Jérôme Guedj
SOC · France
“Dans cet hémicycle, à cet instant, chacun s’exprime avec les convictions qu’il a chevillées au corps. Vous me permettrez donc de dire, n’en déplaise à certains, que je partage les inquiétudes exprimées par notre collègue Emmanuel Maurel. Lorsqu’on dépose un texte relatif à la Constitution, on s’adresse à l’ensemble des Français.”
“De même, la reconnaissance d’un « lien singulier à la terre » introduit une dimension identitaire qui n’est pas la bonne manière de répondre à la question sociale et à la question politique légitimement soulevées par les habitants et par les élus de Corse.”
“Je le dis avec solennité, mes chers collègues : l’intérêt général de la République n’est pas la somme des intérêts particuliers des territoires qui la composent. En tant que constituant et législateur national, notre assemblée ne peut pas jeter par-dessus bord ce principe essentiel.”
“Une fois n’est pas coutume, je vais être d’accord avec l’intervention de la présidente Panot. (Mme Danièle Obono applaudit.) Nous n’avons pas à tenir ici la conférence des présidents qui, manifestement, doit se réunir, notamment pour aborder un point à propos duquel je souhaite interpeller M. le ministre.”
“Le meilleur moyen de lever toute suspicion, fondée ou non, selon laquelle l’inscription de ce texte interviendrait en rétorsion de votes qui ne vous seraient pas favorables, est d’annoncer qu’en cas de rejet du texte sur la Nouvelle-Calédonie, l’Assemblée reprendra ses travaux comme ils sont prévus la semaine prochaine, au lendemain du lu…”
“À plusieurs reprises, au cours de nos débats, il a été dit que ce texte sera une loi de laïcité. L’inspiration était audacieuse, mais elle faisait référence à un beau principe qui traverse la loi de 1905 : la liberté de croire ou de ne pas croire, sans pression.”
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“À l’époque, vous vous seriez opposé aux prémix !”
“Je vais vous donner un exemple de l’utilité du nutriscore. On compte trente-cinq variétés de müesli aux pépites de chocolat en France, classées de A et E. Grâce au nutriscore, le consommateur sait lesquelles sont les plus vertueuses et… (Le temps de parole étant écoulé, Mme la présidente coupe le micro de l’orateur. – Plusieurs députés des groupes SOC et Dem applaudissent ce dernier.)”
“…de promouvoir cet outil. Un des arguments avancés consiste à expliquer que des produits auxquels nous tenons sont menacés. Mais les consommateurs savent bien que le beurre, l’huile ou les fromages que nous aimons ne peuvent être rangés dans la classe A ! Il n’est pas pour autant interdit de les consommer : le nutriscore nous invite simplement à le faire avec la modération nécessaire.”
“L’intelligence du consommateur peut en effet s’exercer dès lors qu’il est informé et éclairé. Notre collègue Ramos a rappelé le travail piloté depuis tant d’années par Serge Hercberg pour mener à bien ce projet né en France et adopté par sept pays européens. J’entends les objections, madame la ministre. Il nous appartient cependant, dans une démarche messianique (Exclamations sur divers bancs) , si j’ose dire,…”
“Le nutriscore n’est pas une interdiction. C’est un pari sur l’intelligence du consommateur. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe SOC.)”
“Les médicaments biosimilaires, génériques et hybrides sont un moyen de concilier la qualité des soins et leur juste prix. Or leur développement peut encore progresser. C’est la raison pour laquelle les exclure de la clause de sauvegarde – qui n’est ni plus ni moins qu’une taxe sur l’industrie pharmaceutique – constituerait une incitation bienvenue à leur développement. Bien que nous examinions la partie recettes de PLFSS, nous nous situons en quelque sorte à la jonction avec son volet dépenses, puisque nous cherchons aussi à faire des économies – en l’occurrence sur les dépenses relevant de la partie soins de ville de l’Ondam, l’objectif national de dépenses d’assurance maladie.”
“Je préférerais tellement que vous soyez à nos côtés pour trouver ces recettes, pour préserver les classes moyennes et populaires, plutôt que de vous voir donner systématiquement des avis défavorables à nos propositions ! (Mêmes mouvements.)”
“Monsieur le rapporteur général, avec toute l’estime et même l’affection que j’ai pour vous, permettez-moi de vous dire avec gravité qu’il faut arrêter avec cette histoire de négociations entre le gouvernement et les socialistes. (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC. – Exclamations sur les bancs du groupe RN.) Il n’y a pas de négociations, il n’y a que du travail parlementaire, qui se fait dans l’hémicycle. Nombre de nos propositions ont d’ailleurs été rejetées par le gouvernement et le socle commun ! (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC et sur quelques bancs du groupe EPR. – Exclamations sur les bancs du groupe RN.) Certaines d’entre elles ont réussi à convaincre, parce qu’elles permettaient de dégager des recettes pour la sécurité sociale.”
“Il y a 150 milliards de CSG et un peu de TVA. Le total des recettes, c’est 645 milliards.”
“Il porte sur une autre exonération liée, non pas à la PPV, mais au PPVE, le plan de partage de la valorisation de l’entreprise. Il vise à abaisser à 6 000 euros le plafond d’exemption de cotisations pour la prime accordée au titre du PPVE lorsque la rémunération du salarié est supérieure à trois smic. Madame la ministre, vous avez dit tout à l’heure que l’amendement était satisfait. Or cela m’inquiète un peu car, après vérification, les mécanismes d’exonération liés à la PPV et à la PPVE sont différents.”
“Il faudrait donc qu’un amendement soit déposé au Sénat – pourquoi pas par le gouvernement ou par des sénateurs de tous bords qui suivent nos débats et que je salue au passage ? Nous sommes en tout cas plusieurs à souhaiter travailler sur cette question. Je précise que 400 à 500 millions d’euros de recettes potentielles pour la sécurité sociale sont en jeu. Alors que nous cherchons des millions, et même des milliards, chaque moyen d’augmenter les ressources compte. À la suite de votre réponse, je retire l’amendement n o 277.”
“Il est vrai qu’un incident s’est produit, semble-t-il, s’agissant de mon amendement relatif à la distribution d’actions gratuites, une question que j’ai encore abordée hier soir et que nous avions évoquée en commission – nombre de parlementaires y avaient alors été sensibles. Il me semble nécessaire de renforcer la socialisation en la matière, c’est-à-dire de prévoir une contribution au financement de la sécurité sociale au vu de l’extrême concentration des revenus concernés. Je vous rappelle les chiffres : plus de 3 milliards d’actions gratuites distribuées à des personnes dont le revenu annuel est supérieur à 100 000 euros. J’entends, madame la ministre, que vous êtes disponible pour en discuter. Vous auriez d’ailleurs pu nous le proposer vous-même dès le départ mais c’est le travail parlementaire qui nous en donne l’occasion.”
“Ils sont devant vous ! (Quelques députés du groupe SOC désignent l’écran de leur tablette.)”
“Si vous êtes d’accord pour traiter la question des compléments de salaire, il vous faudra à un moment ou à un autre adopter un amendement, la navette permettant d’affiner ensuite le texte ; or le n o 221 est peut-être, si j’ose dire, le moins maximaliste à ce sujet. L’amendement n o 267 est défendu.”
“La ministre nous a invités tout à l’heure à entrer dans une logique de progressivité ; elle a parlé de barème au sujet de la prime de partage de la valeur. En réponse à une préconisation de la Cour des comptes, je vous propose donc d’abaisser à 6 000 euros le plafond d’exemption des compléments de salaire lorsque le salaire même est supérieur à trois smics – tout en reconnaissant ces compléments, et sans pénaliser le pouvoir d’achat. Je veux bien que soient déposés des sous-amendements, je veux bien que ces dispositions soient retravaillées au cours de la navette, mais si tous nos amendements sont rejetés, il n’y aura pas matière à discussion !”
“Le dernier tiers est partagé entre 145 personnes, dont le salaire annuel dépasse 2 millions, et qui toucheront chacune 11 millions d’euros en actions. Rien de tout cela n’est soumis à cotisations sociales pleines et entières. L’an dernier, nous avons porté le forfait social de 20 % à 30 % ; il nous faut l’augmenter de 10 points encore, afin d’aller chercher 300 ou 400 millions – ce sera un début. Je préfère taxer la distribution d’actions gratuites à des gens dont le salaire s’élève à plus de 2 millions par an plutôt que les titres-restaurant ou les chèques-vacances ! (« Très bien ! » et applaudissements sur les bancs du groupe SOC.)”
“Incidemment, cet amendement nous permet de parler des distributions d’actions gratuites : je ne sais pas à quel moment du débat nous pourrons aborder de nouveau ce sujet, mais je voudrais que chacun prenne conscience de ce qu’il signifie. Le Conseil des prélèvements obligatoires a publié très récemment un avis consacré aux assiettes de la CSG et des cotisations sociales. Selon lui, les 4,9 milliards d’euros de ces distributions se répartissent entre trois grands seuils de revenu annuel. Un premier tiers concerne des salariés percevant moins de 100 000 euros par an – on peut considérer que cela relève de l’incitation, des start-up. Le deuxième tiers échoit à seulement 5 000 personnes, qui gagnent entre 100 000 euros et 2 millions par an – elles percevront chacune environ 300 000 euros.”
“En citant ce chiffre, je raisonnais par rapport à l’article !”
“Nos amendements tendent à soumettre aux cotisations sociales les compléments de salaire – versements de dividendes, plan d’épargne pour la retraite collectif (Perco), PEE, participation et intéressement – des personnes qui ont un haut niveau de revenu. Les amendements précédents avaient un rendement de 12 milliards et touchaient la participation et l’intéressement dès le premier euro, alors que le montant moyen de la participation est de 1 600 euros. Je suis prêt à discuter du seuil de cette mesure – pour les travailleurs dont la rémunération est supérieure à trois, ou quatre, smics – qui dégagerait des ressources pour la sécurité sociale sans porter atteinte au principe de partage de la valeur.”
“Madame la ministre, nous avons un problème. Nous avons décidé tous ensemble d’exonérer de cotisations les titres-restaurant et les chèques-vacances. Il manque donc 960 millions d’euros à l’équilibre de ce PLFSS. Depuis plusieurs heures, nous examinons des options pour dégager des ressources. Aucune n’a été votée. Pire, à l’instant, vous venez d’aggraver le besoin de financement en votant 130 millions d’euros de dépenses supplémentaires. C’est pourquoi nous devons être inventifs et constructifs.”
“On ne touche pas au pouvoir d’achat des salariés, puisque notre proposition concerne uniquement les cotisations patronales et non les cotisations salariales. Il s’agit d’un amendement de repli par rapport à notre amendement précédent : seules les heures supplémentaires effectuées par un salarié dont la rémunération est supérieure à trois fois le smic seraient soumises aux cotisations patronales. L’enjeu de pouvoir d’achat est limité, même si celui-ci n’est en aucun cas affecté. L’employeur peut en effet considérer que, compte tenu du niveau de rémunération du salarié, sa motivation première n’est pas le gain financier.”
“Ces 3 milliards d’euros supplémentaires par rapport au montant de 1,5 milliard que vous aviez déjà prévu sont une condition… (Le temps de parole étant écoulé, Mme la présidente coupe le micro de l’orateur. – Les députés du groupe SOC applaudissent ce dernier.)”
“Les allégements généraux de cotisations sociales représentent un montant de 72 milliards d’euros. L’objectif de nos amendements est de les réduire de 3 milliards supplémentaires par rapport à la trajectoire que vous-même aviez envisagée. Madame la ministre, si j’ose m’exprimer en bon jargon, ça ne vole pas, nous dites-vous au sujet de nos amendements tels qu’ils sont rédigés. Vous précisez immédiatement que, depuis l’année dernière, le pouvoir réglementaire – c’est-à-dire vous, en tant que ministre – a la possibilité par décret de traiter la convexité de la courbe. Vous engagez-vous à chercher environ 3 milliards d’euros d’allégements de cotisations ? Cela dégagerait de la ressource pour boucler ce PLFSS.”
“N’en déplaise au Rassemblement national, ce que nous faisons là n’est pas de la magouille mais du parlementarisme ! (Applaudissements sur les bancs des groupes SOC et GDR et sur quelques bancs des groupes EPR et Dem.) Je sais que vous avez du mal avec le parlementarisme (Exclamations sur les bancs des groupes RN et UDR) qui veut que des amendements soient déposés par des parlementaires, que le gouvernement explique ce qu’il pense de ces amendements et que nous en discutions. Je vais le dire de manière très claire à Mme de Montchalin : l’intention des amendements que nous avons déposés n’est pas de baisser les allégements de cotisations de 12, 14 ou 18 milliards d’euros. J’entends l’expertise que vous fournissez ; nous ne l’avons pas à ce niveau de granularité.”
“Vous ne citez pas les mêmes chiffres que le rapporteur général. Mettez-vous d’accord !”
“Il faut vraiment que vous montriez votre volonté de poursuivre dans cette direction, comme vous l’avez fait hier sur d’autres sujets. Sans cela, je ne vois pas comment nous pourrons dégager des marges de manœuvre suffisantes pour financer les mesures d’économies proposées – nous savons déjà que celles-ci ne seront pas votées dans cet hémicycle, au vu des équilibres politiques.”
“Nous sommes à un moment crucial pour le budget de la sécurité sociale. Différents points de sortie ont été proposés pour modifier le niveau des allégements de cotisations sociales. L’objectif, nous l’avons dit, est de dégager des recettes pour la sécurité sociale. Cet amendement de repli tend à fixer le point de sortie à 2,5 smics. C’est le seuil qui est recommandé dans le rapport Bozio-Wasmer, qui fait suite au travail que nous avions mené avec mon collègue Marc Ferracci, que je salue. Si nous ne réformons pas les seuils d’exonération de cotisation, cela nuira au consensus que nous pourrions trouver sur la partie relative aux recettes de la sécurité sociale. Madame la ministre, je sais que vous avez déjà prévu une augmentation des cotisations sociales de 1,5 milliard. Ce n’est pas une mesure législative, mais une mesure réglementaire.”
“Je ne veux donc pas y passer plus de temps, car nous allons avoir de longs débats sur les allégements généraux de cotisations.”
“Nous présentons des amendements sur la contribution de solidarité pour l’autonomie, une autre modalité de ressource pour financer la branche autonomie, depuis trois PLFSS. Je peux anticiper le sort qui sera réservé à cette série d’amendements ; il est pourtant nécessaire d’améliorer le financement de cette branche, notamment en augmentant le taux de la contribution employeur, qui est actuellement de 0,3 %. Je rappelle que les salariés y contribuent par la journée de solidarité, qui est une journée de travail gratuit. Si vous m’y autorisez, madame la présidente, je présenterai également les amendements n os 224 et 223. Ils proposent d’augmenter la contribution pour les rémunérations au-dessus de 3 smics. Je sais que de telles propositions n’ont pas vos faveurs.”
“Les Républicains du Sénat votent à l’opposé de ceux de l’Assemblée nationale !”
“Ne pensez-vous pas qu’il soit prioritaire de s’attaquer aux stock-options et aux distributions gratuites d’actions ? (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC.)”
“Nous défendrons tout à l’heure des amendements visant à porter de 30 % à 40 % le forfait social appliqué aux distributions gratuites d’actions, qui sont plus importantes que les stock-options. Le présent amendement vise à faire de même pour les stock-options, qui sont un dispositif spécifique. Là encore, étant donné que ce sont des compléments de salaire, ils doivent être soumis à cotisations sociales – il n’y a pas de raison qu’on leur applique un taux inférieur au taux normal de cotisation, qui s’élève à 45 ou 47 %. Rappelons quelques chiffres : 85 milliards de compléments de salaire sont versés. Le fait de ne pas y appliquer le taux normal de cotisation prive la sécurité sociale de 15 milliards d’euros. Vous aviez retenu les titres-restaurant et les chèques-vacances.”
“Il porte sur un autre sujet, sur lequel nous aurons l’occasion de revenir tout à l’heure : les stock-options. Posons-nous la question : cet autre type de complément de salaire contribue-t-il justement au financement de la sécurité sociale ? Le Conseil des prélèvements obligatoires a estimé récemment que les distributions gratuites d’actions, qui s’inscrivent dans la même philosophie que les stock-options, et ces dernières représentaient environ 4,9 milliards de compléments de salaire, qui sont versés à un nombre très réduit de personnes. La fiscalité sur ces compléments de salaire n’étant pas complètement alignée sur la fiscalité normale des cotisations sociales, cela représente une perte de recettes.”
“Le rendement est très concentré : chaque année, quelque 5 000 personnes touchent plus de 300 000 euros de retraite chapeau – ce qu’on appelle pudiquement des retraites à prestations définies.”
“Il vise également à accroître le rendement de la taxation des retraites chapeau. J’anticipe les réponses de Mme la ministre au vu des observations qu’elle vient de faire au sujet du taux de 21 % qui n’existe plus. J’ai besoin d’un éclaircissement. Madame la ministre, vous estimez dans votre dernière intervention que vous êtes au taquet avec un taux marginal de 14 %. Je croyais que l’ordonnance de 2019 avait amplifié le cadre juridique préexistant – la loi de 2015, je pense –, qui prévoyait un taux de 21 %. J’attends vos éclairages sur un amendement qui n’est peut-être pas suffisamment documenté. Nous dites-vous aujourd’hui qu’il n’y a plus de marge de progression dans l’assujettissement à cotisation sociale des retraites chapeau ?”
“Je vous propose de la voter et que nous l’affinions dans le cadre de la navette avec une étude d’impact actualisée.”
“La ministre a eu la gentillesse de dire que je lisais bien les rapports. Or dans celui de Laurent Vachey figure déjà une étude d’impact qui, même si elle date un peu – le rapport a été remis en 2020 –, donne une indication : la perte induite par la mesure serait au maximum de 209 euros par an pour les salariés qui ont un revenu supérieur à une fois le Pass. Les classes moyennes qui vous préoccupent ne seraient donc pas concernées – la mesure n’affecterait pas les salaires inférieurs à 3 428 euros brut par mois, soit 87 % des salariés. Quant aux 13 % de concernés – dont on peut imaginer que font partie ceux qui touchent quatre fois le Pass, soit 188 400 euros par an aujourd’hui –, ils perdraient tout au plus 209 euros. Vous vous dites disponible pour travailler sur la mesure, madame la ministre.”
“Il s’agirait d’appliquer l’abattement de 1,75 % aux revenus dont le montant est inférieur à une fois le plafond annuel de la sécurité sociale et non plus à quatre fois le Pass – 165 000 euros pour 2020. Concrètement, cette mesure épargnerait les salariés dont la rémunération est inférieure à 3 800 euros brut – soit 87 % d’entre eux – et ne viserait que les très hautes rémunérations,… (Le temps de parole étant écoulé, Mme la présidente coupe le micro de l’orateur.)”
“Je ne sais pas si c’est votre livre de chevet, mais j’ai là la liste des niches, exonérations et exemptions d’assiettes qui mitent le financement de la sécurité sociale. (L’orateur montre un exemplaire du projet de loi d’approbation des comptes de la sécurité sociale pour l’année 2024.) Parmi elles, on trouve l’abattement de 1,75 % sur l’assiette de la CSG-CRDS au titre des frais professionnels, héritage du principe d’égalité devant les charges publiques entre indépendants et salariés. Et quand on cherche des recettes, on s’intéresse aux 150 millions d’euros que pourrait rapporter une mesure. Celle-ci est préconisée par le rapport Vachey – un rapport publié par l’Inspection générale des finances (IGF) à l’issue de travaux sur le financement de la branche autonomie.”
“J’ai entendu vos explications et conscient que nous devons gagner du temps, je vais retirer mon amendement. Mais je vous le demande : sanctionnez effectivement les entreprises qui ne respectent pas la NAO – la négociation annuelle obligatoire – en les privant du bénéfice des allégements de charge. Continuons à creuser la question.”
“Il se trouve que les allégements généraux de cotisations sociales étant calculés sur la base du smic, certaines branches versent des minima conventionnels inférieurs au salaire minimum. Afin d’inciter ces branches à rehausser le bas de leur échelle de rémunérations au niveau du smic et afin d’obtenir un rendement satisfaisant, nous proposons que ces allégements soient calculés sur la base du minima conventionnel et non plus sur celle du smic. J’espère avoir été clair. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe SOC.)”
“D’abord, un rapide point de méthode. Nous examinons les amendements portant article additionnel après l’article 8 et l’objectif que nous nous sommes fixé – après avoir épargné les titres-restaurant et les chèques-vacances – est de dégager des ressources afin de compenser les 960 millions d’euros désormais manquants pour le financement de la sécurité sociale. Plus de 160 amendements sont à examiner après l’article 8, qui portent soit sur des niches sociales, soit sur des exonérations de cotisations sociales, soit sur des taxes supplémentaires. Je ne sais comment nous parviendrons à les aborder de façon coordonnée ; cependant, gardons en tête à chaque fois qu’on examine un amendement qu’il aura un effet sur le rendement des autres. Le présent amendement a été adopté par notre assemblée l’année dernière.”
“Je le fais respectueusement : bien qu’il soit signé de mon nom, il correspond au consensus qui s’est dégagé en commission. Et s’il est appelé en premier, ce n’est pas de mon fait. Les amendements déposés par Thibault Bazin et par les membres d’autres groupes visent exactement le même objectif que le mien. L’adopter nous fera simplement gagner du temps.”
“À l’issue des débats sur cet article en commission des affaires sociales, nous étions convenus de préserver les tickets restaurants et les chèques-vacances, tout en relevant, comme dans le texte initial du gouvernement, de 30 % à 40 % le taux de cotisation sur les ruptures conventionnelles et sur les indemnités de départ anticipé à la retraite. Il était possible pour cela d’employer plusieurs vecteurs juridiques. Il se trouve que j’ai déposé un amendement de réécriture de l’article, ce qui explique qu’il soit appelé en premier. Il correspond à ce que nous souhaitons faire. Si nous adoptons cet amendement, nous pourrons donc passer à la recherche de financements de substitution. C’est pourquoi je vous invite à voter en sa faveur.”
“Une fois que nous serons tombés d’accord pour éviter de prélever ces 950 millions d’euros sur les titres-restaurant et les chèques-vacances, il nous faudra prendre le temps, lors de l’examen des amendements portant article additionnel après l’article 8, de dégager d’autres ressources en taxant les compléments de salaire. Nous pouvons converger sur cette question cruciale, comme nous y a invités le gouvernement. Ne votons pas en faveur de ces amendements de suppression, adoptons ensuite ceux qui tendent à supprimer la taxation des titres-restaurant et des chèques-vacances, et trouvons d’autres ressources. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe SOC.)”
“Il faut rejeter ces amendements de suppression – je le dis avec clarté pour éviter toute dispersion des votes –, pour une raison simple : il existe dans cet hémicycle un consensus pour éviter de pénaliser les bénéficiaires de titres-restaurant et de chèques-vacances, tout en mettant davantage à contribution les indemnités de rupture conventionnelle et de départ anticipé. Or si ces amendements sont adoptés, nous ne pourrons pas taxer ces indemnités car ceux des amendements suivants qui le permettraient seraient alors tombés.”
“Or dans le cas des Ehpad, l’État accorde à des opérateurs privés une autorisation publique d’exploitation, plus encore, il leur verse des financements publics comme la dotation soins, mais ces opérateurs ne lui versent pas de redevance. Nous vous proposons donc d’instaurer une redevance dont devront s’acquitter les établissements privés ; il conviendra de faire attention au secteur associatif, dont les structures ne sont pas toutes habilitées à l’aide sociale. L’objectif est le suivant : à autorisation publique, redevance des opérateurs privés. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe SOC.)”
“Je souscris totalement à la proposition de Mme Vidal. Plutôt que d’aborder séparément les questions relatives au financement de la prise en charge du grand âge, des Ehpad et des services à domicile, nous souhaitons en débattre dans le cadre d’une loi de programmation sur le grand âge, demandée l’an dernier à l’unanimité par l’Assemblée nationale. Cette méthode nous donnerait une vision panoramique sur les modalités de financement. L’amendement procède du même esprit que celui de Mme Hamdane. Quand les opérateurs de téléphonie mobile se voient confier par l’État une fréquence pour qu’ils l’exploitent commercialement, ils versent une redevance à l’État. Quand les opérateurs autoroutiers se voient confier par l’État une concession autoroutière pour qu’ils l’exploitent commercialement, ils versent une redevance à l’État.”
“Les Ehpad privés s’installent rarement dans des territoires sous-dotés !”
“Dans ce secteur, les métiers sont en tension et les opérateurs publics nous disent qu’ils n’y arrivent pas. Pour la même activité – Ehpad ou services à domicile, par exemple –, il faudra, à l’occasion de la remise à plat de la taxe, regarder dans leur globalité les cotisations et la fiscalité qui s’appliquent aux opérateurs publics et aux associations qui réalisent des missions d’intérêt général. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe SOC.)”