Agnès Pannier-Runacher
EPR · France
“Il se fonde sur l’article 113, alinéa 2 et rejoint ce qui a été exprimé sur beaucoup de ces bancs. Je ne prononcerai pas des mots aussi durs que ceux qui ont été prononcés à l’encontre du texte que nous discutons. Cependant, je constate plusieurs choses, madame la ministre.”
“Dans les deux cas, la démocratie y gagnera. Si le gouvernement souhaite vraiment que nous débattions, pourquoi agir ainsi ? Je n’ai toujours pas obtenu de réponse et je suis dans l’incompréhension la plus totale… (M. le président coupe le micro de l’oratrice.”
“La position que je vais défendre différera peut-être un peu de celle de mon groupe. Le rétablissement de l’article 4 me gêne un peu (Applaudissements sur les bancs des groupes LFI-NFP et EcoS. – MM.”
“Peut-être pouvons-nous nous rallier aux sous-amendement n o s 1069 et identique afin de corriger ce défaut, en sus du sous-amendement n o 1067, sur lequel le rapporteur Vincent Caure a donné un avis favorable et de l’amendement n o 889, dans lequel je remercie le gouvernement d’avoir esquissé un premier chemin de compromis en s’écartant d…”
“Oui, il faut rénover écoles, hôpitaux, maisons de retraite et logements, et climatiser là où il en est besoin – mais allez-vous climatiser les forêts, les champs, les câbles électriques pour faire face au dérèglement climatique ?”
“En somme, vous nous reprochez de ne pas aller assez vite, alors que ces huit dernières années, vous avez employé votre énergie à mettre systématiquement des bâtons dans les roues de l’action publique. Je dois cependant reconnaître que vous, au moins, vous ne doutez pas de l’urgence climatique.”
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“En outre, cette zone est la seule du territoire présentant une telle densité de population qui soit dépourvue d’autoroute. Les habitants ont peut-être eu tort de ne pas plaider plus tôt en sa faveur, à la différence des Bretons, des habitants des Hauts-de-France, du Grand Est, de Bourgogne-Franche-Comté ou de Provence-Alpes-Côte d’Azur, par exemple, qui ont construit leur autoroute – lesquelles ne sont pas considérées comme des injures à l’écologie. Quoi qu’il en soit, il faut savoir raison garder au sujet de l’A69, dont le niveau de compensation est sans égal par rapport aux autres autoroutes construites par le passé.”
“En ce qui concerne l’A69, je vous invite à consulter le dossier de compensation. On a le sentiment que ce projet viserait uniquement à artificialiser les sols sans qu’aucune compensation ne soit prévue, or les compensations feront plus que corriger l’artificialisation : il y aura par exemple deux fois plus d’hectares restaurés en zone humide que d’hectares affectés par le projet.”
“Des pays que nous considérons comme en retard, ou en développement, en particulier dans le domaine de l’écologie, déposent des brevets en nombre impressionnant – je pense notamment à la Chine, qui occupe les premières places du classement, et à d’autres qui investissent massivement dans l’écologie parce qu’ils ont compris que le combat écologique est aussi économique, que l’écologie est au service de l’emploi, de la souveraineté et de l’indépendance.”
“Je ne peux donc pas laisser passer de tels propos. En ce qui concerne la politique scientifique de la France, nos gouvernements successifs ont défendu un projet de loi de programmation pluriannuelle de la recherche pour les années 2021 à 2030, qui a permis d’allouer des crédits à des programmes qui n’en avaient plus depuis des années, puisqu’ils en avaient été privés, notamment sous le quinquennat précédant 2017. Ce texte a également permis de revaloriser les jeunes chercheurs, que la France ne traite pas aussi bien que d’autres pays. Cette treizième place que vous évoquez nous invite aussi peut-être à faire preuve de moins d’arrogance. D’autres pays progressent en ce moment.”
“Le leasing social n’existait pas auparavant ; il n’avait pas été pensé par les gouvernements précédents. Il a été créé sous l’égide du président de la République, et il fonctionne manifestement très bien, puisque 50 000 véhicules réservés ont été distribués en quelques semaines – le budget ne suffit pas, il faut aussi disposer des véhicules. Ce dispositif sera relancé en septembre, de sorte que les Français aient accès à un véhicule électrique pour 100 euros par mois. Les C2E sont soutenus par les scientifiques et les experts économiques parce qu’ils constituent l’un des leviers de la transformation écologique. Ce type de financement permet d’accompagner ceux qui n’ont pas les moyens d’acheter un véhicule électrique, en mettant notamment à contribution ceux qui ont davantage.”
“Bref, il s’agirait de procurer davantage de garanties aux habitants désireux de franchir le pas, en les mettant en lien avec les artisans ou les PME du territoire les plus à mêmes de réaliser des travaux de bonne facture.”
“Ensuite, cela faciliterait leurs démarches, avec un accueil dédié permettant de disposer d’une vue d’ensemble sur les aides locales, les aides nationales et le reste à charge – c’est d’ailleurs tout l’objet des maisons France Rénov’, qui pourraient s’appuyer sur de tels partenariats avec les collectivités locales. Enfin, il serait plus facile d’identifier les prestataires des travaux sérieux, reconnus, ayant pignon sur rue : les habitants pourraient partager leurs avis, dans un sens ou dans l’autre, là où la plupart choisissent actuellement leurs prestataires après un démarchage téléphonique, lequel s’effectue dans les conditions que vous connaissez – vous avez d’ailleurs essayé de voter des textes pour empêcher cela, mais, malheureusement, les lois ne sont pas écrites pour ceux qui ne les respectent pas.”
“Je ne sais pas s’il faut décentraliser la rénovation thermique au moyen de la loi, en transférant l’intégralité de la compétence logement, mais je suis à peu près certaine que nous pouvons trouver les moyens de contractualiser le transfert des enveloppes allouées par l’État vers les collectivités locales qui seraient volontaires pour le faire. Ces dernières pourraient ensuite les abonder avec leurs propres fonds afin d’organiser le parcours de rénovation des habitants. Cette contractualisation aurait trois avantages. Tout d’abord, le lien de confiance plus grand qui unit les habitants à leur mairie ou à leur agglomération permettrait à ceux qui désireraient rénover leur logement de passer plus rapidement à l’acte après avoir demandé conseil.”
“Il est vrai que la filière noisette n’a pas de solution à l’heure actuelle, mais c’est bien la voie que je préconise, même si elle ne se traduit pas, à ce stade, dans le texte issu du Sénat examiné en CMP. Je précise néanmoins, sans que je sache s’il s’agit d’une victoire ou d’une défaite, que ce texte a fermé de nombreuses portes en limitant la réautorisation de l’acétamipride à des cas très particuliers.”
“Bien que l’acétamipride soit pulvérisée dans la terre et qu’il ne s’agisse pas de la boire, vous savez comme moi qu’une fois infiltrée dans les milieux, elle risque de se retrouver dans les eaux ; nous risquons donc de retrouver ses métabolites dans l’eau potable, bien que cette dernière soit traitée – nous y retrouvons bien aujourd’hui les métabolites de produits interdits il y a trente ans ! Ce type de pollutions peuvent durer dans le temps et compliquer l’accès à l’eau potable. Cette situation doit nous alerter, sans ignorer pour autant les efforts d’investissement consentis par le gouvernement pour trouver les solutions alternatives dont nos agriculteurs ont besoin.”
“Un quatrième est désormais interdit lorsqu’il est utilisé en dehors des serres – ce qui montre bien qu’il n’est pas anodin. Le cinquième est l’acétamipride. L’Agence européenne de sécurité des aliments (Efsa) a rendu l’année dernière un avis enjoignant de poursuivre les études afin de lever certaines interrogations relatives aux effets de cette substance sur les insectes pollinisateurs, et plus généralement sur les milieux, ainsi que sur la santé humaine, puisqu’il s’agit d’un neurotoxique emportant des conséquences sur le développement.”
“Je vous remercie de me donner ainsi l’occasion de le préciser : au cours de mon parcours ministériel, je n’ai jamais défendu la réintroduction des néonicotinoïdes. Du reste, j’ai adressé un démenti au journaliste qui avait relayé l’information contraire – son article rappelle que je dis ne pas soutenir les néonicotinoïdes – et les déclarations faites devant l’Assemblée nationale ou le Sénat dans le cadre de mes auditions régulières en tant que ministre déléguée à l’agriculture ou des deux autres portefeuilles auxquels j’ai eu l’honneur d’être nommée le confirment. En 2016, l’Assemblée nationale et le Sénat ont voté l’interdiction de cinq produits néonicotinoïdes ou assimilés. Depuis, trois de ces produits ont été interdits par la Commission européenne – nous étions donc plutôt en avance.”
“Je vous renvoie donc vers mes collègues pour compléter ma réponse. Quoi qu’il en soit, je défendrai le budget de l’écologie.”
“Tous les ministères devront, dans le contexte que vous connaissez, fournir des efforts budgétaires : nous devons éviter que le service de notre dette atteigne 100 milliards d’euros dans deux ou trois ans, ne serait-ce que pour privilégier une meilleure utilisation de l’argent public – les ministres pourraient consacrer cette somme à la réalisation de leurs politiques. Il faut aussi s’assurer que la transition écologique soit bien présente dans le choix des actions soutenues par le budget, mais également que tous les savoirs soient bien mis en lien. Par exemple, alors que le continuum terre-mer est bien connu, les scientifiques qui travaillent sur la qualité de l’eau et l’effondrement de la biodiversité à l’intérieur des terres n’agissent pas en lien avec ceux qui travaillent sur la qualité des eaux littorales.”
“Le succès de cette conférence n’est pas seulement diplomatique, mais est aussi celui de l’écologie et du multilatéralisme, à un moment géopolitique où tout le monde le jugeait impossible. Il faut donc reconnaître les avancées obtenues, notamment l’accord des Nations unies sur la haute mer, dit BBNJ, la reprise des négociations du traité international contre la pollution plastique dit traité plastique et les avancées de la lutte contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée, dite pêche INN. S’agissant du financement de la science, il appartiendra à mes collègues Philippe Baptiste et Élisabeth Borne de vous éclairer plus en détail.”
“Merci d’avoir rappelé l’action du président de la République avec l’action Choose Europe for science, lancée au niveau européen et menée par la France, et tout le travail de collecte de données scientifiques qui y est associé : il y va de la capacité des scientifiques à travailler sur certains sujets, comme le climat ou la protection de la biodiversité, mais également de la maintenance des bases de données scientifiques, absolument essentielles pour que des chercheurs, y compris étrangers, puissent mener à bien leurs travaux. Comme vous le savez, les premiers chercheurs sont arrivés à l’université d’Aix-Marseille la semaine dernière. Merci aussi d’avoir mentionné l’appel de Nice et les progrès de l’Unoc.”
“Il y va donc de la cohérence des positions défendues par certains groupes politiques, notamment le vôtre.”
“Imaginer que l’écologie, ce n’est que du sang, de la sueur et des larmes, c’est nourrir un discours qui, au contraire, affole et inquiète ceux qui nous écoutent. On devrait plutôt s’assurer que les décisions budgétaires soutiennent la transition des plus précaires et des plus vulnérables des solutions fossiles vers les solutions bas carbone. Les aides au changement de véhicule et l’accompagnement à la rénovation des logements y contribuent. En outre, nous devrions susciter des discussions plus construites. Ce n’est pas le cas à l’Assemblée, mais c’est le cas au Sénat, où le groupe Les Républicains a relevé que l’on taxait plus l’électricité bas-carbone produite en France que le gaz naturel importé, qui plus est depuis des pays qu’on ne peut pas qualifier d’alliés – la Russie, les pays du Moyen-Orient, voire les États-Unis.”
“Que le gouvernement fonde ses arbitrages sur des faits scientifiques, un certain nombre d’éléments en attestent : il prend en compte les études de Santé publique France (ANSP) et de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) et a exprimé une position très claire au moment où certains entendaient affaiblir ou mettre sous tutelle cette dernière instance scientifique. Je peux comprendre que des décisions politiques soient prises, mais la science ne peut pas se faire dicter la direction de ses avis – si c’était le cas, la science deviendrait un asservissement. Je m’inscris en faux vis-à-vis de vos propos sur la logique de rentabilité. Un grand nombre de solutions écologiques sont rentables et profitables.”
“J’ai ainsi obtenu de la Caisse des dépôts 2 milliards d’euros de prêts pour financer la rénovation thermique des écoles, le financement d’améliorations de la gestion des eaux et l’augmentation du budget des certificats d’énergie. J’espère être plus soutenue que l’an passé lors de la prochaine négociation du budget de la transition énergétique.”
“D’autres groupes politiques n’ont pas fait le choix de se remonter les manches et de participer au gouvernement : je trouve difficile d’entendre leurs représentants clamer qu’ils ont les mains propres, alors qu’en réalité, ils n’ont pas de mains ! Je préfère agir sur le terrain et obtenir des résultats. C’est ce que nous faisons. Quand nous doublons les aires marines protégées pour atteindre les objectifs fixés à l’initiative de la France par la conférence des Nations unies sur les océans, nous faisons bien plus que tous nos prédécesseurs réunis. Il appartient à chacun de défendre une planification écologique ambitieuse et d’aller chercher l’argent où il est, pour consacrer plus de moyens à la transition énergétique.”
“Nous suspendons le dispositif d’aide aux rénovations globales pendant l’été, c’est-à-dire pendant une période où les Français engagent rarement des travaux, mais nous le réactiverons dès le 15 septembre : les choses sont claires et il ne faut pas faire croire le contraire. J’ai clairement indiqué que je ne partageais pas certaines des positions défendues par des groupes politiques de l’Assemblée nationale. En responsabilité, certains d’entre eux ont fait le choix de participer au gouvernement, qui repose sur une coalition plus que sur une alliance : aussi ne faut-il pas supposer l’alignement des positions de toutes ses composantes.”
“Je veux d’abord vous rassurer, il n’est pas question de faire disparaître MaPrimeRénov’. La ministre du logement a d’ailleurs été très claire à ce sujet : les primes monogestes seront maintenues, tandis que les primes pour rénovation globale seront suspendues deux mois, seulement pendant les vacances d’été, le temps mettre les textes en conformité vis-à-vis de nos ambitions en matière de lutte contre la fraude. J’espère que vous ne nous encouragez pas à la nourrir ! Vous savez comme moi que les procédures de concertation visant à faire évoluer un dispositif tel que MaPrimeRénov’ sont menées dans une durée incompressible.”
“Pourtant, il s’est exprimé contre la suppression des ZFE, contre la réintroduction de l’acétamipride ou encore contre le moratoire sur les énergies renouvelables, pour ne citer que ces trois exemples. Par ailleurs, le gouvernement ne tient pas des propos contraires à la science en prétendant par exemple que l’énergie nucléaire serait contre le climat ; au contraire, le nucléaire est un levier indispensable pour diminuer nos émissions de gaz à effet de serre – les scientifiques le disent, notamment le Giec.”
“Je m’inscris en faux contre ce que vous avancez. La France insoumise n’est elle-même pas avare de votes contre des mesures écologiques : sur les ZFE, une question majeure d’écologie et de santé publique, vous n’étiez pas au rendez-vous il y a un mois. S’agissant des budgets, les faits sont têtus : le fonds Vert, c’est nous qui l’avons créé en 2023, et ses crédits sont en augmentation. Nous avons doublé le budget global consacré à l’écologie : dans ce domaine, le PLF pour 2025 prévoit une augmentation de 600 millions par rapport à l’année précédente. Il serait donc utile à ceux qui nous écoutent que vous citiez les bons chiffres et que vous ne masquiez pas la vérité. Vous critiquez l’action du gouvernement.”
“Si nous n’agissons pas maintenant, l’écart de compétitivité avec la Chine et les États-Unis ne fera que se creuser. La Chine a compris que la transition écologique était une opportunité économique. Elle ne subventionne pas massivement les véhicules électriques ou les panneaux solaires par philanthropie, mais par stratégie. L’Europe ne peut pas rester spectatrice. Soyons stratèges, refusons la voie du fatalisme, écoutons la science. Ce serait une erreur historique que de reléguer au second plan la transition écologique. Il ne s’agit pas seulement de l’urgence climatique, mais aussi, selon vos valeurs, d’une question de souveraineté, d’indépendance, de pouvoir d’achat, et surtout de protection de nos concitoyens.”
“Nous avons un bilan : une baisse de 20 % des émissions de gaz à effet de serre en sept ans, une baisse de 31 % de la pollution de l’air dans les plus grandes agglomérations, le doublement des moyens de l’écologie – avec la création du fonds Vert et l’augmentation du fonds Barnier, avec le bonus écologique ou le leasing social pour l’achat d’un véhicule électrique, avec les certificats d’économie d’énergie (C2E) et le soutien de la Caisse des dépôts –, une planification écologique solide – avec la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), qui est prête, le Pnacc, la stratégie nationale pour l’alimentation, la nutrition et le climat qui vient d’être adoptée à la quasi-unanimité par le Conseil national de la transition écologique (CNTE) ou encore la stratégie nationale bas-carbone qui sera présentée en septembre.”
“Que l’affirmation selon laquelle notre pays se réchauffe plus vite que la planète n’est qu’une vue de l’esprit ? C’est au contraire en me fondant sur la science que je défends un plan national d’adaptation au changement climatique (Pnacc) fondé sur un scénario de réchauffement à + 4 o C en 2100. Voilà la science, elle ne peut guère être contestée. Nous devons cependant rassurer les Français et leur montrer que nous avançons.”
“Il en a été ainsi de l’objectif zéro artificialisation nette, alors même que l’artificialisation est un facteur d’aggravation des catastrophes naturelles et qu’elle est à l’origine des îlots de chaleur dont nous subissons en ce moment les effets. Citons aussi le retour des néonicotinoïdes, la suppression des zones à faibles émissions, celle des conseils économiques, sociaux et environnementaux régionaux (Ceser) ou le moratoire sur les énergies renouvelables. Toutes ces décisions n’ont pas encore été définitivement confirmées, mais les débats qui ont conduit à les prendre témoignent de notre difficulté à combiner écologie et science ainsi qu’à agir. Ce sont autant de mesures qui exposent davantage les Français aux risques. Que dire à ceux qui subissent la canicule ? Qu’elle est le fruit de leur imagination ?”
“Je rends hommage à la détermination et au volontarisme des universités, dont l’action profite de l’élan donné par le président de la République. Je serai toujours à leurs côtés. Le masque du déni ou celui de l’indignation de posture sont les deux faces de l’extrémisme. Face au backlash écologique, qui ajoute de l’inquiétude à l’inquiétude, le gouvernement agit pour la science. Beaucoup me diront que ce n’est pas suffisant, d’autres, que c’est trop. Ces visions radicalement opposées de notre avenir, vous en êtes chaque jour les premiers témoins. Vous en êtes même plus que les témoins, puisqu’au Sénat comme à l’Assemblée nationale, les initiatives parlementaires visant à détricoter le code de l’environnement sont nombreuses, trop nombreuses.”
“C’est ce que je fais en doublant les aires marines protégées (AMP) françaises à la faveur de la conférence des Nations unies sur l’océan (Unoc), en faisant voter une proposition de loi équilibrée sur les substances per- ou polyfluoroalkylées (PFAS), en agissant au niveau européen et international pour faire reconnaître le nucléaire. Dans ces combats, il est essentiel de s’appuyer sur la science : celle qui est attaquée aux États-Unis et qui vient trouver refuge en France à la faveur de l’appel du président de la République ; celle qui est menacée sur les réseaux sociaux et qui reçoit des menaces de mort quand elle nomme les problèmes ; surtout, celle qui cherche à réellement protéger notre avenir, pas à s’indigner en invoquant des données incomplètes ou fausses, comme malheureusement je le vois parfois.”
“Pourtant, une voiture électrique coûte bien moins cher à l’entretien qu’une voiture thermique. Pourtant, le coût de production des éoliennes marines installées en France est inférieur à 50 euros du mégawattheure – c’est moins que le nucléaire historique et le nouveau nucléaire. Mais qui le dit ? Dès lors que des solutions existent, il est essentiel de bâtir une écologie populaire qui protège les Françaises et les Français, que ce soit contre la canicule, comme aujourd’hui, ou contre les inondations, les incendies ou les pluies torrentielles demain. Cela exige de prendre des décisions fondées sur la science et de ne jamais céder à la posture et à l’émotion.”
“En ce qui concerne les émissions de gaz à effet de serre, le Conseil d’État a rappelé qu’avec une baisse de 20 % en sept ans, les gouvernements successifs du président de la République ont fait bien mieux que leurs prédécesseurs en vingt-sept ans. Nous avons ainsi rattrapé le retard qu’ils avaient pris. Les solutions existent, mais elles dérangent. Sortir des énergies fossiles, c’est sortir du gaz et du pétrole pour utiliser plus d’électricité. Cela dérange des pays, des entreprises et manifestement des partis politiques. On me répondra que la transition coûte cher et que ce sont les plus vulnérables qui payent. Pourtant, quand on rénove thermiquement un logement, la facture baisse massivement. Dans le bassin minier où j’habite, le programme que nous avons engagé a permis une baisse de 40 % des factures.”
“Dans un rapport publié en 2021, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) nous alertait sur le fait que le changement climatique constitue la plus grande menace sanitaire à laquelle l’humanité fait face. Par conséquent, une inquiétude forte s’installe dans la population : 74 % des Français se sentent exposés et vulnérables à une dégradation de leur qualité de vie en raison du changement climatique, et ils ne sont que 30 % à penser que l’avenir est encore entre nos mains, que nous avons toujours la possibilité de limiter le dérèglement climatique et de réduire les pollutions. Pourtant, les solutions existent, que ce soit pour amortir le choc du dérèglement climatique, limiter l’impact de la pollution ou éviter l’effondrement de la biodiversité.”
“Certains opposent économie et écologie, alors que 80 % des emplois en France dépendent d’une nature préservée – statistique calculée non pas par une ONG militante, mais par la direction générale du Trésor. Quand bien même les États-Unis se sont retirés de l’accord de Paris, ils continuent d’investir massivement dans les filières vertes, car elles font partie des secteurs les plus porteurs en matière de croissance économique et de compétitivité. Il en va de même pour la Chine, qui l’a bien compris. En France, les industries vertes croissent deux fois plus vite et créent deux fois plus d’emplois que les autres filières. Parallèlement, les risques liés au changement climatique atteignent une intensité sans précédent – il n’est pas besoin de subir une canicule pour s’en rendre compte.”
“Je vous remercie de m’accueillir afin de débattre de la remise en cause du droit de l’environnement et de la parole scientifique. Cela me donne l’occasion de revenir sur un certain nombre de choses inacceptables qui se déroulent depuis quelques mois, si ce n’est années, dans le monde entier – y compris en France. Il y a des vents contraires. Oui, les dernières semaines ont été difficiles pour l’écologie. Les guerres qui se déclarent partout dans le monde éclipsent, dans les médias et dans l’opinion publique, les chantiers de fond que nous menons. Les leaders de certains pays préfèrent s’illustrer sur le théâtre des opérations militaires plutôt que sur celui du progrès des nations, notamment écologique.”
“…j’échangeais tout à l’heure encore avec Willy Schraen, qui veille à protéger nos chasseurs, pour arriver à concilier transition écologique et chasse.”
“Nous proposons une ligne simple : réduire les prélèvements pour les espèces en déclin en France ou en Europe, les augmenter là où les populations progressent, réserver les moratoires aux espèces les plus menacées. C’est dans cet esprit que nous continuons de discuter avec les représentants des chasseurs dans le but de trouver un juste équilibre :…”
“Lorsque l’état de conservation d’une espèce est mauvais, sa chasse est restreinte ; lorsqu’il est bon, nous nous autorisons à rétablir ou renforcer cette chasse. Il s’agit évidemment de protéger la biodiversité, mais aussi de garantir que, demain, nos chasseurs pourront continuer de chasser. Les scientifiques mandatés par l’Union européenne ont relevé le déclin de neuf espèces de gibier d’eau, et les recommandations de la Commission européenne sont claires : moratoire ou baisse de 50 % des prélèvements. J’ai demandé à la Commission, comprenant qu’il existait sur ce point un malentendu, de m’indiquer si ces mesures devaient s’appliquer immédiatement ; elle me l’a confirmé ce matin.”
“…de la manière dont nous avons coconstruit ces dernières semaines, avec les scientifiques et les organisations environnementales, nos décisions en matière de renforcement des aires marines protégées sur le sol et dans les eaux de France. Depuis mon arrivée au ministère, je n’ai pas ménagé mes efforts en vue de défendre nos chasseurs : je pense à la chasse à la palombe, que j’ai défendue très fortement et même officiellement, devant vous, devant la commissaire européenne Jessika Roswall, pour obtenir que puisse se poursuivre cette chasse traditionnelle, culturelle, d’une espèce en bon état de conservation. En effet, notre boussole, au fond, c’est cet état, évalué sur la base des études scientifiques disponibles.”
“Merci de me donner l’occasion de rappeler un certain nombre de vérités, de rassurer nos chasseurs, nos pêcheurs – ces derniers doivent être déjà tout à fait rassurés, puisqu’ils me remerciaient encore ce matin…”
“Les bonus écologiques, le leasing social, c’est encore nous. Plutôt que de rester les bras croisés, vous devriez plutôt vous battre avec nous ! (Applaudissements sur les bancs du groupe EPR ainsi que sur quelques bancs du groupe Dem.)”
“L’augmentation du fonds de prévention des risques naturels majeurs, dit fonds Barnier, c’est nous ; le fonds Vert, c’est nous ; le doublement du budget de l’écologie, c’est nous ; 1,2 milliard d’euros consacré à la rénovation thermique financée par MaPrimeRénov’, c’est nous ! (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe EPR.)”
“La planification écologique, avec ses différentes branches – stratégie nationale bas-carbone, programmation pluriannuelle de l’énergie, plan national d’adaptation au changement climatique –, c’est nous.”
“La baisse de 31 % de la pollution de l’air, c’est nous.”
“Vous demandez ce que nous faisons : la baisse de 20 % en sept ans des émissions de gaz à effet de serre, c’est nous. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe EPR.)”
“Loin de nous complaire dans cette triste litanie de « qu’est-ce qu’on pourrait faire ? pourquoi ça ne marche pas ? », nous agissons.”
“Nos pêcheurs ont eu des résultats sur le Brexit et sur la fermeture du golfe de Gascogne : ils en auront également à l’Unoc. (Exclamations sur les bancs du groupe RN.)”
“Vous avez l’air d’ignorer que les Néerlandais sont soumis aux mêmes règles drastiques que nous, celles du total admissible de captures et des quotas. C’est cette pêche régulée, que vous semblez combattre, qui permet de redresser les stocks de poissons et à nos pêcheurs – notamment les thoniers en mer Méditerranée – de gagner beaucoup mieux leur vie qu’il y a quinze ans. Sachez que je serai au rendez-vous avec nos pêcheurs, dans le cadre du contrat stratégique de filière que nous avons signé avec eux. Ils savent qu’ils peuvent compter sur moi ; à la prochaine conférence des Nations unies sur l’océan comme devant la Commission européenne, nous défendrons une vision exigeante de la politique de pêche commune, qui protège contre la pêche illégale. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe EPR.)”
“Pour travailler quotidiennement à leurs côtés, je sais que la filière traverse une période difficile. Mes priorités sont claires : défendre notre souveraineté alimentaire, protéger nos pêcheurs contre la concurrence déloyale et sécuriser sur le long terme l’exercice de leur métier en protégeant la ressource halieutique. Cela se traduit par des actes. J’ai obtenu que nos pêcheurs continuent d’accéder aux eaux britanniques jusqu’en 2038 : dix ans de sécurité et de stabilité, personne ne l’imaginait en janvier – c’est désormais chose faite. J’ai aussi obtenu qu’ils bénéficient d’une compensation, de même niveau que celle de l’année dernière, pour la fermeture du golfe de Gascogne. Les pêcheurs ont déjà touché cette compensation ; le guichet pour les mareyeurs vient d’ouvrir, je l’ai obtenu de la Commission européenne.”