Anne Stambach-Terrenoir
LFI-NFP · France
“« Vous êtes les alliés du cancer et nous le ferons savoir ! » Par ces mots, Mme Fleur Breteau, malade, vous criait sa colère depuis les tribunes. C’était il y a un an. Puis, 2,2 millions de personnes ont signé contre la loi Duplomb. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – M.”
“Vous avez méprisé les climatologues qui annonçaient les canicules et les sécheresses. Aujourd’hui, vous méprisez l’Inrae qui vous parle d’alternatives et vous méprisez même le Conseil national de l’Ordre des médecins quand il vous dit qu’il s’agit de substances susceptibles d’exposer la population à des risques majeurs.”
“Que dites-vous à ces enfants qui ne pourront pas grandir, à ces jeunes à la vie fauchée par vos cocktails chimiques ? Que vous ne saviez pas ? Hier, vous avez choisi : vous êtes des empoisonneurs. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Vous empoisonnez notre eau, nos sols, notre air.”
“En outre, l’article donne la possibilité au juge des enfants de prendre des mesures d’urgence provisoires pendant l’instance, et au procureur, lorsqu’il est saisi par le parent protecteur, de décréter, dans un délai de vingt-quatre heures, une ordonnance de protection provisoire.”
“Je vous ai écoutée, collègue Capdevielle, mais je ne comprends pas non plus votre amendement de suppression. Je rappelle que le dispositif que vous appelez « usine à gaz » est issu des recommandations de la Ciivise.”
“Il est urgent d’agir car – cela a été répété à la tribune – 160 000 enfants sont agressés sexuellement chaque année, majoritairement dans le cadre de leur famille ; c’est un toutes les trois minutes ! Nous avons toutes et tous salué, à raison, la qualité et l’importance du travail de la Ciivise ; je propose que nous l’écoutions.”
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“En République démocratique du Congo, le cobalt et le lithium qui alimentent nos batteries ont un coût humain terrible : des populations déplacées, des villages détruits, des enfants envoyés dans les mines et des concentrations de cobalt jusqu’à quarante-trois fois supérieures à la normale dans les organismes. Au Chili, dans le désert d’Atacama, les mines de lithium utilisent 65 % de l’eau et l’on pompe les nappes phréatiques quatre à cinq fois plus vite qu’elles ne se rechargent. Dans le Kivu, près de 200 hommes, femmes et enfants sont morts ensevelis dans l’effondrement d’une mine d’où ils extrayaient les métaux de notre transition écologique, mais aussi du tantale nécessaire aux data centers, consommateurs fous d’énergie et d’eau, que vous construisez à tour de bras parce que « c’est l’avenir ».”
“Votre stratégie concernant les matériaux critiques est une stratégie non de souveraineté, mais de dépendance organisée. Sous prétexte de transition écologique, vous reconduisez en réalité le même modèle productiviste, fondé sur l’extraction sans limites de ressources limitées et sur la mise en concurrence des peuples. Nous allons donc remplacer une dépendance aux hydrocarbures par une dépendance aux métaux, sans jamais interroger nos besoins réels ni les usages que nous ferons de ces ressources. Nous, nous appelons à gouverner selon les besoins et non selon le bon vouloir du capitalisme mondialisé ; vous, vous proposez une fuite en avant. L’extraction des matériaux que nous importons frappe lourdement d’autres peuples, d’autres terres que les nôtres.”
“C’est une question de cohérence : pourquoi ce qui est acceptable s’agissant des particuliers ne le serait-il pas s’agissant des multinationales, qui fraudent à grande échelle et s’enrichissent illégalement, ce qui représente un coût majeur pour le pays ? Vous l’avez compris : ce qui est en question, c’est une justice de classe. Vous prévoyez toujours une extrême sévérité pour les plus fragiles et une grande indulgence pour les puissants. Cet amendement est une sorte de test politique, y compris aux yeux de ceux qui suivent nos débats : soit vous reconnaissez que ces mesures sont excessives et injustes, et il faut alors supprimer la saisie généralisée des biens des particuliers ; soit vous persistez, et il n’y a alors aucune raison de protéger les grandes entreprises et leurs dirigeants – même si ce sont vos copains !”
“Même eu égard à l’objectif de lutte contre la fraude que vous prétendez viser, on voit bien que cette mesure ne fonctionne pas du tout et qu’elle est même contre-productive – en réalité, elle est complètement idéologique. Nous proposons une mise en cohérence par symétrie : puisque vous estimez légitime de saisir les biens des particuliers, appliquons la même logique aux grandes entreprises et à leurs dirigeants ! On sait qu’ils sont si pressés de créer des emplois – à vous entendre, c’est leur unique but – qu’ils font parfois des erreurs et finissent par frauder. Nous souhaitons que, dans un tel cas, ils encourent la confiscation de tout ou partie de leurs actifs. Cela s’appliquerait aussi aux dirigeants directement concernés, qui pourraient voir saisies leurs parts et actions.”
“C’est un amendement d’appel qui met en lumière une petite contradiction politique et morale de l’article 18. En effet, à la suite des ajouts du Sénat, le texte prévoit la saisie des biens des particuliers, y compris des biens essentiels, au nom de la lutte contre la fraude. Autrement dit, on permettrait la saisie de l’ensemble des biens d’une personne condamnée, y compris sa résidence principale. On organiserait ainsi, sciemment, sa mise à la rue à la sortie de prison et une aggravation majeure de sa précarité, ce qui compromettrait toute perspective de réinsertion. Nous savons aussi que la précarité brutale à la sortie est l’un des premiers facteurs de récidive.”
“La politique n’est pas idéologique, peut-être ?”
“Et vous, vous n’improvisez pas ? La blague !”
“…et surtout pourquoi M. Bolloré vous soutient : c’est parce qu’il sait que vous défendrez ses intérêts, tout comme les macronistes, avec le racisme en plus ! C’est aussi pour cela que nous vous combattons ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – M. Marcellin Nadeau applaudit également.)”
“La véritable question est de se demander pourquoi vous défendez les milliardaires, aux côtés des macronistes,…”
“Il est absolument inacceptable de donner un tel pouvoir politique à des intérêts privés. Comme nous le voyons dans notre pays, cela participe à faire le lit du fascisme. (« Ah ! » sur plusieurs bancs du groupe RN.)”
“Je vous conseille d’ailleurs un excellent rapport intitulé « Le système Bolloré », réalisé notamment par Attac. (Rires sur plusieurs bancs des groupes RN et UDR.) Ce rapport est intéressant : on y voit comment M. Bolloré a pu faire publier chez Fayard le petit livre de Jordan Bardella, comment il a ensuite donné des consignes pour qu’il soit mis en avant dans ses boutiques Relay, puis discuté sur tous ses plateaux télé et ses chaînes de radio.”
“Or, pas plus tard qu’avant-hier, les salariés ont voté à 84,5 % une motion de défiance envers lui. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP et sur quelques bancs du groupe GDR.) Pourquoi ? Parce qu’ils dénoncent une reprise en main idéologique, alors que le nouveau propriétaire a refusé de reprendre la charte de la rédaction. Bernard Arnault n’a pas caché sa volonté de changer la ligne éditoriale, voire de priver la société des journalistes de son pouvoir d’approbation des futurs directeurs de la rédaction de Challenges . Cela en dit plus long que des déclarations enflammées. Oui, lutter pour l’indépendance des journalistes, que certains prétendent défendre, c’est lutter contre la mainmise des milliardaires sur la presse.”
“Je commencerai par répondre au collègue qui déclamait avec flamme que décidément, à gauche, nous ne comprenions rien, que lorsque quelqu’un achète un titre de presse, cela ne veut pas dire qu’il le dirigera et lui imposera son point de vue. Certes, un propriétaire n’est pas obligé de le faire, mais c’est un peu naïf de se raccrocher à cela. Considérons les faits : M. Bernard Arnault a racheté, le 30 décembre 2025, Sciences et Avenir , Challenges et La Recherche .”
“Collègues, interdire les monopoles médiatiques est une urgence démocratique, écologique et sociale. Faisons mieux ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP, dont les députés se lèvent, et du groupe EcoS.)”
“Nous regrettons néanmoins qu’elle ne s’attaque pas au pouvoir des actionnaires, qu’elle ne protège pas les journalistes contre les purges et les pressions, et surtout que les modifications introduites en commission remplacent l’interdiction de concentration par un contrôle du pluralisme réalisé par l’Arcom, alors que son président déclarait hier devant le Sénat qu’il est désormais vain de vouloir freiner toute concentration dans les médias.”
“…c’est parce qu’il sait que le Rassemblement national, s’il arrivait au pouvoir, préserverait ses intérêts et ce système d’injustice sociale et d’accaparement des richesses par quelques-uns (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP) – petit message de service à tous ceux qui croient encore l’extrême droite lorsqu’elle prétend défendre le peuple. (M. Emeric Salmon s’exclame.) Il est urgent d’agir pour la liberté de la presse. Nous soutenons cette proposition, qui apporte enfin une limite juridique à la concentration des médias.”
“Lorsque Bolloré publie chez Fayard le livre de Jordan Bardella, le met en avant dans toutes ses boutiques Relay et en fait un sujet essentiel sur tous les plateaux télé…”
“– Protestations sur les bancs du groupe RN.) Pour des antisystème autoproclamés, ils défendent avec constance ce modèle injuste dans lequel leurs amis milliardaires tiennent l’information.”
“Face à cette hausse historique des inégalités, il faut faire diversion : cette concentration multisupports permet de faire tourner les mêmes discours partout, tout le temps, en orchestrant polémiques, peurs et haine. Les propos racistes et islamophobes deviennent assumés, l’insécurité et l’immigration restent les thèmes éternels de pseudo-débats ; le masculinisme, le climatoscepticisme – en résumé, le trumpisme – sévissent partout. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) D’ailleurs, qui s’oppose à la proposition de loi ? Le Rassemblement national. (« Ah !… » et applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – Mme Dominique Voynet applaudit également.”
“Surtout, vous souvenez-vous de l’engouement médiatique pour le candidat Macron, présenté comme le Mozart de la finance ? Rien d’étonnant quand on sait qu’il avait promis à tous ces bienfaiteurs de l’humanité la fin de l’impôt sur la fortune et d’autres mesures antisociales. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Eh bien, dix ans après, c’est un succès : la fortune des cinquante-trois milliardaires français a doublé, tandis que la pauvreté atteint un taux record de 15,4 %.”
“Alors, non, lorsque Bernard Arnault rachète Sciences et Avenir et La Recherche , ce n’est pas par amour de la science. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.) Tenir les médias permet aussi de reproduire les élites. Voilà pourquoi la France entière subit les analyses littéraires de Louis Sarkozy, tellement « incroyable que c’est à peine croyable », comme il le dit si bien. (Sourires.)”
“Pendant que les canicules, les sécheresses et les inondations s’aggravent, pendant que le dérèglement climatique frappe d’abord les plus précaires, sur les plateaux télé, on relativise la science, on attaque les chercheurs et on présente toute politique climatique comme une dictature.”
“Soixante-trois milliardaires français polluent autant que la moitié de la population, et cela uniquement grâce à leur patrimoine, qu’ils investissent à nos dépens dans les industries les plus polluantes. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP et sur quelques bancs du groupe EcoS.) Leurs intérêts reposent sur le pétrole, le béton, la publicité, la croissance sans limite, l’extractivisme – bref, sur l’exploitation des travailleurs et du vivant. Or, en un an, on a dénombré 665 cas de désinformation climatique dans les dix-huit plus grands médias audiovisuels. Ce n’est ni marginal ni accidentel ; c’est structurel et volontaire. (Applaudissements sur de nombreux bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Cela les arrangerait qu’on évite de rappeler que Bernard Arnault a détruit la filière textile du Nord pour construire son empire du luxe (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP) ; que Vincent Bolloré a bâti sa fortune néocoloniale sur des contrats corrompus en Afrique (Mêmes mouvements) ; que Rodolphe Saadé a engrangé 18 milliards de dollars de bénéfices en 2021 grâce à l’explosion des tarifs du transport maritime, directement responsable de l’inflation sur les produits alimentaires. (Mêmes mouvements.) Aucun d’entre eux ne souhaite non plus qu’on rappelle leur responsabilité majeure dans la catastrophe écologique qui nous menace tous.”
“Ces trois milliardaires aiment tellement l’information qu’ils se sont associés pour racheter l’École supérieure de journalisme de Paris. Philanthropie ? Je ne le crois pas. Derrière tous les logos, on retrouve toujours les mêmes intérêts économiques – ceux de la classe des ultrariches. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Ceux qui possèdent l’information sont les héritiers d’un système économique et social qu’ils ont tout intérêt à défendre puisque 80 % de la fortune des milliardaires français est héritée.”
“Vincent Bolloré, quant à lui, a bâti un véritable empire médiatico-culturel : CNews, Europe 1, Le Journal du dimanche , Canal+, Paris Match , mais aussi des entreprises clés de l’édition, de la communication, du jeu vidéo, des salles de spectacle, sans oublier les boutiques Relay qui équipent tous les aéroports et gares du pays.”
“Rodolphe Saadé a racheté La Provence et La Tribune , mais aussi BFM TV, RMC et le média vidéo Brut, s’offrant ainsi une place dominante dans l’information en continu.”
“Sur le plateau, plusieurs intervenants affichent des sourires amusés face à des propos qui, il y a encore quelques années, auraient suscité – à juste titre –l’indignation générale. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes LFI-NFP et EcoS.) Comment en est-on arrivé là ? Cette séquence n’est pas un dérapage individuel ; elle est le résultat d’un écosystème médiatique qui, petit à petit, a imposé son agenda politique réactionnaire au pays tout entier. Dix milliardaires contrôlent l’essentiel des médias français, qui devraient pourtant constituer un contre-pouvoir démocratique et se retrouvent confisqués par quelques-uns. Ils façonnent ce que des millions de personnes voient, entendent et lisent chaque jour. Bernard Arnault contrôle Le Parisien , Les Échos et, depuis peu, Challenges , soit des titres centraux de la presse économique.”
“CNews, lundi 9 février 2026 : « J’ai vu le RER arriver. J’ai vu tous ces noirs, et tous ces musulmans, enfin ces Arabes. […] Je n’ai pas pu m’empêcher d’avoir un peu peur. »”
“Aux côtés des agriculteurs, nous défendons un modèle nourricier, qui protège la terre, la santé, la vie. Que ceux qui nous écoutent gardent espoir : ensemble, nous y arriverons ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP, dont les députés se lèvent, ainsi que sur plusieurs bancs des groupes EcoS et GDR.)”
“La France présente le taux de cancers du sein le plus élevé au monde ; les cancers pédiatriques explosent. Entendez la colère de la nation tout entière ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – M. Marcellin Nadeau applaudit aussi.) L’Anses a recensé vingt-deux solutions de rechange, rien que pour la betterave, et vous osez prétendre que nous n’aurions pas le choix ? Plus de 1 200 études scientifiques prouvent l’impact des pesticides sur la santé humaine comme sur la biodiversité. Combien vous en faut-il de plus pour être certains du danger ? (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Combien de tribunes de médecins, combien de malades, combien de morts ? Oui, nous sommes en colère. Il faut en finir avec votre modèle agricole productiviste et mortifère.”
“Alors, je sais, vous allez me dire de me calmer, car nous serions dans l’émotion – surtout les femmes – pendant que tout l’arc de la propagande réactionnaire ici serait rationnel. C’est pourtant nous qui sommes du côté de la raison ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Il ne s’agit même pas de nous conformer au principe de précaution, applicable en cas de doute. En l’occurrence, il n’y en a pas ! On sait ! On sait que les pesticides sont toxiques : étymologiquement, le suffixe -cide veut dire « tuer ». On sait que ces produits tuent les insectes – c’est fait pour –, mais aussi les batraciens, des mammifères, les oiseaux. On sait qu’ils se propagent partout : au Japon, on en a retrouvé dans l’eau de pluie. On sait aussi qu’ils sont cancérigènes et neurotoxiques pour nous, êtres humains.”
“Non à l’élevage intensif, qui fait souffrir toujours plus d’animaux entassés dans des bâtiments ! Non au retour de pesticides qui nous rendent malades !”
“C’est officiel : la vague trumpiste s’abat sur la France et elle fait des ravages. De l’omnibus européen sur la sécurité alimentaire aux lois de simplification de la vie économique, en passant par la loi Duplomb 1 et la future loi Duplomb 2, même combat : saccager les normes environnementales et sanitaires qui nous protègent pour assurer des bénéfices toujours plus grands à quelques-uns. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.) Car il faut simplifier la vie de ces pauvres multinationales, ici Bayer et l’agrobusiness, fût-ce en détruisant littéralement la vie : celle des animaux, celle de nos enfants, celle des agriculteurs. Plus de 2 millions de personnes ont signé cette pétition historique pour dire non. (Mêmes mouvements.) Non aux mégabassines, qui nous privent d’accès à l’eau !”
“Instaurons la règle verte, qui interdit de prendre à la Terre plus de ressources qu’elle ne peut régénérer. Protégeons la vie, protégeons l’avenir. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Peur des tempêtes, des sécheresses, des inondations, des famines peut-être, qu’ils auront à traverser. Je suis certaine que je ne suis pas la seule. Comme le disait Antoine de Saint-Exupéry : « Nous n’héritons pas de la terre de nos parents, nous l’empruntons à nos enfants. » Ce que nous décidons et votons dans cet hémicycle affecte directement l’avenir des générations futures, et nous leur devons de faire beaucoup mieux. Alors oui, votons cette résolution pour que notre voix pèse dans les négociations européennes en vue de renforcer les ambitions climatiques et le pacte vert. C’est une étape utile et positive. Surtout, tournons le dos aux politiques mortifères en cours. Refusons de laisser gagner le trumpisme et la tronçonneuse de Milei. Engageons une réelle bifurcation écologique planifiée, organisée.”
“Au niveau européen avec les paquets législatifs dits omnibus comme au niveau national avec le projet de loi de simplification de la vie économique ou encore la loi Duplomb, l’arc réactionnaire qui va de la Macronie à l’extrême droite impose un véritable saccage du droit environnemental : le permis de bétonner et de polluer avant tout. Autoroutes, data centers, mégabassines, industries polluantes, fermes-usines… Pour vous, tout est plus important que la préservation du vivant et que la protection de nos conditions de survie sur cette planète ! Les garde-fous sautent, l’information et la participation du public sont mises à mal, les recours toujours plus difficiles. Monsieur le ministre, oui, c’est un sujet sérieux. Souvent, quand je regarde mes enfants, j’ai peur de ce que sera leur vie d’adulte.”
“Elles sont intrinsèquement liées ; le Giec, l’IPBES et même l’OCDE l’ont largement démontré. Il y a donc urgence à stopper les reculs réglementaires. C’est cette voie que la France doit soutenir, en association avec notre parlement, comme le préconise cette résolution, plutôt que de réclamer, comme Emmanuel Macron en 2023, une pause réglementaire européenne sur les normes environnementales. (« C’est deux minutes, une explication de vote ! » sur les bancs des groupes RN et DR.) D’autant que l’heure n’est même pas à la pause, mais au recul franc.”
“On a des trajectoires et de jolies présentations PowerPoint, mais on n’a ni planification, ni moyens, ni volonté politique d’agir. Enfin si, pardon, il y a une volonté politique : celle d’attaquer le droit de l’environnement, celui qui protège les habitats, les écosystèmes, la biodiversité. Or s’il y a bien un impensé flagrant des politiques climatiques, c’est justement la nécessaire préservation de la biodiversité. C’était le sens de notre amendement n o 3, que vous avez malheureusement rejeté : intégrer la protection de la biodiversité aux politiques climatiques. À l’heure de la sixième extinction des espèces, à l’heure où les insectes disparaissent sous nos yeux, où les oiseaux et les batraciens subissent le même sort, il faut marteler que la crise de la biodiversité et la crise climatique s’alimentent l’une l’autre.”
“Pouyanné, PDG de TotalEnergies, dans les bagages présidentiels pour la COP30. Mission accomplie : pas d’objectif contraignant pour l’industrie fossile dans l’accord final. Cocorico. S’agissant des objectifs européens, la réalité est brutale : une partie progressent, mais trop lentement, et d’autres stagnent, voire reculent. Parmi les quatre-vingt-sept cibles légalement contraignantes pour les États membres, treize seulement progressent au rythme nécessaire. En France, quel gouffre entre les objectifs climatiques et les politiques mises en œuvre ! On annonce une baisse des émissions de gaz à effet de serre de 1,6 % en 2025 – très bien, mais pour tenir nos objectifs, il faudrait les réduire de 4,6 % par an, soit près de trois fois plus vite. Les objectifs sont là, mais ils ne sont pas tenus.”
“Face à l’urgence grandissante, aux événements climatiques extrêmes qui se multiplient et coûtent déjà tant de vies, aucun de nos objectifs climatiques n’est tenu ; tout le monde le voit, tout le monde le sait. L’objectif de limitation du réchauffement à 1,5 o C maximum n’est pas tenu et les scientifiques estiment même qu’il ne le sera jamais. Les émissions continuent d’augmenter. On se dirige vers une trajectoire catastrophique, un monde à 2 o C de réchauffement ou plus, vers un point de bascule incontrôlable. La sortie des énergies fossiles n’est pas engagée sérieusement. On continue d’investir dans le pétrole et le gaz, d’ouvrir de nouveaux projets, et les gouvernements européens refusent toujours d’assumer une feuille de route contraignante. La France de Macron n’est pas en reste, elle qui n’a pas hésité à emmener M.”
“Ce projet est tellement catastrophique qu’il a été annulé par le tribunal administratif. Pire encore, les travaux se poursuivent et dépassent de près d’un quart l’emprise prévue à l’origine. On détruit tout à côté : des zones humides et des espèces protégées. Vous ne pouvez donc vraiment pas vous exprimer ainsi ! Encore une fois, il s’agit d’une résolution européenne ; l’idée est que la France aille défendre la préservation de la biodiversité à l’échelon européen. Ce n’est certainement pas malvenu ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Quand je vous entends dire que l’amendement est satisfait par les politiques mises en œuvre actuellement, je ne sais pas si je dois rire ou pleurer, monsieur le ministre. Êtes-vous seulement au courant des politiques que mène votre gouvernement ? Ou n’avez-vous pas encore eu le temps d’ouvrir les dossiers ? Honnêtement, on peut se le demander ! Avez-vous connaissance des projets de loi que vous nous avez imposés – le projet de loi de simplification de la vie économique, la loi Duplomb I hier, la loi Duplomb II demain ? Ces textes visent toujours le même objectif : permettre à l’industrie dont vous parliez de polluer et de construire sans réserve et sans égard pour les écosystèmes limitrophes. On est en train de détruire le droit de l’environnement ! Je vous donne un exemple archétypal de votre politique : l’autoroute A69.”
“Plus précisément, les travaux de l’IPBES montrent que le changement climatique constitue l’un des principaux facteurs de perte de biodiversité, que la protection, la restauration des écosystèmes riches en carbone et en biodiversité permettent d’atténuer le réchauffement global et de renforcer la résilience écologique. Ainsi, nos forêts sont en très mauvais état du fait des sécheresses, des incendies, des invasions de ravageurs, phénomènes liés au changement climatique en cours ; selon l’Institut national de l’information géographique et forestière (IGN), la mortalité des arbres aurait doublé en dix ans. Résultat : ce principal puits de carbone de notre pays ne capte plus beaucoup de CO 2 , certaines forêts en rejetant même davantage qu’elles n’en absorbent.”
“Nous souhaitons compléter la proposition de résolution européenne en prévoyant que la protection, la restauration et la prévention de la perte de biodiversité soient systématiquement intégrées aux politiques climatiques européennes et nationales. Il ressort de nombreux rapports internationaux, dont un rapport conjoint du Giec et de la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES), que crise climatique et crise de la biodiversité sont interconnectées, qu’elles nécessitent des réponses coordonnées et ne doivent surtout pas être abordées séparément.”
“Il est même complètement bafoué et je ne sais pas comment les services de l’État surveillent le concessionnaire Atosca, qui fait manifestement ce qu’il veut. Ce qu’il souhaite, c’est livrer le chantier en octobre prochain – bien que ce soit parfaitement irréaliste ; du coup, il détruit tout, n’importe comment, sans aucune considération pour la préservation de nos conditions de survie sur cette planète – c’est pourtant bien de cela qu’il s’agit !”
“Je suis heureuse de vous entendre dire que le droit de l’environnement doit être rigoureusement respecté, tout comme le cadre de l’autorisation environnementale, mais on voit bien que ce n’est pas du tout le cas – je l’ai largement exposé. Encore une fois, c’est le concessionnaire Atosca lui-même qui reconnaît 88 hectares au moins d’emprises illégales et non 46, comme ce qui a été jugé en décembre dernier. Ce dépassement avoisine le quart des surfaces du chantier initialement prévu : on sort complètement du cadre de l’autorisation environnementale, et dans des proportions inédites pour un chantier de cette ampleur ! Il est de la responsabilité de l’État de faire quelque chose, car il est certain que le droit environnemental n’est absolument pas respecté.”
“Un chantier à ce point hors de contrôle est inédit ! Le juge des libertés et de la détention a déjà suspendu le chantier pour 46 hectares de dépassement ; qu’en sera-t-il pour un dépassement de 88 hectares, voire plus ? S’il est saisi à nouveau, c’est le fondement même de l’autorisation environnementale qui risque d’être remis en cause, parce que le chantier n’a plus rien à voir avec ce qui était prévu au départ. C’est l’heure du choix, madame la ministre : soit vous suspendez le chantier et diligentez un audit complet de l’Igedd sur les dépassements illégaux et la mise en œuvre des compensations environnementales, soit vous laissez faire encore une fois et le juge pourrait prononcer de sévères sanctions. Que choisissez-vous ?”
“Pour réprimer les opposants qui voulaient empêcher les abattages illégaux d’arbres, là, il y avait du monde et des moyens – au point que le rapporteur spécial de l’ONU s’est déclaré choqué ! En revanche, pour protéger l’environnement, notre environnement, il n’y a rien. Qui a saisi la justice des dépassements d’emprise ? Pas vous, mais le collectif La Voie est libre, dont je salue le travail colossal de caractérisation des dépassements, travail que vous auriez dû accomplir. En novembre dernier, plusieurs collègues et moi-même vous écrivions pour vous alerter et demander la réalisation d’une enquête indépendante par l’Igedd, l’Inspection générale de l’environnement et du développement durable ; pas de réponse. Le 17 décembre, je vous interpellais à nouveau en commission ; toujours rien. Et maintenant ?”
“Et ce n’est pas tout ! Les zones où le chantier a été suspendu sont laissées à l’abandon, alors que la justice ordonnait leur remise en état sous le patronage de l’OFB, l’Office français de la biodiversité. Pire ! Pressés de libérer les zones illégalement détruites, ils vont détruire ailleurs, à côté. Des zones de compensation sont même utilisées pour les travaux – ce qui signifie que d’autres zones humides et d’autres espèces protégées sont détruites. Madame la ministre de la transition écologique, de la biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature, que faites-vous ? Que fait l’État, à l’heure de l’effondrement des espèces ? Manifestement le concessionnaire, en roue libre, agit ici en toute impunité ! Que font vos services ? Faut-il comprendre que personne ne surveille le chantier ?”