Roland Lescure
EPR · France
“Ce qui s’est passé est absolument exceptionnel. Nous avons tous vu les images, mais vous l’avez vécu puisque c’est chez vous : de véritables boules de pétanque qui tombaient et causaient des dommages très importants aux habitations, aux véhicules, aux entreprises ou aux récoltes – je pense notamment au vin et je crains que l’Ardèche n’ait…”
“Il doit tout d’abord assurer la reconversion des employés dans d’autres sites ou prévoir des procédures de reconversion locale pour ceux qui ne sont pas mobiles de sorte qu’ils puissent trouver un emploi. Il doit ensuite trouver des repreneurs pour les usines.”
“Constance des questions, constance des réponses ! Vous pouvez me poser cent fois la question, je vous ferai cent fois la même réponse (Exclamations sur les bancs du groupe RN) : une baisse de TVA sur l’essence coûte une fortune, c’est une mesure inefficace – une partie de la baisse ne se répercute pas sur les prix, ce qu’ont montré les ét…”
“Legrand a en effet annoncé, il y a quelques semaines, la fermeture de quatre sites, à Lagord, mais aussi à Châlus, Confolens et Pont-en-Royans.”
“Un accompagnement sera prévu, le salaire maintenu et une aide à la mobilité géographique sera accordée. L’employeur devra bien entendu respecter son obligation de formation et d’adaptation.”
“Le défi majeur, c’est l’expertise : l’expert doit intervenir très vite pour évaluer les dégâts et les assureurs doivent ensuite être au rendez-vous. J’ai moi-même appelé la Fédération nationale des assureurs, qui s’est engagée à aller vite.”
The complete record
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“Je suggère que vous le retiriez – sinon, je me verrai obligé de donner un avis défavorable – et que nous travaillons ensemble sur le sujet avec la ministre de la santé.”
“J’entends ce que vous proposez. On a créé un dispositif qui s’appelle maintenant les ZFRR, et puisque cela marche et qu’il y a rural dans le nom, on a décidé d’inciter les médecins à s’y installer à coups d’exemptions d’impôts en cas de besoin. Je reconnais bien volontiers, notamment pour les raisons qu’a mentionnées le rapporteur général, que ça ne fonctionne pas : cela revient à chercher les clés sous le lampadaire. Mais, vous le dites vous-même, votre dispositif coûterait plus cher – peut-être aussi parce qu’il n’est pas à ce stade, faute d’être très bien défini, suffisamment ciblé sur les véritables déserts médicaux –, et donc vous tentez de vous en sortir avec un petit artifice : la durée de l’exonération totale serait réduite de cinq ans à trois ans.”
“Par conséquent, même si j’entends bien l’argument du rapporteur général qui le conduit à préférer les deux premiers aux deux suivants, l’avis du gouvernement sera défavorable aux quatre pour les raisons que j’ai exposées. Ne faisons pas de jaloux !”
“J’entends bien la volonté du législateur de permettre à des sociétés émanant de collectivités locales de pouvoir bénéficier du régime du mécénat, mais je rappelle que ledit régime est réservé aux seuls organismes d’intérêt général et que les sociétés de capitaux n’exercent pas nécessairement une activité d’intérêt général. Le risque est tout de même d’étendre à l’excès le champ d’application du dispositif et ce n’est pas une délibération du conseil d’administration qui y changerait quoi que ce soit. Je rappelle aussi que d’autres formes juridiques peuvent être retenues par les collectivités territoriales souhaitant s’engager dans le domaine culturel : établissement public, fonds de dotation, etc.”
“Comme l’a bien dit M. le rapporteur général, on a déjà pas mal adapté ce dispositif, notamment en corrigeant en 2025 les mesures prises en 2024, qui n’étaient peut-être pas optimales. J’aurais tendance à recommander de stabiliser tout cela plutôt que d’apporter chaque année des changements réglementaires ou législatifs à des dispositifs dont vous reconnaissez tous qu’ils fonctionnent plutôt bien, d’autant qu’il y a encore de la marge avant que le plafond que vous mentionnez soit atteint. Il serait donc inopérant de le rehausser. Je vous suggère de retirer ces amendements, sans quoi mon avis sera défavorable.”
“J’ajoute que, s’agissant de l’ancien, le PTZ permet déjà à un primo-accédant de financer l’acquisition d’un BRS. La revente de ce bien à un autre primo-accédant respectant les conditions d’éligibilité du PTZ est donc possible. Le problème que vous soulevez a trait au neuf. Il n’est cependant pas lié au BRS mais au fait que le PTZ ancien et le PTZ neuf sont deux outils assez différents. Je vous suggère donc de retirer ces amendements, faute de quoi mon avis sera défavorable. J’en profite pour vous indiquer que, si un certain nombre d’amendements « logement » font aujourd’hui l’objet d’un examen prioritaire, la ministre s’est déjà engagée à ce qu’une discussion plus approfondie sur ce sujet important pour tous les parlementaires ait lieu une fois que sera achevé cet examen prioritaire et que vous aurez retrouvé votre ministre favorite.”
“En outre, l’article prévoit d’entendre le champ des activités éligibles aux secteurs de la santé – infirmières, professions paramédicales – et de l’artisanat. J’ajoute que cette fusion offrira une simplification qui profitera à tout le monde, y compris aux administrations chargées de gérer ces questions, qu’en 2026 elle n’aura aucun impact budgétaire et que, à terme, celui-ci sera inférieur à 100 millions – un montant assez faible. Je vous propose de retirer votre amendement, et j’émettrai, à défaut, un avis défavorable. J’en profite pour donner d’ores et déjà un avis favorable à toute la série d’amendements rédactionnels et de coordination déposés par M. le rapporteur général, qui arrivent juste après dans la discussion.”
“L’article 12 ne vise pas à ouvrir de nouvelles lignes de budget pour les quartiers prioritaires de la politique de la ville mais à simplifier, en les fusionnant, deux dispositifs : les zones franches urbaines (les ZFU) et les quartiers prioritaires de la politique de la ville. Le classement en ZFU n’avait fait l’objet d’aucune révision depuis la création du dispositif en 1996 alors que certains quartiers devraient aujourd’hui en sortir et d’autres l’intégrer. Désormais, lorsque vous débattrez de questions relatives à la politique de la ville, la nomenclature sera plus simple puisque, grâce à cet article, il n’existera plus qu’un dispositif. Certaines entreprises – je ne parle pas d’entreprises individuelles – étaient exonérées d’impôt sur les sociétés dans les ZFU mais pas dans les QPV – la fusion corrige cette incohérence.”
“C’est donc une demande de retrait pour les amendements n os 3337 et 1022, et un avis défavorable pour les autres.”
“Cela étant, supprimer la CVAE dès l’an prochain me paraît excessif, et je suggérerai donc à Mme Duby-Muller et à M. Loubet de retirer leurs amendements. Même si nous sommes d’accord sur la direction à prendre, cette suppression représenterait un coût de 4 milliards – 2,5 milliards en 2026 et 1,5 milliard en 2027 –, sachant que nous avons un peu de mal à trouver des recettes ces temps-ci. N’oublions pas que nous venons d’augmenter les impôts sur les grandes entreprises pour un montant de 6 milliards et que nous proposons ici une baisse de l’ordre de 1,3 milliard sur un plan comptable, ce qui équivaut à 1,1 milliard après l’IS. Tout cela me semble assez raisonnable et nous maintient dans la bonne direction, même si nous sommes légèrement en retard par rapport à ce qui avait été initialement prévu.”
“N’oublions pas que cela fait des années maintenant que les collectivités locales sont compensées à l’euro près. On peut certes discuter de la dynamique des recettes concernées, mais cela veut quand même dire que c’est l’État qui a pris sur lui – et M. le président Coquerel nous le reproche – de soutenir le développement des entreprises industrielles dans certains territoires moins bien dotés que d’autres – déséquilibres que vous avez été plusieurs à soulever.”
“…mais nous avons un problème avec les entreprises de taille intermédiaire. Or aujourd’hui, les recettes de la CVAE proviennent pour 35 % des grandes entreprises, pour 21 % des PME et pour 41 % des entreprises de taille intermédiaire. Cela veut dire que la CVAE est essentiellement payée par des entreprises dont on regrette tous qu’il n’y en ait pas assez.”
“Il y a en France énormément de PME, pas mal de grandes entreprises…”
“Mais 10 000 entreprises, ce ne sont pas juste les grandes entreprises. Je vous rappelle que, tout à l’heure, vous avez voté une surtaxe sur l’IS qui rapporte 6 milliards d’euros et qui concerne 440 entreprises. Les grandes entreprises en France se comptent donc en centaines. Parmi les 10 000 entreprises que vous mentionnez, il y a des entreprises de taille intermédiaire, qui font vivre vos départements et dont j’espère que vous êtes fiers lorsqu’elles créent de la valeur ajoutée pour vos salariés, vos administrés et vos électeurs. J’insiste vraiment, 10 000 entreprises, ça fait beaucoup d’entreprises.”
“Plusieurs des amendements présentés visent à revenir sur la baisse de la CVAE que nous proposons pour l’année 2026, certains proposant même un large retour en arrière, au niveau qui prévalait avant qu’on amorce la baisse ; d’autres, au contraire, envisagent plutôt d’accélérer le mouvement. Ils sont donc de nature très différente. Je ne reviendrai pas sur les raisons pour lesquelles nous sommes convaincus que cette baisse est une bonne chose pour les territoires, l’industrie et l’emploi, en particulier pour les petites et moyennes entreprises et les entreprises de taille intermédiaire. Comme j’ai entendu beaucoup de chiffres, permettez-moi de vous fournir quelques données qui, je l’espère, mettront un terme au débat. Ceux qui sont hostiles à l’article arguent que 10 000 grandes entreprises bénéficient de deux tiers des recettes.”
“Cette baisse des impôts de production est bonne pour le tissu productif domestique et elle est particulièrement profitable au tissu industriel. Je donne donc un avis défavorable aux amendements de suppression et j’espère être suivi.”
“Nous sommes dans le top 2 des impôts de production en Europe, juste derrière la Suède. (« Et alors ? » sur quelques bancs du groupe EcoS.) Les entreprises en France payent 50 % d’impôt de production de plus que la moyenne européenne et cinq fois plus que les entreprises allemandes. Le député Pierre Cazeneuve l’a bien dit : cette suppression de la CVAE bénéficiera à plus de 300 000 entreprises, un quart d’entre elles étant des entreprises industrielles – je pense que MM. Lahais et Sansu y seront sensibles. Les PME et les ETI nous le demandent – peut-être pas à vous. Quand je discute avec les responsables de la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME), ils m’en parlent, y compris au niveau local.”
“La TVA est moins volatile que la CVAE : certaines années, c’est plutôt favorable à la TVA, d’autres années, c’est le contraire. Voici les chiffres de 2023 : + 11 % de recettes de TVA liées à l’inflation, moins pour la CVAE. Vous pourrez, dans le cadre d’une mission d’information, tenter d’évaluer tout cela ; je pense que cela en vaut la peine. Dire, aujourd’hui, que baisser les impôts de production ne sert à rien, c’est une contrevérité.”
“Ce sont des recettes qui sont globalement assises sur la même chose : la valeur ajoutée.”
“Au moment où nous avons entamé la baisse de la CVAE, nous avons décidé – par un amendement, me semble-t-il, déposé par des parlementaires, à l’Assemblée ou au Sénat – de tout compenser en une fois, plutôt qu’à chaque baisse. Nous avons donc donné de la visibilité.”
“Je parle de l’oreille qui se trouve actuellement dans votre direction, monsieur Sansu. Aucune perte de recettes pour les collectivités locales n’est à déplorer, puisqu’elles sont compensées depuis le début par des recettes de TVA (« Non ! » sur plusieurs bancs des groupes SOC et EcoS) .”
“J’entends les préventions, notamment de M. de Courson, sur la dynamique relative des recettes destinées à la compensation comparées à celles tirées de la CVAE. Cependant, j’ai entendu de nombreuses fake news à ce sujet, surtout dans mon oreille gauche.”
“C’est une stratégie que nous avons suivie depuis de nombreuses années et qui a, je pense, porté ses fruits.”
“Je comprends les préoccupations des signataires de ces amendements mais je les invite tout de même à les retirer, ne serait-ce que parce qu’ils sont contraires au droit européen – il me semble que tous les signataires sont des proeuropéens convaincus, y compris M. Becht, aussi cela ne devrait-il pas leur poser la moindre difficulté. Par ailleurs, cette contribution étant appelée à rester exceptionnelle – du moins est-ce mon souhait –, il ne me semble pas souhaitable d’introduire une telle complexité, pour un résultat de surcroît négligeable au regard des montants en jeu.”
“Même avis. Nous en avons déjà largement débattu. Je vous invite à retirer l’amendement ; à défaut, j’y serai défavorable.”
“Il n’est ni cousu d’un fil d’une couleur quelconque ni pipé. À des forces qui sont en désaccord sur toutes sortes de sujets, dont la fiscalité, nous tentons de proposer un compromis qui nous permettra, j’espère, de continuer à avancer dans l’examen de ce projet de loi de finances.”
“Je compare des pommes et des pommes : les niches fiscales existaient déjà en 2017. Nous avons plutôt eu tendance à en diminuer le nombre. De 33,3 % à l’époque, nous avons porté le taux à 35 % pour l’année en cours ; l’adoption de notre amendement le ramènerait à 33,8 % pour 2026. Le débat n’est ni pipé, monsieur Sansu, ni cousu de fil blanc, monsieur Tanguy,…”
“Ils ont donc vu que cette assemblée avait adopté l’indexation du barème de l’impôt sur le revenu samedi dernier, ce qui bénéficiera à l’ensemble d’entre eux. Du fait de l’adoption de cette mesure et d’autres pour lesquelles vous avez également voté, nous disposons à ce jour de 4 milliards de recettes en moins. Je propose de couper la poire en deux et d’en rétablir 2 milliards. Madame Maximi, vous prétendez que le taux que nous prévoyons serait inférieur à celui qui prévalait à l’arrivée d’Emmanuel Macron au pouvoir. C’est faux. Après adoption de l’amendement gouvernemental, ledit taux s’établirait encore au-dessus, à 33,8 % pour être précis.”
“Entre les 8 milliards que certains demandaient et continuent de demander – les deux sous-amendements, de messieurs Le Coq et Brun, en témoignent – et les 0,2 ou 0,4 milliard que proposaient notamment Mme Duby-Muller ou d’autres membres du groupe Ensemble pour la République, nous sommes amenés à proposer 6 milliards. Cette solution permet d’éviter les effets de bord pour les entreprises de taille intermédiaire et me semble représenter un bon compromis, qui concentre l’effort demandé sur des entreprises qui peuvent le fournir. Je remercie le député Mattei et le député de Courson – si j’ai bien compris, ce dernier est prêt à soutenir l’amendement du gouvernement au cas où l’amendement n o 1759 de son collègue Bataille ne serait pas adopté. Comme vous l’avez dit, monsieur Tanguy, les contribuables nous regardent.”
“Dans les jours qui viennent, vous aurez un débat sur la taxe Zucman, dont on a beaucoup parlé, et sur des versions en apparence plus légères mais en réalité tout aussi lourdes de cette taxe. Le gouvernement s’opposera à toute taxation de l’outil de production. En effet, nous souhaitons que l’on puisse créer de l’emploi dans ce pays, y continuer de produire, et – pour répondre à Mme Balage El Mariky – que notre tissu productif reste compétitif. Il s’agit donc pour nous de vous proposer un compromis, lequel, par définition, ne peut que faire mal, y compris à celui qui le propose.”
“Je vais tenter de répondre à l’ensemble des interpellations. J’entends les doutes et les remarques du président Wauquiez. Je ne suis pas partisan du matraquage fiscal – j’ai eu l’occasion de le répéter à de nombreuses occasions. Tel que le gouvernement l’avait déposé, le projet de budget prévoyait certes une hausse des prélèvements obligatoires, dont le taux restait toutefois inférieur à celui que nous connaissions en 2019, afin d’atteindre un équilibre satisfaisant entre économies sur les dépenses et hausses des impôts, deux tiers de l’effort portant sur les dépenses et un tiers sur les recettes. Concernant les dépenses, je rappelle que certaines sont incompressibles, notamment la charge de la dette : celle-ci augmente pour toutes sortes de raisons, dont l’incertitude politique, qui a fait monter les taux d’intérêt.”
“Il va en effet dans le même sens que celui du gouvernement, à savoir la préservation des entreprises de taille intermédiaire.”
“Plusieurs amendements visent à pérenniser cette contribution, qui n’aurait dès lors plus rien d’exceptionnel. J’insiste fortement sur la nécessité de confirmer aux entreprises concernées qu’elle ne sera pas renouvelée. Cela ne les rassurera pas forcément, sachant qu’on le leur avait déjà dit la même chose il y a un an, mais il reste important d’envoyer ce signal. C’est donc une contribution à l’effort national, mais exceptionnelle et d’un montant qui sera moins élevé. M. Tanguy, dans son intervention sur l’article ce matin, avait d’ailleurs justifié par ces critères le rejet des amendements de suppression. Le gouvernement est donc défavorable à tous les amendements et sous-amendements, à l’exception de celui de M. Labaronne, sur lequel il s’en remet à la sagesse de l’Assemblée.”
“Mme Duby-Muller et quelques autres ont suggéré de s’en tenir à une surtaxe exceptionnelle de 2 milliards, et moi, je propose un amendement qui nous amène à 6 milliards de recettes. M. Brun, dont je confirme qu’il n’était pas au courant de cet amendement, sinon il ne l’aurait peut-être pas ainsi sous-amendé, vous propose un sous-amendement à 7,2 milliards de recettes en augmentant de manière significative l’un des taux que nous vous proposons. M. Le Coq souhaite revenir sur la réduction du taux applicable aux ETI, ce qui nous ramènerait à quasiment 8 milliards de recettes (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP) et ferait ainsi de l’amendement du gouvernement l’équivalent de ceux précédemment proposé par le groupe LFI.”
“Les voici donc : l’amendement n o 3838 du gouvernement représente 6 milliards d’euros de coût net pour les entreprises – je rappelle qu’il s’agit d’un prélèvement supplémentaire –, compte tenu de l’exclusion des entreprises de taille intermédiaire du dispositif. J’ai bien écouté l’ensemble des présentations des différents amendements et aussi l’ensemble de la discussion qui a lieu depuis ce matin : on est parti d’une copie du gouvernement qui proposait une surtaxe exceptionnelle de 4 milliards, et plusieurs députés ont exprimé leur opposition en déposant des amendements de suppression qui, certes, n’ont pas été adoptés, mais ont tout de même rassemblé nombre d’entre vous. On risquait donc d’en arriver à zéro.”
“Tout d’abord sur la méthode : le gouvernement s’est engagé à écouter les débats qui auront lieu au sein de l’Assemblée nationale et je pense qu’en déposant cet amendement, c’est exactement ce qu’il fait. Certains peuvent regretter que notre amendement arrive trop vite, trop tard, mais j’ai souhaité écouter l’essentiel des arguments sur ce sujet important avant de proposer, au nom du gouvernement, l’amendement n o 3838 – déposé évidemment hors délai, ce que le gouvernement a droit de faire et qui a permis aux députés qui le souhaitaient de déposer des sous-amendements –, que je vous ai présenté et sur lequel je vais maintenant apporter plusieurs précisions. Je n’avais pas donné les chiffres ; une fois n’est pas coutume, je donne raison sur ce point à M. Bompard.”
“L’amendement tend à confirmer la reconduction de la contribution exceptionnelle sur le bénéfice des grandes entreprises ; il prévoit des taux moins élevés que l’an dernier, mais nettement supérieurs à ceux qui figuraient dans la copie initiale du gouvernement et, a fortiori , à ce que souhaitaient certains ici. Il vise également à concentrer l’effort sur les grandes entreprises et à alléger la charge pesant sur les entreprises de taille intermédiaire. Les recettes supplémentaires permettront ainsi de compenser le coût induit par le vote de précédents amendements, tels que ceux rétablissant l’indexation du barème de l’impôt sur le revenu.”
“Leur effort est pourtant significatif, puisqu’il aura déjà atteint environ 8 milliards à la fin de l’année. D’un autre côté, j’entends les propos du député Labaronne, qui nous invite à nous méfier des effets de bord du dispositif vis-à-vis des entreprises de taille intermédiaire. Il est vrai que l’apport de ces dernières est minime par rapport à l’ensemble des sommes collectées, mais qu’il représente un effort important au regard de leurs ressources propres. D’ailleurs, personne ici, me semble-t-il, n’avait vraiment l’intention de les viser.”
“Une des phrases que j’ai le plus prononcées ces derniers jours est certainement : « Pour chaque plus, il faudra un moins. » Cela vous dit quelque chose, n’est-ce pas ? Il s’avère que, depuis quelques jours, les « plus » ont été plus nombreux que les « moins ». M. Masséglia évaluait ce matin le déficit supplémentaire, par rapport au budget présenté initialement, à plusieurs milliards. Je vous confirme que le vote de plusieurs amendements, ces derniers jours, a entraîné une dégradation du solde budgétaire, à hauteur de 4 milliards d’euros environ. Par ailleurs, j’entends plusieurs groupes considérer, après le vote des amendements ce matin, que demander 4 milliards de plus aux grandes entreprises en 2026, ce n’est toujours pas suffisant.”
“Des études montrent qu’en France, on taxe les entreprises plus que nulle part ailleurs et qu’on les aide plus que nulle part ailleurs. Conformément à la demande du premier ministre, je prends l’engagement de faire toute la transparence sur les prélèvements et sur les aides. Les travaux du Sénat ont montré que la manière dont on mesurait les aides était à tout le moins ambiguë et que le soutien aux entreprises manquait de transparence, mais il faut aussi faire la transparence sur la fiscalité : nous pourrons ainsi arbitrer efficacement entre recettes et dépenses. Depuis 2018, nous avons réussi à attirer 88 milliards d’euros d’investissements étrangers ; essayons de préserver cet attrait de la France. Le monde, qui valorise la stabilité politique et la capacité de construire des compromis, nous regarde.”
“…et ceux qui, plus généralement, pensent qu’il ne faut pas casser la croissance en France.”
“J’essaie de naviguer dans le triangle infernal – espérons qu’il ne devienne pas le triangle des Bermudes ! – que forment les dépenses, les impôts et la croissance, et qui permet de boucler un budget. Nous essayons de trouver l’équilibre entre ceux qui pensent qu’il faut taxer davantage et dépenser davantage, ceux qui pensent qu’il faut taxer moins et dépenser moins…”
“On nous jette à la figure que les défaillances d’entreprises sont au plus haut, mais il faut reconnaître que les faillites concernent surtout ces entreprises individuelles, assez précaires. Elles ont beaucoup contribué à soutenir le nombre de créations d’entreprises en France, mais traversent, depuis la crise de la covid et l’arrêt du soutien public « quoi qu’il en coûte », une situation difficile. Revenons aux usines : on a créé de l’emploi industriel alors qu’on en détruisait depuis vingt-cinq ans et on a ouvert des usines alors qu’on les fermait depuis vingt-cinq ans. Je pense qu’on est tous d’accord pour dire qu’il faut poursuivre sur cette lancée !”
“Monsieur Corbière, vous avez parlé des créations d’entreprises, mais j’évoquerai plus précisément les créations et ouvertures d’usines. Elles repartent à la hausse depuis 2023, ce que confirment les indicateurs que j’ai conçus, et comme l’indiquent, depuis plus longtemps encore, les chiffres fournis par la plateforme Trendeo qu’a mentionnée M. Coquerel. Toutefois, la tendance est fragile. Les réouvertures de lignes se poursuivent mais les créations nettes d’usines sont de moins en moins nombreuses. S’agissant des entreprises, vous avez raison : de nombreuses entreprises ont été créées et parmi elles, beaucoup d’entreprises individuelles, dans le secteur des transports ainsi que dans ceux des services à la personne et des services en général.”
“Reconnaissons toutefois que ces créations sont un début et que le chômage de masse recule : il s’établit entre 7 % et 7,5 % et j’espère, monsieur Vallaud, qu’il se stabilisera à ce niveau et ne progressera pas jusqu’à 9 %. Nous avons donc remporté nos premiers succès dans le combat contre le chômage de masse, mais nous devons continuer à le livrer, pour les jeunes, pour les seniors et pour les emplois industriels, dont les enjeux de transition sont très importants.”
“…très dure. Je ne le nie pas ; je veux seulement dire qu’il y a sept à huit ans, nous avons pris conscience de cette situation et nous avons pris des mesures qui commencent à payer. Monsieur le président Coquerel, quand on crée 120 000 emplois industriels en France et, dans le même temps, 2 500 000 emplois dans les autres secteurs, on constate nécessairement que la part de l’emploi industriel ne progresse pas. On a créé encore plus d’emplois ailleurs que dans l’industrie !”
“Des territoires ont été totalement dévitalisés, ont perdu des milliers d’emplois et se sont retrouvés dans une situation sociale…”
“La France industrielle va juste un peu moins mal que pendant les dernières décennies, lors desquelles des politiques de tous bords ont fait le choix stratégique de dire : les usines, on les envoie au bout du monde et nous, on va faire une économie de services, construire des ronds-points et des centres commerciaux, et tout va bien se passer. La réalité, c’est que la désindustrialisation de la France a provoqué le développement de la misère sociale et des inégalités territoriales extrêmement prégnantes.”
“Je ne cherche pas à vous vendre l’invendable ou à vous faire prendre des rêves pour la réalité.”
“Nous aurons donc à la fois de bonnes surprises sur les recettes traditionnelles de l’impôt sur les sociétés, et des recettes de cette surtaxe d’au moins 7 milliards d’euros – assez proches donc des 8 milliards que nous avions provisionnés ensemble. Tous les montants ne sont qu’estimés, mais on a aujourd’hui des versements de l’impôt sur les sociétés à la fois normaux et exceptionnels qui sont plutôt au-dessus de ce que l’on attendait. Cela répond à votre question. Est-ce que la France industrielle va bien ? Non.”