Marie Pochon
ECOS · France
“Ce que je vois dans la Drôme et ailleurs, ce sont des élus qui déplacent des montagnes pour l’approvisionnement local et bio de leurs cantines scolaires, ce sont des agriculteurs qui se diversifient et veulent vivre en paix avec les habitants de leur commune, ce sont des familles qui souhaitent vivre dignement.”
“Des glaciers qui reculent, des pans de roche qui s’effondrent, une neige qui se raréfie : voilà comment commence l’exposé des motifs de cette proposition de loi « montagne 3 ». Nous aurions peut-être pu avancer en partant de ces constats communs, qui sont de fait alarmants.”
“…ni dans les cours de ferme. J’ai entendu des collègues qui vendent à perte et des cédants qui ne trouvent pas de repreneurs parce que leur ferme ne fait plus vivre. » Tel est le témoignage d’un agriculteur, entendu hier.”
“Nous avons tous un rapport individuel à la montagne. Le mien fut fondé par l’apprentissage du ski dans la petite station de Font d’Urle, par les randonnées d’été organisées par l’association Sports et loisirs de mon village au pré de Cinq Sous, par les week-ends en famille sur le plateau, par les milliers de questions qu’on peut se poser…”
“C’est ce que j’essaie de faire, c’est ce que les agriculteurs de ce pays essaient de faire. Pourtant, alors que vous vous offusquez de la concurrence déloyale et de ses impacts sur l’élevage français, vous signez à tour de bras des accords de libre-échange.”
“Le texte propose quelques solutions à propos de l’accès aux soins, de la valorisation des filières agricoles de montagne et du bois des massifs, de la prise en compte des spécificités de la montagne dans les intercommunalités, de l’accès aux itinéraires de randonnées et aux sports de nature, de l’électrification de la mobilité en montagne…”
The complete record
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“« Monsieur le président, j’aimerais que vous expliquiez à ma fille de 5 ans pourquoi maman ne met pas le chauffage partout dans la maison ? […] Pourquoi le soir maman mange ce qu’il reste dans son assiette ou bien boit une tasse de café ? […] Pensez surtout à lui expliquer comment fait maman pour rester digne et humble quand les préoccupations du peuple vous passent au-dessus de la tête. […] Une maman comme tant d’autres ! » La lettre d’où sont tirés ces propos, vos conseillers parlementaires l’ont peut-être lue.”
“Pas d’applaudissement, aucun soutien : il a plié le débat !”
“Des prix rémunérateurs, aussi ! Vous n’étiez pas là pour les voter !”
“Et vous, pendant ces années, vous n’avez pas été là !”
“Je suis sûre que les agriculteurs en sont ravis !”
“Pour tenir parole, pour écouter les gens, pour ne pas les décevoir ; parce que nous refuserons toujours d’être complices des désillusions et de vos machines broyeuses d’espoir que sont ces accords avec clauses, qui s’appliquent même quand personne n’en veut ; pour qu’ici, conformément à la haute idée que nous nous faisons de l’Assemblée nationale, nous puissions être à la hauteur de ces panneaux qui disaient : « Ici commence le pays de la résistance agricole. » (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS et sur quelques bancs des groupes LFI-NFP et GDR.)”
“Nous vous demandons de vous opposer à cet accord aujourd’hui et demain, car demain devrait être consacré à construire et à sauvegarder une agriculture familiale rémunératrice, respectueuse des écosystèmes et des agriculteurs, en réaffirmant que la première mission de l’agriculture n’est pas d’être compétitive, mais de nourrir dignement les populations. Or cet accord, dans la course aux prix bas, ne ferait qu’imposer de la malbouffe bourrée de pesticides aux millions de personnes sans le sou que vos politiques austéritaires rendent toujours plus nombreuses. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe EcoS.) Mesdames les ministres, vous dites être contre la signature de l’accord « en l’état ». De notre côté, nous pensons qu’il ne faut pas le signer du tout, ni aujourd’hui ni demain.”
“(Applaudissements sur quelques bancs du groupe EcoS.) Combien de temps pourrons-nous continuer à nous enorgueillir de l’excellence agricole française, alors même que le pays a perdu un cinquième de ses exploitations en dix ans ? Voulons-nous une agriculture qui enrichit les banques et les agromanagers, ou une agriculture qui nourrit les citoyens dignement grâce à un modèle familial rémunérateur et protecteur ? Pour faire baisser les prix des aliments, jusqu’où ferons-nous exploser leurs coûts cachés ? Ni demain, donc.”
“Oui, l’industrie des pesticides pourra accroître ses exportations, y compris celles de produits dont l’usage est interdit sur le sol européen, au risque que ces mêmes produits reviennent sous forme de résidus dans nos supermarchés. Nous avons perdu 100 000 exploitations agricoles au cours des dix dernières années, et 23 % des agriculteurs vivent sous le seuil de pauvreté. Les crises climatiques et sanitaires se multiplient. Nous atteignons des niveaux d’endettement agricole jamais vus. On exige l’excellence agricole tout en imposant aux paysans de produire à bas coût pour être compétitifs face au marché mondial. Le gouvernement ne peut pas en même temps refuser les prix rémunérateurs que nous avons votés le 4 avril contre son avis, refuser d’encadrer les surprofits de l’agro-industrie et refuser une meilleure régulation du tout-marché.”
“Derrière tant d’opacité, d’impréparation et de mépris démocratique, qui a véritablement intérêt à ce que cet accord de libre-échange soit adopté quoi qu’il en coûte ? Nous le savons tous, il y aura quelques gagnants, et tant de perdants ! Oui, les élevages de 70 000 têtes de bétail sur 100 000 hectares qui peuvent exister au Brésil gagneront des marchés, au détriment des exploitations familiales et pastorales qui dessinent nos paysages.”
“Et justement parce que cet espoir désormais existe, vous, les politiques, vous n’avez plus le droit de les décevoir », me disait encore ce matin l’agriculteur Jérôme Bayle. Nous n’avons été prévenus qu’il y a cinq jours de la tenue du présent débat portant sur un texte inexistant – tout au plus un discours –, sur le contenu d’un accord de libre-échange auquel personne n’a eu accès depuis au moins cinq ans, dont la Commission européenne dit elle-même qu’il ne sera pas revu et dont on ne sait même pas si le gouvernement qui affirme s’y opposer si fermement y a proposé des solutions alternatives. (Mme Cyrielle Chatelain et M. Arnaud Le Gall applaudissent.) Mesdames les ministres, en vingt ans de négociations obscures, le gouvernement français a-t-il demandé à infléchir le contenu de l’accord, et sur quels points ?”
“Si la France signe un tel accord, elle accepte des normes sanitaires dévoyées ; elle accepte la destruction environnementale en important de la viande produite sur des terres déforestées et des cultures dopées aux pesticides toxiques ; elle accepte une concurrence déloyale pour ses agriculteurs qui respectent des normes sociales et environnementales ambitieuses et qui ne pourront jamais, au grand jamais, être compétitifs face à des exploitations dont certaines font plus de mille fois la taille moyenne d’une ferme française. Tout cela, nous ne l’acceptons pas, ni aujourd’hui ni demain. Nous devrions atteindre cet après-midi un relatif consensus sur l’aujourd’hui, sur le « en l’état », mais la véritable question se niche dans le demain. À la suite des mobilisations agricoles, « il y a des paysans qui ont repris espoir.”
“Certains mettront cela sur le compte des élections aux chambres d’agriculture qui approchent ; d’autres, se souvenant des gilets jaunes, des doléances jamais restituées, des suicides, de la désertification de nos villages, des panneaux retournés, des vignes qu’on arrache, des troupeaux décimés par la maladie hémorragique épizootique (MHE) ou par la fièvre catarrhale ovine (FCO), feront l’analyse d’un mal-être bien plus profond qui dit quelque chose des colères et des impuissances paysannes, de la volonté d’être enfin considéré, enfin central, dans les politiques de la nation.”
“Depuis des années, depuis que cet accord dinosaure visant à échanger indifféremment des produits agricoles et des bagnoles circule de manière opaque dans les travées de la Commission européenne, la résistance se fait entendre. « Pensez à ceux qui sont en bas, venez voir comment vivent les gens dans les campagnes », vous disent-ils. Depuis quelques mois, ça explose.”
“« Ici commence le pays de la résistance agricole. » C’est ce qui était écrit sur les panneaux, au bord de l’A64, en janvier, au début du plus grand mouvement social paysan des trente dernières années, né du manque de revenus, de la concurrence déloyale, des injonctions contradictoires, des craques racontées sur des bottes de paille et du mépris. La résistance. Celle qui nous occupe aujourd’hui réside dans le refus de laisser sacrifier un modèle agricole qui fait notre fierté et notre honneur par une agro-industrie ultraprédatrice, au nom de la compétitivité sans entrave et des profits que font quelques-uns sur le dos de l’immense majorité.”
“Eh oui ! Mais c’est le résultat de votre politique !”
“Il vise à introduire une taxe sur la publicité qui promeut des produits alimentaires mauvais pour l’environnement – étiquetés C, D ou E par le planet-score. L’objectif est double : dissuader la promotion commerciale de produits à forte empreinte écologique ; inciter les producteurs et distributeurs à améliorer leurs pratiques afin de proposer des produits plus vertueux sur le plan environnemental. Une telle taxe permettrait de concrétiser les objectifs encore non appliqués d’affichage environnemental, avec un taux progressif. Elle répondrait à un impératif de justice environnementale en faisant porter une partie du coût écologique sur les entreprises qui choisissent de promouvoir des produits nocifs pour l’environnement. Elle permettrait de mieux informer les consommateurs sur ce qu’ils achètent, et ce qui se trouve dans leur assiette.”
“Et qui a fait adopter le projet de loi sur l’immigration ?”
“Et qui a donné un logement à de nombreux locataires !”
“–, nous proposons de renforcer et de prolonger le crédit d’impôt dont bénéficient les exploitants en agriculture biologique afin de le sécuriser, au moins sur la durée de la programmation PAC (politique agricole commune), à savoir jusqu’en 2027. En résumé, nous vous proposons de protéger nos agriculteurs ! (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS, ainsi que sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)”
“…observait que « le développement de l’agriculture biologique est le meilleur moyen de réussir la transition agroenvironnementale et d’entraîner les exploitations agricoles dites conventionnelles vers des pratiques plus respectueuses de l’environnement ». Or beaucoup ici préfèrent allumer des feux de joie en l’honneur de la diversité des modèles, au risque avéré d’en laisser un mourir – celui de l’agroécologie. À l’heure où la filière bio subit une crise importante et où certains producteurs biologiques risquent malheureusement de revenir à un mode de production conventionnelle, et alors même que les scientifiques nous alertent sur la menace d’extinction de la moitié des espèces connues d’ici à 2040 – c’est-à-dire en moins d’une génération !”
“L’agriculture biologique occupe une place essentielle dans nos territoires et les scientifiques reconnaissent unanimement qu’elle permet de concilier production alimentaire et respect des écosystèmes. Dans un rapport publié en 2022, la Cour des comptes…”
“L’amendement tend à supprimer, dès 2025, l’exonération pour les carburants destinés aux moteurs d’avion et de navires lorsqu’ils sont utilisés dans le cadre de la construction, du développement, de la mise au point, des essais ou de l’entretien des aéronefs et navires et de leurs moteurs. L’État français subventionne les énergies fossiles. À l’heure des crises climatique et budgétaire dans lesquelles vous avez plongé le pays, il est temps de mettre fin aux trop nombreux avantages fiscaux qui y sont liés, surtout si vous êtes, comme vous le prétendez, attachés à prendre des décisions responsables et de bon sens. Ce n’est pas encourager à consommer moins que de subventionner, dès la conception des moteurs, l’énergie fossile dont ils ont besoin. Nous vous proposons donc de faire exactement le contraire.”