“– Mme Sandrine Rousseau applaudit également.) Je regrette que cette proposition de loi, si elle prévoit de reconnaître le préjudice infligé à ces femmes condamnées, n’envisage ni indemnisation ni réparation. Au-delà du travail de mémoire, madame la ministre, il faut poser des actes et regarder en face ce qui continue de mettre en danger les droits sexuels et reproductifs dans notre pays. Je veux parler des coupes budgétaires qui ont causé la fermeture de 130 centres IVG en quinze ans et forcent nombre de femmes à changer de département pour exercer leur droit à disposer de leurs corps, qui accablent aussi le Planning familial dans sa mission d’accueil, de prévention et d’accompagnement.”
“– Mme Céline Thiébault-Martinez applaudit également.) De Trump, qui a abrogé le droit constitutionnel à l’avortement et a même supprimé l’obligation pour les hôpitaux de pratiquer un avortement lorsque la vie de la femme est en danger ; à Orbán, premier ministre hongrois d’extrême droite, qui impose aux femmes d’écouter le cœur du fœtus lorsqu’elles souhaitent mettre fin à une grossesse ; en passant par Meloni, en Italie, qui laisse les associations anti-droits entrer dans les centres de planification familiale – ces mêmes associations qui mettent en scène d’abjects cimetières de fœtus, avec des croix portant le nom des femmes qui ont avorté –, l’extrême droite est et restera à jamais l’ennemi des droits des femmes. Nous la combattrons toujours ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.”
“…siègent pêle-mêle Laure Lavalette, qui a écrit vouloir abroger le droit à l’avortement (Applaudissements prolongés sur les bancs du groupe LFI-NFP. – Mme Sandrine Rousseau applaudit également) , Hervé de Lépinau, qui compare l’avortement à quatorze semaines aux génocides arménien et rwandais, à la Shoah et aux crimes de Daech, ou encore Christophe Bentz, jamais en reste, selon lequel l’avortement est un génocide de masse. Hier encore, votre groupe au Parlement européen s’est opposé ou abstenu sur l’initiative Ma voix, mon choix, tandis que vos alliés, partout dans le monde, attaquent le droit des femmes à être les sujets de leurs vies, à choisir librement. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP et sur plusieurs bancs du groupe EcoS.”
“En corollaire de sa politique nataliste, il avait fait de l’avortement un crime contre la sûreté de l’État, passible de la peine de mort. Rappelons qu’aujourd’hui encore, sur les bancs du RN – étrangement vides ce matin –…”
“Ces victoires doivent d’abord nous rappeler que le droit à l’avortement reste l’enjeu d’une bataille permanente. Rappelons au Rassemblement national que sa criminalisation est l’œuvre de ceux dont ils héritent : le régime de Vichy condamna 5 000 femmes pour avortement. (Mme Pascale Bordes proteste.)”
“Cette victoire résonne comme une promesse faite à nos filles, à nos petites-filles et à nos arrière-petites-filles qu’elles n’auront pas moins de droits que nous, que les générations futures n’auront jamais à ingurgiter de l’eau oxygénée ou du détergent ni à s’introduire dans l’utérus une aiguille à tricoter dans des arrière-cuisines, causant parfois leur propre mort. Hier, le Parlement européen a adopté, malgré l’obstruction indigne de la droite et de l’extrême droite, l’initiative citoyenne européenne Ma voix, mon choix. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.) Les féministes de toute l’Europe ont fait entrer au Parlement une revendication historique : garantir l’accès à l’avortement sûr et universel partout en Europe.”
“C’est dire que les militantes féministes ne sont pas des « sales connes » (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP et sur quelques bancs du groupe EcoS) ; affirmer que, pour la République, elles ne sont pas des menaces, mais une force motrice. Il y a moins de deux ans, nous arrachions la constitutionnalisation du droit à l’avortement, une victoire associative, militante, à mettre à l’actif des Insoumis – puisque j’ai eu l’honneur de la défendre et de la faire voter lors de la niche parlementaire de notre groupe (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP) – et parlementaire.”
“Avec cette proposition de loi, nous rendons leur dignité aux femmes criminalisées pour avoir exercé ce qui est désormais reconnu comme un droit fondamental : le droit de disposer de son corps, de choisir d’avoir ou non un enfant. Entre 1870 et 1975, 11 660 personnes ont été condamnées pour avoir pratiqué ou eu recours à un avortement. Avant d’être reconnues comme des militantes, beaucoup ont été traitées comme des criminelles. Celles qui ont ouvert la voie à ce droit humain ont été hier humiliées, traquées, emprisonnées. Reconnaître le préjudice qu’elles ont subi, c’est rendre justice à cette histoire collective.”
“Dans les pays gouvernés par l’extrême droite, par exemple !”
“Faire le choix de l’intérêt général, c’est le rejeter !”
“François Cormier-Bouligeon et Emmanuel Mandon s’exclament.) Nous, Insoumis, nous opposons à ce texte et fondons notre vote sur ces mots du communiste Ambroise Croizat : « Jamais nous ne tolérerons que soit renié un seul des avantages de la sécurité sociale. Nous défendrons à en mourir, et avec la dernière énergie, cette loi humaine et de progrès. » (Les députés du groupe LFI-NFP se lèvent et applaudissent. – M. Édouard Bénard applaudit également.)”
“(Mêmes mouvements.) Ce changement d’alliance, personne n’en parle mieux qu’Olivier Faure lui-même, dont je cite les propos d’août 2024 : « Macron vous dira que vous pourrez faire quelque chose sur les retraites, que vous aurez un peu d’argent pour le smic. […] La seule condition, c’est que vous rapportiez le scalp du Nouveau Front populaire, que vous puissiez dire que […] désormais », c’est à « ceux qui ont été battus à trois reprises dans les urnes […] de gouverner. […] Voilà ce que nous n’accepterons jamais ! […] Aucun socialiste n’acceptera de devenir le supplétif de la Macronie. » (Mêmes mouvements.) J’invite donc les députés de ce parti à refuser d’être les supplétifs de la Macronie et les députés écologistes à unir leur raison à leur cœur pour rejeter ce budget de malheur. (MM.”
“C’est surtout valider la retraite à 64 ans, alors qu’elle n’a jamais été votée et que l’abrogation du vol de deux années qu’elle représente est toujours majoritaire, dans le pays comme dans cette assemblée. (Mêmes mouvements.) Voter en faveur de ce budget, c’est, précisément, sauver Macron. Il y a deux mois, le débat politique et médiatique portait sur le départ du monarque présidentiel. Désormais, il se concentre sur l’identité de ceux qui vont payer l’addition des cadeaux faits aux ultrariches : les malades du cancer, les allocataires du RSA, les personnes en situation de handicap, ou les trois à la fois ? Nous devons cela à un changement d’alliance piteux qui a vu le Parti socialiste se transformer en force d’appoint du régime macroniste finissant.”
“Quiconque vote ce budget se rend complice des pires horreurs qu’il contient. (Mêmes mouvements.) Voter en faveur de ce budget, c’est accepter qu’on fasse les poches de 1,5 million de diabétiques dont les soins seront moins remboursés. C’est accepter jusqu’à 900 euros de baisse annuelle des allocations familiales. C’est approuver l’augmentation des tarifs des mutuelles pour tout le monde.”