Laurent Marcangeli
HOR · France
“Aujourd’hui, un enfant est protégé à proportion de la vigilance de ses parents, du temps dont ils disposent, de ce qu’ils savent de ces applications, de sorte que les enfants les plus exposés sont ceux dont les familles sont les moins armées.”
“Après ce triste constat, pourquoi adopter ce texte aujourd’hui ? Parce qu’autour de nous, tout a changé, venant conforter l’idée que notre vote d’il y a trois ans allait dans le bon sens. La société d’abord.”
“Il y a trois ans, je montais à cette tribune pour défendre une idée simple : un enfant de moins de 15 ans n’a rien à faire sur un réseau social. Cette idée est devenue la loi du 7 juillet 2023. La majorité numérique, c’était elle qui l’instaurait, et le Parlement l’avait adoptée à la quasi-unanimité.”
“Mes chers collègues, nous avons, sans le savoir, laissé entrer dans la chambre de nos enfants les machines les plus efficaces jamais conçues pour retenir un être humain devant un écran.”
“L’Australie a franchi le pas, d’autres démocraties s’y préparent et l’Europe bouge enfin : la Commission a reconnu aux États le droit de fixer un âge minimum, elle expérimente une application de vérification de l’âge et un texte européen est annoncé.”
“Je ne reviendrai pas sur le fait qu’on ne compte plus les motions de rejet préalable et qu’elles deviennent très répétitives, voire assez fatigantes. Toutefois, vous avez bien le droit de les déposer.”
The complete record
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“Le premier danger qui nous guette, c’est bien entendu l’examen imminent des budgets de l’État et de la sécurité sociale par les deux chambres parlementaires. Ces textes ne sont pas optionnels, ils doivent être votés dans les délais imposés par la Constitution. Vous venez de le dire, monsieur le Premier ministre : notre marge de manœuvre est réduite. Le risque est, à terme, de ne plus avoir les mains libres s’agissant de notre destin financier. Un budget pour 2025 plus dépensier qu’auparavant ou l’impossibilité d’en adopter un amputerait notre crédibilité à l’international, ce qui entraînerait inexorablement une hausse des taux d’intérêt de notre dette.”
“Le groupe Horizons & indépendants, dont la composition témoigne d’une grande diversité de parcours et d’implantation géographique, ne peut consentir à une telle vision binaire du système scolaire – et de la société en général. Je suis convaincu que, dans cet hémicycle, des majorités existent au cas par cas, pour faire avancer les grands chantiers que je viens de citer. Je le dis avec solennité : il y a urgence à agir. Le blocage du pays, rythmé par des esclandres et invectives quotidiennes, est un luxe que nous ne pouvons pas nous permettre. Il faut donc agir dans l’intérêt général, avec pragmatisme et sans ambition démesurée compte tenu des rapports de force politiques inédits dans l’hémicycle, faute de quoi nous exposerions le pays et les Français à de grands dangers.”
“L’école, lieu d’apprentissage des règles républicaines, doit cesser d’être une machine de reproduction sociale ; pour cela, il faut privilégier la liberté et la responsabilité des établissements scolaires. Cette politique scolaire doit s’appliquer de façon homogène sur tout notre territoire et pour tous les enfants, qu’ils grandissent en milieu rural ou en milieu urbain. Je veux dire aux enfants concernés que les occasions ne sont pas réservées aux seuls habitants des grandes métropoles et affirmer à leurs parents notre volonté systématique de lutter contre le sentiment de relégation et d’exclusion géographique. C’est ainsi que nous mettrons à mal la thèse selon laquelle il existerait une France périphérique, dénigrée par les responsables politiques et snobée par le pouvoir central parisien.”
“Au cours de mes travaux préparatoires à la loi visant à instaurer une majorité numérique et à lutter contre la haine en ligne, j’ai cherché à faire un état de la recherche sur l’usage excessif de ces réseaux à un jeune âge : j’ai été saisi par l’ampleur du problème, bien plus grave qu’on ne l’imagine chez les préadolescents, voire chez les écoliers. Plus largement, la moralisation de la vie numérique de notre pays est une question primordiale ; il faudra certes la traiter en connexion avec les politiques européennes décidées il y a peu en la matière, mais en allant plus loin. C’est bien parce que l’école est au cœur de la promesse républicaine que nous devons lui redonner sa juste place. Elle doit préparer au mieux les citoyens de demain en garantissant la progression de chacun et l’excellence du plus grand nombre.”
“Par une proposition de loi, nous avons tenté de proposer une réponse réaliste, en confiant aux acteurs locaux l’organisation de l’offre de soins. Ce serait la première marche d’un grand escalier à gravir. Le nouveau gouvernement devra poursuivre ce travail, de même qu’il devra se pencher sur la question des déficits récurrents dans les Ehpad, qui sont une source d’inquiétude pour nos aînés et pour leurs familles. Monsieur le Premier ministre, vous avez récemment annoncé votre souhait de faire de la santé mentale une grande cause nationale. Je tiens à vous dire que c’est une cause que mon groupe soutient pleinement.”
“Des travaux visant à armer et à renforcer notre justice ont déjà été réalisés et n’attendent que d’être présentés à cette assemblée. J’en profite pour rappeler que la lutte contre les trafics et le crime organisé doit être prise à bras-le-corps par le Gouvernement. Il est nécessaire d’aménager le statut de repenti, de doter la justice de moyens supplémentaires, de lutter contre les organisations criminelles qui ne cessent de gangrener nos quartiers et qui, dans certains pays voisins, mettent parfois en péril le fait démocratique. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe HOR.) Parce que notre pays ne pourra pas affronter les défis à venir sans rebâtir un système de santé fiable et fonctionnel, nous faisons de l’accès aux soins pour tous une priorité. C’est une conviction partagée sur l’ensemble des bancs de cet hémicycle.”
“La République française doit rester indivisible, laïque, démocratique et sociale. (Applaudissements sur les bancs du groupe HOR.) À ce titre, je souhaite revenir sur la crise qui frappe la Nouvelle-Calédonie, dont souffrent toujours nos concitoyens du Caillou, et cela malgré sa disparition presque totale des gros titres de presse. Cette crise de sécurité intérieure tient au cœur des députés de notre groupe. Je me réjouis, monsieur le Premier ministre, que vous vous saisissiez pleinement de cette question capitale. Il faudra de même s’occuper du reste de nos départements et territoires d’outre-mer – je pense aux Antilles et à Mayotte, qui subit depuis trop longtemps une crise sans précédent.”
“Parce qu’une démocratie a besoin d’ordre et d’autorité, nous prônons aussi un État fort, qui maîtrise ses flux migratoires et rende la justice avec fermeté et efficacité. Face aux menaces qui planent sur lui, de l’entrisme religieux à l’antisémitisme, nous serons intransigeants dans la défense des valeurs de la République.”
“En janvier dernier, j’évoquais devant votre prédécesseur l’inquiétante érosion de la société du travail et le fait que travailler sérieusement ne permet plus à la plupart des gens d’élever leur condition. J’en veux pour preuve la crise de l’accession à la propriété immobilière : pénalisée ces dernières années par la forte croissance des prix et plus récemment par la remontée brutale des taux d’intérêt, cette accession ressemble plus à un espoir lointain qu’à un projet concret pour de nombreux Français. Voilà de quoi nourrir un redoutable sentiment de stagnation sociale. Plus profondément, c’est toute la confiance dans notre société du travail qui s’en trouve ébranlée. De telles situations suscitent le sentiment d’une absence de considération, auquel nous devons tous remédier.”
“Au soir du second tour des élections, prenant acte de la nouvelle composition de l’Assemblée, nous appelions de nouveau au rassemblement le plus large possible, de la droite conservatrice à la gauche sociale-démocrate. Cet appel à la responsabilité et à l’apaisement d’un pays fracturé est malheureusement resté lettre morte. Je le regrette vivement. Monsieur le Premier ministre, de la constance découlent la cohérence et la clarté. Nous n’avons pas changé d’avis au sujet des réponses que nous souhaitons apporter aux préoccupations qu’expriment les Françaises et les Français. Ainsi, nous sommes toujours convaincus que le travail doit permettre l’élévation du niveau de vie.”
“Il est difficile de proposer une lecture claire des résultats des dernières élections législatives puisque, contrairement à ce que j’entends ici ou là, personne ne les a emportées. Toutefois, s’il est une certitude, c’est que par leur suffrage, les Français ont choisi de confier aux parlementaires la stabilité politique et institutionnelle de ce pays. Il en résulte que, depuis le début la V e République, la place de l’Assemblée nationale n’a jamais été aussi importante qu’aujourd’hui. Nous avons la responsabilité collective de ne pas tomber dans les affres de la IV e République. Depuis juillet dernier, voire depuis juin 2022, par les voix d’Édouard Philippe et du groupe Horizons & indépendants que je préside, nous avons fait preuve de constance en appelant systématiquement au rassemblement.”
“Soyons lucides : de cet échec, nous sommes tous un peu comptables. Faute d’une culture du compromis politique, nous n’avons pas réussi à nous mettre d’accord pour aboutir à un pacte de gouvernement aussi large que possible. Or, pendant cette période, les problèmes du pays n’ont, quant à eux, pas été mis entre parenthèses. Les Français, qui se sont massivement déplacés aux urnes lors des dernières élections législatives, attendent des réponses, des résultats, de l’efficacité dans le traitement d’enjeux urgents : pouvoir d’achat, sécurité, santé, éducation, transition écologique – pour ne citer que ceux-là. Il est urgent d’en finir avec le sentiment trop répandu d’une impuissance publique.”
“Cela fait précisément trois mois et vingt-quatre jours que nous ne nous sommes pas exprimés publiquement dans cet hémicycle. Si la vie politique a battu son plein cet été, surtout sur les plateaux de télévision, l’action politique en a, en revanche, beaucoup souffert. Je ne cherche pas ici à désigner un ou plusieurs responsables.”