Jean-Claude Raux
ECOS · France
“Nous sommes appelés à nous prononcer sur une proposition de loi relative au sport professionnel, qui, nous le savons, a été écrite sur mesure pour le football. Elle prévoit de renforcer l’honorabilité des dirigeants de fédérations sportives ou de ligues professionnelles, d’encadrer leurs rémunérations et de renforcer leur contrôle.”
“Ma collègue Danielle Simonnet a notamment proposé l’instauration d’une obligation de résultat pour les clubs en matière de lutte contre le racisme, l’homophobie et le sexisme.”
“Nous avions réussi à faire adopter par cet hémicycle quelques avancées, comme le contrôle et l’évaluation des mécanismes de lutte contre les discriminations et contre les violences sexistes et sexuelles, ainsi que des mécanismes de promotion et de pérennisation du sport féminin mis en œuvre par les ligues et fédérations, mais les membres…”
“Le 29 juin dernier, je vous annonçais que cette Coupe du monde serait une nouvelle fois le théâtre d’actes et de propos racistes, sexistes ou xénophobes. Cela n’a pas loupé ! Kylian Mbappé, meilleur buteur de l’histoire de la compétition, a été la cible de propos ouvertement racistes tenus par une sénatrice paraguayenne.”
“(Sourires et applaudissements sur les bancs du groupe EcoS.) Sur ce sujet, nous avons formulé des propositions : l’intégration, dans les conventions de délégation, d’un volet relatif à la prévention des atteintes à la probité ; l’autorisation préalable du ministre de l’économie et de la ministre des sports en cas d’investissements étrange…”
“(Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS.) À défaut d’avoir ramené la Coupe à la maison, nous aurions pu ramener les bookmakers à la raison ! (Sourires et applaudissements sur les bancs du groupe EcoS. – M. Lionel Duparay, rapporteur, et M.”
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“Il s’agit de garantir l’effectivité des droits des élus locaux salariés, par exemple s’agissant des temps d’absence. De nombreux témoignages montrent qu’il est parfois difficile pour les élus de bénéficier de certaines prestations sociales auxquelles ils ont pourtant droit : peu d’employeurs connaissent bien le code général des collectivités territoriales – leur livre de chevet, c’est plutôt le code du travail. Pour faciliter l’exercice des mandats électifs locaux, il convient de clarifier les droits et devoirs de chacun aux yeux des salariés comme des employeurs.”
“Et vous, vous aurez du sang sur les mains !”
“C’est à géométrie variable : chaque jour, vous changez de vérité !”
“Nous, nous ne changeons pas d’avis toutes les cinq minutes.”
“C’est votre seul argument pour défendre la réforme ?”
“Ils ne veulent pas non plus de Marine Le Pen !”
“C’est l’hôpital qui se moque de la charité !”
“Il faut dire que l’honnêteté, c’est ce qui vous caractérise !”
“Ne donnez pas de leçons ! Vous aurez des comptes à rendre.”
“Ne parlez pas d’écologie, vous ne savez pas ce que c’est !”
“(Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS et sur plusieurs bancs des groupes LFI-NFP et GDR.) Le ministre des affaires étrangères a eu hier des mots forts, plus forts que ceux du président de la République, lequel parle de honte mais refuse de nommer ce qui se passe depuis des mois : un génocide. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.) Monsieur le ministre, qu’allez-vous faire ? Alors que le gouvernement Netanyahou annonce vouloir conquérir la bande de Gaza en y mettant toutes ses forces – nous pouvons nous attendre au pire –, quelles mesures prendrez-vous immédiatement, pas dans des semaines, pas dans des mois, pour sauver les Gazaouis ? (Applaudissements sur les bancs des groupes EcoS, LFI-NFP et GDR ainsi que sur quelques bancs du groupe SOC.)”
“Si nous acceptons qu’un pays utilise la famine, une arme parmi les plus infâmes, toutes les lignes rouges sont franchies : tout est permis, surtout le pire. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes EcoS, LFI-NFP, SOC et GDR.) Chaque jour, chaque heure, meurent de nouveaux hommes, femmes et enfants innocents. Chaque jour, chaque heure, l’inaction internationale, coupable à force de durer, abandonne le peuple palestinien à son épouvantable sort. La France doit immédiatement faire tout ce qui lui est possible afin d’acheminer l’aide humanitaire jusqu’aux Gazaouis mourant de faim ; elle doit immédiatement prendre des sanctions contre Israël et reconnaître l’État palestinien.”
“Des hommes, des femmes, des enfants s’effondrent dans les rues, n’ayant plus que la peau sur les os : voilà le témoignage poignant d’une travailleuse humanitaire à Gaza. Après les bombes, l’invasion terrestre et le décès de plus de 52 000 Gazaouis, la faim – la famine – est devenue la nouvelle arme de guerre. Pourtant, de la nourriture, il y en a : plus de 3 000 camions de l’Unrwa, plus de 116 000 tonnes d’aide alimentaire sont bloqués aux portes de Gaza. Depuis le 2 mars, au mépris de toutes les conventions internationales, au mépris, dirai-je même, de l’humanité, le honteux siège d’Israël prive d’eau, de nourriture, de médicaments et de soins une population que nous voyons mourir à petit feu.”
“Ce ne sont pas les entreprises qui sont visées !”
“Ils doivent prendre conscience que le désespoir de ces millions de personnes qui n’ont plus de médecin nous impose d’explorer de nouvelles pistes, qu’entretenir la concurrence entre les territoires sans régler les problèmes de désertification médicale nuit gravement à la santé démocratique, que ne rien faire reviendrait à laisser se creuser les inégalités territoriales, à accepter qu’ici ou là on ne puisse plus se soigner. Les exemples de non-recours aux soins sont déjà beaucoup trop nombreux pour être tolérables. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes EcoS et GDR.) Le groupe Écologiste et social vous invite à voter le rétablissement de l’article 1 er et la régulation de l’installation. (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS ainsi que sur plusieurs bancs des groupes SOC et GDR.)”
“Nous savons que l’exercice de la médecine générale n’est pas un métier comme les autres, que le profil et les attentes des médecins ont changé, qu’ils et elles ne veulent plus d’un sacerdoce, revendiquent leur droit à une vie privée, sont attirés par l’exercice salarié et collectif. Nous voulons dire à tous les médecins qu’ils doivent se sentir soutenus et considérés. (Applaudissements sur quelques bancs des groupes EcoS, LFI-NFP et GDR. – M. le rapporteur applaudit également.) Néanmoins, ils et elles doivent aussi prendre conscience que leurs confrères de plus en plus seuls et épuisés qui exercent dans les déserts médicaux ont urgemment besoin d’aide.”
“Je crois qu’il faut dépassionner le débat et nous défaire de l’idée que l’article serait une mesure de coercition risquant de détourner les praticiens de l’exercice de la médecine et d’assécher les bonnes volontés. J’ai l’impression que nous sommes en bonne voie, car il est rare de voir cette mesure recueillir dans l’hémicycle un assentiment aussi large. Tout le monde sait qu’il n’y a pas de solution miracle, mais pouvons-nous continuer à penser que l’offre de soins répondra naturellement aux besoins de la population, qu’en matière de santé l’offre et la demande s’équilibrent dans notre pays ? Les médecins, du moins leurs représentants, n’ont pas été tendres avec notre groupe transpartisan, mais je vais faire preuve d’un peu de tendresse à leur égard.”
“On a déjà entendu ça dans la bouche de l’orateur d’extrême droite !”
“Nous débattrons demain de la proposition de loi transpartisane visant à lutter contre les déserts médicaux. Elle comprend un article sur la régulation de l’installation des médecins qui a suscité une levée de boucliers quelque peu disproportionnée. Nous savons qu’il n’existe pas de solution miracle qui résoudrait le problème de la désertification médicale. En tout état de cause, force est de constater l’absence de réponse appropriée sur l’ensemble des territoires. Si, bien sûr, nous ne souhaitons pas opposer médecine libérale et centres de santé, nous constatons que l’exercice salarié est aujourd’hui attractif. Nous devons orienter toute notre énergie vers la défense du développement des centres de santé, qui constituent non pas la solution unique mais une des réponses.”
“J’ajoute que, cette semaine, nous devrions enfin avoir l’occasion d’examiner une proposition de loi transpartisane visant à lutter contre les déserts médicaux. Or les centres de santé à but non lucratif et pluriprofessionnels font partie intégrante des solutions pour rendre accessible le service public de santé de proximité à toutes les populations et dans tous les territoires, en complétant l’offre libérale sans la concurrencer. Face à l’ensemble de ces constats, quelles mesures concrètes le gouvernement prendra-t-il pour lever les freins et soutenir le développement des centres de santé pluriprofessionnels ? Comment comptez-vous garantir un modèle économique viable, qui assure un accès aux soins pour tous, sur l’ensemble du territoire ?”
“Il faut généraliser cette modalité de rémunération, qui favorise une meilleure qualité de prise en charge, à tous les centres de santé pluriprofessionnels volontaires. Le recrutement et la fidélisation des professionnels de santé représentent d’autres défis pour les centres de santé. À cet égard, une rémunération attractive est nécessaire. La subvention dite Teulade, créée en 1991, est aujourd’hui insuffisante et son accès est rendu difficile par des lourdeurs administratives. Il est urgent d’en augmenter le taux et d’en simplifier le versement. Par ailleurs, j’ai été saisi dans mon département, la Loire-Atlantique, d’une interrogation spécifique sur la certification des comptes des centres de santé. Sur ce point, votre éclairage semble nécessaire pour éviter toute incertitude juridique.”
“Un récent rapport de l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) énumère ces difficultés : manque d’accompagnement des autorités sanitaires, complexité administrative ou encore financements inappropriés ne prenant pas en considération leurs spécificités. Les gestionnaires des centres de santé dénoncent des sous-évaluations des coûts de fonctionnement et des délais de paiement souvent trop longs. Pourtant, d’autres solutions existent. L’expérimentation du paiement en équipe de professionnels de santé en ville – plus connu sous l’acronyme Peps – a montré l’intérêt d’une rémunération forfaitaire par capitation, c’est-à-dire reposant sur la patientèle plutôt que sur les actes réalisés.”
“Les centres de santé jouent un rôle essentiel pour permettre l’accès aux soins, dans des territoires où la désertification médicale est criante, pour toutes et tous, en particulier les personnes qui ne peuvent se permettre le luxe des dépassements d’honoraires ou même des avances de frais. On recense environ 3 000 centres de santé en France, dont 1 200 médicaux. Ils constituent ainsi un maillon essentiel du service public de santé de proximité. On doit leur développement, en grande partie, aux collectivités territoriales, affligées par la disparition des médecins et agacées de l’inaction de l’État. Or ces structures font face à de nombreuses contraintes qui freinent leur essor et fragilisent leur pérennité.”
“Il faut croire que ce n’est pas un problème !”
“Nous soutenons pleinement la création de cette commission d’enquête et attendons avec exigence ses conclusions.”
“Je pense aux médias en ligne qui permettent à des personnes parfois exclues du champ du pouvoir médiatique de traiter de thèmes jusque-là invisibilisés – elles participent ainsi au nécessaire pluralisme de l’information. Je pense enfin à toute la création artistique rendue accessible et moins élitiste, à toute cette jeunesse créatrice qui trouve le moyen de s’extraire des codes et de sortir des sentiers battus. Si nous voulons que les réseaux sociaux deviennent vertueux pour les individus et la société, nous avons besoin de preuves et d’éléments concrets pour armer notre action, encadrer les algorithmes, limiter l’exposition aux contenus toxiques et exiger une véritable responsabilité des plateformes. Il faut que la représentation nationale passe enfin à l’action.”
“Sans régulation, sans modération, les réseaux sociaux peuvent constituer un danger pour la santé psychologique, nous l’avons évoqué, mais ils peuvent aussi nuire gravement à la santé de notre démocratie. À l’heure où la scène internationale connaît des bouleversements d’alliances, nous devons protéger notre société des volontés néfastes de déstabilisation et garantir l’intégrité de l’information. Cela étant, ne versons pas dans la caricature conservatrice des réseaux sociaux. Ils peuvent aussi être des espaces d’émancipation, d’information et de création. Je pense aux témoignages massifs des mouvements MeToo, MeTooGay, MeTooInceste ou encore BlackLivesMatter qui ont rendu concrètes et visibles à tous l’ampleur des violences sexistes et sexuelles ou du racisme systémique dans notre société.”
“À travers son effet de bulle, TikTok accentue la vulnérabilité de certains jeunes. Des études révèlent que celles et ceux déjà en détresse reçoivent jusqu’à douze fois plus de contenus liés au suicide et à l’automutilation. Alors que la plateforme se vante de rapprocher la jeunesse, en réalité, elle rapproche trop souvent de nombreux jeunes de l’autodestruction. Et que dire de la haine en ligne ? Elle y est omniprésente ; elle détruit l’estime de soi ; elle enferme dans la peur et l’isolement. Elle ne concerne pas que les jeunes, mais elle arrive au pire moment pour eux : celui où l’on construit son identité. Même si cela est hors du champ de la présente proposition de résolution, comment parler de TikTok sans évoquer les risques d’ingérence étrangère ?”
“TikTok est un cas à la fois emblématique et particulier : il n’est pas un réseau social comme les autres et son algorithme capte les jeunes comme aucun autre. Les 4-18 ans – vous m’avez bien entendu – y passent chaque jour en moyenne une heure et quarante-sept minutes. Les vidéos sont taillées pour capturer l’attention en alternant dopamine et frustration avec pour conséquences une concentration en miettes, une mémoire éclatée, un sommeil en sursis. Surtout, TikTok glorifie l’apparence et la performance en imposant des standards inatteignables, en intensifiant la comparaison sociale, en déformant la perception du corps et en entretenant une pression permanente. Résultat : une montée en flèche de l’anxiété, une explosion des cas de dysmorphophobie et de troubles alimentaires, en particulier chez les jeunes filles. Ce n’est pas tout.”
“Le groupe Écologiste et social tient tout d’abord à saluer le travail de Mme Laure Miller, rapporteure, en faveur de la mise en place d’une commission d’enquête sur les impacts psychologiques de TikTok sur les mineurs. Le rapport d’information sur la prise en charge des urgences psychiatriques, rédigé par nos collègues Sandrine Rousseau et Nicole Dubré-Chirat, démontre non seulement que les chiffres de la souffrance psychique des jeunes explosent – les tentatives de suicide chez les adolescentes ont augmenté de 133 % depuis 2020 –, mais aussi que la consommation de psychotropes chez les jeunes grimpe en flèche. Partout, les réseaux sociaux et leur influence sur la vie des jeunes inquiètent les familles et les professionnels de santé.”
“Pour l’instant, les mesures prises par l’État sont loin, très loin d’être à la hauteur des préconisations du rapport interministériel visant à préserver la ressource en eau ; le plan national d’adaptation au changement climatique (Pnacc) souligne notre vulnérabilité accrue. Ma collègue Bonnivard a rappelé le fameux mur d’investissements : nous sommes loin d’en être à la pose de la première pierre ! Le groupe Écologiste et social votera en faveur de la proposition de loi. Néanmoins, nous appelons à nous emparer de la question de la gestion de l’eau, non pas uniquement en tant que compétence mais comme une urgence absolue. (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS.)”
“Nous allons enfin en finir avec une disposition de la loi Notre qui avait fait couler beaucoup d’encre et de salive. Cette perspective sera sans doute bien accueillie par les élus locaux, notamment dans les communes rurales, qui profiteront d’une avancée législative. Au-delà de cette dimension, il nous faut également prendre la mesure des enjeux. Nous ne sommes plus dans une trajectoire linéaire sur le plan de la qualité ou de la quantité de la ressource. Mme la ministre, comme d’autres ce matin, a prononcé le mot de responsabilité ; sur le plan collectif, elle est immense et elle pèsera de manière de plus en plus pressante sur les épaules des maires et des présidents et présidentes d’intercommunalités.”
“Le droit en vigueur permet cette conciliation : il n’y a donc aucune raison de revenir sur ce point, d’autant que cela ne résoudrait en rien la question du foncier agricole, qui nous occupe ce soir. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Cher collègue, votre amendement est fort inquiétant en ce sens qu’il marquerait un recul majeur dans notre reconquête de la qualité de l’eau potable. Le droit de préemption visant à préserver la ressource en eau a été instauré afin de permettre aux collectivités en charge de la production de l’eau destinée à la consommation humaine d’acquérir des parcelles agricoles sensibles, qu’elles sont en outre obligées de continuer d’utiliser à des fins agricoles. Alors qu’elles peinent souvent à négocier ces achats, même à l’intérieur des périmètres de protection des captages, nous devons leur laisser le loisir de s’emparer de cet instrument, dont elles ne disposent que depuis 2022. Je crois fermement à la conciliation de l’agriculture et de la préservation de l’eau, précieuse aux agriculteurs.”
“Le triomphe était moins évident lors des élections législatives !”
“Si l’action publique n’est pas à la hauteur, c’est qu’elle repose sur le bon vouloir. La détection puis l’interdiction des produits prennent toujours beaucoup trop de temps. Qui assumera les conséquences environnementales, sanitaires, financières ? Qui expliquera que l’eau du robinet est impropre à la consommation ? Qui prétendra qu’il ou qu’elle ne savait pas ? Il est temps d’agir en sanctuarisant les zones de captage déjà vulnérables. Serez-vous la ministre qui saura enfin protéger notre prétendu bien commun ? Quelles recommandations du rapport des inspections suivrez-vous au plus tôt ?”
“Depuis des décennies, de lois – en 1964, 1992, 2006 – en Grenelle, d’assises en Varenne agricoles, jusqu’aux plans « eau » et à la future conférence que vous évoquez, nous réaffirmons nos ambitions, nous prenons des engagements, nous planifions. En vain. Les ambitions ne se concrétisent jamais, les engagements ne sont pas respectés et la planification est toujours reportée. Nous capitulons et nous laissons faire par manque de courage politique. Chaque substance découverte complexifie et renchérit les traitements, sans parler des impasses techniques auxquels nous confrontent les PFAS. Demain, les collectivités se retrouveront devant un mur d’investissements, les usagers devront faire face à une flambée du prix de l’eau, et les territoires à un creusement des inégalités.”
“Se servir un verre d’eau du robinet est aujourd’hui un geste du quotidien que l’on fait en toute insouciance ; cela pourrait ne plus aller de soi à l’avenir. Pourra-t-on encore boire de l’eau non polluée en France ? C’est la seule question qui vaille. L’échec global à préserver la qualité de l’eau est la conclusion majeure du rapport conduit par trois inspections générales. Ce constat nous a conduits à déposer une proposition de loi pour préserver durablement la qualité de l’eau potable, et à tenir le présent débat. Vous le savez comme nous, la reconquête de la qualité de l’eau s’apparente au mythe de Sisyphe poussant son rocher.”
“En 2023, plus d’un quart de la population a consommé une eau du robinet contaminée aux pesticides et à leurs métabolites. Cette situation est bien le résultat d’un échec global et collectif. Il ne s’agit pas de quelques situations isolées, mais d’un phénomène généralisé, qui touche tous les territoires. Les substances massivement présentes dans notre eau peuvent être issues de produits déjà interdits, mais qui perdurent des dizaines d’années ; d’autres, que l’on s’est enfin décidé à rechercher, comme le TFA, doivent de toute urgence être considérées comme un problème de santé publique ; sans parler, enfin, des dizaines de métabolites de pesticides à risque qui ne font, eux, l’objet d’aucune surveillance sanitaire. Comment en finir avec la procrastination ou la capitulation, et quels sont les freins à des actions concrètes et immédiates ?”
“Je tiens tout d’abord à vous remercier vivement tous les trois pour votre participation à ce débat, organisé à l’initiative du groupe Écologiste et social. Je vous suis reconnaissant de nous avoir montré la partie immergée de l’iceberg des métabolites de pesticides, d’avoir pointé notre échec collectif et de nous avoir indiqué la voie à suivre en démontrant que des solutions existaient et fonctionnaient. Vos propos liminaires montrent que le constat est aussi partagé qu’alarmant sur la qualité actuelle et future des eaux. Moins de 27 % des masses d’eau de surface et 69 % des eaux souterraines sont en bon état chimique. Depuis les années 1980, plus de 14 000 captages d’eau ont été fermés, dont plus d’un tiers à cause d’une pollution aux pesticides – ce n’est pas une stigmatisation, mais un fait.”
“Cette disposition, peu applicable, ne semble pas pertinente.”
“Par cet amendement, nous demandons la suppression de l’article 14. Les écologistes partagent, comme beaucoup d’autres dans cet hémicycle, l’objectif de lutte contre les oublis de bagage dans les trains et dans les gares. Nous l’avons tous vécu : ces oublis perturbent le trafic et nuisent aux voyageurs comme aux transporteurs. Le problème, c’est que les dispositions prévues dans l’article ne permettront pas de lutter efficacement contre ces oublis. Un oubli est par essence un comportement involontaire, ni souhaité ni prévu. Une amende a posteriori n’aura donc aucun effet. La disposition n’agit pas sur la cause du phénomène, mais sanctionne simplement les voyageurs étourdis. En outre, il semble difficile de caractériser l’intentionnalité de l’oubli d’un bagage, autre infraction prévue par l’article.”
“(Applaudissements sur les bancs des groupes EcoS et LFI-NFP et sur quelques bancs du groupe SOC.) À l’heure où, ici, tant d’hommes cherchent encore à contrôler le corps des femmes, nous devons réaffirmer qu’être féministe, c’est lutter pour que les femmes soient libres de s’habiller comme elles le veulent, ici comme ailleurs, aujourd’hui comme demain. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Les femmes n’ont plus à supporter le grand écart entre les belles paroles et les actes ; elles n’ont pas à subir l’oppression patriarcale. Le corps des femmes, et tout ce qu’elles mettent – ou non – pour le vêtir, leur appartient. Femme, vie, liberté, et liberté pour Olivier Grondeau, Jacques Paris et Cécile Kohler ! (Applaudissements sur les bancs des groupes EcoS et LFI-NFP ainsi que sur quelques bancs du groupe EPR.)”
“Cependant, pour que cette résolution n’ait pas qu’une portée symbolique, nous demandons au président de la République et au gouvernement d’assortir cette condamnation de l’appareil répressif iranien de la garantie d’un asile politique pour les victimes : les femmes iraniennes doivent être les bienvenues en France. À l’heure où le premier ministre François Bayrou reprend éhontément les termes de l’extrême droite en parlant de submersion migratoire, nous aimerions entendre que le droit d’asile est un bien précieux pour l’humanité et que notre pays doit en prendre toute sa part dans l’accueil de ces femmes.”
“C’est le signe que, lorsque le peuple se mobilise, les gouvernements, même les plus dictatoriaux, peuvent être contraints de reculer. La France et la communauté internationale doivent peser de tout leur poids dans ce combat. C’est pourquoi le groupe Écologiste et social soutiendra cette résolution qui exprime la solidarité de l’Assemblée avec les Iraniennes et appelle la France et l’Union européenne à inscrire le corps des gardiens de la révolution islamique sur la liste des organisations terroristes. La France doit continuer à exercer une pression sur le régime iranien et à condamner avec la plus grande fermeté son hyperviolence à l’égard des femmes et des filles.”
“Mais elles savent que l’on peut aussi mourir de l’intérieur, que l’espoir d’être libérée de ses chaînes est parfois une condition pour rester vivante, et que si personne n’ose contester les lois, l’émancipation des femmes n’adviendra pas. Les représailles orchestrées par le régime pour éteindre leur mouvement en terrorisant les opposantes sont de très haute intensité – le recours à la peine de mort a doublé. En fin d’année dernière, un projet de loi visant à « soutenir la culture de la chasteté et du hijab » prévoyait de réprimer encore davantage les droits des femmes qui ne porteraient pas le voile. Devant l’opposition à ce projet d’une grande majorité du peuple iranien, le régime a dû reporter son entrée en vigueur.”
“Elles revendiquent aussi la liberté de se déplacer – les femmes mariées ne peuvent se rendre à l’étranger sans l’accord de leur mari. Elles ne jouissent pas de la liberté de choisir leur conjoint, et subissent des mariages forcés qui peuvent intervenir dès l’âge de 13 ans. Une femme peut également se voir refuser par son mari d’exercer certaines activités s’il les juge contraires aux « valeurs familiales ». Enfin, aucune loi n’existe pour les protéger en cas de violences conjugales. Nous devons saluer l’extraordinaire audace et l’extraordinaire détermination de ces femmes. Elles savent, en manifestant, qu’elles peuvent être arrêtées, torturées et violées.”
“Son décès tragique a alimenté une flamme de révolte et de colère dans le pays. En 1848, la poétesse Tâhereh était la première femme à enlever son voile lors d’une conférence publique pour défendre l’égalité entre les genres et la liberté des femmes. Avant de mourir, elle a légué ces paroles au peuple iranien : « Vous pouvez me tuer quand vous voulez, mais jamais vous n’arriverez à empêcher l’émancipation des femmes. » Près de cent quatre-vingts ans plus tard, leur mouvement plein d’espoir ne cesse de vivre et de se déployer pour réclamer les libertés fondamentales dont elles sont encore privées. Elles réclament d’abord la liberté de s’habiller comme elles le souhaitent – le port du voile islamique est imposé en Iran à toutes les femmes dans les lieux publics.”
“Je m’en souviens comme vous ; c’est une image gravée dans les mémoires à travers le monde. En novembre dernier, pour manifester son refus de porter la tenue réglementaire couvrant le cou, la tête et les cheveux, l’étudiante Ahou Daryaei a traversé l’université de Téhéran en sous-vêtements. Avec un calme et une détermination fascinante, elle a ainsi exprimé sa colère à l’encontre du harcèlement policier dont elle était victime. Devant le tollé suscité et la solidarité exprimée dans le monde entier, Ahou Daryaei a finalement été libérée au prétexte qu’elle souffrirait d’une maladie mentale, argument souvent utilisé pour des femmes dans l’histoire. La mort de Mahsa Amini, assassinée le 16 septembre 2022 par la police des mœurs pour avoir mal porté son voile, a constitué un choc immense.”
“…qui conduit à renoncer aux ambitions de l’accord de Paris. Aurez-vous le courage politique de travailler pour l’avenir au lieu de nous condamner à le subir ? (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS et plusieurs bancs du groupe SOC.)”