Maxime Michelet
UDDPLR · France
“La Cour des comptes le dit avec constance : l’incitation demeure le moteur le plus sûr ! Une administration qui libère des mètres carrés doit pouvoir en retirer un bénéfice direct. Elle passera alors d’une logique de contrainte à une logique d’adhésion.”
“Si, depuis des années, la puissance publique impose aux propriétaires français privés une discipline stricte, si elle leur impose des diagnostics, si elle conditionne le droit de louer à des étiquettes énergétiques, si elle exige, si elle inspecte, si elle verbalise, dans le même temps elle s’exonère tranquillement des exigences qu’elle i…”
“Chaque mètre carré laissé à l’abandon dilapide donc une épargne nationale accumulée depuis des décennies par le peuple. Dès lors, il s’agit de savoir si l’État est capable de s’administrer lui-même, avec le sérieux qu’il exige des propriétaires privés. Avec ce texte, une foncière unique deviendrait propriétaire du patrimoine.”
“Dernier orateur, non seulement de ce jour, non seulement de ce texte, mais de l’année parlementaire, je ne doute pas que je disposerai d’une attention particulièrement soutenue dans cet hémicycle. Je serai synthétique. (« Merci ! » sur plusieurs bancs des groupes LFI-NFP et SOC.) Ne me poussez pas à utiliser mes cinq minutes !”
“Ce texte engage le mouvement recherché. Il le fait imparfaitement, mais avancer imparfaitement vaudra toujours mieux que contempler le problème avec constance. (Applaudissements sur les bancs du groupe UDR.) Le groupe Union des droites pour la République votera ce texte.”
“(Applaudissements sur les bancs du groupe UDR.) Nous la jugerons à l’aune des surfaces libérées et des économies constatées plutôt que sur la beauté de ses organigrammes. La réforme de l’État a trop longtemps ressemblé à un concours d’éloquence.”
The complete record
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“« Plus cette affaire est finie, plus il est évident qu’elle ne finira jamais. » En écrivant ces mots, en 1910, Charles Péguy n’imaginait sans doute pas que l’affaire Dreyfus reviendrait occuper notre assemblée en 2025. Certains de nos compatriotes s’interrogeront sans doute sur ce débat aux accents anachroniques, que d’aucuns accuseront de procéder d’arrière-pensées tandis que d’autres l’estimeront à contretemps des urgences du moment. Pourtant, puisque la cause est grande, les arrière-pensées qu’elle peut alimenter ne méritent pas que l’on s’y attarde. Puisqu’elle est juste, elle ne saurait être à contretemps, car la France ne perd jamais son temps à se souvenir.”
“En effet, consentir est une chose, légiférer en est une autre : légiférer par voie d’ordonnance ne saurait donc être un mode naturel de législation. Je conclurai mon propos en adressant à l’ensemble de nos compatriotes de la France océanique le soutien inaltérable et fidèle du groupe UDR. Dans le respect des spécificités de ces territoires comme de l’unité de la République, n’oublions jamais notre outre-mer, qui fait de la France ce qu’elle ne doit jamais cesser d’être : une puissance planétaire. (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)”
“Au vu du très court délai dans lequel les mesures d’intégration nécessaires doivent être prises et au regard de l’importance de ces mesures pour le territoire de Wallis-et-Futuna, le groupe de l’Union des droites pour la République votera en faveur de cette loi d’habilitation, considérant que l’ensemble des acteurs sur place soutiennent cette initiative. Il souhaite aussi que, dans les prochains mois, le gouvernement se penche avec attention sur la situation des personnels non enseignants – vous venez de l’annoncer, madame la ministre. Cependant, le groupe UDR, comme les précédents groupes qui se sont exprimés, ne manque pas de regretter la méthode employée, laquelle ne permet pas à l’Assemblée nationale d’exercer pleinement son rôle et sa responsabilité de législateur.”
“Des conventions régulièrement renouvelées assurèrent la pérennité de ce système, jusqu’à la dernière convention, actuellement en vigueur, signée le 5 juin 2020 pour cinq ans. C’est donc à seulement quelques jours de la fin de la convention actuelle que l’Assemblée nationale est invitée à se prononcer sur le transfert à l’État des personnels enseignants du premier degré dans les îles de Wallis et Futuna, en autorisant le gouvernement à prendre, par voie d’ordonnance, les mesures nécessaires. Pourtant, le souci d’organisation spécifique à ce territoire ne date pas d’hier. Le protocole de fin du conflit opposant les enseignants et la direction de l’enseignement catholique date ainsi de juillet 2023. Quant à la mission d’inspection préconisant l’intégration dans la fonction publique, elle remonte à mars 2024 – il y a plus d’un an.”
“Notre assemblée est saisie d’un projet d’habilitation sur le transfert à l’État des personnels enseignants du premier degré dans les îles Wallis et Futuna. Sur ce dossier majeur, attendu par les familles et les acteurs locaux, les gouvernements successifs auront fait preuve d’une surprenante procrastination, malgré la hausse continue des tensions engendrées par un système unique, hérité de l’histoire, non moins unique, de ce territoire ultramarin. En effet, dès 1969, huit ans seulement après que les îles Wallis et Futuna eurent obtenu le statut de territoire d’outre-mer, les compétences scolaires, pour l’organisation et le fonctionnement du premier degré, étaient concédées à la mission catholique, afin de respecter les spécificités d’un territoire profondément marqué par le monopole éducatif de l’Église.”
“C’est seulement en étant à la hauteur de cette exigence que nous pourrons tenir, demain, la promesse de l’inclusion scolaire faite il y a vingt ans à toutes ces familles qui attendent encore sa concrétisation. À l’occasion de ce débat, nous leur adressons, unanimement, notre soutien et notre solidarité. (Applaudissements sur les bancs des groupes UDR et RN.)”
“Chaque enfant en situation de handicap doit en effet recevoir une solution adaptée, individualisée, librement choisie par sa famille, sur les conseils des milieux éducatifs et médico-sociaux. Selon nous, la liberté des familles doit demeurer le pivot des politiques d’inclusion ; l’État doit la garantir en proposant une offre solide et plurielle de dispositifs et de structures d’accompagnement. Nous avons le devoir impérieux et urgent de pallier le manque de places en instituts spécialisés, IME ou Itep – instituts thérapeutiques, éducatifs et pédagogiques –, qu’exemplifient tant de parcours dramatiques de familles ballottées de démarches innombrables en listes d’attente. Chaque enfant en situation de handicap doit pouvoir trouver une place dans notre système scolaire, qu’il soit scolarisé en milieu ordinaire ou en milieu adapté.”
“Ce dont la scolarisation en milieu ordinaire a besoin, c’est d’une formation adaptée, et digne de ce nom, de tous les AESH, accompagnée d’une juste valorisation sociale et financière. L’article 3 nous semble donc manquer ce but, pourtant primordial, et emporter un risque de confusion des fonctions qui pourrait demain justifier, compte tenu de la formation des professeurs, qu’on exige d’eux qu’ils endossent la double casquette d’enseignant et d’AESH, dispensant définitivement ceux qui auraient souhaité le faire de traiter la question du statut et de la formation de ces derniers. Le groupe UDR souhaite enfin rappeler que la grande et légitime ambition d’une école vraiment inclusive ne doit pas se confondre avec le choix politique d’un modèle unique de scolarisation en milieu ordinaire.”
“Soutenant le texte dans son ensemble, et la majorité de ses articles, le groupe UDR s’abstiendra cependant sur l’article 3, dont la version initiale prévoyait d’ouvrir aux enseignants la formation, pourtant déjà lacunaire, des AESH, au prix d’une confusion des fonctions. Cela aurait justifié, de notre part, un rejet pur et simple de l’article. Si la nouvelle version adoptée en commission va moins loin dans cette confusion des fonctions, elle n’en fait pas moins porter une nouvelle charge de formation et de responsabilités sur les enseignants, pourtant déjà soumis à un nombre incalculable d’obligations et de dispositifs de formation. À nos yeux, il est indispensable de se souvenir que les professeurs sont des professeurs et les AESH des AESH.”
“S’il nous faut reconnaître un déficit global de données qui ne permet pas de documenter et d’évaluer la scolarisation des élèves en situation de handicap, comme le soulignait la Cour des comptes en 2024, nous ne pensons pas que ce déficit ait besoin d’être comblé par un énième comité, alors même que des supports administratifs existent déjà pour satisfaire ce besoin. Nous saluons donc la nouvelle rédaction de l’article 2, qui, en prévoyant un rapport annuel remis au Parlement, comblera cet incompréhensible déficit d’information et de suivi et nous permettra de jeter un regard neuf et informé sur les éventuelles défaillances de notre système d’inclusion.”
“En effet, l’un des défis prioritaires qu’il nous faut relever, dans l’intérêt des familles, est une lutte déterminée pour alléger le parcours du combattant auquel trop de parents sont encore confrontés. Délais de traitement des dossiers, multiplicité des interlocuteurs et des démarches, manque de coordination entre secteurs, instabilité des accompagnements, manque de places au sein des établissements spécialisés : trop d’embûches demeurent sur le chemin des familles, auxquelles l’État devrait pourtant garantir simplicité, clarté et efficacité. Si cette proposition de loi ne répondra pas à toutes ces questions, elle n’en a pas moins la vertu d’aller dans le bon sens et d’ouvrir le débat. Le groupe UDR salue également l’apport notable des travaux de la commission, qui a supprimé le projet d’observatoire national prévu par le texte initial.”
“En 2005, la République s’est honorée en ouvrant le chantier de l’égalité du droit de tous les enfants à une scolarité émancipatrice. Sujet grave et sensible s’il en est, la scolarisation des enfants en situation de handicap demeure cependant, vingt ans plus tard, un chantier où tant reste à faire. Si le texte qui nous est soumis ne suffira pas à mener à bien cette vaste entreprise, il n’en contient pas moins des mesures qui pourraient s’avérer utiles. Le groupe UDR votera en sa faveur. Ainsi, la généralisation du livret de parcours inclusif, prévu à l’article 1 er , rendu accessible aux enseignants par la commission, apportera davantage de coordination – espérons qu’elle n’apportera pas, comme trop souvent, davantage de démarches connexes.”
“S’il n’est pas inutile de pallier les défaillances conjoncturelles de nos institutions, comme nous le faisons, il est essentiel d’œuvrer à les restaurer en rétablissant les équilibres et les principes qui ont fait de la Constitution de 1958 la loi fondamentale la plus durable de notre histoire constitutionnelle, pourtant riche en expérimentations. Puissent les gouvernements d’affaires courantes, symptômes d’une période de crise qu’il nous faut refermer au plus vite, appartenir très rapidement aux livres d’histoire plutôt qu’aux manuels de droit constitutionnel. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe RN.)”
“Le vote de ce texte devra nécessairement être suivi de celui de la proposition de loi constitutionnelle, également cosignée par nos deux collègues rapporteurs, et qui vise à inscrire dans notre texte fondamental les dispositions d’ordre constitutionnel nécessaires. Cependant, notre vote favorable s’accompagnera d’un vœu politique, celui que ces dispositions, nécessaires et utiles, soient rapidement rangées au rayon des mesures d’exception dont il n’est nul besoin de faire usage. Ce concept de gouvernement d’affaires courantes devrait être étranger aux institutions de la V e République, institutions qui – jusqu’à l’élection d’Emmanuel Macron – avaient garanti la stabilité, la continuité et l’efficacité de l’action gouvernementale.”
“L’extension à des groupes de députés ou de sénateurs – qui existe pour d’autres procédures – serait bienvenue. Le second article vise à inscrire dans la loi le devoir d’information du gouvernement démissionnaire vis-à-vis du Parlement, non seulement durant la période d’affaires courantes, mais également à l’issue de cette période par la transmission d’un rapport global. Ces dispositions améliorent la communication, la transparence et le contrôle du Parlement sur les actes et décisions du gouvernement. Nous ne pouvons que les saluer. Le groupe de l’Union des droites pour la République votera donc en faveur de cette proposition de loi de nature à renforcer le contrôle parlementaire de l’action d’un gouvernement privé de légitimité politique et institutionnelle.”
“Il formule donc onze recommandations destinées à renforcer ce contrôle et à rénover les rapports entre le Parlement, incarnation de la continuité de la représentation nationale, et le gouvernement démissionnaire, exerçant de façon circonstancielle, l’intérim du pouvoir exécutif. La proposition de loi ordinaire soumise à nos délibérations traduit en deux articles les trois recommandations de leur rapport d’information relevant du domaine de la loi. Le premier article tend à réaffirmer la souveraineté du Parlement sur les actes d’un gouvernement démissionnaire en renforçant et en élargissant les procédures pour excès de pouvoir durant les périodes d’affaires courantes. En commission – et nous saluons ce vote –, l’intérêt à agir a été étendu aux présidents des groupes parlementaires.”
“Certes, ses prérogatives étaient limitées, comme en témoigne la diminution des actes dudit gouvernement, mais la durée de ce maintien ne pouvait que susciter des interrogations, l’Assemblée étant privée de son pouvoir de renverser ce gouvernement déjà renversé. La mission d’information menée par nos collègues rapporteurs, Léa Balage El Mariky et Stéphane Mazars, visait à répondre à ces interrogations. Nous les remercions pour le travail accompli au service des droits du Parlement. Leur rapport d’information illustre bien la faiblesse du contrôle parlementaire durant cette période.”
“Nous vivons des temps institutionnels inédits. En soixante-six ans d’existence, la Constitution de la V e République n’aura jamais connu temps institutionnels plus incertains que ceux que nous traversons depuis 2022, et plus encore depuis 2024. Les dernières élections législatives ont engendré une situation politique sans précédent, qui a notamment eu pour première conséquence la mise en place d’un gouvernement d’affaires courantes d’une longévité exceptionnelle. Le gouvernement de Gabriel Attal, sèchement et clairement désavoué dans les urnes, est resté en fonction du 7 juillet au 5 septembre 2024, soit soixante-sept jours.”
“Au vu de l’amoncellement des mesures contenues dans ce texte et de l’inadaptation totale du véhicule législatif qui nous est imposé, des contradictions entre mesures négatives qui annulent les mesures positives, et du fait surtout que nous sommes les détenteurs de la souveraineté nationale et non les transcripteurs obéissants du droit européen, l’Union des droites pour la République s’abstiendra. (Applaudissements sur les bancs des groupes UDR et RN.)”
“Au-delà du caractère hautement hétéroclite de toutes les mesures contenues dans ce texte, ce qui suffit à démontrer l’inadéquation totale de ce véhicule législatif annuel, nous tenons également à souligner que ce projet de loi ne fait pas honneur à l’Assemblée nationale car il nous enferme dans un simulacre de liberté parlementaire où nous n’avons en réalité d’autre liberté que celle de consentir ou, éventuellement, de surtransposer. Or l’Assemblée nationale de la République française mérite mieux que d’être réduite au rôle, digne d’un parlement de l’Ancien Régime, de chambre d’enregistrement des directives de l’Union européenne.”
“Ensuite, consentir à cette directive nous semble relever du syndrome de Stockholm sachant que nous n’avions déjà pas atteint les objectifs de la directive RED II, nous rendant passibles d’une amende de près de 1 milliard d’euros, et que notre mix énergétique est déjà décarboné à 95 %. Nous payons dans ce domaine l’échec des gouvernements successifs à imposer à l’Union européenne la reconnaissance de l’énergie nucléaire comme énergie centrale, si ce n’est première, dans la transition écologique et énergétique du continent. La présence de l’article 42 nous inciterait également à rejeter le texte puisque ses dispositions visent à transposer une directive qui prévoit de faciliter l’obtention d’un titre de séjour de longue durée pour les travailleurs dits hautement qualifiés.”
“C’est grâce aux voix du RN et de l’UDR que l’Assemblée, dans l’hémicycle, s’était refusée à transposer cette folie dans notre droit national. Mais le combat contre cet aberrant horizon d’interdiction ne saurait s’achever avec cette suppression ; il doit se poursuivre à Bruxelles et nous comptons pour cela sur l’action du gouvernement. D’autres mesures, en revanche, nous conduiraient à rejeter ce texte car il contient des dispositions nuisibles pour notre pays, au premier rang desquelles les normes issues de la directive RED III, qui contraint les États à ce qu’au moins 42,5 % de leur consommation énergétique globale soient issues d’énergies renouvelables d’ici 2030. Tout d’abord, la politique énergétique de la France n’a pas à s’écrire à Bruxelles, mais ici, dans cet hémicycle.”
“Nous aurions envie, au groupe UDR, de lui donner un avis favorable eu égard à certaines mesures contenues dans ce texte et qui nous semblent bénéfiques, telles que le durcissement de la sanction pénale de la conduite sans assurance ; l’article 41, qui renforce les pouvoirs d’information de l’ANSM – l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé – pour l’appuyer dans sa lutte contre les ruptures d’approvisionnement de dispositifs médicaux ; la dépénalisation des manquements aux obligations déclaratives de la CSRD, qui libère nos entreprises d’une menace injustifiée ; ou encore, et peut-être surtout, le non-rétablissement par la CMP, dont nous nous réjouissons vivement, de l’article 35, qui tendait à interdire dès 2035 la vente de voitures thermiques.”
“À l’issue de la première lecture à l’Assemblée nationale et au Sénat, le fameux projet de loi Ddadue est de retour dans notre hémicycle après les travaux de la commission mixte paritaire, et nous voilà de nouveau confrontés à ce véhicule législatif inadapté, patchwork baroque de mesures excessivement diverses – dont quelques cavaliers européens à propos desquels on peut s’interroger sur leur légitimité à figurer dans le texte… Droit bancaire, monétaire et financier, droit de la commande publique, droit de la consommation, droit de l’énergie, droit des transports, droit de l’entrée et du séjour, droit de l’environnement et lutte contre les émissions de gaz à effet de serre : voilà le programme stupéfiant de ce texte et sur lequel, malgré la complexité de chaque domaine traité, il est attendu de la représentation nationale qu’elle formule une position cohérente.”
“Face à la crise de nos institutions, la France n’a pas besoin de changer de République, mais la République a urgemment besoin de changer de président. (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)”
“Le mépris du peuple, porté à son paroxysme par le macronisme, voilà ce qui a dénaturé la V e République d’année en année. C’est en redonnant des patriotes à la République que nous restaurerons le génie injustement écorné de nos institutions. C’est grâce à la grande alternance qui vient que la V e République, abîmée par tant de prétendus gaullistes, renaîtra demain.”
“Le président a non seulement abandonné son rôle d’agent d’équilibre, mais il est devenu le principal adversaire de l’expression de la souveraineté populaire. Alors que la V e République est indissociable du référendum, nous attendons toujours la concrétisation des promesses référendaires du 31 décembre, comme nous avons désespérément attendu la concrétisation de celles de 2017 ou de 2022, et ce alors que l’offense faite au peuple en 2005 attend toujours d’être réparée.”
“Mais ces institutions reposaient sur une clé de voûte, précisément désignée par Michel Debré dans cette formule : « Cette clef de voûte, c’est le Président de la République. » Aujourd’hui, cette clef de voûte est devenue le principal point de fragilité de l’édifice : la ruine institutionnelle menace !”
“Ce que vous voulez abattre, nous voulons le redresser et le restaurer, car jamais la France n’a jamais connu meilleures institutions que celles héritées du génie de Charles de Gaulle et de Michel Debré.”
“Du fait de révisions improvisées et de lectures incohérentes de nos institutions, mais aussi et surtout de pratiques délétères depuis 2017, la Constitution de 1958 a été fragilisée ; elle a perdu de sa puissance démocratique et de son efficacité. C’est par cette brèche que vous souhaitez imposer votre VI e République et priver la France de stabilité constitutionnelle. Pour notre part, face à cette crise, nous continuerons toujours de défendre la V e République. Toute la V e République, rien que la V e République, vraiment la V e République !”
“Cette vérité vous dérange et je vous comprends : il n’est pas facile de devoir assumer qu’en plus d’être issu de vos rangs, le macronisme vous doit tout, de sa naissance à sa survie. (Exclamations sur plusieurs bancs des groupes LFI-NFP et EcoS.) Il vous le rend bien, en vous permettant d’attaquer plus que jamais la V e République, car jamais la V e République n’aura été aussi affaiblie qu’aujourd’hui.”
“Vous avez non seulement fait élire Emmanuel Macron en 2017, vous l’avez non seulement fait réélire en 2022, mais vous l’avez sauvé en 2024.”
“Vous avez préféré le sauver, en sauvant quatre-vingts députés du bloc central, repêchés in extremis par vos voix et par vos voix seules. Sans vous, le bloc central en aurait compté 132. Grâce à vous, il en compte 212 !”
“Chers collègues de gauche, la Macronie vous doit beaucoup. Emmanuel Macron peut être content de vous, car, sans vous, le macronisme était fini le 7 juillet !”
“Par la division de notre hémicycle, privé de tout vainqueur et de toute majorité, le président de la République a conservé des marges de manœuvre inespérées, dont il aurait été privé si l’union des patriotes l’avait légitimement emporté.”
“Si cette élection a été volée, c’est au peuple français et aux patriotes qu’elle l’a été. Si cette élection a été gagnée, elle ne l’a été que par Emmanuel Macron, grâce à la gauche.”
“Vous fîtes alors le choix du chaos. Ce fut le soi-disant front républicain, privant, pour la première fois de notre histoire, la première force politique de l’exercice des responsabilités.”
“(Exclamations sur quelques bancs des groupes LFI-NFP et EcoS.) Des trois coalitions en compétition, l’union des patriotes, sortie largement première des urnes et seule coalition cohérente, était l’unique force politique à pouvoir offrir, au soir du premier tour, un gouvernement stable au pays. C’est tant par respect de la démocratie que par esprit de responsabilité – valeur dont les centristes se gargarisent si souvent – que les résultats du second tour auraient dû confirmer ceux du premier. Mais gauche et centre, mélenchonistes et macronistes, dans une grande coalition des contraires s’étendant d’Édouard Philippe à Philippe Poutou, trouvèrent un miraculeux terrain d’entente. Non pour gouverner la France, mais pour empêcher la France d’être gouvernée.”
“Telle fut la réalité de nos institutions jusqu’à Emmanuel Macron. Nous ne saurions critiquer la dissolution, car les représentants du peuple ne sauraient remettre en cause une consultation du peuple. L’appel au peuple, par la dissolution, est un outil légitime, qui peut rétablir l’harmonie entre représentés et représentants. Or, depuis la présidentielle de 2022, un décalage de plus en plus profond se creusait entre les organes représentatifs et le peuple représenté. Un malaise exprimé dès les élections législatives de 2022, puis confirmé et amplifié par les élections européennes de 2024. Dès lors, l’appel au peuple souverain était légitime et nécessaire, mais encore fallait-il qu’on le consulte authentiquement et qu’on permette à sa volonté de se traduire en majorité d’action.”
“Le 27 août 1958, présentant au Conseil d’État le projet de Constitution, Michel Debré déclarait, au sujet du droit de dissolution : « Il est l’instrument de la stabilité gouvernementale. Il permet entre le chef de l’État et la nation un bref dialogue, qui peut régler un conflit ou faire entendre la voix du peuple à une heure décisive. »”
“Monsieur le garde des sceaux, allez-vous réactiver ce dispositif et vous engager avec détermination sur la voie de la fermeté, en osant mettre fin à l’excuse de minorité et à la folie de la césure pénale ? Quelle est donc la ligne du gouvernement quant à la justice des mineurs, si tant est qu’il en ait une ? Alors que les drames s’accumulent encore et encore, le gouvernement entend-il enfin sortir de sa torpeur ? (Applaudissements sur les bancs des groupes UDR et RN. – M. Vincent Jeanbrun applaudit également.)”
“À la suite du rapporteur, Francis Szpiner, pourtant soutien de Bruno Retailleau, ils ont refusé des mesures de fermeté de bon sens, indispensables à la sécurité des Français. La proposition Attal semble donc manifestement condamnée par les fractures du bloc central et par la profusion d’ambitions contradictoires qui s’y agitent – fractures politiciennes particulières indécentes face à la gravité de la situation sécuritaire. Comme Émile Durkheim nous l’enseigne, la sanction n’a pas seulement une fonction punitive mais aussi éducative et sociale. C’est pourquoi en 2011, grâce à notre président Éric Ciotti, la loi a prévu un encadrement de type militaire pour les mineurs délinquants. Mais cette mesure demeure inappliquée en raison du choix délibéré des gouvernements successifs.”
“Ce lundi, un adolescent de 17 ans est mort, poignardé à la sortie d’un lycée, à Yerres, dans un contexte de rivalité mortelle entre bandes d’adolescents. Les violences extrêmes commises par des mineurs constituent désormais le quotidien d’un pays en état de choc et nous rappellent la fragilité de la réponse pénale qui n’effraie en rien une jeunesse ultraviolente, prête à tuer pour un rien. Le 13 février dernier, grâce – uniquement – aux voix du bloc patriote, la proposition de Gabriel Attal sur la justice des mineurs a été adoptée. Elle prévoit notamment de supprimer le funeste mécanisme – pourtant instauré par un gouvernement dont M. Attal était membre – de la césure pénale dans les cas de violence aggravée. Or, hier, les sénateurs LR, membres du bloc central, ont pris le luxe de détricoter ce texte déjà insuffisant.”
“Par son histoire militaire, culturelle et diplomatique comme par la géographie de ses territoires, notre pays a un rôle unique à jouer dans l’Indo-Pacifique, où les destinées du XXI e siècle s’écriront. Ne manquons pas ce rendez-vous avec l’histoire du monde. Le groupe de l’Union des droites pour la République approuve et votera la ratification de cet accord de défense. (Applaudissements sur les bancs des groupes UDR et RN.)”
“Un contrat a également été signé avec Naval Group pour une livraison, en 2031, de deux sous-marins Scorpène, pour un montant de 2 milliards d’euros. La confiance ainsi témoignée dans nos fleurons industriels nous honore et nous conforte, trois ans après le fiasco des sous-marins australiens. Le comité conjoint, prévu par l’accord, permettra de mieux structurer cette si précieuse coopération. Il renforcera notamment le lien entre la direction générale de l’armement et les autorités indonésiennes, ouvrant la voie à de nouveaux contrats. De la même manière, l’engagement de travailler à un accord sur les statuts des forces paraît aller dans le bon sens. La France est une puissance mondiale et doit se comporter comme telle.”
“Alors que la Chine renforce chaque année son emprise sur les routes stratégiques du Pacifique, alors qu’elle s’est adjoint, avec la Russie, un allié solide et désormais étroitement associé, alors que ses technologies nucléaires pourraient bientôt rivaliser avec celles de l’Occident, nous devons à tout prix intensifier nos partenariats stratégiques en Indo-Pacifique, en particulier avec l’Indonésie. Puissance régionale se revendiquant non alignée, émancipée de la concurrence sino-américaine, ce qui a facilité l’émergence d’une relation de confiance, l’Indonésie est notre deuxième client asiatique en matière d’armement. Elle nous a ainsi acheté quarante-deux avions de combat Rafale qui seront livrés en 2026, pour une valeur de 8 milliards d’euros.”
“Malgré l’importance des intérêts européens à l’Est du continent, ne nous égarons pas à oublier les intérêts vitaux de la France de l’autre côté du globe. Il paraît indispensable de le rappeler, en particulier dans le contexte de la révision de notre revue nationale stratégique. Face à l’hyperpuissance économique, géopolitique, culturelle mais aussi militaire de l’empire du Milieu, dont l’histoire même est inséparable du tropisme impérial et hégémonique, la France ne doit sous-estimer aucune alliance en Asie et dans le Pacifique.”
“Compte tenu de la situation du monde et de l’affaiblissement continu de la voix de notre pays, le traité de coopération avec l’Indonésie n’a jamais été aussi essentiel. Grâce à la France des océans et à nos territoires ultramarins, nous avons des intérêts vitaux incontestables dans la zone indo-pacifique, où vivent 1,6 million de nos compatriotes. Pas moins de 92 % de notre zone économique exclusive, grâce à laquelle la France est la deuxième puissance maritime mondiale, y est située. En Nouvelle-Calédonie et en Polynésie, nos bases militaires avancées ne sont pas de simples avant-postes mais des points d’ancrage essentiels de notre puissance et d’un de ses éléments primordiaux : notre dissuasion nucléaire. La France n’est donc pas seulement une puissance européenne, mais bien une puissance mondiale.”
“En Asie, l’Azerbaïdjan, que nous n’avons pas su empêcher de piétiner la souveraineté arménienne, s’ingère dans nos affaires intérieures en pariant sur la déstabilisation de la Nouvelle-Calédonie. En Europe enfin, la paix en Ukraine, à 2 400 kilomètres de Paris, s’écrit sans nous. Notre déclin est réel alors même que le désordre international est riche de menaces pour nos intérêts.”
“Sans détourner le regard des menaces de déstabilisation aux frontières de l’Europe, il serait donc périlleux de détourner le regard des dangers qui existent dans l’Indo-Pacifique où, sans doute, les grands conflits de notre siècle se déclencheront, ou ne se déclencheront pas. Face à l’état du monde, la France a le devoir de l’influence, de la force et de la puissance. Malheureusement, le déclin de notre influence est partout palpable. En Afrique, le départ forcé de nos troupes du Tchad, du Sénégal, du Niger, et maintenant de Côte d’Ivoire, signe notre déclassement. Au Moyen-Orient, nous devenons un acteur secondaire, perdant notre rôle auprès de relais d’influence essentiels comme le Liban.”