Naïma Moutchou
HOR · France
“Le travail est important puisqu’il a conduit au ramassage de 9 000 tonnes de sargasses, contre 7 600 à la même période l’an dernier. Cela montre l’ampleur du phénomène.”
“Nous aurions pu faire comme si cela n’existait pas, et répondre « circulez, il n’y a rien à voir ! » Mais il se trouve que nous sommes à l’écoute, et le président de la République a souhaité ouvrir des discussions dans les territoires où des projets politiques étaient mûrs – où un consensus existait.”
“Je reviens de quatre jours de déplacement en Martinique. J’étais sur le terrain, et nous avons effectivement abordé ensemble la problématique des sargasses.”
“Vous caricaturez un texte que, manifestement, vous n’avez pas lu – ou mal lu, je ne sais pas. (« Oh ! » sur quelques bancs du groupe RN.) La Martinique, comme les autres outre-mer, n’est pas un terrain de jeu présidentiel – je suis navrée de vous le dire.”
“À la fin du processus, s’il devait y avoir un texte, les Martiniquaises et les Martiniquais décideront : ils seront consultés, et maîtres de leur destin ; ils diront ce qu’ils veulent ou ne veulent pas. Il y a le volet institutionnel, mais il y a tout le reste.”
“Ce plan repose sur deux piliers essentiels : l’anticipation, tout d’abord, car il faut ramasser les sargasses en amont, avant qu’elles n’échouent sur les côtes – le constat est partagé ; la santé publique, ensuite, car les populations sont de plus en plus touchées. Nous intégrerons donc un volet sanitaire inédit.”
The complete record
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“Je pense aux dispositifs de droit commun qui s’appliquent dans les départements et régions d’outre-mer : les parcours contractualisés d’accompagnement vers l’emploi et l’autonomie, les contrats d’engagement jeune, les écoles de la deuxième chance et l’insertion par l’activité économique, sans oublier le rôle du service militaire adapté, le SMA, qui concerne plus de 6 500 jeunes dans les territoires ultramarins. Je pourrais également mentionner le renforcement de la formation professionnelle, en particulier les pactes d’investissement dans les compétences. Dans les fonctions qui sont les miennes et dans le temps qui est le nôtre, je n’entends pas lancer un énième « grand plan » – je l’avais déjà dit au député. Je préfère déployer un plan d’actions très concrètes pour la jeunesse, composé de mesures simples mais efficaces.”
“Je vais bien sûr répondre directement à la question mais je souhaite aussi rappeler les politiques déjà menées en direction des jeunes dans les outre-mer, par exemple la politique de continuité territoriale, l’accompagnement des jeunes qui poursuivent leurs études dans leur territoire d’origine ou dans l’Hexagone ou encore les mesures d’accès au logement, autant de dispositifs qui visent à contribuer à leur émancipation. En matière d’emploi, il est vrai que les outre-mer présentent un taux de chômage des jeunes bien supérieur à celui de l’Hexagone. Il en va de même s’agissant des jeunes ni en emploi, ni en études, ni en formation. Telle est, en effet, la réalité actuelle. Il existe cependant des dispositifs d’accompagnement des jeunes vers l’insertion professionnelle.”
“Je vous remercie de relayer la question importante posée par le député Nilor. Elle me permet de témoigner, une nouvelle fois, de mon attachement à ce sujet et de mon engagement auprès des jeunes ultramarins. Au moment de mon arrivée au ministère, il y a trois mois, j’ai d’ailleurs tenu à faire de ce dossier ma priorité. Les jeunes ultramarins, dans la diversité de leur parcours et de leur histoire, ne sont ni oubliés ni abandonnés, même si je ne nie en rien leurs difficultés.”
“Ces discussions, parfois rugueuses, ont donné lieu à un accord global – j’aimerais que l’on parle aussi du fond – qui permettra à la Calédonie, demain, de marcher sur ses deux jambes, institutionnelle et économique. Parlons de ce qui intéresse les habitants : l’économie, la possibilité de la redresser et d’offrir des perspectives. Un processus parlementaire aura lieu : j’espère que vous serez à la hauteur et ne jouerez pas les petits bras.”
“Vous pouvez crier, cela restera faux. Vous évoquez un nouveau passage en force, mais de quoi parlez-vous ? Quatre jours de discussions à Paris, après des semaines et des mois d’échanges, depuis l’été dernier, avec les forces politiques qui ont fait le choix courageux de se confronter et de débattre – ce n’était pas facile car elles ont aussi des cibles dans le dos : des non-indépendantistes, des progressistes, des centristes, mais également, pardon de le dire, des indépendantistes. Vous qui aimez la représentativité, n’oubliez pas que le segment indépendantiste est aussi représenté par l’Union nationale pour l’indépendance et le Parti de libération kanak.”
“Il est facile de donner des leçons depuis Paris. Tournez votre regard vers le territoire calédonien, considérez ce qui s’y passe !”
“Il a été sollicité, il était attendu comme les autres ; il a fait le choix de ne pas venir – dont acte. La politique de la chaise vide n’a jamais contribué au compromis, jamais apporté de solutions. Faut-il attendre indéfiniment, pendant que le territoire de la Nouvelle-Calédonie s’écroule ? (Mme Mathilde Panot s’exclame.) Non, bien sûr. Nous avançons donc avec ceux qui veulent avancer.”
“Le FLNKS n’a jamais été exclu de quoi que ce soit.”
“Monsieur Lachaud, avec tout mon respect, vous racontez n’importe quoi.”
“À partir de vendredi, nous recevrons tous ceux qui veulent avancer, qui veulent un avenir pacifié et des perspectives pour les Calédoniens. Nous le ferons dans un cadre exigeant, celui de Bougival : cet accord est un fait politique, il a permis des concessions réciproques. Nous serons à l’écoute des forces politiques, parce qu’il y va de l’avenir d’un territoire auquel nous sommes attachés. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes EPR et Dem. – Exclamations sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Madame la présidente Panot, ce que vous faites est inacceptable : vous mettez de l’huile sur le feu ! Arrêtez de politiser ce sujet, c’est l’avenir d’une population qui se joue ! (Exclamations sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Personne n’a de droit de veto sur le territoire de la Nouvelle-Calédonie.”
“…mais nous sommes aussi lucides et fermes. Nous n’accepterons aucun blocage ni que, du fait de l’absence de certains, les Calédoniens se trouvent pris en otage.”
“Toutefois, outre les moyens, nous devons renforcer la stabilité politique et institutionnelle. Avec beaucoup d’humilité et de modestie – car la Nouvelle-Calédonie s’inscrit aussi dans le temps long de l’histoire –, je rappelle la méthode, primordiale lorsqu’on aborde le dossier calédonien : nous respectons tous nos partenaires…”
“Nous regardons cette situation en face. L’État sera au rendez-vous : le premier ministre a souhaité que nous puissions investir comme nous ne l’avons jamais fait en Nouvelle-Calédonie, avec un plan de plus de 2,2 milliards d’euros pour dynamiser les entreprises, offrir aux jeunes des perspectives, imaginer une stratégie pour la filière du nickel, produire enfin ce choc économique et social tant attendu.”
“…durablement marqué par ce qu’il s’est passé au mois de mai 2024 : des vies bouleversées, des entreprises qui ont fermé, des familles qui ont perdu leur emploi.”
“Vous avez raison de rappeler ce que vous avez vu sur le terrain en Nouvelle-Calédonie. C’est un territoire à l’immense potentiel,…”
“Vous l’avez dit vous-même, nous avons besoin d’actions concrètes. Il faut donc désormais lier les discours aux actes : je vous invite à voter le budget, et cela en faveur de Mayotte ! (Exclamations sur les bancs du groupe RN.)”
“On ne peut pas réclamer, un jour, la mise en œuvre d’actions concrètes pour Mayotte et proposer, le lendemain, de voter une motion de censure pour renverser le gouvernement. Il faut de la cohérence : chaque jour de retard supplémentaire dans le vote du budget affaiblit davantage le territoire mahorais.”
“En complément de ces actions, elle a fait installer des rampes d’eau pour améliorer l’accès à l’eau potable et prévenir le développement de ces maladies. Concernant la gestion de crise, un plan Eau est en cours de finalisation et permettra une réponse coordonnée en cas de perturbation grave d’approvisionnement. Il doit aboutir avant la fin du premier semestre 2026. Je souhaite conclure clairement. Je partage votre vœu d’une mobilisation générale, encore faut-il que celle-ci puisse se concrétiser. Les projets existent, les financements sont ouverts et pour passer à l’action, il faudra donc simplement voter un budget ! (Exclamations sur les bancs du groupe RN.)”
“L’accès à l’eau est bien sûr un sujet vital pour les territoires. C’est pourquoi, il y a un mois, lors de ma première visite à Mayotte, j’ai souhaité m’assurer en priorité de l’avancée du chantier de l’usine d’Ironi Bé – vous étiez d’ailleurs à mes côtés. J’ai constaté que les travaux avançaient et je reste convaincue qu’il faut des projets structurants pour sortir durablement de la crise de l’eau. Sur le plan sanitaire, ma collègue Stéphanie Rist et moi avons effectivement constaté l’augmentation de certaines maladies virales liées à des déficits hydriques. Nous ne détournons pas le regard : l’ARS a immédiatement réagi en prenant en charge des patients et en menant des actions de vaccination de leur entourage, de prévention et d’aller-vers.”
“Pour obtenir des résultats durables, la prévention et l’insertion sont indispensables, comme il est indispensable de favoriser les alternatives à l’argent facile de la drogue. Nous pouvons faire beaucoup pour la jeunesse dans les outre-mer, et j’y travaille. Les outre-mer sont donc à l’avant-poste de la lutte contre le narcotrafic. Ils méritent que la nation leur donne les moyens de ce combat ; le budget qui vous est proposé s’inscrit dans cette trajectoire. (Applaudissements sur les bancs des groupes EPR, DR et HOR.)”
“Deux radars de surveillance des approches maritimes sont désormais en service en Martinique et les mêmes équipements seront déployés en Guadeloupe. La gendarmerie y engagera, à titre expérimental, un drone de surveillance doté de moyens de détection modernisés. Nous devons également renforcer la détection dans les aéroports, où les scanners sont un enjeu majeur. Une convention a été signée avec la collectivité de Martinique pour l’installation de scanners millimétriques et un dispositif équivalent est à l’étude en Guadeloupe. Les ports doivent faire l’objet d’une attention vigilante, comme à La Réunion, où un important réseau opérant depuis l’Hexagone vient d’être démantelé. Nous savons que la répression, à elle seule, ne suffira pas.”
“Ils sont aussi des territoires de consommation, avec des phénomènes inquiétants comme la consommation d’ ice , en Polynésie française, des territoires de trafic local et de rebond vers l’Hexagone – c’est notamment le cas des Antilles. Nous devons donc intervenir à tous les niveaux. En Guyane, la voie aérienne a été largement tarie par une politique volontariste de contrôles systématiques au départ des vols. Cette politique a fait ses preuves ; la remettre en cause serait une grave erreur. Aux Antilles, la situation est particulièrement préoccupante. Le taux d’homicides y est cinq fois supérieur à la moyenne nationale, avec de nombreux faits directement liés aux trafics. Confronté à cette situation, l’État agit.”
“D’abord, parce que les moyens des forces armées, de la douane et des unités spécialisées positionnées là-bas concourent puissamment à l’interception de grandes quantités de stupéfiants, sur l’ensemble des océans. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : en 2025, 35,2 tonnes de cocaïne ont été saisies en haute mer dans la zone caraïbe contre 28,3 tonnes en 2024 – il y a dix ans, on parlait seulement de quelques tonnes. Cette progression dit l’ampleur du phénomène ; elle dit aussi l’intensité de l’action menée par l’État. Nous veillons à ce que la coopération judiciaire et diplomatique permette l’interception non seulement des marchandises, mais aussi des navires et des équipages, dans le respect du droit de la mer et des conventions internationales. Les outre-mer ne sont toutefois pas seulement des zones d’interception.”
“Je commencerai en décrivant trois scènes ordinaires rencontrées par les forces de sécurité sur le terrain : un contrôle renforcé à l’embarquement, à Cayenne ; un signal détecté en mer dans la zone caraïbe ; un point d’entrée identifié sur une côte des Antilles. C’est ainsi que commence le narcotrafic, dans une géographie précise : celle des outre-mer. Ces territoires sont souvent exposés les premiers, car ils sont traversés par les grandes routes internationales de la drogue, y compris désormais dans le Pacifique, au large de la Polynésie française et de la Nouvelle-Calédonie. Les outre-mer encaissent les effets directs du trafic, mais ils protègent aussi l’Hexagone. Ce qui est bloqué en Guyane, en Martinique ou en Guadeloupe, ce sont des tonnes de cocaïne qui n’arriveront jamais ailleurs sur le territoire national.”
“C’est un avis défavorable sur l’amendement n o 4, déjà satisfait par le code monétaire et financier, et également défavorable sur l’amendement du rapporteur.”
“Je vous demande donc le retrait de ces amendements, afin que nous puissions retravailler cette question.”
“Je partage vos préoccupations, monsieur le rapporteur, et je vous invite à ce que nous travaillions ensemble sur cette question des billets d’avion mais, en l’occurrence, vos propositions posent un problème juridique et opérationnel, car elles sont en contradiction avec le règlement du marché intérieur de l’aviation. En effet, vos amendements ne portent pas sur le cas particulier de la délégation de service public mais sur ce qui pourrait s’apparenter à un dispositif et des tarifs sociaux. Par ailleurs, l’entente sur les prix entre transporteurs aériens pourrait être qualifiée d’illégale, puisque votre modèle repose sur une instance de concertation calquée sur ce qui se fait pour les produits de consommation courante. En outre, je ne suis pas certaine qu’on puisse appliquer aux billets d’avion ce qui s’applique aux produits alimentaires.”
“Je m’en remets à la sagesse de l’Assemblée.”
“Ils expriment une volonté d’agir vite que le gouvernement partage pleinement. Mais ils posent aussi des questions structurelles auxquelles nous devons répondre avec méthode et ambition. C’est tout le sens de la démarche également engagée par le gouvernement. Le projet de loi de lutte contre la vie chère dans les outre-mer sera le cadre structurant pour bâtir ces solutions globales, fondées sur vos travaux, sur la concertation et sur une ambition partagée. Au-delà de cette journée d’initiative parlementaire, je souhaite que nous continuions ensemble le travail pour nos compatriotes ultramarins. Ma main est donc tendue. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe Dem.)”
“Le gouvernement s’en était alors remis à la sagesse de l’Assemblée. L’article 3 reprend des dispositions déjà inscrites dans le code monétaire et financier, à l’exception de l’alinéa 3, qui introduit une rupture en imposant une comparaison avec une moyenne hexagonale tous groupes confondus. Cette approche trop uniforme pourrait affaiblir la concurrence et fragiliser l’offre bancaire ultramarine. Le gouvernement propose donc, monsieur le rapporteur, de revenir à la version initiale du texte, tout en améliorant la rédaction au cours de la navette parlementaire. Mesdames et messieurs les députés, nous partageons la même exigence : répondre avec efficacité et responsabilité à la vie chère dans les territoires d’outre-mer. Les articles de cette proposition pointent des situations incompréhensibles et se fondent sur des intentions justes.”
“Votre collègue Jiovanny William, qui a déjà travaillé sur le sujet, est le mieux placé pour conduire cette mission, ce que je lui proposerai de faire. Le dernier pilier concerne les tarifs bancaires. La loi Lurel de 2012 a posé un principe fort : les banques ultramarines ne peuvent pas dépasser les tarifs appliqués dans l’Hexagone par les entités du même groupe. Cette règle a permis une réelle convergence, mais des écarts de prix persistent : huit tarifs sur quatorze restent supérieurs dans les territoires d’outre-mer, en raison de coûts structurels plus élevés. Les tarifs bancaires touchent à l’égalité d’accès aux services financiers et donc à l’inclusion économique. Lors de l’examen du projet de loi « vie chère », Victorin Lurel avait proposé de préciser les prestations concernées.”
“La réforme que vous proposez modifierait profondément notre modèle de continuité territoriale et soulève de sérieuses difficultés : les prix relèvent de la liberté tarifaire européenne et toute concertation tarifaire entre compagnies est interdite hors délégation de service public. Un tarif résident constituerait une aide impliquant une compensation financière obligatoire. Consciente de l’attente sur ce sujet, je propose la poursuite de ce travail avec la délégation aux outre-mer, le ministère des transports et les compagnies aériennes. Certains d’entre vous ont posé la question du yield management – la gestion fine des prix. Je connais les critiques le concernant et souhaite qu’une réflexion ciblée soit menée rapidement.”
“Le transport aérien est le deuxième pilier de la vie quotidienne en outre-mer. Le coût des billets structure tout – études, projets professionnels, liens familiaux, accès aux soins. C’est un enjeu humain majeur. L’aide actuellement en vigueur à la continuité territoriale fonctionne. Elle a été considérablement renforcée. Plus des trois quarts des foyers peuvent aujourd’hui en bénéficier, jusqu’à 100 % du prix du billet, pour les étudiants, sur certaines liaisons. Le nombre des bénéficiaires de cette aide a doublé entre 2018 et 2024. Dans le budget 2026, une augmentation de 2 millions d’euros est prévue.”
“L’extension d’un tarif postal unique soulève cependant plusieurs difficultés que nous devons considérer avec lucidité, comme la soutenabilité économique de La Poste, déjà déficitaire sur les flux ultramarins, et le respect des cadres national et européen qui exigent une tarification alignée sur les coûts réels. De véritables avancées ont été obtenues : le tarif Colissimo éco outre-mer, la stabilisation des tarifs en 2025 en dépit de l’inflation et la suppression de la TVA ainsi que de l’octroi de mer sous 400 euros, depuis 2023, pour les colis envoyés par des particuliers. La réforme proposée exige cependant un travail approfondi et c’est sans aucun doute le projet de loi de lutte contre la vie chère en outre-mer qui constitue le véhicule législatif le plus à même de traiter cet enjeu structurel du pouvoir d’achat.”
“Le gouvernement s’en était alors remis à la sagesse de l’Assemblée, reconnaissant la pertinence de l’objectif du texte. Vos travaux s’appuient sur les conclusions d’une mission flash consacrée à la hausse des prix des colis postaux. Permettez-moi de saluer ses rapporteurs : Émeline K/Bidi, Karine Lebon, Stéphane Lenormand, Max Mathiasin, Jean-Philippe Nilor, Jean-Hugues Ratenon et Jiovanny William. Chacun connaît les écarts : dès 100 grammes, les tarifs des colis postaux à destination de l’outre-mer s’envolent, alors que le coût de la vie et la fragilité du pouvoir d’achat sont déjà bien plus élevés que dans l’Hexagone. Cet écart tarifaire est ressenti comme une injustice. Il pèse d’autant plus sur les familles, les liens humains et l’économie locale que le service postal, dans les territoires d’outre-mer, est un lien vital.”
“La présente proposition de loi s’inscrit pleinement dans cette dynamique. Nous devons relever ensemble ces défis. Son article 1 er fait écho à la proposition de loi relative à l’établissement de l’égalité d’accès au service public postal en outre-mer, examinée le 27 novembre.”
“Les sénateurs l’ont enrichi sur divers points : la production locale, le tarif export, le bouclier qualité prix ou encore la conditionnalité des aides publiques à la transparence comptable. Certains d’entre vous, je le sais, estiment que le texte est incomplet. J’assume également le fait de vouloir le renforcer ; le gouvernement s’y est engagé et le projet de loi sera examiné juste avant ou juste après l’interruption des travaux à l’occasion des élections municipales de 2026. Une phase de concertation est ouverte, dans laquelle la délégation aux outre-mer, que je tiens à saluer, joue un rôle déterminant. Dès que cette dernière aura achevé ses travaux, autour de la mi-janvier, nous organiserons des groupes de travail sur les sujets centraux de la transparence, de la production locale et de la concurrence.”
“J’en ai bien conscience : derrière ces écarts de prix entre les territoires d’outre-mer et l’Hexagone, ce sont des vies quotidiennes qui se tendent, des familles qui s’inquiètent et une inégalité de traitement qui, en 2025, ne devrait plus exister. La réalité de la vie chère ne tient pas dans des tableaux statistiques. Elle fragilise la capacité de nos concitoyens à vivre dignement, à se déplacer, à accéder aux services publics et à maintenir le lien avec leurs proches. Vous pouvez compter sur l’engagement du gouvernement. Le premier ministre l’a rappelé : la vie chère est la première des urgences. Le projet de loi de lutte contre la vie chère dans les outre-mer a été adopté au Sénat, en première lecture, le 28 octobre.”
“La lutte contre la vie chère dans les territoires d’outre-mer, plus particulièrement dans le secteur des services, est un sujet essentiel. Je commencerai par saluer le travail parlementaire à l’origine de cette initiative. Dans vos travaux, monsieur le rapporteur, vous avez choisi de mettre en lumière trois leviers qui structurent la vie quotidienne des ultramarins : les tarifs postaux, le prix des billets d’avion et les tarifs bancaires. Ces travaux traduisent une préoccupation légitime et largement partagée. Nous devons regarder en face ces enjeux structurels. Ce sujet dépasse les clivages politiques. Dès mon entrée en fonction, j’ai fait de la lutte contre la vie chère une priorité de mon action.”
“Compte tenu du peu temps qui nous reste, j’ai raccourci mon propos – mais je tenais tout de même à dire quelques mots.”
“Il ne saurait permettre que l’on transfère le pouvoir législatif du Parlement aux membres de l’Assemblée de la Polynésie française, qui se verraient conférer le pouvoir de bloquer l’entrée en vigueur d’un texte que la représentation nationale aurait voté ! Mesdames et messieurs les députés, vous ne sauriez évidemment approuver une telle disposition.”
“Vous avez raison, monsieur Gustave : il n’y a ici que de bons députés ; or un bon député, précisément, ne peut pas voter ça !”
“Cette instance, présidée par un magistrat de la chambre territoriale des comptes – donc tout à fait sérieuse et impartiale –, garantit que les problèmes financiers soulevés par votre amendement sont examinés collectivement et en toute transparence. Voilà pourquoi, à mes yeux, votre inquiétude n’a pas lieu d’être.”
“Je vous demande de retirer cet amendement, sans quoi mon avis sera défavorable. Les communes disposent déjà d’outils qui leur permettent de mener à bien leurs projets en sécurisant leur financement. Je pense tout d’abord aux dotations et aux subventions de l’État, en fonctionnement comme en investissement, mais aussi à tous les dispositifs propres à la Polynésie, tels que le fonds intercommunal de péréquation, cité par Mme la rapporteure, qui joue pleinement son rôle de ressource stable pour les communes lorsque la fiscalité locale ne suffit pas. J’ajoute que, dans le cadre de la loi organique de 2004, plus précisément à l’article 11, a été créée une commission consultative d’évaluation des charges des communes qui réunit l’État, le gouvernement, l’Assemblée de Polynésie française et les maires.”
“Dans le dispositif tel que vous le proposez, l’étape de la délibération initiale et le délai de six mois sont conservés, de même que les dispositions prévues à l’alinéa 5 – la possibilité pour la commune ou l’EPCI d’engager les actions souhaitées et la conclusion d’une convention facultative. Toutefois, vous ajoutez l’obligation de signer une convention. Cela ne peut pas fonctionner. J’émets donc un avis défavorable.”
“Je rappelle la marche à suivre : une commune ou un EPCI désireux d’exercer une compétence doivent en informer le président de la Polynésie française, le président de l’Assemblée de la Polynésie française et le haut-commissaire de la République. L’adoption d’une délibération de la commune ou de l’EPCI ouvre ensuite un délai de six mois, ce qui permet de réfléchir aux différentes modalités d’application, d’écouter les uns et les autres, de partager les points de vue. L’alinéa 5 prévoit la conclusion, facultative, d’une convention dans laquelle sont précisés les moyens mis à disposition.”
“Madame Reid Arbelot, je comprends votre préoccupation. Il faut s’assurer de la cohérence de l’action publique lorsque les communes et le pays interviennent dans le même domaine. Cette demande provient également du pays. Le dispositif actuel de partage des compétences est jugé trop rigide, trop lourd – c’est d’ailleurs ce qui est écrit dans la présentation du projet de loi-cadre du gouvernement polynésien que j’ai consulté, et cela explique qu’il ait été peu utilisé. Le système doit donc être plus souple. La mesure que vous proposez nous expose à ce même risque de rigidité : si une commune ne parvient pas à formaliser de convention, elle ne pourra pas exercer de nouvelle compétence et on retombera sous le coup du grief initial. En revanche, le mécanisme prévu par le Sénat me semble échapper à cet écueil.”
“Ça n’intéresse pas les auteurs de la motion, madame la rapporteure : ce n’est pas leur électorat !”