Sébastien Martin
DR · France
“Des cellules de prévention existent en outre au sein des tribunaux des activités économiques, ainsi que des centres d’information sur la prévention des difficultés des entreprises. Certains réseaux consulaires comme les CCI et certaines organisations professionnelles possèdent aussi des cellules d’écoute.”
“La fermeture d’une entreprise est toujours un problème économique, mais c’est avant tout un drame humain, vous l’avez dit. En ce qui concerne la facturation électronique, en usage dans d’autres pays, des dispositifs sont proposés pour accompagner les TPE et les PME dans sa mise en œuvre à compter du 1 er septembre.”
“Jamais je n’ai renoncé. Jamais ! Vous savez très bien, pour avoir vous-même participé à plusieurs rencontres, à quel point mes équipes et moi sommes mobilisés sur le dossier Fibre Excellence depuis plusieurs mois.”
“Bonne nouvelle, comme vous le dites. Le jour prévu de l’audience au tribunal de commerce, le 17 juin, un investisseur s’est présenté. Les conditions que j’ai rappelées sont toujours valables. Le rehaussement du tarif de l’électricité, tel qu’arbitré par le premier ministre, vaut toujours.”
“Dans ce contexte, nous attendions une réponse du principal actionnaire. Alors que les conditions demandées étaient celles que j’ai rappelées, l’actionnaire a claqué la porte : vous vous en souvenez. Ensuite, un autre projet est venu, défendu par la direction dépendant de l’actionnaire actuel. Ce projet vient d’être retiré.”
“Vaut-il mieux susciter 2,5 milliards d’euros d’investissements privés dans l’acier français ou demander aux Français de signer un chèque de 6 milliards à la famille Mittal ? Qui se révéleraient être les vrais amis de M. Mittal si l’on nationalisait l’entreprise ? Je suis ici pour parler aux 14 700 salariés d’ArcelorMittal en France.”
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“En conclusion, sauver une entreprise, ce n’est pas la mettre sous perfusion, mais lui permettre d’avoir un avenir. Nous le construirons par une stratégie européenne solide,…”
“Je le dis avec le plus grand respect pour votre rôle, sachant que le débat budgétaire en cours est difficile : une partie de l’avenir de notre industrie se joue dans ce budget. Chacun sait ici que la compétitivité industrielle ne se décrète pas : elle se construit, ligne après ligne, dans des décisions parfois techniques, mais toujours essentielles.”
“L’autre clé est la compétitivité de notre acier. Chaque euro qui reste dans l’appareil productif plutôt que de partir dans des impôts supplémentaires permet d’acheter une machine, de former un salarié ou d’accélérer l’innovation. Le gouvernement défend donc une trajectoire de modération fiscale vis-à-vis de nos forces productives. La réduction de la CVAE, la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises, et le prolongement du C3IV – crédit d’impôt au titre des investissements en faveur de l’industrie verte – vont dans le bon sens. Il s’agit de laisser aux entreprises industrielles les marges dont elles ont besoin pour investir. Si nous voulons plus d’usines, d’emplois industriels et de production sur notre sol, nous ne devons pas alourdir la charge qui pèse sur nos sites.”
“C’est un signal important. Cela montre que notre position progresse, qu’elle est désormais partagée, et que nous pouvons espérer des avancées concrètes dans les prochains mois.”
“Nous ne sommes pas seuls dans ce travail. Au Parlement européen, plusieurs groupes se prononcent désormais clairement en faveur de véritables mesures de préférence européenne.”
“Je me suis donc rendu à Bruxelles la semaine dernière et je m’y rendrai de nouveau dans quelques jours : c’est là que se joue la bataille industrielle et que nous défendons la taxe carbone aux frontières, une protection commerciale ferme et une véritable préférence européenne. Dans cette guerre économique mondiale, la protection de l’acier français se joue à Bruxelles et non dans un décret de nationalisation. Et la France se bat avec détermination pour défendre ses industriels et ses emplois.”
“Sans protection commerciale solide et sans instruments qui favorisent clairement la production européenne, aucune aciérie ne peut résister à un tel tsunami. La France a bataillé pour que l’Union européenne adopte un plan d’urgence sur l’acier, qui a d’ailleurs été présenté à Dunkerque par le commissaire Séjourné. Il repose sur une clause de sauvegarde, c’est-à-dire des quotas d’importations : au-delà d’un seuil de 13 %, des droits de douane de 50 % seront imposés sur les importations d’acier étranger. Nous avons gagné sur le principe ; cette première victoire est essentielle. La bataille continue : la France se bat pour que ces mesures soient pleinement opérationnelles dès 2026. Le débat a lieu actuellement au Parlement européen.”
“Il circule actuellement sur le marché mondial près de cinq fois plus d’acier que ce que l’Union européenne consomme. Cela signifie qu’à tout moment, de l’acier asiatique peut inonder notre marché à prix cassés et étouffer notre production.”
“Si nous voulons réellement protéger les salariés d’ArcelorMittal, nous devons répondre aux problèmes structurels par des solutions structurelles. Pour que notre sidérurgie ait un avenir durable, il faut d’abord que l’Europe protège son marché. C’est la première clé.”
“Autrement dit, votre texte ne pourrait pas produire les effets qu’il annonce.”
“L’État essaie de se désengager mais ne trouve pas de repreneur. Il faut tirer des leçons de ces expériences, sans naïveté. Rappelons aussi un point juridique : si le Conseil constitutionnel était saisi, il constaterait très probablement que l’article 40 de la Constitution interdit qu’une proposition de loi crée une charge supplémentaire pour l’État.”
“En Italie, llva absorbe depuis des années des milliards d’euros d’argent public, sans connaître une trajectoire de redressement crédible.”
“Il servirait à payer la coque, alors même que ce sont les moteurs qu’il faut changer. On ne fait rien de grand sans accepter les réalités. Or la réalité, c’est que cette proposition détournerait l’argent public au moment même où notre pays doit investir dans l’avenir. Dans notre situation budgétaire, ce ne serait ni soutenable, ni efficace. Les exemples étrangers doivent nous éclairer. Au Royaume-Uni, British Steel coûte plus de 700 000 livres par jour au contribuable.”
“L’argent public dont nous parlons ne serait pas investi pour transformer, mais pour acquérir.”
“…de la moitié de celui de la gendarmerie nationale ou d’un tiers du budget du handicap. (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.) En outre, l’État devrait rapidement financer les lourds investissements du groupe en matière de décarbonation, soit 5 à 6 milliards d’euros, loin des 3 milliards évoqués par Mme la rapporteure. Les lois de la métallurgie, des marchés mondiaux et de la physique industrielle ne se nationalisent pas. Il ne s’agit pas de savoir à qui appartient l’outil, mais qui peut investir assez, vite, loin et longtemps.”
“Ces chiffres sont plausibles au vu du poids d’ArcelorMittal France dans le groupe. Cette somme – 5 milliards, pour arrondir – est l’équivalent du budget de l’administration pénitentiaire,…”
“Les pertes – plusieurs centaines de millions d’euros par an – deviendront en revanche celles de l’État et, avec lui, celles du contribuable. Une étude de l’Institut La Boétie, qu’on ne peut soupçonner de proximité avec ce gouvernement, a évalué cette acquisition entre 1,4 milliard – estimation très basse – et 6 milliards d’euros.”
“Le four électrique de Dunkerque représente 1,2 milliard d’euros, la nouvelle unité de production de tôle pour véhicules électriques sur le site de Mardyck, 300 millions. Pour que ces investissements se concrétisent, nous devons nous attaquer, avec lucidité, au cœur du problème. Les difficultés de l’entreprise ne viennent ni d’un manque d’action publique – on entend parfois même dire que l’État en ferait trop – ni de sa structure actionnariale. Elles ont trois causes que chacun connaît ici : une demande européenne insuffisante, une concurrence mondiale déloyale et un coût de production plus élevé en Europe que chez nos concurrents. Aucun changement d’actionnariat ne fera disparaître ces défis comme par magie.”
“Nationaliser la seule partie française reviendrait à la séparer de ce réseau et nous ferait courir le risque de nationaliser des pertes. Cet ensemble intégré rompu, ArcelorMittal France devrait reconstituer ses fonctions support, ses capacités d’investissement, sa recherche et sa force commerciale. Dans un marché mondial où la Chine, l’Inde, la Turquie et les États-Unis investissent massivement, une entreprise sidérurgique uniquement française, isolée, vendrait son acier plus cher, serait moins rentable, perdrait des parts de marché et se verrait contrainte de réduire ses capacités. La nationalisation, en d’autres termes, fragiliserait l’emploi au lieu de le protéger. ArcelorMittal veut rester en France et y poursuivre ses investissements.”
“Ils fonctionnent dans un réseau mondial intégré, avec ses flux, ses clients internes – beaucoup des clients d’ArcelorMittal France appartiennent au groupe – et ses fournisseurs en amont.”
“La nationalisation n’est pas un tabou. Elle n’a jamais été non plus l’apanage d’un seul parti politique : nous y avons eu recours pour EDF, pour les supercalculateurs d’Atos ou pour les câbles sous-marins d’Alcatel. À chaque fois, nous avons voulu protéger ainsi des infrastructures critiques. Si l’acier français est lui aussi un actif stratégique, dans le cas d’ArcelorMittal toutefois, la nationalisation n’est pas une réponse appropriée. Nous ne ferions que déplacer le problème sans y apporter de solution durable. Nous avons face à nous un groupe mondial ; un groupe solide, dont les sites européens sont confrontés à des difficultés bien connues et sur lesquelles je reviendrai dans un instant. Votre proposition de loi, de plus, semble négliger le fait que les sites français d’ArcelorMittal ne sont pas des sites indépendants.”
“Comme j’ai eu l’occasion de le dire il y a quelques semaines au Sénat, le gouvernement s’oppose à la nationalisation d’ArcelorMittal France. Nous ne nous y opposons pas par réflexe ou par dogmatisme (« Mais si ! » sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP) , mais par pragmatisme.”
“Partout, il y a de l’acier français : dans nos ponts, dans nos rails, dans nos usines, dans nos armées. Pour des femmes et des hommes de nos territoires, cette filière n’est pas une abstraction mais une réalité quotidienne. Je partage pleinement votre constat : la sidérurgie européenne et, plus gravement, la filière historique des hauts-fourneaux traversent des difficultés profondes. Vous le savez néanmoins fort bien : je n’approuve pas le moyen par lequel ce texte prétend y remédier.”
“Permettez-moi, au risque de vous surprendre, de commencer par vous remercier, madame la rapporteure Aurélie Trouvé (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP) , pour les échanges que nous avons eus, sur un ton plus apaisé que d’ordinaire, avant l’examen de ce texte. Votre démarche est guidée par la légitime préoccupation de la protection de nos salariés, de nos sites, de nos territoires et, plus largement, de notre industrie. Je comprends l’inquiétude qui vous anime. Je la comprends d’autant mieux que je viens d’un territoire qui, par le passé, a dû affronter des difficultés industrielles. Je sais ce que peuvent ressentir les ouvriers et les salariés qui craignent pour leur avenir. Nous devons entendre ces inquiétudes légitimes. La sidérurgie n’est pas une industrie comme les autres.”
“Le 7 octobre 2025, la région académique – les services de l’État – et le conseil régional Auvergne-Rhône-Alpes ont émis conjointement un avis favorable sur ce projet d’ouverture. Il sera donc inscrit à l’ordre du jour de la commission permanente du conseil régional du 19 décembre prochain et sa mise en œuvre est envisagée pour la rentrée 2026. La filière fera l’objet d’un projet pédagogique adapté, articulant le BTS métiers de l’eau, qui existe déjà dans l’établissement, et ce baccalauréat professionnel. Ce projet vient soutenir et enrichir l’offre de formation dans les territoires ruraux, plus particulièrement dans votre département du Cantal. Il est indispensable de conforter les outils de formation lorsque des filières existent dans les territoires. L’État soutiendra donc le projet.”
“Vous me demandez si le gouvernement soutiendra l’ouverture d’une nouvelle formation dédiée aux métiers de l’eau au lycée de Mauriac. La réponse est oui. (M. Louis Boyard applaudit.) La région académique Auvergne-Rhône-Alpes a en effet été fortement sollicitée pour l’ouverture de ce baccalauréat professionnel, qui a reçu le soutien de la préfecture du Cantal. Cette offre de formation répondrait aux besoins croissants des entreprises locales et nationales des métiers du cosmétique, de la pharmaceutique, de l’industrie ou encore du lithium. Les concertations menées sur le territoire ont mis en évidence l’existence d’importants besoins, liés à la présence de son partenaire Suez.”
“Si des cas particuliers de ce type existent, je vous invite à vous rapprocher de mon cabinet ou de celui du ministère directement concerné pour que nous puissions les examiner.”
“Sachez que le gouvernement reste pleinement mobilisé pour renforcer l’effectivité de ces droits et faire de la fonction publique un employeur exemplaire en matière d’inclusion et de non-discrimination.”
“Les réformes de 2019 et 2020 ainsi que le plan Santé au travail dans la fonction publique ont renforcé le reclassement et le maintien dans l’emploi. La DGAFP – direction générale de l’administration et de la fonction publique – met à disposition un guide détaillant ces règles. Lorsqu’un agent est reconnu inapte, l’administration doit rechercher un poste compatible, la disponibilité d’office ou la retraite pour invalidité n’intervenant qu’en dernier recours. Le référent handicap, dont le rôle a été renforcé, assure l’accompagnement individualisé des agents. En cas de difficulté, plusieurs voies de recours restent ouvertes : recours administratif, instances contentieuses, Défenseur des droits. Ces garanties font l’objet de rappels réguliers, notamment dans un numéro de « la boussole du manager » publié en 2025.”
“Merci pour votre question. Ce sujet doit être traité sans la moindre ambiguïté : nous devons tout faire pour mieux intégrer les travailleurs en situation de handicap dans la fonction publique. La loi du 11 février 2005 reste le fondement de la politique du handicap. Sa mise en œuvre s’appuie sur une coordination nationale pilotée par le comité interministériel du handicap (CIH), lui-même présidé chaque année par le premier ministre. Cette mobilisation a produit des résultats : dans la fonction publique, le taux d’emploi des travailleurs handicapés a progressé de 60 % – il est passé de 3,73 % en 2005 à 5,93 % en 2024. Les employeurs publics sont tenus d’installer les aménagements nécessaires et ne peuvent refuser que si la charge s’avère disproportionnée.”
“L’objectif apparaît donc clairement, tant sur le fond qu’en matière de méthode et de calendrier : la stratégie devra être transmise fin mars 2026 à la Commission européenne.”
“Cette stratégie sera ensuite approuvée en plénière du Conseil supérieur. En réponse aux acteurs qui demandaient plus de temps, le ministre a accepté de décaler le calendrier. La transmission de cette stratégie à la Commission européenne est désormais prévue pour fin mars 2026 au lieu de fin 2025. Elle est attendue par l’ensemble des acteurs de l’ESS qui se sont engagés dans la phase de consultation. Plus de soixante entretiens ont été réalisés, dix-huit ateliers ont été organisés en région, 2 000 citoyens ont participé à la consultation sur la plateforme Agora et plusieurs réunions techniques ont eu lieu avec les acteurs et les financeurs concernés. La stratégie nationale intégrera des indicateurs précis, des objectifs ambitieux et des actions concrètes afin de fixer le cap à suivre pour la France en matière de développement de l’ESS.”
“Vous avez rappelé l’importance de la stratégie nationale de l’économie sociale et solidaire pour la structuration et la visibilité d’un secteur que vous connaissez particulièrement bien. Le gouvernement en est convaincu et dès son entrée en fonction, le ministre Serge Papin a échangé avec les représentants de l’ESS à l’occasion du Forum mondial de l’ESS, qui a eu lieu fin octobre, ainsi qu’avec les membres du bureau du Conseil supérieur de l’ESS le 19 novembre. Son objectif est clair : poursuivre le travail qui a été lancé par la ministre Véronique Louwagie et finaliser cette stratégie nationale en concertation avec les acteurs de l’ESS. Pour ce faire, Serge Papin a lancé un groupe de travail spécifique au sein du Conseil supérieur de l’ESS et mène des échanges interministériels sur le sujet.”
“Le gouvernement agit en ce sens via France 2030 : plus de quatre-vingt-dix projets ont déjà été financés, ce qui représente 1,1 milliard d’investissements, et trente-deux nouveaux projets ont été annoncés lors du Salon international de l’agriculture (SIA) 2025. L’année 2025 a aussi vu le lancement du fonds Industries agroalimentaires (I2A), d’une taille cible de 500 millions d’euros dont 200 millions investis par l’État, ce qui permet d’accompagner les entreprises agroalimentaires françaises dans leurs projets de modernisation et de transition écologique. Vous le voyez, l’État est mobilisé. Merci à vous, monsieur le député, ainsi qu’aux élus locaux, de l’être également sur le terrain.”
“Ces mesures devront être formalisées dans un accord de PSE – plan de sauvegarde de l’emploi – ou dans un document unilatéral, puis homologuées par les services de l’État, en l’occurrence la Dreets – direction régionale de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités –, entre fin décembre 2025 et début janvier 2026. La recherche d’un repreneur se poursuit et plusieurs industriels se sont manifestés, ce qui est une bonne nouvelle. Plus largement, l’industrie agroalimentaire connaît des difficultés. Le plan de soutien de 2023 a protégé le secteur pendant la crise énergétique, mais seul un accompagnement plus durable, en fonds propres, permettra de moderniser l’outil industriel et de réussir la transition écologique.”
“Déjà sauvée en 2011, l’entreprise fait face aux mêmes défis que l’ensemble du secteur : hausse du coût du peuplier, évolution des usages, perte de compétitivité. La part du bois dans le marché des emballages s’est fortement contractée, passant de 70 % à 20 % au profit du carton, plus recyclable. Depuis l’annonce, le 30 septembre dernier, d’une cessation d’activité pour avril 2026 et du licenciement de 104 salariés, les services de l’État se mobilisent – je vous assure que cette question fait l’objet d’un suivi régulier – pour garantir un dialogue social de qualité, rechercher un repreneur et préparer la revitalisation du territoire. Lactalis s’est engagé – vous l’avez souligné – à proposer de nombreux reclassements internes ainsi que des mesures de reclassement externe.”
“À question directe, réponse directe : je vous recevrai, monsieur le député, et je le ferai bien volontiers à chaque fois que des parlementaires ou des élus locaux souhaiteront appeler mon attention directement sur un dossier. Vous avez parlé d’indifférence, mais vous connaissez mon histoire, celle d’un élu local qui a subi les échecs de la désindustrialisation et qui a su rebondir. J’éprouve tout sauf de l’indifférence lorsqu’on vient me parler d’un sujet lié à la désindustrialisation ou à la réindustrialisation et, comme vous, j’ai une pensée pour les salariés de la Cibem et pour les habitants de Saint-Pierre-en-Auge, dont l’un des fleurons est menacé. Sa fermeture annoncée représente en effet une perte symbolique majeure.”
“La Guyane dispose d’un potentiel sur lequel nous devons continuer d’investir. Il faut par exemple insister sur la jeunesse de sa population – plutôt que sur la pression démographique –, sur ses importantes ressources naturelles et sur son positionnement notable dans le développement des énergies renouvelables. Le gouvernement soutient aussi le renforcement de l’intégration régionale de la Guyane par son adhésion à la Communauté des Caraïbes (Caricom) conformément aux mesures validées lors du comité interministériel des outre-mer (Ciom) de 2023. Enfin, en 2024-2025, l’État a engagé pour la Guyane un effort de 6,6 milliards d’euros – parmi lesquels 210 millions pour la cohésion des territoires, 62 millions pour les transports et 800 millions pour l’enseignement scolaire – voué à se poursuivre.”
“Comme vous, je crois que c’est en associant les forces vives des élus locaux, des chefs d’entreprise et de l’État que nous donnerons des perspectives à la Guyane. Les difficultés que vous soulignez sont réelles, mais je rappelle tout de même que le PIB de la Guyane a augmenté de 27 % entre 2014 et 2024, que l’emploi salarié progresse, que la création d’entreprises a augmenté de 6 % en 2024 et que les crédits aux entreprises augmentent de 7 %. La Guyane reste toutefois, comme vous le rappelez, la deuxième région la plus pauvre de France, avec un taux d’emploi durablement trop faible, une dépendance aux importations et une faiblesse du secteur industriel – même si certains territoires, avec lesquels j’ai eu l’occasion d’échanger récemment, se sont engagés dans le programme Territoires d’industrie.”
“Monsieur le député, j’associe à ma réponse Mme Naïma Moutchou, ministre des outre-mer et M. Roland Lescure, ministre de l’économie et des finances. Nous sommes pleinement conscients des enjeux de l’économie guyanaise, qui sont d’ailleurs liés aux réflexions institutionnelles en cours, et nous souhaitons les travailler avec vous – j’y insiste. Je me suis rendu en Guyane en 2022 en tant que président d’Intercommunalités de France et j’ai travaillé avec les quatre intercommunalités locales – la communauté d’agglomération Centre Littoral, la communauté de communes de l’Est guyanais, celle de l’Ouest guyanais et celle des Savanes – compétentes et actives sur les sujets de développement.”
“Nous savons que pour accélérer l’électrification des usages et la transition énergétique, indispensables pour réduire notre consommation d’énergies fossiles et atteindre notre souveraineté énergétique, le développement du réseau électrique et les nouveaux raccordements sont cruciaux ; or Enedis en est l’acteur principal. Monsieur le député, j’ai bien entendu votre message et nous rappellerons à Enedis sa responsabilité. Ces retards dans les raccordements sont aussi la conséquence d’une politique en train de porter ses fruits : gageons qu’avec un peu de patience et beaucoup de bonne volonté collective, ces raccordements seront menés à bien.”
“Je regrette qu’à cause du nombre de nouveaux projets, le délai usuel de douze mois pour le raccordement ne soit, hélas, pas respecté, et je comprends les difficultés que ces retards engendrent pour les agriculteurs porteurs de projet. Or, malgré les dysfonctionnements sur lesquels vous attirez l’attention du gouvernement, je sais aussi qu’Enedis, qui exerce une mission de service public, est mobilisée pour raccorder au plus vite les nouveaux producteurs et consommateurs ; pour ce faire, elle investit massivement en cette phase d’accélération de l’électrification. Vous me demandez quel est le rôle de l’État. Je tiens à vous rassurer : en sa qualité d’actionnaire indirect d’Enedis, l’État est attentif au suivi des délais de raccordement et à la performance de l’entreprise.”
“Monsieur le député, vous m’interrogez avec énergie et détermination sur les délais de raccordement d’Enedis pour les projets photovoltaïques agricoles, une question très importante dans votre département des Pyrénées-Atlantiques. Enedis dispose effectivement de la compétence pour le raccordement électrique des nouveaux projets d’énergies renouvelables lorsque ceux-ci ne sont pas sur le territoire des entreprises locales de distribution. Il faut d’abord noter que ces retards sont dus au nombre important de nouveaux projets photovoltaïques, en très nette augmentation ces dernières années grâce aux politiques du gouvernement pour encourager la production de ce type d’électricité. Nous pouvons nous en réjouir : cela signifie que la transition énergétique est en marche.”
“Après avoir reconnu ce matériau comme stratégique et fixé un objectif de 40 % de production européenne, il serait paradoxal que l’Europe accepte de la voir tomber à 15 %, contre 38 % autrefois – ce dernier chiffre montre que l’objectif est atteignable et qu’il faut nous mobiliser. Ensemble, parlementaires, élus locaux, membres du gouvernement et entreprises, nous allons faire le travail nécessaire auprès de la Commission.”
“Concernant le silicium, nous allons engager aux côtés de l’entreprise le même combat que celui que nous avons gagné – à quelques voix près – concernant les ferro-alliages. Dès demain se tiendra d’ailleurs au ministère une réunion, à laquelle vous participerez comme toutes les parties prenantes. Nous allons engager ce combat difficile, car, à l’avenir, un manque de silicium nous poserait des problèmes pour produire des batteries, des drones ou du silicone. Croyez bien, madame la députée, que la détermination du gouvernement est totale et que nous allons faire preuve de la même force de conviction que celle qui nous a permis de gagner sur les ferro-alliages pour emporter le combat sur le silicium.”
“Je vous remercie pour votre question, madame la députée, et je salue votre engagement dans le dossier Ferroglobe, en faveur de la production de silicium, dont vous avez souligné l’importance stratégique pour notre pays. Vendredi dernier, j’étais en Savoie sur le site de Montricher, l’un des trois sites, avec Les Clavaux et Anglefort, qui sont à l’arrêt, victimes d’une concurrence déloyale. Il s’agit d’un véritable dumping : du silicium arrive de Chine, où il est produit à 1 500 euros la tonne, contre 2 300 euros ici. Dans ces conditions, l’entreprise a préféré suspendre sa production plutôt que de continuer à vendre à perte. Comme vous l’avez rappelé, nous avons accompli la moitié du chemin, puisque nous avons obtenu des mesures de sauvegarde sur les ferro-alliages, qui représentent environ 50 % de la production de Ferroglobe.”
“Soyez assuré que Roland Lescure et moi-même restons pleinement mobilisés pour veiller au respect des engagements pris et pour garantir la préservation des compétences et des emplois français dans cette filière stratégique.”
“Cela garantit que les compétences essentielles et la maîtrise technique du moteur restent en France – ce que vous soulignez. Les deux transferts industriels avancent comme prévu. À Vernon, l’usinage des pièces de turbopompes à oxygène liquide est déjà lancé et l’assemblage des premières turbopompes produites en France débutera en 2026. De son côté, l’Allemagne engagera l’assemblage des premiers moteurs Vinci à Lampoldshausen en 2027, conformément au calendrier d’installation du nouveau site. Par ailleurs, Vernon verra son activité renforcée grâce à l’intégration des futurs moteurs Prometheus et des lanceurs Maia, ce qui consolidera durablement son rôle central dans la propulsion spatiale européenne – tel était, je crois, le sens de votre question.”
“Merci de votre question, monsieur le député. Elle va me permettre de rappeler la façon dont les choses se passent aujourd’hui et l’importance décisive du site de Vernon dans la stratégie européenne et française d’ensemble. Le transfert de l’activité d’assemblage, d’intégration et de test du moteur Vinci vers l’Allemagne découle du principe de retour géographique de l’ESA – vous l’avez d’ailleurs signalé. Ce mouvement avait été acté dans l’accord de 2016 entre la France, l’Allemagne, l’Italie et l’ESA, puis confirmé par l’addenda du 18 décembre 2024, qui prévoit en contrepartie le transfert vers la France de la production des turbopompes oxygène, aujourd’hui réalisées en Italie. Conformément aux accords passés entre les industriels et le DLR, ArianeGroup SAS reste l’autorité de conception et d’ingénierie système du moteur Vinci.”
“…auraient mieux fait de ne pas s’associer pour faire peser sur nos entreprises 34 milliards d’impôts supplémentaires ! (Applaudissements sur les bancs du groupe DR ainsi que sur quelques bancs du groupe EPR. – Exclamations sur les bancs des groupes RN et UDR.) Lorsque je les entends parler d’énergie, je me souviens – n’est-ce pas, cher Roland Lescure ? – qu’en 2017, Mme Le Pen déclarait que le nucléaire était une énergie dangereuse. Lorsqu’il s’agit de défendre l’industrie française et européenne, la constance se trouve sur nos bancs, certainement pas aux extrêmes ! (Applaudissements sur les bancs des groupes EPR et DR.)”