Sandrine Runel
SOC · France
“Il est grave d’entendre de tels propos ! Les précédents amendements cherchaient à exclure du dispositif les personnes souffrant de troubles du spectre de l’autisme, les personnes bipolaires et les personnes atteintes de la maladie de Charcot au motif qu’elles manqueraient de discernement.”
“Du reste, si une personne malade est incarcérée, comme l’a très bien relevé Mme la rapporteure, elle est en général déjà prise en charge et hospitalisée.”
“Soyons lucides : de nombreuses ruptures conventionnelles sont en réalité des séparations que l’employeur préfère négocier plutôt qu’assumer. Bien souvent, elles évitent un licenciement, un contentieux ou la reconnaissance de difficultés managériales. C’est précisément là que réside notre désaccord.”
“De même, FO soutient que ce projet d’accord évite d’élargir la négociation à l’ensemble des conventions d’assurance chômage, ce que souhaite le patronat.”
“Il n’y a pas d’ambiguïté sur ce point : nous continuons de contester une logique qui fragilise celles et ceux qui subissent déjà la précarité et qui, trop souvent, considère les demandeurs d’emploi comme un coût. Nous nous abstiendrons car nous respectons la démocratie sociale, ce qui est sûrement une différence fondamentale entre nous.”
“Ce projet de loi est le produit d’un chantage permanent exercé par le gouvernement sur les partenaires sociaux. Depuis la réforme de l’assurance chômage de 2018, les négociations ne se déroulent plus librement, mais sous la menace constante d’une intervention gouvernementale.”
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“Les exonérations au-delà de 2,5 smics sont totalement inefficaces. Cela fait huit ans que nous vous le répétons et que nous disons que la politique de l’offre macroniste ne fonctionne pas. Nous sommes là pour trouver de nouvelles recettes. Nous vous proposons donc de récupérer 2,25 milliards d’euros, en plafonnant les exonérations à 2,4 smics. Tous les rapports le recommandent. Tenez-en compte, s’il vous plaît. Nous avons besoin d’argent pour la santé des Français.”
“Il vise à relever le taux de cotisation AT-MP des entreprises présentant un taux de sinistralité anormalement élevé. En somme, il s’agit d’appliquer un malus aux entreprises qui ne prennent pas soin de leurs salariés. Un ancien premier ministre a dit ici : Tu casses, tu répares ; nous disons : Vous cassez les travailleurs, vous les réparez en payant plus. Cette mesure incitera les entreprises à être plus attentives envers leurs employés et augmentera surtout les fonds destinés à prendre soin des malades.”
“Alors plutôt que de faire des économies sur les repas et les loisirs des gens qui travaillent, nous, socialistes, vous proposons d’autres voies de financement par des amendements portant article additionnel après l’article 8, telles que l’abaissement du point de sortie des allégements généraux ou encore l’assujettissement aux cotisations des attributions gratuites d’actions. Nos recettes préservent le pouvoir d’achat des Français ! (Applaudissements sur quelques bancs du groupe SOC.)”
“Vous ne le savez peut-être pas mais, pour certains, les titres-restaurant et les chèques-vacances constituent le dernier filet de sécurité pour se nourrir, faire ses courses et offrir des loisirs à ses enfants. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe SOC.)”
“Après le Mozart de la finance, voici les Mozart du pouvoir d’achat. Vouloir taxer les titres-restaurant et les chèques-vacances – dont bénéficient respectivement 5 et 4,8 millions de personnes –, c’est vouloir taxer le pouvoir d’achat des Françaises et des Français. Comme la majorité de ce PLFSS, cet article, s’il était adopté, réduirait le pouvoir d’achat de ces millions de travailleuses et de travailleurs. Augmenter les cotisations sociales sur ces compléments de salaire, c’est prendre le risque que de nombreux employeurs cessent d’en proposer. C’est un comble : depuis huit ans, nous demandons à la Macronie de prendre position en faveur d’une augmentation des salaires plutôt que de compléments de salaire désocialisés (Mme Prisca Thevenot s’exclame) et c’est maintenant que vous consentez à les assujettir à des contributions !”
“Cela fait huit ans que nous devrions l’avoir !”
“– Mme Dominique Voynet applaudit également.)”
“Le rapporteur général nous oppose que ces amendements seraient source de complexité et que nous ne saurions pas très bien ce que nous entendons par thérapeutique non médicamenteuse et par prévention. Je lui renvoie la question car les gouvernements successifs – ils ont d’ailleurs été si nombreux qu’on s’y perd – nous ont tous promis un plan pour la prévention en santé, mais ont tous échoué pour ce qui est de la mise en œuvre. La part de budget consacrée à la prévention reste marginale, comme nous le voyons dans ce PLFSS. Pour notre part, nous savons ce qu’est la prévention en santé ; nous savons l’intérêt qu’elle présente pour le bien-être des Françaises et des Français. Par nos amendements, nous voulons protéger et développer la prévention, et les mutuelles doivent y prendre leur part. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe SOC.”
“Cet amendement relève de la même démarche que les précédents : renforcer la prévention en santé. Il vise à instaurer un taux réduit de TSA, fixé à 5 %, pour les garanties supplémentaires prenant en charge des thérapeutiques non médicamenteuses telles que les séances de diététique, de psychologie ou d’activité physique. Plutôt que d’empiler des déclarations d’intention, il est temps d’adresser un signal incitatif fort aux organismes complémentaires qui s’engagent à soutenir ainsi la prévention. Ces pratiques ont fait la preuve de leur efficacité dans la prévention de nombreuses maladies chroniques, et cette approche est validée par la HAS et l’Inserm. Il faut véritablement s’engager dans ce combat. Nous vous invitons à adopter cet amendement qui encourage un changement de paradigme. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe SOC.)”
“Alors oui, allons chercher l’argent où il est et ne tapons pas encore une fois les assurés au portefeuille. Le groupe Socialistes et apparentés votera évidemment contre l’article.”
“Cette taxe est une fausse bonne idée. Il pourrait sembler judicieux d’imposer les organismes complémentaires, ces grandes entreprises qui ramassent chaque année un pognon de dingue grâce à leurs assurés, afin d’obtenir des recettes supplémentaires pour financer la sécurité sociale. Toutefois, mon collègue Hendrik Davi vient de le dire, on sait bien que le paiement de cette taxe reposera in fine sur le dos des assurés. Nous l’avons constaté l’année dernière : les complémentaires avaient anticipé la hausse du ticket modérateur sur les actes et les consultations médicales annoncée par le gouvernement Barnier en augmentant les cotisations – même quand elles ne subissent pas de taxe complémentaire, elles augmentent leurs prix ! Les grandes entreprises comme Axa ou Generali font pourtant des bénéfices records.”
“Ça suffit ! C’est dingue d’être aussi raciste !”
“C’est typique de la Macronie, qui demande toujours un effort partagé mais, « en même temps », un effort collectif qui ne passe par l’austérité que pour les classes moyennes et les classes populaires. Nous demandons évidemment la suppression de cet article, comme nous demanderons la suppression de son pendant, l’article 44, qui est l’une des plus belles pièces du musée des horreurs, puisqu’il prévoit une année blanche pour l’ensemble des prestations et des pensions. Nous, nous entendons le mal-être des Français, nous partageons leurs craintes sur l’inflation et sur le pouvoir d’achat, nous les entendons et agissons en conséquence. Et puisqu’il me reste un peu de temps, pouvez-vous me dire, monsieur le ministre, à quel moment nous débattrons de l’amendement gouvernemental sur la suspension de la réforme des retraites ? (M.”
“Cet article s’attaque directement au pouvoir d’achat des Françaises et des Français. En gelant les seuils d’entrée et les plafonds de sortie des taux réduits de CSG, le gouvernement augmente de manière ciblée la CSG des retraités et des demandeurs d’emploi, et réduit donc d’autant leurs revenus. Certains ménages, et le gouvernement le sait, basculeront pour quelques euros de plus dans le taux supérieur à cause de cette absence de réévaluation des seuils. C’est une mesure profondément régressive, comme tout votre budget d’ailleurs, car elle repose uniquement sur les personnes aux revenus modestes. Concrètement, pour un retraité franchissant tout juste le seuil, sa contribution passerait à 45 euros par mois. Et tout ça sans jamais demander aux plus riches de contribuer à l’effort de rétablissement des comptes sociaux.”
“Je soutiens l’amendement de M. Monnet qui propose, dans la suite de nos échanges, de taxer – puisque vous adorez ce terme – les plus hauts revenus. Oui, il y a un problème de recettes sur la branche vieillesse : nous avons besoin d’un financement supplémentaire pour cette année et surtout pour les années à venir. Nous ne pouvons pas l’ignorer. Je vous invite donc à voter l’amendement de M. Monnet ou, à défaut, l’un des amendements suivants. Ceux qui en ont les moyens doivent contribuer à combler ce besoin de financement. (Mme Sandrine Rousseau applaudit.)”
“Afin de rétablir une démocratie sociale et d’assurer aux partenaires sociaux une place centrale dans la gouvernance de la SSAA, cet amendement prévoit d’élire les membres de son conseil d’administration ou de les désigner sur la base des résultats des élections professionnelles des artistes-auteurs. L’article 5 va dans le bon sens mais demeure incomplet. Nous souhaitons clarifier la position des représentants dans la future gouvernance et accentuer son caractère démocratique : les artistes-auteurs en ont bien besoin !”
“Les enjeux de représentation des artistes-auteurs au sein de la SSAA seront au centre de nos débats sur cet article. J’espère que nous pourrons nous accorder pour que la gouvernance repose sur les partenaires sociaux et les représentants des artistes-auteurs, car c’est là le cœur de la démocratie sociale. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe SOC. – Mme Danielle Simonnet applaudit également.)”
“Certains de mes collègues l’ont dit, le système de sécurité sociale propre aux artistes-auteurs est défaillant. Surtout, il met en péril leurs droits sociaux. C’est pour réparer cette injustice que l’article 5 prévoit une gestion centralisée de la sécurité sociale des artistes-auteurs. Ceux-ci bénéficieraient ainsi d’un interlocuteur unique, l’Urssaf. Si les artistes-auteurs soutiennent cette ambition de clarification, ils nous ont néanmoins alertés sur le manque de démocratie sociale qui caractérise le système actuel. La Cour des comptes l’a d’ailleurs confirmé dans son rapport de 2024. Dès lors, non seulement l’article 5 doit prévoir le transfert des compétences de la SSAA à l’Urssaf, mais il devra aussi assurer le respect du dialogue social dans la gouvernance de la SSAA.”
“Comme vient de le dire notre collègue Rousseau, vous voulez baisser de 60 millions d’euros la contribution de l’assurance maladie à ce fonds pour la modernisation et l’investissement en santé. C’est pourtant un levier essentiel pour moderniser le système de santé ; il permet surtout de réduire les inégalités territoriales en finançant des projets dans les hôpitaux et les établissements médico-sociaux de proximité – et nous savons qu’ils en ont vraiment besoin. Pour leur éviter cette coupe budgétaire, nous proposons de supprimer le présent article.”
“Votre dernière annonce ? La suppression de la prime de Noël. L’annonce que nous attendons, vous le savez, ce n’est pas celle-là ; c’est celle du dépôt de l’amendement qui confirmera l’intégration des carrières longues de la génération 1965 à cette suspension tant attendue par les Français. Mes chers collègues, les Françaises et les Français nous regarderont attentivement ces prochains jours. Ils nous regarderont depuis les urgences, depuis les caisses des supermarchés, depuis les salles de classe et les chantiers. Ils se rappelleront qui s’est battu pour eux et qui a renoncé. (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC.)”
“Ces mesures financeront largement la suspension de la réforme des retraites et permettront ainsi à 3,5 millions de Français de partir plus tôt. Monsieur le ministre du travail, à chaque fois que vous prenez la parole depuis votre arrivée, c’est pour sabrer un peu plus le revenu des plus précaires.”
“Heureusement, ces mesures délétères pour la santé et les revenus des Français ont été supprimées en commission. Nous nous mobiliserons pour qu’elles le soient à nouveau en séance : vous pouvez compter sur nous. Face aux propositions d’économie et de recettes antisociales du gouvernement, nous, socialistes, sommes parvenus à faire adopter en commission 2,8 milliards de recettes supplémentaires sans toucher au budget des plus modestes : par l’augmentation de la contribution sociale généralisée (CSG) sur les revenus du capital, ou par la hausse de la taxation des régimes de retraite chapeau.”
“Pouvoir d’achat pour les apprentis, enfin, dont vous voulez assujettir les rémunérations aux cotisations sociales, alors même que le taux de pauvreté chez les jeunes est l’un des plus élevés de la population française. Toutes ces mesures d’économie sont les plus régressives que ce gouvernement aurait pu imaginer, tant elles font peser l’effort sur les ménages des classes moyennes et des classes populaires.”
“Pouvoir d’achat pour les retraités et les allocataires de prestations sociales, sur qui vous voulez faire peser le poids de l’inflation par votre année blanche, au prix d’une perte de revenu non négligeable pour des ménages dans le besoin. Pouvoir d’achat pour les salariés, que vous fragilisez en prévoyant d’augmenter les cotisations sur les chèques-vacances et les titres-restaurant, au risque d’en freiner l’utilisation. Doit-on vous rappeler que ces compléments de salaire sont souvent les derniers leviers pour pouvoir se nourrir et offrir des loisirs à ses enfants ? Pouvoir d’achat pour tous les patients, dont vous augmentez et élargissez les franchises et les participations forfaitaires, au risque de faire exploser le non-recours aux soins.”
“Huit ans que les différents intermittents plus ou moins reconduits de Matignon trahissent l’idée même de la sécurité sociale et laissent de côté des millions de Françaises et de Français. Huit ans que vous considérez la santé des Français comme une variable d’ajustement budgétaire en augmentant sans cesse le reste à charge des patients. Et au bout de huit ans, ce sont plus des deux tiers des Français qui renoncent à des soins pour des raisons financières. Nous, socialistes, portons une voix différente : celle de l’universalisme. Celle qui garantit à chacun d’être assuré contre la maladie, la vieillesse, la perte d’autonomie et les accidents du travail. Quand vous parlez d’austérité, nous vous répondons pouvoir d’achat.”
“Un scandale joliment emballé dans du papier administratif, mais un scandale qui pèse sur chaque hôpital, sur chaque malade et sur chaque soignant. Un scandale que l’on tente de nous imposer au nom d’un chantage moral à la responsabilité. Nous aurions pu rêver d’un autre budget qui protège nos aînés, qui soutienne nos soignants, qui garantisse la dignité de tous les Français, mais le gouvernement a choisi un autre chemin : celui de la stigmatisation, de la division et de la culpabilisation. Encore et toujours, il parle d’effort collectif, mais dispense les riches de toute contribution. Plus qu’un musée des horreurs, ce budget est une galerie des illusions, une exposition permanente de cynisme. Ce cynisme caractérise vos huit ans d’exercice du pouvoir.”
“…où des femmes et des hommes bâtirent notre système de retraite et notre modèle de solidarité, pour discuter du budget de la sécurité sociale. Loin d’honorer cet héritage, vous en piétinez l’esprit. Il faut le dire, ce PLFSS n’est pas un budget, c’est un scandale.”
“Nous voilà réunis dans cet hémicycle des grandes conquêtes sociales : celui où Ambroise Croizat bâtit la sécurité sociale, où Michel Rocard inventa le revenu minimum d’insertion, où Martine Aubry instaura les 35 heures,…”
“Une loi de financement de la sécurité sociale peut être rigoureuse sans être punitive ; elle peut être responsable sans être injuste. Le PLFSS pour 2026 pourrait en être la démonstration s’il faisait le choix d’un partage plus équilibré des efforts et d’une solidarité mieux répartie. C’est dans cet esprit de justice et de responsabilité que j’aborderai ces débats, responsable et volontaire afin que nous parvenions à débattre, je l’espère, de la branche vieillesse. (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC.)”
“Les femmes sont toujours les grandes perdantes de notre système de retraites : dans le régime général, elles perçoivent une pension moyenne inférieure de 38 % à celle des hommes. Si certaines mesures proposées dans ce PLFSS vont dans le bon sens, elles sont bien trop modestes et ne s’attaquent ni au cœur du problème, celui des inégalités salariales, ni à la question d’une réforme des droits familiaux. Je veux le redire avec force : les débats en commission ont montré qu’un autre équilibre était possible. La majorité des députés a rejeté les mesures les plus injustes du texte – le gel de la CSG sur les pensions, l’élargissement du champ des franchises et des participations forfaitaires, la sous-indexation des prestations – et a soutenu, à l’inverse, des propositions plus équitables, comme la hausse de la CSG sur les revenus du capital.”
“Nous voulons une suspension financée par des mesures de justice redistributive n’affectant pas le pouvoir d’achat des Français. Certains diront que ce n’est pas suffisant, que ça ne va pas assez loin, qu’il s’agit d’un mensonge, d’une escroquerie de plus de la Macronie. Je leur répondrai : regardez. Les bénéfices sont là ; les comptes sont faits. Quelque 3,5 millions de Françaises et de Français pourront partir à la retraite plus tôt grâce à cette suspension, si elle est adoptée. Par ailleurs, ce texte prévoit une refonte du dispositif du cumul emploi-retraite. Si nous partageons l’ambition qui l’inspire, il faudra veiller à ce que cette réforme ne pénalise pas les retraités qui reprennent une activité par nécessité. Enfin, la réduction des écarts de pension entre les femmes et les hommes reste pour nous un combat à mener.”
“Le groupe socialiste a proposé des solutions pour un financement plus juste de notre système de retraite, qui ne fasse pas peser la charge sur les retraités modestes, mais sur ceux qui en ont les moyens, comme la hausse de la CSG sur les revenus du capital, adoptée en commission, l’assujettissement des attributions gratuites d’actions aux cotisations sociales et la réduction des exonérations.”
“Elle laisse de côté plusieurs catégories d’assurés : ceux relevant du dispositif des carrières longues, ceux de Saint-Pierre-et-Miquelon et de Mayotte, ainsi que les personnes nées au premier trimestre 1965. Nous attendons du gouvernement qu’il revienne sur ces écueils et précise, ici, en séance publique, les modalités d’intégration de ces assurés dans le dispositif de suspension, car une suspension partielle n’est pas une suspension juste. De plus, les choix retenus par le gouvernement pour financer cette mesure ne sont pas plus acceptables que ses écueils.”
“Mais, en réalité, la suspension présentée comme un geste d’apaisement par le gouvernement n’est rien d’autre que l’aveu d’un échec : celui d’une méthode autoritaire, d’un projet d’une brutalité sociale et démocratique inédite. (M. Jean-Carles Grelier proteste.) Aussi la suspension de la réforme des retraites ne saurait-elle constituer une fin en soi. C’est au contraire le premier pas vers une refondation complète de notre système. Notre responsabilité collective et partagée est de garantir que d’ici l’élection présidentielle de 2027, aucune nouvelle injustice ne soit imposée aux travailleuses et travailleurs de ce pays. La lettre rectificative au PLFSS, qui suspend l’âge de départ à 62 ans et 9 mois et la durée d’assurance à 170 trimestres, apporte certes une première solution. Cette suspension demeure toutefois partielle.”
“Nous abordons, avec la branche vieillesse, un moment de vérité. L’examen du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 s’ouvre dans un contexte encore profondément marqué par les conséquences toujours vives de la réforme des retraites de 2023. Deux ans après son passage en force, le verdict est sans appel : les excédents promis ne sont pas au rendez-vous, les déficits demeurent, à hauteur de 5,8 milliards d’euros en 2025, et le malaise social s’est installé durablement. C’est dans ce contexte que le premier ministre s’est engagé, devant la représentation nationale, à suspendre le calendrier de report de l’âge de départ à la retraite ainsi que celui de la hausse de la durée d’assurance.”
“Ma collègue Fanny Dubot, maire du 7 e arrondissement, ou encore votre collègue Pierre Oliver, maire Les Républicains du 2 e arrondissement, participent à cette instance et dialoguent tant avec la métropole de Lyon qu’avec le maire de Lyon. Je le répète, cette réforme est dépourvue de bon sens. C’est une usine à gaz. Nous souhaitons donc supprimer l’intégralité du texte.”
“Arrivés à l’article 6, le dernier du texte, vous vous apercevez que vous avez créé une usine à gaz. Craignant que les acteurs de ce grand bazar ne communiquent pas entre eux, vous décidez donc de créer une conférence des maires. Vous semblez penser que c’est l’idée du siècle, mais je vous invite à vous rendre à Lyon : vous verrez que la conférence des maires existe déjà ! Si j’étais rapporteure, je dirais que l’article est déjà satisfait. Article après article, amendement après amendement, vous découvrez que votre réforme n’a aucun intérêt pour notre commune. Nous n’avons pas attendu votre réforme ni vos bidouillages pour organiser une conférence des maires permettant aux maires d’arrondissement de parler avec le maire de Lyon.”
“Nous proposons de supprimer l’article 4 en raison de l’impréparation de cette loi, notamment en ce qui concerne Lyon. Vous avez découvert il y a deux mois à peine l’existence de la métropole de Lyon, que vous ne savez pas qualifier mais qui est une collectivité locale à statut particulier, selon les termes de la loi Maptam. Nous répétons que si ce texte venait à être adopté, il serait prématuré de l’appliquer pour les prochaines élections municipales de mars 2026. Nous demandons un temps de réflexion afin qu’il ne s’applique pas aux prochaines élections municipales mais aux suivantes. On ne change pas un mode de scrutin à moins de neuf mois d’une élection et à quelques semaines de l’ouverture des comptes de campagne !”
“Dès lors que vous êtes soucieux de démocratie locale, il me paraît essentiel de le voter : si la réforme était adoptée – ce qui semble probable – vous assurerez une meilleure représentation des habitants à Lyon.”
“Ainsi, depuis 1982, la population des 3 e et 7 e arrondissements a augmenté respectivement de 56 % et de 68 %, alors que le nombre de conseillers est resté inchangé. L’amendement vise à remédier à cette situation en corrigeant la répartition des sièges dans les neuf arrondissements de la ville sans changer ni le nombre total de conseillers d’arrondissement – 221 – ni le nombre de conseillers municipaux – 73 – puisque nous sommes très soucieux d’économiser les deniers publics. Adopter cet amendement démontrerait que la concorde existe dans cet hémicycle et témoignerait de l’ouverture d’esprit de nos camarades, ou collègues, du bloc central ou commun.”
“Je demande un peu d’attention car cet amendement est très sérieux et un peu plus technique. Vous pourrez peut-être le voter car il ne concerne que Lyon et ne compromettra pas la constitutionnalité du texte, bien au contraire. Il vise à actualiser le tableau de répartition des conseillers de Lyon par arrondissement compte tenu des évolutions démographiques de la ville, ce qui n’a pas été fait depuis 1983. Ce tableau comporte une colonne relative au nombre de conseillers d’arrondissement et une autre fixant le nombre de conseillers municipaux pour chaque arrondissement concerné. Le rapport entre le nombre de conseillers municipaux et la population est tout à fait insatisfaisant au regard des évolutions démographiques par arrondissement.”
“Chers camarades, vous allez apprendre des choses !”
“Soyons sérieux deux minutes ; venez à Paris, à Lyon et à Marseille et vous verrez que cela ne se passe pas comme cela ! Vos arguments sont fallacieux ; ils sont en carton et n’ont pas d’intérêt.”
“Personne ne fait cela ! Qui voterait à Marseille pour Stéphane Ravier et se dirait en même temps : « Benoît Payan est un excellent maire, » – nous sommes tous d’accord pour le dire – « je voterai pour lui à la mairie de Marseille » ?”
“Nous parlons de Paris, de Lyon et de Marseille, c’est-à-dire des trois plus grandes villes de France. Dans le 7 e arrondissement de Paris, pensez-vous qu’un électeur de Rachida Dati à la mairie d’arrondissement puisse se dire : « Tiens, je vais voter pour Emmanuel Grégoire à la mairie de Paris » ?”
“Quels sont les électeurs qui votent pour des personnalités de couleurs politiques distinctes aux élections d’arrondissement et à celles de la mairie centrale ?”
“J’écoute avec attention vos arguments et j’en retiens surtout que vous avez souvent changé d’avis en deux mois. Un jour, vous retirez Lyon de la réforme, le lendemain vous vous ravisez. Un autre jour, vous proposez un bulletin unique puis vous faites marche arrière et vous opposez aux amendements qui vont dans ce sens, pour des motifs qui méritent que l’on s’y attarde un instant. De manière assez baroque, vous dites que le bulletin unique empêcherait les électeurs de choisir une personnalité à laquelle ils sont attachés dans leur arrondissement et un maire central, chargé de représenter la ville, qui serait issu d’une autre famille politique. Soyons sérieux et objectifs : qui fait cela ?”
“Nous sommes très hostiles à cette réforme et c’est donc en toute logique qu’après avoir voulu supprimer l’article 1 er , nous souhaitons supprimer le suivant, qui ne va pas dans le sens d’une meilleure démocratie et ne sert pas l’intérêt des communes, en particulier celui de Lyon.”
“Nous aussi sommes très désireux d’y parvenir ; c’est la raison pour laquelle nous proposons ce bulletin unique, qui concrétisera de manière tout à fait transparente le principe maintes fois affiché selon lequel un électeur égale une voix. Pour ce qui est de la ville de Lyon, il permettra de voter pour 221 conseillers d’arrondissement et 73 conseillers municipaux ; chaque électeur disposera ainsi d’une vision globale et pertinente du scrutin, arrondissement par arrondissement.”
“Nous proposons donc un bulletin unique, ce qui répondrait aux attentes de tout le monde en offrant la possibilité de voter pour le conseil d’arrondissement en même temps que pour le conseil municipal de Lyon ; on ne voterait ainsi qu’une seule fois, dans un scrutin qui concernerait aussi la mairie de Lyon – je le précise puisque vous avez l’air de vouloir à tout prix que l’on vote pour élire le maire de Lyon !”