Maxime Michelet
UDDPLR · France
“La Cour des comptes le dit avec constance : l’incitation demeure le moteur le plus sûr ! Une administration qui libère des mètres carrés doit pouvoir en retirer un bénéfice direct. Elle passera alors d’une logique de contrainte à une logique d’adhésion.”
“Si, depuis des années, la puissance publique impose aux propriétaires français privés une discipline stricte, si elle leur impose des diagnostics, si elle conditionne le droit de louer à des étiquettes énergétiques, si elle exige, si elle inspecte, si elle verbalise, dans le même temps elle s’exonère tranquillement des exigences qu’elle i…”
“Chaque mètre carré laissé à l’abandon dilapide donc une épargne nationale accumulée depuis des décennies par le peuple. Dès lors, il s’agit de savoir si l’État est capable de s’administrer lui-même, avec le sérieux qu’il exige des propriétaires privés. Avec ce texte, une foncière unique deviendrait propriétaire du patrimoine.”
“Dernier orateur, non seulement de ce jour, non seulement de ce texte, mais de l’année parlementaire, je ne doute pas que je disposerai d’une attention particulièrement soutenue dans cet hémicycle. Je serai synthétique. (« Merci ! » sur plusieurs bancs des groupes LFI-NFP et SOC.) Ne me poussez pas à utiliser mes cinq minutes !”
“Ce texte engage le mouvement recherché. Il le fait imparfaitement, mais avancer imparfaitement vaudra toujours mieux que contempler le problème avec constance. (Applaudissements sur les bancs du groupe UDR.) Le groupe Union des droites pour la République votera ce texte.”
“(Applaudissements sur les bancs du groupe UDR.) Nous la jugerons à l’aune des surfaces libérées et des économies constatées plutôt que sur la beauté de ses organigrammes. La réforme de l’État a trop longtemps ressemblé à un concours d’éloquence.”
The complete record
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“Le groupe UDR s’associe naturellement aux déclarations précédentes visant à soutenir nos titres de presse et nos journaux. La presse française est au cœur de notre histoire politique, littéraire et culturelle, des grands quotidiens de l’affaire Dreyfus jusqu’à l’émergence de la presse régionale, qui a encore récemment joué un rôle central lors des élections municipales. Or ce secteur est fragile : les recettes publicitaires de la presse écrite ont chuté d’environ 60 % en vingt ans, tandis que la diffusion papier baisse de manière continue. Dans ce contexte, la question du partage équitable de la valeur face aux grandes plateformes internationales doit être abordée, comme elle doit l’être dans d’autres domaines de l’action culturelle.”
“Et ce calendrier soulève une question : pourquoi débuter la navette parlementaire au Sénat, alors que c’est ici, à l’Assemblée nationale, que la majorité d’idées doit se bâtir et que nous aurions, nous, le temps d’étudier le texte avant l’été. Au-delà du calendrier, l’absence des phytosanitaires dans le texte nous interroge aussi, car il y a urgence. La ministre me répondrait que des freins juridiques, et même constitutionnelles, ne le permettent pas. Mais n’y a-t-il pas urgence à les lever et à rendre enfin au politique toute sa capacité à produire la loi ? (Applaudissements sur les bancs des groupes UDR et RN.)”
“Les acteurs du monde agricole ont un message simple : ils ne veulent pas vivre de l’aumône publique, mais du travail de leur terre, de leur production. Mais, pour cela, ils veulent que nous libérions leurs capacités et leurs moyens de production. Tous nous ont fait part de la détresse d’un monde agricole étreint par l’urgence de produire. Mais votre gouvernement ne paraît pas prendre la mesure de cette urgence, et votre loi d’urgence n’en a déjà plus que le nom : vous n’êtes pas pressés de la faire voter ! Elle était promise pour janvier… Elle n’arrivera au Parlement qu’en juin, selon un calendrier qui laisse douter de son adoption en raison des sénatoriales – car le Sénat refuse de siéger au-delà du 13 juillet.”
“Ma question s’adresse à Mme la ministre de l’agriculture. Le Salon de l’agriculture a ouvert ses portes mais la fête n’y est plus. Dans ses allées, une question est sur toutes les lèvres : l’agriculture française survivra-t-elle ? Car c’est désormais la survie du monde agricole qui est en jeu. Crise sanitaire, signature de l’accord UE-Mercosur, asphyxie normative, surtranspositions insensées, interdictions sans solutions, dogmatismes environnementalistes, balance commerciale qui s’effondre et manque de basculer : face à ces défis, le gouvernement a tergiversé, hésité, reculé, sacrifié nos producteurs sur l’autel des postures. Car le gouvernement est incapable de tenir tête à l’Union européenne et à l’usurpation administrative. Le groupe UDR était présent ce matin au Salon de l’agriculture.”
“Comme vous nous l’avez demandé, madame la rapporteure, et avec l’accord de mon président de groupe, je m’en tiendrai à cette brève intervention dans la discussion générale, afin de permettre l’examen des amendements et le vote sur cette proposition de loi.”
“De plus, l’accumulation de missions inscrites dans le code de l’éducation tend déjà à détourner l’école de ses missions fondamentales. Enfin, nous pensons que l’éducation alimentaire relève d’abord des familles françaises, qui doivent apprendre à leurs enfants à bien se nourrir – même si nous sommes conscients que ces questions sont également liées à des réalités socio-économiques et au démantèlement des rituels alimentaires dans notre pays. Pour ces raisons, le groupe de l’Union des droites pour la République – qui, je le répète, partage votre objectif mais pas votre proposition – s’abstiendra sur ce texte.”
“Madame la rapporteure, il est difficile de ne pas partager le combat que vous menez pour une meilleure éducation à l’alimentation et pour une meilleure alimentation quand un Français sur deux est en situation de surpoids. En 2024, une étude de l’Ipsos indiquait que 97 % des jeunes de 16 à 24 ans avaient de mauvaises habitudes alimentaires. Une autre étude indiquait que 80 % des Français s’estimaient mal informés sur les questions d’alimentation. Nous partageons évidemment ce combat. En revanche, nous ne souscrivons pas à la mesure que vous proposez, et cela pour trois raisons. D’abord, les mesures d’expérimentation ont trop souvent pour effet de désorganiser les missions éducatives et le fonctionnement global de l’école.”
“De notre côté, nous ne sommes jamais sortis du débat – nous l’avons respecté, contrairement à vous ! (Applaudissements sur les bancs des groupes UDR et RN.)”
“…et, plus encore, pour la liberté, pour le pluralisme démocratique et d’opinion. Toute la soirée, vous nous avez accusés d’obstruction. Or je vois seulement des parlementaires qui ont usé de leur droit d’amendement – qui est sacré et garanti par l’article 44 de la Constitution. Je vois seulement des parlementaires qui ont fait usage des suspensions de séance prévues à l’article 58, alinéa 5 du règlement. En revanche, j’ai le souvenir de réelles obstructions : par exemple lors de la niche de mon groupe, quand certains d’entre vous récitaient des poèmes qui n’avaient aucun rapport avec l’objet de la discussion.”
“…suivant laquelle tout doit passer par l’État et par la subvention publique. Selon vous, tout doit être étatisé et vous nourrissez une détestation profonde pour l’initiative privée…”
“Vous, en revanche, n’êtes clairement pas les amis des entreprises, des entrepreneurs ni de la vie économique. (Exclamations sur plusieurs bancs des groupes SOC et EcoS.) Les milliardaires ou les ultrariches, comme vous les appelez – les giga-riches, les turbo-riches ou les méga-giga-riches, direz-vous bientôt, à court de qualificatifs –, sont ceux qui font vivre notre pays, notre économie et des médias indépendants. (Exclamations sur plusieurs bancs des groupes LFI-NFP, SOC et EcoS.) Nous l’avons rappelé à plusieurs reprises : il y a des milliardaires de gauche et des milliardaires de droite, tous les milliardaires ne sont pas de droite. Le problème, c’est que vous avez une vision collectiviste, communiste, soviétique au fond,…”
“Lorsque j’ai lu l’article 1 er bis , j’avoue ne pas m’être aperçu qu’il concernait Mme la ministre Dati – unique sujet de l’intervention de notre collègue Lucas-Lundy. Cet article me semblait plutôt porter sur les seuils financiers que vous vouliez abaisser afin d’étendre les contrôles de l’Autorité de la concurrence. Cela me donne l’occasion de vous dire, collègues de gauche, que nous ne sommes pas les amis des milliardaires.”
“Avant de passer au débat crucial sur l’article 1 er bis , j’ai l’honneur de demander la deuxième suspension de séance à laquelle mon groupe a droit.”
“Je demande donc que la séance soit suspendue jusqu’à ce que M. Coquerel ait donné sa réponse.”
“Mon excellent collègue, M. de Lépinau, a demandé que le président de la commission des finances soit consulté…”
“Il faut faire valoir ses droits : voilà une valeur chère à la gauche ! Le groupe UDR a droit à une suspension de séance. J’en demande donc une de dix minutes.”
“Le groupe UDR demande dix minutes de suspension, s’il vous plaît.”
“Vos appétits de censure, collègues de gauche, ont donc, pour les idées que vous combattez, un avant-goût de victoire. (Applaudissements sur les bancs des groupes UDR et RN.)”
“Cette proposition de loi n’est rien de plus qu’un énième témoignage du rêve de surveillance idéologique de la gauche. Elle rêve d’interdire des journaux, de fermer des chaînes de télévision ou de priver de parole ceux qui ne pensent pas comme elle. Elle rêve, matin, midi et soir, de censure, à défaut de parvenir à convaincre l’opinion publique. Pourtant, chers collègues de gauche, comme l’écrivait Voltaire : « C’est le propre de la censure […] d’accréditer les opinions qu’elle attaque. » (Exclamations sur les bancs des groupes LFI-NFP, SOC, EcoS et GDR.)”
“Pour toutes ces raisons, l’Union des droites pour la République s’oppose à cette proposition de loi malheureusement adoptée en commission grâce au soutien des centristes qui ne manquent jamais une occasion d’être de gauche. (M. Pierre Pribetich s’esclaffe.)”
“Si un média connaît le succès, c’est avant tout parce qu’il répond aux attentes de son public, qu’il aborde des sujets qui intéressent son public, sous des formats qui parlent à son public. Enfin, alors que nous faisons face à la concurrence de mastodontes étrangers dans le secteur des médias, l’UDR n’entend pas attacher un boulet normatif supplémentaire aux acteurs français de ce secteur. Face aux ingérences étrangères et à la concurrence agressive des grandes plateformes numériques, la priorité devrait être de renforcer la compétitivité des médias français, or la proposition de loi fait naturellement tout l’inverse. La lourdeur de l’appareil réglementaire proposé briderait l’investissement et empêcherait la France de se doter des champions médiatiques et culturels nécessaires pour peser dans la compétition internationale.”
“Face à ce texte, le groupe UDR défend la liberté d’entreprendre et d’investir, qu’il faut encourager et non décourager, comme vous le proposez, car, dans une démocratie libérale, la pluralité des opinions ne repose jamais sur la surveillance d’un censeur étatique mais toujours sur la capacité des entrepreneurs, des investisseurs, des éditeurs, des acteurs du secteur médiatique à créer, développer et faire prospérer des outils et des voix alternatives, particulièrement à l’heure où la linéarité des médias a définitivement volé en éclats. L’UDR entend défendre aussi la liberté du public lui-même, composé de citoyens libres et autonomes, capables de choisir par eux-mêmes les médias qu’ils consomment, regardent, lisent et dont ils partagent les contenus.”
“Cela vous dérange évidemment moins puisque cela sert vos intérêts et vos idées.”
“C’est bien la question de l’influence qui est au cœur de votre démarche et du dispositif que vous proposez en instaurant une évaluation de « la part d’influence cumulée » des médias. Cette notion, intrinsèquement subjective, est d’une dangerosité extrême car, par sa souplesse même, elle confère la possibilité à l’État et à ceux qui en tiendraient les manettes de réguler, non pas, comme vous le prétendez, la structuration d’un secteur économique, mais l’influence de certaines idées sur l’opinion publique. Cette disposition est la porte ouverte à une régulation idéologique du débat démocratique, à laquelle nous nous opposons résolument. La question de l’influence vous inquiète beaucoup quand il s’agit d’investisseurs privés mais bien moins quand il s’agit de l’argent public, qui est mis souvent au service de biais idéologiques notoires.”
“Votre proposition de loi poursuit donc deux ambitions : contrôler l’initiative privée et, forts de ce contrôle, réduire l’influence des opinions qui vous dérangent.”
“La manière dont vous interrompez mon discours montre d’ailleurs votre goût du pluralisme. (Applaudissements et rires sur les bancs du groupe RN.) Parmi ces milliardaires, une catégorie vous obsède par-dessus tout, celle – je cite l’exposé des motifs – des « milliardaires acquis à la cause du nationalisme autoritaire ». (« Oui ! » sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Dès lors, selon votre système de pensée, tout investissement privé devrait être soumis à la surveillance publique, sorte de collectivisation qui n’en assume pas le nom.”
“Les riches, ou plutôt dans vos termes les ultrariches, les gigariches, les turboriches, en somme les milliardaires, seraient une menace ontologique pour la démocratie.”
“Au-delà de cette vieille ambition d’exercer la police de la pensée, on trouve dans votre proposition de loi une autre vieille lubie, celle de l’anticapitalisme, de la lutte contre les investisseurs, contre ceux qui détiennent le capital. (Rires sur les bancs du groupe EcoS.) En somme, ce qui vous dérange, c’est la richesse.”
“En réalité, sous couvert de promouvoir la diversité des opinions et la liberté d’information, cette proposition de loi est un texte de censure (M. Inaki Echaniz et Mme Sandrine Rousseau protestent) qui prétend lutter contre les monopoles économiques pour mieux poursuivre le vieux rêve hégémonique de la gauche : le monopole idéologique.”
“Le texte soumis à nos délibérations prétend défendre la démocratie et le pluralisme en limitant la concentration dans le secteur des médias.”
“J’aimerais vous entendre sur ces échecs, dont on a peu parlé, et sur tous ces élèves qui ont reçu des propositions mais n’ont pu obtenir la filière de leurs rêves – l’expression de certains collègues laisse penser qu’il faudrait que chacun ait la garantie d’y accéder. Que propose l’enseignement supérieur en guise de passerelles pour ces élèves déçus dont les choix faits à 18 ans ne doivent pas engager leur vie entière ?”
“Avant de devenir député, j’ai été, en parallèle de mes études doctorales, gestionnaire de scolarité pendant plusieurs années, ce qui m’a conduit à gérer cinq procédures Parcoursup pour les deux établissements dans lesquels j’ai travaillé. Je rejoins tous les collègues ici présents sur l’importance pour leur avenir des choix que doivent faire les élèves entre 15 et 18 ans et je vous entends lorsque vous dites vouloir offrir à chacun un parcours choisi. Pour avoir travaillé dans de grandes prépas parisiennes, je vous répondrai néanmoins qu’en matière de gestion, il faut gérer la frustration, la frustration de ne pas avoir vu ses vœux exaucés. Un bachelier sur quatre environ postule pour une classe préparatoire mais, compte tenu de leur faible nombre, beaucoup s’en voient refuser l’accès.”
“Cette restauration doit passer tant par la réforme de son calendrier que par la simplification de la scolarité au lycée et, surtout, par l’abandon du contrôle continu, qui a faussé la philosophie de l’orientation postbac.”
“Plus professionnalisant dans l’accès à l’information mais aussi plus sélectif, le baccalauréat professionnel mène à une orientation plus satisfaisante. Au regard de ces différents constats, il nous apparaît que les mesures nécessaires à l’amélioration du système d’orientation postbac reposent sur trois piliers : la suppression de Parcoursup, devenu le catalyseur d’angoisses comme de sentiments d’injustice ; le renforcement des dispositifs d’information à l’orientation, qui doivent devenir plus identifiables et moins facultatifs ; enfin, et surtout, la restauration du baccalauréat comme véritable outil de validation des compétences nécessaires à la poursuite des études – comme véritable clé d’accès à l’orientation postbac.”
“Le baccalauréat est devenu secondaire compte tenu de la nouvelle primauté de la procédure Parcoursup ; secondaire aussi car ce diplôme, désormais largement distribué, ne joue plus son rôle de validation des compétences. J’ai évoqué au début de mon propos la différence de satisfaction existant, relativement à l’orientation, entre les bacheliers généraux et les bacheliers professionnels. Cela s’explique évidemment par la différence – presque de 1 à 5 – dans le volume des heures qui y sont consacrées. Il me semble toutefois nécessaire de souligner une autre différence : en 2025, 96,4 % des candidats au baccalauréat général sont devenus bacheliers, contre 84,1 % des candidats au baccalauréat professionnel.”
“Le nouveau calendrier des épreuves de ce baccalauréat a poursuivi la dynamique – commencée avec APB – conduisant à faire de cet examen, pourtant fondateur, un rendez-vous désormais moins important que la procédure Parcoursup elle-même. Il ne faut pas minorer le rôle accru du contrôle continu dans ces dysfonctionnements. La notation est devenue l’objet d’un marchandage entre les professeurs et les familles. Les notes ne sont plus considérées comme autant de témoignages d’un parcours scolaire mais comme des éléments prépondérants du sacro-saint dossier Parcoursup – dossier qui a relégué le baccalauréat au second rang, quand c’est ce dernier qui, en toute logique, devrait être la clé d’accès aux études supérieures.”
“Dans une simultanéité qui n’a rien d’innocent, la procédure Parcoursup a été déployée, à partir de 2018, en parallèle de la réforme du baccalauréat. Cette dernière a amplifié les angoisses liées à l’orientation en obligeant les familles à faire dès la fin de l’année de seconde des choix aussi compliqués que déterminants pour l’orientation postbac. Elle a également affaibli la lisibilité des dossiers scolaires, par la combinaison explosive de la suppression des filières, de l’instauration d’un système de spécialités autorisant toutes les tactiques et, surtout, de l’attribution d’un rôle accru au contrôle continu.”
“Dans une proposition de loi déposée en 2023, mon excellent collègue Roger Chudeau rappelait à juste titre que le baccalauréat constitue, aux termes du code de l’éducation, le premier grade de l’enseignement supérieur et qu’il y autorise l’accès. Il serait bien acrobatique, en somme, de prétendre parler d’orientation postbac sans parler du bac lui-même. En effet, au-delà des dysfonctionnements de Parcoursup et des défaillances de notre système d’information à l’orientation, le principal écueil que rencontrent aujourd’hui les élèves, les familles et les établissements est celui d’un baccalauréat vidé de toute substance par plusieurs choix délétères – si le baccalauréat n’est pas du ressort de M. le ministre de l’enseignement supérieur, qui représente le gouvernement à notre débat, permettez-moi tout de même de les évoquer.”
“Soutenir une telle affirmation, ce n’est pas faire un cadeau à notre jeunesse ; c’est lui mentir. L’orientation mobilise d’ailleurs deux sélections : celle de l’élève vis-à-vis des formations et des établissements qu’il choisit, mais aussi celle du système d’enseignement supérieur et de ses établissements, qui doivent pouvoir, en toute clarté et en toute honnêteté, sans algorithme mais avec un jugement rationnel et fondé, indiquer si les formations désirées sont en adéquation avec les compétences acquises avant le baccalauréat comme avec le projet professionnel poursuivi. Or cette sélection n’est aujourd’hui plus possible.”
“Alors que l’orientation a besoin de clarté, de lisibilité et d’acteurs bien identifiés, la fusion de 2017 ne pouvait qu’entretenir la confusion. L’orientation a besoin d’agents et de dispositifs clairement identifiés par les élèves. Elle a besoin d’une clarification des acteurs et des missions ; elle a besoin, en somme, de simplification et de lisibilité – comme nombre de nos politiques publiques. Si cette première défaillance de notre système d’orientation postbac aura peut-être l’honneur de faire consensus, je doute qu’il en aille de même pour la seconde défaillance que nous identifions. Cette seconde défaillance, c’est celle de la sélection. Il ne saurait y avoir, à notre sens, d’orientation sans sélection. L’affirmation contraire relève au mieux de l’idéologie, au pire de la démagogie.”
“S’il faut certes savoir faire preuve de psychologie pour accompagner les jeunes Français dans leur orientation, c’est une erreur que d’avoir choisi de donner la priorité à la psychologie sur l’orientation, ce dernier mot ayant même disparu de l’intitulé de la fonction. Contrairement aux conseillers d’orientation, les psychologues de l’éducation nationale ne paraissent pas suffisamment identifiés par les élèves comme pouvant se charger de missions d’orientation. Il est par ailleurs inutile de souligner que, dans le désert pédopsychologique et pédopsychiatrique qu’est devenu notre pays, ces psy-EN, dont l’effectif est déjà bien faible, sont souvent amenés à palier d’abord les défaillances de notre prise en charge de la santé mentale des jeunes plutôt que celles de notre système d’orientation.”
“On y consacre 54 heures dans les lycées généraux et technologiques – des heures, toutefois, pour le moins volatiles. On y consacre en revanche 265 heures dans les lycées professionnels. Cette disproportion peut sans nul doute expliquer la disparité de satisfaction que j’évoquais précédemment. La question des acteurs est également essentielle : leur multiplicité – et la difficulté de les identifier – explique bien souvent la complexité de notre système d’orientation. En 2017, la fusion du corps des psychologues scolaires et du corps des conseillers d’orientation psychologues, créant le corps des psychologues de l’éducation nationale , a encore aggravé le caractère peu lisible de nos dispositifs d’orientation.”
“Les organismes officiels d’information et d’orientation ainsi que les responsables pédagogiques, comme les psychologues de l’éducation nationale (psy-EN) ou les conseillers principaux d’éducation, arrivent, eux, en queue de peloton – constat particulièrement intéressant. Si les professeurs occupent une place intermédiaire dans ce classement, ils sont au même niveau que les amis. L’orientation paraît donc être dans notre pays une affaire plus familiale que scolaire – nous en imaginons facilement toutes les conséquences sociales, notamment en matière de reproduction d’injustices. C’est là, nous semble-t-il, un des grands manquements de notre système scolaire. La question des heures dédiées à l’orientation joue évidemment un rôle prépondérant.”
“Dans une étude publiée l’automne dernier, l’Institut Montaigne indique que 27 % des jeunes de 18 à 24 ans sont insatisfaits de leur orientation – proportion considérable, qui prouve l’existence de problèmes tout aussi considérables. Il montre également dans cette même étude – à contre-courant de quelques idées reçues – que l’insatisfaction est nettement plus grande chez les élèves de la filière générale que chez ceux de la filière professionnelle. J’y reviendrai quand j’aborderai la deuxième des défaillances majeures que nous avons identifiées. Interrogeons-nous sur la manière dont les jeunes élèves de France se renseignent, en amont, sur leur orientation. Selon cette même étude, éclairante, de l’Institut Montaigne, ils se tournent d’abord vers leurs parents – plus particulièrement vers la mère –, puis vers internet.”
“Comme dans tant d’autres domaines de l’action de l’État, la simplification promise a mené à davantage de complexité, notamment quant au calendrier et à la succession des phases et des délais d’attente. Une réflexion sur les limites et sur les perspectives d’améliorations du système d’orientation postbac ne saurait toutefois se limiter à Parcoursup. Si cette plateforme cristallise et porte à incandescence les motifs d’inquiétude et d’incompréhension, on ne peut la tenir pour seule responsable des défaillances d’un système d’orientation manquant cruellement d’efficacité. Deux défaillances expliquent à notre sens la crise de l’orientation postbac. La première défaillance est celle du système d’information à l’orientation.”
“Cela nourrit un sentiment d’arbitraire et renforce chez les élèves la certitude que leur avenir a été décidé par des algorithmes sans que leur dossier ait été réellement examiné. Cette certitude, fondée ou non en fonction des situations, vaut à Parcoursup une réputation d’illisibilité et d’injustice, que les réformes qui se sont succédé année après année ont bien des difficultés à effacer, malgré des ajustements utiles à la clarté de certains critères. Huit ans après sa mise en place en remplacement d’un système APB – admission postbac – arrivé à bout de souffle, il est nécessaire de reconnaître que Parcoursup n’a pas rempli, ne remplit pas et, a priori , ne remplira pas les ambitions fixées initialement.”
“Chaque année, l’orientation postbac se retrouve au cœur des préoccupations de centaines de milliers de familles. Alors qu’elle devrait être l’occasion de discussions d’avenir, de perspectives constructives et d’ambitions heureuses, elle est malheureusement devenue un sujet d’anxiété et d’inquiétude. Depuis 2018, la plateforme Parcoursup, qui assure la gestion de l’accès à l’enseignement supérieur, cristallise ces craintes. Une enquête de l’Ipsos indiquait en 2022 que 83 % des utilisateurs de la plateforme jugeaient la procédure stressante, tandis que 28 % seulement la jugeaient équitable. Son fonctionnement demeure opaque pour nombre d’élèves et de familles. Beaucoup déclarent ne pas comprendre les critères de sélection et les raisons des refus essuyés.”
“Je vous remercie pour ces éléments de réponse. J’espère que le gouvernement donnera suite de manière efficace à ces inquiétudes et angoisses pour trouver des solutions concrètes et claires pour nos vignerons. Certains délais peuvent certes courir jusqu’en 2027, mais nos vignerons, et notamment nos vignerons bio, restent en proie à une inquiétude et à des angoisses fortes. Le gouvernement ne doit pas penser que nous pouvons attendre car la vigne, elle, n’attend pas.”
“L’urgence est là, incontestable, existentielle pour nombre d’entre eux, notamment pour nos vignerons bio. Quelles mesures d’urgence le gouvernement entend-il déployer pour accompagner nos viticulteurs face à cette situation et faire sortir notre vignoble de cette impasse insensée ?”