Mathilde Panot
LFI-NFP · France
“Aucune association de terrain ne demande cette peine de réclusion à perpétuité. Aujourd’hui, la Ciivise a publié un communiqué pour expliquer, à l’instar de collectifs féministes et enfantistes, les raisons de son opposition absolue à ces mesures. Vous nous dégoûtez ! La perpétuité ne protégera pas les enfants.”
“(Mêmes mouvements.) Vous n’avez toujours pas compris que les violences sexuelles commises sur des enfants relèvent d’un phénomène de domination. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – Mme Sandrine Rousseau applaudit également.) Vous n’avez toujours pas compris que les violeurs sont nos pères, nos oncles, nos grands-pères.”
“Depuis ce vote, les amis de Marine Le Pen, Gabriel Attal et Édouard Philippe expliquent partout que s’opposer à la perpétuité revient à défendre et à protéger les pédocriminels. (« Oui ! » sur les bancs des groupes RN et DR.) Je le dis solennellement ici : vous nous dégoûtez ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.”
“Vous n’avez pas eu un mot sur le scandale de Bétharram, vous défendez mordicus Jean-Marc Morandini, définitivement condamné pour corruption de mineur, et vous combattez l’éducation à la sexualité, alors qu’elle permet aux enfants d’apprendre que leur corps leur appartient (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.”
“Le gouvernement nous demande de voter une seconde fois sur la question de la perpétuité. Si l’Assemblée a supprimé vendredi l’article qui la prévoyait, c’est parce que nos rangs à gauche étaient pleins, quand ceux de la Macronie, de la droite et de l’extrême droite étaient vides. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“…et de détecter les enfants victimes d’agression. Nous assumons de poser la question… (Le temps de parole étant écoulé, Mme la présidente coupe le micro de l’oratrice. – Les députés du groupe LFI-NFP se lèvent et applaudissent cette dernière. – Exclamations sur les bancs du groupe RN.)”
The complete record
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“» au lendemain des bombardements états-uniens contre des installations nucléaires, comment ne pas se souvenir qu’en 2003 il disait : « Attaquer Saddam Hussein ? Oui bien sûr ! » ? Quand Marine Le Pen déclare que les « frappes américaines doivent être saluées », quand un député macroniste affirme qu’« évidemment ces frappes sont utiles pour la paix et la sécurité du monde », comment ne pas penser aux tribunes de 2003 célébrant le lendemain même l’invasion de l’Irak dans le journal Le Monde ? Les amis des bombes sont toujours les mêmes, eux qui pensent que la guerre est une abstraction, et qu’elle ne leur tombera jamais dessus. (Mêmes mouvements.) La guerre préventive, c’est la fin de tout le droit international. Vous pouvez faire la guerre tout le temps, partout, car il y a toujours des raisons de penser que l’on puisse être menacé.”
“Les mêmes qui défendaient mordicus que l’Irak détenait des armes de destruction massive affirment aujourd’hui que l’Iran serait sur le point de devenir une puissance nucléaire, alors que toutes les agences de renseignement disent le contraire. (Mêmes mouvements.) Le ridicule ne tuant pas, ce sont les mêmes qui hantent les plateaux télévisés pour conseiller toujours plus de bombes sur toujours plus de civils, l’éditorialiste Caroline Fourest allant jusqu’à dire que le peuple iranien devrait payer le « prix du sang ». Ces propagandistes de guerre sont dangereux. La guerre, ils la vendent, mais ils ne la font jamais, c’est bien commode. Quand Bernard Henri-Lévy proclame « Je le dis de tout de mon cœur. Merci, Président Trump ! Merci pour Israël !”
“Vous êtes restés muets devant les frappes sur les installations nucléaires iraniennes, pourtant considérées comme des crimes de guerre, et faisant peser un risque de contamination radioactive. Vous devez refuser la guerre, tout particulièrement la guerre préventive. (Mêmes mouvements.) En droit international, la guerre préventive n’existe pas. Ce prétendu principe a été inventé pour les besoins de l’administration Bush junior en 2003, contente de tuer Saddam Hussein, que les États-Unis avaient pourtant aidé contre l’Iran. Pas moins de 1 million de morts plus tard, après la naissance de Daech largement permise par ces brillants stratèges, les mêmes osent revenir défendre cette idée.”
“Puisqu’Israël a attaqué en premier, la France n’avait aucunement à participer à sa défense. En affirmant, après les bombardements de la nuit du 12 juin, l’attachement de la France au droit d’Israël à se défendre, vous avez fait mine d’ignorer que c’était précisément Israël qui avait attaqué en premier lieu. Vous avez rompu avec l’attachement de la France au droit international, capitulé sans conditions devant l’internationale réactionnaire en ralliant la doctrine de la guerre préventive. (Mêmes mouvements.) Cela vous a conduits à regarder, impuissants, les frappes israéliennes sur la prison d’Evin, dans laquelle sont pourtant enfermés deux Français, Cécile Kohler et Jacques Paris, ainsi que la jeunesse condamnée à mort par le régime iranien.”
“Vous devez refuser cette guerre sans limite qui ne mène à rien, sinon à la déstabilisation toujours plus grande du Proche-Orient, et par là du monde entier. Nous vous avons demandé ce débat car nous avons été stupéfaits de votre incapacité à condamner l’agression israélienne contre l’Iran, dont il ne fait aucun doute qu’elle est contraire au droit international. Vous avez mis dix jours à nous répondre et vous refusez aujourd’hui que la représentation nationale puisse voter. La position de la France vis-à-vis d’une guerre de cette ampleur ne peut dépendre de la volonté d’un seul homme, fût-il le président de la République. En 1967, le Général de Gaulle disait au gouvernement d’Israël que si Israël était attaqué, nous ne le laisserions pas détruire mais que si Israël attaquait, nous condamnerions son initiative.”
“Il fut un temps où l’obsession de la diplomatie française n’était pas de plaire aux seuls occidentaux, incapables de comprendre les transformations en cours, mais de parler au monde entier. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) La France doit demander des explications au chancelier allemand Friedrich Merz qui a considéré qu’Israël faisait le « sale boulot pour nous tous » en déclenchant un conflit régional et en bombardant des installations civiles, ce qui est un crime de guerre. Nous n’aimons pas, alors que notre voisin veut devenir la première armée conventionnelle d’Europe, entendre des mots d’une telle violence, et si éloignés du droit international. (Mêmes mouvements.) Vous devez refuser la guerre.”
“Je voudrais tout d’abord saluer et remercier, en notre nom à tous, les pompiers qui se sont mobilisés pour intervenir au plus vite. (Applaudissements sur tous les bancs.) Président, monsieur le premier ministre, collègues, vous devez refuser la guerre. La France doit parler haut et fort, pour que sa voix cesse d’être couverte par le bruit des bombes. Hélas, vos atermoiements ont rendu la position de notre pays inaudible. Il y a un siècle déjà, Jean Jaurès prévenait les contemporains de son temps séduits par la violence exacerbée : « On ne fait pas la guerre pour se débarrasser de la guerre ». Ses leçons valent pour aujourd’hui. Le monde est au bord d’un gouffre, placé là par l’inconséquence et la déraison totale de ceux qui aiment à se poser en dirigeants du bloc occidental.”
“Cela fait vingt minutes qu’il parle et il n’a pas encore eu un mot pour Gaza ! (Protestations sur les bancs des groupes EPR et DR.)”
“N’importe quoi ! Vous êtes vraiment des menteurs…”
“Mais vous allez tellement subir, avec le nucléaire. Vous n’avez donc rien compris !”
“Voter pour continuer dans la voie du tout-nucléaire est une folie qui nous engage non pas pour dix ans, mais pour des centaines de milliers d’années. Nous serons toujours aux côtés de ceux qui la refusent ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP ainsi que sur de nombreux bancs du groupe EcoS.)”
“Nous voulons, nous, une véritable planification écologique. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Il faudra discuter du fait que le nucléaire est plus cher que les énergies renouvelables ; c’est même un gouffre financier. Il faudra discuter du fait que le nucléaire n’est pas résilient vis-à-vis du dérèglement climatique. Toutes les études scientifiques prévoient une baisse du débit de 40 % du Rhône, fleuve le plus nucléarisé de France : on ne pourra plus refroidir les réacteurs nucléaires. Vous devriez réfléchir aux travailleurs du nucléaire, notamment du nucléaire low cost que vous prévoyez.”
“Enfin, les macronistes, pour la quatrième fois en un mois, nous disent qu’ils voteront probablement contre et que, donc, rien de ce que nous discutons ici ne servira à quoi que ce soit. Le peuple français n’a jamais choisi de lier son destin à l’atome.”
“Le projet a alors été reporté vers la Meuse : on espérait que le peu d’habitants – c’est un des départements les moins peuplés de notre pays – empêcherait la contestation. Eh bien, il faut le constater : la contestation est là, et elle continuera. Nous serons nombreux et nombreuses, le 20 septembre, à Bure, pour lutter contre le nucléaire et son monde. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP ainsi que sur de nombreux bancs du groupe EcoS.) Réalisez, collègues, que nous discutons d’une proposition de loi, déposée, comme d’habitude, par un sénateur – même pas d’un projet de loi. Le texte n’est donc accompagné d’aucune étude d’impact. Et le gouvernement nous dit qu’il ne sait pas ce qu’il mettra dans la programmation pluriannuelle de l’énergie, après deux ans de retard puisque celle-ci devait être adoptée en 2023.”
“Mais pendant ces huit années, ils ont été interdits de territoire, ils ont eu interdiction de se voir entre eux ; vous avez dévoyé les moyens antiterroristes en posant des balises sous leurs véhicules ; les 54 000 conversations téléphoniques interceptées durent seize années au total. Tout cela pour rien ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP ainsi que sur de nombreux bancs du groupe EcoS.) Voilà qui devrait vous faire réfléchir. Un premier site choisi avant celui de la Meuse se trouvait dans les Deux-Sèvres. Il a été abandonné face à la lutte implacable des paysans qui ont refusé qu’on déverse les déchets nucléaires chez eux, et après la mort de deux jeunes.”
“Certains parlent par exemple d’entreposer les déchets en surface, ou proches de la surface : cela n’a pas été étudié. Nous allons donc nous lancer dans ce projet qui engage le futur de façon démentielle. Monsieur le ministre, je suis très heureuse, avec mon groupe parlementaire, que votre autoritarisme, votre volonté d’imposer partout le nucléaire et son monde, aient reçu un coup de frein grâce à la décision de justice rendue en faveur des militants de Bure, qui luttent pour l’intérêt général, pour que la Meuse ne devienne pas une poubelle nucléaire. Ces militants ont été relaxés après huit ans pendant lesquels on a criminalisé leur action, les accusant de constituer une association de malfaiteurs : toutes les charges ont été abandonnées.”
“(Mêmes mouvements.) Je vous donne un exemple : en 2018, nous avons retrouvé à proximité de Verdun une usine de destruction d’obus, qui polluait les sols avec du plomb, du zinc et de l’arsenic – c’est comme cela qu’elle a été découverte. Cette usine avait détruit, dans les années 1920, 1,5 million d’obus chimiques et 30 000 obus explosifs. Cent ans après, nous ne savions plus que cette usine avait été là ! Comment allez-vous faire pour que, dans 100 000 ans, on se rappelle qu’il y a des déchets nucléaires à cet endroit ? C’est impossible. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Si vous avez autant besoin de Cigeo, c’est parce que c’est la condition pour que le nucléaire continue, puisque personne ne sait que faire des déchets. Il a été démontré que les scénarios alternatifs n’ont pas été sérieusement étudiés.”
“Il faut imaginer qu’il y a moins de temps entre notre génération humaine – celle qui vit actuellement sur Terre – et celle qui nous a légué, il y a 20 000 ans, les chevaux et les mammouths des peintures rupestres, entre notre génération et celle qui sera là dans 100 000 ans, lorsque les déchets nucléaires auront cessé d’être radioactifs. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.) Telle est l’ampleur du choix que l’on s’apprête à faire ! Monsieur le ministre, monsieur le rapporteur, j’ai pour vous une question très simple : comment allez-vous prévenir les générations futures que des déchets nucléaires sont enfouis à cet endroit ? Sur quelle matière ? Dans quelle langue ?”
“Au moment où nous devons nous prononcer sur l’ensemble de ces amendements, je souhaite que nous réalisions le choix de civilisation que nous nous apprêtons à faire. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP. – Exclamations sur plusieurs bancs des groupes RN, EPR et DR.) J’utilise ce terme à dessein. Si vous vouliez être un peu plus intelligents (Nouvelles exclamations sur les bancs des groupes RN, EPR et DR) , vous iriez lire la bande dessinée d’Étienne Davodeau, Le Droit du sol . L’auteur y raconte son périple depuis la grotte de Pech Merle jusqu’au site Cigeo, à Bure, dans lequel doit se faire l’enfouissement des déchets nucléaires pour au moins 100 000 ans.”
“Ils ne viennent pas souvent, il ne faut pas leur en vouloir !”
“Parler longuement ne fera pas revenir les macronistes ! Ils ne sont pas là !”
“L’opérateur Bouygues a été condamné pour travail dissimulé lors de la construction du réacteur. Une panne a touché deux des quatre détecteurs permettant de vérifier la pression et un déséquilibre hydraulique de la cuve a été repéré. Le tout, alors que la Cour des comptes prévoit que cette installation aura une rentabilité médiocre. Voilà ce qu’on peut attendre du programme EPR 2, censé faire advenir la nouvelle génération de réacteurs nucléaires. Ce sera un fiasco total et un gouffre financier. Il est impossible de continuer dans cette direction, alors que l’EPR de Flamanville a démontré l’échec de cette politique d’un autre temps. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Que s’est-il passé avec l’EPR de Flamanville ? Le coût du chantier a été multiplié par sept et sa durée a été multipliée par quatre. L’EPR ne fonctionne toujours pas à plein régime et a dû rester à l’arrêt soixante-seize jours durant ses cent premiers jours d’exploitation. On y a constaté, tenez-vous bien, des fissures dans la fondation, un manque d’indépendance des systèmes de contrôle et de commande, des piliers de béton percés, un mur de la piscine endommagé, des pièces électriques défectueuses, un problème sur la cuve et le couvercle et des soudures défaillantes. En outre, les plans confidentiels de l’EPR, qui contenaient des informations très précises en matière de sécurité, se sont évaporés dans la nature et le gouvernement n’a jamais réagi à ce sujet.”
“Il est notable que ce qui reste de la minorité présidentielle ait choisi de nommer son groupe Ensemble pour la République – « EPR » –, alors que l’EPR est le plus grand fiasco industriel jamais connu par notre pays.”
“Elle résultait d’une cascade de défaillances dans la chaîne de sous-traitance, qui aurait pu conduire à un accident nucléaire très grave. Dès lors que la sous-traitance dans l’industrie du nucléaire fait naître une filière low cost, nous devions planifier la sortie du nucléaire, au lieu de persister dans cette folie d’un autre temps.”
“Tout le monde comprend aussi que, parce qu’ils travaillent à des cadences plus élevées et qu’ils sont moins protégés, ils mettent en danger, outre leur santé, celle de leur environnement, ce qui pose un problème de sécurité. À cet instant, je veux rendre hommage à Gilles Reynaud, défunt président de l’association Ma Zone contrôlée. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Mort récemment, cet Insoumis défendait les droits des travailleurs. Il aurait aimé pouvoir vous présenter ici les conséquences certaines d’une politique de relance du nucléaire menée alors que nous ne disposons plus des savoir-faire qui permettraient son succès. J’insiste sur cette question sociale, dont l’enjeu est aussi la sécurité du nucléaire. Monsieur le ministre, vous devriez tirer les leçons de la chute du générateur de vapeur de Paluel !”
“Permettez-moi d’aborder un sujet sur lequel le gouvernement ne s’est jamais prononcé, alors qu’il avait été mis en lumière par la commission d’enquête de 2018 sur la sûreté et la sécurité des installations nucléaires, dont Barbara Pompili était la rapporteure : l’émergence d’une filière nucléaire low cost. Depuis lors, ce phénomène s’est encore aggravé. Aujourd’hui, 80 % de la maintenance des installations nucléaires est assurée par des sous-traitants, dont les employés reçoivent 80 % de la dose radioactive. Tout le monde comprend le danger que courent ces personnels, qui ne jouissent pas des protections prévues à l’article 4 du statut des industries électriques et gazières (IEG).”
“Vous n’avez pas même envisagé d’alternative !”
“Non, ce sont les sous-traitants qui prennent des risques ! Ils reçoivent 80 % des radiations !”
“Quatre-vingts pour cent de la maintenance y est assurée par des sous-traitants !”
“Honte à vous ! Cela fait trois jours qu’elle est détenue ! (Exclamations sur divers bancs.)”
“Monsieur le premier ministre, vous reprenez les éléments de langage de Netanyahou. Convoquez l’ambassadeur israélien pour exiger une libération immédiate et inconditionnelle ! (Les députés du groupe LFI-NFP se lèvent et applaudissent. – Applaudissements sur quelques bancs des groupes SOC et EcoS.)”
“Vingt mois de génocide, mais vous tergiversez pour reconnaître l’État de Palestine. Vous refusez l’embargo sur les armes et les sanctions contre Israël. Monsieur le premier ministre, pourquoi protégez-vous Netanyahou plutôt que nos concitoyens et qu’une représentante du peuple ? Pourquoi ne faites-vous rien pour faire respecter notre pays et le droit international ? (Les députés du groupe LFI-NFP se lèvent et applaudissent. – Applaudissements sur quelques bancs des groupes SOC, EcoS et GDR.)”
“Gloire aux dockers de Marseille ! Gloire aux peuples du monde qui se mobilisent pour le peuple palestinien ! Monsieur le premier ministre, l’arrestation illégale, dans les eaux internationales, d’un équipage ; la détention illégale d’une eurodéputée et de trois de nos concitoyens, depuis trois jours, par un État dirigé par un homme sous mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale, sans un mot de condamnation de votre part, c’est du jamais-vu ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Les 45 000 mails de soutien que vous avez reçus vous dérangent plus que le blocus illégal qu’ils dénoncent. Vous manquez à tous vos devoirs, légalement, moralement, diplomatiquement. Et vous n’avez rien à dire quand une parlementaire subit le chantage insupportable la sommant de reconnaître une action illégale qu’elle n’a pas commise !”
“Ils ont fait plus en dix jours que vous en vingt mois – comme les dockers de Marseille qui, en bloquant l’exportation d’armes vers Israël, ont fait honneur à notre pays. Gloire à la flottille de la liberté ! Gloire à Rima Hassan ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“(Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – MM. Stéphane Peu et Alexis Corbière applaudissent également.)”
“Monsieur le premier ministre, où êtes-vous ? Où est la France ? Mourir de faim ou mourir d’une balle. Avez-vous vu les images insoutenables des Palestiniens abattus par l’armée israélienne alors qu’ils venaient juste chercher de l’aide alimentaire ? Où êtes-vous ? Que dites-vous ? Combien de crimes encore allez-vous laisser commettre avant de prendre enfin des sanctions contre l’extrême droite de Netanyahou ? (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – M. Édouard Bénard applaudit également.) Où êtes-vous ? Que faites-vous ? La flottille de la liberté, elle, a vogué pour briser le blocus de l’aide humanitaire. (« Des clowns ! » et autres exclamations sur les bancs du groupe RN.) C’est la fierté de la France que l’équipage compte six de nos concitoyens, dont une représentante du peuple français.”
“Vous n’assumez pas beaucoup, aucun député du socle commun n’est présent pour vous soutenir !”
“Des mots de Victor Hugo, qui se rapportent aisément au monarque présidentiel et à cette réforme que nous refusons de toute notre volonté, nous reviennent en écho : « En général, quand une catastrophe privée ou publique s’est écroulée sur nous, si nous examinons, d’après les décombres qui en gisent à terre, de quelle façon elle s’est échafaudée, nous trouvons presque toujours qu’elle a été aveuglément construite par un homme médiocre et obstiné qui avait foi en lui et qui s’admirait. » (Les députés du groupe LFI-NFP se lèvent et applaudissent. – Applaudissements sur les bancs des groupes GDR et EcoS.)”
“(Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP et sur quelques bancs du groupe GDR.) La vie politique n’échappe pas aux lois de la physique. L’une d’elles est appelée la précession gyroscopique – autrement dit, le retour à l’envoyeur. Elle est aussi valable en politique : le peuple sanctionne toujours ceux qui ne le respectent pas. Bientôt le peuple en finira avec votre politique de malheur et la V e République à bout de souffle.”
“Nous serons toujours les partisans de la civilisation du temps libéré, pour que chacun puisse travailler moins et mieux, tout en recevant sa part des richesses socialement produites. (Mêmes mouvements.) Nous ferons la retraite à 60 ans, la sixième semaine de congés payés et l’augmentation des salaires. On peut situer la fin du mandat d’Emmanuel Macron au jour où Élisabeth Borne, en mercenaire zélée, prononçait ce 49.3 pour imposer la retraite à 64 ans. Cette sécession éclatante avec la souveraineté populaire entraînera votre chute. Votre politique antisociale conduira à votre disparition, et la France devra bientôt choisir entre le camp des racistes et des soutiens au génocide des Palestiniens et le camp de l’union populaire et des principes concrets de l’humanisme.”
“Vous rêvez du Danemark qui a décidé de la retraite à 70 ans. Vous détruisez le modèle social qui fait la fierté de la France dans le monde. (Applaudissements sur les bancs des groupes LFI-NFP et GDR.) Ce qui est en jeu, c’est le refus absolu d’un pays où l’on produit plus pour produire plus mal, où 20 % de la nourriture finit à la poubelle, où règne le tout-gaspillage et le tout-jetable, des objets aux êtres humains. Ce qui est en jeu, c’est la dignité de millions de gens qui après avoir tout subi, tout encaissé pendant des années, refusent de se laisser mépriser et osent se redresser, prendre la parole, se mettre debout. Non, vous ne viendrez jamais à bout de nous.”
“Vous n’avez toujours rien compris, car ce qui est en jeu, c’est le droit de disposer librement de son temps, hors du temps contraint du travail, le droit de passer du temps avec les siens, de s’occuper de son jardin, de prendre soin des autres ; le temps où la société se vit et se lit. Aujourd’hui, 50 % des maires de communes rurales sont des retraités, 40 % des présidents d’associations sont des retraités. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – M. Sébastien Peytavie applaudit également.) Chaque semaine, ce sont des retraités qui effectuent 23 millions d’heures de garde de leurs petits-enfants. Ne comptez pas sur vos petits tableaux Excel pour cela ; ils vous ont déjà conduits à ruiner le pays. Vous voilà, deux ans après, à courir après les folies de la retraite par capitalisation et du travail à n’en plus finir.”
“Une réforme qui touche des millions de personnes dans leur chair et ce pour des générations ; 15 000 personnes qui mourront avant de toucher leur première journée de retraite ; les femmes aux carrières hachées qui se demandent comment tenir jusqu’à 67 ans ; les ouvriers épuisés ; nos compatriotes ultramarins frappés de plein fouet par le chômage et la pauvreté ; les artisans abandonnés ; la jeunesse précarisée. Personne n’a intérêt à votre réforme ; personne n’en veut. Depuis votre réforme, deux fois plus de salariés du privé partent en retraite avec une décote.”
“(Mêmes mouvements.) Lors de l’examen du budget de la sécurité sociale, vous avez rejeté par 49.3 l’amendement insoumis qui tendait à abroger cette réforme, quand bien même il avait été largement adopté. Vous avez inventé une mascarade de conclave. Vous osez même en appeler au dialogue social, alors que vous avez passé cette réforme au forceps contre la volonté populaire. Mais rien n’y fait. Nous voici à nouveau avec cette résolution qui, si elle n’est pas contraignante, montrera que nous sommes toujours largement majoritaires à l’Assemblée pour refuser ce recul de l’âge de la retraite. Majoritaires à l’Assemblée et majoritaires dans le pays, puisqu’en avril 2025, ce sont toujours trois quarts des salariés et deux tiers des Français qui souhaitent l’abrogation de la retraite à 64 ans.”
“Personne n’oublie ces deux ans de travail en plus, cette souffrance infligée à la démocratie. Tout le monde comprend que la retraite à 64 ans aurait dû être abrogée depuis longtemps, surtout après la mobilisation citoyenne massive dans les urnes qui nous a donné la victoire et qui vous a lourdement défaits. (Applaudissements sur les bancs des groupes LFI-NFP et GDR.) Vous avez tout tenté. Vous avez refusé de reconnaître le résultat des urnes. Vous avez fait une obstruction massive lors de notre journée réservée du 28 novembre pour empêcher l’Assemblée de voter la fin de la retraite à 64 ans. Vous combattez le droit d’amendement quand il s’agit de pourrir la santé des Français avec la loi « pesticides », mais pour faire cracher à tout le pays deux ans de boulot supplémentaire, aucun problème !”
“Vous n’aimez la démocratie que lorsqu’elle convient aux intérêts que vous défendez. Malgré votre défaite aux élections européennes de 2024, puis aux législatives qui ont suivi, vous continuez de gouverner comme si de rien n’était. Comme si de rien n’était, vous voici à nouveau devant nous à refuser d’abroger le vol de deux ans de vie subi par le peuple français. Votre gouvernement minoritaire, sans légitimité parlementaire ni populaire, pensait que les gens allaient juste oublier. Oublier que la retraite à 64 ans n’a jamais été votée par l’Assemblée. Oublier que le centième 49.3 de la V e République a été utilisé pour passer en force cette réforme contre l’ensemble des syndicats, contre des millions de grévistes et de manifestants, contre un peuple tout entier. Mais rien n’y fait. Personne n’oublie.”
“La seule fois que vous avez manifesté, c’était pour vous-mêmes !”
“Arrêtez ! Vous avez soutenu le gouvernement !”
“Et on en retrouve dans les eaux de pluie au Japon !”