Iñaki Echaniz
SOC · France
“Vous êtes le seul groupe qui s’est opposé au mécanisme que nous proposons pour réguler les résidences secondaires et taxer les plus-values, et vous avez unanimement voté contre la régulation du foncier agricole défendue par notre collègue Peio Dufau.”
“Monsieur Rambaud, je vais enfoncer le clou. Vous venez de nous faire un plaidoyer sur le logement en Corse. Que ceux qui nous écoutent, en particulier en Corse, prennent conscience de votre double discours et de votre hypocrisie : vous appartenez au seul groupe qui a unanimement voté contre la régulation des meublés de tourisme, texte tra…”
“Si cette proposition de loi vise à satisfaire un objectif légitime – mieux loger les travailleurs des services publics –, elle apporte, selon nous, une mauvaise réponse à une vraie question.”
“En effet, cette proposition de loi ne vise pas à encourager la construction de nouveaux logements sociaux ; elle cherche plutôt à faciliter la mobilité au sein du parc existant, en simplifiant les procédures d’éviction des anciens agents qui ont servi notre pays toute leur vie et qui occupent encore un logement de fonction.”
“Chaque année, près de 7 % d’entre eux changent d’établissement. Cette mobilité est indispensable au bon fonctionnement de nos services publics. Avec cette proposition de loi, accepter une mutation pourrait signifier perdre son logement sans aucune garantie de relogement satisfaisante.”
“Faire passer ces plafonds de 10 % à 50 % ne sera pas sans conséquences pour les autres réservataires. Cela risque en effet d’accentuer les inégalités entre les administrations, dont les patrimoines fonciers sont très disparates.”
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“Le rapport commandé par le gouvernement à des économistes aurait dû être remis en novembre, nous sommes en décembre et nous l’attendons toujours. Commençons donc dès maintenant, avant de nous retrouver dos au mur. La régulation des meublés de tourisme suscitait initialement les mêmes observations : beaucoup de parlementaires invoquaient le manque d’études pour ne pas avancer sur le sujet. Or ce texte a finalement été adopté à une large majorité : même sans étude, on avait constaté que la mesure fonctionnait dans les territoires.”
“Dans le cadre d’un encadrement, le loyer de référence correspond au loyer pratiqué à l’instant T, c’est-à-dire au loyer du marché – à moins que tous les propriétaires voisins ne pratiquent un loyer inférieur au marché ! En outre, on constate que l’offre locative diminue partout, et non uniquement dans les communes qui pratiquent l’encadrement des loyers. La baisse est même encore plus forte là où il n’existe pas, notamment à Nice, chez le président du groupe UDR, Éric Ciotti. Elle ne résulte donc pas de l’encadrement. Monsieur Cosson, vous dites qu’il est urgent d’attendre. Pour avoir défendu un certain nombre de textes, vous savez que la navette parlementaire se perd parfois dans de nombreux et obscurs couloirs.”
“Surtout, vous avez pris ce texte à la volée et vous n’avez donc pas été au fond des choses.”
“Monsieur Gosselin, vous dites que cet encadrement incite les propriétaires à retirer leurs biens du marché. Il faudra me présenter un propriétaire qui préfère ne pas mettre son appartement en location et ne rien toucher plutôt que d’avoir un revenu.”
“Ces critères sont définis dans les mêmes termes que ceux que nous avons adoptés, à une très large majorité, lors de l’examen de la proposition de loi visant à renforcer les outils de régulation des meublés de tourisme à l’échelle locale. Ils ont été validés par la DHUP – la direction de l’habitat, de l’urbanisme et des paysages. Vous opposez à ce texte l’idée d’un dialogue entre les collectivités et l’État. Mais que faut-il faire quand une commune, conformément à la loi, satisfait tous les critères que vous avez cités et qu’un ministre parfois très – trop – dogmatique refuse de signer tout décret ? Vous dites enfin que je permettrais un encadrement sans observatoire des loyers. C’est faux : cet observatoire restera obligatoire pour que les communes concernées puissent accéder à l’encadrement des loyers.”
“Monsieur le ministre, vous citez plusieurs études. Certaines d’entre elles, qui s’appuient sur des données claires, objectives et définies, présentent des conclusions plutôt favorables à l’encadrement des loyers. Vous citez en revanche les conclusions critiques de l’étude réalisée par l’observatoire Clameur ; mais ce dernier n’a jamais publié ni ses données ni sa méthodologie. Sa crédibilité scientifique est donc sujette à caution. Vous prétendez que le texte permettrait à toutes les communes d’instaurer l’encadrement des loyers, sans plus de critères. C’est faux : il ne s’agit que des communes situées en zone tendue, ainsi que de celles où la situation correspond aux critères de la déstabilisation du marché locatif.”
“Il faut lire le texte de la commission, vous ne l’avez manifestement pas fait !”
“Il y a eu une évaluation par le Parlement ! (L’orateur brandit un fascicule.)”
“C’est faux ! Là, vous mentez, monsieur le ministre !”
“Avec mon groupe, avec la gauche, avec tous ceux qui pensent que les territoires doivent agir au plus près de leurs besoins, nous resterons mobilisés pour permettre à nos concitoyens de se loger de façon digne, accessible et durable. (Applaudissements sur les bancs des groupes SOC, EcoS et GDR.)”
“Aux collègues de la droite et du centre qui s’interrogent, je dirai qu’ils ont eu les mêmes doutes lors de l’examen du texte relatif à la régulation des meublés de tourisme mais qu’après son adoption, ce sont majoritairement des maires de droite et du centre qui se sont saisis des différents dispositifs : faite confiance aux élus locaux ! Ce texte aura bien sûr vocation à être enrichi par les préconisations du rapport ministériel attendu pour mai 2026. Vous en conviendrez, ce serait bien tardif de patienter jusqu’à cette date pour engager la procédure législative, que nous savons longue et soumise aux aléas de la vie politique, et qui nous contraindrait à légiférer dans l’urgence en novembre 2026. N’attendons donc pas d’être au pied du mur pour agir, et n’oublions pas que le logement n’est pas un bien comme un autre.”
“Nous avons défendu et fait adopter la baisse d’impôts pour les petits propriétaires bailleurs, nous avons accompagné la création du statut du bailleur privé comme la relance du logement social, qui loge la France telle qu’elle est, et nous militons pour étendre la garantie Visale afin de restaurer la confiance entre propriétaires et locataires. Aujourd’hui, deux choix s’offrent à nous : rester passifs face à l’envolée des prix de l’immobilier et sa déconnexion avec les revenus des ménages, ou agir pour encadrer cette hausse en considérant que le logement est un bien de première nécessité et que les élus locaux sont les plus à même de savoir ce dont leurs territoires ont besoin. Je crois que cette proposition de loi apporte une juste réponse à nos concitoyens.”
“Il faut également ne plus permettre qu’un propriétaire se permette de menacer de congédier un locataire dont le seul tort serait d’avoir demandé le respect de la loi. La meilleure façon de détruire un territoire ou une ville, pour reprendre les mots des détracteurs de ce dispositif, n’est pas d’encadrer les loyers, mais de ne prendre aucune mesure pour permettre aux habitants de s’y loger dans des conditions durables et accessibles. Alors, bien sûr, l’encadrement des loyers ne réglera pas tous les problèmes : avec le groupe socialiste, nous appelons depuis des années une loi de programmation, mais elle n’arrive pas, malgré les ministres qui se sont succédé à ce poste.”
“Vous l’aurez compris, les enjeux sont nombreux et ce texte, issu des travaux d’une mission parlementaire transpartisane de quatre mois menée avec Annaïg Le Meur, y répond avec justesse. Tout d’abord, il n’impose pas une baisse des loyers : il pérennise dans le temps un mécanisme pour contenir leur hausse. Ensuite, il ne rend pas obligatoire l’encadrement des loyers, mais donne un outil plus facilement mobilisable pour les territoires qui connaissent une forte tension sur le marché locatif. Enfin, il n’est pas punitif mais entend lutter contre les pratiques illégales. Des compléments de loyer pour une planche de surf à Biarritz, une prise de lave-linge ou une salle de bains avec mitigeurs à Paris : ces exemples ne doivent plus avoir leur place dans les contrats de location.”
“Garantir un loyer abordable renforce la possibilité pour chacun de s’émanciper. Permettez-moi d’avoir, à ce titre, une pensée particulière pour les jeunes ruraux bien souvent contraints de déménager dans de grandes villes universitaires pour poursuivre leurs études. Pour tous les étudiants, le coût du logement est déterminant en ce qu’il conditionne leur qualité de vie, leur choix d’orientation mais aussi leur réussite. Freiner la hausse des loyers, c’est offrir à un plus grand nombre de jeunes la chance de poursuivre leurs études dans une logique d’égalité républicaine. C’est aussi un texte important pour le développement économique des territoires. Nos entreprises ont besoin de loger leurs salariés à des prix abordables. Nous connaissons tous les défis que cela peut représenter, dans les zones touristiques notamment.”
“Le nombre de mises en locations baisse dans les mêmes proportions dans toutes les villes, qu’elles aient ou non prévu d’encadrer les loyers. Cette baisse est bel et bien multifactorielle. Il s’agit ici d’un texte de décentralisation et de liberté pour les élus. Les maires, dans les zones souffrant d’un déséquilibre entre l’offre et la demande de logements, pourront choisir d’encadrer les loyers mais aussi de se défaire du dispositif quand ils le souhaitent, ce qui n’est pas possible dans le cadre de l’expérimentation. Ce texte vise avant tout à faire confiance aux territoires et aux élus. Il s’agit aussi, vous l’aurez compris, d’agir concrètement pour le pouvoir d’achat des millions de locataires du secteur privé qui peinent de plus en plus à accéder à la propriété.”
“Dans un contexte de crise du logement, le groupe socialiste est convaincu que le texte qu’il propose représente une réponse claire et indispensable : d’abord parce que l’encadrement des loyers permet de limiter la hausse des prix alors que le coût de l’immobilier progresse plus rapidement que les revenus ; ensuite parce qu’il est maintenant avéré, à travers plusieurs études étayées, que cet encadrement n’a pas d’effet sur l’offre locative.”
“Fait notable, 85 % des propriétaires sondés se positionnent, selon une récente enquête d’Ipsos, en faveur de ce dispositif, par ailleurs plébiscité par les maires de gauche mais aussi du centre et de la droite qui l’ont mis en œuvre. Ce texte a du reste recueilli le soutien de l’AMF – Association des maires de France et des présidents d’intercommunalité –, de France urbaine et d’Intercommunalités de France.”
“Le logement constitue désormais le premier poste de dépense des ménages français, qu’il s’agisse du remboursement de l’emprunt pour ceux qui ont eu l’opportunité de devenir propriétaires de leur résidence principale ou du montant du loyer pour ceux qui sont locataires. Les ménages y consacrent plus de 28 % de leur revenu, un taux jamais atteint jusqu’à présent. Dans ce contexte d’inflation constante, la proposition de loi vise à pérenniser et améliorer le dispositif expérimental d’encadrement des loyers élaboré en 2014 par la loi dite Alur de Cécile Duflot, appliqué sous le gouvernement Édouard Philippe avec la loi Elan, et qui prendra fin dans moins d’un an, en novembre 2026. Cette mesure est plébiscitée par les Français, qui y sont favorables à 87 %.”
“Il me semble que la création du statut du bailleur privé a fait l’objet d’un chiffrage par vos services. Grâce à l’adoption de nombreux sous-amendements issus des rangs de la gauche, cette création devrait permettre de relancer la production privée à un coût plus bas que celui prévu initialement. Ce dispositif fera la preuve de son efficacité ; vous disposerez alors à n’en pas douter d’une marge de manœuvre financière suffisante pour que la RLS soit abaissée, jusqu’à atteindre un coût compris entre 900 et 700 millions d’euros.”
“Il s’agit du dernier amendement nous permettant d’aborder la question du logement, si cruciale dans l’ensemble de l’Hexagone, quand on connaît l’ampleur de la crise qui touche le secteur. Il a été travaillé avec d’autres groupes politiques et vise à abaisser la charge du Fonds national des aides à la pierre (Fnap) des bailleurs sociaux à hauteur de 275 millions d’euros, afin de relancer la production de logements sociaux abordables, susceptibles de loger les travailleuses et les travailleurs ainsi que toutes les familles qui ont besoin d’un toit à un prix accessible. Dans la même logique, j’espère que nous pourrons diminuer le montant de la réduction de loyer de solidarité (RLS), madame la ministre. Le débat aura lieu au Sénat, où je sais que plusieurs parlementaires sont favorables à cette idée, y compris sur les bancs de la droite.”
“Le Rassemblement national, lui, n’aime pas l’Union européenne. Est-ce pour cela qu’il lui a piqué des millions ?”
“Je soutiens l’amendement de M. Castellani, issu du travail mené avec Annaïg Le Meur et d’autres députés. Le bail mobilité est massivement détourné : dans certains territoires, il est proposé de façon obligatoire et contraignante à des locataires qui n’y sont pas éligibles et n’ont accès qu’à ce type de bail. Il faut donc lutter contre cette fraude massive aux baux mobilité et contre ce qui en découle, les congés pour vente ou pour reprise abusifs. Il s’agit d’augmenter les amendes pour fraudes et de réformer l’ensemble du bail mobilité, y compris les congés pour vente ou pour reprise.”
“Je pense que tout le monde est d’accord pour procéder à ce scrutin public !”
“Madame la présidente, nous avons demandé un scrutin public sur ces amendements.”
“Il s’agit d’une demande répétée et légitime de la part des maires. On ne peut pas, d’un côté, cajoler les maires au Congrès de l’AMF, prendre des photos avec eux, les inviter à visiter l’Assemblée nationale et affirmer que l’on est à leur écoute, et, de l’autre, refuser de leur faire confiance au motif qu’ils risquent de trop augmenter les impôts ! Nous devons approfondir la décentralisation – le premier ministre en a d’ailleurs fait un axe de son action. Franchissons aujourd’hui un premier pas ! J’ai du mal à vous suivre, monsieur le ministre : non, les élus locaux ne feront pas n’importe quoi ! Ils prendront des décisions dans l’intérêt de leur territoire ! (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe SOC et sur quelques bancs du groupe EcoS.) Faisons confiance aux maires, premier pilier de notre République.”
“Il vise à délier le taux de la THRS de celui de la taxe foncière. C’est une demande ancienne et unanime des collectivités et des associations d’élus. Nous donnerions ainsi davantage de pouvoir et de marge de manœuvre aux maires et aux conseils municipaux pour ajuster le taux de la THRS. Bien souvent, ils n’utilisent pas cet outil parce qu’ils ne veulent pas modifier la taxe foncière pour les résidents permanents. J’invite l’Assemblée nationale à adopter cet amendement comme elle l’a fait, à l’unanimité, en 2022, 2023, 2024 et 2025.”
“– Protestations sur les bancs des groupes RN et UDR), qui fait encore porter à l’immigration la responsabilité de tous les maux dont souffre notre société. C’est surtout le financement des bailleurs sociaux qu’il faut renforcer. On peut s’honorer d’avoir de tels bailleurs, qui logent la France telle qu’elle est ! (Applaudissements sur quelques bancs du groupe SOC. – Mme Danielle Simonnet applaudit également.)”
“Ses députés votent contre les mécanismes destinés à lutter contre la spéculation (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe SOC. – Mme Danielle Simonnet applaudit également) , contre les amendements tendant à faire baisser les loyers et contre les dispositions qui facilitent l’accès à la propriété des primo-accédants. Ce soir, c’est le comble : ils veulent s’attaquer au logement public et libéraliser encore plus le marché du logement. Ils ne veulent pas soutenir le logement public et les logements sociaux, mais passent leur temps à dire qu’ils veulent loger les Françaises et les Français. Cerise sur le gâteau, le dérapage raciste de M. Vos (Applaudissements sur les bancs des groupes SOC, LFI-NFP et EcoS.”
“Nous tenons là un nouvel exemple de l’hypocrisie de l’extrême droite qui, alors qu’elle prétend défendre les classes moyennes et les classes populaires, s’attaque une nouvelle fois au logement public.”
“Il s’agit d’une demande issue des territoires et relayée par les différentes associations d’élus locaux, qui veulent voir leur action gagner en efficacité. Je conclus en ajoutant qu’une telle mesure devrait plaire au gouvernement, notamment au ministre Lescure, qui a érigé le Canada en exemple lors de la présentation du budget. Il se trouve que le Canada a appliqué ce type de politique fiscale pour lutter contre les logements vacants, et que de telles mesures ont fait leurs preuves.”
“Il s’agit ici de traiter la question de la vacance des logements, qui touche à la fois les métropoles et la ruralité. Mon amendement et le suivant, celui de notre collègue Delautrette, ne sont pas identiques à celui d’Emmanuel Grégoire : ils ont une visée plus générale et répondent à un besoin exprimé par les maires depuis de nombreuses années, en rendant plus simple et plus lisible la taxation en la matière. Il existe deux taxes, la TLV et la THLV – la taxe d’habitation sur les logements vacants –, qui peuvent être complémentaires ou contradictoires en fonction des territoires ; nous proposons de les fusionner afin de créer une taxe unique qui pourrait par ailleurs être majorée en fonction du nombre de biens détenus.”
“Pourtant, ils ont empêché la baisse de la TVA pour les bailleurs sociaux, alors que le groupe EPR s’est abstenu pour laisser une chance aux bailleurs sociaux de loger les Françaises et les Français qui en ont besoin. Le seul groupe à s’être unanimement opposé à cette mesure de justice sociale qui aurait permis de loger les travailleuses et les travailleurs ainsi que leurs familles, c’est le Rassemblement national. Vous passez votre temps à nous accuser de ne rien faire pour le logement social et pour le logement en général. Nous tenions là l’occasion de relancer le secteur mais vous avez voté contre, sans rien proposer. Vous n’êtes pas à la hauteur des enjeux, et surtout pas vous, monsieur Falcon. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe SOC.)”
“Je me permets de reprendre la parole pour souligner l’hypocrisie et le mensonge des députés du Rassemblement national (Exclamations prolongées sur les bancs du groupe RN), qui passent leur temps, depuis le début du débat budgétaire, à dire qu’ils défendent les classes moyennes et populaires.”
“On vous voit, au Rassemblement national ! Vous êtes contre le logement social ?”
“Je souhaite cependant, et j’y appelle mes collègues, que nous prenions déjà ce que nous pouvons : faisons baisser la TVA en votant les amendements qui, monsieur le rapporteur général, ont été adoptés en commission des finances, et laissons les sénateurs se prononcer sur l’IS, après consultation des bailleurs sociaux. Actons dès maintenant la baisse de la TVA pour relancer le logement social, qui loge la France telle qu’elle est !”
“J’essaierai d’être bref puisque nous avons déjà évoqué la question du logement ces derniers jours – même si elle mérite plusieurs jours de débat, voire une loi de programmation, qu’on attend depuis plusieurs années. Je comprends votre position, madame la ministre ; nous devons travailler sur la proposition, mais pas uniquement entre nous : il faut consulter les bailleurs sociaux pour comprendre s’ils préfèrent une baisse de la TVA à 5,5 % ou une exonération de l’IS. Cela ne peut pas se faire dans la précipitation mais, d’ici le débat au Sénat, on a le temps d’échanger avec eux.”
“L’amendement n o 3149 a été adopté en commission !”
“Monsieur Falcon, cela arrive sans doute aussi dans votre territoire ! La mesure proposée contribuerait à rééquilibrer la situation en encadrant l’offre de logements touristiques et en soutenant l’offre de logements permanents et saisonniers. Arrêtez donc avec votre dogmatisme et vos effets de manche ! (Applaudissements sur quelques bancs du groupe SOC.)”
“Je crois que M. Falcon n’a toujours pas compris la nécessité de trouver des réponses équilibrées et adaptées à tous les territoires. C’était le sens de la proposition de loi visant à renforcer les outils de régulation des meublés de tourisme à l’échelle locale que j’ai présentée avec Annaïg Le Meur et que certains députés du Rassemblement national ont soutenue. Ceux qui ne l’ont pas fait et qui se sont alignés sur la position de M. Falcon s’en sont un peu mordu les doigts ! Dans les stations de ski et dans les stations balnéaires, il faut à la fois une offre permanente de logements et une offre saisonnière. Si votre économie ne repose que sur le tourisme, où logerez-vous les saisonniers qui viennent l’alimenter ? Les restaurateurs, les hôteliers et les animateurs n’arrivent pas toujours à loger leurs salariés.”
“Je vous invite à adopter d’emblée l’amendement de repli n o 2908, qui ne cible que ceux qui ont fait de la location touristique une activité professionnelle à temps complet.”
“L’amendement n o 2908, que nous examinons avant les amendements identiques n os 1056 et 2906, est cependant un amendement de repli. Nous avons déjà longuement débattu de la question de l’attrition du parc des logements du fait de la multiplication des meublés de tourisme. Ici, il s’agit de régler un problème de concurrence déloyale entre ce qu’on peut appeler la parahôtellerie et le milieu hôtelier car la location de meublés de tourisme n’est pas assujettie à la TVA. Nous proposons de l’y assujettir. L’amendement n o 2908 concerne uniquement la location de résidences secondaires ou louées à 100 % en location de courte durée, par exemple à travers Airbnb. Les amendements identiques n os 1056 et 2906 s’appliquent à l’ensemble des meublés de tourisme, ainsi qu’à la location de courte durée d’une résidence principale ou secondaire.”
“Que ferez-vous, monsieur le député Renault, une fois que vous aurez coupé dans ces budgets ? (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes SOC et EcoS.)”
“Que voudriez-vous faire d’elle ? La mettre dehors, avec ses enfants ?”
“Le Rassemblement national, non content de ne faire que dénoncer et pointer du doigt, sans rien proposer, dès qu’il s’agit de logement, entend faire peser tous les maux sur l’immigration et sur les gens qui – heureusement – sont logés à l’hôtel plutôt que livrés à la précarité de la rue. Permettez-moi de vous rappeler que ces gens hébergés à l’hôtel sont des humains avant tout – des gens qui travaillent, qui font vivre notre pays et son tissu associatif, des gens dont les enfants vont à l’école. (Exclamations sur les bancs du groupe RN.) Dans le cadre de ma vie professionnelle, j’ai bien connu une mère de famille dont les enfants étaient scolarisés et qui a passé des mois, voire des années, à l’hôtel.”
“S’il faut bien sûr lutter contre la fraude, ne faisons pas de cet objectif le prétexte d’une fragilisation du budget de MaPrimeRénov’.”
“Le stop and go et les aléas de MaPrimeRénov’ ont eu des conséquences importantes pour les ménages comme pour les collectivités confrontés à cette politique. Le dispositif prenait de l’ampleur ; il était utile à nos concitoyens, à nos ambitions environnementales et à la santé publique. La fraude que vous avez évoquée, madame la ministre, a été détectée par des agents : preuve que, pourvu qu’ils soient en nombre suffisant, ils ont la capacité de la prévenir. La labellisation des accompagnateurs France Rénov’ privés devrait être déléguée aux collectivités locales : elles sont mieux à même de connaître les intervenants et de décourager ainsi ceux qui, venant d’autres départements, seraient tentés par des pratiques frauduleuses. La rénovation est un enjeu important, qui exige que des moyens supplémentaires lui soient consacrés.”
“Je souscris donc aux propos de Nicolas Bonnet : il convient de prendre une initiative à l’échelle du pays, comme cela a été fait par le passé – d’ailleurs, la nationale 134 est déjà munie d’un portique, installé pour l’écotaxe à l’époque de Ségolène Royal. Il est nécessaire de créer très rapidement une telle écocontribution à l’échelle nationale, pour mettre fin non seulement à la gabegie financière, dans l’intérêt de nos comptes publics, mais aussi aux nuisances qui troublent la sérénité des habitantes et habitants de ces vallées. (M. Philippe Brun applaudit.)”
“Il est donc nécessaire de donner davantage d’autonomie et de déléguer plus de compétences aux territoires concernés, afin qu’ils puissent créer une écocontribution et faire ainsi participer le transport international aux frais d’entretien et de réhabilitation de ces routes. Il convient de répartir sur l’ensemble de la chaîne des Pyrénées le trafic de poids lourds – ceux-ci n’ont rien à faire sur des routes de montagne. Toutefois, s’agissant de la nationale 134, la région Nouvelle-Aquitaine ne serait pas en mesure de prendre en charge le portique ; ce serait pour elle un gouffre financier.”
“J’abonde dans le sens de mon collègue Nicolas Bonnet : il est nécessaire d’instaurer une telle écocontribution au-delà de l’Alsace. À l’instar de M. de Courson, je prends l’exemple de ma circonscription, frontalière de l’Espagne. Il y a trois principaux points de passage entre la France et l’Espagne : à Biriatou, au Pays basque ; au Perthus, dans les Pyrénées catalanes ; par la nationale 134, qui traverse les vallées béarnaises, notamment la vallée d’Aspe. Or ce dernier point de passage est le seul à être gratuit. Il en résulte un déferlement de camions sur une route de montagne qui n’est absolument pas adaptée à un trafic d’une telle intensité. Les camions passent au ras des maisons et induisent des coûts d’entretien élevés – l’État a investi pour cette route 5 millions d’euros en 2022, puis 8 millions en 2024.”