Hanane Mansouri
UDDPLR · France
“Quarante-huit heures pour confirmer la mort, quinze jours maximum entre la demande et l’effectivité de l’acte. Quinze jours, c’est le délai légal de rétractation pour renvoyer un colis commandé sur internet. Notre système de santé manque déjà de moyens.”
“Les promoteurs de ce texte nous diront que la large majorité des Français est favorable à l’euthanasie, mais voyez comment la question est posée dans les sondages : « Si vous étiez atteint d’une maladie incurable et en proie à d’extrêmes souffrances, souhaiteriez-vous que l’on vous aide à mourir ?”
“Aux établissements de santé privés religieux qui représentent un nombre considérable de lits et qui vont être contraints de fermer leurs portes car la liberté, à eux, n’a pas été donnée.”
“Il ne crée pas une aide à mourir, il crée la possibilité de provoquer la mort comme une prétendue réponse à la souffrance. Pourquoi tant d’efforts pour éviter les mots d’euthanasie et de suicide assisté ? Parce que chacun sait que les mots ont un sens. Changer les mots permet parfois de changer plus facilement les consciences.”
“« Aujourd’hui, maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas » disait Meursault, le personnage fictif d’Albert Camus, aussi détaché qu’impassible face au décès de sa propre mère.”
“La voie de la raison est toujours possible. L’exemple de l’Écosse nous l’a montré : alors qu’une majorité semblait acquise en première lecture, son parlement s’est finalement ravisé lorsqu’il a compris ce qu’il s’apprêtait à faire.”
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“Je demande une suspension de séance de cinq minutes.”
“Comme d’autres, que nous discuterons plus tard, il tend à rétablir la vérité et à nommer clairement la réalité que masque l’euphémisme que vous utilisez, celui de « fin de vie ». Je m’interroge très sincèrement sur votre refus de dire que l’acte que vous envisagez d’autoriser conduira au suicide assisté ou à l’euthanasie. Y a-t-il là un problème moral ou de conscience ? Auriez-vous conscience que la gravité de cet acte est telle que le nommer pour ce qu’il est pourrait entraîner son rejet ? Je souhaite que M. le rapporteur réponde à ces questions.”
“…qu’ils s’apprêtent à le faire sur ce texte relatif à l’euthanasie Vous assumez pleinement que votre priorité, c’est ce texte-ci. Je le regrette et je pense que les Français le regretteront aussi.”
“Nous souhaitons la suppression de l’article 1 er , qui s’apprête à faire entrer dans le code de la santé publique une pratique qui n’a rien à voir avec le soin, puisqu’il s’agit d’un acte qui provoquera la mort et qui sera effectué soit par les soignants, soit par la personne qui le demande. Ce serait un changement absolu de l’objectif de ce code. Je regrette par ailleurs que des collègues aient reconnu que nous ne sommes pas allés aussi loin sur le texte concernant les soins palliatifs…”
“À cet égard, je regrette que la discussion de la proposition de loi précédente ait apporté la démonstration que l’ambition de garantir un accès aux soins palliatifs dans chaque département, en y consacrant les financements nécessaires, était encore trop limitée. Nous sommes donc tous très conscients que votre objectif ultime est bien d’adopter ce texte sur la fin de vie.”
“L’article 1 er marque un basculement majeur, puisqu’il introduit l’« aide à mourir » dans le code de la santé publique. Ce choix n’a rien d’anodin puisque ce code est par nature celui du soin, de la protection et de l’accompagnement de la vie. Y intégrer un dispositif organisant la mort provoquée crée une contradiction profonde et un oxymore juridique. On glisse ainsi d’une médecine qui soigne vers une médecine qui pourrait désormais mettre fin à la vie. Ce brouillage des finalités modifie la philosophie même de notre droit de la santé. En voulant répondre à une souffrance réelle, le texte opère une rupture qu’il refuse pourtant d’assumer pleinement.”
“Nous entamons la discussion d’un texte d’une grande tristesse – à mon sens –, dans la mesure où nous nous apprêtons peut-être à lever l’interdiction de tuer en France.”
“Mais toutes les personnes ne vont pas forcément mourir !”
“Comme l’a expliqué notre collègue Bentz, de nombreuses occasions auraient pu être saisies, dans les articles précédents, pour nous rassurer et garantir l’étanchéité entre les deux textes. Mme la rapporteure nous a expliqué qu’introduire dans la première proposition de loi des dispositions interdisant d’évoquer l’aide à mourir risquerait de briser une étanchéité qui, à mes yeux, n’existe pas. Il s’agit, à l’alinéa 6, de remplacer les termes « fin de vie », dont la présence est malvenue, par les termes « soins palliatifs », sujet de la proposition de loi.”
“…puisqu’il précise bien, cette fois, quelle personne ne peut pas évoquer l’aide à mourir. Il s’agit du médecin, ou du soignant, dans le cadre de l’élaboration d’un plan personnalisé d’accompagnement au titre des soins palliatifs.”
“Madame la rapporteure, voici un amendement qui devrait vous rassurer…”
“Concernant l’aide à mourir – et c’est d’ailleurs ce que vous défendrez dans le prochain texte –, il appartient normalement au patient de formuler la demande et non au médecin d’évoquer le sujet. L’amendement est donc tout à fait correct. Pour vous répondre, madame la ministre, madame la rapporteure, je demande simplement que l’aide à mourir ne soit pas évoquée dans le cadre de l’élaboration du plan personnalisé d’accompagnement. Pour vous, la prochaine étape, c’est le délit d’entrave, passible de deux ans d’emprisonnement, pour tout médecin qui aborderait le sujet de l’aide à mourir, mais en sens inverse, c’est-à-dire pour en dissuader le patient. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe UDR.)”
“Il existe déjà de nombreux sujets que les médecins ne peuvent pas aborder avec leur patient.”
“Nous en arrivons presque à la fin de l’examen de ce texte relatif aux soins palliatifs. Pourtant, son étanchéité vis-à-vis de la proposition relative à l’aide à mourir, que nous examinerons ensuite, n’est toujours pas garantie. Nous venons heureusement de rejeter un amendement de notre collègue du groupe LFI-NFP, qui n’avait pas pour objet de réintroduire les soins palliatifs dans le plan d’accompagnement mais bien de faire usage du terme « soins » pour l’ouvrir, le cas échéant, à l’euthanasie. Cet amendement vise seulement à écarter tous les dispositifs d’aide à mourir du plan d’accompagnement. (M. Gérault Verny applaudit.)”
“Il s’agit à nouveau d’un amendement destiné à assurer l’étanchéité entre le texte relatif aux soins palliatifs et celui consacré à la fin de vie. À l’alinéa 4, l’amendement tend ainsi à substituer aux mots « de la fin de vie » les mots « dans la mise en œuvre des soins palliatifs ».”
“Tant qu’à écrire un texte relatif aux soins palliatifs, ayons un peu d’ambition. Vingt départements sont aujourd’hui dépourvus d’unité de soins palliatifs. Le recours aux soins palliatifs à domicile reste très faible : seules 17 % des équipes mobiles sortent des hôpitaux pour prodiguer de tels soins. Cet amendement vise à inscrire dans le texte l’ambition de disposer d’au moins une unité de soins palliatifs dans chaque département. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe UDR.)”
“Ce bon amendement illustre la volonté de bien distinguer le texte sur les soins palliatifs de celui sur l’euthanasie, le suicide assisté. Et comme l’a dit Mme la rapporteure à l’instant, l’alinéa 8 ayant été supprimé, il n’y a plus, à l’article 1 er , d’étanchéité entre les deux. Je veux bien entendre qu’il ne s’agit pas du bon article pour aborder le sujet, mais essayons tout de même de le faire au moins une fois dans le texte relatif aux soins palliatifs. Cela me semble important. (M. Christophe Bentz applaudit.)”
“Cet amendement permet d’encadrer strictement les soins palliatifs et d’empêcher que l’euthanasie ne devienne une option à part entière parmi ces soins. Il réaffirme le rôle prioritaire des soins palliatifs dans l’accompagnement de la fin de vie et le principe selon lequel ils ne sauraient être remplacés par des dispositifs aux contours incertains. Conformément à la hiérarchie éthique et médicale issue de la loi Claeys-Leonetti, il vise à écarter toute logique de substitution ou de contournement du soin. La réponse première doit demeurer celle du soulagement, de l’accompagnement et de la protection des personnes malades. (Applaudissements sur les bancs des groupes UDR et RN.)”
“Je vous remercie de cette réponse, mais je ne peux pas ne pas réagir aux propos de Mme Panot. Si LFI est innocente, si vous n’avez rien à voir avec ce qui s’est passé, où est Raphaël Arnault ? (Exclamations sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.) Où est le député fondateur de La Jeune Garde ? Pourquoi se cache-t-il ? (Applaudissements sur les bancs du groupe UDR et sur quelques bancs du groupe RN.)”
“…s’arrogent un droit de vie ou de mort pour le simple fait d’un désaccord politique ? Que comptez-vous faire pour que la France ne laisse plus jamais un tel drame se produire et pour que le prénom de Quentin ne sombre jamais dans l’indifférence ? (Applaudissements sur les bancs des groupes UDR et RN.)”
“…face à laquelle les mots semblent si dérisoires. Ce meurtre est un deuil pour ma chère ville de Vienne. Il est un deuil pour la famille de Quentin et pour ses proches. Il exige de la décence, de la hauteur de la part de la représentation nationale, mais le silence de la République serait une seconde mort. Monsieur le premier ministre, je vous le demande avec la gravité d’une élue et avec le cœur meurtri de ma génération, jusqu’à quand accepterez-vous que des groupuscules soutenus par des élus de gauche et dont les méthodes nous ramènent aux pires heures de notre histoire,…”
“Il y a quelques années, j’ai moi-même été victime de ces militants d’extrême gauche : j’ai vu cette haine, j’ai connu cet effroi et j’ai la chance inouïe d’être devant vous aujourd’hui pour en parler. Quentin, lui, n’a pas eu cette chance. Je ne suis pas ici pour instrumentaliser la douleur (Exclamations sur quelques bancs des groupes LFI-NFP et EcoS) ,…”
“Je veux tout d’abord vous remercier, madame la présidente, d’avoir répondu favorablement à la demande du président Ciotti d’observer une minute de silence en hommage à Quentin. C’était, je crois, le minimum que notre assemblée pouvait faire pour honorer sa mémoire. Monsieur le premier ministre, il y a quelques jours, Lyon s’est assombrie du sang d’un innocent. Quentin s’en est allé à 23 ans seulement. Étudiant, le cœur lourd d’espérance, les yeux rivés sur l’avenir, un avenir qui lui a été confisqué par une meute aveuglée par la haine et par une idéologie supposée antifasciste, qui permet à des individus de semer la terreur partout, d’intimider, de tabasser et désormais de tuer. Quentin n’avait rien d’agressif. Pourtant, il a été la cible de militants d’extrême gauche. Il n’était coupable de rien et a été victime de tout.”
“Contrairement aux propos de certains autres !”
“La grandeur d’une civilisation se mesure à la manière dont elle protège les plus fragiles, pas à la facilité avec laquelle elle les fait disparaître. Au moment de voter, je vous demanderai, chers collègues, de mesurer la portée de votre geste. Si vous votez pour l’euthanasie, vous lèverez à tout jamais l’interdiction de tuer. Une fois cette frontière franchie, il sera impossible de revenir en arrière. Ce sera l’euthanasie pour tous. L’histoire nous regarde – pas la petite histoire politique de cet hémicycle mais la grande histoire de l’humanité. Dans cinquante ans, lorsque l’histoire écrira nos noms, dira-t-on que nous avons protégé les plus faibles ou que nous avons organisé leur élimination ? Pour l’histoire, pour les Français, pour ma conscience, je voterai contre l’euthanasie. (Applaudissements sur les bancs des groupes UDR et RN.)”
“Il est indigne de parler d’euthanasie quand les soins palliatifs ne sont pas accessibles partout sur le territoire. C’est indigne pour les malades, pour les soignants et pour la France. La véritable urgence nationale est devant nous : le développement des soins palliatifs dans tous les départements. Former, financer, ouvrir des unités, soutenir les équipes : voilà ce qu’exige la dignité. Sans cela, l’euthanasie arrivera par dépit, par lassitude, par manque de lits, par faillite de l’hôpital. Ce n’est pas un choix libre, comme vous le prétendez, mais une résignation organisée. Je refuse de vivre dans une société qui soigne moins et tue plus. Je refuse une médecine qui renonce. Je refuse un Parlement qui abdique.”
“Mais vous, que direz-vous à ceux qui, dans un moment de détresse, auront choisi la mort sans savoir qu’on pouvait encore les soulager, les accompagner, les entourer ? Voilà ce qui nous sépare : nous défendons la vie ; vous défendez la mort. Vous parlez de choix individuels ; nous parlons de responsabilité collective. Vous ouvrez une porte ; nous voyons un gouffre. Comment peut-on proposer la mort quand on n’est même pas capable d’offrir le soin ?”
“…et leur promettre que nous ferons tout pour soulager leurs douleurs en renforçant les soins palliatifs et l’accompagnement humain.”
“Refuser l’euthanasie, c’est refuser que la mort devienne la réponse politique à la souffrance humaine. Monsieur Falorni, une fracture profonde nous sépare. Je peux regarder les Français droit dans les yeux…”
“Et que faisons-nous ? Nous parlons de mort au lieu de parler de soin. Nous organisons la fin au lieu de préparer l’avenir. Nous débattons d’euthanasie quand nous devrions parler de vie, de famille, de transmission. Néanmoins, je veux dire très sincèrement que je n’ignore pas la souffrance. Je connais la douleur des fins de vie et l’angoisse des familles. Je suis consciente que je n’ai pas la main sur la façon dont je partirai. Refuser l’euthanasie, ce n’est pas refuser la compassion – c’est au contraire la vraie compassion, celle qui soulage, accompagne et respecte la vie.”
“Une question se pose à nous : à quoi sert cette assemblée si elle ne défend pas notre civilisation ? (Exclamations sur quelques bancs des groupes EPR et LFI-NFP.) Notre mission n’est pas d’accompagner la pente mais de tenir la ligne. Notre devoir n’est pas de suivre le flot des émotions mais de sauvegarder l’essentiel avec clarté. Cette retenue n’est pas de l’indifférence : elle est la condition d’une compassion sincère, véritable et efficace. Si le Parlement accepte que la mort devienne une politique publique, il renie sa mission. Ce débat intervient dans un contexte lourd de sens : en 2025, notre pays a connu plus de décès que de naissances.”
“…à ceux qui se sentent mal dans leur peau ou ne trouvent plus de sens à leur vie. Cette loi ne surgit pas dans un vide mais s’inscrit dans un mouvement plus large, celui d’une société individualiste qui dit : « Ma vie, mon corps, ma mort, mon choix. » Plus rien n’est commun, plus rien n’est sacré, plus rien n’oblige les uns envers les autres, la solidarité n’existe plus. La société ne protège plus les plus faibles : elle leur demande de disparaître. Faire de l’euthanasie une solution, c’est signer l’arrêt de la science et de la recherche médicale. Pourquoi investir dans la lutte contre le cancer si la réponse devient la mort ? C’est la régression, la dégradation profonde, le déclassement de notre médecine. Une civilisation progresse lorsqu’elle soigne, elle recule lorsqu’elle abandonne.”
“Mais le texte ne s’arrête pas là : au fil des discussions, son champ d’application s’est considérablement étendu et demain, assurément, l’euthanasie sera ouverte aux enfants malades (Protestations sur plusieurs bancs) ,…”
“Nous ne sommes pas aujourd’hui face à un texte technique mais face à une proposition de loi qui prétend répondre à la souffrance par la suppression de celui qui souffre, qui légalise le fait de provoquer la mort et transforme un geste médical en acte létal. Ce texte opère une inversion profonde de nos valeurs. Depuis toujours, le progrès médical consiste à mieux soigner, à protéger, à accompagner, à soulager ; le progrès que vous proposez consiste à tuer. Nous passons du devoir de soigner au droit à mourir et ce droit, demain, deviendra lui aussi un devoir. Les premières victimes de ce texte seront les plus fragiles : les personnes âgées ou handicapées, les malades isolés, les pauvres, ceux qui se sentent déjà de trop, ceux qui n’ont plus la force de se défendre.”
“Face à la criminalité organisée, la fermeté est indispensable ; mais la fermeté ne se mesure pas au nombre de textes adoptés. La lutte contre le narcotrafic exige une stratégie globale, cohérente et constante. Elle exige aussi de sortir des approches symboliques pour privilégier des solutions réellement efficaces sur le terrain. En l’état, nous considérons que cette proposition de loi ne répond pas à ces exigences de cohérence, d’efficacité et de crédibilité. Toutefois, le groupe UDR, par égard pour les victimes et parce que chaque petit pas est bon à prendre, ne s’opposera pas à ce texte. (Applaudissements sur les bancs du groupe UDR et sur plusieurs bancs du groupe RN. – M. Sylvain Berrios applaudit également.)”
“Multiplier les structures sans clarification des compétences, c’est prendre le risque de ralentir les procédures, alors même que la rapidité de la décision est essentielle face à des menaces graves. Par ailleurs, l’extension très large du champ des bénéficiaires pose une difficulté d’encadrement. Serait éligible toute personne dont les propos ou les actions contribuent à documenter, à révéler ou à signaler certaines infractions. Le champ est donc très vaste et les critères d’appréciation restent flous. Notre responsabilité de législateur est claire : lorsque les dispositifs existants sont insuffisants, nous devons les renforcer. Cependant, nous ne devons pas superposer de nouvelles strates normatives sans évaluation préalable.”
“Or, en matière de sécurité comme en matière pénale, légiférer sans diagnostic précis comporte un risque : celui d’ajouter de la complexité sans améliorer réellement la protection. L’article 1 er prévoit ainsi la création d’une commission nationale chargée de définir les mesures de protection et de réinsertion. Or une instance comparable existe déjà pour les repentis et les témoins protégés. Comment ces structures s’articuleront-elles ? Qui sera compétent en cas de situation mixte ? Quels seront les délais de décision ? Le texte ne le précise pas.”
“Mais aucune démonstration précise n’est apportée, aucune évaluation chiffrée, aucune analyse, aucun exemple concret d’impossibilité juridique avérée.”
“(Exclamations sur quelques bancs des groupes LFI-NFP et EcoS.) Il existe des dispositifs de protection des témoins et des victimes dans le cadre des procédures pénales. Il existe aussi un statut de repenti, qui permet l’instauration de mesures de sécurité renforcées, y compris le changement d’identité. Les lanceurs d’alerte bénéficient également de protections spécifiques ; les agents publics disposent d’une protection fonctionnelle. Enfin, des dispositifs relevant du ministère de l’intérieur permettent, lorsque la menace est caractérisée, de prendre des mesures adaptées. Ces mécanismes permettent déjà, lorsque la situation l’exige, de protéger efficacement les personnes exposées. Les auteurs du texte affirment que ces dispositifs présenteraient des failles.”
“Il y a là une contradiction de fond. Protéger les victimes est nécessaire, mais la première protection, la plus efficace, reste l’affaiblissement des réseaux eux-mêmes. On ne peut pas, d’un côté, dénoncer les conséquences du narcotrafic et, de l’autre, refuser les moyens qui permettent réellement de le combattre. Nos concitoyens attendent de nous de la constance, de la cohérence et de la détermination. Pas des postures. Au-delà de cette incohérence politique, le texte pose surtout un problème de cohérence juridique. En l’état, cette proposition de loi nous semble inutilement redondante et juridiquement imprécise. Le droit prévoit déjà des mécanismes solides et opérationnels.”
“Chacun ici le sait, lorsque nous proposons, dans cet hémicycle, des mesures concrètes pour renforcer la sécurité, durcir la lutte contre le narcotrafic, donner davantage de moyens aux forces de l’ordre ou faciliter l’action de la justice, ces mêmes écologistes s’y opposent systématiquement. Vous votez contre le renforcement des moyens policiers, vous contestez les dispositifs de fermeté contre les trafiquants, vous critiquez les outils d’enquête renforcés, vous remettez en cause des politiques pourtant indispensables pour démanteler les réseaux.”
“Toutefois, les écologistes ne peuvent se présenter comme les fervents défenseurs de la lutte contre le narcotrafic lorsque l’on voit – et ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres – la façon dont leur ami Éric Piolle a laissé se développer les trafics à Grenoble, ce qui a causé l’augmentation du nombre de victimes innocentes. (Exclamations continues sur les bancs des groupes LFI-NFP et EcoS.)”
“Face à la gangrène que constitue le narcotrafic, qui se répand dans notre pays et structure une véritable économie souterraine, nous devons être intraitables et mettre à l’abri ceux qui participent à la lutte contre ce fléau. Mais la question qui nous est posée aujourd’hui n’est pas celle de l’intention ; elle est celle de l’efficacité, de la cohérence, de la crédibilité de l’action publique. Et sur ces trois points, le texte appelle de sérieuses réserves. D’abord, sur la cohérence politique. Cette proposition de loi est présentée par le groupe écologiste, qui affirme aujourd’hui vouloir renforcer la protection des personnes ciblées par les réseaux criminels. Nous partageons certes cet objectif.”
“Le texte qui nous est soumis aujourd’hui fait suite à un drame humain qui a profondément marqué nos concitoyens. Personne, dans cet hémicycle, ne peut rester insensible à la violence des réseaux de criminalité organisée et aux risques encourus par ceux qui s’y opposent. Ces réseaux ne se contentent plus de trafics discrets. Ils intimident, menacent, corrompent et parfois tuent. Ils cherchent à imposer leur loi dans certains territoires en contestant directement l’autorité de l’État et en installant la peur au cœur de la vie quotidienne. Le Groupe UDR tient à le dire d’emblée : l’objectif de protection est légitime et nous le partageons pleinement.”
“Choisir de libérer le travail plutôt que de l’entraver. Choisir de faire confiance aux Français, aux ménages comme aux entreprises, au lieu de considérer qu’un euro serait toujours mieux dépensé par l’État que par celui qui l’a gagné. Ce budget n’est pas un budget de redressement, c’est un budget d’attente. Un budget qui repousse les efforts à demain en espérant que demain ne viendra jamais. Mais la réalité, elle, finit toujours par rattraper les gouvernements sans courage. C’est pourquoi le groupe UDR votera la motion de censure. Parce que ce gouvernement n’a pas le souffle nécessaire pour construire, mais continue d’imposer son diktat socialiste par la contrainte. (Applaudissements sur les bancs des groupes UDR et RN.)”
“Ce courrier n’était pas un geste d’apaisement, mais l’aveu que vous faites payer l’économie réelle pour financer votre incapacité à réformer l’État. Chers collègues, notamment des Républicains – comme ils brillent par leur absence, je vais faire comme eux, c’est-à-dire parler dans le vent –, votez cette censure, rejoignez l’UDR et ses alliés du Rassemblement national, au lieu de persévérer dans cette alliance des contraires avec la gauche et les macronistes. L’élection partielle remportée hier par notre nouveau collègue, Antoine Valentin, a constitué un rappel cinglant : quand une droite est claire, cohérente et courageuse, les Français lui font confiance. (Applaudissements sur les bancs des groupes UDR et RN) Gouverner, ce n’est pas aligner des colonnes Excel, c’est choisir. Choisir de baisser la dépense pour baisser les impôts.”
“Mais quand un budget est bon pour l’économie, on ne l’explique pas par une lettre recommandée : ses vertus se constatent sur le terrain. Quand un budget libère, les entrepreneurs investissent, embauchent et innovent ; ils n’attendent pas une lettre de Matignon. S’il a fallu invoquer la stabilité, le patriotisme économique ou la défense nationale pour justifier une surtaxe de 7,5 milliards d’euros sur environ 300 groupes, c’est bien que cette fiscalité est une ponction, pas une stratégie. Depuis quand la stabilité fiscale consiste-t-elle à prolonger indéfiniment une contribution censée être exceptionnelle ? Depuis quand la visibilité consiste-t-elle à renoncer à la baisse de la CVAE, pourtant promise, tout en demandant aux entreprises de comprendre ?”
“Vous renoncez à l’année blanche sur l’impôt sur le revenu, vous prolongez sans horizon la contribution différentielle sur les hauts revenus (CDHR), vous maintenez inchangé l’impôt sur la fortune immobilière (IFI) et vous multipliez les taxes dites symboliques : une fiscalité de grignotage, jamais de choix clair. Pour les entreprises, le discours est le même. La contribution exceptionnelle sur les bénéfices des grandes entreprises est prolongée, avec 7,5 milliards d’euros attendus en 2026. Vous pénalisez ceux qui créent de la valeur tout en prétendant défendre la croissance. Le message est limpide : en France, réussir reste suspect. Le malaise est tel que vous avez dû adresser un courrier de trois pages aux chefs d’entreprise.”
“Autrement dit, la France reste l’un des pays qui taxent le plus au monde, non pas pour mieux servir les citoyens, mais pour continuer à mal dépenser. Vous nous parlez d’efforts : 0,4 point de PIB, soit 12 milliards d’euros d’économies. Mais où sont-elles ? Pas sur la structure de la dépense publique, ni sur les doublons administratifs, ni sur les agences inutiles, ni sur les gabegies que tout le monde connaît et que personne n’ose affronter. On préfère l’ajustement à la marge, le saupoudrage technocratique et l’illusion de la réforme, sans jamais s’attaquer au cœur du problème. Côté recettes, même absence de courage.”
“Le recours au 49.3 n’est pas un outil de gouvernance. C’est un aveu d’échec, qui tient en un seul chiffre : 132 milliards d’euros de déficit. Voilà la réalité brute du budget pour 2026 ; le reste n’est que rhétorique, habillage et fuite en avant. Présenter un tel naufrage comme de la stabilité, ce n’est plus gouverner, c’est capituler. En déclenchant le 49.3, vous faites un choix révélateur de votre faiblesse politique. Gouverner par le passage en force n’est jamais un signe d’audace ; c’est toujours le symptôme d’un pouvoir à court d’arguments et à court de légitimité. Vous assumez désormais un déficit public à 5 % du PIB, comme si l’endettement massif était devenu une norme acceptable. Les recettes atteignent 365,5 milliards d’euros, avec un taux de prélèvements obligatoires de 43,9 %.”