Maxime Michelet
UDDPLR · France
“La Cour des comptes le dit avec constance : l’incitation demeure le moteur le plus sûr ! Une administration qui libère des mètres carrés doit pouvoir en retirer un bénéfice direct. Elle passera alors d’une logique de contrainte à une logique d’adhésion.”
“Si, depuis des années, la puissance publique impose aux propriétaires français privés une discipline stricte, si elle leur impose des diagnostics, si elle conditionne le droit de louer à des étiquettes énergétiques, si elle exige, si elle inspecte, si elle verbalise, dans le même temps elle s’exonère tranquillement des exigences qu’elle i…”
“Chaque mètre carré laissé à l’abandon dilapide donc une épargne nationale accumulée depuis des décennies par le peuple. Dès lors, il s’agit de savoir si l’État est capable de s’administrer lui-même, avec le sérieux qu’il exige des propriétaires privés. Avec ce texte, une foncière unique deviendrait propriétaire du patrimoine.”
“Dernier orateur, non seulement de ce jour, non seulement de ce texte, mais de l’année parlementaire, je ne doute pas que je disposerai d’une attention particulièrement soutenue dans cet hémicycle. Je serai synthétique. (« Merci ! » sur plusieurs bancs des groupes LFI-NFP et SOC.) Ne me poussez pas à utiliser mes cinq minutes !”
“Ce texte engage le mouvement recherché. Il le fait imparfaitement, mais avancer imparfaitement vaudra toujours mieux que contempler le problème avec constance. (Applaudissements sur les bancs du groupe UDR.) Le groupe Union des droites pour la République votera ce texte.”
“(Applaudissements sur les bancs du groupe UDR.) Nous la jugerons à l’aune des surfaces libérées et des économies constatées plutôt que sur la beauté de ses organigrammes. La réforme de l’État a trop longtemps ressemblé à un concours d’éloquence.”
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“Alors que les relations internationales traversent un moment cathartique, nous sommes invités à ratifier un accord de défense conclu avec un partenaire important de notre pays, l’Indonésie. Partout, nous assistons au retour du réalisme diplomatique, marqué par une assertivité croissante des grandes puissances à défendre leurs intérêts nationaux. Cette realpolitik s’accompagne d’un grand réarmement du monde – les budgets militaires sont en hausse, partout autour du globe. Il y a deux semaines, la Chine a annoncé une augmentation de ses dépenses de défense de 7,2 % en 2025. Elle maintient ainsi le rythme de croissance déjà enregistré en 2024 et consolide plus que jamais son rang de seconde puissance militaire. En ce XXI e siècle, la Chine est incontestablement le plus grand rival de l’Occident.”
“L’alinéa 55 qui soutient l’adhésion de l’Ukraine à l’Union européenne n’ayant pas été supprimé, nous ne voterons pas en faveur de la proposition de résolution ; mais puisque nous soutenons résolument le peuple ukrainien sans faillir et que nous refusons ce piège grossier, nous nous abstiendrons. Ce texte n’est de toute manière qu’une impuissante supplique. Avec Emmanuel Macron, la diplomatie française n’aura cessé d’alterner entre naïveté et agitation – il a toujours pensé davantage en Européen qu’en Français. Pour notre part, notre position n’a pas bougé : ni pro-Trump, ni pro-Poutine, ni pro-je ne sais qui ou pro-je ne sais quoi, mais toujours et plus que jamais pro-France. (Applaudissements sur les bancs des groupes UDR et RN.)”
“Or vous choisissez d’agir en idéologues, en européistes, « en Européens » – pour reprendre les termes de votre novlangue –, au service de la souveraineté européenne, notion vide de toute réalité et sur laquelle vous voulez construire une chimérique et dangereuse Europe de la défense, étendue à l’infini. C’est d’autant plus dangereux que vous n’avez pas les moyens de vos ambitions. Comme le disait Talleyrand, « Qui n’a pas les moyens de ses ambitions a tous les soucis. » Vous voulez faire gagner l’Ukraine, mais sans nous dire comment – cela vous contraindrait à dire que vous voulez la guerre. Plutôt que d’assumer les conséquences de vos discours martiaux, vous préférez les caricatures faciles, les mensonges les plus éhontés, les accusations diffamantes et les comparaisons historiques aussi indignes qu’insensées.”
“Alors que les négociations se poursuivent sans nous, loin de nous, et que le peuple ukrainien et les États-Unis recherchent la paix, comme d’ailleurs la Russie, puisqu’elle sait qu’elle ne peut plus l’emporter dans ce conflit – bref, le monde entier se prépare à la paix –, nous n’avons parlé que de guerre. (Mme Béatrice Roullaud applaudit.) Voilà le terrible décalage dont ce débat aura été le théâtre. Plus encore : alors que nous représentons ici le peuple français, nous aurons beaucoup parlé de l’Union européenne et bien peu de la France, preuve que l’européisme est la colonne vertébrale du parti unique qui siège sur ces bancs. Face au monde, nous devrions agir en réalistes.”
“En décalage total avec les négociations actuelles qui cherchent à bâtir la paix, cet alinéa semble vouloir prolonger la guerre. (Applaudissements sur les bancs des groupes UDR et RN.)”
“Le groupe UDR demande la suppression de l’alinéa 69, qui appelle à l’extension immédiate des garanties de sécurité occidentales à l’Ukraine. Une telle disposition est tout simplement dangereuse : une extension « immédiate », en plein conflit, de ces garanties reviendrait tout simplement à nous faire basculer dans la guerre. Je sais ce que vous allez nous répondre : cette extension ne sera en réalité pas immédiate. Mais dans ce cas, ne dites pas qu’elle l’est ! Nous soutiendrons d’ailleurs l’amendement n o 14 de nos amis du groupe Rassemblement national, qui propose de simplement retirer le mot « immédiate ». Quant à nous, nous souhaitons la suppression pure et simple de l’ensemble de l’alinéa, car il est à nos yeux emblématique de la surenchère guerrière qu’implique cette proposition de résolution européenne.”
“Cela montre bien que le Kremlin y voit une forme d’affaiblissement. Si vous ne voulez pas faire la politique du Kremlin, votez pour cet amendement. (Applaudissements sur les bancs des groupes UDR et RN.)”
“Et puisque seul le peuple peut défaire ce que le peuple a fait, ce non vaut toujours. En construisant une Europe sans les peuples, sans cesse élargie, sans cesse déséquilibrée, sans cesse complexifiée, vous construisez une Europe faible. Vous pensez que cet élargissement renforcera et défendra l’Ukraine et l’Europe, mais vous allez nous affaiblir collectivement. D’ailleurs, permettez-moi de vous mettre en garde : le 18 février dernier, le porte-parole du Kremlin a déclaré que la Russie ne s’opposerait pas à l’entrée de l’Ukraine dans l’Union européenne.”
“Le groupe UDR demande la suppression de l’alinéa 55, dont les termes ne sont pas innocents. M. le rapporteur en a lui-même conscience, puisqu’il va proposer de le modifier, mais cela ne saurait suffire. Cet alinéa entend faciliter le processus d’adhésion de l’Ukraine à l’Union européenne, afin qu’« il aboutisse dans les meilleurs délais ». Nous nous opposons résolument à cet alinéa car nous nous opposons résolument à l’entrée de l’Ukraine dans l’Union européenne. Cet alinéa n’est rien d’autre qu’une déclaration de soutien à cet élargissement, au nom de la représentation nationale, donc de la France.”
“C’est pourquoi le Vieux Continent est devenu impuissant. Et c’est pourquoi, dans l’état actuel du texte, l’UDR ne le soutient pas et conditionne son vote final au déroulement de la discussion et au sort de ses amendements. (Applaudissements sur les bancs des groupes UDR et RN.)”
“L’européisme naïf a toujours affaibli l’Europe et, plus encore, la France. C’est pourquoi les négociations se déroulent à Djedda et non à Paris. C’est pourquoi l’influence française en Europe est marginalisée.”
“Au contraire, lors de la dernière consultation du peuple français sur les questions européennes, son choix a été clair et s’est porté sur la liste du Rassemblement national menée par Jordan Bardella, qui a rassemblé deux fois plus de voix que celle de la candidate du président de la République. (Applaudissements sur les bancs des groupes UDR et RN.) Dès lors, celui-ci, défait deux fois dans les urnes cet été, ne possède aucun mandat pour avancer sur les voies qu’il a ouvertes. Toute modification des traités européens ou toute décision d’élargissement doit impérativement être soumise au peuple par référendum. Nous ne laisserons pas les ruines de l’Ukraine servir de marchepied à une fédéralisation de l’Europe à marche forcée faite sans les peuples, voire contre les peuples.”
“Surtout, en son alinéa 55, elle émet un soutien inconditionnel à la future adhésion de l’Ukraine à l’Union européenne, qui aurait pour conséquence de ni plus ni moins tuer notre agriculture et de détraquer plus encore le fonctionnement de l’Union. Le groupe de l’Union des droites pour la République a déposé des amendements de suppression de ces deux alinéas. Nous y reviendrons au cours du débat. En attendant, dans le cadre de la discussion générale, permettez-nous de rappeler que le peuple français n’a jamais consenti ni à l’Europe de la défense prônée par Emmanuel Macron et Ursula von der Leyen, ni à l’élargissement de l’Union à l’Ukraine.”
“face à l’agression effroyable qu’il subit, nous nous tenons aux côtés du peuple ukrainien, dont nous saluons le courage et la force. Mais pour vraiment l’aider, nous devons soutenir la paix et non l’escalade guerrière. Alors que jamais la paix en Ukraine n’a été aussi proche, jamais le président de la République n’a autant parlé de guerre. Pourtant, la guerre doit impérativement s’arrêter. Malheureusement pour nous, la résolution qui nous est proposée n’est pas une résolution de paix. Deux alinéas nous paraissent particulièrement périlleux. En son alinéa 69, la proposition appelle à l’extension immédiate des garanties de sécurité occidentale, ce qui reviendrait ni plus ni moins à nous faire basculer dans la guerre.”
“Une politique qui a continûment délaissé l’Europe en faveur d’un pivot stratégique vers le Pacifique, face à la Chine. La preuve en est que les Américains n’ont jamais cherché la victoire de l’Ukraine. En 2014, quand la Crimée tombait, quand le Donbass s’embrasait, quand la Russie violait les cessez-le-feu successifs, le président Obama décidait de ne pas agir. Face à l’invasion de 2022, le président Biden a certes choisi un soutien clair à l’Ukraine, mais en veillant toujours à ne lui accorder que la force suffisante à sa survie, non celle nécessaire à sa victoire. Seuls les États-Unis avaient la capacité matérielle et logistique de permettre cette victoire. Ils ne l’ont jamais voulue et, aujourd’hui, ils veulent la paix. Oui !”
“Mais si l’armée russe n’a pas su faire tomber Kiev il y a trois ans, elle ne fera pas tomber Paris dans trois semaines. La menace russe est réelle mais elle n’est pas immédiate. Pour l’Europe et pour le monde, le plus grand risque réside dans l’alignement de la Russie et de la Chine, cimenté par le conflit ukrainien. Le vrai risque n’est pas pour dans trois semaines mais pour dans trois ans si, à l’occasion d’une invasion chinoise de Taïwan fixant les Américains dans le Pacifique, l’armée russe faisait la même chose dans les pays baltes. En effet, si le désengagement des États-Unis constitue un basculement, il ne devrait surprendre personne. Avec son attirail d’excentricité et de brutalité très américaines, Donald Trump poursuit une politique en germe depuis quinze ans.”
“Ceux qui refusaient de voir que la désintégration de l’empire russe, devenu soviétique, déstabiliserait durablement sa région. Ceux qui refusaient enfin de voir que les États-Unis ne défendraient jamais d’autres intérêts que ceux… des États-Unis. Face à cette situation, il est possible de continuer à se payer de bons mots, par exemple en comparant Donald Trump à Néron, ce qui ne témoigne pas d’une bonne connaissance ni de Trump ni de Néron. Il est aussi possible de choisir la voie de l’émotion, voire de la théâtralisation, pour nourrir l’inquiétude des Français, comme l’a fait le président de la République dans son allocution. Il est toutefois également possible de regarder le réel rationnellement. Oui, la menace russe à nos portes est incontestable et les pays européens doivent y faire face.”
“Au moment où, pour la première fois dans la législature en cours, l’Assemblée est invitée à délibérer sur un texte consacré à l’Ukraine, chacun mesure l’importance de notre discussion. Depuis trois ans, la guerre ravage l’Ukraine et fauche des centaines de milliers de vies dans un conflit désormais enlisé. Il s’agit d’une guerre dont la seule responsabilité incombe à la Russie de Vladimir Poutine, coupable d’une agression d’une gravité inédite aux portes de l’Europe. Le retour de Donald Trump à la présidence des États-Unis a brutalement accéléré le cours de cette guerre, a précipité les événements et a redonné la vue à ceux qui refusaient de voir. Ceux qui, n’ayant sans doute pas assez lu Thucydide, refusaient de voir que les relations entre puissances sont toujours des rapports de force.”
“Pour le vignoble français, l’heure est grave : il faut des solutions fortes. Nous voterons en faveur du texte, qui constituera une avancée utile et importante ; mais nous devrons faire beaucoup plus, radicalement plus, si nous voulons pouvoir encore dire dans dix ans que la France est le plus grand pays viticole du monde – dans le cas contraire, elle ne serait plus la France. (Applaudissements sur les bancs des groupes UDR et RN.)”
“Si l’on ajoute à cela les nombreuses interdictions sans solutions de rechange, on conçoit que la palette des procédés disponibles n’ait cessé de rétrécir. Cette exigence de recherche et de développement, je la soutiens avec d’autant plus de conviction que j’ai l’honneur d’être l’élu d’un territoire viticole, la Champagne, où ce combat a toujours été mené avec la passion de ceux qui veulent trouver des solutions. Ainsi, près d’Épernay, dans le domaine expérimental du comité interprofessionnel du vin de Champagne, près d’un hectare est aujourd’hui consacré à tester la confusion vibratoire, susceptible de perturber la reproduction des cicadelles qui propagent la flavescence dorée – fléau au sujet duquel j’avais interpellé Mme la ministre et qui nécessiterait une action déterminée.”
“Quoique attendues par la profession, ces avancées ne sauraient suffire : face à ces risques sanitaires, comme à bien d’autres défis dans notre pays, il est urgent de nous libérer de l’idéologie et de la bureaucratie qui complexifient et paralysent tout, de quitter la voie des contraintes excessives pour celle de l’innovation. Car face aux maladies de la vigne, la meilleure réponse sera toujours la recherche. « Pas d’interdiction sans solution », certes, mais « pas de solution sans recherche » ! Afin qu’ils trouvent dès demain les remèdes aux maladies d’aujourd’hui, libérons l’initiative des chercheurs des lenteurs, pesanteurs, délais, procédures administratives qui, en vingt ans, ont doublé le coût de la recherche, réduisant d’autant son agilité.”
“Du fait de son excessive sévérité, le dispositif existant était inopérant. En instaurant une amende de 5 e catégorie, le texte ouvre la voie à une action plus efficace et pédagogique. Cette action sera également moins stigmatisante pour les propriétaires non exploitants qui ne trouvent pas de viticulteur, ainsi que pour les viticulteurs fragilisés, ces deux cas de figure étant à l’origine de la plupart des friches viticoles françaises. Les amendements adoptés en commission visaient d’ailleurs à manifester davantage encore cette volonté du législateur de ne stigmatiser personne, ce dont nous nous félicitons. Notre seul objectif, partagé sur tous les bancs, est de défendre nos vignobles contre des périls sanitaires parfois mortels, surtout lorsque s’y ajoutent des menaces économiques, commerciales, sociales, climatiques.”
“Selon les estimations, la production française pour 2024 s’élèverait à 37 millions d’hectolitres, soit une baisse de 23 % par rapport à l’an passé et un recul de 16 % par rapport à la moyenne quinquennale. Cette chute brutale, qui s’inscrit dans un contexte général de recul de la production mondiale, est clairement imputable, en France, à une année calamiteuse sur le plan météorologique, entre précipitations, sécheresse et orages de grêle. Notre vignoble est donc une richesse en danger, qu’il nous faut défendre, protéger et préserver face aux défis, notamment sanitaires. En ce sens, nous saluons et nous voterons le texte de notre collègue du Mouvement démocrate, qui s’attaque au sujet épineux du développement des vignes non cultivées, lesquelles constituent autant de failles sanitaires dans nos vignobles.”
“Avec près de 800 000 hectares de vignes, la France n’est pas seulement un grand pays viticole, elle est aussi le plus grand pays viticole du monde : à elle seule, elle représente un dixième du vignoble mondial. Richesse économique, commerciale, touristique, paysagère, culturelle et identitaire : on ne saurait imaginer la France sans son vignoble. Malheureusement, cette richesse est confrontée à de graves défis : guerres commerciales dans un monde toujours plus concurrentiel, baisse globale de la consommation de vin, aléas climatiques qui deviennent la norme, ordres et contre-ordres politiques, qui privent nos producteurs de visibilité et de lisibilité, ingérences d’idéologies décroissantes ou hygiénistes, menaces sanitaires. Les défis sont nombreux et la situation plus que préoccupante.”
“Ne nous contentons pas de chiffres ou de statistiques en hausse, qui peuvent masquer bien des échecs humains sur le terrain ; occupons-nous de toutes les réalités, si diverses, vécues par nos enfants, pour lesquelles aucun modèle unique ne saurait suffire. (Applaudissements sur les bancs du groupe UDR et sur quelques bancs du groupe RN.)”
“Mais pour les soutenir dans leur mission spécifique en milieu ordinaire, soutenons également nos instituts médico-éducatifs (IME) et nos établissements régionaux d’enseignement adapté (Erea), nos unités localisées pour l’inclusion scolaire (Ulis) et nos sections d’enseignement général et professionnel adapté (Segpa). Ne fermons les yeux sur aucun des problèmes, du cruel manque d’infirmières scolaires dans les établissements au grave souci posé par l’absence de détection précoce en école maternelle. Dans ce combat, une vue globale est indispensable. L’inclusion des élèves en situation de handicap a trop longtemps été un tabou pour que nous la laissions devenir aujourd’hui un totem.”
“Cela ne permettra ni de valoriser et former suffisamment les AESH, ni d’accompagner et d’inclure efficacement les élèves en situation de handicap, dont il est impératif de prendre en compte l’immense diversité. Si les AESH sont une chance inestimable pour nombre d’enfants, ce dispositif ne saurait s’appliquer ni suffire à tous. Pour construire une société vraiment inclusive, ne cédons pas à l’illusion de l’école unique ; trouvons un chemin entre milieu ordinaire et milieu adapté pour garantir l’intérêt des enfants et la liberté des familles. Ce modèle existe notamment outre-Manche où, aujourd’hui, les familles se tournent davantage vers l’enseignement adapté, considérant que des structures spécifiques assurent une meilleure prise en charge. Soutenons donc nos AESH sans défaillir.”
“Les AESH ont-ils vocation à être, dans une solitude parfois désespérante, l’alpha et l’oméga de la politique d’inclusion, et sa principale, si ce n’est sa seule mesure ? En septembre, la Cour des comptes s’interrogeait ainsi légitimement sur la maîtrise et la soutenabilité de la montée en charge du dispositif des AESH. Ce groupe professionnel constitue désormais le deuxième métier de l’éducation nationale, avec 128 466 accompagnants et 81 164 équivalents temps plein (ETP), soit plus que les professeurs agrégés ou que les professeurs d’enseignement professionnel. Une montée en charge non pensée et non anticipée nous semble une fuite en avant menant à une impasse.”
“S’agissant des AESH, je tiens d’abord à saluer à cette tribune le travail accompli par toutes les personnes qui remplissent ces missions difficiles et malheureusement trop peu valorisées, au service de nos enfants les plus fragiles. La loi du 16 décembre 2022 n’aura pas été sans conséquence positive pour elles : le taux d’AESH en CDI a triplé, passant de 20,8 % à 63,4 %. Mais il reste beaucoup à faire en matière de rémunération, de formation, de temps de travail, ou encore d’affectations. Affecter les AESH dans un nombre limité d’établissements situés sur un territoire raisonnablement délimité est une nécessité impérieuse. Il est impossible d’aborder la situation des AESH sans s’interroger sur le modèle d’inclusion scolaire déployé depuis vingt ans.”
“Le premier droit d’un AED, après celui à une rémunération décente, devrait être non pas l’accès à un CDI, mais le droit à la formation, aux fonctions exercées mais aussi à de futures fonctions, notamment pour ceux qui se tournent vers les métiers non enseignants de l’éducation. Plutôt qu’une carrière, nous pouvons faire de cette fonction spécifique un pont entre études et vie active, pour tant de jeunes, étudiants ou non, qui aspirent à l’autonomie et à l’affirmation. Voilà pourquoi nous pensons que le recrutement doit être prioritairement tourné vers les jeunes adultes et demeurer dans les mains des établissements, afin de rester au plus près des réalités du terrain.”
“Si la question de la rémunération concerne aussi bien les AESH que les AED, ne nous égarons pas en considérant ces deux métiers de manière indistincte. Je les évoquerai donc successivement. S’agissant des AED, la focalisation sur le seul combat d’une généralisation de l’embauche en CDI nous amène à nous interroger. Si cette perspective peut légitimement être offerte à quelques profils – c’est déjà le cas aujourd’hui grâce à la loi –, en faire la norme, voire une norme précoce, semble discutable. En effet, à moyen terme, une telle démarche conduirait mécaniquement à vieillir et à fixer la population des AED, alors même que leur rôle au sein des établissements exige mobilité et adaptabilité – il doit être exercé par de jeunes gens, capables de jouer le rôle précieux d’intermédiaire entre les élèves et le personnel.”
“Mais, si j’étais à votre place, je nourrirais tout de même quelques inquiétudes à la lecture de cette motion de censure. Car elle annonce la fin inévitable du macronisme. Cette parenthèse insensée se refermera bientôt, entraînant dans sa faillite tous ceux qui veulent en hériter. Alors, face à la gauche, face à son idéologie, face à sa bien-pensance, face à son aveuglement, face à son mépris des droits du peuple,…”
“Nous sommes le premier parti de France et nous sommes le parti du peuple français. Les idées que vous condamnez sont celles d’un peuple qui refuse de subir, mais qui veut choisir ; celles d’un peuple qui refuse de se résigner, mais qui veut se battre ; celles d’un peuple qui s’est battu pour être libre et souverain et qui entend bien le rester. Naturellement, au regard du caractère hautement opportuniste et tristement politicien de cette motion, nous ne censurerons pas votre gouvernement, monsieur le premier ministre.”
“Voilà une autre réalité qui vous dérange, mais elle est incontestable, peu importe vos motions de censure et vos leçons de morale.”
“Toutes les passions sont pour vous des « passions tristes ». Quant à nous, la seule passion que nous connaissons au peuple français, c’est celle de la souveraineté, et sans doute est-ce là une divergence entre nous. Une passion de la souveraineté ancrée dans une histoire millénaire au cours de laquelle la France, ballottée entre tant de crises, a toujours trouvé en elle, c’est-à-dire en son peuple, la force de se relever. Cette passion de la souveraineté est sans doute aussi la raison pour laquelle le peuple français a fait du Rassemblement national et de ses alliés la première force politique du pays, dès les élections européennes et aux élections législatives qui ont suivi. (Applaudissements sur les bancs des groupes UDR et RN.)”
“Car, au milieu des innombrables droits évoqués par votre texte, où se trouvent les droits du peuple de France ? Où se trouvent les droits du peuple souverain à choisir librement son destin ? Où se trouvent les droits du peuple français à choisir qui il accueille et qui il n’accueille pas ? Où se trouvent les droits du peuple à ne pas consentir à la submersion migratoire ? Le peuple français n’a jamais consenti à ces politiques. En réalité, ce peuple vous dérange, car il ne pense pas comme vous mais comme nous. Et, pour paraphraser Bertolt Brecht, peut-être préféreriez-vous le dissoudre. En tout cas, vous brûlez d’impatience de le censurer et de le faire taire. Au fil de vos discours, il est une évidence incontestable : vous avez une haute estime de vous-mêmes et une piètre estime du peuple français.”
“Mais au-delà de votre censure de la réalité, vous voulez, à travers nos idées, censurer les opinions. Vous évoquez d’ailleurs dans votre texte une étonnante tyrannie de l’opinion qu’on comprend aisément comme la tyrannie des opinions différentes des vôtres. Au-delà de votre censure de la réalité, vous voulez censurer le peuple, les idées auxquelles le peuple adhère et les droits dont le peuple est dépositaire.”
“Plutôt que des symptômes, vous vous inquiétez des remèdes, non pas sur le ton de la divergence politique, mais sur celui de la suprématie morale de votre humanisme supposé. Chers collègues, pour reprendre les termes de Mme Hadizadeh, vous n’avez pas le monopole du cœur tendre. Non, vous n’avez pas le monopole de l’humanisme. Surtout, vos politiques n’ont rien d’humaniste, car il n’y a rien d’humaniste à laisser des populations immigrées, pauvres et précaires, venir dans un pays qui n’est pas en mesure de les accueillir. Rappelez-vous que nous ne pouvons pas héberger toute la misère du monde, selon les mots, funestes aussi j’imagine, du socialiste Michel Rocard.”
“En quinze ans, les demandes d’asile ont quant à elles plus que triplé, passant de 36 000 à 131 000 demandes tandis que, depuis 2012, c’est-à-dire depuis l’élection de François Hollande, ce sont 400 000 clandestins qui ont été régularisés et 1 million d’OQTF qui n’ont pas été exécutées. Ces chiffres sont ceux d’une immigration dérégulée, dont les conséquences ne peuvent être méconnues mais que vous choisissez de méconnaître. Sous l’effet de dynamiques d’immigration hors de contrôle et de dynamiques de natalité en berne, la France est soumise à des tensions inédites dont toutes les forces politiques devraient s’inquiéter. Mais vous, vous faites le choix non de vous inquiéter de la réalité, mais de vous inquiéter de nos idées.”
“Mais cela ne nous dérange pas. Nous aurions même envie de vous en remercier, tant votre motion est une flagrante démonstration de votre rupture avec la réalité. On ne peut que regretter que vous n’ayez jamais fait vôtres les mots fameux de Charles Péguy : « Il faut toujours dire ce que l’on voit : surtout, il faut toujours, ce qui est plus difficile, voir ce que l’on voit. » Face à la réalité, vous faites le choix de ne pas voir ce que vous voyez, vous préférez détourner le regard. Car oui, la submersion migratoire est une réalité, étayée par des chiffres incontestables que je vais me permettre de vous rappeler. En vingt ans, le nombre de premiers titres de séjour délivrés a plus que doublé, passant de 120 000 à 340 000, et en dix ans seulement, le total de ces titres de séjour s’est élevé de 2,7 à 4,3 millions.”
“Une opportunité de réaffirmer l’hégémonie morale que vous souhaitez exercer, une opportunité aussi, quelque peu désespérée, de raccrocher les wagons du Nouveau Front populaire, puisque voilà tout ce qui vous reste pour survivre électoralement. Il y a quelques jours, vous n’avez pas voulu voter avec vos camarades d’élection sur les censures relatives au projet de loi de finances et au projet de loi de financement de la sécurité sociale, alors il vous fallait vous racheter une conscience. Et cette conscience, vous avez choisi de la racheter à nos frais.”
“…de vous alerter sur l’entrisme dans vos rangs de ce que vous qualifiez d’extrême droite, car cette même étude d’opinion démontrait que 43 % de vos sympathisants souscrivent également à cette expression. Une adhésion qui nous remémore quelques paroles anciennes, prononcées en 1989, sur le nombre d’immigrés présents en France. Un homme politique que vous connaissez bien affirmait alors : « Le seuil de tolérance a été atteint dès les années 1970. » Ces mots, que vous qualifierez à n’en pas douter de funestes, sont ceux de François Mitterrand. Pour vous, la question migratoire, qui inquiète tant nos compatriotes, qui bouleverse tant leur quotidien et nos territoires, n’est pas un problème mais une opportunité.”
“Permettez-moi d’ailleurs, en toute amitié,…”
“Mais vous êtes minoritaires : 81 % des Français y sont favorables et, d’ailleurs, 76 % des sympathisants socialistes le sont aussi. Concernant le droit du sol, vous considérez comme une indignité d’envisager sa remise en cause sur l’île de Mayotte. Mais vous êtes encore minoritaires : non seulement 73 % des Français y sont favorables, mais 65 % d’entre eux sont favorables à son abrogation sur l’ensemble du territoire national, comme nous le proposons. Concernant l’immigration, enfin, vous considérez que les mots de « submersion migratoire » sont funestes. Mais vous êtes encore et toujours minoritaires, puisque 67 % des Français considèrent qu’il existe bien une submersion migratoire dans notre pays.”
“« Ennemi mortel de la République », « maîtres chanteurs du Rassemblement national », « corruption de nos principes communs », « passions tristes de l’extrême droite », « attaques contre notre modèle démocratique » : ce texte en viendrait presque à relever moins de la politique que de la poliorcétique, tant le Parti socialiste y semble assiégé de toutes parts par des dangers face auxquels il serait le seul et vaillant barrage. Le problème, chers collègues socialistes, c’est que les idées que vous dénoncez ne sont pas seulement les nôtres, mais aussi celles du peuple français lui-même, et parfois même – pardon de vous rappeler cette douloureuse vérité –, celles de vos propres militants et sympathisants. Concernant la justice des mineurs, vous considérez ainsi comme une infamie d’envisager l’abrogation de l’excuse de minorité.”
“Son seul et unique but est de porter la censure contre son seul et unique sujet, à savoir les idées du Rassemblement national et de ses alliés de l’Union des droites pour la République. Cette motion de censure ne veut pas vous censurer, elle veut censurer des idées et des principes que la gauche, forte de son magistère moral autoproclamé, dénonce à grand renfort de grands mots et de grandes phrases, comme nous pouvons le lire dans son texte.”
“La motion de censure soumise à nos délibérations est la sixième déposée par la gauche contre l’actuel gouvernement en l’espace d’un mois seulement. On pourrait s’attendre à ce que notre débat ne soit qu’une nouvelle répétition des cinq précédents débats qui nous ont réunis au même motif. Mais c’était sans compter sur la créativité politique de la gauche qui innove, avec cette nouvelle motion de censure, en inventant la motion de censure détournée. Monsieur le premier ministre, je vous prie de bien vouloir m’excuser mais mon discours ne vous évoquera qu’incidemment, puisque la motion de censure ne vous évoque qu’incidemment. Le but premier de cette motion n’est pas, en effet, de vous renverser, et ses signataires le savent.”
“Au-delà d’une tradition pourvoyeuse d’emplois, de dynamisme économique et de débouchés commerciaux, le vignoble caractérise nos paysages et nos villages dans de nombreuses régions. Qui pourrait imaginer la France sans vignobles, sans vin ou sans vignerons ? Au regard de l’urgence et de la gravité de la menace, quels outils et quel calendrier pouvez-vous mettre à la disposition de nos viticulteurs ? Vous engagez-vous à ce que l’État mobilise toutes ses forces afin de mener ce combat vital pour l’avenir de nos vignobles ? (Applaudissements sur les bancs des groupes UDR et RN. – M. Philippe Juvin applaudit également.)”
“En 2023, 900 pieds infectés ont été identifiés ; ils étaient 10 000 en 2024. Face à l’ampleur de cette épidémie, à la rapidité de sa propagation et au délai d’expression de ses symptômes, l’intensification de l’effort de surveillance et de lutte est incontournable. Aussi, la prospection obligatoire dans toutes les communes viticoles, y compris celles qui ne sont a priori pas contaminées, sera l’un des facteurs-clés du succès de cette stratégie. Nos viticulteurs ont besoin que nous développions très rapidement des outils, notamment réglementaires, afin d’encadrer la lutte contre la flavescence, en particulier dans ces zones non contaminées. Madame la ministre de l’agriculture, le vignoble français est une part inaliénable tant de notre richesse nationale que de notre identité.”
“Le travail et le fruit du travail des Français appartiennent non aux ministres ou aux bureaucrates, mais aux Français – et aux Français seuls. Nous ne le rappellerons jamais assez. Ce texte est insuffisant, mais il est le seul que nous aurons, car aucun gouvernement issu du bloc central ne sera capable de faire mieux, faute de courage, de vision et d’ambition. Nous avons eu huit ans pour nous en convaincre et, depuis huit mois, dans le crépuscule d’une interminable fin de règne, la preuve nous en est inlassablement donnée. Il est pourtant urgent de rompre avec les vieilles recettes et les faux remèdes, dont la seule constance aura été d’échouer depuis trente, voire quarante ans. Cette rupture, par nature, votre gouvernement ne peut pas la porter.”