Mathilde Panot
LFI-NFP · France
“Aucune association de terrain ne demande cette peine de réclusion à perpétuité. Aujourd’hui, la Ciivise a publié un communiqué pour expliquer, à l’instar de collectifs féministes et enfantistes, les raisons de son opposition absolue à ces mesures. Vous nous dégoûtez ! La perpétuité ne protégera pas les enfants.”
“(Mêmes mouvements.) Vous n’avez toujours pas compris que les violences sexuelles commises sur des enfants relèvent d’un phénomène de domination. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – Mme Sandrine Rousseau applaudit également.) Vous n’avez toujours pas compris que les violeurs sont nos pères, nos oncles, nos grands-pères.”
“Depuis ce vote, les amis de Marine Le Pen, Gabriel Attal et Édouard Philippe expliquent partout que s’opposer à la perpétuité revient à défendre et à protéger les pédocriminels. (« Oui ! » sur les bancs des groupes RN et DR.) Je le dis solennellement ici : vous nous dégoûtez ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.”
“Vous n’avez pas eu un mot sur le scandale de Bétharram, vous défendez mordicus Jean-Marc Morandini, définitivement condamné pour corruption de mineur, et vous combattez l’éducation à la sexualité, alors qu’elle permet aux enfants d’apprendre que leur corps leur appartient (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.”
“Le gouvernement nous demande de voter une seconde fois sur la question de la perpétuité. Si l’Assemblée a supprimé vendredi l’article qui la prévoyait, c’est parce que nos rangs à gauche étaient pleins, quand ceux de la Macronie, de la droite et de l’extrême droite étaient vides. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“…et de détecter les enfants victimes d’agression. Nous assumons de poser la question… (Le temps de parole étant écoulé, Mme la présidente coupe le micro de l’oratrice. – Les députés du groupe LFI-NFP se lèvent et applaudissent cette dernière. – Exclamations sur les bancs du groupe RN.)”
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“Ça ne tient plus – jusqu’aux associations qui sonnent l’alerte. Ça ne tient plus, parce que vous êtes le pouvoir qui rogne les libertés associatives et qui baisse les subventions. (Mêmes mouvements.) Monsieur le premier ministre, plus personne ne croit en vous, car nous vous avons déjà vu à l’œuvre. Vous êtes le seul homme du pays à avoir participé à tous les gouvernements d’Emmanuel Macron – tous, sans exception. Depuis 2017, c’est votre haine de classe qui s’est abattue sur le pays.”
“(Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP et sur plusieurs bancs des groupes EcoS et GDR.) Mais le peuple ne veut plus de votre politique. Trois quarts des Français souhaitent le départ du président – son départ, car il refuse obstinément de changer une politique qui a porté le nombre de pauvres à plus de 11 millions dans notre pays, dégradé l’école comme l’hôpital public, malmené notre industrie, érodé notre souveraineté.”
“Vous parlez encore de « socle », alors que le sol se dérobe sous vos pieds. Les deux anciens premiers ministres, Édouard Philippe et Gabriel Attal, pourtant sortis de la cuisse de Jupiter, l’ont bien compris : « Sauve qui peut ! » Il ne fait pas bon être assimilé, de près ou de loin, à Emmanuel Macron. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) En effet, nous assistons depuis un an à une contradiction entre la volonté générale et la volonté d’un seul. Pour vous avoir longuement pratiqués, nous connaissons le prochain acte de ce coup de force : un chantage au budget – ou plutôt à votre budget. Vous n’avez eu, malgré vos défaites, aucun scrupule à appliquer le programme, tout le programme, rien que le programme du macronisme radicalisé.”
“…pour le doublement des franchises médicales et pour le refus de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF). Merci, mais non merci ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) La « responsabilité » serait de donner un sursis à une politique battue dans les urnes. La « stabilité » imposerait de céder aux caprices du président. À cet égard, vous avez raison : il n’y a rien de plus stable qu’un régime autoritaire ! (Exclamations sur les bancs des groupes EPR et Dem.)”
“Trois premiers ministres plus tard, vous voilà tentant de sauver ce qui peut l’être – sans même les apparences. Oui, en politique comme en géologie, chaque secousse contient la suivante et chaque fracture agrandit celle qui la précède ! Après ces dénis démocratiques, quelle ironie de vous entendre parler de « responsabilité », de « compromis », de « stabilité ». Dans votre langage, le « compromis » consiste à rallier votre position, comme si vous étiez le centre de gravité du champ politique. (Mêmes mouvements.) Il faudrait vous remercier pour l’année blanche, pour la baisse des remboursements pour les malades atteints de cancer,…”
“Votre nomination est l’aveu même de l’entêtement du président – mais pour comprendre, il faut revenir aux origines. Il n’est pas d’éruption volcanique sans fissure dans la couche terrestre, comme il n’est pas de séisme politique sans fracture avec le peuple. En 2022, Emmanuel Macron proclame : « Ce vote m’oblige », avant de violenter la nation avec une réforme des retraites empoisonnée. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP et sur plusieurs bancs du groupe EcoS. – M. Marcellin Nadeau applaudit également.) En 2024, Emmanuel Macron perd les élections européennes. Il réplique par la grenade dégoupillée de la dissolution. Retour à l’envoyeur : Emmanuel Macron perd à nouveau les élections. (Mêmes mouvements.) Depuis, malgré les contestations et le mouvement social, le président nie délibérément le verdict des urnes.”
“Contrats courts, bail précaire : le macronisme face à lui-même ! (Rires et applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – M. Benjamin Lucas-Lundy applaudit également.) Devenu premier ministre comme on entre dans les ordres, parti lundi soi-disant en « dernier des gaullistes », revenu vendredi en dernier des fidèles, vous voilà ici sous la contrainte du chef. Dans l’intervalle : arrangements et tambouilles secrètes, rythmées par les défections de votre clan, les ambitions médiocres d’un parti assis sur 4 % des voix et de quelques figurants, dont la vocation d’une semaine a semblé être de sauver à tout prix la politique de Macron, qui a tant fait souffrir notre pays. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Votre présence le confirme à vos dépens : Emmanuel Macron est un cas désespéré.”
“Monsieur le premier ministre, votre présence devant nous est un affront à la démocratie. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – M. Benjamin Lucas-Lundy applaudit également.) Vous avez déjà été censuré deux fois par cette assemblée, comme membre des gouvernements Barnier puis Bayrou. Et pourtant, vous voilà consacré premier ministre – le troisième locataire de Matignon en moins d’un an !”
“C’est la réforme de 2019. Nous en avons déjà débattu !”
“Emmanuel Macron vous suit de près. Le peuple s’impatiente : il a tout un monde à inventer ! (Les députés du groupe LFI-NFP se lèvent et applaudissent longuement. – Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes EcoS et GDR.)”
“Saccager les conditions de vie de ceux qui souffrent sans qu’ils opposent de résistance, c’est fini ! Vous avez raison d’avoir peur. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Le dégoût suscité par votre politique s’est donné rendez-vous le 10 septembre. Ce jour agit comme un formidable encouragement à l’action. Avec la chute de votre gouvernement et la défaite de votre budget, le mouvement aura obtenu une victoire avant même d’avoir commencé ! (Mêmes mouvements.) À présent, il ne reste plus beaucoup d’options au forcené de l’Élysée. Si le président ne souhaite pas changer de politique, il nous faudra changer de président ! Ne lui en déplaise, en cette rentrée, la souveraineté populaire revient à la mode – le dégagisme aussi. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.) Partez aujourd’hui, monsieur Bayrou.”
“Les Insoumis ne se vendront jamais pour une place ni un ministère. Monsieur le premier ministre, vos passages en force ne passent plus. S’ils atteignent leur apogée néocolonial à l’encontre de nos concitoyens d’outre-mer, le grand nombre s’est mis en mouvement et rien ne l’arrêtera : ni le GIGN ou le Raid déployés en Guadeloupe, ni la compagnie républicaine de sécurité 8 envoyée en Martinique, ni l’armée présente en Kanaky-Nouvelle-Calédonie.”
“…les Français n’en peuvent plus. Monsieur le premier ministre, personne ne doute que le président fera surgir mille avatars pour vous succéder. À MM. Darmanin, Lecornu et à tous ceux dont les appétits s’aiguisent à mesure que les places dans le radeau se libèrent, je déclare : sachez que vous êtes les noms génériques d’une politique avec laquelle les Français veulent rompre. Si les génériques sont généralement moins chers que les originaux, vous, vous ne valez plus rien ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Nous vous alertons solennellement : tous ceux qui tenteront de sauver le soldat Macron tomberont avec lui. (« Eh oui ! » et applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP, dont plusieurs députés se lèvent.)”
“Plus de 60 000 morts, dont un tiers d’enfants, 40 000 enfants blessés, dont la moitié est handicapée à vie, et toujours aucune sanction contre leurs bourreaux. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – M. Alexis Corbière applaudit également.)”
“– Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe EcoS.) Quand il s’agit d’un défilé de néonazis, de l’agression par des fascistes du compagnon d’un député, d’une chasse aux personnes noires dans la Creuse ou encore des soixante-dix féminicides perpétrés sous son mandat, aucune trace de gesticulations de sa part. La ruine que vous avez produite n’est pas uniquement économique, elle est aussi morale ! À l’international, la voix de la France ne porte plus. France Diplomatie a laissé place à France Incantation. L’abominable génocide perpétré par l’armée israélienne à Gaza ne rencontre aucun obstacle du côté de la France, qui vient encore de livrer des dizaines de millions d’euros d’armes à un État dirigé par des criminels de guerre. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.)”
“En face, du macronisme à l’extrême droite, tous s’accordent sur la destruction des conquêtes sociales, les politiques climaticides, le statu quo sur la V e République, le tout-sécuritaire et le consensus islamophobe. L’alliance entre Macronie et Lepénie contre le progrès social humain s’incarne au ministère de l’intérieur. En un an, Bruno Retailleau aura trouvé plus de temps pour tweeter sur chaque député Insoumis que pour réagir aux meurtres d’Aboubakar Cissé, de Hichem Miraoui ou de Djamel Bendjaballah par l’extrême droite. (« Quelle honte ! » et huées sur les bancs du groupe LFI-NFP, dont les députés se lèvent et applaudissent.”
“Voilà que se dessine la ligne de partage entre les projets parmi lesquels notre pays devra choisir ! Le nôtre est connu (Exclamations sur les bancs du groupe RN) : diplomatie non alignée au service de la paix, relance de l’économie par la consommation populaire, justice fiscale, nouveaux droits, investissements dans la bifurcation et l’adaptation écologiques (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP. – M. Benjamin Lucas-Lundy applaudit également) , passage à la VI e République pour mettre un terme au pouvoir d’un seul au détriment de tous.”
“…comme c’est le cas de vingt-deux de vos ministres, qui ont généralement hérité de leur fortune. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Le patrimoine cumulé des ministres au pouvoir représente 104 millions d’euros : la vérité de votre politique se trouve là ! Toutefois, vous n’êtes pas les seuls dans cette situation : l’extrême droite, votre assurance-vie, apprend beaucoup de vous. Après avoir refusé à huit reprises de voter la censure de votre gouvernement et empêché le débat sur la destitution d’Emmanuel Macron, la Lepénie pactise désormais avec les grands patrons. (« Eh oui ! » et applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.) Elle promet que son programme raciste maintiendra les fondamentaux d’Emmanuel Macron.”
“Comme au XIX e siècle, 80 % des actifs financiers et professionnels sont possédés par les 10 % les plus riches – mais comment vous en vouloir puisque vous en faites partie ? (Applaudissements sur les bancs des groupes LFI-NFP. – Mme Karine Lebon applaudit également.) Pour appartenir à ces gouvernements éphémères mais très sélects, il faut posséder au minimum trois logements et il convient, de préférence, d’être millionnaire…”
“(Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP et sur quelques bancs du groupe EcoS.) Vous n’avez rien fait pour démarchandiser le secteur de la petite enfance – pire : Mme Bergé a copiné avec les lobbys des crèches privées. Vous n’avez rien fait non plus pour les milliers d’enfants en situation de handicap, privés de scolarisation à la rentrée faute d’accompagnatrices. (Mêmes mouvements.) Le macronisme est une fabrique de maltraitance infantile. À vous suivre, ces enfants-là n’avaient qu’à hériter. Emmanuel Macron avait oublié de le préciser : avec vous, l’argent ne ruisselle qu’à la naissance, sur les biens nés ! Vous avez fait de la France une société de caste archaïque où l’héritage concentre 60 % du patrimoine national.”
“La violence de votre politique s’abat dès le berceau : plus de 2 000 enfants naissent, vivent et meurent dans la rue aux côtés de 350 000 sans-abri – du jamais-vu depuis l’après-guerre. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP et sur quelques bancs du groupe EcoS.) Notre taux de mortalité infantile est l’un des plus élevés d’Europe. La maladie du scorbut, que l’on croyait éradiquée depuis un siècle, touche désormais de jeunes enfants. (« Quelle honte ! » sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Vous n’avez pas dépensé un centime pour protéger les enfants des violences sexuelles alors que dans chaque classe on compterait trois victimes d’inceste.”
“Benjamin Lucas-Lundy et Mme Sandrine Rousseau applaudissent également.) Monsieur le premier ministre, aujourd’hui est un jour de soulagement pour des millions de Français : soulagement de vous voir partir après vos mensonges lors du scandale Bétharram, du nom de cet établissement qui a mis des générations d’enfants en danger (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – M. Benjamin Lucas-Lundy applaudit également) ; soulagement de ne plus avoir comme ministre de l’intérieur un homme qui, comme Pétain, parle de « Français de papier » et qui hurle : « À bas le voile ! » (Mêmes mouvements) ; soulagement que vous emportiez dans votre chute un projet de budget cruel et injuste visant à dépouiller le peuple de France. Vous n’êtes pas seulement une imposture ; vous êtes aussi un danger pour le pays.”
“(Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Voler deux ans de vie avec la retraite à 64 ans ne vous a pas suffi ! Pour gaver ceux qui avaient déjà tout, il fallait priver ceux qui n’avaient rien de la tranquillité même de ce rien. Vous resterez dans l’histoire comme une oligarchie rapace ne supportant pas que les gens puissent profiter des petits bonheurs de la vie : consacrer du temps à soi-même, aux siens et aux autres, jardiner, aller au restaurant, partir en week-end, admirer la mer ou un ciel étoilé. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – M.”
“Les 500 plus grands détenteurs de patrimoines de ce pays vous remercient : au cours de cette période, ils ont doublé leur fortune (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP ), tandis que vous promettez les larmes et la sueur à tout le reste du pays. Quelle indignité ! Multiplication historique des défaillances de petites et moyennes entreprises, fermetures d’usines, taux de chômage à la hausse, approbation d’un accord humiliant avec les États-Unis : la fable des gestionnaires raisonnables autoproclamés a assez duré. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP. ) Vous en arrivez à demander aux salariés de travailler deux jours fériés gratuitement. Enlever deux jours fériés, c’est voler 4 milliards d’euros aux travailleurs, soit l’équivalent du montant de l’impôt de solidarité sur la fortune que vous avez supprimé.”
“(Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Vous avez baissé l’impôt sur les sociétés, supprimé progressivement les impôts de production, supprimé l’impôt de solidarité sur la fortune, mis à sac le financement de la sécurité sociale et arrosé les transnationales avec plus de 200 milliards d’aides publiques annuelles allouées sans contrepartie. Les drogués à la dépense publique portent un nom : celui du Medef, aux côtés duquel vous gouvernez. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – M. Benjamin Lucas-Lundy applaudit également.) Depuis huit ans, vous avez fait du capitalisme financier le plus grand assisté de la République.”
“Votre numéro de prophète de pacotille n’amuse plus personne. Notre groupe parlementaire se félicite de n’avoir jamais adhéré à un seul de vos budgets qui nous ont conduits dans le mur. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Nous ne partageons pas votre diagnostic, encore moins vos remèdes. Les spéculations hasardeuses du Mozart de la finance nous ont coûté 1 000 milliards de dette supplémentaire. (« Eh oui ! » et applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Alors que les besoins en santé, en éducation, en services publics, en investissements dans la bifurcation écologique ont explosé, vous avez privé la puissance publique de recettes précieuses. Vous avez appauvri l’État et affaibli nos services publics.”
“Jamais un pouvoir ne s’était donné autant de mal pour faire passer en force sa politique : 49.3 en série, combines constitutionnelles, brutale répression des mouvements sociaux, piétinement de l’opposition, dissolution du Parlement, déni du résultat des élections, reconduite des perdants au gouvernement. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – M. Jean-Victor Castor applaudit également.) Tant d’efforts pour gouverner seuls contre tous et vous voilà à déplorer un déficit que vous avez vous-même creusé !”
“Incapables de susciter la moindre adhésion dans le pays, vous vous enferrez dans une succession de chantages mensongers. Il y a deux ans, M. Attal menaçait : « la réforme des retraites ou la faillite ». L’année dernière, c’était : « le budget ou la panne des cartes Vitale ». À présent, c’est : « l’austérité ou la mise sous tutelle du FMI ». Monsieur le premier ministre, vous ne laisserez derrière vous que le risque d’une crise financière, à force d’en agiter le spectre sur toutes les chaînes de télévision du pays. (Mêmes mouvements.) Pour vous, le futur n’existe pas, car vous sentez bien que vous appartenez au passé. Impopulaire, minoritaire, détesté, le macronisme ne gouverne plus que par la peur. Vous étiez pourtant si sûrs de vous !”
“Monsieur le premier ministre, comment pourrions-nous vous faire confiance alors que vous faites confiance à Emmanuel Macron ? (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Ce jour est historique : pour la première fois en V e République, un gouvernement tombe à la suite d’un vote de confiance. Toutefois, qu’on ne s’y trompe pas : ce n’est pas seulement vous, c’est votre politique et le monde qu’elle défend qui doivent être défaits. (Mêmes mouvements.) En effet, monsieur le premier ministre, vous n’êtes qu’un visage du sursis que le président a souhaité accorder à sa politique, le dernier visage d’une politique illégitime et obstinée.”
“C’est vous qui cassez tout ! Les casseurs, c’est vous ! (Exclamations sur quelques bancs du groupe EPR.)”
“C’est une honte, ce que vous avez dit ! C’est dégueulasse ! C’est ignoble !”
“C’est vous qui avez refusé de censurer Bayrou !”
“On a la réponse : pour pourrir la vie des Français !”
“En attendant, c’est vous qui soutenez la politique macroniste !”
“Et rien sur Netanyahou ? Pas un mot ! Rien sur la reconnaissance de l’État de Palestine ?”
“Il n’y a donc rien sur Netanyahou, quoi ! Aucune sanction ! C’est hallucinant !”
“Et Netanyahou ? Il n’a pas été une seule fois mentionné par le premier ministre.”
“Ce n’est pas suffisant pour fabriquer une bombe atomique ! (Exclamations sur les bancs du groupe EPR.)”
“Reconnaissez l’État de Palestine, alors !”
“Nous refuserons la guerre comme l’économie de guerre, qui donne pour seul horizon le sacrifice des services publics sur l’autel d’objectifs et d’intérêts qui ne sont pas les nôtres. En 2003, la France s’en sentie fière de la parole portée aux Nations unies pour dire non à la boucherie décidée par Bush junior. Comme nous avons eu raison ! Vous n’êtes pas à la hauteur de cette histoire commune. Laissez l’Assemblée décider pour la France ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP, dont les députés se lèvent, ainsi que sur quelques bancs des groupes EcoS et GDR.)”
“La France qui ne se tait pas face à un génocide, mais qui le combat. La France qui réaffirme que toutes les vies se valent – toutes, sans exception.”
“Oui ! nous sommes fiers d’incarner une autre voix de la France, une voix de la paix, non alignée et écoutée dans le monde. La France qui ne pratique pas un « deux poids, deux mesures » révoltant. La France qui reconnaît l’État de Palestine immédiatement, sans tergiverser. La France qui manifeste aux côtés des peuples du monde pour exiger un embargo sur les armes et la suspension de l’accord d’association entre l’Union européenne et Israël. (Mêmes mouvements.)”
“(Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Vous qui livrez des armes à flux continu à un régime génocidaire. Vous qui avez une vision à géométrie et à géographie variables du droit international : dix-sept trains de sanctions contre la Russie de Poutine mais toujours aucune sanction contre Netanyahou !”
“Au Liban, une personne sur quatre vit en réfugié dans son propre pays. Des frappes israéliennes ciblent régulièrement le Yémen et la Syrie. Et toujours rien ! Jusqu’où ira l’impunité du criminel Netanyahou et de son gouvernement de génocidaires ? Vous êtes responsables de cette impunité, vous qui n’avez rien dit quand six de nos compatriotes, dont l’élue française Rima Hassan, ont été arrêtés et détenus illégalement par l’armée de Netanyahou pour avoir tenté de briser le blocus de Gaza. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – Brouhaha sur les bancs du groupe RN.) Apparemment, cela en fait rire certains… Vous qui laissez le premier ministre israélien, sous mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale (CPI), survoler notre territoire, en violation de toutes vos obligations.”
“Monsieur le premier ministre, vous devez refuser la guerre et le génocide. Or vous ne parlez plus de Gaza, ou si peu. Voilà un objectif de guerre atteint par Netanyahou. Après l’Iran, il annonce qu’il va de nouveau se concentrer sur Gaza, donc poursuivre le génocide et le projet de déportation des Palestiniens. Vingt mois de génocide, plus de 55 000 Palestiniens tués, plus de 130 000 blessés, tant et tant d’enfants estropiés, et vous ne faites rien ! Tous les jours, des Palestiniens sont tués par balle ou dans l’explosion d’un obus alors qu’ils cherchent à obtenir de la nourriture. Vous ne faites toujours rien, même lorsque le dernier choix qui leur est laissé est insoutenable : mourir de la famine utilisée comme arme de guerre ou mourir dans les pièges mortels de la distribution alimentaire.”
“Comme l’extrême droite française, elle s’incline devant toutes les violations du droit international. Ici, Marine Le Pen préfère ainsi Trump et Netanyahu à la France. Elle préfère les crimes de guerre et les génocides à la paix. Voilà ce que nous n’accepterons jamais pour notre pays.”
“Vous rendez-vous compte du niveau de servilité qui est atteint quand le secrétaire général de l’Otan se félicite que Trump fasse « payer un prix énorme à l’Europe », réalisant ce qu’« aucun président américain n’était parvenu à faire durant des décennies » ? Servilité à laquelle il ajoute le ridicule et l’humiliation quand il commente l’action de Trump : « Daddy doit parfois hausser le ton ». Par ces mots, l’Otan s’affirme comme une organisation à la fois hostile au droit international et profondément anti-européenne. La France doit sortir de ce piège ! (Mêmes mouvements.) Cela vous attriste sans doute mais nous n’avons plus rien à voir avec les États-Unis d’Amérique. Vous faites une grave erreur en vous alignant totalement sur l’extrême droite de Trump.”
“Vous devez refuser la guerre, car c’est bien le sort du monde qui est en jeu. Alors que nous célébrons demain les 80 ans de l’ONU, c’est au sein de cette instance qu’aurait dû se décider le cessez-le-feu. La France aurait pu y défendre la proposition d’intérêt général de dénucléariser la région. À la place, la France, sous Macron, est devenue le laquais de Netanyahou et de Trump. La même semaine où les États-Unis violent le droit international, vous signez docilement, sous l’égide de l’Otan, l’augmentation de notre budget militaire à 5 % du PIB.”
“L’opposition iranienne dont vous saluiez le combat lorsque cela vous arrangeait hier, vous le dit aujourd’hui : la libération du peuple iranien ne viendra certainement pas d’un gouvernement d’extrême droite en train de commettre un génocide à Gaza. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Non, la question qui est posée n’est pas celle du régime des ayatollahs. C’est celle de savoir si la France se place du côté de la guerre totale ou du côté du combat pour la paix. Vous devez refuser la guerre et contrer les va-t-en-guerre sanguinaires qui prétendent dessiner un nouvel ordre mondial. Ainsi le premier ministre israélien a-t-il déclaré : « J’ai dit qu’on allait changer la face du Moyen-Orient et maintenant je dis : nous changeons la face du monde ». Que pensez-vous de ces déclarations ?”
“Et voilà que les États-Unis d’Amérique de Trump, la Russie de Poutine et l’Israël de Netanyahou dansent ensemble le ballet infernal de la guerre préventive. Vous devez refuser la guerre car contrairement à ce que vous répétez, monsieur le premier ministre, la question posée n’est pas celle de la nature du régime iranien. Détestable, le régime iranien l’est assurément, et nous avons soutenu, comme nous continuons à le faire, le mouvement qui entonnait « Femme, Vie, Liberté ». (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – Mme Dominique Voynet applaudit également.) Ce mouvement chantait la vie, et ce que le génocidaire Netanyahou lui apporte, ce sont des bombes.”