Roland Lescure
EPR · France
“Ce qui s’est passé est absolument exceptionnel. Nous avons tous vu les images, mais vous l’avez vécu puisque c’est chez vous : de véritables boules de pétanque qui tombaient et causaient des dommages très importants aux habitations, aux véhicules, aux entreprises ou aux récoltes – je pense notamment au vin et je crains que l’Ardèche n’ait…”
“Il doit tout d’abord assurer la reconversion des employés dans d’autres sites ou prévoir des procédures de reconversion locale pour ceux qui ne sont pas mobiles de sorte qu’ils puissent trouver un emploi. Il doit ensuite trouver des repreneurs pour les usines.”
“Constance des questions, constance des réponses ! Vous pouvez me poser cent fois la question, je vous ferai cent fois la même réponse (Exclamations sur les bancs du groupe RN) : une baisse de TVA sur l’essence coûte une fortune, c’est une mesure inefficace – une partie de la baisse ne se répercute pas sur les prix, ce qu’ont montré les ét…”
“Legrand a en effet annoncé, il y a quelques semaines, la fermeture de quatre sites, à Lagord, mais aussi à Châlus, Confolens et Pont-en-Royans.”
“Un accompagnement sera prévu, le salaire maintenu et une aide à la mobilité géographique sera accordée. L’employeur devra bien entendu respecter son obligation de formation et d’adaptation.”
“Le défi majeur, c’est l’expertise : l’expert doit intervenir très vite pour évaluer les dégâts et les assureurs doivent ensuite être au rendez-vous. J’ai moi-même appelé la Fédération nationale des assureurs, qui s’est engagée à aller vite.”
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“Ne votez pas contre la PPE, ne nous censurez pas ; accompagnez plutôt les investissements absolument indispensables pour que la France se projette ! La solution alternative est simple (M. Jimmy Pahun applaudit) : les hydrocarbures, qui viennent de régions du monde où vous vous sentez peut-être bien, mais dont je préférerais, moi, que nous arrêtions de dépendre. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe EPR.)”
“Il faut bien entendu investir aussi dans l’offre électrique. Pour connecter des entreprises industrielles qui consomment de l’électricité, mieux vaut plus d’électricité que moins ! Il faut donc procéder aux investissements nécessaires. Dans cette partie de l’hémicycle, on est loin des postures idéologiques ; elles règnent dans la vôtre. Récemment, j’ai qualifié certains de vos collègues de « Don Quichotte de la transition énergétique ». Dès qu’il y a des hélices qui tournent, vous êtes contre. Mais pour augmenter l’offre d’électricité en France dans les trimestres qui viennent, il faut accélérer l’offre d’énergies alternatives, de même qu’à plus long terme il faudra – n’en déplaise à d’autres – augmenter l’offre d’énergie nucléaire.”
“Comment réaliserons-nous des raccordements accélérés ? En appliquant la programmation pluriannuelle de l’énergie (« Oh ! » sur les bancs du groupe RN) – vous savez, celle pour laquelle vous avez déposé une motion de censure qui heureusement n’a pas été votée, celle qui prévoit 100 milliards d’investissements dans les réseaux électriques, ce pour quoi vous nous avez critiqués en prétendant que cela ferait monter le prix de l’électricité.”
“Le premier ministre a déjà eu l’occasion de le dire : nous annoncerons, dans les jours qui viennent, l’évolution des règles pour le mois de juin. La stratégie qui est la nôtre depuis le début sera toujours la même : il faut se focaliser sur celles et ceux qui en ont le plus besoin, celles et ceux qui travaillent et qui ne doivent en aucun cas faire les frais de cette crise qui nous concerne tous.”
“S’agissant des recettes, le premier ministre nous a demandé d’être parfaitement transparents sur tous les surplus fiscaux potentiels auxquels nous pourrions faire face. Il a communiqué tout à l’heure sur le dernier chiffre dont on dispose. Sur les mois de mars, avril et mai, les recettes fiscales liées au carburant sont inférieures de 105 millions d’euros au niveau constaté l’an dernier. Non seulement nous n’avons pas de surplus de recettes fiscales, mais nous constatons même une baisse par rapport à l’année dernière. Pourquoi ? Parce que l’effet TVA, légèrement positif, lié à l’effet prix, est largement compensé par l’effet volume. Les Français s’adaptent à cette hausse des prix en consommant et en roulant moins. Dans ce contexte, doit-on rester inactif ? Non, nous devons continuer à adapter les règles.”
“Madame la députée, bienvenue à l’Assemblée nationale. J’en profite pour saluer votre prédécesseur, Jérôme Nury, désormais maire. La question que vous posez est essentielle. Face à un choc extérieur qui nous affecte tous, quelle doit être la stratégie prioritaire du gouvernement ? Je suis d’accord avec vous sur le fait que nous devons aider celles et ceux qui travaillent, notamment celles et ceux qui utilisent leur voiture pour travailler ou pour se rendre sur leur lieu de travail. C’est le choix que nous avons fait depuis le début, à travers les aides ciblées que vous avez citées et qui sont amenées à évoluer en fonction de la situation. Vous nous interrogez sur la politique de transparence que nous souhaitons suivre.”
“Chacun son Belfort ! Pour ma part, je pense à un discours qu’y a prononcé en février 2022 le président de la République et qui a tracé la voie de la France en matière d’énergies renouvelables, d’énergie nucléaire et de sobriété – mais pas de chimères.”
“…en prévoyant des aides ciblées et en préservant le patrimoine commun des Français que constituent nos finances publiques. Nous essayons de concilier croissance, souveraineté et – oui – lutte contre le réchauffement climatique. Vous bradez la France, vous creusez en promettant des chimères, vous allez chercher du pétrole là où il n’y en a pas. Nous creusons ici et nous préparons l’avenir.”
“Vous pouvez donc continuer à faire croire aux Français que dans dix, vingt ou trente ans – car telle est bien la durée nécessaire au développement d’un nouveau gisement –, tout ira bien. Pendant ce temps, nous agissons en matière d’électrification,…”
“Vous adorez le pétrole, nous aimons le nucléaire et les énergies renouvelables. (Exclamations sur les bancs des groupes RN et UDR.) Nous aimons une France réellement souveraine. D’ailleurs, vous en savez quelque chose puisque vous êtes élu du Territoire de Belfort, où EDF dispose d’une excellente usine Arabelle, productrice de turbines que le monde entier s’arrache. On peut bien sûr continuer de faire croire aux Français que les chimères existent mais c’est ainsi : il n’y a pas de pétrole au large de la Guyane. Ce n’est pas moi qui le dis mais M. Patrick Pouyanné – qui, vous en conviendrez, s’y connaît un peu plus que vous et moi réunis en matière de pétrole. Il n’est pas question du même bassin géologique que celui que vous avez mentionné. (M. Guillaume Bigot proteste.) Là encore, c’est M. Pouyanné qui le dit.”
“Mon climato-fanatisme n’a d’égal que votre pétrolophilie ! (Mme Agnès Pannier-Runacher applaudit.)”
“Essayez de nourrir votre groupe d’idées un peu meilleures, qui se distinguent des autres et soient dotées de quelque efficacité ! (Applaudissements sur quelques bancs du groupe EPR. – Les vives protestations se poursuivent, empêchant un temps l’orateur suivant de prendre la parole.)”
“Monsieur le député, vous venez d’arriver. Travaillez ! (Protestations vives et prolongées sur les bancs des groupes RN et UDR.)”
“…ne paient pas la plupart des impôts que vous mentionnez. La baisse de la TVA ne leur servirait à rien ! En revanche, un certain nombre de cadres dirigeants – j’ai compris que vous étiez maintenant les copains des patrons ! –, qui ne nous demandent rien parce qu’ils n’ont pas de problème de pouvoir d’achat, en bénéficieraient. Je passe sur le fait que la diminution de la TVA suscite évidemment des pertes en ligne : quand elle baisse, un certain nombre de marges augmentent et, quand elle remonte, les marges augmentent également !”
“Monsieur Jacobelli – qui faites des gestes à la limite de la décence attendue dans un parlement –, vous savez que les agriculteurs, les pêcheurs, les transporteurs routiers, que nous aidons régulièrement,…”
“…et ne répond que très partiellement au problème, puisqu’une telle mesure aiderait des gens qui n’en ont aucun besoin tandis que son effet serait insuffisant sur ceux qui sont en première ligne.”
“Monsieur le député, bienvenue à l’Assemblée nationale. Je note qu’au Rassemblement national, les députés passent mais les bonnes habitudes ne se perdent pas (Applaudissements et sourires sur plusieurs bancs des groupes RN et UDR) : misérabilisme, exagérations, contrevérités et solutions totalement inopérantes ! (Protestations sur plusieurs bancs des groupes RN et UDR.) La crise énergétique est une réalité pour nombre de nos concitoyens. Mais baisser la TVA coûte une fortune…”
“J’y insiste : si l’on fixe les prix en métropole, le seuil sera soit trop bas, soit trop haut. Dans le premier cas, il y aura des pénuries ; dans le deuxième, une élévation des prix.”
“Mais si nous avons pu le faire, monsieur le président Coquerel, c’est parce qu’il n’y a pas de concurrence dans les territoires d’outre-mer.”
“Non ! Nous n’avons pas répercuté l’ensemble de la hausse des prix du mois de mars sur le mois d’avril.”
“Mais ne caricaturez pas la situation : il n’y a ni totem ni tabou, et disposer d’une major intégrée est plutôt un atout qu’un handicap. Monsieur Maillot, je laisserai le ministre de l’action et des comptes publics vous répondre sur les enjeux budgétaires, mais nous avons limité la hausse des prix de l’essence dans les territoires d’outre-mer, pour les raisons que vous mentionnez.”
“Néanmoins, cette entreprise est une major, comme on dit, intégrée, ce qui nous a permis de bénéficier pendant deux mois d’un prix de l’essence plafonné, inférieur aux autres. Reconnaissons-le. Le fait de disposer d’une major intégrée permet à la France de ne pas souffrir de problème d’approvisionnement, contrairement à d’autres pays qui n’ont pas cette chance. Les marges de raffinage soulèvent des questions – j’ai interrogé la Commission européenne sur ce point – mais les producteurs de pétrole, monsieur Coquerel, ne sont pas chez nous, et ils sont taxés là où est localisée la production. Tous les pays que j’ai cités instaurent des taxes. Il faut s’assurer qu’en France et en Europe, il n’y ait pas d’excès – nous le faisons avec les distributeurs et nous le ferons avec les raffineurs.”
“Je n’en doute pas, mais il faudra travailler tous ensemble dans un esprit de concorde. Il faudra mettre de côté les échéances électorales à venir – on peut toujours rêver – et bâtir ensemble un budget qui, je l’espère, nous permettra de poursuivre le redressement budgétaire de la France. Monsieur le président de la commission des finances, personne – ni TotalEnergies ni d’autres groupes – ne possède de totem d’immunité.”
“J’ai entendu certains membres du groupe Socialistes et apparentés dire que cela serait encore plus difficile pour le budget à venir que pour l’actuel.”
“Reconnaissons tout de même que, grâce au budget auquel vous avez contribué et à la stabilité politique à laquelle nous avons collectivement contribué, le spread avait atteint, juste avant la crise actuelle, son point le plus bas depuis la dissolution de 2024 : il était alors à peine supérieur à 50 points de base. Il a augmenté depuis : la crise a creusé l’écart de rendement entre l’Allemagne et le reste de l’Europe. La France est moins affectée que l’Italie – c’est une maigre consolation –, mais nous devons continuer à tout faire pour que l’écart se réduise. Le principal moyen d’y arriver est de piloter le déploiement du budget pour 2026 et de nous entendre, je l’espère, pour voter un budget pour 2027.”
“Ce rapport d’avancement annuel est compatible avec la poursuite de l’investissement dans l’industrie ou encore dans la décarbonation, car, contrairement aux caricatures qui ont été dressées, nous sommes conscients et convaincus que la France peut continuer à croître économiquement et à réduire son déficit public tout en préservant la planète. Monsieur le rapporteur général de la commission des finances, vous nous avez interrogés sur l’impact du spread – l’écart des taux d’emprunt –, et sur la charge de la dette. Vous avez raison, nous devons nous assurer que la crédibilité financière de la France continuera à s’améliorer et que le spread entre la France et l’Allemagne continuera à se réduire.”
“Nous en débattrons aussi souvent qu’il le faudra, y compris dans cet hémicycle, si vous le souhaitez. Je reconnais que la stratégie comptable ne doit pas masquer l’essentiel, c’est-à-dire la stratégie économique. Le budget n’est pas seulement un exercice comptable. Comme l’ont dit MM. Tryzna, Midy, Mazaury, Mandon, Lam ou encore Lahais, il faut préserver l’investissement dans l’avenir, y compris dans la décarbonation et la transition écologique.”
“Nous avons bâti un scénario que nous avons voulu raisonnable et conforme aux prévisions des organisations internationales. Il est désormais affecté par des risques pesant à la baisse sur la croissance, sur la consommation et sur l’amélioration du déficit public. Nous devrons, comme l’a dit M. Midy, adapter notre stratégie budgétaire, sur laquelle pèse une incertitude qui devrait, pour le meilleur ou pour le pire, être levée dans les semaines à venir. Pour l’instant, nous sommes quelques semaines à peine après le début de la crise ; nous devons continuer à vous informer, à analyser la situation et à faire évoluer nos mesures. Nous le ferons en continu et – comme c’est constamment le cas depuis quelques semaines – dans la plus totale transparence.”
“Non. Vérifiez vos chiffres ! J’en viens aux questions plus sérieuses qui m’ont été posées. MM. Coquerel, Midy et Valletoux m’ont interrogé sur les risques liés au scénario que nous avons présenté. Ces risques existent.”
“En revanche, il est évident que, dans aucun pays consommateur et importateur d’énergie, la crise n’aura d’effet favorable pour les finances publiques. Je vous ai connu plus rigoureux. En outre, contrairement à ce que vous dites – peut-être confondez-vous les centimes et les pourcents –, le prix de l’essence n’a pas augmenté de 25 % en deux ans.”
“Allez aux États-Unis, au Canada, en Angola, au Nigéria, en Algérie, dans un pays producteur de pétrole : là, évidemment, c’est le cas. Allez en Russie, si vous le souhaitez.”
“Vous n’avez ni le monopole du cœur, pour reprendre une formule connue, ni le monopole du social, ni le monopole de la morale. Les parlementaires élus ici – avant d’entrer au gouvernement, je l’ai été, comme vous – sont tous députés de la nation. Je n’irai pas plus loin. En revanche, si vous pensez avoir appris en première année d’économie qu’une crise pétrolière a des effets favorables sur les finances publiques des pays importateurs, je vous engage à faire votre deuxième année, votre troisième année et à continuer vos études. Pas un économiste sérieux ne pense qu’une crise énergétique est bénéfique pour les finances publiques françaises.”
“Cela n’a pas été le cas, mais j’espère que la réforme poursuivra son parcours. Monsieur Brun, je n’ai pas spécialement envie de revenir sur vos insinuations regrettables à mon égard.”
“…est l’inégalité face à l’emploi, l’inefficacité face au chômage, l’inefficacité face à des règles encore trop compliquées. J’aurais aimé que vos groupes votent la réforme de l’assurance chômage sur laquelle les partenaires sociaux s’étaient mis d’accord et pour laquelle ils s’étaient engagés.”
“La croissance économique de 2025, nous la devons notamment à la consommation des ménages français. Nous sommes bien loin du catastrophisme que vous incarnez aussi, matin, midi et soir, vous rapprochant en cela de vos voisins d’en face. Non, la France n’est pas dans un état merveilleux, mais son économie et la consommation des ménages continuent à croître. Les défis que vous mentionnez, y compris les inégalités, sont très prégnants ; mais, vous le savez sans doute, la réelle inégalité, l’inégalité la plus forte – celle qui explique, madame Mansouri, que le taux de pauvreté soit encore trop élevé –…”
“…sur lequel, je pense, mon collègue chargé des comptes publics reviendra. Dans la série du catastrophisme et du misérabilisme, on retrouve aussi M. Le Coq, qui est parti. Non, la consommation n’a pas reculé l’année dernière en France.”
“Vous avez reformulé les réponses en les détournant et en les sortant de leur contexte. Vraiment, vous ne m’avez pas déçu : vous êtes toujours le roi du catastrophisme, du misérabilisme et des contrevérités, notamment en ce qui concerne le solde primaire…”
“Comité d’alerte, suivi des recettes mois par mois, dépenses en direct, estimation de l’impact de la crise dans plusieurs scénarios différents… Certains d’entre vous – M. le président Coquerel, M. Paul Midy et d’autres – ont demandé la communication d’une variante dans laquelle les risques de dégradation se concrétiseraient ; cette variante est incluse dans le document transmis au Haut Conseil des finances publiques. Peut-être pourrait-on faire plus ou mieux, mais je rejette franchement les insinuations, voire les accusations, d’enfumage, d’insincérité ou de manque de transparence. (Mme Christine Arrighi s’exclame.) Monsieur Tanguy, comme toujours, votre discours a été catastrophiste, misérabiliste et plein de conspirations. Vous avez reformulé des questions que vous aviez posées différemment en commission.”
“Nous vous avons donné toutes sortes d’informations ! Nous pourrons vous en donner encore, de sorte à construire ensemble, dans la plus grande transparence possible, le budget pour l’année prochaine. Mais, que diantre, reconnaissons que ce gouvernement est sans doute le plus transparent qu’on ait connu en la matière depuis des années !”
“Nous pouvons débattre des mesures que nous avons prises ou des incertitudes quant à l’impact de cette crise sur l’inflation, mais…”
“Nous vous avons tenus informés de l’évolution des dépenses, en volume et en prix, des recettes de la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (TICPE) et de la TVA, quasiment en temps réel. Cela, je le répète, n’avait jamais été fait.”
“Jean-Philippe Tanguy rient.) Nous avons repris une méthode unique, lancée il y a un an par nos prédécesseurs : je parle du comité d’alerte, que certains décrient, mais dont beaucoup reconnaissent qu’il a permis d’informer l’ensemble des parties prenantes aux comptes de la nation – y compris les députés membres de la commission des finances – de l’état actuel de nos finances publiques. C’est l’un des processus qui, l’an dernier, nous ont permis d’arriver à bon port : contrairement à ce qu’ont dit certains, le déficit public pour 2025 est non seulement conforme au budget adopté par le Parlement, mais même un peu meilleur, malgré la révision à la baisse de la prévision de croissance. Vous devriez tous vous féliciter de ce pilotage fin des finances publiques.”
“Je vous donnerai une réponse assez rapide, qui sera complétée par le ministre de l’action et des comptes publics. Pour commencer, je tiens à partager avec vous la surprise qui fut la mienne en entendant des députés, sur de nombreux bancs, accuser le gouvernement d’enfumage, d’insincérité, de manque de transparence ou encore de manque de crédibilité. Pas un gouvernement n’a été aussi transparent que nous le sommes depuis plusieurs semaines au sujet des événements en cours ! (Mme Christine Arrighi et M.”
“Il fallait voter la réforme des retraites, Charles !”
“Je doute qu’ils soient d’accord avec vous !”
“Les dernières informations concernant les ventes de véhicules électriques, comme celles qui nous viennent des concessionnaires et montrent que les commandes sont au rendez-vous, prouvent que les Françaises et les Français ont compris cet impératif. Pour faire face ensemble, avec toutes les parties prenantes, à cette crise, notre stratégie est claire : suivre l’évolution de la situation en temps réel avec, je le répète, tous les acteurs concernés, aider les entreprises et ménages les plus affectés, réduire l’impact sur nos finances publiques. Je continuerai de vous rendre compte de la situation et des réponses que nous apportons.”
“Parallèlement à ces mesures de court terme, le premier ministre nous a demandé d’agir pour que cette crise soit l’occasion de réduire structurellement notre dépendance aux hydrocarbures, comme l’ont fait nos prédécesseurs dans les années 1970. Après la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) en février, le Gouvernement a ainsi publié jeudi dernier son plan d’électrification, qui comprend des mesures visant à accélérer sur le passage à l’électrique dans les secteurs les plus émetteurs, les logements, les moyens de transport. « Il ne faut jamais gâcher une bonne crise », disait Winston Churchill ; nous devons profiter de celle-ci pour accélérer le virage vers l’électrique.”
“Il engendre à la fois une hausse de l’inflation et des taux souverains – d’où un renchérissement du service de la dette aujourd’hui évalué à 3,6 milliards en année pleine –, une baisse des recettes publiques évaluée à 0,6 milliard, une hausse des dépenses publiques estimée à 0,3 milliard, à quoi il faut ajouter les dépenses directement associées à la crise : surcoûts des opérations extérieures, aides ciblées. Le coût total pour les finances publiques est à ce jour estimé à environ 6 milliards. C’est pourquoi, depuis le début de la crise, nous apportons une réponse graduée, ciblée, temporaire, avec des mesures pour soutenir les secteurs et les travailleurs grands rouleurs les plus affectés par la hausse des prix de l’énergie.”
“Nous devons être en mesure de continuer à défendre notre modèle social, à financer les transformations structurelles de notre pays, et de retrouver des marges de manœuvre budgétaires pour faire face à la prochaine crise, car sans doute y en aura-t-il d’autres. Réduire notre déficit public, c’est la condition de notre prospérité, de notre défense, de notre souveraineté. La situation économique que nous traversons ne doit pas nous faire dévier de notre trajectoire en la matière, mais au contraire nous inciter à redoubler d’efforts pour piloter de près nos dépenses publiques et nous pousser à conserver une certaine prudence : il importe que chaque euro dépensé le soit de manière efficace, en ciblant ceux qui en ont le plus besoin. Encore une fois, ce choc externe constitue une mauvaise nouvelle.”
“L’effort budgétaire des derniers mois prouve que nous pouvons tenir une telle trajectoire ; il y va de la crédibilité de la France vis-à-vis de nos partenaires, de nos créanciers. Pour stabiliser notre endettement et respecter nos engagements européens, cet objectif des 3 % est essentiel : l’atteindre d’ici 2029 fera de la France l’un des derniers pays à retrouver le chemin de la stabilisation, puis de la décrue, de la dette publique. Aujourd’hui, notre déficit est le quatrième plus élevé de la zone euro, derrière ceux de la Roumanie, de la Pologne et de la Belgique. Toutefois, cet effort ne doit pas s’opérer au détriment des investissements à réaliser pour soutenir la croissance.”