Aurélien Saintoul
LFI-NFP · France
“Sur le fondement de l’article 45 de notre Constitution, qui régit le fonctionnement des commissions mixtes paritaires. J’appelle l’attention de tous les collègues sur le dévoiement de l’esprit de la Constitution et de son article 45.”
“(Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP et sur plusieurs bancs du groupe SOC. – Mme Sandra Regol et M. Pascal Lecamp applaudissent également.) C’est l’esprit de la Constitution de donner le dernier mot à l’Assemblée nationale et non pas au Sénat, et j’en appelle particulièrement à nos collègues qui se revendiquent du gaullisme e…”
“Finalement, c’est peut-être le principal mérite de ce texte que d’apporter ce genre de clarification, de même qu’il a donné à voir le ralliement à Trump du Rassemblement national qui, sous la houlette de Jordan de Monaco, se garde bien de trop critiquer l’oncle Donald. (Sourires.”
“Je veux conclure en m’adressant à nos compatriotes, pour leur dire que tout n’est certes pas perdu et qu’il existe en France les ressources morales, financières et intellectuelles, le goût du futur et le sens du bien public nécessaires à la mise en œuvre d’un projet collectif au service de la paix, de la concorde et du progrès.”
“…avec la conviction que les années écoulées depuis le vote de la LPM nous ont donné raison et que vous n’en avez guère tenu compte. Un exemple l’illustre : la banqueroute commencée du groupe Europlasma.”
“Dans le secteur de la défense, quelque chose de semblable se joue : le buffet est ouvert pour les start-up – quand bien même elles n’auraient pas démontré grand-chose –, mais les grands opérateurs de l’État, comme le Cnes, le Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) ou l’Institut national de recherche en scienc…”
The complete record
Every one of 802 lines we hold for Aurélien Saintoul, in date order, each linked to its source. Free to read, in full, without an account. Page 1 of 17.
“Ne venez pas demain réclamer le maintien d’institutions que vous aurez bafouées…. (Le temps de parole étant écoulé, M. le président coupe le micro de l’orateur. – Plusieurs députés du groupe LFI-NFP applaudissent ce dernier.)”
“(Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP et sur plusieurs bancs du groupe SOC. – Mme Sandra Regol et M. Pascal Lecamp applaudissent également.) C’est l’esprit de la Constitution de donner le dernier mot à l’Assemblée nationale et non pas au Sénat, et j’en appelle particulièrement à nos collègues qui se revendiquent du gaullisme et du respect de l’esprit de la V e République : vous êtes en train de fouler au pied l’esprit même des institutions.”
“Sur le fondement de l’article 45 de notre Constitution, qui régit le fonctionnement des commissions mixtes paritaires. J’appelle l’attention de tous les collègues sur le dévoiement de l’esprit de la Constitution et de son article 45. En effet, il est prévu qu’en cas de CMP non conclusive, le dernier mot revienne à l’Assemblée nationale si le gouvernement le lui demande. Or à l’issue de la CMP, un désaccord est apparu sur un point particulier du texte et c’est la raison pour laquelle des députés, y compris du bloc central, ont déposé des amendements qui n’ont pas été jugés recevables par le gouvernement. Dans ce cas précis, on voit bien qu’il y a eu transaction et que celle-ci n’a pas été respectée. L’accord qui a pu naître de la CMP est insincère et je demande à mon tour instamment que nous ayons la possibilité d’examiner ces amendements.”
“Je veux conclure en m’adressant à nos compatriotes, pour leur dire que tout n’est certes pas perdu et qu’il existe en France les ressources morales, financières et intellectuelles, le goût du futur et le sens du bien public nécessaires à la mise en œuvre d’un projet collectif au service de la paix, de la concorde et du progrès. Rien ne nous condamne à être les vassaux d’une quelconque puissance (Mêmes mouvements) ; rien ne nous oblige au déclassement ; rien ne nous impose de détruire les services publics ou d’en pressurer les agents, civils ou militaires, pour assurer notre capacité à nous défendre. Il existe un chemin et, en 2027, nous l’ouvrirons avec Jean-Luc Mélenchon. (« Bravo ! » sur les bancs du groupe LFI-NFP, dont les députés se lèvent et applaudissent.)”
“Nous disions en 2023 que la LPM ne se projetait pas assez vers les nouvelles formes de la conflictualité, et nous avions raison. De même, nous avions vu que les technologies de rupture ouvraient une nouvelle ère de la dissuasion et nous avions proposé la création d’un commissariat aux dissuasions alternatives. Vous nous aviez ri au nez. Pourtant, au début du mois, le directeur de l’Agence spatiale européenne (ESA) déclarait qu’« une attaque sur nos satellites serait semblable à la menace nucléaire » (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP) ; et, hier, le directeur de la CIA comparait certains modèles d’IA à « des armes nucléaires numériques ». Encore une fois, nous avions eu raison.”
“Dans le secteur de la défense, quelque chose de semblable se joue : le buffet est ouvert pour les start-up – quand bien même elles n’auraient pas démontré grand-chose –, mais les grands opérateurs de l’État, comme le Cnes, le Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) ou l’Institut national de recherche en sciences et technologies du numérique (Inria), eux, sont à l’os. Ce faisant, vous nous privez des moyens d’agir. Je vous ai interrogés à maintes reprises pour savoir quels ateliers, quelles usines seraient créés, agrandis ou tout simplement rénovés grâce à ces 36 milliards. Vous n’avez pas su donner un seul exemple ! Tout au plus répondez-vous que cela permettra d’acheter des munitions et des drones. À la bonne heure !”
“Ce sont, à vrai dire, des années de perdues et des perspectives bien sombres. Des délais de ce genre, on en voit aussi lorsqu’on évoque notre dépendance aux outils américains comme Palantir. Le premier ministre a eu beau essayer de tromper son monde en annonçant la fin du contrat qui lie la DGSI – direction générale de la sécurité intérieure – à cette entreprise, le fait est que nous en avons encore pour au moins trois ans. C’est là votre défaut : le saupoudrage et le refus de la planification. La canicule en a encore offert une désolante illustration.”
“Finalement, c’est peut-être le principal mérite de ce texte que d’apporter ce genre de clarification, de même qu’il a donné à voir le ralliement à Trump du Rassemblement national qui, sous la houlette de Jordan de Monaco, se garde bien de trop critiquer l’oncle Donald. (Sourires. – Exclamations sur les bancs du groupe RN.) Durant ces débats est également devenu patent l’échec, que nous annoncions de longue date, de votre stratégie de partenariat franco-allemand, quoique vous vous obstiniez à maintenir l’illusion d’un partenariat sur un segment comme le cloud de combat du Scaf ou sur un char repoussé aux calendes grecques, après celui décidé en urgence et désigné comme capacité intermédiaire, quitte à accéder pour cela aux demandes gouvernementales de l’Allemagne pour l’entrée en bourse de KNDS.”
“Qu’un ancien délégué général pour l’armement trempe dans cette affaire explique peut-être votre silence. En tout état de cause, cette absence de vision et de volonté politique produit des effets néfastes en matière de défense, et pas seulement parce que la production française d’obus de 155 est menacée. Vous vous vantez d’augmenter encore le budget des armées de 36 milliards, mais c’est plutôt un aveu d’impréparation ou d’insincérité que cette hausse. C’est d’ailleurs ce qu’a dit le président Les Républicains de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées du Sénat, Cédric Perrin, qui s’est courageusement distingué du groupe et du rapporteur Les Républicains de l’Assemblée.”
“…avec la conviction que les années écoulées depuis le vote de la LPM nous ont donné raison et que vous n’en avez guère tenu compte. Un exemple l’illustre : la banqueroute commencée du groupe Europlasma. Aux salariés de ses filiales, Inertam, Satma, Valdunes, Forges de Gerzat, Forges de Tarbes et Fonderie de Bretagne, j’adresse un message de solidarité et de soutien. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP et sur les bancs du groupe GDR. – M. Damien Girard applaudit également.) Ils sont bien malgré eux devenus les victimes et les symboles de l’échec du macronisme. La fraude Europlasma, mes collègues et moi-même l’avons signalée aux autorités, notamment à Sébastien Lecornu en personne, pendant des années. Vous n’avez pas voulu voir, pas voulu agir.”
“Avant d’évoquer l’actualisation de la loi de programmation militaire, je veux avoir une forte pensée pour les soldats qui ont perdu la vie dans l’accomplissement de leur mission depuis notre dernier vote de 2023 (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP ainsi que sur plusieurs bancs des groupes EPR, SOC, DR, Dem, HOR, LIOT et GDR) , pour leurs familles et leurs camarades, pour nos soldats blessés, aussi, dans leur chair ou leur esprit. Nous savons ce que la France doit à leur abnégation et à leur discipline. Je veux aussi saluer les personnels civils du ministère et les salariés de l’industrie de défense, qui sont les artisans de notre souveraineté. C’est en ayant ces hommes et ces femmes à l’esprit que nous voterons contre ce texte,…”
“Je ne sais pas si vous avez évoqué cette hypothèse avec l’Autorité de régulation des jeux en ligne (Arjel) ; les professionnels de la lutte contre la fraude ne peuvent accepter une seconde une telle hypothèse.”
“Nous serons bien sûr contre cet amendement, qui contrevient à tous nos principes. D’abord, nous pensons que les paris, fussent-ils sportifs, doivent faire l’objet du plus grand encadrement possible. Nous ne connaissons que trop les situations d’addiction, notamment parmi les jeunes, pour trouver qu’il s’agit d’une pratique commerciale comme les autres. Ensuite, les bras nous en tombent d’entendre dire qu’une société organisatrice de compétitions pourrait en même temps être l’organisatrice de paris. Le risque de fraude et de manipulation est tellement évident et grossier que nous nous demandons comment une telle idée a pu vous venir. C’est grave et dangereux.”
“Il ne vise pas non plus le cas où une personne arrivant à la fin de sa vie épouse une personne beaucoup plus jeune ; parfois, des intérêts matériels peuvent se mêler à une telle relation mais, même si un des époux est vulnérable, cela ne vous préoccupe pas. Ce sont spécifiquement les étrangers qui vous intéressent. Dans ces conditions, laissez-nous la possibilité de qualifier une telle inclination de xénophobe ! J’ai bien noté que vous n’appréciez pas cette accusation. C’est une bonne nouvelle, car cela signifie que vous avez fait la moitié du chemin : vous savez que c’est mal. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Je n’ai pas la réponse, mais cette anecdote illustre bien l’état d’esprit dans lequel les élus d’extrême droite abordent la question. Revenons-en à la notion de mariage simulé ou arrangé. Comment comptez-vous reconnaître un mariage qui ne serait pas bien fondé ? Considérez-vous qu’on peut parler de mariage arrangé dans le cas, assez connu, de messieurs qui cherchent à rencontrer sur internet des jeunes femmes, venant notamment d’Europe de l’Est, et qui les épousent par la suite ? Est-ce un mariage simulé ? J’ai à l’esprit les propos de vos amis de CNews qui, parlant de la guerre en Ukraine et des réfugiés qu’elle produit, disaient : vous comprenez, ceux-là sont comme nous. Je pense sincèrement que ce texte, dans votre esprit, ne vise pas ce genre de situations.”
“J’ai évoqué plus tôt la discussion que j’ai eue avec un homme d’origine haïtienne à qui M. Odoul avait demandé si son épouse était blanche.”
“Tenez-vous en à vos fonctions, nous en serons ravis. Et si vous voulez me répondre sur mon interpellation s’agissant des abus de pouvoir du préfet Brugère dans les Hauts-de-Seine, je suis tout ouïe. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes LFI-NFP et SOC.)”
“Le général de Gaulle savait bien qu’il fallait que l’exécutif fût distinct en deux personnes, que le chef du gouvernement était le premier ministre et que, si un membre de l’exécutif devait avoir un rôle dans la fixation de l’ordre du jour, ce ne pouvait être que lui.”
“Je le formule sur le fondement de nombreux articles de la Constitution, notamment l’article 48, alinéa 5, relatif aux niches parlementaires, mais aussi de tout le titre II de la Constitution sur le rôle du président de la République, pour répondre à M. Ciotti, qui semble méconnaître ce rôle sous la V e République. Monsieur Ciotti, je vous informe que le président de la République n’est pas fondé à fixer l’ordre du jour de l’Assemblée nationale. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP. – MM. Marcellin Nadeau et Pierre Pribetich applaudissent. ) Le faire constituerait un grave problème démocratique. Vous n’avez de gaulliste que le nom, dont vous vous revendiquez parfois, mais vous n’en avez pas l’esprit.”
“J’ai saisi l’inspection du ministère au sujet de ce déni systématique de droits dans les Hauts-de-Seine et je pense que cela devrait faire l’objet d’une enquête. J’aimerais savoir où en est cette enquête et quel est… (Le temps de parole étant écoulé, M. le président coupe le micro de l’orateur. – Les députés du groupe LFI-NFP applaudissent ce dernier.)”
“Son prédécesseur, M. Laurent Hottiaux, qui avait auparavant été conseiller sécurité du président de la République, est actuellement préfet des Alpes-Maritimes et il est pressenti pour être préfet de la région Pays de la Loire. Je m’étonne que le nouveau préfet ait pu multiplier par dix le nombre de refus en prenant la suite d’un préfet qui, manifestement, faisait son travail. Cela signifie que les Hauts-de-Seine sont dans une situation de déni systématique des droits, sans que personne s’en émeuve. Il est particulièrement inquiétant, dans ce contexte, que l’on puisse imaginer confier aux autorités publiques la possibilité d’entrer encore davantage dans la vie privée des gens, pour juger de la qualité du lien qui les unit et voir s’il justifie ou non qu’ils se marient. J’aimerais vous entendre sur cette question, monsieur Berger.”
“Je vais profiter de l’arrivée du ministre Jean-Didier Berger, que je salue, pour aborder un point précis. Nos sous-amendements visent à lutter contre le déni de droit et à s’assurer du droit à ne pas être discriminé. Figurez-vous que dans le département des Hauts-de-Seine, où nous sommes tous les deux élus, je crains que ce droit à ne pas être discriminé soit bafoué, et qu’il le soit au plus haut niveau, par la préfecture elle-même. J’imagine que vous le savez, monsieur Berger : il y a déjà plus d’un an, le préfet Brugère a publié un compte rendu de son activité – c’est totalement inédit, mais admettons… – dans lequel il s’est prévalu d’avoir fait augmenter de 1 250 % les refus opposés aux demandes de régularisation – 1 250 % !”
“Odoul était embarrassé – je suppose que face à une personne dans cette situation, on a du mal à assumer de telles positions. Cependant, M. Odoul a posé une question à ce monsieur : il lui a demandé si son épouse était blanche. Voilà la réalité de ce que vous… (Le temps de parole étant écoulé, M. le président coupe le micro de l’orateur. – De nombreux députés du groupe LFI-NFP applaudissent ce dernier.)”
“Je pense qu’il a préféré l’échange qu’il a eu avec moi : on ne sait jamais. En tout cas, il m’a fait part de sa situation personnelle ; je le salue car il s’est montré particulièrement cordial et ce qu’il m’a confié était très intéressant. D’origine haïtienne, il est venu faire ses études en France, y est resté parce qu’il a épousé une Française ; il est papa de deux filles. Pendant des mois, il s’est trouvé dans l’impossibilité d’obtenir un rendez-vous en préfecture, d’où une situation délicate, voire précaire. Il a interpellé M. Odoul à ce sujet, lui disant en substance : vous qui êtes d’extrême droite, vous ne me permettriez même pas de rester en France. De fait, cette proposition de loi vise à favoriser ce genre de choses. Évidemment, M.”
“…et qu’on pourrait croire que je passe ma vie dans les taxis. Elle mérite pourtant d’être racontée. Le chauffeur en question, peu avant moi, avait eu affaire à M. Odoul.”
“Quoi qu’il arrive, les notes de bas de page sont toujours importantes : voilà qui est dit. Pour ne pas nous écarter de la question, et comme le soulignait tout à l’heure la collègue Balage El Mariky, ce qui est en cause, c’est en réalité votre vision profondément raciste. Laissez-moi vous faire part d’une anecdote – il m’a été conseillé de ne pas la raconter, parce qu’elle a trait à un chauffeur de taxi…”
“En revanche, si vous envisagez d’autres fondements que l’amour pour le mariage – et pourquoi pas ? – vous entrez dans le domaine de l’intérêt. Or qu’est-ce qu’un mariage d’intérêt ? C’est vraisemblablement un mariage arrangé. Ainsi, vous prétendez vous opposer aux mariages simulés ou arrangés, tout en expliquant que l’intérêt est un motif parfaitement valable pour se marier. Je ne comprends donc pas, monsieur le ministre, comment vous pouvez soutenir ce texte : c’est tout simplement contradictoire. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Nous pourrions bien imaginer des mariages dont le sentiment amoureux n’est pas le fondement, mais plutôt – ces mariages existent – le sentiment d’amitié. Une politique de l’amitié est d’ailleurs sans doute à mettre en œuvre ; je vous renvoie sur ce point aux travaux de notre collègue Clémence Guetté. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.)”
“…de sabordage du parlementarisme – ce qui n’est pas fait pour nous surprendre. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.) Permettez-moi maintenant de revenir aux propos que le ministre a tenus sur cette idée de mariage simulé ou arrangé. Monsieur le ministre, vous avez dit – de manière contre-intuitive, voire carrément fallacieuse – que le mariage d’amour, que nous défendons sur nos bancs, relevait d’une conception rétrograde du mariage. Cela m’a étonné, car cette conception est en réalité relativement moderne : elle émerge à la fin du XVIII e siècle et prospère au siècle suivant. Vous pourriez certes nous dire que cette conception est bourgeoise, et je n’en disconviendrais pas, mais elle n’est pas réactionnaire.”
“Du point de vue des libertés fondamentales et des principes républicains, ils s’inscrivent dans la tradition pétainiste qui est la leur (Exclamations sur quelques bancs des groupes RN et UDR) …”
“Nos débats touchent en effet aux libertés fondamentales. Tout à l’heure, nous avons vu les collègues du Rassemblement national espérer que le ministre fasse appel à l’article 44, alinéa 2, de la Constitution pour en finir avec ce débat.”
“Permettre ce genre de fait accompli n’entre pas dans le mandat de parlementaires authentiquement républicains. Nous ne le permettrons pas ! (Les députés du groupe LFI-NFP se lèvent et applaudissent.)”
“Enfin, cette loi instaure un nouveau régime d’exception – l’alerte de sécurité nationale – qui, à l’initiative de l’exécutif, sans avis du Parlement et à la faveur d’événements dont le rapporteur nous a dit qu’ils pourraient ne pas être révélés au public en vertu du secret de la défense nationale, permettra au gouvernement de s’affranchir du droit commun dans une multitude de domaines – en particulier d’organiser l’entrée sur le territoire national de soldats étrangers. (Le temps de parole de l’orateur étant écoulé, plusieurs députés des groupes EPR, RN et DR protestent auprès de Mme la présidente.)”
“(Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) De fait, votre service national volontaire sera une trappe à précarité, dont la portée sera sans rapport avec son coût : il recrutera des jeunes gens pleins de bonne volonté, mais pour rien. Avec Jean-Luc Mélenchon président, nous instaurerons la conscription citoyenne qui répond aux besoins de notre temps. (Applaudissements nourris sur les bancs du groupe LFI-NFP. – Vives exclamations sur les bancs des groupes RN et UDR.)”
“Nous ne vous faisons pas confiance ! Vous avez d’ailleurs observé un silence têtu, madame la ministre, à chaque fois qu’il vous a été demandé quelle stratégie industrielle venait soutenir ces crédits. Et pour cause : il n’y en a aucune. En 2023 on saupoudrait ; en 2026, on arrose. Il n’y a pas de raison de s’en réjouir. Gouverner demande autre chose, autre chose que les coups de menton et les effets de communication qui figurent aussi dans ce texte. Renommer la journée défense et citoyenneté en journée de mobilisation, tenter de faire oublier le fiasco du service national universel (SNU) en instaurant un service national volontaire, c’est envoyer un signal d’embrigadement de la jeunesse. Le civisme vrai et le patriotisme authentiques sont l’apanage d’esprits libres et critiques et non de jeunes gens qu’on catéchise.”
“Avec cette actualisation, vous faites payer 36 milliards d’euros de plus que la LPM initiale. Cependant – fait plus que troublant –, il est impossible de mettre en face les « nouveaux objets » que ces milliards doivent permettre d’acheter, d’autant que la réalisation de certains programmes est remise à plus tard. Aussi affirmons-nous avec force que la LPM initiale était insincère : vous nous avez menti sur le besoin et sur la dépense. (« Oui ! » et applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Avec vous, nous serons peut-être demain en mesure de défendre quelque chose – mais quoi, dès lors que vous aurez détruit l’école, l’hôpital, tout ce qui fait le lien social, tout ce qui fait que la vie a du sens et du goût ? (Mêmes mouvements.) Après cela, ne prétendez plus qu’il nous faut des forces morales ! Quant à nous, nous soutenons au contraire que le juste niveau d’impôt, prélevé y compris chez les plus riches, permet de faire face à tous les besoins. Et c’est ce que nous ferons une fois Jean-Luc Mélenchon président (Mêmes mouvements) : les déserteurs fiscaux qui sapent la cohésion nationale et privent la patrie des moyens de sa défense seront rappelés à leurs devoirs.”
“À ces griefs toujours valables se sont ajoutés d’autres. Nous récusons tout d’abord les termes du débat que vous avez installé depuis 2024 et la frénésie antidémocratique qui a empêché d’accéder au pouvoir ceux qui avaient pourtant remporté l’élection (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP) , au profit de ceux qui, incontestablement, l’avaient perdue, et qui depuis s’échinent à faire subir au peuple français des coupes budgétaires toujours plus profondes et toujours plus destructrices. Dans un tel contexte, il est clair que vous utilisez la défense nationale et ses exigences pour organiser l’austérité généralisée ; que vous mettez en concurrence ce service public vital avec tous les autres services publics.”
“Hélas, le génocide à Gaza et la guerre en Iran ont montré ad nauseam combien nous avions raison. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Le nouveau contrat de Palantir avec l’Otan prouve que nous ne nous sommes toujours pas échappés de ces dépendances dangereuses. Vous n’avez toujours pas fait, non plus, une croix sur les désastreuses coopérations franco-allemandes autour du MGCS et du Scaf : obstination délétère.”
“Avant même la guerre en Ukraine, nous disions combien la dronisation représentait un défi majeur – il aura fallu cette actualisation pour que vous en conveniez. Nous soulignions aussi que les outre-mer étaient négligés, traités comme une périphérie de la France, alors qu’ils sont en son cœur, ce qui fait de nous une nation universelle, plus créolisée qu’aucune autre en Europe, vouée à parler au monde la langue de la fraternité et de la paix. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – M. Philippe Naillet applaudit également.) Enfin, nous déplorions que vous refusiez d’agir en faveur de l’indépendance de la France, quand il était clair que le retour de Donald Trump aux affaires rendrait notre alignement de plus en plus intenable et humiliant.”
“…et combien les mots d’hommage que nous avons prononcés ces dernières semaines, chaque fois que nos armées ont été frappées par le deuil, ont été sincèrement pensés et ressentis. Ils et elles savent notre exigence et notre ambition pour la patrie et pour qui la sert. Notre vote s’inscrit dans le droit fil de celui de 2023 et je vous invite à vous reporter aux propos que je prononçais il y a trois ans depuis cette tribune. J’affirmais alors que le projet de LPM ne faisait pas les choix structurants qui permettraient de faire face aux nouvelles conflictualités ; que ces secteurs que nous désignons comme les nouvelles frontières de l’humanité – le cyber, l’IA, le quantique, l’espace et la mer – n’étaient pas pleinement investis.”
“Voter contre la loi de programmation militaire ou son actualisation n’a rien de simple. Nous savons tous combien il est aisé, par une sorte de chantage, de suggérer que nous privons les femmes et les hommes de la défense des moyens d’accomplir leur devoir – sans doute le plus dangereux et le plus fondamental dans la République. Fort heureusement, ils et elles savent notre gratitude à leur égard… (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – Exclamations sur les bancs du groupe RN)”
“Que dit-il ainsi à nos partenaires et comment la ministre des armées peut-elle demeurer silencieuse et ne pas se prononcer sur la pertinence et la légitimité de sa parole ?”
“Je profite de ce débat pour tenter d’obtenir une réponse à une question que j’ai posée plusieurs fois la semaine dernière, et que j’avais déjà posée par le passé : quel statut le propos du Grand Chancelier de la Légion d’honneur, le général Lecointre, revêt-il lorsque dans un entretien accordé au journal L’Express , il explique qu’il ne faut pas croire à l’article 5 du traité de l’Atlantique Nord et qu’il faudrait même être fou pour s’y fier ? Un tel propos pose de graves questions : que signifie le fait d’accorder la possibilité de s’exprimer ainsi à un général 2S, ancien chef d’état-major des armées, occupant dans l’État une fonction qui, pour être essentiellement honorifique, n’en est pas moins éminente ? Il explique tout de même que l’une des clefs de voûte de la stratégie de défense du pays ne vaut rien !”
“Cela ne veut rien dire ! Essayez de faire des phrases complètes, ça ira mieux !”
“Je reviens sur l’un des derniers amendements débattus, qui ont été mis au vote rapidement. L’amendement n o 616 de notre collègue Plassard, qui a recueilli un avis favorable de la commission et du gouvernement, transpose au cas des réservistes les demandes de transmission d’informations d’actualisation par l’administration fiscale formulées un peu plus tôt par notre collègue Gassilloud et repoussées par Mme la ministre. J’aimerais comprendre pourquoi ce qui est possible pour les réservistes ne l’est pas pour les autres citoyens. Les avis donnés, et donc les votes qui en découlent, me semblent manquer de cohérence.”
“Année après année, vous vous rapprochez de notre proposition. Vous le voyez bien : elle seule est cohérente car elle seule permettra de massifier le dispositif et d’apporter des solutions aux grands défis que constituent le réchauffement climatique et la nécessité d’un réarmement global, d’une restauration de l’État. Mais vous vous contentez d’une mesure qui relève de l’affichage.”
“Je vais m’efforcer de mener mon raisonnement à son terme. Ce dispositif vient s’ajouter à une multitude d’autres, ce qui posera des problèmes de coordination. Comment s’articuleront le service militaire volontaire (SMV), le service militaire adapté (SMA), la réserve ? On accumule les dispositifs à ne plus savoir qu’en faire : cela relève de l’affichage. Pour notre part, nous défendons de longue date l’idée d’une conscription universelle réellement citoyenne – la participation aux activités de défense relèverait du volontariat. Ce projet sera mis en œuvre après la victoire de Jean-Luc Mélenchon à l’élection présidentielle de 2027. Comptez sur nous, nous avons de la suite dans les idées !”
“Si c’est trop long pour vous, chère collègue, je vous invite à sortir et aller à la buvette. Vous trouverez de quoi vous restaurer !”
“…mais il permet un heureux coup de communication consistant à dire que dans ce pays, on donne une place à la jeunesse, qu’elle peut retrouver un rôle dans la défense nationale. Naturellement, il n’en est rien, compte tenu du nombre de personnes impliquées.”