Ayda Hadizadeh
SOC · France
“Il est dommage que le premier ministre soit parti – je pense qu’il reviendra… Je voulais lui dire, peut-être pour la dernière fois les yeux dans les yeux, à quel point j’y avais cru et à quel point je suis terriblement déçue.”
“Voter en faveur de ce texte n’aurait aucun sens, car il n’alloue pas un seul euro supplémentaire aux enfants placés. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe SOC.) Nous sommes en train de créer deux catégories d’enfants : d’un côté, nos propres enfants, la chair de notre chair, la prunelle de nos yeux ; de l’autre, les enfants qui…”
“Ne devriez-vous pas le dénoncer avec moi, plutôt que de dire que nous exagérons, qu’il y a de belles histoires et des endroits où cela se passe bien ? Vous êtes dans le déni absolu, voilà ce qui me navre ! (Mêmes mouvements.) Ce texte devait concrétiser une grande promesse ; il finit en grande désillusion.”
“J’ai voulu ouvrir, dans ce projet de loi, le chantier des contrôles ; vous vous y êtes refusés. Aussi insensé que cela paraisse, nous ne contrôlons pas suffisamment les lieux de placement, quand le Master Poulet de Saint-Ouen subit, lui, quatorze contrôles en un mois ! (M.”
“Vous pouvez toujours le nier, madame la ministre, c’est la vérité : à l’heure actuelle, dans les lieux de placement, on compte un éducateur, non formé, pour vingt, trente, voire quarante enfants. Osez me dire le contraire, les yeux dans les yeux, vous qui refusez de publier un décret fixant les taux d’encadrement !”
“Ce n’est pas avec des pansements posés sur les plaies purulentes que nous créons nous-mêmes, nous législateurs et responsables politiques, que nous reconstruirons ce champ de ruines qu’est la protection de l’enfance. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe SOC. – Mme Sandrine Rousseau applaudit également.”
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“Évoluons ! Changez de représentations mentales, cassez le monopole des grands bandits sur la drogue…”
“…ils ont organisé une production et une diffusion, qui ont fait leurs preuves. (Exclamations sur les bancs du groupe RN.) Bien sûr que si ! Allez les voir, vous serez sans doute surpris. Une filière française de production de chanvre pourrait viser l’excellence. La France autorise déjà la production de cannabis, en vue d’un usage thérapeutique :…”
“Parce que les personnes qui se droguaient à l’opium étaient en train de ravager leur santé et que des réseaux criminels se développaient. Or la seule manière de combattre les réseaux criminels, c’est de casser leur monopole. Tant que nous aborderons le problème des drogues – de toutes les drogues – sous l’aspect moral, nous perdrons. Il s’agit d’un problème de santé publique. (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC. – M. Antoine Léaument applaudit également.) Or la santé publique doit être un monopole d’État. Il faudra donc changer de lunettes. Rapprochons-nous de nos collègues canadiens :…”
“Je voudrais répondre à ma collègue, Mme Le Pen. Avez-vous déjà entendu parler d’alcool thérapeutique ? Non, alors que le cannabis thérapeutique existe. Dès le premier verre d’alcool aussi, les neurones de nos jeunes sont altérés. L’alcool est interdit aux mineurs. Il vous faudra évoluer sur cette question, tout comme vous, monsieur le ministre. Le président de la République a reçu le premier ministre du Canada. Ce grand État a changé de stratégie sur ce sujet : ils ont imposé un monopole de la production et de la vente du cannabis afin de casser celui que détenaient les trafiquants. La France a su le faire également pour un autre produit stupéfiant, l’opium. Eh oui ! Il fut un temps où existait un monopole public de la production et de la vente de l’opium, une drogue dure. Pourquoi ?”
“Vous n’avez rien à faire de la justice des mineurs !”
“Ce n’est pas nous qui lui avons emprunté de l’argent !”
“Refonder la démocratie, c’est refonder la confiance du peuple dans sa démocratie. Nous devons nous y employer dès aujourd’hui ! Alors publions sans attendre ces cahiers de doléances, et surtout, saisissons-nous-en ici. Plongeons-nous dedans et revivifions notre démocratie ! (Applaudissements sur les bancs des groupes SOC et LIOT et sur plusieurs bancs du groupe EcoS.)”
“L’histoire le montre à chaque fois : l’amour des populistes de l’extrême droite pour le peuple, c’est le même que celui de l’amant brutal. (Exclamations sur les bancs du groupe RN.) Un amour destructeur, car il n’aime que lui-même, que sa force, que la domination, que la toute-puissance ! (M. Théo Bernhardt s’esclaffe.) C’est de vous que je parle ! (L’oratrice se tourne vers les bancs de la droite de l’hémicycle.)”
“L’histoire nous l’enseigne : les démocraties ne meurent pas toujours dans la violence, elles dépérissent de l’indifférence – celle des responsables politiques à la parole du peuple et l’insensibilité des prétendus démocrates aux souffrances de ce peuple. Quand le peuple se sent méprisé, quand il se sent trahi par ceux qui lui avaient promis de l’écouter et de l’aider, il va voir ailleurs. Et il finit par se tourner vers ceux qui prétendent mieux l’aimer, mais qui, en réalité, ne font qu’attiser sa colère en lui désignant des boucs émissaires.”
“…vos souffrances méritent d’être reconnues et nous devons tout faire pour y répondre. » La publication de ces cahiers est un acte politique, un acte de justice envers le peuple. Faisons-le aujourd’hui, sans plus tarder ! Faisons-le au moment où la flamme de nos démocraties vacille.”
“Quand on demande au peuple de parler, de raconter ses souffrances, de confier ses peurs et ses attentes, peut-on faire comme si rien ne s’était passé ? Les cahiers de doléances n’étaient pas des cahiers de plainte, mais des cahiers d’espoir ! L’espoir que la République écoute enfin, qu’elle comprenne et qu’elle finisse par changer vraiment ! Quand on suscite de l’espoir, le silence ne peut être la réponse. Mais il n’est jamais trop tard pour bien faire. Aujourd’hui, il est de notre responsabilité de dire aux Français : « Nous vous avons entendus,…”
“Aujourd’hui, le plus grand parti de France, c’est celui de ceux qui ne votent plus : le parti de ceux qui n’attendent plus rien de nous !”
“Au sein du peuple français, certains sont encore en colère et nous le font savoir. C’est rassurant, car cela montre qu’ils y croient encore. Ils croient encore qu’en nous engueulant, ils nous feront changer ; ils croient encore qu’une autre vie est possible. Mais combien ont déjà fait leurs valises ? Combien ne veulent plus jamais entendre parler de nous, leurs représentants ?”
“…« Écrivez-nous et dites-nous ce qui doit changer. » Les Français l’ont fait : 2 millions de contributions, 19 000 cahiers remplis. Partout, des citoyens ont pris leur stylo – enseignants, ouvriers, soignants, retraités, jeunes – et ont couvert des pages et des pages de témoignages, d’idées, de savoirs et d’espoir. Ils croyaient qu’on les écouterait. Ils étaient persuadés que ça pouvait changer. Et puis ? Rien. Le silence. Le couple que forment le peuple et ses élus traverse une crise de couple, qui est bien plus qu’une de ces disputes du dimanche soir durant lesquelles l’un, excédé, jette au visage de l’autre : « Tu ne m’écoutes pas », « Tu ne m’entends pas », « Je suis toujours là pour toi, mais toi, jamais ». Nous avons dépassé ce stade-là. L’un, enfermé dans son silence, ne parle plus et s’interroge : « Pourquoi rester ? À quoi bon ?”
“Pour répondre à cette crise de confiance, le président de la République finit par proposer une voie de sortie honnête :…”
“Aujourd’hui, il est question d’une promesse trahie. En 2018, les Français se révoltent et crient leur colère. Ils trouvent un signe de ralliement : le gilet jaune.”
“…car trop souvent, leurs représentants n’ont pas respecté leur parole.”
“C’est ce que nous enseignons à nos enfants. La confiance en l’autre, c’est ce qui fait tenir notre société. Un monde dans lequel la parole n’a plus de valeur est un monde dans lequel personne ne croit plus personne et dans lequel, très vite, personne ne croit plus en rien. N’est-ce pas précisément ce mal qui ronge lentement nos démocraties ? Les Français n’ont plus confiance en leurs représentants,…”
“Une promesse ne doit jamais être des mots lancés en l’air, des mots qui changent au gré du vent. Une promesse engage. Elle est le ciment de la confiance. Celui qui trahit sa parole trahit la confiance ; celui qui ment une fois ment toujours. (Sourires sur plusieurs bancs du groupe RN.)”
“Il y a des principes qui ne coûtent rien, mais qui valent tout l’or du monde. Ma mère, comme d’autres, n’avait pas beaucoup d’argent pour nous élever, mais elle nous a transmis quelques-uns de ces principes inestimables. Le plus important d’entre eux : tenir sa parole, faire ce que l’on dit, respecter ses engagements. (Sourires sur plusieurs bancs du groupe RN.)”
“Dans certains cas, elles peuvent échanger avec les parents d’élèves ; dans d’autres, elles ne le peuvent pas. Il est urgent d’uniformiser leur situation et d’instaurer l’égalité entre toutes les AESH. Enfin, la réforme ne doit pas laisser de côté les AED, qui luttent quotidiennement contre le harcèlement et pour l’intégration des élèves les plus en difficulté. Il faut réfléchir aussi à leur cas et travailler avec eux. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe SOC. – M. Corentin Le Fur applaudit également.)”
“Elle doit nous conduire à dépasser l’approche quantitative pour adopter une approche qualitative : dans le cadre de la réforme envisagée, il convient aussi de travailler avec les MDPH sur la manière dont elles effectuent les notifications. Une évolution est nécessaire dans ce domaine. Nous recevons dans nos permanences non seulement des AESH, mais aussi de nombreux parents désespérés par la gestion des notifications. Pour réformer le statut des AESH, il est essentiel de prendre ce point en considération. Par ailleurs, nous ne saurions attendre que la réforme du statut aboutisse pour résorber l’inégalité de traitement entre les AESH selon les territoires. Dans certains endroits, elles sont associées au travail des équipes pédagogiques ; dans d’autres, elles ne le sont pas.”
“Je voudrais d’abord prendre un moment pour me réjouir du consensus qui nous réunit sur le sujet des AESH. Nous sommes tous d’accord pour dire qu’il est urgent d’améliorer la situation des accompagnantes d’élèves en situation de handicap – ce sont majoritairement des femmes – et des assistantes d’éducation. Une telle convergence entre les différents groupes de notre assemblée est rare, il faut donc en profiter. Nous devons saisir toutes les occasions de nous unir et de travailler ensemble. Madame la ministre, vous avez souligné la contradiction entre le système des notifications et les principes de gestion des personnels de l’éducation nationale.”
“Même Christine Lagarde le dit, écoutez-la !”
“Dans les prélèvements, il y a ceux pour les retraites !”
“Leurs parents travaillent et ils sont sans papiers !”
“Tous les ministres de la santé le disent !”
“Il n’y a pas assez de logements sociaux !”
“Vous avez durci l’accès à la régularisation, même pour les travailleurs !”
“Il y a d’honnêtes travailleurs sous OQTF !”
“La proposition de loi sur la justice des mineurs n’est pas inspirée de Voltaire !”
“Est-ce que vous vous rendez compte de ce que vous dites ?”
“Et vous, vous parlez comme l’extrême droite !”
“Vous n’êtes pas éditorialiste, mais premier ministre !”
“Nous sommes ici pour dire oui : oui à une République forte, parce qu’elle est juste ; oui à un gouvernement qui ne pactise jamais avec la haine, mais qui construit avec son peuple ; oui à un État qui protège, qui éclaire, qui libère. C’est cela, la République. C’est cela, la France que nous défendons – et que nous défendrons toujours. C’est cela, le serment que tout républicain assis sur ces bancs a passé le 7 juillet avec nos concitoyens. (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC.) Alors, nous votons la censure, car nous voulons un autre avenir. Vive la République ! Vive la France ! (« Bravo ! » sur les bancs du groupe SOC. – Les députés du groupe SOC, ainsi que MM. Jean-Claude Raux et Stéphane Peu, se lèvent et applaudissent.)”
“J’ai reçu l’amour de la France sur les bancs de l’école de la République, grâce à ses professeurs. J’ai reçu l’amour des Français, que je remercie encore et toujours, car quand on reçoit de l’amour, on le rend ! Voilà le génie français que vous voulez détruire : celui qui arrive à transformer, en une génération, par l’amour et la bienveillance, tout enfant venu d’ailleurs en un enfant de la patrie, prêt à tout donner pour elle, prêt à mourir pour elle. La République ne stigmatise pas, ne rejette pas, ne divise pas. Elle intègre, elle émancipe, elle unit. (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC.) Il ne suffit pas de refuser l’inacceptable ; il faut aussi ouvrir un chemin.”
“La République n’attend pas des approximations. Elle ne supporte pas le mensonge. Elle exige des réponses et vous devez rendre des comptes – il est l’heure ! (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC.) Nous devons mieux, parce que la dignité humaine ne se négocie pas. L’immigration ne doit pas être traitée comme un fardeau, mais comme un défi à relever avec humanité et raison. (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC.) Ce défi, la France le relève tous les jours ! C’est moi qui vous le dis, moi qui suis née en Iran, moi dont la mère a fui l’obscurantisme, moi qui n’ai pas une goutte de sang français – pourtant, c’est toute la France qui coule dans mes veines. (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC.) La France a fait de moi son enfant.”
“Elle doit devenir une réalité, portée par un État protecteur qui ne cède pas aux lobbies. Nous devons mieux, parce que la justice ne doit pas être une variable d’ajustement, mais ce socle inébranlable sur lequel repose la confiance du peuple. Nous devons mieux, pour que l’éducation garantisse à chaque enfant, quelle que soit son origine, l’accès au savoir, à la culture, à la liberté. (M. Arthur Delaporte applaudit.) Nous devons mieux, pour les enfants de Notre-Dame de Bétharram. Combien d’enfants brisés ? Combien de vies détruites ?”
“La République sait guider le peuple vers la sagesse et la paix, quand elle est fidèle à ses valeurs humanistes, quand elle reste fidèle à sa lumière. Nous sommes ici pour juger un gouvernement qui a failli, mais nous ne sommes pas seulement les juges du présent ; nous sommes les architectes de l’avenir. (Mêmes mouvements.) Car nous pouvons mieux – nous devons mieux. Nous devons mieux, car la France mérite un budget qui ne soit pas dicté par la peur, mais inspiré par l’unité. Nous devons mieux, car un gouvernement républicain ne doit jamais s’écraser devant l’extrême droite. Il doit être le garant d’une démocratie forte et apaisée. (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC. – Exclamations sur les bancs du groupe RN.) Nous devons mieux, car l’écologie ne peut plus être un slogan creux.”
“Chaque jour, vous ouvrez une nouvelle brèche : une brèche dans la justice, quand vous remettez en cause l’indépendance des magistrats ; une brèche dans la science, quand vous affaiblissez les agences sanitaires ; une brèche dans notre contrat social, quand vous laminez nos droits et nos protections. (Mêmes mouvements.) La République n’est pas une muraille que l’on démolit pierre par pierre. La République, c’est une cathédrale qui a traversé les siècles et qui a su résister aux monarchies, aux dictatures, aux tyrannies. Notre pays a apporté les Lumières au monde, mais il a sombré quand il a laissé le poison de la haine envahir son cœur. Les ténèbres, ce sont l’esclavage, l’affaire Dreyfus, la collaboration, la colonisation.”
“(Mêmes mouvements.) Votre dureté de cœur n’épargne pas même les Français. Vous affaiblissez la liberté de l’information, vous attaquez les aides sociales, vous abandonnez ceux qui souffrent. Vous nous aviez promis de gouverner tel Henri IV, ce souverain qui a su ramener la paix dans le cœur d’un peuple qui s’entretuait. Mais aujourd’hui, qui singez-vous ? Donald Trump ! (Mêmes mouvements.) Ce n’est pas ainsi que l’on gouverne la République ! Gouverner, ce n’est pas flatter les peurs, c’est les combattre. Gouverner, ce n’est pas suivre le courant, c’est tenir la barre. Gouverner, ce n’est pas pactiser avec l’ombre, c’est éclairer le chemin. Vous ne construisez pas ; vous détruisez.”
“Le nationalisme, ce sera toujours la guerre ! Nous avons vu ces lois indignes votées sous l’œil complice de ceux qui avaient pourtant juré de leur faire barrage. Pour la justice des mineurs, vous avez piétiné l’esprit de l’ordonnance de 1945 et vous choisissez la répression sans discernement. S’agissant de la protection de l’environnement, vous affaiblissez le pacte vert, vous mettez en péril notre santé et notre avenir, et vous légalisez les atteintes à la biodiversité, ainsi que le saccage de nos écosystèmes. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe SOC.) Dans le domaine de l’immigration, vous criminalisez les étrangers qui travaillent ; vous attaquez les étrangers malades, les étrangers amoureux et les étrangers en détresse. Votre politique stigmatise, exclut et fragilise.”
“Nous vous avons entendu vous, monsieur le premier ministre, reprendre les mots funestes de « submersion migratoire », au lieu de dénoncer la seule submersion : la submersion nationaliste ! (Mêmes mouvements.)”
“Dans ces temps sombres, les démocraties attendent de véritables capitaines, de la trempe de celles et ceux qui, dans la tempête, savent garder l’esprit ferme et, en même temps, le cœur tendre. (Mêmes mouvements.) L’esprit ferme s’appuie sur des faits et méprise les préjugés ; le cœur tendre comprend la détresse et combat la souffrance. Mais ici, que voyons-nous ? Un gouvernement sans cap ni colonne vertébrale. Au lieu de tenir tête, il plie l’échine ! Au lieu de s’élever, il rampe ! Au lieu de dire non, il chuchote oui, du bout des lèvres, avec des regards fuyants, en espérant que personne ne le remarque. Mais nous, nous l’avons vu ! Nous l’avons entendu ! Nous avons entendu le ministre de l’intérieur déclarer que l’État de droit n’était ni intangible ni sacré.”
“(Mêmes mouvements.) Mais non ! La République ne se vend pas ! Elle ne se vend pas à ceux qui veulent faire de l’étranger un ennemi, à ceux qui disent de l’État de droit qu’il est une faiblesse, à ceux qui veulent transformer la justice en un instrument de vengeance. Elle ne se vend pas – jamais ! – aux tribuns de la peur et aux marchands de haine. Il est du devoir de tout républicain d’en devenir le défenseur quand elle vacille et le rempart quand on l’attaque. La République française n’est pas la seule attaquée. Aujourd’hui, c’est tout l’esprit démocratique qui est sous la menace. Cet esprit des Lumières, qui a su éclairer le monde, les tyrans et les apprentis tyrans cherchent à l’éteindre. Le monde démocratique est poussé au bord du gouffre par les prédateurs de la liberté.”
“La République est un serment, gravé au fer rouge dans le grand livre de l’histoire. Elle est née des orages de la Révolution, elle s’est forgée dans les tempêtes du siècle, elle a survécu aux cendres de la guerre. Elle est le souffle de 1789, l’élan de 1848, la flamme de 1945. Pourtant, la voilà qui vacille, car ceux qui doivent la défendre l’abandonnent, car ceux qui doivent la protéger se laissent aveugler par les vents mauvais. (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC.) Un poison insidieux s’infiltre dans les veines de nos institutions. Goutte par goutte, il se distille dans les discours, dans les lois, dans les décisions de ce gouvernement. Ce poison, c’est la compromission. Ce sont les préjugés. C’est le mensonge. C’est l’idée que l’on peut s’inspirer des mots hideux de l’extrême droite qui porte la haine en bandoulière.”
“Les professionnels du droit n’en veulent pas !”
“Ils s’en fichent, des femmes et des enfants !”
“(Applaudissements sur les bancs des groupes SOC et EcoS et sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.) Les femmes, les hommes et même les enfants d’Iran et d’Afghanistan ne nous ont pas attendus pour résister. Cependant, nous leur devons d’être, plus que jamais, à leurs côtés. Quand ils scandent « Femme, vie, liberté », répondons-leur, sans hésiter, dans un même élan « Liberté, Égalité, Fraternité ». (Les députés du groupe SOC se lèvent pour applaudir. – Les députés des groupes EPR, LFI-NFP, EcoS, certains s’étant levés, et LIOT applaudissent également.)”
“Souffrez de m’écouter un peu ! Écoutez la voix du peuple iranien, ça vous fera du bien ! Un jour, il faudra aller plus loin que l’inscription des gardiens de la révolution comme organisation terroriste. Il faut nommer ce que l’on voit en Iran : un système organisé dans la violence pour assigner toute une catégorie de la population – les femmes – à une place inférieure. Quand un système pratique la ségrégation, cela a un nom, l’apartheid, et des conséquences. Au nom des valeurs qui fondent notre identité républicaine, la France doit soutenir aujourd’hui un nouveau combat pour inscrire l’existence d’un apartheid de genre dans le droit international.”