Aurélien Le Coq
LFI-NFP · France
“Alors que les feux de forêt sont en train de dévorer le pays, vous continuez à soutenir un projet qui va pomper 35 millions de mètres cubes d’eau dans l’Oise (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.”
“Après avoir déjà supprimé près de 2 milliards dans le fonds Vert, annulé des commandes de Canadair et détruit le fret ferroviaire, vous nous annoncez cette semaine de nouvelles coupes budgétaires, mais vous êtes prêts à investir plus de 11 milliards d’euros dans un mégacanal inutile.”
“Samedi dernier, 3 000 personnes ont défilé pacifiquement à Oisy-le-Verger contre votre projet de mégacanal qui doit défigurer notre région (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP) , anéantir 300 espèces, détruire 6 zones naturelles protégées et 240 hectares de zones humides.”
“C’est cela, aussi, que nous devons solder aujourd’hui. Alors oui, nous allons voter la nationalisation d’ArcelorMittal ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – M.”
“Dans l’exposé sommaire du vôtre, vous écrivez, madame Lebec, que, dans le cadre de France 2030, l’État a déjà mobilisé 850 millions pour le site dunkerquois d’Arcelor.”
“La répression s’abat sur les ouvriers et sur leur syndicat. La direction convoque les syndicalistes de la CGT pour les menacer de licenciement. Devraient-ils se laisser condamner à la mort sociale sans protester ? C’est aujourd’hui qu’il faut nationaliser.”
The complete record
Every one of 860 lines we hold for Aurélien Le Coq, in date order, each linked to its source. Free to read, in full, without an account. Page 10 of 18.
“Le gouvernement préfère visiblement que nous ne parlions pas tout de suite de la question des holdings et du patrimoine, mais la séance a heureusement inséré l’amendement n o 1902 à un endroit qui nous permet d’en avoir un avant-goût. Les holdings sont au cœur du système qui permet aux milliardaires et aux plus riches de ce pays d’échapper très largement à l’impôt, puisqu’ils paient moins de 2 % d’impôt sur le revenu. C’est grâce à ses trente et une holdings domiciliées au Luxembourg, dont trois seulement ont une activité réelle, que Bernard Arnault paie bien moins d’impôts en proportion que tout le reste de la population.”
“…d’encadrer enfin les marges de la grande distribution afin qu’il ne soit plus possible de baisser les prix pour les agriculteurs et de les augmenter pour l’ensemble des Français. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – M. Benjamin Lucas-Lundy applaudit également.)”
“Depuis 2022, les prix de l’alimentation ont bondi de 20 à 25 % et les prix des produits agricoles ont baissé de 8 %. Au même moment, comme par magie, les marges de la grande distribution sont passées, pour certaines, de 28 % à 48 %. Des entreprises comme Carrefour ont atteint un bénéfice de plus de 1 milliard d’euros tout en licenciant. Des entreprises telles que Carrefour, Auchan ou Casino ont été capables de distribuer 2 milliards, 1 milliard ou plusieurs centaines de millions de dividendes. Cela doit cesser. Voilà pourquoi nous proposons, par cet amendement,…”
“Dans notre pays, d’un côté, sous l’effet de la politique de massacre social du gouvernement, 10 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté, soit 650 000 de plus que l’an dernier ; 350 000 personnes dorment dehors, dont 2 000 enfants ; 8 millions de personnes dépendent de l’aide alimentaire pour manger. D’un autre côté, des agricultrices et des agriculteurs sont confrontés à d’immenses difficultés parce qu’ils n’arrivent pas à vendre leurs produits – un agriculteur se suicide tous les deux jours. Si nous nous retrouvons dans une telle situation, c’est parce que, entre les agriculteurs qui produisent et les familles qui n’arrivent pas à se nourrir et à faire leurs courses correctement, il y a toute l’agro-industrie, la grande distribution qui fait exploser ses marges et se gave sur le dos des uns et des autres.”
“Monsieur le député, vous pouvez crier mais vous êtes du côté des plus fortunés !”
“Vous riez, madame Le Pen, mais à chaque fois que le RN fait des cadeaux aux plus riches, comme il l’a fait en refusant d’augmenter la CDHR ou l’IS et comme il vient de le faire avec la CVAE, on comprend de quoi est fait votre contre-budget. Pour compenser ces cadeaux, il y a le maintien du doublement des franchises médicales (Protestations sur les bancs du groupe RN) , des coupes dans la santé, des suppressions de postes de professeurs dans les écoles, la disparition de la prime d’activité pour 100 000 personnes en situation de handicap… ( M. Jean-Philippe Tanguy s’exclame. )”
“Pour cela, depuis le début de l’examen du budget, main dans la main avec les macronistes, il est prêt à saigner les Françaises et les Français. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP. – M. Benjamin Lucas-Lundy applaudit également.) La CVAE est compensée par la TVA. Les transferts aux collectivités territoriales, qui étaient nuls en 2017, représentent désormais 50 milliards. Qui paie la TVA ? Les plus pauvres ! Elle représente 12,5 % de leurs revenus contre seulement 4,7 % pour les plus riches. Ce débat fait tomber le masque du RN ! ( Mme Marine Le Pen rit ).”
“Je veux continuer à défendre la CVAE et sa compensation, mais aussi prolonger les interrogations formulées par David Guiraud. Qui le Rassemblement national et Mme Le Pen défendent-ils vraiment ? (Protestations sur plusieurs bancs des groupes RN, EPR et DR.) Calmez-vous, collègues macronistes : j’ai bien compris qu’il vous était difficile de supporter que l’on s’attaque à vos nouveaux amis, mais écoutez quand même la suite. Oui, le Rassemblement national veut la suppression de la CVAE. Il veut donc offrir un nouveau cadeau de 4 milliards aux entreprises. La fin du versement du produit de la CVAE aux collectivités territoriales est compensée par la taxe sur la valeur ajoutée. Elle est donc compensée sur le dos des Françaises et des Français. Le Rassemblement national veut faire des cadeaux aux plus riches.”
“Voilà la réalité de votre politique : toujours plus pour celles et ceux qui en ont plein les poches, et toujours moins pour ceux qui luttent pour que les Français puissent vivre correctement. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)”
“En effet, la baisse de 15 à 4 ou 5 milliards des impôts de production a profité, pour les deux tiers, aux 10 000 plus grandes entreprises du pays. (M. Pierre Cazeneuve s’exclame.) Et pour quels résultats ? Aucun ! L’Institut des politiques publiques le dit et l’écrit noir sur blanc : personne ne sait où est passé cet argent, et ces baisses d’impôt n’ont eu d’effet ni sur le comportement des directions d’entreprises, ni sur leur performance, ni sur l’investissement, ni sur l’emploi ou sur les salaires. Par contre, on continue de grever les ressources de nos collectivités territoriales. Derrière ce que vous votez, il y a des communes, des départements – toutes nos collectivités – incapables de rénover le terrain de sport où les gamins jouent, l’école où ils vont tous les jours.”
“À quel moment allons-nous décider d’arrêter de faire dans ce budget des cadeaux fiscaux à celles et ceux qui n’en ont pas besoin ? (« Oh ! » sur quelques bancs du groupe EPR.) Pour lutter contre le déficit, le gouvernement, les groupes qui le soutiennent, et même le Rassemblement national – si l’on en croit le contre-budget de Marine Le Pen –, considèrent comme légitime de ponctionner 7 milliards sur la santé des Françaises et des Français. (« Quelle honte ! » sur plusieurs bancs des groupes LFI-NFP et EcoS.) Dans le même temps, tout le monde semble d’accord pour redonner de l’argent à des entreprises auxquelles nous avons déjà accordé 211 milliards de cadeaux fiscaux. C’est absolument insupportable ! Je ne crois pas que les Français acceptent que l’on donne autant d’argent à des entreprises qui ne sont pas de petites structures.”
“La difficulté vient de ce que l’amendement du gouvernement a été présenté immédiatement après avoir été déposé. Pour la bonne compréhension du débat, il faudrait que l’on puisse savoir qui vote pour les sous-amendements et pour l’amendement du gouvernement. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP et sur plusieurs bancs du groupe RN. – M. Laurent Wauquiez applaudit également.)”
“Notre demande de scrutin public sur l’amendement du gouvernement a été rejetée, compte tenu du fait que la présentation avait déjà eu lieu.”
“Chaque euro que nous donnons aux grandes entreprises finit dans les poches des actionnaires et non dans les salaires, l’investissement ou le recrutement ! (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.)”
“C’est pourquoi, par ce sous-amendement, nous demandons que soit au moins rétabli le taux prévu dans le projet de budget pour les entreprises réalisant un chiffre d’affaires compris entre 1 et 3 milliards. Très sincèrement, nous sommes très en dessous de ce qui est nécessaire ! Je rappelle que les entreprises touchent 211 milliards d’euros d’aides publiques chaque année (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP) et que la majeure partie de cet argent va directement dans les poches des actionnaires. L’année dernière, les bénéfices réalisés par le CAC40 ont diminué par rapport à l’année précédente, passant de 150 à 130 milliards. Dans le même temps, les dividendes et les rachats d’actions sont restés les mêmes !”
“Vous noterez, monsieur le ministre, que vos amendements ne sont toujours pas satisfaisants. En effet, celui que vous venez de présenter – dans la précipitation, après l’avoir négocié dans une pièce sombre et obscure, en dehors de l’hémicycle, plutôt que d’en débattre largement avec l’ensemble de la représentation nationale (Mme Élisa Martin applaudit) –, prévoit de faire un nouveau cadeau à une certaine partie des entreprises : celles qui réalisent un chiffre d’affaires compris entre 1 et 3 milliards. Je ne crois pas qu’une entreprise dont le chiffre d’affaires s’élève à 2,5 milliards soit une petite entreprise qui doive moins contribuer cette année que l’année dernière !”
“Parfait, j’en suis satisfait. Je redis néanmoins que travailler dans de telles conditions, devoir demander des suspensions pour sous-amender à la va-vite des amendements que le gouvernement a déposés à l’improviste, de telle sorte que la possibilité pour les parlementaires de les étudier, de s’exprimer et de voir respecter leur droit d’amendement tienne à quelques secondes, est à la limite de l’acceptable. Voilà une manière plus que contestable de respecter le Parlement ! (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.) Ce n’était pas la peine de prononcer de grands discours sur le compromis si c’était pour procéder ainsi ! (Mêmes mouvements.)”
“Il se fonde sur l’article 100 du règlement, relatif à la bonne tenue des débats. Après avoir découvert, au beau milieu d’une série d’amendements en discussion commune, un nouvel amendement du gouvernement, nous avons demandé une suspension de séance qui nous a tout juste permis d’en prendre connaissance, sans pouvoir déterminer combien de milliards supplémentaires il représenterait. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.) Nous souhaitons le modifier et avons déposé à cette fin un sous-amendement qui n’est, pour le moment, pas affiché.”
“Au-dessus de 3 milliards de chiffre d’affaires !”
“Cette année, 83 entreprises ont fermé, 60 ont ouvert !”
“Selon vous, les cadeaux fiscaux faits aux grandes entreprises permettront d’augmenter l’emploi. C’est un mensonge ! Le chômage atteindra plus de 8 % cette année. Selon vous, cela permettra de réindustrialiser… (Le temps de parole étant écoulé, M. le président coupe le micro de l’orateur. – Les députés du groupe LFI-NFP applaudissent ce dernier.)”
“L’investissement en France va encore baisser de 1,8 % avec votre budget, et vous le savez. Selon vous, les cadeaux fiscaux aux grandes entreprises vont permettre d’augmenter les salaires. C’est un mensonge ! Ces derniers ont baissé en moyenne de 3 % ces dernières années.”
“Ensuite, j’aimerais qu’on arrête d’accumuler les mensonges et les contrevérités dans ce débat. Selon vous, le taux d’imposition des sociétés en France est plus élevé qu’ailleurs ou se situe juste au niveau de la moyenne. C’est un mensonge ! Le taux d’imposition des grandes entreprises et des multinationales en France est inférieur à la moyenne : il est de l’ordre de 14 %. Il est plus bas que celui des petites entreprises, les PME et les TPE. Les boulangers et les bouchers paient plus d’impôts que les grandes entreprises et les multinationales ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Selon vous, les cadeaux fiscaux aux grandes entreprises – ceux dont nous débattons et d’autres, à hauteur de 200 milliards d’euros – vont permettre d’augmenter l’investissement. C’est un mensonge !”
“On en arrive à la disposition qui représente le scandale absolu de ce budget. Vous offrez aux plus grandes entreprises de ce pays, celles dont le chiffre d’affaires est supérieur à 1 milliard d’euros, un cadeau fiscal de 4 milliards d’euros par rapport à l’année dernière – soit exactement la somme que vous allez récupérer dans les poches des retraités et des malades ! Vous financez ce cadeau fiscal aux entreprises par la baisse des pensions et la taxation des affections de longue durée. C’est une honte absolue. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.) Le présent amendement ne propose qu’une seule chose : faire en sorte que les plus grandes entreprises paient le même niveau d’impôt sur leurs bénéfices que l’année dernière. Ni plus, ni moins.”
“Vous pouvez paniquer et vous énerver, mais c’est un fait. Le Rassemblement national s’oppose à la contribution différentielle sur les hauts revenus comme il s’est opposé en commission au rétablissement de l’impôt sur la fortune, comme il s’est opposé à la taxe Zucman, à la taxation des dividendes, à celle des yachts, à toutes les taxations qui visent vos amis les plus aisés ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP et sur quelques bancs des groupes EcoS et GDR.) Vous êtes démasqués !”
“Or, non seulement, madame Le Pen, vous avez refusé que nous fassions contribuer les plus riches un petit peu plus, avec la contribution de solidarité sur les hauts revenus, mais vous avez même fait pire, il y a quelques minutes, en refusant que les plus riches de ce pays paient simplement ce qu’ils doivent payer ! Oui, vous vous êtes opposée à ce que les personnes qui gagnent plus de 250 000 euros par an soient contraintes de payer 30 % en moyenne d’impôt sur le revenu, ce qui est conforme à l’impôt théorique puisque, quand on gagne 250 000 euros, on doit s’acquitter en moyenne de 33 % d’impôt sur le revenu. Comme ce n’est pas le cas, nous demandons simplement que les plus riches paient leur juste part mais Mme Le Pen se dresse en protectrice des plus riches ! (Exclamations sur les bancs du groupe RN.)”
“Par ailleurs, on a vu tout à l’heure la fébrilité de M. Tanguy, qui s’est mis à hurler (Mme Marine Le Pen s’esclaffe) pour démontrer que Mme Le Pen, que cela rend visiblement hilare, n’est pas l’amie des plus fortunés.”
“Nous allons soutenir cet amendement, et j’ai du mal à comprendre la réponse de M. le ministre. L’an dernier, nous avons instauré un mécanisme pour que les plus aisés de notre pays paient leur juste part. Or il se trouve que deux tiers des personnes qui devraient être concernées y échappent, ce qui ne vous empêche pas de dire qu’au nom de la stabilité, on ne peut pas changer les modes de calcul tous les ans. Vous ne pouvez pas refuser de corriger un dispositif qui ne fonctionne pas !”
“C’est une honte, à l’heure où l’on décide de récupérer 7 milliards d’euros sur le dos des malades et de s’en prendre à ceux qui reçoivent des indemnités journalières pour affection de longue durée (ALD) ! Il est temps que les plus riches paient et contribuent à leur juste part ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Les impôts des Françaises et des Français augmentent depuis longtemps et le gouvernement a tenté de faire passer une nouvelle augmentation de la taxation de 18 millions d’entre eux, mais que nous dit le ministère de l’économie ? Que pour les 10 % des Français les plus riches, les taux d’imposition réels ont baissé ces dernières années ! (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.) On vient donc toujours frapper les mêmes, pendant qu’on baisse les impôts des plus riches. Le taux d’imposition sur le revenu des milliardaires n’est que de 2 % ! On nous dit qu’il n’y a pas que l’impôt sur le revenu. Certes, mais les milliardaires du pays paient en moyenne moitié moins de prélèvements obligatoires que le reste des Français.”
“J’ai entendu sur ces bancs avant-hier, et sur quelques plateaux de télévision depuis, que La France insoumise refuserait la justice fiscale et la taxation de celles et ceux qui perçoivent les plus hauts revenus. Je tiens à démentir cette idée. J’imagine que toutes celles et tous ceux qui, dans cet hémicycle, ont fait de la justice fiscale leur combat voteront mon amendement. Il tend à tripler le taux de la contribution de solidarité sur les hauts revenus, ceux qui dépassent 250 000 euros par an pour une personne seule et 500 000 euros par an pour un couple. La mesure vise donc celles et ceux qui gagnent plus de 20 000 euros par mois.”
“(Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Pour notre part, nous n’avons pas été consultés et n’avons pu donner le moindre avis sur le sujet, alors que, visiblement, vous avez eu un échange avec des parlementaires sur cette question. Par ailleurs, si ce n’était pas l’effet recherché, nous aimerions connaître la raison pour laquelle l’examen de l’article 3 est repoussé à plus tard. Il nous semble, du fait du débat public et de la recherche des recettes, que la question de la taxe Zucman et de l’imposition des hauts patrimoines est un point central et névralgique du débat. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Sur le fondement de l’article 100, monsieur le président. Je voudrais poser une question à M. le ministre, parce que j’avoue avoir du mal à comprendre. Vous venez de nous dire, monsieur le ministre, que vous remerciez les parlementaires qui ont accepté le changement d’ordonnancement de la discussion. Ce changement, qui repousse de fait l’examen de l’article 3 par rapport au programme initial, fait que nous ne sommes pas certains d’examiner aujourd’hui la question de la taxation sur les patrimoines, notamment celle de la taxe Zucman. Puisque vous dites que certains parlementaires ont accepté ce changement, est-il possible de savoir avec quels parlementaires il y a eu une discussion ?”
“Je rappelle que notre société compte aujourd’hui 3,5 millions de personnes en difficulté motrice et 1,6 million de personnes de plus de 60 ans avec des problèmes d’autonomie. Notre société doit enfin se transformer pour arrêter d’exclure et permettre à chacune et à chacun d’avoir accès à la dignité. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP. – Mme Sandrine Rousseau applaudit également.) Nous retirons l’amendement n° 2167, puisqu’il contient une erreur.”
“Je soutiens les amendements de nos collègues. Si on parle de personnes en situation de handicap, c’est parce que leurs difficultés ne leur sont pas inhérentes : elles sont créées par leur environnement et par notre société, qui n’est pas adaptée à leur situation, notamment dans le cas du logement. Il nous faut donc savoir pourquoi la société maintient des personnes en situation de handicap. Une loi votée en 2005 avait prévu que tous les logements nouvellement construits devaient être accessibles à toutes et tous, mais une loi d’Emmanuel Macron, votée en 2018, a ramené cette obligation à seulement 20 % des constructions neuves. Aujourd’hui, vingt ans après la loi de 2005, seulement 7 % des logements sont adaptés, ce qui maintient des millions de personnes en situation de handicap.”
“Au lieu de 12 000 euros par an, nous voulons fixer le plafond à 2 500 euros pour ceux qui n’ont pas de problème de dépendance, en sachant que le montant moyen du Cisap par foyer bénéficiaire est de 1 200 euros. Je conclurai brièvement en soutenant que c’est une honte que vous prétendiez ainsi lutter contre le travail dissimulé. Pour faire respecter la loi, vous préférez faire des crédits d’impôt pour donner de l’argent aux riches en leur disant : s’il vous plaît, employez correctement les gens, ne les exploitez pas, respectez la loi. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.)”
“La moitié de ces 7 milliards est donnée non pas à des personnes âgées ou dépendantes mais aux 10 % des ménages les plus riches du pays qui peuvent même en bénéficier pour employer un coach sportif. Nous ne pouvons pas ne pas réagir. Cependant, je le vois, cette niche fiscale est défendue bec et ongles, comme d’habitude et avec toute l’hypocrisie qui les caractérise, à la fois par la Macronie et le Rassemblement national qui n’a pas accepté une seule réduction de ce crédit d’impôt, de quelque nature qu’elle soit. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP. – Mme Dieynaba Diop applaudit également. ) L’amendement n o 2514 tend à recentrer enfin le Cisap.”
“Il y a un moment où il faut dire les choses franchement. Tout le monde a situé l’examen de ce budget dans le cadre de la réduction des déficits. Ainsi, le gouvernement nous propose un effort de 40 milliards d’euros. Pouvons-nous décemment le faire sans toucher à la première dépense du pays, à savoir les niches fiscales ? (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.) En effet, s’il y a des dépenses qui dérapent, qui explosent, qui ne sont pas maîtrisées, ce sont bien celles-là. Elles représentent 83 milliards d’euros et grèvent 25 % des recettes. En 2024, vous aviez établi combien cela devait nous coûter, mais ces dépenses ont dérapé de 4 milliards d’euros. Le Cisap constitue la deuxième niche fiscale du pays et son coût s’élève à 7 milliards d’euros.”
“Ce budget fournissant à tous l’occasion de s’égosiller sur le thème de la justice fiscale, nous proposons de transformer en crédit d’impôt la réduction d’impôt sur les dépenses pour accueil et hébergement en établissement spécialisé, afin que plus un seul retraité ne soit laissé sur le côté, et que chacune et chacun puisse vivre dignement à la fin de sa vie. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Dans quelles conditions vivent aujourd’hui les personnes âgées ? Pour des millions de personnes, vivre dans un Ehpad n’est pas une évidence mais un combat, pour elles comme pour leur famille, parce que les structures ne sont pas au niveau, parce que beaucoup de personnes âgées sont obligées d’aller dans le privé, parce que les prix sont exorbitants et disproportionnés. Les plus riches ont cependant le droit à un crédit d’impôt. Ainsi, pour l’accueil dans un Ehpad, l’État aide celles et ceux qui paient suffisamment d’impôts, mais tous les autres se retrouvent abandonnés ! Deux millions de personnes âgées vivent sous le seuil de pauvreté ; trois retraités sur dix, soit 5 millions de personnes, vivent avec une pension inférieure à 1 000 euros – 49 % des femmes retraitées sont dans cette situation.”
“C’est absolument insupportable ! Que les Françaises et les Français redevables de l’IR l’entendent : si ces amendements ne sont pas votés, ce sont 100 euros en moyenne qui seront pris directement dans leur poche par le gouvernement ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Comment avoir confiance dans la parole du gouvernement si celui-ci fait le contraire de ce qu’il a annoncé ? Nous proposons d’indexer au moins les deux premières tranches de l’impôt sur le revenu, pour que pas un Français modeste ne soit obligé de contribuer davantage alors qu’il a déjà du mal à vivre, tandis que, dans le même temps, vous refusez systématiquement de faire payer les plus riches ! (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.) Je rappelle que, dans notre pays, les milliardaires, grâce à de multiples exonérations et voies de contournement, paient moins de 2 % d’impôt sur le revenu et que, si l’on tient compte de l’ensemble des prélèvements obligatoires, les plus fortunés paient moitié moins en proportion que les plus pauvres. Et vous venez ensuite nous parler de justice fiscale et d’efforts ?”
“Puisque nous parlons du barème de l’impôt sur le revenu et de son indexation, je me demande quelle valeur a la parole de la ministre. Madame de Montchalin, je vous ai interrogée hier sur ce sujet, mais vous n’avez pas répondu. En juillet, vous avez affirmé à plusieurs reprises, dans tous les médias, que vous refuseriez toute augmentation des impôts pour les Françaises et des Français. Or vous nous présentez un budget qui ne prévoit aucune indexation des tranches de l’impôt sur le revenu ; 18 millions de Français verraient, de ce fait, leur impôt augmenter et 300 000 autres – les plus précaires –, qui n’étaient pas imposables, le deviendraient. Au moins 200 000, madame la ministre, ne faites pas non de la tête. Comment est-ce possible ?”
“Il n’y a pas de raison que les patrons puissent davantage exploiter des salariés précaires et que l’État paie l’addition pour ces heures supplémentaires ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – MM. Tristan Lahais et Benjamin Lucas-Lundy applaudissent également.)”
“Parce qu’elles sont payées davantage. Pourquoi le sont-elles ? Non pas parce que la valeur produite est mieux partagée à raison de son augmentation, mais parce qu’elles sont défiscalisées. Autrement dit, les heures supplémentaires sont payées plus cher du fait d’un effort de l’État, et non par le partage de la valeur produite (Mêmes mouvements) , dès lors que la majoration, dans beaucoup d’entreprises, n’est que de 10 %. Nous proposons que ces heures supplémentaires – ce difficile travail supplémentaire – soient payées non plus par l’État et l’ensemble des contribuables, mais bien par les entreprises (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – M. Benjamin Lucas-Lundy applaudit également) , par le partage de la valeur produite par les salariés, et que la majoration soit au minimum de 50 %.”
“Parce qu’ils sont pauvres ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – M. Benjamin Lucas-Lundy applaudit également.) Parce que, dans notre pays, il y a 1 million de travailleurs et travailleuses qui vont chaque jour au boulot et vivent sous le seuil de pauvreté. Parce qu’il y a 10 millions de personnes pauvres qui n’arrivent plus à faire leurs courses. Parce que les salaires, qui ont baissé de 3 points par rapport à l’inflation depuis qu’Emmanuel Macron est président de la République, sont trop faibles. (Mêmes mouvements.) La première réponse à apporter à la pauvreté des travailleurs, c’est d’abord d’augmenter les salaires. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Une autre question se pose : pourquoi les heures supplémentaires sont-elles intéressantes pour les travailleuses et travailleurs, pour les salariés ?”
“J’ai vu les gesticulations de Jean-Philippe Tanguy en face, qui essaie de nous faire croire qu’il voudrait, lui aussi, faire contribuer les plus riches. A-t-il eu une discussion avec ses… (Le temps de parole étant écoulé, Mme la présidente coupe le micro de l’orateur. – Les députés du groupe LFI-NFP applaudissent ce dernier.)”
“Kasbarian, qui considère que les plus riches paieraient encore trop. La Macronie est en train d’imploser : elle n’est même pas capable de défendre d’une seule voix un article de son budget.”
“Avec ce budget, les plus riches peuvent dormir sur leurs deux oreilles, puisque vous allez les faire payer encore moins que l’année dernière : l’effort qui leur était demandé, somme toute mesuré, était alors de 10 milliards. Cette année, il tombe à 5 milliards. Ce budget est un énorme cadeau aux plus fortunés. Vous savez pourtant qu’ils ont les moyens de payer : les 500 familles les plus riches ont vu leurs revenus doubler. En part de la richesse produite, leur patrimoine est passé de 12 % en 2010 à 42 % en 2024. Puisque l’on parle de faire contribuer au juste niveau les plus aisés, j’ai quelques questions à vous poser. La Macronie, madame la ministre, dispose-t-elle d’un groupe qui la soutient ? Bizarrement, l’un des amendements de suppression a été déposé par un macroniste, M.”
“Ce soir, nous aurons visiblement l’occasion de dévoiler toutes les arnaques de ce budget. La Macronie veut nous faire croire qu’elle va essayer de mettre à contribution les plus riches. Ne nous laissons pas tromper : elle a déjà prétendu le faire l’année dernière et cela n’a pas fonctionné. En effet, tout est suffisamment bien organisé pour qu’ils n’aient rien à payer. La contribution différentielle sur les hauts revenus, c’était votre argument de l’année dernière pour dire : nous allons faire de la justice fiscale. Patatras ! tout s’est écroulé, puisque son rendement réel est inférieur de 40 % à ce que vous aviez promis, soit à peine 1,2 milliard.”