Benoît Biteau
ECOS · France
“(Applaudissements sur quelques bancs des groupes EcoS, LFI-NFP et SOC.) Face au dérèglement climatique qui apporte son lot de canicules, on voudrait continuer à agrandir les élevages industriels alors même qu’on enregistre 1 200 % de mortalité en plus chez les volailles, 55 % chez les porcs, 40 % chez les bovins.”
“Par ce texte, nous devions renforcer notre souveraineté alimentaire. Ce qui menace la souveraineté alimentaire, c’est le dérèglement climatique et l’effondrement de la biodiversité ; or ce texte ne fait que les accélérer.”
“On ne discute qu’avec la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA), plutôt que de verser la question agricole dans un véritable débat de société. Au-delà de ce constat, j’ai une dernière question : les agriculteurs ne seront-ils pas finalement les premières – et les principales – victimes de ce texte ?”
“Sur le fondement de l’article 113, alinéa 2, du règlement : « Lorsque l’Assemblée est saisie du texte élaboré par la commission mixte paritaire, les amendements déposés sont soumis au gouvernement avant leur distribution et ne sont distribués que s’ils ont recueilli son accord.”
“…qui correspondent aux attentes sociétales et citoyennes. Il y a quelques semaines encore, plus de 2 millions de citoyens ont signé une pétition pour demander l’arrêt définitif… (M. le président coupe le micro de l’orateur. – Les députés des groupes EcoS, LFI-NFP et SOC, ainsi que plusieurs députés du groupe GDR applaudissent ce dernier.)”
“Au titre de l’alinéa 5 de l’article 58 relatif aux demandes de suspension de séance. Dans le prolongement des propos de ma collègue Delphine Batho et pour rebondir sur ceux de Mme la ministre de l’agriculture, si Mme la ministre est si certaine que ces pesticides sont absolument sans danger, pourquoi ne pas convoquer définitivement…”
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“J’interviens au sujet de la bonne tenue des débats… (« Quel article ? » sur les bancs des groupes RN, EPR, DR et UDR.)”
“Il y a quand même un angle mort, c’est la fertilité des sols. J’aimerais conclure sur ce point. (Les exclamations reprennent.)”
“Quand on exporte… (Mêmes mouvements.) Vous avez vu la quantité d’amendements ? Je ne peux pas m’exprimer !”
“Non, non ! Eh ! Quand on exporte ces agrocarburants… (Vives exclamations sur les bancs des groupes RN, DR et UDR ainsi que sur quelques bancs du groupe EPR.)”
“Je vais essayer de faire œuvre de pédagogie. Vous appelez ces carburants des biocarburants ; tout le problème vient de ce qu’ils n’ont rien de bio. Ce sont en réalité des agrocarburants, ce qui fausse complètement le débat ! Pour les obtenir, il faut des fertilisants issus des énergies fossiles : 1 hectare de colza nécessite 300 unités d’azote, 1 kilo d’azote requiert 1,5 litre de gaz ou de pétrole. Avant même de mettre le contact du tracteur, vous avez consacré à votre colza 400 litres de pétrole par hectare (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS ainsi que sur quelques bancs du groupe LFI-NFP) , et on voudrait nous expliquer que ces agrocarburants constituent une solution écologique ! Le deuxième écueil tient à un angle mort considérable : quand on exporte…”
“Oui, identitaires, comme l’huître de marque en Charente-Maritime. Vous n’avez pas le monopole de l’identité, qui caractérise des productions qui ont de la valeur ! (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes EcoS et SOC.) Dans mon territoire, certaines productions s’appellent « l’huître Marennes Oléron » ou la « moule de bouchot de Charron », qui disparaîtront si nous ne maintenons pas les zones humides. Il est donc nécessaire de les protéger grâce à une fiscalité adaptée. (Applaudissements sur les bancs des groupes EcoS et SOC.)”
“On ne peut pas s’émouvoir chaque été des événements de sécheresse et ne pas considérer que les zones humides sont déterminantes ; on ne peut pas s’émouvoir chaque hiver des inondations et ne pas comprendre que les zones humides sont l’outil pour éviter les inondations. Quand on vient, comme c’est mon cas, d’une zone littorale où il y a des activités authentiques, identitaires,… (Exclamations réjouies et applaudissements sur les bancs du groupe RN.)”
“Je n’avais pas prévu d’intervenir sur Natura 2000 et les zones humides, mais je vais répondre à Mme la ministre. La majorité des zones humides ne sont pas en zone Natura 2000. (« Eh non! » sur les bancs du groupe EcoS.) Nous faisons actuellement face à une fronde du monde agricole, qui veut s’attaquer frontalement aux zones humides et les faire disparaître. Le mouvement est donc exactement l’inverse de celui que vous décrivez. (Applaudissements sur quelques bancs des groupes EcoS et SOC.) Nous avons au contraire besoin de protéger les systèmes de protection des zones humides, notamment Natura 2000.”
“Nous aurions pu être d’accord s’il s’était agi de saluer l’inscription de notre gastronomie au patrimoine immatériel de l’Unesco, de reconnaître qu’elle est une source de fierté nationale, mais c’est tout le contraire que fait le Rassemblement national. Au lieu d’admettre que la valeur gastronomique de nos produits tient précisément à nos standards de production très élevés, il essaie, par l’intermédiaire de la loi Duplomb, de réintroduire sur notre marché des produits qui abaisseront le niveau général, menaceront la santé de nos enfants et porteront atteinte à la biodiversité dont nous avons besoin pour préserver notre souveraineté alimentaire, sans parler du climat. Mettre des drapeaux bleu, blanc, rouge sur une agriculture qui renonce à son excellence, c’est une supercherie qu’il faut dénoncer !”
“La manœuvre du Rassemblement national, qui veut planter partout des petits drapeaux bleu, blanc, rouge n’aura échappé à personne.”
“Je suis surpris par l’attitude paradoxale du Rassemblement national, qui veut l’étiquetage des produits avec des petits drapeaux bleu, blanc, rouge, mais qui n’est pas inquiet de la menace que représentent les pesticides dans nos assiettes. Je rappelle qu’en votant pour la loi Duplomb, le Rassemblement national a accepté de réintroduire des molécules dangereuses pour la santé. Je suis élu d’une circonscription où des enfants contractent des cancers pédiatriques. En votant la loi Duplomb, vous avez voté pour le cancer de nos enfants ! (Protestations sur les bancs du groupe RN.) Nous avons besoin d’un étiquetage informant sur l’utilisation de ces substances, mais aussi de revisiter l’utilisation des pesticides. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes EcoS et LFI-NFP.) Et pour revenir à ce qu’a dit M.”
“Nous nous exposons ainsi à importer et à mettre dans notre assiette des produits qui ne sont pas exactement conformes à ce que nous souhaitons. Une anecdote : quand j’étais député européen, les Allemands m’avaient surnommé « M. Niet », car je déposais systématiquement des amendements de rejet des accords de libre-échange. J’attends toujours le vote de ces amendements par le Rassemblement national, à commencer par celui rejetant l’accord de libre-échange avec le Mercosur ! (Applaudissements sur les bancs des groupes EcoS et LFI-NFP ainsi que sur quelques bancs du groupe SOC.)”
“Une fois n’est pas coutume, je soutiens l’amendement de notre collègue Charles Sitzenstuhl. (Mme Marie Pochon applaudit.) Je m’étonne de la position du Rassemblement national, lui qui est toujours enclin à nous encourager à l’exportation des denrées agricoles françaises et européennes. Il oublie le principe des vases communicants : si nous avons besoin, aujourd’hui, de nous pencher sur la question de l’étiquetage, c’est parce que cette volonté d’exportation systématique a fini par nous rendre dépendants des importations. Les surfaces qui ont été mobilisées pour exporter ne peuvent plus être utilisées pour les productions dont nous aurions besoin, ce qui nous contraint à les importer. (« Eh oui ! » et applaudissements sur les bancs du groupe EcoS. – Mme Martine Froger applaudit également.)”
“…ce qui rend nécessaire d’informer le consommateur sur la présence de produits très dangereux dans sa nourriture. Je nous invite donc, plutôt que de travailler éternellement à des solutions curatives et d’information, à repenser, à réinventer notre agriculture pour que, quel que soit l’endroit où le consommateur choisit de s’alimenter, il n’ait plus à se poser de questions sur l’origine des produits et sur les menaces qu’ils représentent pour la santé, l’eau, l’air et la souveraineté alimentaire. (« Bravo ! » et applaudissements sur les bancs du groupe EcoS et sur plusieurs bancs du groupe SOC. – M. Frédéric Maillot applaudit également.)”
“Je le répéterai à l’envi : ce qui menace la souveraineté alimentaire, c’est l’effondrement de la biodiversité et le dérèglement climatique (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS. – M. Maxime Laisney applaudit également) , dangereusement accélérés par les pratiques agricoles que vous soutenez avec la loi Duplomb,…”
“Ce que révèle ce texte sur le besoin d’un meilleur étiquetage et d’une plus grande transparence, c’est qu’on ne sait pas traiter le problème à la racine. Si les produits qui arrivaient dans nos assiettes ne menaçaient pas la biodiversité, l’eau qu’on boit tous les jours, l’air qu’on respire à chaque instant – bref, notre santé –, nous n’aurions pas besoin de ces étiquetages exigeants pour nous alerter sur ce que contient notre nourriture. Madame la rapporteure, vous vous dites fière d’avoir voté la loi Duplomb, mais je vous invite à réfléchir aux conséquences d’un tel geste. (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS. – M. Pierre Pribetich applaudit également.)”
“La droite et l’extrême droite n’ont pas, dans leurs rangs, le monopole des agriculteurs puisque je me revendique aussi, depuis vingt ans maintenant, agriculteur en grande culture et éleveur. (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS ainsi que sur plusieurs bancs des groupes LFI-NFP et SOC.) Je crois donc pouvoir apporter une expertise, d’autant que je suis également agronome.”
“(Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS et sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.) Arrêtons d’engloutir l’argent public dans des solutions curatives qui ne seront qu’un puits sans fond tant que l’on utilisera des pesticides et des engrais de synthèse – je me tourne vers ceux qui ont eu l’audace de voter pour la loi Duplomb. Remettons de la concurrence loyale sur ces marchés. Appliquez le principe pollueur-payeur et vous verrez que les finances publiques se porteront beaucoup mieux, tout comme le pouvoir d’achat des consommateurs. (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS et sur quelques bancs du groupe LFI-NFP. – M. Guillaume Garot applaudit également.)”
“Je veux amplifier le propos de mon collègue Le Coq et répondre à M. Juvin au sujet de la libre concurrence, très précisément en ce qui concerne les produits alimentaires. Si ces produits sont très peu chers dans certaines enseignes de supermarchés, c’est justement en raison d’une concurrence déloyale. Cette question est liée à notre débat sur le budget puisque des enveloppes d’argent public permettent de compenser, en ayant recours à des solutions curatives, les dégâts liés à certaines pratiques agricoles. Si nous voulons que le pouvoir d’achat augmente, la fiscalité doit servir à rémunérer les paysans qui prennent soin de l’intérêt commun, de la santé, du climat, de la biodiversité, de l’eau que l’on boit chaque jour et de l’air que l’on respire à chaque instant.”
“Loïc Madeline, collègue paysan bio : « Cette loi prétend libérer les agriculteurs, mais elle les enferme dans un modèle dépassé et dépassable, en laissant sur le bord de la route ceux qui produisent sainement. Pourquoi ? » (Mêmes mouvements. – Brouhaha.) Chers collègues, chers citoyens, vous qui doutez, au fond, vous qui savez…”
“Fleur Breteau, 50 ans, malade d’un cancer : « Le cancer n’est plus une maladie, c’est une épidémie ! » (Les députés des groupes EcoS, LFI-NFP et GDR ainsi que quelques députés du groupe SOC se lèvent et applaudissent. – Protestations sur les bancs des groupes RN, EPR, DR, HOR et UDR.) Francelyne Marano, toxicologue à la Ligue contre le cancer : « Cette loi sacrifie le principe de précaution, qui devrait commander à toute décision en matière de santé publique, sur l’autel du court-termisme. »”
“– Vives protestations sur les bancs des groupes RN, EPR, DR, HOR et UDR. – Plusieurs députés du groupe RN font mine de chasser l’orateur de la main.)”
“Levez les yeux ! (L’orateur désigne les tribunes.) Regardez en tribunes, la société y est présente et je porte sa voix. Écoutez Laure Marivain, fleuriste, maman d’Emmy, décédée à 11 ans : « La justice a reconnu le lien entre mon exposition aux pesticides et le cancer de ma fille, et vous voudriez réautoriser des pesticides qui franchissent la barrière placentaire et troublent le neurodéveloppement des enfants. » (Applaudissements sur les bancs des groupes EcoS et LFI-NFP ainsi que sur quelques bancs des groupes SOC et GDR.) Franck Rinchet-Girollet, papa d’un petit garçon de 8 ans atteint d’un cancer et habitant de ma circonscription : « Vous ne pourrez plus dire que vous ne saviez pas ! Les députés qui voteront la loi Duplomb voteront pour le cancer ! » (Applaudissements sur les bancs des groupes EcoS, LFI-NFP, SOC et GDR.”
“Ce texte est le symbole du mépris de la science et de la santé de nos concitoyens ; il doit donc être rejeté en bloc. Nous avions, nous aussi, déposé une motion de rejet préalable et nous vous invitons évidemment à voter celle déposée par le groupe La France insoumise-Nouveau Front populaire. Depuis le début des débats portant sur ce texte, personne n’a écouté les écologistes. Madame la ministre, vous êtes restée sourde à toutes nos interpellations. Jamais un mot pour les victimes des pesticides ou pour les milliers de scientifiques qui nous ont alertés à ce sujet ; jamais un pas vers les agriculteurs bio, les apiculteurs : quel mépris ! (Applaudissements sur les bancs des groupes EcoS et LFI-NFP ainsi que sur quelques bancs des groupes SOC et GDR.) Ce texte a été négocié en catimini, mais vous n’échapperez pas au regard de la société.”
“Qui a des délégations de vote pour les DR ?”
“C’est pourquoi je vous demande, monsieur le ministre, monsieur le rapporteur, que la phase d’émergence du projet intègre dès à présent les mesures de compensation agricole indispensables, afin que la mise en service de l’aéroport ne porte pas atteinte à la souveraineté alimentaire de Mayotte. C’est sans doute l’occasion de réfléchir à une agriculture qui cohabite avec la biodiversité – et réciproquement –, plus vertueuse que celle que nous propose actuellement M. Duplomb, et d’envisager des compensations agricoles cohérentes avec l’équation que ce projet aéroportuaire nous amène à résoudre.”
“Vous connaissez mon attachement aux activités agricoles et à la biodiversité. L’équation que nous avons à résoudre n’est pas simple : l’actuel aéroport, dont l’extension pourrait affecter des frayères à poisson exceptionnelles, est exposé au risque de submersion. Sauf que nous avons besoin à Mayotte d’un aéroport fonctionnel, 365 jours par an, 24 heures sur 24. Nous devons nous efforcer d’y parvenir. Le projet qui est soumis présente donc des avantages : l’aéroport n’aura pas d’impact sur une frayère emblématique, et il ne sera pas submersible. En revanche, il empiète sur des terres agricoles.”
“Sachant tout ce que cette loi apporte, ce serait une erreur que de ne pas en tenir compte au XXI e siècle et de faire des littoraux des zones d’attractivité touristique, comme s’il s’agissait de zones anodines – il y a de réels intérêts à les préserver. Au cours de l’examen de ce projet de loi, nous avons assisté à une tentative de supprimer le Conservatoire du littoral, ce qui est une hérésie, car c’est aussi un outil de préservation du littoral. Attention à ne pas commettre un contresens historique en renonçant à la préservation des zones littorales. (MM. Benjamin Lucas-Lundy et Fabrice Roussel applaudissent.)”
“Je suis surpris par la position de M. le rapporteur. Il y a un peu plus de quarante ans, la France a fait le pari, avec la loi « littoral », de faire des littoraux des zones d’exception – des zones préservées, garantes de l’identité de notre pays. Il n’est pas acceptable, au motif que ces territoires sont devenus très attractifs – précisément grâce à la loi « littoral » –, de les traiter comme n’importe quel autre territoire et de les dénaturer. Restons cohérents. Nous disposons d’une évaluation robuste sur l’intérêt de la loi « littoral » et ses apports en matière d’identité territoriale, d’attractivité et d’identité.”
“Regardez les choses avec cohérence et arrêtez de dire tout et son contraire. Dans une approche globale, en vous comportant comme vous le faites, vous ne soutenez pas l’agriculture, vous faites l’exact inverse. (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS.)”
“…si demain, il n’y a plus que les éoliennes qui affectent les populations d’oiseaux, ce sera une très bonne nouvelle ! Ils vont revenir ! Reparlons du rôle de la biodiversité pour la souveraineté alimentaire : les scientifiques affirment qu’avec trois couples de mésanges à l’hectare, on n’a plus besoin d’insecticides. Vous avez bien entendu : trois couples de mésanges ! Eh bien, cela représente une économie pour les agriculteurs qui n’ont plus besoin d’acheter des pesticides. C’est la préservation de la biodiversité qui nous sauve !”
“Vu de loin, on pourrait penser qu’il y a une cohérence dans les propos de l’extrême droite. Hier, ils voulaient réintroduire des néonicotinoïdes pour flinguer les insectes ; maintenant, ils veulent détruire les réglementations protégeant la biodiversité. (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS.) En revanche, en tant qu’agriculteur, quand je vois ces gens-là prétendre défendre les agriculteurs, je trouve qu’il y a nettement moins de cohérence. L’effondrement de la biodiversité est précisément ce qui menace la souveraineté alimentaire et la capacité de l’agriculture à produire demain ! Si vous n’avez plus d’insectes pour visiter vos fleurs, vous ne produirez plus de graines, plus de fruits, plus de légumes. (Mme Dominique Voynet applaudit.) Je vous invite à réfléchir à votre manque d’approche globale. Monsieur Boucard,…”
“– Les autres députés du groupe EcoS ainsi que ceux des groupes LFI-NFP et SOC applaudissent également.) Choisissez d’engager des politiques publiques qui soutiennent durablement la bifurcation agroécologique. Nous donnons rendez-vous à toute la société – dans la rue, dans les universités et dans les cours de ferme – pour exprimer son refus de ce texte et des pesticides cancérogènes, mutagènes,… (Le temps de parole étant écoulé, Mme la présidente coupe le micro de l’orateur. – Les députés des groupes EcoS et LFI-NFP se lèvent et applaudissent ce dernier. – Plusieurs députés des groupes SOC et GDR applaudissent également.)”
“L’agriculture est un secteur stratégique parce qu’il s’agit aussi de l’alimentation de tous, de l’eau que nous buvons chaque jour, de l’air que nous respirons à chaque instant et de la santé de tous nos concitoyens (Applaudissements sur les bancs des groupes EcoS, LFI-NFP et SOC ainsi que sur quelques bancs du groupe GDR) , y compris des agriculteurs, de plus en plus victimes de maladies professionnelles. Pour toutes ces raisons, nous devons sortir des logiques corporatistes et envisager ces questions dans le cadre d’un véritable débat de société – une société que vous pouvez croiser hors de ces murs et qui a des choses à vous dire. Vous êtes ministre de l’agriculture, de tous les agriculteurs et tous les Français – pas de la FNSEA. (Mme Dominique Voynet se lève et applaudit.”
“…la Confédération paysanne, les agriculteurs bio et les apiculteurs dénoncent, eux, une loi mortifère au service des intérêts de l’agro-industrie. (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS et sur quelques bancs des groupes LFI-NFP et SOC.) Madame Genevard, vous qui voulez faire adopter un texte obscurantiste, contre la science, contre l’Anses, contre la santé publique et pour préserver les intérêts d’agro-managers, pensez-vous vraiment être du côté du progrès, de l’agriculture de demain et des attentes sociétales ? (Applaudissements sur les bancs des groupes EcoS et SOC ainsi que sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP. – M. Édouard Bénard applaudit également.)”
“Il rencontre également des limites au sein de la profession agricole. Quand vous vous réjouissez des avancées de ce texte,…”
“Votre corporatisme rencontre cependant quelques limites, même au sein du gouvernement. Mme Agnès Pannier-Runacher, ministre de la transition écologique, se dit elle-même « contre la réintroduction des néonicotinoïdes ».”
“Mon propos s’adresse à M. Arnaud Rousseau, président de la FNSEA. (Rires sur plusieurs bancs des groupes EcoS, LFI-NFP et SOC.) Hier, vous êtes venu avec quelques dizaines de syndiqués munis de tracteurs devant le Palais-Bourbon pour vous assurer qu’une majorité de députés voterait pour le contournement de l’examen de la proposition de loi Duplomb à l’Assemblée nationale. Votre corporatisme a séduit une grande partie du gouvernement, à commencer par Mme la ministre de l’agriculture qui n’existe qu’à travers vous. (Applaudissements sur les bancs des groupes EcoS, LFI-NFP et GDR ainsi que sur plusieurs bancs du groupe SOC.)”
“Ce n’est pas parce que vous fonctionnez comme ça que nous fonctionnons nous aussi comme ça !”
“La question est aussi d’actualité : depuis quelques jours, quelques semaines, certains ont la passion triste de vouloir permettre de nouveau aux utilisateurs de pesticides de polluer notre environnement. (Applaudissements sur les bancs des groupes EcoS et LFI-NFP et sur plusieurs bancs du groupe SOC.) Je les invite à faire le lien entre la proposition de loi du sénateur Duplomb et ce dont nous discutons en ce moment. (« Il a raison ! » sur les bancs du groupe LFI-NFP, dont les membres applaudissent. – M. Emeric Salmon s’exclame.)”
“Je soutiens cette excellente idée : c’est par la création de registres que l’on saura identifier les causes de la mortalité infantile. Les médecins sont unanimes : les mille premiers jours de la vie déterminent tous les autres, et le début de la vie a fortiori . Ce registre doit permettre de faire l’inventaire de ce qui peut rendre la vie plus difficile dans ces mille premiers jours. Dans ma circonscription, des enfants contractent des cancers : nous devons relever les substances auxquelles ils sont exposés à la naissance, de manière à faire enfin la lumière sur le lien entre les conditions environnementales – la présence de pesticides par exemple – et la mortalité. Ce registre contribuera à préserver la vie de nos enfants.”
“Monsieur Sitzenstuhl, je ne peux pas laisser passer vos propos sur la CNDP. Ce n’est pas parce que son créateur, M. Barnier, dit qu’elle n’a plus d’intérêt qu’il a raison et que la CNDP ne sert à rien. Dans ma circonscription, sont apparus depuis huit ans plusieurs cas de cancers pédiatriques. La CNDP a été saisie, et c’est grâce à elle que nous allons pouvoir consulter les citoyens, les agriculteurs, les scientifiques, pour apporter des réponses aux parents obligés de conduire leurs gamins en chimiothérapie, quand ce n’est pas jusqu’à leur dernière demeure. La CNDP permettra peut-être, grâce au débat, de remédier à cette situation. Je ne peux donc pas vous laisser la balayer d’un revers de main comme vous venez de le faire. (Applaudissements sur les bancs des groupes EcoS et LFI-NFP.)”
“Si nous voulons retrouver cette souveraineté alimentaire dont beaucoup, pour paraphraser Coluche, parlent sans en avoir un échantillon sur eux, si nous voulons préserver notre économie agricole, préserver notre santé, y compris de maladies liées à l’épigénétique, il faut absolument conserver les indicateurs qui ont trait à l’approvisionnement en produits de qualité.”
“Je suis quelque peu surpris des arguments du ministre. Nous nous émouvons tous, peut-être un peu tard, au sujet du traité de libre-échange entre l’Union européenne et le Mercosur, du risque de voir nos cantines, ou du moins la restauration à domicile, approvisionnées depuis l’autre bout de la planète, et de l’apparition de pathologies probablement liées à la baisse de la qualité de notre alimentation ; et nous devrions en rabattre concernant les objectifs de la loi Egalim, qui n’est déjà pas respectée ! Je comprends mal où il s’agit d’en venir.”
“Oui mais nous, plutôt que l’extinction, nous préférons la rébellion… (Sourires.)”
“(Mme Manon Meunier applaudit.) Enfin, je vous invite à rencontrer dans ma circonscription les parents des enfants qui développent des cancers pédiatriques. Allez leur expliquer, alors qu’ils emmènent leurs enfants en chimiothérapie, qu’ils peuvent se permettre de voir disparaître l’agence sanitaire qui est là pour les protéger. Votre proposition est tout simplement une honte ! (Applaudissements sur les bancs des groupes EcoS, LFI-NFP et SOC.)”
“Cet amendement est absolument merveilleux ! L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) nous préserve des risques sanitaires, dans un contexte de défis considérables à relever pour la santé de nos enfants, de nos agriculteurs, de la biodiversité et du climat. Cette agence sanitaire nous préserve des différentes menaces et contribue à répondre à ces enjeux : ceux qui se prétendent les chevaliers blancs de la défense de l’agriculture et des agriculteurs devraient le savoir. Or, ce que vous n’avez pas compris, à droite de l’hémicycle, c’est que le dérèglement climatique et l’effondrement de la biodiversité menacent la souveraineté alimentaire dont vous parlez sans en avoir un échantillon sur vous. C’est pourquoi nous avons absolument besoin de l’Anses pour nous éclairer.”
“Vous vous êtes trompé, monsieur Renault !”
“Ce sont pourtant ces agences qui font vivre l’assainissement, qui font vivre la restauration des réseaux d’eau potable et qui permettent à ces collectivités de nous débarrasser, par exemple, des canalisations en plomb. C’est bien le principe pollueur-payeur qui permet de financer tous ces enjeux. Prenez garde de ne pas supprimer des instances absolument décisives, en allant à contre-courant de ce que nous voulons faire à l’échelon européen : s’affranchir des limites administratives, que l’eau ne connaît pas. (Applaudissements sur les bancs des groupes EcoS et SOC).”
“L’agence de l’eau, elle, fonctionne avec les crédits des usagers et doit faire vivre le code de l’environnement. Or quelles sont les priorités du code de l’environnement ? La première : distribuer de l’eau potable en qualité et en quantité suffisantes. La deuxième : garantir le bon état des milieux aquatiques, sans lesquels il n’y a ni eau potable ni eau destinée à des usages économiques. Cette dernière – cette eau dont les agriculteurs ont parfois besoin – fait l’objet de la troisième priorité du code de l’environnement. Je vous invite à aller expliquer aux élus des communes et des EPCI – les établissements publics de coopération intercommunale – que les agences de l’eau vont disparaître.”