Stéphane Peu
GDR · France
“Il s’ensuit un fossé entre la police et la population, entre la police et la jeunesse. Ce fossé, il faut le résorber. Pour cela, nous avons le choix entre deux références.”
“Merci, madame la présidente. Mon intervention se fonde sur l’article 100. Quoi qu’en dise le gouvernement, cette proposition de loi est devenue un projet de loi. Le texte a donc changé de nature et aurait mérité un débat assez long. J’insiste sur son importance.”
“Deuxièmement, collègues des Républicains, celui qui, ces vingt dernières années, a fait le plus de mal à la police républicaine et à la sécurité publique, c’est Nicolas Sarkozy !”
“…et savent que dans certains commissariats de la région parisienne, dont le mien à Saint-Denis, des policiers se sont sentis autorisés à jeter des Algériens dans la Seine parce que leur supérieur, le préfet de police de Paris, autorisait les pires exactions.”
“Je tiens à dire quatre choses à propos de cette proposition de loi. Premièrement, la confiance de tous nos concitoyens dans la République repose notamment sur l’égalité de chaque citoyen devant la loi.”
“…et le fossé entre la population – notamment les jeunes – et sa police risque encore de se creuser alors qu’il faudrait faire tout le contraire pour essayer de retrouver la concorde. (Mme la présidente coupe le micro de l’orateur. – Les députés des groupes GDR et LFI-NFP applaudissent ce dernier.)”
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“C’est bien de le rappeler ! C’était bien, le programme commun !”
“Je suis toujours étonné – ce sujet sera abordé un peu plus tard dans notre débat – que nous soyons toujours très allants lorsqu’il s’agit de dépenser beaucoup d’argent public en vue d’aider des multipropriétaires à l’être encore davantage (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP. – M. Emmanuel Maurel applaudit également) , alors que nous devrions concentrer nos aides publiques vers ceux qui ne sont pas propriétaires, souhaitent le devenir et ont besoin pour ce faire d’un coup de pouce de la collectivité. (MM. Peio Dufau et Inaki Echaniz applaudissent.)”
“Il existe bien sûr des avantages applicables aux logements en BRS en matière de TVA mais il s’en applique aussi au neuf classique dans les QPV. Le sujet de notre discussion est le suivant : le BRS rend le prix des logements concernés plus accessible tandis que le PTZ solvabilise l’acquéreur. (MM. Peio Dufau et Inaki Echaniz applaudissent.) Le PTZ doit aider les personnes qui n’en ont pas forcément les moyens, ou dont l’apport personnel est tout juste suffisant, à acquérir les logements dont le prix est diminué par le système que j’ai décrit tout à l’heure.”
“Toutefois, nos dispositifs présentent un paradoxe : le prêt à taux zéro (PTZ), qui aide les primo-accédants, s’applique au neuf et à l’ancien rénové mais pas aux logements en BRS – sans doute parce que c’est une petite niche qui a échappé à l’attention et que le dispositif est nouveau en France, puisqu’il n’existe que depuis 2016. Mon amendement, dont l’application serait très peu coûteuse – moins de 1 million d’euros –, tend à élargir le champ d’application du PTZ au BRS, de telle sorte que ce dispositif s’aligne sur le droit commun.”
“Depuis 2016, la France a expérimenté le bail réel solidaire (BRS), un système qui existait dans d’autres pays et qui consiste à dissocier l’acquisition du bien de celle du foncier afin de faciliter l’accès à la propriété. C’était très embryonnaire au début, mais il y a eu une montée en charge : aujourd’hui, 20 000 logements sont programmés en BRS. Quand on connaît la crise et la récession qui touchent la production de logements dans notre pays, on comprend l’intérêt de ce dispositif : il bénéficie au plus grand nombre en permettant d’accéder à la propriété à des prix qui n’incluent pas le foncier et sont donc moins élevés.”
“Elle n’a jamais prétendu que ces 211 milliards – chiffre qui n’était pas connu jusqu’alors et qui méritait de l’être – devaient être supprimés, mais que, d’une part, on était en droit d’attendre de la transparence, s’agissant d’argent public, et que, d’autre part, ces aides devaient être évaluées et soumises à conditions. (Vifs applaudissements sur les bancs des groupes GDR, LFI-NFP, SOC et EcoS. – M. Laurent Wauquiez applaudit également.) L’Assemblée nationale peut remercier le Sénat pour cet excellent travail qui nous permet de savoir un peu mieux où va l’argent public dans ce pays. (Applaudissements sur les bancs des groupes GDR, LFI-NFP, SOC et EcoS.)”
“J’approuve les propos de notre collègue Delautrette. Je tiens également à souligner l’inélégance dont a fait preuve M. Cazeneuve en attaquant un rapport du Sénat. (Applaudissements sur les bancs des groupes GDR, LFI-NFP et EcoS.) Cette commission d’enquête, présidée par un sénateur Les Républicains avec un rapporteur communiste, n’a jamais mélangé les choux et les carottes (Mêmes mouvements.) Elle a simplement tenté de mettre au jour ce que Bercy et le gouvernement étaient incapables de faire savoir – le montant des aides publiques aux entreprises. (Mêmes mouvements.)”
“Avec des amis comme ça, monsieur le ministre, vous n’avez pas besoin d’ennemis !”
“Viens ! Je t’emmène voir ceux qui travaillent !”
“Pouvez-vous nous répondre sur vos choix budgétaires ?”
“Monsieur le premier ministre, on vous présente souvent comme le dernier grognard du président Macron ; bref, vous seriez son Cambronne. Vous tomberez vous aussi pour le défendre, mais sans la noblesse de la cause, donc sans le panache. La V e République est à bout de souffle, tant elle a été dévoyée par l’actuel président de la République, Emmanuel Macron. Il est donc le seul responsable et coupable de la crise politique que traverse notre pays. (Applaudissements sur les bancs du groupe GDR, sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP et sur quelques bancs du groupe EcoS.)”
“Vous avez au-dessus de la tête l’épée de Damoclès de la censure. La censure n’est pas un jeu, comme vous tentez de le faire croire ; c’est un des moyens qu’a le Parlement pour se faire entendre quand toutes les voies du dialogue ont été épuisées. Pour notre part, nous avons répondu présent à toutes vos invitations ; mais derrière les paroles, il y a les actes. Le budget que vous avez présenté ce matin ferme la porte aux propositions venues de la gauche et en ouvre de nombreuses vers la droite et l’extrême droite de cet hémicycle. Nous en sommes convaincus, ce ne sont pas les têtes qu’il faut changer, ce sont vos orientations politiques. Depuis les dernières législatives, le président de la République nie le résultat des urnes et trouve des combines pour reculer l’échéance de son départ volontaire ou contraint.”
“Vous êtes le sixième titulaire du poste depuis 2022 et, depuis juillet 2024, notre pays a été dirigé un jour sur quatre par un gouvernement démissionnaire ! Oui, l’usage abusif de son pouvoir par le président de la République, Emmanuel Macron, abîme notre pays et notre démocratie. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes GDR, LFI-NFP et EcoS.)”
“(Applaudissements sur quelques bancs des groupes GDR et EcoS.) À l’heure où nous fêtons les 80 ans de la sécurité sociale issue du Conseil national de la Résistance, le patronat, fidèle aux plus tristes moments de son histoire, semble renouer avec son slogan : mieux vaut l’extrême droite que le Front populaire. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes GDR, LFI-NFP et EcoS.) Monsieur le premier ministre, vous voulez que le Parlement débatte et annoncez l’abandon du 49.3, mais la Constitution vous donne, notamment s’agissant des textes budgétaires, tant d’autres moyens d’interrompre ou de pervertir le débat parlementaire ! Vos prédécesseurs en ont d’ailleurs usé et abusé. Ordonnances, article 40, vote bloqué, voilà un aperçu de l’arsenal dont vous disposez. Nous sommes dans une démocratie corsetée.”
“Plus personne, dans le pays, ne vous croit. Plus grave encore, plus personne ne vous écoute. La colère ne peut que finir par éclater, d’une manière ou d’une autre. Votre politique est non seulement néfaste, mais aussi dangereuse – néfaste sur le plan social et économique, dangereuse sur le plan politique et démocratique. Désormais, nombre d’acteurs du CAC40 n’ont plus peur d’une éventuelle arrivée de l’extrême droite au pouvoir. Celle-ci a donné suffisamment de gages au patronat, qui sait très bien que le RN ou ses alliés ne s’attaqueront jamais aux injustices sociales et fiscales.”
“Benjamin Lucas-Lundy applaudit également.) J’ajoute que chacune de vos mesures va aggraver la situation des territoires d’outre-mer, parce que la vie y est plus chère et les revenus, plus faibles. (M. Marcellin Nadeau applaudit.) Vous allez élargir une nouvelle fois la fracture sociale et amplifier les raisons d’une juste colère. Votre mépris est visible dans la composition même de votre gouvernement – l’orateur qui m’a précédé l’a relevé. D’un ministre d’État placé au deuxième rang protocolaire, nous passons à un ministère relégué en bas des priorités de la nation, alors que les questions institutionnelles et de la vie chère outre-mer devraient figurer au premier plan des préoccupations du pays. Pour nous, Bayrou et Lecornu, c’est bonnet blanc et blanc bonnet.”
“Comme vos prédécesseurs, vous demeurez sourd aux revendications du monde du travail. Vous pensez une nouvelle fois que la colère passera, mais elle ne passe pas, comme en témoignent les fortes mobilisations syndicales. Ce n’est pas votre projet de budget, présenté ce matin en Conseil des ministres, qui va calmer la colère sociale : nous y découvrons avec stupeur vingt-neuf taxes et impôts supplémentaires pour les Français moyens, mais, s’agissant des plus riches, une seule petite taxe sur les holdings qui admet tellement d’exonérations qu’elle ne rapportera quasiment rien. Votre projet de budget, comme celui de François Bayrou, n’est qu’un concentré de mépris de classe. (Applaudissements sur quelques bancs des groupes GDR et LFI-NFP. – M.”
“Ils ferment des entreprises, licencient, délocalisent, au lieu de maintenir les investissements dans l’outil industriel et de soutenir la recherche dans notre pays. Nous le savons depuis Marx : le capital n’a pas de patrie. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes GDR, LFI-NFP et EcoS.) Le salarié, lui, n’a que son salaire pour vivre ; le retraité, sa pension ; le privé d’emploi, son allocation. Ce sont eux que votre projet de budget va encore pressurer – eux et les malades, qui, à vous entendre, devront sortir la carte bleue avant la carte Vitale. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes GDR et LFI-NFP.)”
“La droite, dans notre pays, a toujours combattu l’impôt progressif ; elle préfère les taxes qui frappent de manière aveugle les plus modestes comme les plus riches. La plus emblématique, la TVA, pèse pourtant bien plus sur le budget des salariés que sur les plus gros revenus. Quand comprendrez-vous que l’impôt doit s’adapter à la richesse ? Aujourd’hui, ce n’est plus la terre ni la production industrielle qui rapporte le plus, c’est le capital non productif ; ce sont les dividendes faramineux, les placements dans les paradis fiscaux et les niches fiscales, qui ne profitent qu’à une extrême minorité de Français. Vous continuez de vouloir nous faire peur en affirmant que, si l’on taxe les plus riches, ils vont quitter le territoire national. Ils le font déjà tous les jours !”
“Votre déclaration de politique générale a une boussole : maintenir les privilèges de certains et d’écraser la masse des salariés, des retraités, des malades et des chômeurs. Il n’y a rien dans votre programme sur le retour de l’impôt sur la fortune, pas plus que sur le contrôle ou le remboursement des aides accordées aux entreprises sans contrepartie, dont le montant pharaonique de 211 milliards a été dévoilé dans le rapport de mon collègue sénateur Fabien Gay. Vous devriez savoir que les Français sont attachés à la notion d’égalité – tout particulièrement à l’égalité devant l’impôt, la plus sensible de toutes. Déjà, en 1789, les cahiers de doléances étaient remplis de demandes de suppression des impôts injustes et mal répartis. Il en allait de même des cahiers de doléances issus des revendications des gilets jaunes.”
“(Applaudissements sur les bancs du groupe GDR et sur plusieurs bancs des groupes LFI-NFP et EcoS.) C’est ce que vous demande l’immense majorité des Français, et c’était le sens de la proposition de résolution que notre groupe a fait adopter ici même en juin dernier.”
“Alors que, dans la majorité, vous pensiez que les Français étaient passés à autre chose, nous n’avons cessé de rappeler à quel point cette injustice marquait notre pays au fer rouge et constituait une blessure démocratique au moins aussi profonde que celle provoquée par le non-respect du résultat du référendum de 2005 sur le Traité instituant une Constitution pour l’Europe. (Applaudissements sur les bancs des groupes GDR et LFI-NFP ainsi que sur plusieurs bancs du groupe EcoS.) Toutefois, même si cette suspension est finalement décidée et votée, dans l’hypothèse où vous ne seriez pas contrarié par votre bloc central, nous savons bien que vous refusez ce qui est essentiel à nos yeux : l’abrogation de la réforme !”
“Ils ont bien compris que votre annonce était nécessaire pour commencer le débat budgétaire et éviter la censure immédiate, mais quand le débat aura lieu dans l’hémicycle, ils utiliseront tout leur poids pour empêcher la suspension. On connaît les habiletés du débat parlementaire, c’est pourquoi nous serons extrêmement vigilants. Cette première victoire que nous enregistrons aujourd’hui, nous la devons surtout à l’opiniâtreté des syndicats et des mobilisations sociales – je tiens à les saluer –, qui n’ont jamais renoncé (Applaudissements sur les bancs des groupes GDR et EcoS ainsi que sur quelques bancs du groupe LIOT) , ainsi qu’à ceux qui, dans cet hémicycle, n’ont jamais lâché l’affaire.”
“Dès votre première nomination – puisqu’il y en a eu deux –, vous avez utilisé le terme fort de rupture. Pourtant, en écoutant votre déclaration, nous avons surtout retenu la continuité. J’ai entendu votre annonce au sujet de la réforme des retraites : c’est une avancée et même, potentiellement, une victoire, notamment pour ceux qui vont bénéficier d’un départ anticipé à la retraite par rapport à ce que prévoyait la loi Borne. Je dis « potentiellement » parce qu’à la suite de votre prise de parole, beaucoup de parlementaires des groupes du bloc central ont annoncé qu’ils allaient combattre la suspension de la réforme.”
“Depuis votre nomination, vous n’avez rien fait pour rapprocher vos dires de vos actes. Vous aimez vous référer à Pierre Mendès France. Or si on se souvient de Mendès, c’est pour la fin de la guerre en Indochine, mais aussi pour le verre de lait dans les écoles. De vous, on retiendra que vous avez augmenté les dépenses militaires et que, dans la France d’aujourd’hui, des centaines de milliers d’enfants n’ont qu’un repas par jour. (Applaudissements sur les bancs du groupe GDR, sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP et sur quelques bancs du groupe EcoS. – M. Alain David applaudit également.) À l’image de Margaret Thatcher hier, vous ne pouvez soutenir qu’il n’y aurait qu’une seule politique possible – surtout pas avec ce bilan. Vous n’aurez pas la confiance du groupe GDR. Nous continuerons d’agir et de proposer d’autres choix pour notre pays.”
“(Applaudissements sur les bancs du groupe GDR et sur plusieurs bancs des groupes LFI-NFP et SOC.) Où est le François Bayrou de 2007 qui disait, lors d’un rassemblement électoral : « Les vrais ennemis, ce sont le chômage, l’échec de l’éducation, l’exclusion, la pauvreté, les fins de mois difficiles, l’inquiétude et le souci des familles » ?”
“Ce que veulent les citoyennes et les citoyens de notre pays, c’est la liberté, celle de critiquer et de manifester, alors que vous avez réprimé le combat politique et syndical ; c’est l’égalité devant l’impôt, l’égalité entre les femmes et les hommes, l’égalité dans l’accès aux services publics, alors que vous n’avez eu de cesse de les mettre en pièces ; c’est la fraternité, la fin des discriminations et une France qui combat tous les racismes. Ils veulent un pays qui dialogue avec les peuples du monde pour une planète de paix, un pays qui ne regarde pas ailleurs quand un peuple subit un génocide, comme c’est le cas en ce moment à Gaza.”
“Parce que le président de la République a refusé de tenir compte du résultat des dernières législatives, et alors que nombre de députés de votre rassemblement hétéroclite ont été élus pour faire barrage au Rassemblement national, ils n’ont eu de cesse de solliciter le soutien de l’extrême droite, ou du moins sa neutralité. Ne vous inquiétez pas pour elle : M. Bardella vient de recevoir l’onction patronale aux journées du Medef – je le précise surtout pour les Français qui auraient pu croire un instant que le RN s’attaquerait aux inégalités sociales. (Applaudissements sur les bancs du groupe GDR ainsi que sur quelques bancs des groupes LFI-NFP, SOC et EcoS.) À chaque fois que vous faites un pas vers l’extrême droite, vous la légitimez. À l’image du président de la République, vous ne pensez qu’à diviser notre nation.”
“Je vois des travailleurs qui vivent dans l’angoisse d’un licenciement ou qui sont livrés à l’ubérisation et à la précarisation du travail. Ce qui vaut pour ma circonscription vaut pour l’ensemble du pays, et encore davantage pour les outre-mer. Là-bas, c’est vie chère, bas salaires, chômage endémique, mépris des revendications, scandales environnementaux, survivance du colonialisme. Votre politique a aggravé la situation de nos concitoyens ultramarins. Votre budget est un condensé de mépris de classe. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe GDR. – Mme Sandrine Rousseau applaudit également.) En voulant faire entrer la France à marche forcée dans le carcan de la mondialisation libérale, vous avez à la fois aggravé la situation économique et sociale et plongé le pays dans une crise démocratique.”
“Derrière les chiffres relatifs aux petites pensions et aux bas salaires, je vois des personnes âgées qui ont travaillé toute leur vie et se voient désormais obligées de frapper à la porte des associations caritatives. Je vois des salariés qui renoncent aux petits plaisirs de la vie, mais parfois aussi à l’essentiel, à cause de leur pouvoir d’achat en berne et de la faiblesse de leur salaire, très loin de suivre l’inflation des prix des biens de consommation courante. Je vois des étudiants obligés de se saigner aux quatre veines pour pouvoir étudier, manger ou se loger. Je vois des enseignants, des hospitaliers et des agents territoriaux souffrir parce que leur salaire et leurs conditions de travail se sont dégradés.”
“Vous avez tenté de diviser les syndicats. Ils viennent de vous répondre par la mobilisation du 18 septembre, dans l’unité retrouvée la plus large. (Applaudissements sur les bancs du groupe GDR et sur plusieurs bancs du groupe EcoS.) Vos méthodes de discussion sont des leurres. Derrière chacune des mesures budgétaires que vous avez annoncées, qui ne sont pour vous que de froides colonnes de chiffres, je vois, moi, des visages et des familles de ma circonscription. Les familles qui survivent au-dessous du seuil de pauvreté représentent 15 % des habitants de notre pays, plus de 28 % de ceux de la Seine-Saint-Denis et 37 % des habitants de ma ville de Saint-Denis. Ce sont les chiffres de 2021 ; depuis, la situation s’est aggravée. Vous êtes l’homme de ce record jamais égalé depuis 1981.”
“Après l’annonce de vos orientations budgétaires, vous n’avez entamé aucune discussion, aucune négociation, et vous avez une nouvelle fois méprisé le Parlement.”
“Vous ne pouvez pas vous dédouaner de vos responsabilités. Vous pouvez encore moins dire que vous ne saviez pas, vous qui avez quarante ans de politique derrière vous. Vous le savez, seuls les papes nouvellement élus découvrent les secrets du Vatican le jour de leur élection.”
“Pensez-vous que l’appel au mouvement social du 10 septembre aurait eu un tel écho si votre politique n’était pas aussi discréditée, rejetée et même détestée ? Votre responsabilité personnelle est d’autant plus grande que vous avez été l’artisan de la victoire d’Emmanuel Macron en 2017, devenant ainsi son parrain et son tuteur. De plus, votre formation politique a été de tous les gouvernements : elle a soutenu toutes les lois, tous les budgets, toutes les politiques qui ont tant abîmé la France. Et vous voudriez nous faire croire qu’il faut vous sauver pour éviter le chaos, vous qui en êtes l’un des ingénieurs ? Vous semblez découvrir l’état de nos finances alors que vous n’avez eu de cesse de contribuer à les dégrader.”
“Votre discours crépusculaire, voire apocalyptique, sur la dette est contredit par nombre d’économistes parmi les plus sérieux. Vous utilisez la dette pour effrayer les Français et pour proposer le pire budget de la V e République. Mais la dette peut être vertueuse si elle permet des investissements pour l’école, pour l’hôpital, pour les services publics ou encore pour la réindustrialisation de la France, et ouvre ainsi une perspective d’avenir pour le pays. Vous avez balayé d’un revers de la main toutes les propositions alternatives de notre groupe ou de nos collègues de gauche qui étaient orientées vers les urgences sociales et climatiques. Pourtant, les Français – ils l’ont dit en 2024 et le répètent à l’envi – souhaitent que l’on change de politique.”
“Emmanuel Mandon s’exclame.) Éternels fusibles du président de la République, les premiers ministres de la V e servent à le protéger. Tel le soldat Ryan, il vous faut sauver le président Macron. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes GDR, LFI-NFP et EcoS.) Vous serez donc le quatrième en trois ans à tomber pour épargner le principal responsable de nos malheurs. (Mêmes mouvements.) Ce que vous proposez : presser toujours plus les salariés, les retraités, les chômeurs, les malades, et épargner ceux qui se sont enrichis outrancièrement depuis 2017. L’écart de fortune entre les plus riches et les plus pauvres n’a jamais été aussi important depuis trente ans. Or nous sommes convaincus, avec une majorité de Français, qu’un pays où les inégalités s’accroissent est un pays qui régresse.”
“« Un acte vaut cinq dires », avait coutume de répéter Henri IV, l’un de vos héros, monsieur le premier ministre. Faute de dire, vous faites un acte, celui par lequel vous auriez dû commencer : vous demandez la confiance du Parlement, comme le suggère la Constitution. Votre décision, que certains jugent courageuse, n’est à nos yeux qu’un péché d’orgueil. Vous posez la question alors que vous connaissez la réponse : vous n’avez pas la confiance d’une majorité de parlementaires, encore moins celle de la majorité du pays. Vous disiez en 2018 : « Quand on porte un projet, si ce projet est fort et juste, on n’est jamais seul. » Votre projet de budget pour 2026 n’est ni fort ni juste, et vous êtes bien seul. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe GDR. – MM. René Pilato, Alain David et Jean-Claude Raux applaudissent également. – M.”
“(Applaudissements sur les bancs du groupe GDR et sur quelques bancs du groupe SOC.)”
“…nous avons constaté que l’Assemblée nationale était plus féminine et plus jeune qu’elle ne l’avait jamais été. Toutefois, une enquête du Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevipof) a montré que jamais depuis la fin du XIX e siècle elle n’avait été aussi homogène socialement et à ce point représentative des classes sociales supérieures. (M. Marcellin Nadeau et Mme Fatiha Keloua Hachi applaudissent.) Le nouveau monde ressemblait à l’Ancien Régime ! Nous devons éviter que la démocratie dérive ainsi dans notre pays. Si les classes sociales les plus défavorisées, si celles et ceux qui ont des métiers de subordination voient le statut de l’élu local garanti, alors ils seront incités à assumer ces responsabilités. La proposition de loi avance dans cette voie. Elle n’est pas suffisante à nos yeux, mais nous la soutiendrons.”
“Être élu local ne doit pas être l’apanage des classes sociales supérieures (Applaudissements sur les bancs du groupe GDR et sur quelques bancs des groupes LFI-NFP et EcoS. – M. Thierry Benoit applaudit également) ou de ceux qui, du fait de leur métier, ont du temps pour exercer un mandat local, qu’ils soient cadres ou employeurs. Toute la société doit être représentée. Quand nous avons été élus en 2017 et que le « nouveau monde » a envahi les bancs de cet hémicycle (Exclamations sur quelques bancs des groupes EPR et Dem), …”
“Depuis 2020, cela a été dit à plusieurs reprises, plus de 13 000 élus locaux ont quitté leur mandat. En 2023, le rapport de notre camarade Sébastien Jumel et de notre collègue Violette Spillebout soulignait combien la fatigue républicaine était inquiétante pour notre pays et pour notre démocratie. Mme la ministre a eu raison de rappeler que la démocratie avait un prix et qu’il fallait l’assumer. Nous nous félicitons des avancées sur le statut de l’élu, en particulier des protections et des garanties fonctionnelles prévues tout au long de son parcours. Bien que le texte nous semble un peu timide sur le sujet, nous saluons également la volonté de favoriser le recrutement d’un personnel politique local à l’image de la société, c’est-à-dire socialement hétérogène.”
“Enfin un modéré ! (Sourires et exclamations sur les bancs du groupe GDR.)”
“Bien évidemment, nous voterons la censure.”
“Monsieur le premier ministre, ne dites pas à quelqu’un comme moi ni à mes collègues que nous ne connaissons pas le monde du travail ! Dans notre famille, nous le vivons tous les jours, dans notre chair ! (Les députés des groupes GDR, LFI-NFP et EcoS ainsi que de nombreux députés du groupe SOC se lèvent et applaudissent longuement.)”
“Je vous adresse donc une invitation, cordiale : venez un jour chez moi, à Saint-Denis, lors d’une réunion de famille. (Applaudissements sur les bancs du groupe GDR et sur plusieurs bancs des groupes SOC et EcoS.) Vous rencontrerez ma femme, mes enfants, mes neveux, mes cousins, mes beaux-frères, ma sœur, toutes sortes de gens qui ont tous commencé à travailler à l’âge de 16 ans et n’ont pas chômé un seul jour dans leur vie ; ils vous expliqueront ce qu’est le travail et comment ils ont vécu cette réforme des retraites. Et si vous avez du temps, nous ferons venir tous les voisins de l’immeuble ; vous verrez, ce sera très sympathique (Applaudissements sur les bancs du groupe GDR et sur plusieurs bancs des groupes LFI-NFP et SOC) , ce sont des gens polis, cordiaux et respectueux.”
“Et si une très grande majorité d’entre eux ne désarme pas face à l’injustice de la réforme des retraites, c’est aussi parce que votre attitude à leur égard – comme celle de vos prédécesseurs, d’ailleurs – est empreinte de mépris. À ce propos, je mets sur le compte de la colère – cela peut arriver – les propos que vous avez tenus tout à l’heure, en regardant les bancs de gauche, sur la méconnaissance que nous aurions du monde du travail.”
“Enfin, quelle image du travail, de la solidarité et de l’égalité salariale donnons-nous à la jeunesse quand elle voit ses aînés travailler dur, finir malades ou relégués au chômage, avec au bout du compte une pension de misère ? Jamais une réforme d’une telle ampleur n’a été promulguée sans un vote du Parlement. Jamais un gouvernement n’a osé récuser ainsi tout un peuple et ses représentants syndicaux et politiques, qui s’étaient unanimement élevés, pendant des mois, contre un projet de loi. Pour toutes ces raisons, les Français ne veulent toujours pas de cette réforme : plus des deux tiers demandent instamment son abrogation.”
“Les femmes ont été elles aussi les grandes victimes de la réforme de 2023 : le report de l’âge légal les conduit à travailler pendant une durée supplémentaire supérieure à celle imposée aux hommes – en moyenne sept mois de plus, contre cinq mois de plus pour les hommes – et, du fait qu’elles ont souvent des carrières plus courtes, notamment en raison des responsabilités éducatives et familiales qu’elles endossent, l’allongement de la durée de cotisation entraîne des difficultés accrues pour qu’elles atteignent la durée exigée pour une pension à taux plein. En 2021 déjà, 52 % des femmes retraitées percevaient une pension mensuelle inférieure à 1 000 euros ; aujourd’hui, les retraites des femmes sont toujours inférieures de 40 % en moyenne à celles des hommes.”
“Même la Cour des comptes a enfin admis que reculer l’âge de départ ne signifiait nullement allonger d’autant la durée en emploi. Bien au contraire, un tel recul se traduit par un temps plus long en invalidité ou au chômage. C’est particulièrement le cas, bien sûr, pour les travailleurs les moins qualifiés, aux métiers les plus pénibles ou les plus précaires.”
“Jamais une réforme des retraites n’a provoqué autant de dégâts sociaux. Les travailleurs dits seniors ont été particulièrement abîmés : quand le chômage est massif et qu’à l’approche des 60 ans, une personne sur deux est privée d’emploi, repousser de deux ans l’âge de départ à la retraite aggrave mécaniquement le taux de pauvreté de ces travailleurs.”