Bastien Lachaud
LFI-NFP · France
“Les intérêts nationaux, eux, relèvent soit du domaine international – ce sont les intérêts de l’État, définis notamment par le secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN) et par les Livres blancs –, soit, pour les collectivités territoriales, visées par cet article de la Constitution, de la continuité de l’État :…”
“Je rappelle d’ailleurs que le ministre de l’intérieur lui-même a dû rappeler à l’ordre certains préfets qui allaient au-delà des préconisations du ministère en matière de non-régularisation des personnes sans titre de séjour. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Si même M.”
“Je crois, madame la ministre, que vous ne maîtrisez pas exactement ce qu’est le rôle d’un préfet. Le rôle d’un préfet, ça n’a jamais été de défendre l’intérêt général ; le rôle d’un préfet, c’est d’appliquer les directives du gouvernement – et encore heureux ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.”
“Madame la ministre, tout à l’heure, vous avez cru bon de citer l’article 72 de la Constitution au sujet du rôle des représentants de l’État dans les collectivités territoriales, en affirmant qu’ils devaient respecter et faire respecter les intérêts nationaux. Madame la ministre, pas vous !”
“Nos arguments ne peuvent donc pas être balayés en affirmant que les préfets seraient les détenteurs de l’intérêt général. C’est faux ! (Mmes Manon Meunier et Marie Pochon applaudissent.) Ils appliquent vos directives, celles des ministres qu’ils représentent dans les territoires – c’est écrit noir sur blanc dans l’article 72.”
“Il est en effet identique à celui du rapporteur et à celui du collègue Delaporte. La question des conditions d’organisation des élections est donc transpartisane. Depuis 2018, 3 000 personnes ont été radiées ou mal inscrites sur la liste électorale spéciale. C’est un véritable scandale démocratique.”
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“Cet amendement n’a aucun sens, il est creux. « Chaque fois que cela est possible » ? Mais qui détermine ce qui est possible ? En réalité, vous niez totalement le rôle de la volonté politique. C’est à elle qu’il appartient de déterminer ce qui doit être possible et de créer les conditions nécessaires. La planification, la création d’un pôle public de l’armement nationalisé, donc piloté par l’État : voilà ce qui permettra réellement la souveraineté complète de notre pays sur sa chaîne d’approvisionnement. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Cela, le Rassemblement national, l’ami des grands patrons, des capitalistes (Protestations et sourires sur quelques bancs du groupe RN) n’en veut évidemment pas. C’est bien pour cela que la Macronie l’adoube aujourd’hui ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“…nous voyons un accord se faire entre le Rassemblement national et la Macronie, qui cherche à obtenir un vote en faveur du texte ! (Exclamations sur les bancs du groupe RN.)”
“Il n’aura pas fallu attendre longtemps : dès l’examen du premier amendement,…”
“Nous contestons l’usage que vous en faites !”
“…celui du droit international, de la coopération harmonieuse entre les nations et de la paix entre les peuples. (Mme Claire Lejeune applaudit.) Au fond, collègues, c’est bien la seule ambition qui vaille : faire de la France une puissance au service de la paix. C’est notre place, notre rang, notre devoir, et nous le ferons en 2027 avec Jean-Luc Mélenchon à l’Élysée. (Vifs applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Car telle est la vocation de notre pays : tourner le dos aux chimères bellicistes qui l’enferment et le rabougrissent, et se proposer pour ouvrir un chemin vers un autre monde :…”
“Une défense qui s’appuie sur la nation tout entière et non sur une armée coupée du peuple : voilà ce dont notre pays a besoin et voilà ce que nous ferons. (Mêmes mouvements). Une défense indépendante, dotée des moyens nécessaires pour répondre aux menaces de demain et adossée à un État planificateur et a un peuple uni : voilà notre feuille de route. Une fois ces conditions réunies, la France pourra redevenir une puissance réellement non alignée et indépendante, une puissance qui n’est inféodée à personne et donc capable de parler à tous, une puissance qui porte une voix singulière sur la scène internationale, une puissance fidèle à son histoire et à son rôle particulier.”
“Nous agirons donc pour mettre fin au poison de la division nationale, pour lutter contre le racisme, le sexisme et les inégalités sociales (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP) , pour refermer les fractures que des années de vos politiques calamiteuses n’ont fait qu’exacerber. En effet, une nation fracturée est une nation affaiblie. Nous retisserons le lien entre l’armée et la nation en instaurant une véritable conscription citoyenne (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP) , pas un gadget, pas une opération de communication, pas un dispositif destiné à mettre la jeunesse au pas. La conscription citoyenne que nous voulons ne sera pas tournée vers une militarisation de la jeunesse, mais vers le renforcement de la cohésion de la nation.”
“Ces territoires, qui sont les plus touchés par la multiplication des catastrophes naturelles liées aux bouleversements climatiques, doivent pouvoir compter sur une capacité de réaction rapide et souveraine, sur des infrastructures renforcées et sur un traitement enfin égal à celui de toutes les régions de notre patrie. C’est là aussi que se joue notre avenir. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.) En somme, nous ferons ce que vous avez toujours refusé de faire : penser et agir en dehors des cadres imposés par les États-Unis et par l’Otan, penser et agir en non-aligné, penser et agir librement. Mais cela ne suffira pas car, pour affronter toutes les menaces potentielles, la première des forces, c’est d’abord l’unité du peuple.”
“Nous redonnerons à la France son rang de grande puissance spatiale en créant une université francophone de l’espace, en faisant de Kourou, la base de lancement du Cnes – le Centre national d’études spatiales –, un port spatial pleinement souverain ; nous refuserons toute dépendance à l’égard d’Elon Musk et de son réseau Starlink (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP) en développant une alternative française efficace que nous proposerons au monde. Nous donnerons à l’État les moyens de sécuriser notre domaine maritime, le deuxième au monde, et de faire de la France une nation de pointe dans la recherche sur les fonds marins. Par ailleurs, nos armées aussi ont un rôle important à jouer dans les territoires d’outre-mer.”
“Nous financerons donc une IA française capable de rivaliser avec celle des Gafam états-uniens (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP) , capable de nous libérer de l’emprise de Palantir ; nous sortirons des dépendances à l’égard de tous les logiciels étrangers ; nous ferons un cloud souverain qui permettra de sécuriser les données importantes de la nation et des Français ; nous ferons de la France une puissance de premier plan dans la technologie quantique (Mêmes mouvements) , la révolution technologique de la décennie à venir, en assumant un effort massif d’investissement, de recherche et de souveraineté industrielle.”
“…que les nouvelles frontières de l’humanité que sont le numérique, l’espace et les fonds marins seront les clés des affrontements de demain. C’est dans cette direction, celle de l’avenir, qu’il faut orienter nos efforts au lieu de rejouer les guerres du passé, comme le modèle otanien voudrait nous y obliger. Les champs de bataille contemporains nous donnent déjà raison.”
“Nous déploierons plus largement un grand plan de souveraineté, militaire comme civil, pour reconstruire l’État ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Car il faut en finir avec le règne du tout-marché et le chaos néolibéral si nous voulons être capables de nous défendre. Et oui, un État qui se donne les moyens de se défendre et de protéger sa population n’a pas peur de bloquer les prix quand c’est nécessaire.”
“Voilà le bilan de votre prétendue programmation. Il est désastreux. Il faut donc faire tout le contraire de ce que vous faites, et nous le ferons, nous, parce que nous voulons une France dont le territoire est protégé et sanctuarisé, une France qui affirme sa voix singulière au service de la paix. Nous refuserons toute logique d’alignement sur un bloc ou sur un autre. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – M. Édouard Bénard applaudit également.) Nous organiserons la sortie de l’Otan. Nous empêcherons l’Union européenne de s’arroger des compétences de défense qu’elle n’utilise que pour nous allier encore davantage à l’Alliance atlantique. Nous préserverons nos capacités industrielles propres et stopperons les coopérations désavantageuses avec l’Allemagne.”
“…mais tant que le budget militaire sera le seul à augmenter, cette politique restera sans adhésion dans notre peuple, et c’est dangereux. (Applaudissements sur les bancs des groupes LFI-NFP et GDR.) Ainsi, vous avez beau parler de réarmement matin, midi et soir, et augmenter sans cesse les budgets de la défense, vous affaiblissez en réalité la souveraineté industrielle et militaire de notre pays et la cohésion de notre peuple ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Le budget de la défense serait donc le seul à augmenter dans un pays qui compte 11 millions de pauvres, un pays où 2,5 millions de personnes supplémentaires dépendent de l’aide alimentaire depuis qu’Emmanuel Macron est à l’Élysée, où les services publics manquent de tout. Comment nos concitoyens pourraient-ils le comprendre ? Disposer d’une défense souveraine, efficace, préparée, est essentiel ;…”
“Et pour mieux masquer cette politique de gribouille, vous vous drapez dans une rhétorique de la dramatisation permanente. Il ne vous reste plus que cela d’ailleurs, dans ce second mandat macronien crépusculaire, sans souffle, sans cap ni boussole. Sacrifices, efforts, fin de l’abondance, le président de la République le répète sur tous les tons depuis des années. Brandir la guerre est devenu votre seul moyen de justifier une politique de casse sociale où vous coupez dans tous les budgets, à l’exception de celui de la défense. La nation serait presque en guerre… Il faudrait donc repousser l’âge du départ à la retraite à 64 ans et rogner sur l’assurance chômage ; quant à l’adaptation aux bouleversements climatiques, elle pourrait bien attendre.”
“À chaque fois, nos soi-disant partenaires allemands ne poursuivent que leurs propres intérêts. À chaque fois, ils ne cherchent qu’à faire main basse sur nos compétences industrielles. À chaque fois, votre naïveté et votre aveuglement nous conduisent au même résultat : une perte de savoir-faire et de souveraineté.”
“Nous avions prévenu, à l’époque, que ce budget n’était pas sincère, et aujourd’hui, vous nous demandez de combler les trous ainsi créés. Vous naviguez à vue, au gré d’ajustements à la petite semaine, car votre programmation n’est que la suite d’une succession d’incohérences et de fiascos industriels. Ainsi, depuis 2017, le président Macron s’entête à multiplier les coopérations franco-allemandes. Seulement, elles ne fonctionnent pas : le successeur du Rafale est décalé de cinq ans ; le char accuse dix ans de retard ; la grande constellation satellitaire qui devait être l’alternative à Starlink de Musk ne verra pas le jour. Et vous récidivez : nouvelle coopération franco-allemande sur l’alerte avancée, pourtant pilier essentiel de la dissuasion nucléaire ; nouvelle coopération franco-allemande sur les missiles balistiques terrestres.”
“Vous n’avez pas le début d’un diagnostic sur les défis et sur les besoins concrets de la nation et de nos armées, pas le début d’une ambition stratégique clairement définie ni de nouveaux programmes structurants permettant d’y répondre, pas le début d’une planification cohérente sur le moyen et le long terme. Pire, plusieurs programmes sont décalés, d’autres revus à la baisse, d’autres encore disparaissent purement et simplement. En vérité, la programmation que vous proposez n’est rien d’autre qu’un simple rattrapage budgétaire. Vous nous demandez en effet de rattraper les erreurs que votre prédécesseur a commises en 2023 en faisant adopter à la hâte une loi de programmation qui n’avait pas les moyens de ses ambitions.”
“Vous prétendez « garantir la liberté de la nation et la sécurité des Français », selon vos propres mots, madame la ministre, mais vous nous liez les mains et vous mettez notre peuple d’autant plus en danger que votre programmation est non seulement mal pensée, du fait de la vision du monde sur laquelle elle s’appuie, mais aussi mal ficelée de par les objectifs qu’elle poursuit et la méthode qu’elle adopte. Tout à votre zèle de répondre aux exigences de Donald Trump, vous vous fixez seulement des objectifs budgétaires, nous demandant aujourd’hui d’avaliser 36 milliards d’euros supplémentaires. J’ai bien dit : 36 milliards. Mais pour quoi faire ? Le savez-vous seulement ?”
“Toute honte bue, vous osez nous parler d’autonomie stratégique, de souveraineté nationale, d’indépendance ! Il n’en est rien : vous vous alignez sur la Maison-Blanche. Ce carcan nous enferme, nous met au service d’intérêts qui ne sont pas les nôtres, abaisse notre parole dans le monde et, non seulement nous empêche d’être une puissance au service de la paix, mais nous entraîne dans un affrontement où notre pays et l’humanité entière ont tout à perdre.”
“Nuance factice qui n’est là que pour cacher la vérité piteuse : Donald Trump ordonne, et vous vous exécutez.”
“Ce projet de loi en est la meilleure preuve. Car pourquoi vous précipiter pour augmenter les budgets de la défense, alors même que le gouvernement ne cesse d’expliquer que les caisses sont vides ? Mais c’est parce que Donald Trump le demande bien sûr, lui qui ne cesse d’exiger des pays membres de l’Otan qu’ils augmentent leurs dépenses militaires : c’était 2 % du PIB hier et ce devrait être 5 % aujourd’hui. Sébastien Lecornu lui-même trouvait ce chiffre déraisonnable. Mais Emmanuel Macron s’est empressé d’accourir au sommet de l’Otan à La Haye, en juin dernier, et s’est couché, faisant soudain de ces 5 % un horizon souhaitable pour la France. Alors on vous entend déjà ergoter : ce ne serait pas exactement 5 %, mais 3,5 % pour la défense et 1,5 % pour la sécurité.”
“Au lieu d’œuvrer à l’indépendance de notre pays, de le tenir à l’écart de l’engrenage et de préserver sa voix singulière qui lui donnerait un rôle de médiateur, vous vous alignez aveuglément sur les désirs de Washington, sur les diktats de Donald Trump.”
“Vous nous direz que si vous jouez la force, c’est pour mieux éviter d’avoir à y recourir, vous répéterez que « qui veut la paix, prépare la guerre », adage aussi éculé qu’inepte car il n’y a rien de plus faux, l’histoire en a fait chaque fois la démonstration : qui ne fait que préparer la guerre rend peu à peu toute alternative impossible (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP) et contribue ainsi à faire advenir le conflit. Voilà la pente dangereuse sur laquelle vous nous entraînez. Le monde dans lequel nous évoluons, c’est un monde où les États-Unis sont engagés dans une rivalité avec la Chine pour l’hégémonie mondiale, un monde où, dans une tentative désespérée pour préserver leur domination, ils encouragent une logique d’affrontement et cherchent à y enrôler l’ensemble de leurs alliés. Or que faites-vous ?”
“…qui traduisent une logique sociale darwinienne et belliciste au cœur de votre vision du monde. (M. Jean-François Coulomme et Mme Claire Lejeune applaudissent.)”
“Au lieu d’y répondre par le droit international, par la coopération entre les nations, par la recherche de la paix, vous normalisez l’escalade des tensions en installant l’idée que la guerre serait notre horizon inévitable et indépassable. Accélération des périls, économie de guerre, réarmement massif : voilà les mots, les éléments de langage, l’imaginaire que vous ne cessez d’égrener à longueur de temps dans vos discours, sur les plateaux de télévision et dans vos textes de loi. M. Attal, peut-être futur candidat de votre camp à l’élection présidentielle, est allé jusqu’à affirmer que « le droit international ne prime plus » et que « la force règne ». Paroles terribles,…”
“(Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – M. Édouard Bénard applaudit également.) Mal pensée, votre programmation l’est profondément, jusque dans l’analyse qui en constitue le soubassement. Car vous ne saisissez pas les dynamiques à l’œuvre dans les relations internationales, vous passez à côté des défis auxquels nous faisons face, vous ne comprenez pas le monde, engageant ainsi notre pays dans une impasse dangereuse. Le monde dans lequel nous évoluons, c’est un monde où l’épuisement du modèle capitaliste basé sur les énergies fossiles entraîne les puissances dans une concurrence acharnée pour s’approprier les matières premières et les ressources naturelles, une concurrence qui brutalise les rapports entre les États, qui alimente les logiques suprémacistes et qui conduit à la généralisation des conflits. Or que faites-vous ?”
“Pourtant protégé, notre pays en subit déjà les conséquences en raison de la flambée des prix de l’énergie. À tout instant, un affrontement direct entre superpuissances peut advenir et entraîner l’humanité dans le brasier d’un nouveau conflit mondial dont elle ne ressortirait pas. Face à l’abîme, protéger notre peuple devrait être la priorité de ceux qui aspirent à le gouverner. Construire la paix devrait être l’obsession de tous les esprits raisonnables. Mais vous faites tout le contraire : vous nous invitez à examiner aujourd’hui une loi de programmation militaire mal pensée, mal ficelée, qui fragilise notre défense nationale et entraîne notre pays dans la spirale de l’escalade. Nous ne la voterons pas. Et comme Jaurès hier, nous lutterons jusqu’à notre dernier souffle pour conjurer le pire.”
“Je souhaite rendre hommage, au nom de mon groupe, au sergent-chef Florian Montorio et au caporal-chef Anicet Girardin, décédés des suites de leurs blessures au Liban. Plus largement, j’ai une pensée pour l’ensemble des casques bleus de la Finul, qui accomplissent une mission particulièrement difficile en ce moment. (Applaudissements sur les bancs des groupes LFI-NFP, EcoS et GDR.) « Jamais nous n’avons été […] dans une situation plus menaçante et plus tragique que celle où nous sommes […]. » Ainsi parlait Jean Jaurès le 25 juillet 1914, à la veille de la première guerre mondiale. Ces paroles résonnent aujourd’hui en nous d’un écho terrible, à l’heure où nous affrontons à nouveau la montée des périls. La guerre nous entoure, dans l’est de l’Europe, au Proche-Orient, partout sur la planète, où plus de 130 conflits font rage.”
“Je sais que la règle veut que l’on ne se prononce pas plusieurs fois sur un même objet lorsque l’Assemblée n’a pas changé sa composition. Toutefois, étant donné que vingt collègues sont entrés dans l’hémicycle après le vote, on peut considérer que la composition de l’Assemblée a été modifiée – d’autant plus que le vote s’est joué à deux voix près. Il est indispensable que nous puissions nous prononcer à nouveau. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Je souhaiterais que les collègues qui, surpris tout à l’heure par le vote sur la demande de suspension de séance, n’ont pas pu se prononcer, puissent le faire maintenant. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP. – Exclamations sur les bancs du groupe EPR.)”
“Sur le fondement de l’article 100, relatif à l’organisation des débats. Comme l’ont dit Mme la présidente Chatelain et M. le président Peu, il y a dans cette assemblée des usages.”
“– Les députés des groupes RN et UDR appellent au respect du temps de parole.) La seule issue conforme à la parole donnée par l’État est de convoquer les élections provinciales immédiatement, d’abandonner Bougival, de relancer un cycle de négociations avec les nouveaux élus relégitimés par l’onction du suffrage populaire. C’est la seule solution pour tirer l’archipel de l’abîme dans lequel vous l’avez plongé en 2024. (Applaudissements sur les bancs des groupes LFI-NFP, dont les députés se lèvent, et GDR ainsi que sur quelques bancs du groupe EcoS.)”
“(Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP et sur quelques bancs du groupe GDR.) Le consentement de ses représentants légitimes est une condition nécessaire et indispensable à tout accord. Vos coups de force et votre parti pris affiché pour le camp anti-indépendantiste rendent ces conditions de plus en plus difficiles à réunir. Vous en portez la responsabilité historique. Tant qu’un nouvel accord consensuel n’est pas trouvé, l’accord de Nouméa s’applique sans limitation de durée. La prétendue urgence institutionnelle que vous agitez n’existe pas. Vous passez en force pour une seule raison : maintenir la Nouvelle-Calédonie française. Cette révision constitutionnelle est un acte colonial chimiquement pur. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – M. Marcellin Nadeau applaudit également.”
“Dès lors, discuter de l’accord de Bougival dans cet hémicycle revient à saper les engagements pris par l’État lors de l’accord de Nouméa et à saper le crédit même de notre Constitution. Vous avez tenté par deux fois une révision constitutionnelle sans consensus. Vous avez enterré le conclave de Deva en raison de la seule opposition des anti-indépendantistes. Vous maintenez Bougival alors que les représentants du peuple kanak, reconnu comme peuple premier par le peuple français dans la Constitution, s’y opposent fermement. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) C’est pourtant bien ce peuple premier, et lui seul, qui dispose d’un droit à l’autodétermination reconnu par le droit international. S’il a accepté de partager ce droit à Nainville-les-Roches, cela n’autorise pas tout.”
“Refuser ce texte, c’est refuser un nouvel acte de la longue histoire coloniale en Kanaky Nouvelle-Calédonie. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – M. Marcellin Nadeau applaudit également.) Déjà, en mai 2024, vous avez tenté d’imposer le dégel du corps électoral sans accord consensuel préalable. Votre inconséquence a causé quinze morts. Pourtant, vous tentez à nouveau de passer en force pour imposer le projet dit de Bougival alors que le consensus n’est pas là. Je rappelle que trois parlementaires de Nouvelle-Calédonie sur quatre refusent de voter ce texte (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP et sur quelques bancs du groupe GDR. – Mme Sandra Regol applaudit également) et que la commission des lois en a rejeté tous les articles.”
“Membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU, elle doit défendre une initiative pour faire cesser les hostilités et faire respecter le droit international. Elle n’est pas seule : d’autres nations s’élèvent pour protéger le droit international. Travaillons avec elles dans cette voie. La France peut et doit être une puissance non alignée, au service de la paix et de l’intérêt général humain. Nous en avons les moyens. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP, dont les députés se lèvent, et sur quelques bancs du groupe GDR.)”
“En défendant là comme ailleurs ses principes d’indépendance nationale et d’équilibre des forces dans le monde, la France ne défend pas autre chose que la paix. » Rien de ce que vous faites n’est à la hauteur de notre engagement historique. Vous laissez des nations bafouer le droit international sans réagir. Vous laissez faire dans un « deux poids, deux mesures » qui discrédite la parole de la France. Vous rompez avec la tradition gaullo-mitterrandienne du non-alignement et de l’indépendance nationale. Vous vous bornez à condamner mollement en parole et restez les bras croisés alors même que la situation humanitaire exige une réponse politique à la hauteur. Pourtant, un chemin existe. La France a les moyens d’agir.”
“Ce pays frère et ami de la France, avec lequel nous partageons des liens humains, culturels et linguistiques profonds, est aujourd’hui attaqué. Le Liban nous a demandé de lui venir en aide. Nous avons des devoirs envers ce pays. L’histoire nous commande d’agir pour le protéger. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Le président Mitterrand, au lendemain de l’attentat du Drakkar, qui coûta la vie à cinquante-huit parachutistes français, réaffirmait l’engagement de la France aux côtés du Liban en ces termes : « À tous, je dis qu’un pays est grand par sa force d’âme, par sa résolution comme par les amitiés et le respect qu’il mérite. C’est pourquoi au Liban, la France reste et restera fidèle à son histoire et à ses engagements.”
“La France doit respecter les accords de défense qui la lient à ses partenaires dans la région. Lorsqu’un allié est attaqué, la parole de notre pays ne saurait manquer. Il est légitime, et conforme à nos engagements, d’apporter une aide à caractère défensif, notamment face aux attaques de drones et de missiles. Certes, vous réaffirmez constamment que la France n’est pas en guerre contre l’Iran, qu’elle se limite à une assistance défensive, mais vos actes contredisent vos paroles. En acceptant d’héberger sur nos bases militaires des avions ravitailleurs états-uniens et de les laisser survoler notre territoire, vous engagez de facto la France dans une dynamique d’escalade qui dépasse le cadre strictement défensif que vous revendiquez. Et que dire de votre action au Liban – ou plutôt de votre inaction totale ?”
“En outre, le conflit engendre des secousses économiques majeures. La fermeture du détroit d’Ormuz provoque une hausse brutale des prix de l’énergie. Le coût du gaz et des carburants explose. Les petites entreprises, les agriculteurs, les marins-pêcheurs et les classes populaires paient, les premiers, le prix de votre inaction. Face à l’explosion des prix, vous ne proposez que des mesures cosmétiques. Or la seule solution pour protéger l’ensemble des Français est le blocage des prix. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Il faut agir maintenant. Le Parti socialiste et le Rassemblement national proposent des chèques cadeaux du contribuable vers les multinationales du pétrole. Ces grands groupes engrangent pourtant des milliards d’euros de bénéfices chaque année. C’est aux multinationales de payer, pas aux consommateurs. (M.”
“En Cisjordanie, les agressions des colons israéliens sont quotidiennes, avec l’aval et l’appui du gouvernement de Benyamin Netanyahou. Au Liban, des villes entières sont promises à l’anéantissement par les ministres de Benyamin Netanyahou. Beyrouth est bombardée nuit et jour. Des centaines de milliers de civils fuient sur les routes. Les casques bleus sont pris pour cible. Les forces israéliennes mènent des incursions terrestres répétées qui violent la souveraineté du pays. Les Émirats arabes unis, le Qatar et le Koweït, avec lesquels nous avons noué des accords de défense, sont visés sur leurs territoires par des missiles et des drones iraniens. L’enclave britannique sur l’île de Chypre a également été frappée. L’onde de choc de la guerre menace aussi nos forces et nos militaires – une base française a été touchée.”
“La ligne dite de sécurité est continuellement grignotée. Les Palestiniens sont chaque jour repoussés, pourchassés, expulsés.”
“Il entraîne dans son sillage les États-Unis de Donald Trump dans un conflit illégal aux conséquences incontrôlables, qui réduit définitivement à néant l’accord sur le nucléaire que la France avait contribué à édifier en 2015, qui met en péril durablement la sécurité de toute la région et compromet, pour des années, toute perspective de paix. Benyamin Netanyahou sait ce qu’il fait. En entretenant ce chaos, dans une logique de guerre permanente, il accroît sans cesse sa domination militaire, poursuit son expansion territoriale et applique la même logique suprémaciste. Cette stratégie est à l’œuvre au Liban, à Gaza et en Cisjordanie, dans le silence complice des nations dites occidentales. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) À Gaza, malgré le prétendu cessez-le-feu, le génocide se poursuit.”
“Enfin, les parlementaires peuvent s’exprimer. Enfin, nous pouvons débattre de cette guerre qui sape tous les principes essentiels du droit international. Enfin, nous pouvons opposer à la propagande guerrière et belliqueuse la voix du non-alignement et de la diplomatie. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Car le 28 février, lorsque l’Iran a été frappé, le droit international et la tradition non-alignée de la France vous dictaient de ne dire qu’une chose : la responsabilité première et dernière de cette guerre illégale revient aux États-Unis d’Amérique et à Benyamin Netanyahou. (Mêmes mouvements.) C’est lui qui est à l’initiative de l’escalade lors de la guerre des douze jours contre l’Iran en juin 2024. C’est lui qui relance depuis un mois un conflit encore plus meurtrier qui s’étend à toute la région.”
“L’adjudant-chef Arnaud Frion, du 7 e bataillon de chasseurs alpins de Varces, est mort pour la France, dans l’exercice de sa mission en Irak. Au nom du groupe La France insoumise, je tiens à lui rendre hommage . (M. Jean-François Coulomme applaudit.) Nous exprimons notre émotion et notre solidarité à l’égard de ses frères d’armes blessés lors de cette même attaque. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – M. Karim Ben Cheikh applaudit également.) Monsieur le premier ministre, quatre semaines ont passé depuis le début des agressions illégales du gouvernement d’extrême droite de Benyamin Netanyahou et des États-Unis d’Amérique au Moyen-Orient. Quatre semaines d’errements de la diplomatie française. Quatre semaines pendant lesquelles la représentation nationale a été privée de son pouvoir de contrôle.”
“C’est 100 % d’augmentation ! On fait la même chose avec les salaires ?”
“J’avais compris que M. Labaronne voulait retirer l’amendement n o 653 au profit du n o 575, mais il s’agit en fait du n o 845… Honnêtement, je suis perdu !”