Sandrine Rousseau
ECOS · France
“Les maladies cardio-neuro-vasculaires sont la seconde cause de mortalité dans notre pays et représentent près de 1 million d’hospitalisations pour un coût estimé à 20 milliards d’euros par an pour l’assurance maladie. Trop souvent, on renvoie ces maladies à des choix individuels.”
“Elle frappe aussi particulièrement les territoires ultramarins, où les facteurs de risque sanitaires, sociaux et environnementaux se cumulent.”
“L’absence de toute mesure en la matière, à l’heure où notre assemblée s’apprête à voter une nouvelle loi Duplomb qui tend à réautoriser les insecticides les plus nocifs pour notre santé, est particulièrement signifiante.”
“Toutefois, nous regrettons que les mesures proposées dans la version finale du texte ne soient pas plus ambitieuses. Nous nous inquiétons de l’absence de prise en considération de certains facteurs de risque tels que la pollution de l’air intérieur et la pollution atmosphérique.”
“Le coût de la prévention est dérisoire au regard des risques sanitaires que celle-ci permet d’éviter. Il l’est encore plus lorsqu’il s’agit de préserver une vie humaine. Chaque infarctus évité, chaque AVC prévenu, chaque facteur de risque détecté à temps donne tout son sens à l’ambition défendue par cette proposition de loi.”
“Nous regrettons aussi que la question de l’alimentation – nourriture trop sucrée, transformée, trop carnée – n’ait pas été traitée. Il convient d’avancer conjointement vers l’instauration d’une sécurité sociale alimentaire ; les députés Boris Tavernier et Charles Fournier, qui appartiennent à notre groupe, ont soutenu une proposition de l…”
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“Diminution de la prime d’activité pour les personnes handicapées, cotisations sociales sur les apprentis, fin de certaines exonérations dans les territoires ultramarins… La liste est longue, mais nous avons passé Halloween et son théâtre des horreurs. Que ces euros soient pris sur les personnes malades, sur les personnes âgées, sur les familles monoparentales, sur les personnes handicapées, sur les invalides, sur les chômeurs, sur les bénéficiaires du RSA, sur les services publics de santé, tout cela n’a que peu d’importance à vos yeux : votre tableur est à l’équilibre, ouf, la France est sauvée ! Cette copie promeut une vision, celle de la loi du plus fort, de la métropolisation accélérée et de l’abandon d’une partie de la France. Voilà pourquoi nous ne sommes pas venus à vos rendez-vous du mardi.”
“Une chose est sûre, vous ne pouvez pas continuer le « en même temps ». Ce PLFSS est le moment du choix. Vous ne pouvez pas diminuer le coût du travail, dilapider l’argent public auprès des plus grandes entreprises et, en même temps, assurer les soins dans la ruralité, maintenir les hôpitaux. Ce PLFSS trahit votre amour inconditionnel pour les comptes et les tableaux Excel. Suppression de l’abattement pour les retraités : hop, 1,2 milliard de plus. Gel des prestations sociales et des pensions de retraite, 2,5 milliards d’euros. Doublement des franchises, 2,3 milliards. Réforme des affections de longue durée, 700 millions.”
“Alors que sept limites planétaires sont déjà et définitivement dépassées, nous mettrions la priorité sur le calfeutrage soigneux des fenêtres, comme avant un avis de tempête. Pour prendre soin de nous et de ce qui est indispensable, nous nous protégerions au lieu de laisser les fenêtres grandes ouvertes. J’ai conscience de ne pas vous promettre le grand soir, mais c’est pourtant la seule solution pour garantir véritablement un avenir. Il faudrait bien sûr partager le travail, diminuer ses heures. Nous pourrions sortir de l’hyperconsommation pour construire patiemment de l’hyper-lien social. Nous ne serions peut-être pas aussi compétitifs, mais c’est parce que, dans ce monde-là, il serait inutile de l’être. Nous serions en meilleure santé et, surtout, nous serions solidaires. Nous n’aurions pas peur, ou moins peur, de la tempête à venir.”
“Les gens ne se sentiront plus autant broyés par une machine qu’ils ne contrôlent pas. Comme moi, vous pouvez aussi imaginer une société où la priorité serait de ralentir et de protéger ce qui nous est le plus précieux. Cela implique d’extraire du marché les biens et services essentiels, pour mieux les protéger : la santé, l’éducation et des innovations sociales comme la sécurité sociale alimentaire. Les études et les recherches sont indispensables pour tester la résistance de notre modèle social à l’épreuve du réchauffement climatique, qui – parce qu’il produit des effets certains – causera une perte de productivité et une augmentation des dépenses publiques consécutives aux canicules, aux inondations et aux épidémies. Dans ce modèle, l’idée est simple, bien que moins porteuse.”
“Et surtout, nous ferons obstacle à la montée de l’extrême droite par un programme politique unique : la dignité pour tous.”
“Ils verseront moins de dividendes mais les arrêts de travail seront moins longs, parce que tout le monde sera en meilleure santé. Pour monter en compétence, il faudra en parallèle investir dans l’école et l’université. Ainsi, nous pourrions peut-être en finir avec la trappe à bas salaires, monter véritablement en compétence et en productivité. Nous miserions sur la qualité du travail et la valeur ainsi créée, et nous paierions mieux les fonctionnaires, parce qu’ils assurent un service essentiel. De cette manière, nous relancerions aussi la consommation, mais pas la même : une relance keynésienne par une consommation domestique de produits de qualité et de services performants. Nous n’éviterons pas totalement le changement climatique mais, au moins, nous le retarderons un peu.”
“Vous pouvez décider que la santé et la protection sociale sont prioritaires, parce qu’une population en bonne santé permet de diminuer à terme les dépenses de santé et de mieux travailler. Vous pourriez aussi vous dire que l’accès au soin est avant tout une question de dignité et de respect : je suis sûre que Sébastien Peytavie serait d’accord avec vous. C’est notre projet. Nous pouvons augmenter le nombre de fonctionnaires qui travaillent dans les secteurs hospitaliers de la santé, de la vieillesse et du médico-social. Nous assurerons la gratuité, parce qu’en réalité, payer des soins ne responsabilise jamais personne, mais ne fait que retarder les prises en charge. Les gens seront mieux soignés et les employeurs, du moins certains, surtout dans les grandes entreprises, verront le coût du travail progresser un peu.”
“Ajoutez à cela des crédits à la consommation pour terminer le mois, des jeux à gratter et des paris sportifs pour alimenter l’espoir de devenir peut-être riche un jour, étant donné que l’école ne permettra plus le progrès social pour les classes populaires : telle est la société que vous préparez. Je décris là tout le PLFSS et une partie du PLF : année blanche, gel des allocations, augmentation des franchises, diminution du remboursement des ALD, limitation des arrêts de travail et des primes d’activité pour les personnes handicapées, Ondam insuffisant et, surtout, maintien des exonérations. Les habitants de la Dordogne et, au-delà, les pauvres, les malades, les handicapés et les vieux n’auront qu’à se débrouiller. Pas grave : le coût du travail, lui, sera maîtrisé. Pourtant, un autre projet est possible.”
“Le sentiment d’abandon grandira au fur et à mesure que les personnes devront parcourir des kilomètres pour se faire soigner et payer pour obtenir un médicament indispensable. Vous renforcerez la métropolisation, dans les seuls espaces où demeure une offre dense de soins ; ailleurs, vous accélérerez la désertification, contribuant ainsi à court terme à la progression du Rassemblement national, dont le vote a pour premier ressort le sentiment d’abandon. Production à bas coût et consommation de biens de mauvaise qualité – seuls produits que les bas salaires permettront d’acheter : le cercle vicieux se met en place.”
“La suite est évidente : la France deviendra un pays d’emplois de faible qualification et de faible rémunération, dépendant d’une consommation de masse à bon marché : Shein a de beaux jours devant elle. Évidemment, selon cette conception, les exonérations ne sont pas discutables : la seule solution est de réduire les dépenses dans le PLFSS. Quelles sont ces dépenses ? L’hôpital public, les remboursements de médicaments, les allocations, les arrêts de travail, les affections de longue durée, les retraites : tout cela, ce sont des dépenses. On réduit ainsi chacune d’elles avec méthode, c’est pourquoi la situation en Dordogne va probablement s’aggraver rapidement. L’hôpital, comme celui de Caen, n’accueillera bientôt plus d’internes puis sera vite menacé de fermeture : il coûte trop cher.”
“Il a la chance de pouvoir venir à Paris, mais peu de ses concitoyens ont la possibilité d’en faire de même. Ce PLFSS est le moment du choix – en réalité, un véritable choix de société. Vous pouvez continuer à vous accrocher aux exonérations sur les salaires, vous plaçant ainsi dans la compétition internationale fondée sur la baisse des salaires et les gains de compétitivité. Vous n’y arriverez jamais vraiment, parce que vous mettrez les salariés français en concurrence avec les salariés du monde entier et qu’il y aura toujours des salariés qui coûteront moins cher ailleurs. La concentration des salaires autour du smic se poursuivra et de plus en plus de gens seront en difficulté.”
“Je vais commencer par vous parler de notre collègue Sébastien Peytavie. Vous ne l’avez pas beaucoup vu ces dernières semaines : il a été hospitalisé et doit sortir de l’hôpital aujourd’hui. Il a besoin de soins infirmiers toutes les huit heures précises. Il habite en Dordogne, où se trouve sa circonscription – département rural dont 14 % de la population a plus de 75 ans et dont 20 % de la population vit de manière isolée. Autant vous dire que le besoin de soins est grand et qu’infirmiers et infirmières doivent parcourir de nombreux kilomètres pour soigner au mieux la population. Dans ces conditions, aucun infirmier n’a pu s’engager à passer chez lui trois fois par jour, toutes les huit heures. Sébastien va donc revenir à l’Assemblée nationale pour y recevoir les soins : ici, ce sera possible.”
“Le rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec), écrit par des scientifiques du monde entier, est éloquent : notre environnement s’effondre à une vitesse incroyable. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes EcoS et LFI-NFP.) Or l’économie que vous essayez de sauver à bout de bras dépend de ressources naturelles qui ne seront bientôt plus accessibles. Quel est votre problème ? Pourquoi ne parvenez-vous pas à penser la fin du productivisme ? ( Mme Léa Balage El Mariky applaudit.)”
“Madame la ministre, si vous vous êtes enorgueillie d’avoir obtenu une exit tax à 70 millions, le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS), qui sera débattu à partir de demain, prévoit 700 millions d’économie sur les affections de longue durée et 2,3 milliards sur les franchises médicales et les malades. ( Mme Gabrielle Cathala et M. Maxime Laisney applaudissent. ) Ainsi, tandis que l’ exit tax , qui est une forme d’optimisation fiscale, rapporte trente-deux fois moins que les franchises sur les médicaments, vous prétendez faire supporter des efforts aux plus riches ! Ayez un peu de dignité ! Par ailleurs, alors que je vous ai interrogée sur l’écologie, vous n’avez même pas été capable de prononcer ce mot dans votre réponse !”
“C’est pour cette raison que nous soutenons la taxation des riches et que nous continuerons à le faire jusqu’au bout de l’examen de ce budget. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)”
“La question n’est donc pas tant de savoir s’il y a ou non un ruissellement des richesses que de déterminer comment nous continuons à faire société dans un monde qui est en train de s’effondrer.”
“Quand je vous entends, j’ai l’impression que le seul principe auquel vous tenez est le suivant : jamais une recette supplémentaire ! Si nous multiplions les amendements sur ce sujet, c’est pour essayer de trouver une voie qui réussisse à vous convaincre sur au moins l’un d’entre eux (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP) ; mais manifestement, ce n’est absolument pas possible. Madame la ministre, nous sommes confrontés à un effondrement écologique, et les riches portent une responsabilité à cet égard, puisque leur empreinte carbone est bien supérieure à celle de tous les autres. Par contre, lors des événements climatiques extrêmes, les plus touchés sont les plus pauvres. En outre, rien que la canicule de cet été va coûter 10 milliards d’euros aux finances publiques.”
“Je pense qu’au Luxembourg il n’y a pas d’ISF non plus !”
“Votre temps de parole est écoulé, madame la députée.”
“Il prévoit la remise au Parlement d’un rapport visant à déterminer combien représentent les ressources liées aux solutions de stationnement dans l’ensemble des recettes des hôpitaux. Lesdites ressources seront déclinées selon la taille des hôpitaux et par type de structures publiques hospitalières. Cela permettrait de savoir dans quelle mesure la gratuité des parkings priverait les hôpitaux de ressources. Je profite de l’occasion qui m’est offerte pour soutenir publiquement les personnels des hôpitaux publics, très angoissés en raison du faible niveau de l’Ondam, mais aussi de toutes les mesures annoncées dans le projet de loi de financement de la sécurité sociale. (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS et sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Certaines interventions sont assez savoureuses, notamment celle de M. Di Filippo qui, avec trois de ses camarades, avait déposé, lors de notre niche, 1 200 amendements pour empêcher le vote de la taxe Zucman. (M. le président coupe le micro de l’oratrice. – Les députés des groupes EcoS, LFI-NFP, SOC et GDR applaudissent cette dernière. – M. Fabien Di Filippo fait un signe de dénégation.)”
“Non, juste le fait que c’est un texte de l’extrême droite, c’est tout !”
“À EPR, pour terminer : les bruits de bottes sont forts, mais le silence des chaussons se fait encore plus entendre. (Les députés des groupes EcoS et LFI-NFP ainsi que quelques députés du groupe SOC se lèvent et applaudissent. – Applaudissements sur les bancs du groupe SOC et sur quelques bancs du groupe GDR. – Huées sur les bancs des groupes RN et UDR, dont plusieurs députés chassent l’oratrice de la main.)”
“Vous vous réclamez de Charles de Gaulle et de Jean Moulin : restez dans leur camp ! C’est pour ça que nous avons fait le barrage républicain ensemble !”
“Je dis à Horizons et à LR, à propos de leur vote de ce matin, que donner ses voix à l’extrême droite, c’est un acte sans retour. Il est des moments comme celui-ci où les lignes devraient rester droites.”
“Cette fois, les Français se sont mobilisés pour ne pas vous laisser entrer : vos mains étaient trop sales. (Applaudissements sur les bancs des groupes EcoS, LFI-NFP et SOC. – Exclamations sur les bancs du groupe RN.) Nous en sommes maintenant à la troisième tentative : vous trempez tout dans la farine, hop ! Propositions de loi sur les frais bancaires, les produits agricoles, les parkings : il faut effacer tout ça pour montrer patte blanche. Mais nous ne sommes pas dupes. Les Français ne sont pas des chevreaux naïfs, et c’est là votre erreur. Nous ne voterons pas cette loi parce qu’il n’y a pas de petite compromission avec l’extrême droite, jamais ! Toute compromission est entière ; la dignité politique ne se vend pas par parties.”
“L’inénarrable Boccaletti et sa librairie négationniste. (Applaudissements sur les bancs des groupes EcoS et LFI-NFP.) Caroline Parmentier qui parle du « lobby juif », des « babouins des stades » pour désigner les supporters et de « la grosse Simone Veil, celle de la loi qui porte son nom et qui génocide 220 000 petits innocents par an ». (Huées sur les bancs des groupes RN et UDR.)”
“Roger Chudeau a considéré que la nomination de Najat Vallaud-Belkacem au ministère de l’éducation nationale avait posé un « problème de double loyauté ». Hervé de Lépinau a comparé un avortement à quatorze semaines de grossesse « aux génocides arménien et rwandais, à la Shoah, aux crimes de Daech ».”
“Sa voix s’est faite plus douce, mais sa patte l’a trahi pour la seconde fois. Ludivine Daoudi trouvait fun de porter une casquette de la SS. Paule Veyre de Soras avait « comme ophtalmo un Juif ». Christophe Bentz a souhaité réhabiliter les races pour réhabiliter la liberté de penser. (Huées persistantes et hilarité sur les bancs des groupes RN et UDR.) Florence Joubert a dit que la carte d’identité d’un Arabe n’était qu’un « vulgaire chiffon, un ticket universel de rationnement pour profiter du système qui le maintient sous perfusion ». Monique Griseti expliquait à propos de Gims, de nationalité congolaise : « Qu’il retourne de là où il vient, qu’il amène toute sa tribu avec lui. Qu’il aille traire la chèvre. » (Mêmes mouvements.)”
“Quand le RN a frappé pour la première fois à la porte des élections, ses candidats venaient de la Waffen-SS et du poujadisme (Huées sur les bancs des groupes RN et UDR) , de la torture en Algérie, du « détail de l’histoire », du « rouquin » et « pédé » qui devait courir et les Français ne s’y sont pas fait prendre : la voix était trop rocailleuse. (Mêmes mouvements. – M. Kévin Pfeffer fait tourner son index sur sa tempe.) Le Rassemblement national a mangé de la craie.”
“Vous savez, tous les contes sont là pour alerter des dangers, faire réfléchir et réagir. L’histoire que je vous ai contée, c’est celle du RN.”
“Comme vous le savez, les contes sont là pour alerter des dangers… (Mêmes mouvements.)”
“Le loup repart encore, penaud. Il finit par tremper sa patte dans de la farine, revient frapper à la porte avec sa voix douce et sa patte toute blanche. (Rires et exclamations sur les bancs des groupes RN et UDR.) Les chevreaux se laissent cette fois prendre et ouvrent la porte. Ils se font tous manger sauf un, le plus petit, qui arrive à se cacher et finit par sauver les autres. (Exclamations continues sur les bancs des groupes RN et UDR.)”
“Le loup, qui observe la scène à distance, attend que la mère soit partie pour frapper à la porte. Il imite la voix de la mère, mais sa voix est trop grave et les chevreaux le démasquent. (Exclamations sur plusieurs bancs du groupe RN.) Le loup mange alors de la craie pour adoucir sa voix et revient frapper à la porte. Sa voix est plus douce, les chevreaux hésitent, mais ils voient sa patte toute noire. L’ayant reconnu, ils décident de ne pas ouvrir.”
“Le Rassemblement national fait exactement ce que nous raconte ce conte pour enfants intitulé « Le loup et les sept chevreaux ». Une mère chèvre a sept chevreaux. Pour aller trouver de la nourriture, elle doit quitter la maison. Elle met en garde : « Attention, un loup rôde. Il sait se déguiser, alors n’ouvrez pas la porte à n’importe qui. »”
“Le Rassemblement national est une force politique d’extrême droite et cette affirmation suffit : il n’y a pas besoin de plus d’explications, nous ne voterons pas de loi émanant de l’extrême droite française. (Applaudissements sur les bancs des groupes EcoS, LFI-NFP et SOC. – Protestations sur les bancs des groupes RN et UDR.) Nous ne voterons pas ces propositions de loi, parce qu’elles ne sont là que pour construire un récit politique. Ce récit est clair : la haine des étrangers et des anciens colonisés, la nostalgie d’une époque, la xénophobie, le parti des soi-disant vrais Français, des bons Français, de ceux qui souffrent au quotidien.”
“Nous ne voterons pas ce texte. Évidemment, nous ne le voterons pas. (Applaudissements sur les bancs des groupes EcoS et LFI-NFP. – Plusieurs députés des groupes RN et UDR font mine de chasser l’oratrice de la main ou lui adressent des gestes d’adieu.)”
“Sur la base de l’article 100, relatif à la bonne tenue de nos débats. J’ai entendu l’accusation selon laquelle nous instrumentaliserions les malades de cancer et je tiens à rappeler que nous sommes le pays du monde dans lequel il y a le plus grand nombre de cancers du sein (Vives exclamations sur les bancs du groupe RN) et que, dans certains territoires, nous détenons le record mondial des cancers de la prostate et du pancréas… (M. le président coupe le micro de l’oratrice. – Les députés du groupe EcoS applaudissent cette dernière.)”
“Monsieur Midy, il me semble que votre main tremble beaucoup moins quand il s’agit des affections de longue durée, des personnes handicapées, de celles qui bénéficient des minima sociaux, des retraités, etc. (Exclamations sur les bancs des groupes EPR et Dem. – M. Paul Midy fait un geste de dénégation. – Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes EcoS, LFI-NFP et GDR.) C’est un peu honteux !”
“Je comprends qu’il faille faire des économies (Mme Anne-Laure Blin s’exclame) ; mais alors que nos amendements proposent d’encadrer l’usage de l’argent public mobilisé par cette dépense fiscale, de mieux contrôler son efficacité, vous avez tout à coup la main qui tremble. Pourquoi ? Parce qu’au fond, il y a une inégalité sociale dans l’usage de ces emplois. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes EcoS et SOC et sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Depuis un moment maintenant, nous discutons d’une niche fiscale sans nous interroger sur les besoins auxquels celle-ci répond : nous nous contentons de parler de celles et ceux qui ont les moyens d’y recourir. Nous n’avons pas non plus évoqué la qualité du travail fourni grâce à cette niche fiscale ; je rappelle que les employés de services à domicile sont parmi ceux qui souffrent le plus du travail en miettes, d’horaires éclatés, de conditions de travail difficiles, de troubles musculo-squelettiques (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS) et de salaires souvent inférieurs au seuil de pauvreté en raison de la dispersion des clients sur le territoire, qui entraîne des temps de transport très importants. Dans ce débat, on ne se soucie pas davantage de l’utilité publique de cette niche fiscale.”
“Il touche à un problème précis, qui ne concerne pas un grand nombre de personnes mais qui n’en demeure pas moins essentiel : il s’agit des parents d’enfants malades qui doivent bénéficier de soins dans l’Hexagone alors qu’ils résident dans les territoires ultramarins. En effet, lorsque vous habitez un territoire ultramarin, que votre enfant est malade et que vous devez vous rendre dans l’Hexagone pour le faire soigner, il n’y a pas de prise en charge des frais que vous engagez pour l’accompagner. Cet amendement vise à créer un crédit d’impôt au profit des enfants mineurs, à condition qu’il n’y ait aucune possibilité de soins dans les territoires ultramarins et que le séjour dans l’Hexagone soit nécessaire, afin d’aider et de soutenir les familles en prenant en charge leurs frais d’accompagnement.”
“Vous nous parlez des parts fiscales, mais, vous le savez, elles concernent uniquement les foyers qui payent l’impôt sur le revenu. (Exclamations sur les bancs du groupe EPR.) Nous vous parlons quant à nous de personnes qui ne paieraient pas d’impôt si la pension alimentaire n’était pas fiscalisée. La question est donc une question d’équité et de justice. (Applaudissement sur les bancs du groupe EcoS.)”
“Madame la ministre, il y a un malentendu : la pension alimentaire n’est pas réellement un revenu ; elle représente plutôt un transfert d’un parent à l’autre pour compenser la charge supplémentaire de temps et d’argent incombant au parent qui a la garde de l’enfant ; elle permet aussi que l’enfant bénéficie du même niveau de vie chez le parent 1 et chez le parent 2 – rappelons que les couples homosexuels peuvent également se retrouver en situation de divorce. La question n’est donc pas la fiscalisation d’un revenu, mais la poursuite de transferts au bénéfice de l’enfant après la séparation des parents. Nous ne devons pas nous interroger sur ce qui bénéficie au père ou à la mère, mais sur ce qui bénéficie à l’enfant, qui a besoin d’argent pour son développement.”
“Eh bien, construisez des logements étudiants !”
“Non, c’est un mensonge ! Vous ne pouvez pas mentir ainsi dans l’hémicycle !”
“C’est scandaleux, ce que vous faites ! Garantissez plutôt les prix agricoles !”
“…l’extrême droite a investi des candidats aimant à revêtir des casquettes SS, qu’elle s’appuie sur des groupuscules dont les membres arborent des tatouages nazis,… (Le temps de parole étant écoulé, Mme la présidente coupe le micro de l’oratrice. – Les députés du groupe LFI-NFP applaudissent cette dernière. – Claquements de pupitres sur quelques bancs du groupe RN.)”
“J’aurais aimé avoir l’assurance que puisse être préservée la possibilité d’occuper les bâtiments – je sais que cela vous débecte, mais c’est une modalité d’action importante des syndicats étudiants. (Mêmes mouvements.) Je veux dire au bloc central qu’à force d’utiliser l’antisémitisme comme prétexte pour faire passer autre chose, vous invisibilisez le fait que lors des élections qui ont suivi la dissolution,…”
“…tout comme les actes qui les visent. Il faut donc se poser la question de la sanction de l’antisémitisme, tout comme celle des actes racistes, sexistes, et de toutes les discriminations qui peuvent être commises dans les universités. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.) En tant qu’ancienne vice-présidente d’une des universités de France qui compte le plus d’étudiants (Sourires et exclamations sur les bancs du groupe RN) , je souhaiterais que nous ayons une discussion de fond sur les procédures disciplinaires, sur ce qui doit relever du règlement intérieur de l’université et ce qui doit relever du code pénal. J’aurais été ravie d’avoir cette discussion si la capacité et le droit des étudiants à manifester à l’intérieur des universités n’avaient pas été menacés en arrière-plan.”