Marie Pochon
ECOS · France
“Ce que je vois dans la Drôme et ailleurs, ce sont des élus qui déplacent des montagnes pour l’approvisionnement local et bio de leurs cantines scolaires, ce sont des agriculteurs qui se diversifient et veulent vivre en paix avec les habitants de leur commune, ce sont des familles qui souhaitent vivre dignement.”
“Des glaciers qui reculent, des pans de roche qui s’effondrent, une neige qui se raréfie : voilà comment commence l’exposé des motifs de cette proposition de loi « montagne 3 ». Nous aurions peut-être pu avancer en partant de ces constats communs, qui sont de fait alarmants.”
“…ni dans les cours de ferme. J’ai entendu des collègues qui vendent à perte et des cédants qui ne trouvent pas de repreneurs parce que leur ferme ne fait plus vivre. » Tel est le témoignage d’un agriculteur, entendu hier.”
“Nous avons tous un rapport individuel à la montagne. Le mien fut fondé par l’apprentissage du ski dans la petite station de Font d’Urle, par les randonnées d’été organisées par l’association Sports et loisirs de mon village au pré de Cinq Sous, par les week-ends en famille sur le plateau, par les milliers de questions qu’on peut se poser…”
“C’est ce que j’essaie de faire, c’est ce que les agriculteurs de ce pays essaient de faire. Pourtant, alors que vous vous offusquez de la concurrence déloyale et de ses impacts sur l’élevage français, vous signez à tour de bras des accords de libre-échange.”
“Le texte propose quelques solutions à propos de l’accès aux soins, de la valorisation des filières agricoles de montagne et du bois des massifs, de la prise en compte des spécificités de la montagne dans les intercommunalités, de l’accès aux itinéraires de randonnées et aux sports de nature, de l’électrification de la mobilité en montagne…”
The complete record
Every one of 573 lines we hold for Marie Pochon, in date order, each linked to its source. Free to read, in full, without an account. Page 11 of 12.
“À un tel moment de notre histoire, c’est un choix politique criminel. On parle là du pire recul environnemental depuis au moins une décennie. C’est la deuxième motion de rejet de ce texte que je défends. L’an dernier, nous nous offusquions d’un intérêt général majeur qui n’avait aucune valeur en droit, d’un « bachelor agro » qui ne réinventait pas l’eau chaude et d’un texte vide de tout. Un an plus tard, voilà que l’on consacre le principe démagogique et inapplicable du « pas d’interdiction sans solution économiquement viable et techniquement efficace » à propos des pesticides, alors même que la performance économique de l’agriculture industrielle est une illusion et représente un coût faramineux, certes caché mais que nous payons quand même, et pas peu cher.”
“Ce texte visant au renouvellement des générations agricoles, paradoxalement, ne souhaite pas d’installations, puisqu’il ne fixe aucun objectif, ne se dote d’aucun outil d’évaluation ni d’aucun moyen pour faire appliquer les dispositions qu’il contient – de cette manière, elles ne risquent pas de servir à quoi que ce soit. Ce texte qui, il y a un an, n’aimait de la transition que son idée abstraite – celle d’adjectifs peu contraignants ajoutés ici et là –, en détruit les fondements même à son retour du Sénat et après le passage du lobbyiste Laurent Duplomb. Il en devient dangereux, à force de déployer tant d’énergie à poursuivre le détricotage entamé du droit de l’environnement, alors que la très grande majorité des agriculteurs demandent au contraire à être accompagnés pour faire face à la crise climatique.”
“(Applaudissements sur quelques bancs des groupes EcoS et LFI-NFP.) Vous expliquerez donc aux agriculteurs en quoi, à l’heure des bouleversements climatiques, géopolitiques et économiques de notre monde, qui fondent légitimement l’angoisse de tant de paysans de notre pays, un texte comme celui-ci, qui ne contient rien sur la capacité des agriculteurs à pouvoir fixer leurs propres prix pour ce qu’ils produisent et vendent, rien sur leur capacité à pouvoir vivre de leur travail dignement, rien sur la spéculation foncière, rien sur le renouvellement des générations, rien sur la concurrence déloyale, rien sur l’adaptation au changement climatique, pourra répondre à leurs préoccupations.”
“Vous expliquerez peut-être aux agriculteurs les vertus des accords de libre-échange, les revirements sur les prix planchers, le grand désert sur l’application des lois Egalim du 30 octobre 2018, du 18 octobre 2021 et du 30 mars 2023, les petits coups de pression sur l’Agence française pour le développement et la promotion de l’agriculture biologique – l’Agence bio – ou sur les objectifs de surface, tout cela dans une année où le nombre d’agriculteurs a encore diminué, où les grandes entreprises agroalimentaires ont encore augmenté leurs marges, où 8 millions de personnes dépendent encore de l’aide alimentaire dans notre pays. Nous exportons la production de 43 % de nos terres et nous importons trois quarts des pâtes et semoules qui nourrissent notre population, alors que nous pourrions largement satisfaire notre consommation moyenne.”
“Samedi, vous pourrez donc annoncer par le menu ce qu’il est advenu de la fameuse loi d’avenir et d’orientation agricole attendue depuis des années, qui devait fixer un cap et répondre aux mobilisations de l’an passé – une loi d’avenir pour notre agriculture, pour répondre au plus grand plan social que notre pays ait connu ces cinquante dernières années, aux suicides tous les deux jours, aux rendements en berne, aux ventes à perte, à la désertification de nos villages et à l’effondrement du vivant.”
“Peu importe, l’objectif était fixé : il fallait faire des annonces à l’ouverture du Salon. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe EcoS. – MM. André Chassaigne et Dominique Potier applaudissent également.)”
“Ce serait vraiment dramatique ! (Sourires.)”
“Entendez que cela ne peut justifier la continuité, mais doit conduire à un changement de cap. Pour toutes ces raisons, le groupe Écologiste et social votera la motion de censure. (Les députés des groupes EcoS et SOC ainsi que M. François Piquemal se lèvent et applaudissent. – Plusieurs autres députés du groupe LFI-NFP applaudissent également.)”
“Monsieur le premier ministre, vous vous dites démocrate : entendez ce que les défaites successives de votre camp, ce que la colère, la tristesse, l’impuissance, le désespoir, tous ces sentiments qui parsèment les sondages d’opinion, les cahiers de doléances et les cérémonies de vœux – je pense à celles qui ont eu lieu dans nos circonscriptions le mois dernier – disent de la crise de régime que nous vivons.”
“J’ai compris que, malgré les heures d’échanges avec vous, vos ministres et nos collègues députés, vous préférez gouverner avec l’aval d’autres, à l’exact inverse du front républicain qui a fait élire votre socle commun. (Applaudissements sur les bancs des groupes EcoS et SOC.) Monsieur le premier ministre, vous n’êtes pas écologiste ; entendez que des Français s’en préoccupent. Vous n’êtes pas de gauche ; entendez que c’est le bloc politique arrivé en tête aux élections. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes EcoS et SOC.) Entendez que les dividendes monstrueux versés par le CAC40 cette année sont une insulte à toutes celles et à tous ceux dont vous exigez des efforts – et qui les font, parce qu’ils croient encore en la République.”
“…en promettant un peu à certains mais en ne vous engageant sur rien, alimentant la grande confusion dont se nourrit l’extrême droite. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe EcoS. – Mme Dieynaba Diop applaudit également.) J’ai compris que nos générations vivront sans doute moins bien que celles de nos parents, et que nous ne ferons rien, ou si peu, face au cataclysme climatique et sanitaire, comme l’estime le secrétaire général à la planification écologique qui a quitté son poste hier. J’ai compris que, malgré tout ce que nos aînés avaient bâti après les plus grands drames de notre histoire, nous nous enfoncerons dans l’ère du chacun pour soi et de la règle de droit arbitraire selon que l’on soit puissant ou vulnérable.”
“Cela seul, sans doute, ouvrirait la porte à l’obligation de coopérer, au-delà des postures démagogiques et populistes. À l’heure où notre République s’abîme de sa perméabilité à la corruption, il n’aurait pas fallu élire au Conseil constitutionnel, avec l’aval de l’extrême droite, un copain sauvé, grâce à la prescription, d’une mise en examen pour prise illégale d’intérêts. (Applaudissements sur les bancs des groupes EcoS et SOC.) Monsieur le premier ministre, depuis votre nomination, je n’ai pas tout compris à vos mots, et je ne suis pas sûre que vous les maîtrisiez tous non plus. (Rumeurs sur les bancs des groupes EPR et Dem.) Derrière les oublis, les maladresses et les hésitations, j’ai vu se dessiner un cap : vous maintenir au pouvoir grâce au flou, grâce à l’inaction,…”
“(Applaudissements sur les bancs des groupes EcoS et SOC.) En ces temps où bruisse l’antiparlementarisme sur fond d’austérité budgétaire, il faut affirmer que le Parlement est non pas le problème mais la solution. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe EcoS.) Il faut interdire le 49.3, qui censure l’expression de la représentation nationale (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes EcoS et SOC.)”
“Depuis six mois, j’ai douté avant de voter chaque motion de censure, tant l’habitude s’installe d’accepter, parce qu’il le faut, des politiques et des budgets sans débat et sans vote de l’Assemblée ; d’accepter, parce qu’il le faut, les insultes à nos compatriotes, la fracturation de notre communauté nationale ; d’accepter, parce qu’il le faut, les pires reculs environnementaux, la fin de l’agriculture paysanne et familiale, le silence et le mensonge sur les actes pédocriminels ; d’accepter, parce qu’il le faut, vos ministres xénophobes et l’extrême-droitisation de nos débats. Après de nombreux doutes, j’ai voté ces motions, parce que je ne peux assumer cette accoutumance au pire dans laquelle nous sombrons.”
“…tous ces outils qui sont un frein, jugé irraisonnable, à votre sacro-sainte compétitivité – il faudra que vous nous expliquiez un jour comment elle peut faire vivre nos villages et nos fermes, assurer notre mieux-vivre. Rendez-vous compte : entre la censure de M. Barnier et votre nomination, monsieur Bayrou, un département français a été intégralement rasé par les conséquences du dérèglement climatique. Or on regarde ailleurs. C’est vertigineux ! « La politique, c’est fait pour donner aux gens des raisons de vivre », disiez-vous il y a quelque temps.”
“(Applaudissements sur les bancs des groupes EcoS et SOC.) Elle se niche dans la véritable démission environnementale dont vous faites preuve en plaçant des cibles sur tous les thermomètres de la protection de la biodiversité, de l’Office français de la biodiversité (OFB) à l’Agence de la transition écologique (Ademe) en passant par l’Agence Bio, les réserves naturelles, le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) ou l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae),…”
“La colère qui s’exprime dans notre pays n’est pas « un truc très français ». Elle a des racines très concrètes dans l’abandon de territoires entiers ; dans les logiques de marché qui plongent les gens dans des situations inextricables ; dans la perte de sens que vos discours d’autorité veulent combler ; dans l’abandon, sous couvert de coupes budgétaires, des initiatives Territoires zéro chômeur de longue durée ; dans la fermeture, dans mon département, de sept centres de santé sexuelle ; dans votre incapacité à respecter vos propres engagements écologiques.”
“L’État doit assurer l’égalité des territoires, la redistribution, la justice, la santé, l’éducation, notre sécurité aujourd’hui et demain ; sinon, nous serons les oubliés de cette histoire – si nous ne le sommes pas déjà un peu –, et nous ne serons pas les seuls. L’État doit considérer chacune et chacun de la même manière, qu’il habite à Pau ou à Mayotte, à Séderon ou dans le 17 e arrondissement de Paris.”
“Malgré tout – vous remarquerez notre grande résilience –, mes collègues du groupe Écologiste et social et moi-même avons participé aux débats budgétaires cet automne. Nous y avons fait adopter des amendements, en commission et en séance, grâce à des votes venus de tous les bancs, démocratiquement. Le gouvernement a fait le choix de ne pas les retenir. Puis, nous sommes revenus aux discussions et avons fait des propositions crédibles, parce que le dialogue et la culture du compromis font partie de nos valeurs. Monsieur le premier ministre, vous avez sciemment décidé de contraindre l’exécution budgétaire de la loi spéciale pour installer l’inquiétude chez nos concitoyens, et d’utiliser pas moins de quatre 49.3 pour clore les discussions. (M.”
“Vous ne nous avez jamais posé la question, alors que cela se fait dans toutes les démocraties fonctionnelles ; c’est à cette question que nous devons répondre aujourd’hui. Cette motion de censure, nos collègues socialistes auraient pu la déposer à l’occasion du budget. Elle porte sur tout le reste, et on les remercie quand même. (Sourires sur les bancs du groupe SOC.) Néanmoins, j’aimerais revenir un instant sur ce budget pour rappeler quelques faits : une dette de 1 000 milliards, creusée depuis 2017 par la droite sénatoriale et le bloc présidentiel (« Eh oui ! » et applaudissements sur quelques bancs du groupe SOC) ; la publication de notes confidentielles remettant en question la sincérité du budget 2024 – dont nous n’avions même pas pu débattre ; le vingt-huitième 49.3 en un peu plus de deux ans.”
“Tandis que certains défendent ici un populisme judiciaire enfermant les enfants et stigmatisant les parents, d’autres entendent revenir sur le droit du sol sur tout le territoire national. Tout ce joli monde a également rendu une pluie d’hommages à un tortionnaire, mais n’aura pas eu un mot – pas un seul ! – pour dénoncer, quelques semaines plus tard, une attaque néonazie sur notre sol. (Applaudissements sur les bancs des groupes EcoS, LFI-NFP et SOC ainsi que sur plusieurs bancs du groupe GDR.) Vous ne prospérez que sur l’indignité de la division et de la fracture ; et vous appelez les autres à la responsabilité et à la stabilité ! Qu’en est-il de votre responsabilité, monsieur le premier ministre ?”
“(Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe EcoS. – M. René Pilato applaudit également.) Tandis que certains responsables politiques brandissent des tronçonneuses en conférence de presse, d’autres organisent la primaire de leur parti en direct de la place Beauvau, à coups de conférences de presse affolant BFM TV avec une maire qui affirme que les auteurs d’attaques au couteau ont « souvent […] des origines liées à l’islam ».”
“Nombre de ces discussions seront menées demain, lors de la journée d’initiative parlementaire du groupe Écologiste et social, et je remercie mes collègues pour cela. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes EcoS et SOC.) Mais partout, tout le temps, c’est le chaos qui s’installe, peut-être à dessein : on attaque les institutions garantes de l’État de droit – ce fameux État de droit qui n’est ni figé ni immuable ; le climatoscepticisme s’implante ; on laisse tenir des propos qu’en d’autres temps, toute la classe politique aurait condamnés, des « étrangers, dehors » crié dans l’hémicycle aux « submersions migratoires » – qui, non, n’existent pas, et c’est dégueulasse de les faire vivre dans l’esprit des gens pour en tirer de petits avantages électoraux ; on veut bâtir des prisons par dizaines, tandis que, dans mon département, on fermera encore quarante-sept classes cette année.”
“Non, je ne pense pas à celui de la « laïcité religieuse », qui semble vous intéresser particulièrement, monsieur le premier ministre, mais à ceux qu’avaient inscrits sur le papier les millions de Français qui ont noirci les cahiers de doléances il y a six ans : les manières d’être à la hauteur du défi climatique et environnemental tout en protégeant nos compatriotes les plus vulnérables, la réindustrialisation, l’accès aux soins et à la culture, les moyens alloués à notre école républicaine, la justice fiscale, le pouvoir d’achat, la lutte contre le racisme et l’antisémitisme, la mobilité pour toutes et tous, la protection contre les polluants éternels, la garantie de prix rémunérateurs pour les agriculteurs, le contrôle de la qualité de notre eau potable, le respect du droit international.”
“Je vous remercie pour votre réponse. Députée d’un territoire rural – je ne suis certainement pas la seule –, je serais très intéressée par un travail avec le gouvernement sur la question de la prise en charge des frais kilométriques. Le système actuel, assez inégalitaire, défavorise les infirmiers qui exercent en zone rurale. Il faut leur permettre d’assumer le coût des distances qu’ils ont à parcourir. En effet, de plus en plus de nos concitoyens ne peuvent plus bénéficier de soins à domicile parce qu’ils habitent trop loin des centres-bourgs.”
“Il faut prendre en considération les temps de déplacement sur des routes parfois montagneuses ou sinueuses, qui réduisent le nombre d’actes effectuables et créent un déséquilibre entre les professionnels qui exercent en milieu urbain et ceux qui exercent en milieu rural. Il s’agit de garantir l’accès aux soins pour tous nos compatriotes, quel que soit leur code postal.”
“Ils sont donc contraints soit d’assumer par eux-mêmes des frais de déplacement importants pour continuer à assurer leur tournée et l’accès aux soins de toutes et tous, soit de privilégier les déplacements les moins longs, aux dépens des personnes qui vivent dans des villages plus isolés. Il faut se rendre compte des effets de ces difficultés : dans mon département, la Drôme, la durée d’exercice du métier d’infirmier à domicile est de cinq ans en moyenne. Face à cette situation, quelles mesures le gouvernement envisage-t-il pour garantir aux infirmières et infirmiers exerçant en milieu rural la prise en charge de chacun de leurs kilomètres ?”
“Les aides à domicile du pôle sanitaire et médico-social de Curnier, par exemple, sont amenées à parcourir 90 kilomètres par jour en moyenne, et jusqu’à 200 kilomètres par jour pendant les week-ends. Les infirmiers ne bénéficient que d’une enveloppe limitée pour le remboursement de leurs frais : le système ne garantit pas un remboursement suffisant pour couvrir l’intégralité des déplacements nécessaires à l’exercice de leur profession. Par exemple, pour les infirmiers qui exercent dans le secteur de La Chapelle-en-Vercors ou dans le Royans, cette enveloppe est fréquemment épuisée dès le milieu de la matinée.”
“Dans les territoires ruraux, les professionnels de santé, plus particulièrement les infirmiers, assurent des soins à domicile sur de longues distances, ce qui engendre des frais kilométriques importants. Le temps passé sur la route est autant de temps qui n’est pas consacré aux consultations, ce qui est peu pris en compte. Ces professionnels jouent pourtant un rôle indispensable pour garantir l’accès aux soins de certains habitants très isolés. Pour ceux-ci, la venue des infirmiers à domicile est essentielle. Aujourd’hui encore, du fait du manque d’accès aux soins, l’espérance de vie des habitants des territoires ruraux est de deux ans inférieure à la moyenne nationale.”
“Si ce texte représente une avancée majeure pour les patients atteints de la maladie de Charcot, nous appelons de nos vœux la pérennisation de ces efforts, afin que toutes les personnes atteintes d’un handicap, sous toutes ses formes, bénéficient d’une nette amélioration du délai de traitement de leurs dossiers, de la préservation de leur dignité au cours des démarches administratives qu’elles doivent effectuer, et d’un accès libre et facilité partout, tout le temps, aux soins, tel que le formule la loi du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances – dont nous fêterons les 20 ans d’inapplication demain. Lorsque nous aurons fait tout cela, nous aurons été à la hauteur de ce digne combat. Cela commence aujourd’hui. (Applaudissements sur les bancs des groupes EcoS, LFI-NFP, SOC, DR et GDR.)”
“(Mme Christine Arrighi applaudit.) Tout cela, enfin, sera vain si nous ne sommes pas capables de garantir l’accès aux soins pour toutes et tous. Je pense ici aux patients isolés dans des déserts médicaux, qui doivent parfois faire deux heures de route, après des mois d’attente, pour se rendre à un rendez-vous chez un spécialiste ou simplement pour réaliser une IRM – imagerie par résonance magnétique.”
“…quant à l’État, il doit jouer son rôle. Nous devons également encourager le renforcement du soutien public à la recherche fondamentale, pour voir éclore de nouveaux projets de recherche dans nos CHU – centres hospitaliers universitaires – et pour que de jeunes doctorants puissent apporter leur aide précieuse au combat contre la maladie. Dans les quinze prochaines années, le nombre de personnes atteintes par la maladie pourrait augmenter de 20 %. On sait peu de choses sur ses déclencheurs, qui peuvent être environnementaux ou génétiques. Ce que nous savons, nous le devons à la science et à la recherche sur la prévention des pathologies neurologiques. Ce que nous ne savons pas, peut-être ne le saurons-nous jamais parce que nous aurons amputé de 1 milliard d’euros, en 2025, le budget de la recherche.”
“Les Écologistes y joindront bien évidemment leurs voix, sans déposer d’amendements, qui ralentiraient le processus d’adoption, quand l’enjeu est d’aller vite. Tout cela ne sera bien évidemment pas suffisant : cette proposition de loi n’est qu’une étape. Elle doit nous mener à revoir les modalités de notre soutien aux associations – notamment l’Arsla, que je tiens à saluer –, qui accompagnent les patients et leur fournissent des solutions adaptées à leur pathologie, prêtent du matériel médical et lancent des appels à projets de recherche. Mais il faut préciser que les associations ne peuvent pas tout ;…”
“Chers collègues, aujourd’hui nous adoucirons un peu les épreuves – et c’est déjà quelque chose de bien, de rare et de précieux, parce que ce n’est pas toujours ce que l’on fait dans cette assemblée.”
“En moyenne, le traitement des dossiers met six mois ; pour des personnes à qui ne restent parfois que deux ans d’espérance de vie, qui souffrent d’une maladie à l’évolution si rapide, c’est inacceptable. La procédure prévue par l’article 1 er constitue donc un progrès notable qui permettra aux malades et à leurs familles de bénéficier d’un soutien plus rapide et plus adapté à leurs besoins. Adoucir l’épreuve, c’est également diminuer la lourdeur administrative, en dérogeant à la règle interdisant l’accès à la PCH après 60 ans. À l’heure où la majorité des personnes à qui on diagnostique une maladie de Charcot ont plus de 60 ans, celle-ci devait être modifiée. Voilà qui sera fait.”
“La maladie de Charcot, c’est une conscience intacte, une raison qui regarde impuissante le corps s’affaiblir sans rien pouvoir y faire : une épreuve pour les malades, enfermés dans leur corps ; une épreuve pour leurs proches, qui les accompagnent dans un quotidien bouleversé ; une épreuve face à laquelle tant d’aidants et de malades sont bien seuls aujourd’hui : face à l’horreur, on dirait presque qu’on a préféré fermer les yeux, ou regarder ailleurs. Mais les malades – Gilbert, Florence, Marie, Sofia – ne peuvent pas regarder ailleurs. Je ne peux que déplorer qu’il faille que l’un d’entre nous soit malade et qu’il combatte pour tous les autres pour qu’enfin nos assemblées légifèrent en vue d’apaiser leur douleur et leur peine, et d’adoucir les épreuves. Adoucir les épreuves, c’est d’abord réduire les délais de prise en charge.”
“(Applaudissements sur divers bancs.) Combattre pour tous les autres, c’est aujourd’hui à nous que cela revient, chers collègues, en examinant ce texte. Adopté à l’unanimité au Sénat, celui-ci est porteur d’espoirs pour les malades et leurs familles. La sclérose latérale amyotrophique, mieux connue sous le nom de maladie de Charcot, est une maladie rare. Ou plutôt, comme le souligne l’Arsla, il s’agit de la moins rare des maladies rares, puisque 8 000 personnes sont touchées dans notre pays. Affectant les neurones moteurs, évoluant très rapidement, faisant l’objet de traitements encore trop limités, cette terrible maladie nécessite une prise en charge médicale mobilisant de nombreux professionnels : neurologues, ergothérapeutes, pneumologues ou encore psychologues.”
“On ne peut commencer l’examen de cette proposition de loi sans rendre un hommage ému et sincère à notre collègue parlementaire Gilbert Bouchet ; sénateur de la Drôme – j’en suis députée –, lui-même lourdement malade, il est à l’initiative de cette proposition de loi. Avec la dignité dont seuls peuvent faire preuve ceux que touche cette maladie évolutive, il mène ce combat, malgré ce qu’il endure, pour tous les autres. Il a décidé de défendre, pour tous les autres, cette proposition de loi visant à ce que tous les malades puissent bénéficier d’un soutien renforcé et rapide lorsque le diagnostic est posé. Au nom du groupe Écologiste et social, d’une simple collègue drômoise, de nous toutes et tous, je lui renouvelle notre plein soutien dans son combat contre la maladie.”
“Regardez les résultats des élections ! Vous avez perdu trois fois !”
“Comme M. Wauquiez et ses dîners ! Rendez l’argent, les Républicains !”
“Que comptez-vous faire face à l’impérieuse nécessité de prix dignes pour celles et ceux qui nous nourrissent ? (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS et sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Vous ne pouvez pas en même temps refuser d’encadrer les surprofits de l’agro-industrie, laisser signer les accords de libre-échange, refuser les paiements pour services environnementaux (PSE) et laisser les prix agricoles s’effondrer, tout en assurant la protection de l’excellence agricole française, celle qui préserve nos capacités à produire demain. En 2024, au Salon de l’agriculture, le président de la République promettait des prix planchers aux agriculteurs. Une promesse, encore une, instantanément balayée par votre alliance des droites, qui s’est opposée à notre proposition de loi au profit d’une loi Egalim 4, jamais advenue, et de négociations commerciales aux contours inchangés encore cette année. Le revenu agricole doit être le paramètre central de la fixation des prix, et non une variable d’ajustement.”
“En dix ans, 100 000 fermes ont disparu, les prix agricoles se sont écroulés, le monde agricole souffre de la crise inflationniste et de la spéculation sur les produits alimentaires, les campagnes se vident, les rendements sont affectés par les changements climatiques, la biodiversité s’effondre et un agriculteur sur cinq vit sous le seuil de pauvreté. Vous ne pouvez pas en même temps réduire les normes, promouvoir l’alignement par le bas au nom de la sacro-sainte productivité, tout en demandant à nos agriculteurs l’excellence.”
“Depuis maintenant plus d’un an, dans le contexte d’une mobilisation sociale agricole sans doute la plus importante depuis trente ans, les agriculteurs dénoncent un modèle qui ne fonctionne plus et l’impossibilité de vivre de leur métier. Les écologistes sont solidaires de leur lutte pour vivre dignement. Depuis trente ans, ceux qui nous gouvernent ont choisi de placer le modèle agricole sur la voie de l’industrialisation, de la compétitivité à outrance et du libre-échange dérégulé. Quels ont été les bénéfices de ce choix ? La productivité a augmenté et on peut aujourd’hui consommer des produits du monde entier sans avoir jamais mis les pieds dans une ferme. Quel en a été le coût ?”
“Les bras m’en tombent ! Cela fait vingt ans que les négociations ont commencé, vous vous réveillez trop tard !”
“C’était la fusion des droites : vous n’avez jamais censuré Mme Borne !”
“Là résident leurs espoirs. Là, chers collègues, repose notre responsabilité. (Vifs applaudissements sur les bancs des groupes EcoS, LFI-NFP, SOC et GDR.)”
“– Mme Elsa Faucillon applaudit aussi.) Dans la Drôme d’où je viens, c’est un projet Territoires zéro chômeurs de longue durée, de ceux dont vous avez vanté les mérites, qui perd tous ses financements du fait de la prétendue responsabilité de votre budget. (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS et sur quelques bancs des groupes LFI-NFP, SOC et GDR.) Cette censure, je ne la voterai pas de gaieté de cœur ; je la voterai car vous n’avez décidément rien écouté et rien compris. Monsieur le premier ministre, je ne peux plus rien vous demander aujourd’hui. En revanche, à toutes celles et à tous ceux qui ont manifesté, qui ont voté, qui restent dignes et humbles quand leurs dirigeants fabriquent le chaos, nous disons que notre seul cap est et restera celui de l’écoute, du dialogue, de la recherche de majorités, de l’apaisement.”
“De vous, nous n’avons vu que le mépris, les 49.3, les mensonges, les louvoiements devant Marine Le Pen. Pourtant, sur les prix rémunérateurs en agriculture, sur les déserts médicaux, ou encore hier sur le remboursement intégral des fauteuils roulants, nous vous avons fait des propositions ; nous savons légiférer et trouver des compromis. Monsieur le premier ministre, si vous aviez tendu l’oreille, vous auriez entendu comment ces coupes budgétaires non assumées, servant à éponger une dette que vos soutiens ont créée, fragilisent déjà les milliers de victimes des plans sociaux, de la vente à perte et de la vie indigne – par exemple cette maman, « comme tant d’autres »… (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS et sur quelques bancs des groupes LFI-NFP et SOC.”
“C’est une des centaines de milliers de doléances qui ont fait suite au mouvement des gilets jaunes, au grand débat ; une parmi des centaines de milliers, que vous n’avez jamais voulu restituer ni publier. « Comment fait maman pour rester digne et humble quand les préoccupations du peuple vous passent au-dessus de la tête ? » Cette question que pose cette maman, elle me hante depuis six ans, six ans de promesses non tenues et de mépris qui sont devenus une politique, votre politique.”