Anne-Laure Blin
DR · France
“Dans un avis d’octobre 2024 et un arrêt de juin 2025, la Cour de cassation a rappelé qu’une mesure de placement impliquait, par nature, un éloignement et qu’un placement éducatif à domicile (PEAD) ne disposait pas d’une base légale adéquate.”
“À l’ouverture d’une mesure de protection de l’enfance, la collaboration avec les parents est encore trop variable d’un territoire à l’autre. Elle est souvent tardive et peu lisible, ce qui peut traduire, chez les services institutionnels, un manque de considération pour les familles, qui augmente le risque de ruptures.”
“Nous examinons un texte visant à protéger les enfants et les victimes, et voilà qu’on nous accuse d’une prétendue surenchère ! La réalité, c’est que les victimes ne supportent plus de voir les mis en cause sortir de prison avant même l’exécution complète de leur peine.”
“Non, le suicide assisté et l’euthanasie ne sont pas des soins ! Vous essayez manifestement de créer une collaboration médicale pour conforter la personne en fin de vie dans l’idée qu’elle n’a plus sa place, jusqu’à l’aider à mettre fin à ses jours.”
“C’est un changement radical de paradigme, alors que la France peut être fière de son système de soins et de ses professionnels de santé, qui se donnent chaque jour pour les plus fragiles. Inéluctablement, ce texte promeut l’individualisme en lieu et place de la sollicitude, de la fraternité et de la générosité envers les plus fragiles.”
“C’est un amendement de cohérence technique. Aujourd’hui, dans le cadre de la régulation du loup, les chasseurs formés disposent d’un matériel qui ne leur permet pas réellement d’effectuer les prélèvements.”
The complete record
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“Votre texte a pour unique objectif d’entraver davantage ceux qui font la richesse de notre pays. L’agriculture, c’est le socle vivant de nos territoires et, plus largement, de notre nation. Sous couvert d’une bonne intention, vous voulez, encore et toujours, taper sur les mêmes. Pourtant, il existe déjà des dispositifs. La loi sur l’eau du 3 janvier 1992 a instauré des périmètres de protection. Des actions sont entamées dans les zones sensibles, sans parler des zones humides, qui se multiplient mais qu’on ne pourra même pas évoquer dans ce débat. En réalité, vous généralisez des mesures strictes à l’ensemble des territoires.”
“…et de leurs amis écologistes, n’est un secret pour personne. Ils veulent contraindre, encore contraindre, toujours contraindre ; interdire, encore interdire, toujours interdire. (Exclamations sur plusieurs bancs des groupes LFI-NFP et EcoS.) Moi, je veux soulager, accompagner, soutenir, libérer et faire confiance.”
“Ce qui me différencie de la gauche et de l’extrême gauche,…”
“Je demande une suspension de séance, monsieur le président.”
“Vous faites croire aux Français que vous vous situez de leur côté, alors que vous êtes contre les agriculteurs et notre agriculture. (Applaudissements sur les bancs du groupe DR. – Exclamations sur quelques bancs du groupe EcoS.)”
“Vous proposez un nouveau dispositif : des « zones soumises à contrainte environnementale ». J’espère que vous nous en expliquerez de quoi il retourne. Une chose est certaine : vous allez ainsi réduire encore l’usage de l’eau pour l’agriculture. De surcroît, vous entendez établir des règles uniformes sur tout le territoire, qui ne tiennent compte d’aucune particularité territoriale. En somme, vous proposez, ni plus ni moins, de restreindre les pratiques agricoles, alors même que les agriculteurs ont consenti des investissements considérables – et continuent de le faire – dans de nouveaux équipements, qui permettent une meilleure gestion de l’eau et une réduction des prélèvements – qui sont, rappelons-le, nécessaires.”
“Bien sûr, tout le monde ici veut garantir à nos concitoyens une eau potable de qualité ! Mais assumez que votre texte est fait pour entraver, pour contraindre, pour alourdir les normes et les charges qui pèsent sur ceux qui ont besoin de l’eau pour nourrir la planète – pour nous nourrir. Madame Le Feur, vous affirmez que ce texte ne concerne que l’eau potable. Or, en réalité, il donne aux comités de bassin et aux agences de l’eau des outils supplémentaires susceptibles d’aboutir à de nouvelles contraintes pour les agriculteurs. Dès lors, pourquoi n’avons-nous pas le droit d’évoquer l’action des comités de bassin et des agences de l’eau, qui vont toujours plus loin dans les mesures qu’ils prennent et entravent nos agriculteurs ? Les études HMUC – hydrologie, milieux, usages, climat – réduisent déjà considérablement l’usage de l’eau.”
“Personne ! C’est une lapalissade. Vous essayez de faire croire qu’il existe un camp du bien face à un camp du mal.”
“Qui, dans cet hémicycle, s’oppose à ce que l’on garantisse à nos concitoyens une eau potable de qualité ?”
“Il est catastrophique, le dispositif de la commission !”
“…des comités de bassin ou d’instances telles que le Comité national de l’eau, de quoi peut-on parler… (M. le président coupe le micro de l’oratrice.)”
“Je voudrais surtout interroger nos collègues chargés d’apprécier la recevabilité des amendements. Si l’on ne peut pas parler du stockage de l’eau, des moyens pour recycler l’eau,…”
“Je le formule sur le fondement de l’article 100 du règlement, pour la bonne tenue de nos débats. Nous évoquons un sujet lourd, sur lequel il est très compliqué de travailler quand les amendements sont encore en traitement quelques minutes à peine avant le début de leur examen.”
“Votez la proposition de loi des Républicains !”
“Je suis rapporteure du texte et j’ai défendu la même mesure !”
“C’est ce que vous dites qui est un scandale !”
“Vous n’êtes même pas allée les voir, vous ne connaissez pas les circonstances précises !”
“Où est-elle, d’ailleurs ? Elle n’est pas là ?”
“C’est vrai, et je suis fière d’être de droite !”
“Non, c’est moi qui avais proposé cela ! Et vous n’étiez pas là !”
“À ne créer aucune nouvelle agence ! Pas de haut-commissariat à la diversité et aux diasporas !”
“Combien de ces propositions si pertinentes ont-elles été mises en œuvre ?”
“Si ces outils étaient efficaces, nous pourrions être d’accord, mais là…”
“Avec de l’argent magique, comme je le disais !”
“À quand remonte votre dernière rencontre avec un agriculteur ? Il faudrait écouter le terrain !”
“Une lecture bien parcellaire de ce rapport !”
“Il faut laisser faire les entreprises. Tout simplement !”
“Il aurait mieux valu adopter mes amendements à la loi de simplification !”
“Et vous, monsieur Mauvieux, combien de PPL avez-vous déposées ?”
“Si vous n’avez rien à dire de l’agencification de l’État, allez faire vos annonces en salle des Quatre-Colonnes !”
“Cela fait des mois que je travaille sur ce sujet !”
“Calqués sur les textes que j’ai déposés !”
“C’était il y a vingt ans, je n’étais pas députée !”
“Et alors ? Vous allez commenter l’actualité aussi ?”
“Vous n’avez formulé aucune proposition pour la simplification !”
“Non, j’ai déposé une proposition de loi !”
“Ce n’est pas dans ce texte, mais dans un autre !”
“Le Parlement doit reprendre la main sur ce phénomène d’agencification totalement hors de contrôle. Par cette proposition de résolution du groupe de la Droite républicaine, vous pouvez cet après-midi envoyer un signal fort. La technocratie ne peut pas être un État dans l’État, qui s’auto-alimente sans jamais rendre de comptes. Nous devons mettre le holà à cette démesure administrative. Reprendre le contrôle, c’est réaffirmer notre rôle en proclamant que c’est ici que le peuple décide. Gouverner, ce n’est pas empiler ; gouverner, c’est trancher et choisir. (Applaudissements sur les bancs du groupe DR.)”
“Réduire la dépense publique, faire des économies, ce n’est pas affaiblir l’État : c’est au contraire le rendre plus fort et vraiment efficace. Mais pour y parvenir, il faut s’attaquer à la bureaucratie inutile, changer de méthode, avoir du courage et surtout de la volonté politique. Voilà pourquoi, depuis plusieurs années, je mène avec Laurent Wauquiez et Michèle Tabarot un véritable travail contre l’obésité administrative. Et la présente résolution soumise à votre approbation est un acte de salubrité administrative, un acte fort pour stopper net la frénésie de suradministration toujours très inventive. Il s’agit de réduire le millefeuille administratif. Les Français veulent un État efficace, un État qui coupe enfin clairement dans son organisation titanesque ; ils veulent un État qui soit agile et capable de décider.”
“On laisse ainsi filer une véritable inflation institutionnelle ; c’est la prolifération de structures au statut flou, aux missions redondantes et mal identifiées, y compris par l’administration elle-même. Un ministre me confiait récemment qu’il avait fallu près d’un mois à ses services pour cartographier l’ensemble des organismes dépendants de son propre ministère… Pire encore, certaines structures financent des actions qui sont totalement en contradiction avec l’intérêt général, voire avec le bon sens. Cette prolifération fragmente l’action publique, multiplie les injonctions contradictoires, complexifie toujours plus, et surtout, ralentit les décisions. Cela ne doit plus durer. Le coût est trop élevé et la méfiance envers l’État n’a jamais été aussi grande.”
“Et cette dette n’est pas neutre, elle asphyxie nos finances publiques, réduisant notre capacité à investir là où l’État est attendu : l’armée, la sécurité, la justice, les sapeurs-pompiers, les missions régaliennes en somme. Face à un tel constat, une évidence doit s’imposer : nous avons l’impératif de faire de vraies économies. Georges Clemenceau disait : « Quand on veut enterrer une décision, on crée une commission. » Force est de constater que cette maxime n’a jamais été autant d’actualité. Depuis des années, chaque problème appelle le même type de réponse quasiment automatique, dans un réflexe pavlovien : la création d’un observatoire, d’un haut conseil, d’une autorité ou d’une agence. Résultat : personne ne sait plus qui fait quoi, ni qui est responsable de quoi. Mais une chose est sûre : comme c’est Nicolas qui paie, on continue.”
“Nul besoin ici de rappeler l’étendue de la dette française… 3 500 milliards d’euros, soit 118 % du produit intérieur brut ! Des chiffres qui font froid dans le dos, ou qui le devraient. Parce que cette dette, cette accumulation de déficits, repose sur nos épaules, sur nos enfants, nos petits-enfants. Il est vrai que pour certains, la dette publique est plutôt une bénédiction, de l’argent gratuit : on dépense, on reporte les échéances, on verra plus tard. Mais au risque de briser quelques illusions, je rappelle que la gratuité n’a jamais existé et n’existera jamais. Il y a toujours, au bout du compte, quelqu’un qui paie. Ce sont ceux qui travaillent, ceux qui se lèvent tôt, ceux qui créent de la richesse, qui paient l’addition et à qui on explique, à longueur de temps, qu’ils doivent contribuer toujours davantage.”
“Il faut faire des économies sur le train de vie de l’État !”
“En évoquant la formation des fonctionnaires au sein des IRA, vous avez immédiatement parlé de la création d’un nouvel établissement public, ce qui n’est pas de nature à nous rassurer. Quelles sont vos perspectives ? Comment rendre l’État et la gouvernance de nos opérateurs plus efficients et plus efficaces ? L’examen du projet de loi de simplification se fait attendre. Comment vont se concrétiser les mesures soumises au débat ? Que comptez-vous faire, à la tête de votre ministère, pour rendre l’action publique lisible ? Les Français ont droit à cette lisibilité, dans la mesure où c’est le fruit de leur travail qui finance l’action publique.”
“Le constat, vous l’avez dressé. Les Français le partagent, et nous le partageons également. Les dépenses publiques représentent plus de 50 % du PIB, ce qui montre que le modèle soutenu est devenu insoutenable. Le maillage administratif est incontrôlable et le budget des opérateurs continue globalement d’augmenter. Pourtant, l’efficacité n’est pas au rendez-vous. Quelles lignes vous fixez-vous pour rationaliser les opérateurs de l’État ? Je le répète, ils se multiplient, ils sont peu efficaces et incontrôlables. M. Ravignon nous a dit qu’il y avait toujours une tutelle politique. Comment est opéré le pilotage politique de l’ensemble – je dis bien de l’ensemble – des opérateurs de l’État ?”
“Ce que vous avez dit, madame Revel, concernant l’utilisation de l’intelligence artificielle est très intéressant, mais quelles méthodes concrètes proposeriez-vous pour rationaliser le millefeuille administratif de l’État ? De votre côté, monsieur Ravignon, vous êtes l’auteur d’un rapport, dont j’aimerais connaître les suites. Quelles instances pouvons-nous supprimer ? Quelles sont celles dont les compétences s’enchevêtrent ou se superposent ?”
“Les effets en sont connus : fragmentation des politiques publiques, dilution des responsabilités, injonctions contradictoires adressées aux acteurs privés comme aux acteurs publics, complexité accrue des circuits de financement et de décision, tout cela aboutissant à éloigner les citoyens d’une gouvernance devenue complètement illisible. La méthode que je propose est donc simple. Il s’agit de mesurer l’intérêt et l’efficacité d’un certain nombre de ces instances, qui se multiplient – le budget alloué aux agences a augmenté de près de 50 % en cinq ans –, d’évaluer leur coût de fonctionnement, en général très élevé du fait des dépenses de personnel, et d’identifier les doublons administratifs.”
“Monsieur Ravignon, je m’inscris en faux contre l’idée selon laquelle les problèmes seraient de plus en plus complexes. On aime beaucoup rendre les problèmes complexes alors qu’avec un peu de bon sens ils sont en réalité très simples ; c’est le fonctionnement de l’État qui complexifie les choses. J’ai déposé ces derniers jours trois propositions de loi visant à introduire de la lisibilité dans le système et à réaliser des économies, car il existe toute une série d’actions qui, très concrètement, n’ont aucune utilité pour les Français. Nous sommes face à une administration administrante, et le phénomène d’« agencification » de l’État menace clairement la cohérence de l’action publique.”
“Que faites-vous pour nos agriculteurs ? Qu’en est-il de l’accord UE-Mercosur ?”
“C’est à peine commandé ! Ce n’est pas bien de procéder ainsi !”