Jean-Claude Raux
ECOS · France
“Nous sommes appelés à nous prononcer sur une proposition de loi relative au sport professionnel, qui, nous le savons, a été écrite sur mesure pour le football. Elle prévoit de renforcer l’honorabilité des dirigeants de fédérations sportives ou de ligues professionnelles, d’encadrer leurs rémunérations et de renforcer leur contrôle.”
“Ma collègue Danielle Simonnet a notamment proposé l’instauration d’une obligation de résultat pour les clubs en matière de lutte contre le racisme, l’homophobie et le sexisme.”
“Nous avions réussi à faire adopter par cet hémicycle quelques avancées, comme le contrôle et l’évaluation des mécanismes de lutte contre les discriminations et contre les violences sexistes et sexuelles, ainsi que des mécanismes de promotion et de pérennisation du sport féminin mis en œuvre par les ligues et fédérations, mais les membres…”
“Le 29 juin dernier, je vous annonçais que cette Coupe du monde serait une nouvelle fois le théâtre d’actes et de propos racistes, sexistes ou xénophobes. Cela n’a pas loupé ! Kylian Mbappé, meilleur buteur de l’histoire de la compétition, a été la cible de propos ouvertement racistes tenus par une sénatrice paraguayenne.”
“(Sourires et applaudissements sur les bancs du groupe EcoS.) Sur ce sujet, nous avons formulé des propositions : l’intégration, dans les conventions de délégation, d’un volet relatif à la prévention des atteintes à la probité ; l’autorisation préalable du ministre de l’économie et de la ministre des sports en cas d’investissements étrange…”
“(Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS.) À défaut d’avoir ramené la Coupe à la maison, nous aurions pu ramener les bookmakers à la raison ! (Sourires et applaudissements sur les bancs du groupe EcoS. – M. Lionel Duparay, rapporteur, et M.”
The complete record
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“Quand la protection des captages d’eau potable constitue un échec global et que la contamination aux PFAS nous explose à la figure, vos députés autorisent, encore hier, l’épandage de pesticides par des drones. De recul en recul, la France de François Bayrou pourrait finir par emprunter le même chemin que les États-Unis de Trump,…”
“Quelque 1 200 études montrent pourtant les dangers que présente l’usage de cet insecticide mais la science ne guide plus vos politiques ! Tout l’équipage gouvernemental partage-t-il le cap de Mme la ministre de l’agriculture ?”
“Vous mettez en cause les agences et opérateurs de l’État – l’Ademe, pour ce qui est de la transition écologique, l’OFB, qui s’occupe de la biodiversité, le Cerema, s’agissant de l’expertise relative aux risques – et pensez que nous nous adapterons ainsi plus efficacement, alors que les élus locaux auront tant besoin de ces partenaires pour construire une réponse opérationnelle à des crises qui se multiplient. Quand le sage montre la Lune, l’idiot regarde le doigt. Quand nous sommes confrontés au plus grand défi de l’humanité, vous cédez aux sirènes populistes et tranchez à la hache dans les budgets consacrés à l’écologie. Quand l’agriculture subit une crise structurelle, vos sénateurs votent, hier, la réintroduction des néonicotinoïdes.”
“Hier, j’ai quitté ma commune de Saffré les pieds dans l’eau. Depuis lors, la Loire-Atlantique a été placée en vigilance rouge. Il ne s’agit pas d’un cas isolé car nous sommes de nombreux Françaises et Français à avoir connu des inondations historiques, dans le Nord en 2024 comme en Ille-et-Vilaine et dans le Morbihan en ce moment même. Ces épisodes récurrents traumatisent leurs victimes, parfois abandonnées à elles-mêmes par leur assurance habitation. Face au dérèglement climatique, ce gouvernement est-il digne de tenir le gouvernail ? Non : il me semble que nous sommes à la dérive.”
“Pour évoquer d’un clin d’œil le texte qui suivra, l’ascenseur social est en panne depuis trop longtemps en raison des fortes inégalités d’accès à l’enseignement supérieur dont pâtissent les jeunes des classes populaires. Pour celles et ceux qui ont eu la chance d’y accéder, la précarité étudiante ne doit pas être un obstacle supplémentaire à leur réussite. Pour leur éviter de redescendre, à défaut de réparer l’ascenseur, acceptez au moins le principe du monte-plats, en rendant accessible à tous les étudiants le repas à 1 euro. (Applaudissements sur les bancs des groupes EcoS et GDR ainsi que sur quelques bancs du groupe LFI-NFP. – Mme la rapporteure applaudit également.)”
“Je tiens à saluer le travail et l’abnégation de Mme la rapporteure, Fatiha Keloua Hachi. (Applaudissements sur les bancs des groupes EcoS, LFI-NFP, SOC et GDR.) Le groupe Écologiste et social approuvera évidemment ce texte. Quand nous l’adopterons, rappelons-nous bien qu’en étendant les droits des étudiants, nous ne leur faisons pas un cadeau : nous faisons notre devoir. De grâce, qu’on nous épargne le couplet sur les étudiants les plus riches qui profiteraient indûment du tarif de ces repas ! Qui pourrait y croire, à moins d’être totalement déconnecté du monde réel ?”
“La généralisation du repas à 1 euro est le minimum que nous devons à notre jeunesse. C’est pourquoi le groupe Écologiste et social plaide pour un investissement conséquent en faveur des Crous, qui doivent disposer des moyens d’assurer leurs missions, notamment pour appliquer cette mesure ; pour une réforme globale du système de bourses, promise et surtout attendue depuis trop longtemps ; pour le respect et le renforcement des plans de construction des logements des Crous ; pour en finir avec les clichés relatifs à l’assistanat et miser sur la confiance et l’avenir, grâce à une garantie d’autonomie pour chaque jeune. Le combat des syndicats étudiants, les alertes et les actions des associations étudiantes qui luttent contre la précarité ont rendu ce texte possible.”
“Recevoir de l’aide ne devrait jamais susciter de honte. On ne répétera jamais assez à ces jeunes qu’ils et elles ne sont pas responsables de leur précarité mais victimes d’une absence de justice sociale criante et insupportable. La généralisation du repas à 1 euro constitue précisément une réponse immédiate aux attaques dont l’université publique et le système de protection sociale font constamment l’objet, aux carences de l’État en matière de protection de la jeunesse. Cette mesure urgente doit ouvrir un nouveau chapitre de réformes structurelles contre la pauvreté des jeunes, parce que jeunesse ne devrait plus jamais rimer avec détresse et que la pauvreté ne doit plus faire office de rite initiatique pour une partie des jeunes de ce pays. Certaines et certains, bien trop nombreux, n’en sortent pas indemnes.”
“Allons donc le demander à tous ces jeunes qui attendent dans les files de distribution alimentaire, à celles et ceux qui sont forcés de travailler en plus d’étudier : leur vie et leurs études sont-elles plus faciles depuis l’élection Emmanuel Macron ? Évidemment, la réponse est non. Le budget défendu par le gouvernement Bayrou ne risque pas d’arranger quoi que ce soit puisqu’il prévoit 850 millions d’euros de coupes dans le budget de l’enseignement supérieur, dont 8,3 millions dans le programme Vie étudiante . Encore un signal déplorable qui en dit long ses priorités ! En espérant l’adoption du repas à 1 euro pour tous, je pense à toutes les étudiantes et tous les étudiants qui se sentent honteux d’être précaires, bénéficient de l’aide alimentaire, demandent l’aide des services sociaux ou n’osent pas la demander.”
“La généralisation du repas à 1 euro est une nécessité quand 26 % des jeunes de 18 à 24 ans vivent sous le seuil de pauvreté ; quand par manque d’argent, plus d’un étudiant ou d’une étudiante sur trois – plutôt deux sur trois dans certains territoires ultramarins – affirme avoir déjà sauté un repas ; quand enfin 20 % des étudiants ont recours à l’aide alimentaire. Ce texte constitue une réponse immédiate à la pauvreté des étudiants et des étudiantes, qui s’accroît sans que soient prises les mesures qui s’imposent. On nous fait trop souvent cette réponse : personne n’a jamais fait autant que les derniers gouvernements pour les étudiants.”
“Deux ans après, il nous est accordé une seconde chance. Nous pouvons faire un pas, sans doute pas décisif – car il reste beaucoup à faire s’agissant du logement, des bourses, de l’accès aux soins – mais au moins symbolique contre la précarité étudiante, après tant de débats, d’alertes, de manifestations et parfois de vrais drames.”
“Voici la question qui nous a été posée en Palestine : quand une pression réelle et forte sera-t-elle enfin exercée sur Israël ou, mieux encore, quand des sanctions de la communauté internationale et donc de la France seront-elles prises pour empêcher l’application de ces lois qui bafouent le droit international, en l’espèce les droits des réfugiés, et qui pourraient entraîner un nombre de morts que je n’ose même pas imaginer ?”
“Or personne ne peut remplacer l’Unrwa, d’autant que les besoins de la population n’ont jamais été aussi importants : ils sont immenses, tant en matière d’aide alimentaire qu’en ce qui concerne la santé. Je rappelle que l’agence gère plus de 600 centres de soins, scolarise un demi-million d’enfants et entretient les infrastructures de cinquante-huit camps de réfugiés. Il s’agit d’une vraie bouée de sauvetage pour les Gazaouis bien sûr, mais aussi, plus largement, pour la Cisjordanie. Ce vote de la Knesset s’ajoute aux innombrables obstacles physiques et bureaucratiques qui ont été imposés par Israël pour limiter l’entrée de l’aide à Gaza. Ces lois contraires au droit international et à la convention de Genève vont également à l’encontre des ordonnances émises le 26 janvier dernier par la Cour internationale de justice.”
“Cette agence des Nations unies est financée par les États membres, dont évidemment la France, qui lui a apporté en 2024 une contribution de 38 millions d’euros. Elle a été diabolisée après le 7 octobre en raison du fait que 9 de ses agents auraient participé aux attaques terroristes – 9 sur 30 000. Son existence a été remise en cause par deux lois votées par la Knesset fin octobre 2024 et applicables à l’issue d’un délai de quatre-vingt-dix jours, soit précisément dans quinze jours. Elles prévoient l’interdiction d’opérer sur l’ensemble du territoire israélien et, pour les autorités militaires et civiles, d’entretenir le moindre rapport avec l’agence, sachant que, de surcroît, des dispositions fiscales impacteront ses ressources.”
“Aucun État ne peut avoir le privilège de se placer au-dessus du droit international, et pourtant… La semaine dernière, j’étais à Jérusalem-Est, dans le cadre d’une délégation parlementaire écologiste ; nous y avons fait de nombreuses visites et de nombreuses rencontres, notamment de responsables de l’Unrwa, l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient. L’Unrwa a commencé ses activités en 1950 pour garantir l’aide humanitaire en faveur des réfugiés palestiniens et leurs droits politiques, dont le droit au retour. Son mandat a été renouvelé jusqu’en juin 2026 et concerne aujourd’hui 6 millions de personnes, dont 1,4 million à Gaza.”
“La priorité assignée pour ces jeunes : les faire travailler, non les instruire, ni leur permettre de réussir des études supérieures qui leur garantiraient des métiers valorisés et valorisants. Aussi un véritable chantier reste-t-il à engager, en commençant par l’orientation, dont on sait qu’elle creuse très tôt les inégalités sociales et géographiques d’accès à l’enseignement supérieur. Comptez-vous, monsieur le ministre, créer les conditions propices à la réduction de ces inégalités ? (Applaudissements sur les bancs des groupes EcoS, LFI, SOC et GDR.)”
“Au fil de la scolarité, la part d’enfants d’ouvriers se réduit à mesure que croît celle d’enfants de cadres supérieurs : seuls 33 % d’élèves de lycée professionnel – où les premiers sont très majoritaires – poursuivent leurs études dans l’enseignement supérieur. Ce chiffre atteste d’un échec : la promesse d’égalité entre tous les élèves n’a pas été tenue. Des quotas d’élèves issus de cette voie ont certes été instaurés, mais sans ménager les conditions de leur réussite dans le supérieur, de sorte que 40 % d’entre eux échouent finalement au BTS. Quand il faudrait orienter, on trie ; quand il faudrait accompagner, on surcharge les professeurs ; quand il faut du temps, on en supprime.”
“L’accès à l’enseignement supérieur représente à bien des égards un « gâchis collectif ». Je ne peux que reprendre ces mots, impossibles à occulter, qui figurent dans le rapport qui nous intéresse. Ancien enseignant d’un lycée professionnel, je pourrais citer nombre de parcours remarquables qui ne seraient plus possibles aujourd’hui, les algorithmes de Parcoursup bloquant les projets qui sortent de la voie tracée – une voie tracée, voire imposée, de plus en plus tôt. Les réformes successives du lycée professionnel, toujours adoptées sous couvert d’ambitions qui ne sont jamais concrétisées pour les élèves, transforment, en effet, les formations au service d’une employabilité précoce. L’orientation subie, fruit de notre incapacité à ouvrir toutes les portes aux élèves les plus défavorisés, leur coupe les ailes dès le plus jeune âge.”
“Pourtant, d’autres solutions existent, qui ne culpabilisent ni les patients, ni les prescripteurs, afin de s’assurer que les médicaments ou les actes prescrits correspondent bien aux besoins des patients. Brandir la menace d’un déremboursement dont le but, au fond, est d’assécher par tous les moyens la sécurité sociale, ne sera jamais opportun. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe EcoS.)”
“Le groupe Écologiste et social demande également la suppression de l’article. Conditionner la prise en charge médicale à des procédures administratives additionnelles constituerait un obstacle supplémentaire dans l’accès aux soins, en décourageant certains patients déjà précaires ou vivant dans des déserts médicaux. Alors que le renoncement aux soins pourrait doubler ou tripler les dépenses de santé par rapport à une prise en charge précoce, le texte ne comporte aucune mesure ambitieuse pour résoudre la crise profonde de l’accès aux soins.”
“(Applaudissements sur les bancs des groupes EcoS et SOC, dont quelques députés se lèvent, ainsi que sur les bancs du groupe LFI -NFP.)”
“Elles évaluent les risques, classent les métabolites pertinents, surveillent, cherchent – mais pas assez – sans coordination et, souvent, trop tard. Enfin, parfois, elles n’ont d’autre choix que de fermer brusquement des captages d’eau. L’étude de Générations futures, présentée ce mardi, alerte : cinquante-six métabolites, dont une douzaine sont omniprésents et à risque avéré, comme l’acide trifluoroacétique ou la diisopropylamine, ne font l’objet d’aucun suivi. J’insiste : ils ne font pas l’objet du moindre suivi. Pour respecter le principe de précaution, pour garantir une eau potable de qualité, pour la santé publique, soutiendrez-vous, madame la ministre, ma proposition de loi visant à interdire les pesticides sur les aires d’alimentation des captages d’eau ?”
“Combien faudra-t-il de cancers pédiatriques dans la plaine d’Aunis, à Sainte-Pazanne ou ailleurs ? Combien de cancers du sang, de la prostate, de maladies de Parkinson chez nos agriculteurs ? Combien de combats comme celui de Laure, fleuriste, maman d’Emmy morte à 11 ans d’une leucémie ? Combien de temps avant que nous cessions de nous voiler la face et protégions, enfin, notre santé et celle de nos enfants ? Certes, on ne trouve pas ce qu’on ne cherche pas. En revanche, des études révèlent la présence de pesticides, parfois interdits depuis des décennies, dans les urines et les cheveux des enfants ou des traces de pesticides dans les selles des bébés qui viennent de naître. Que font les autorités sanitaires ?”
“Combien de fois avons-nous entendu : « il faut reconquérir la qualité de l’eau » ? Pourtant, notre bien commun est contaminé sans que nous ne puissions mesurer ni l’ampleur de cette pollution ni ses conséquences. Combien de plans, de programmes, de contrats, de dizaines de milliards pour ne jamais atteindre les objectifs de réduction des pesticides ?”