Marianne Maximi
LFI-NFP · France
“La domination et la violence envers les enfants sont partout : à l’école, à l’hôpital, dans le handicap, dans le sport, dans la famille, dans l’espace public et dans les choix politiques qui compromettent leur planète, leur futur, alors que les enfants devraient partout être entendus, respectés et enfin considérés comme des sujets de droi…”
“Par ailleurs, la Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (Ciivise) et de nombreux collectifs de lutte contre les violences sexistes et sexuelles faites aux femmes et aux enfants ont mis en garde contre le risque de silencier les enfants et les victimes.”
“Il était certes compliqué d’avoir une députée d’opposition rapporteure de ce texte – moi-même, en l’occurrence –, mais j’ai essayé de porter la voix du secteur de la protection de l’enfance, celle des travailleurs et des travailleuses de ce secteur mais aussi celle des enfants placés, comme je le fais depuis quatre ans en tant que parleme…”
“Il s’est aussi passé quelque chose d’incroyable ce week-end. Je m’adresse aux bancs qui vont de la droite et l’extrême droite jusqu’au socle commun : vous vous êtes relayés sur les plateaux de télévision et les réseaux sociaux pour faire croire que les groupes de gauche ayant voté contre cet article étaient des soutiens des pédocriminels…”
“Quoi qu’il en soit, on part de trop loin pour que cette copie soit bonne. Vous venez d’ailleurs de l’empirer par des mesures particulièrement clivantes. Non, madame la ministre déléguée, ce n’est pas répondre à une question simple que de décider s’il faut inscrire la perpétuité dans la loi.”
“Depuis le début de l’examen de ce texte et même avant, nous donnons l’alerte sur le fait qu’il ne répond à aucune revendication du secteur de la protection de l’enfance (« Eh oui ! » sur de nombreux bancs du groupe LFI-NFP) ni à aucune recommandation de la commission d’enquête de l’Assemblée nationale consacrée à ce sujet.”
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“Je voulais commencer par réagir aux propos d’un député de l’extrême droite (Exclamations sur plusieurs bancs du groupe RN) et du rapporteur général. En parlant du pourboire, ils ont tous deux invoqué la tradition. L’une des plus grandes traditions de notre histoire est celle de notre protection sociale : les cotisations permettent de protéger les salariés en leur garantissant un salaire différé. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.) Vous affirmez que la mesure que vous préconisez n’est pas incompatible avec une augmentation des salaires, mais elle l’est totalement ! Plus vous exonérerez fiscalement et socialement les pourboires, moins le patronat augmentera les salaires dans la restauration.”
“(Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – M. le président de la commission des finances applaudit également.) C’est une honte ! Vous êtes en train de reprendre l’idéologie raciste du Rassemblement national ! (Vifs applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – M. le président de la commission des finances applaudit également.)”
“le président de la commission des finances applaudit également.) Leur problème, c’est le manque de place en structure d’accueil qui contraint des enfants en danger, placés par le juge des enfants, à rester chez eux ; ce sont les suicides dans les foyers de l’aide sociale à l’enfance ; c’est la surpopulation en pouponnière ; c’est la prostitution des jeunes filles mineures ; c’est le non-respect et la non-application des lois. Et pourtant, ce n’est pas faute d’en avoir voté, notamment en 2022, mais il manque encore des décrets ! Il est là, le problème de l’aide sociale à l’enfance. Celles et ceux qui prennent soin des enfants, les salariés et les agents, mal payés, découragés par la perte de sens de leur mission, finissent par partir. Si vous avez vraiment à cœur de protéger les enfants, faites en sorte que les lois soient appliquées.”
“Cet amendement témoigne de votre parfaite ignorance des services de l’aide sociale à l’enfance. Même lorsque les enfants sont placés, les parents peuvent conserver un droit de visite et d’hébergement. Les placements éducatifs à domicile sont possibles – nous y sommes opposés, mais cela existe. Enfin, que deviennent les enfants qui, au sein de la fratrie, ne sont pas placés, si vous mettez fin aux allocations familiales ? La mesure que vous proposez est totalement populiste. Le vrai problème des enfants placés n’est pas celui que vous soulevez, mais l’effondrement de l’aide sociale à l’enfance. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP, dont les députés se lèvent, ainsi que sur les bancs des groupes SOC et EcoS. – M.”
“Cette fois, ce sont les enfants placés qui en font les frais. Surtout, on découvre que la ministre, tout comme ces députés, n’y connaît rien ! Contrairement à ce que vous prétendez, les juges peuvent déjà décider que les allocations familiales seront versées au service gardien. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“À nouveau, et ce n’est sans doute pas la dernière fois que cela se produit, le bloc central fait siens des arguments tirés de l’idéologie du Rassemblement national. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – M. Benjamin Lucas-Lundy applaudit également.)”
“…mais ce n’est pas vrai. L’intérêt supérieur qui doit guider nos décisions est celui des enfants. En Macronie, le droit des enfants recule année après année : qu’il s’agisse de la séparation ou de la protection de l’enfance, le compte n’y est absolument pas ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Vous utilisez un argument scandaleux en comparant les revenus du travail et la pension alimentaire. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Actuellement, les inégalités de genre persistent tout au long de la vie, notamment en cas de séparation, parce que la fiscalité est patriarcale – certes, ce terme vous fait mal aux oreilles, mais il exprime la réalité. (Mêmes mouvements.) D’après vous, les juges aux affaires familiales sont des avocats fiscalistes qui ajustent le montant des pensions en fonction de la répartition des impôts,…”
“J’ai aussi mal aux oreilles quand j’entends Mme la ministre quasiment soutenir que ces mesures créeraient de l’assistanat pour les familles monoparentales, notamment pour les mères isolées !”
“J’ai un peu mal aux oreilles à force d’écouter les arguments exposés sur les différents bancs de droite ! Depuis hier soir, nous démontrons l’importance des inégalités de genre sur le plan économique, notamment en cas de séparation, mais une collègue de droite, Mme Piron, vient de nous expliquer que tout allait bien et que le système permettait aux pères de verser plus d’argent. J’aimerais comprendre d’où vous sortez des arguments pareils quand le montant moyen des pensions est de 190 euros alors que le coût réel pour entretenir et éduquer un enfant s’élève en moyenne à 625 euros par mois ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Vous voyez bien qu’il y a un écart énorme entre ces sommes.”
“Je profite de cette intervention pour prendre des nouvelles des échanges entre le bloc central et les collègues socialistes… (Le temps de parole étant écoulé, Mme la présidente coupe le micro de l’oratrice. – Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Au contraire, vous ne vous privez pas de prendre des décisions abruptes et définitives ! Mais dès qu’il s’agit de taxer les grandes fortunes, vous vous faites doux, délicats, attentionnés, prévenants, pour ne prendre que des mesures ciblées et temporaires. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) C’est insupportable. Vous vous attaquez toujours aux mêmes et vous épargnez toujours les mêmes. (Mêmes mouvements.)”
“(Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Hélas, le premier mandat de Macron et le second, plus encore, ont été marqués par l’aggravation continue des inégalités : cette question sera le fil rouge de notre débat sur le PLF. Il est important de le rappeler à un moment où, une fois encore, vous cherchez, avec vos alliés du Rassemblement national, à protéger les ultrariches. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Et pourtant, de l’argent, il faudra aller en chercher car les recettes manquent cruellement ! L’augmentation et la pérennisation de cette contribution seraient une première réponse. Quand vous vous en prenez aux classes populaires et aux classes moyennes, par exemple en réformant l’assurance chômage, vous vous gardez bien de limiter la mesure dans le temps ou de la cibler au plus près.”
“Des questions se posent encore sur la recette escomptée de cette contribution car le moins que l’on puisse dire est que ce n’est pas très clair. Vous avez coutume d’annoncer des chiffres assez élevés – pas assez à nos yeux mais suffisants pour rassurer nos concitoyens. Prenons, au hasard, la contribution sur la rente inframarginale des énergéticiens, qui devait rapporter 12 milliards d’euros : le résultat a été inférieur à 1 milliard. Quant à la taxe sur les superprofits, elle a rapporté 70 millions au lieu des 200 millions prévus. Quel est le chiffrage réel de cette contribution ? Nous aimerions bien le savoir.”
“L’année dernière, la pérennisation de cette contribution avait été adoptée ici même, avant d’être violemment balayée par le 49.3. Il me semble important de le rappeler pour éclairer nos débats. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Vous avez perdu les élections ; sur ce budget, le Rassemblement national est votre assurance-vie ! Nous sommes cohérents avec le mandat que nous avons reçu : mettre fin à votre politique qui touche les classes populaires et les classes moyennes et qui protège les ultra-riches. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP, dont les députés se lèvent, et sur quelques bancs du groupe EcoS.)”
“(Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP, dont les députés se lèvent, et sur quelques bancs du groupe EcoS.)”
“Tout le monde passe à la caisse, sauf les ultra-riches ! (Mêmes mouvements.) Les 500 plus riches de France, qui ont doublé leur fortune sous Macron, peuvent compter sur votre protection et dire merci à l’extrême droite : le rétablissement de l’ISF, le RN votre contre, avec la Macronie ; la taxation des super-héritages, le RN vote contre, avec la Macronie (Mêmes mouvements) ; la hausse de la contribution des grandes entreprises et la taxe Zucman, le RN vote contre, avec la Macronie ! (Mêmes mouvements.) Il y a un an, le RN et la Macronie ont été battus dans les urnes. Cette alliance au service d’une poignée d’ultra-riches n’est pas légitime à imposer sa politique. Monsieur le premier ministre, je n’ai qu’une question à vous poser : quand allez-vous partir et emporter avec vous ce budget de guerre sociale ?”
“Benjamin Lucas-Lundy applaudit également.) Tout le monde passe à la caisse : les apprentis, avec la baisse des salaires ; les locataires, avec le gel des APL ; les retraités, avec le gel des pensions ; les travailleurs, avec la hausse de l’impôt sur le revenu ; les plus vulnérables, avec le gel des prestations sociales ; les patients, avec le doublement des franchises, et les malades en affection de longue durée (ALD), avec des taxes sur leurs indemnités.”
“Monsieur le premier ministre, à six reprises lors de votre déclaration de politique générale, vous avez annoncé la rupture. Bien naïfs ceux qui y croient : la rupture avec la Macronie est impossible tant que nous sommes en Macronie ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Le président de la République, dont vous êtes le dernier fidèle, est obsédé par ce qui est pour lui l’œuvre d’une vie : huit années de politique au service des milliardaires et des grands patrons. Le budget 2026 n’est pas une rupture, il est le paroxysme de votre politique, destinée à achever ce qu’il reste des services publics et de l’État social dans notre pays. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – M.”
“Rejetez ce texte, et n’oubliez jamais qu’un mineur délinquant est avant tout un mineur en danger. (Les députés du groupe LFI-NFP se lèvent et applaudissent.)”
“Vous parlez de restaurer l’autorité de la justice, mais il n’y a pas d’autorité de la justice quand les violences aux enfants restent massivement impunies (Mêmes mouvements) , quand les appels à l’aide sont ignorés, quand les plaintes ne sont jamais instruites, quand les victimes sont stigmatisées et réduites au silence. (Mêmes mouvements.) Il n’y a pas d’autorité de la justice quand les mesures judiciaires de protection des enfants ne sont pas suivies d’effet, quand des enfants en danger au domicile familial attendent une place en foyer ou l’intervention d’un éducateur. Il n’y a pas d’autorité de la justice quand un premier ministre peut rester tranquillement dans son fauteuil et gouverner malgré des preuves accablantes de responsabilité dans une affaire pédocriminelle comme celle de Bétharram.”
“Vous ignorez leurs alertes parce que vous ne cherchez pas à améliorer la justice des mineurs, à la rendre plus efficace, plus juste, ou à réduire la récidive. Vous ne cherchez qu’à faire passer votre réforme médiatique qui vous permet d’exister dans la course à la surenchère répressive. Il faut dire qu’en plein congrès de vos amis de la Droite républicaine, vous voilà en concurrence sur votre propre créneau politique avec le ministre Retailleau et M. Wauquiez. Eux aussi rivalisent d’idées les plus absurdes et les plus dangereuses les unes que les autres, parfois tout bonnement reprises directement du programme du Rassemblement national.”
“(Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP et sur quelques bancs du groupe GDR.) L’incarcération, l’abandon de ces adolescents dans les prisons françaises, produira plus de délinquance et plus de crimes. Vous mentez en affirmant que ce texte évitera des drames : c’est précisément l’inverse. Ce texte prépare les drames de demain. Mais je crois que là n’est pas votre préoccupation. « Tu casses, tu répares » disait l’ancien premier ministre au moment de présenter cette loi. Pour gouverner à coups de slogans trouvés sur ChatGPT, la Macronie est toujours au rendez-vous. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) En revanche, elle l’est beaucoup moins lorsqu’il s’agit d’écouter les solutions des professionnels de terrain qui font la justice du quotidien.”
“Il faut les accompagner pour leur permettre de comprendre les conséquences et la gravité de leurs actes, pour leur apprendre à vivre avec leur culpabilité et à réparer les dommages causés, pour les faire évoluer, pour leur permettre de se réinsérer dans la société et pour leur apprendre à ne pas récidiver. Cela suppose un travail de longue haleine de la part des magistrats, des avocats, des éducateurs. Il faut s’assurer que les éducateurs soient présents en nombre suffisant, avec des moyens leur permettant de remplir ces fonctions essentielles dans les meilleures conditions. Le tout-répressif appliqué aux enfants produira les mêmes effets que le tout-répressif appliqué aux adultes : la récidive.”
“Dans le doute, je le répète : un enfant n’a pas la même conscience de ses actes ou de la sanction qu’un adulte. Punir, punir, punir ne suffit donc pas à rendre justice. C’est pourquoi notre système judiciaire repose sur une tradition d’atténuation des peines pour les enfants, engagée dès 1791. En détruisant ce principe, vous opérez un retour en arrière de deux siècles. Punir, punir, punir ne sera jamais suffisant pour apaiser les rapports sociaux. La justice des mineurs, ce n’est pas ça, et cela ne doit pas le devenir. Il ne suffit pas d’enfermer des enfants dans une cellule.”
“Aujourd’hui, les magistrats appliquent par défaut les règles d’atténuation des peines pour les mineurs, sauf motivation inverse. Avec ce texte, vous inversez la logique. Demain, ils devront par défaut appliquer la même peine à un enfant et à un adulte. L’exception devient la règle. La répression devient le réflexe. Votre logique est simple : punir, punir, punir. Essayez d’en sortir, au moins quelques instants. Je m’adresse particulièrement aux députés macronistes qui s’apprêtent à voter cette loi. À votre avis, pourquoi l’atténuation des peines s’applique-t-elle par défaut ? Parce qu’un enfant n’a ni la même capacité de discernement ni la même maturité qu’un adulte. Comprenez-vous seulement ce qu’est un enfant ? La science nous l’a enseigné depuis des décennies ; j’espère que ses enseignements sont arrivés à vos oreilles.”
“Tous dénoncent des dispositions brutales, inutilement répressives, démesurément sévères. Tous nous rappellent que ces mêmes recettes ont déjà été testées, qu’elles sont contre-productives et que leurs effets pervers sont bien connus. Vous êtes seuls contre toutes les chevilles ouvrières de la justice de notre pays. Vous étendez la comparution immédiate aux enfants de 16 ans. Ces audiences durent en moyenne moins de trente minutes. Elles aboutissent à une incarcération dans 70 % des cas. Ce sont des audiences bâclées, expéditives, qui jetteront des enfants en prison en une demi-heure à peine. Une telle procédure vous semble-t-elle digne de notre justice ? Vous attaquez l’atténuation des peines pour les enfants, qui est pourtant un principe cardinal de la justice des mineurs.”
“M. Darmanin ne manque pas de culot – ni de souffle : adresser ce dimanche une lettre aux professionnels de la justice afin de les inviter à réfléchir ensemble aux prochaines réformes… Qui imagine encore que vous allez les écouter ? Depuis des mois, vous vous préparez à faire passer ce texte en force. L’ensemble des corps de métier de la justice vous a signalé sa dangerosité : vous les piétinez. Des barreaux ont alerté au sujet des atteintes aux droits fondamentaux des enfants. Des bâtonniers et bâtonnières vous ont mis en garde, faisant état de contradictions avec la Convention internationale des droits de l’enfant et même avec notre propre Constitution ! Les juges des enfants, les éducateurs, ont manifesté des semaines durant : je salue leur détermination.”
“Dernier point, qui me semble important : nous sommes face à un groupe qui supprime des emplois qualifiés dans ses magasins, notamment celui d’Auchan Aubière, pour publier très peu de temps après d’autres offres relatives à des emplois moins qualifiés, donc moins bien rémunérés. Cela nous paraît parfaitement scandaleux et facteur de précarisation des emplois dans la grande distribution. À ce sujet également, j’ai peu entendu le gouvernement. Il s’agit pourtant d’un problème qui va pénaliser de nombreux territoires – le Puy-de-Dôme n’est pas le seul concerné. Aujourd’hui, si l’on met à part les associations et les syndicats, peu de monde défend les emplois affectés. Le gouvernement n’est pas à la hauteur : il laisse faire les grandes enseignes, alors même qu’elles ont perçu des aides publiques sans aucune contrepartie ni contrôle de l’État.”
“J’ai en effet assisté à la présentation de cette étude d’impact, qui trace peu de perspectives s’agissant des emplois. Je dois dire, après avoir pris des renseignements auprès des salariés d’Auchan Nord, que les annonces d’Auchan sont suivies de peu d’actes concrets dans ce magasin. J’interroge surtout le gouvernement au sujet de l’association familiale Mulliez, qui possède énormément d’enseignes, qui est capable de faire remonter des dividendes par l’intermédiaire de ces enseignes, mais sur laquelle ne pèse aucune obligation salariale. L’examen attentif de CV ne vaut pas reclassement. Je pense donc que le compte n’y est pas et que le gouvernement aurait tout intérêt à s’occuper de cette association familiale et de son fonctionnement, qui ne garantit pour l’instant aucun emploi aux anciens d’Auchan.”
“Il y a urgence à agir, pour l’avenir des salariés, pour le quartier de Croix-de-Neyrat et pour la dignité des habitants, qui ne sont pas des citoyens de seconde zone.”
“Cette manœuvre s’inscrit dans la droite ligne des propos cyniques du directeur général d’Auchan Retail, qui invoquait le trafic de drogue pour justifier la fermeture d’Auchan Nord. Après l’y avoir invité, j’invite également Mme la ministre à faire le déplacement pour constater que ce quartier n’a rien à voir avec la caricature honteuse qui en est faite. Devant tant de malhonnêteté, plusieurs organisations syndicales ont rejeté le plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) proposé par l’employeur début mars. La Dreets, ou direction régionale de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités, doit donner son avis sur ce PSE ce mois-ci. Dans ce contexte, le gouvernement en contrôlera-t-il la régularité et contraindra-t-il la famille Mulliez à proposer des reclassements pour préserver la vie de quartier et les emplois à Clermont-Ferrand ?”
“La fermeture de l’hypermarché Auchan Nord à Clermont-Ferrand aura des conséquences dramatiques pour Croix-de-Neyrat – un quartier populaire qui souffre déjà de relégation et du recul des services publics –, d’autant plus que la galerie commerciale qui accompagne l’hypermarché abrite des commerces de proximité, menacés de fermeture. Face à cette injustice, tandis que les habitants, associations, commerçants et salariés se mobilisent, l’État reste absent. Auchan, contraint par la loi Florange de chercher un repreneur, a publié une offre biaisée : l’enseigne affirme que le centre commercial se situe à une heure du centre-ville en transports en commun, alors qu’il ne faut que vingt-deux minutes pour s’y rendre.”
“Ma question a trait à la fermeture annoncée de l’hypermarché Auchan Nord à Clermont-Ferrand et à la suppression de onze postes à Aubière, autre commune du Puy-de-Dôme. Au total, plus de 200 emplois vont disparaître dans mon département, en conséquence du plan de licenciement annoncé par la direction d’Auchan le 5 novembre dernier. Dans le même temps, la famille Mulliez, propriétaire d’Auchan, perçoit des aides publiques et se verse 1 milliard d’euros de dividendes par l’intermédiaire de son autre enseigne, Decathlon. Alors que des vendeurs sont licenciés à Aubière, Auchan recrute actuellement, pour des missions similaires, des équipiers de magasin, dont le salaire est beaucoup plus bas.”
“Quand on voit comment les départements désobéissent aux lois de l’État, sans qu’aucun ministre ne réagisse, on se dit que ce n’est pas normal ! Ce n’est pas acceptable. Vous ne réagissez qu’aux faits divers, pour répondre – je le répète – à l’agenda de l’extrême droite.”
“…des contractuels, éducateurs de la PJJ, ont appris du jour au lendemain que leur contrat s’arrêtait, et les gamins qu’ils accompagnaient ont été brutalement livrés à eux-mêmes ! Vos grandes leçons, franchement, gardez-les ! (Exclamations sur les bancs du groupe EPR.) Vous êtes une catastrophe pour les droits des enfants, une catastrophe ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Depuis sept ans que vous êtes au pouvoir, vous n’agissez pas ; les violences faites aux enfants augmentent dans notre pays et vos leçons sont particulièrement déplacées.”
“Je veux tout de même réagir à la propagande que vous relayez à propos des budgets de la justice. Nous parlons de protéger l’enfant en danger, mais ce dernier peut aussi être un mineur délinquant – le droit permet ce double statut ; or je veux rappeler quelques éléments s’agissant de la protection de l’enfance. Vous nous faites de grandes leçons en nous disant à quel point vous êtes volontaristes, à quel point vous travaillez bien, mais vous laissez un service public s’effondrer littéralement sous vos yeux ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Vous n’avez pas agi. Vous laissez des gamins dans des hôtels, en proie aux réseaux de proxénétisme, aux trafiquants de drogue et aux pensées suicidaires.”
“Je suis désolée, madame Moutchou : il y a quelques mois encore, seule l’extrême droite défendait des textes comme celui-ci. Vous glissez de plus en plus vite et la chute va être terrible pour vous ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – Protestations sur les bancs des groupes EPR et HOR.)”
“Enfin, alors que les peines de prison pour les jeunes sont de plus en plus longues, on observe, en conséquence, une augmentation de la récidive. C’est bien que cette réponse n’est pas la bonne. On est en droit d’attendre de la justice des mineurs qu’elle fasse à nouveau primer les mesures fondées sur l’éducabilité des enfants. C’est la logique que nous défendons face à une Macronie dont on voit bien, depuis quelques mois, qu’elle semble trouver l’extrême droite plus convaincante. (Exclamations sur les bancs du groupe EPR.)”
“Par ailleurs, nous avons adopté en 2022 la loi Taquet, relative à la protection des enfants, qui demande aux départements et à l’État d’organiser un accompagnement jusqu’à 21 ans. (Mêmes mouvements.) Nous pourrions donc débattre d’accompagnements éducatifs nécessaires allant un peu plus loin que la majorité. Je ne trouve pas banal non plus de vous entendre dire que nous voudrions contraindre les magistrats et rogner leur indépendance, alors que c’est exactement ce que vous êtes en train de faire. Les magistrats ont déjà la liberté de lever l’excuse de minorité. Vous voulez obliger les juges pour enfants à le faire systématiquement ou à se justifier s’ils ne le font pas. Votre discours est totalement paradoxal.”
“Je suis surprise d’entendre un ministre de la justice se référer au Larousse pour définir ce qu’est un enfant alors que la loi le fait. Ce n’est pas banal ! Je ne pense d’ailleurs pas seulement à la loi française, mais aussi à la Convention internationale des droits de l’enfant (CIDE). (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Cela vous semble apparemment accessoire, mais il s’agit d’un texte que la France a ratifié, que nous brandissons régulièrement et que le texte en débat piétine. L’enfant y est défini comme « tout être humain âgé de moins de 18 ans ». Ce n’est pas moi qui le dis ; c’est ce qui est écrit dans nos codes et dans des textes que nous avons ratifiés.”
“Gardez donc vos leçons d’autorité et commencez par rétablir un État de droit où les crimes sexuels sur les enfants sont punis, et non étouffés. (Les députés du groupe LFI-NFP se lèvent et applaudissent. – Quelques députés du groupe SOC applaudissent également.)”
“Si la justice des mineurs vous préoccupe tant, commencez par soutenir les enfants victimes de violences pédocriminelles, comme à Bétharram. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Les révélations de la presse sur les alertes ignorées par M. le premier ministre ne sont ni des polémiques ni des faits divers ; c’est un scandale d’État.”
“Tant que votre intérêt pour la délinquance sera à deux vitesses, vous ne réglerez rien. Ce texte est à votre image : il promeut une autorité brutale, sans légitimité. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP et sur quelques bancs des groupes SOC et EcoS.) Vous pavez la voie à l’extrême droite ; vous marchez dans les traces de leurs bottes. Une fois de plus, vous vous couvrez de honte. Nous appelons donc au rejet de ce texte indigne.”
“Quand les violences faites aux enfants restent massivement impunies, il n’y a plus d’autorité de la justice ; quand 440 enfants par jour sont victimes de violences sexuelles, il n’y a plus d’autorité de la justice ; quand, dans certains départements, des parents attendent dix-huit mois pour obtenir une mesure d’aide éducative, il n’y a plus d’autorité de l’État. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – Mme Dominique Voynet applaudit également.) Vous criminalisez les parents, alors qu’ils font ce qu’ils peuvent : plus de 70 % d’entre eux sont présents aux audiences de leurs enfants. Dès lors que la protection de l’enfance est détruite, c’est l’État qui est un bien mauvais parent, puisqu’il abandonne des milliers de familles. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“En projetant vos obsessions autoritaires sur la réalité, vous ne réglez rien. Vous ne restaurez pas non plus l’autorité de la justice, qui ne peut punir que parce qu’elle protège.”
“De tout cela, vous ne parlez jamais ; vous ne traitez jamais ces sujets ; vous ne vous indignez pas, sauf dans un cas de figure : quand le délit sert le narratif que vous voulez promouvoir. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Pour les macronistes, c’est le mépris de classe : il s’agit d’enfants de pauvres qui ne se tiennent pas sages. Pourtant, on trouve des parents d’enfants délinquants jusqu’au plus haut sommet de l’État – parfois même sur les bancs des ministres. (Mêmes mouvements. – Mmes Marie-José Allemand, Estelle Mercier et Sandra Regol applaudissent également.) Pour l’extrême droite, c’est le racisme : des enfants de Blancs, exclusivement, sont victimes d’adultes et d’enfants racisés, ou bien d’immigrés. (« Eh oui ! » sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“(Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – Mme Elsa Faucillon applaudit également.) Il y a les meurtres qui vous révoltent et ceux qui ne semblent pas vous préoccuper, au point que j’en viens à douter que vous en ayez connaissance. Savez-vous par exemple qu’en France, tous les cinq jours, un enfant meurt sous les coups de ses parents ? Nous devrions en parler au moins tous les cinq jours. Pourtant, ce sujet n’existe pas.”
“Vous punissez et vous aggravez la situation. En attaquant la prétendue excuse de minorité, vous franchissez un nouveau pas. Relisez l’ordonnance de 1945 et tentez de comprendre la philosophie qui l’a inspirée : elle considère que l’éducatif prime sur le répressif (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP) car un enfant n’a pas atteint le même stade de développement qu’un adulte ; il ne peut donc pas avoir la même conscience de ses actes. Voilà pourquoi un mineur délinquant est d’abord un mineur en danger. Ce texte est un épouvantail. En mettant l’accent sur la délinquance des mineurs, vous détournez le regard d’un phénomène massif : les violences faites aux mineurs par les adultes. Depuis deux ans, j’alerte dans cette assemblée et je constate que toutes les morts d’enfant ne suscitent pas la même indignation.”