Élise Leboucher
LFI-NFP · France
“L’article 4 prévoit que le président du conseil départemental peut, par dérogation, confier l’instruction des demandes d’agrément à un service du département autre que la PMI, pour pallier le manque chronique de moyens et d’effectifs dont souffre celle-ci.”
“Madame la ministre, je reviens au 119. Il est de plus en plus difficile d’entendre dire que nous exagérons : nous sommes plusieurs sur ces bancs à être des professionnels de terrain et à travailler en lien avec les professionnels de nos circonscriptions.”
“Cette diminution des moyens s’est accompagnée d’une baisse significative de l’activité : entre 2016 et 2019, le nombre d’actes de prévention et de santé réalisés a reculé en moyenne de 4,5 % par an.”
“Même si nous suivrons évidemment la position de Mme la rapporteure sur ce vote, nous saluons la démarche des collègues qui ont déposé des amendements. Ils nous permettent d’évoquer les associations d’aide aux victimes et la manière dont nous les préservons. Ces associations subissent de plein fouet des coupes budgétaires locales.”
“Laissez-moi finir. En revanche, le manque de familles d’accueil empêche de mieux considérer l’âge des enfants par rapport à l’âge des assistants familiaux qui sont proches de la retraite.”
“Vous faites d’ailleurs la même chose sur d’autres sujets, notamment à celui de la psychiatrie. Il est temps de mettre les moyens et d’être à la hauteur, sans oublier l’un des petits, mais très importants, maillons de la protection de l’enfance, le 119.”
The complete record
Every one of 645 lines we hold for Élise Leboucher, in date order, each linked to its source. Free to read, in full, without an account. Page 3 of 13.
“Certes, nous mettrons tous dans ce vote une part de nous-mêmes, nous voterons avec notre conscience, certains avec leurs croyances, mais votons ce que la nation espère ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP, sur plusieurs bancs des groupes SOC et EcoS ainsi que sur les bancs des commissions.)”
“Écartons la motion de rejet qui sera présentée dans quelques instants et qui constitue une dernière tentative désespérée de s’opposer à l’aide au droit à mourir – c’est la première motion de cette nature que nous examinons depuis le début du long chemin parlementaire de cette proposition de loi. Délibérons sereinement ! Ne faites pas semblant d’oublier que ce droit n’enlève rien à personne, ni n’oblige personne. Ne faites pas semblant de feindre l’existence de plusieurs critères cumulatifs. Ne faites pas semblant d’ignorer la procédure. Si vous vous référez à des exemples étrangers, alors évoquez les procédures dans leur ensemble, non des petits bouts, ce qui trouble les débats. Soyons à la hauteur du long travail parlementaire effectué. Soyons à la hauteur de l’enjeu, dans le respect de toutes les consciences.”
“L’assuré sera dispensé de ticket modérateur ou de toute participation – quelle honte de penser même lui en réclamer une ! Les dépassements d’honoraires ou toute forme de gratification seront interdits. Par ailleurs, il est prévu que le décès résultant d’une aide à mourir ne soit pas confondu, du point de vue des assurances privées, avec ce qu’il n’est pas, c’est-à-dire un suicide. Enfin, je ne doute pas que la discussion de l’article 19 bis , qui habilite le gouvernement à prendre par ordonnance les mesures d’adaptation nécessaires dans certains territoires d’outre-mer, sera l’occasion pour vous, madame la ministre, de confirmer l’intention de l’exécutif d’associer très en amont les élus et les services concernés. Collègues, nous sommes regardés, écoutés, attendus.”
“En effet, que ce soit lors des débats au Sénat, ici dans cette enceinte ou lors de la CMP, la preuve a été faite que sécuriser et encadrer la diffusion des informations était nécessaire. Trop de contrevérités ont été propagées par certains opposants à l’aide à mourir sur les critères et la procédure. Je sais que nous aurons de nouveau ce débat, plusieurs amendements revenant sur les deux délits supprimés en commission. Il est probable que cet article ne sera pas rétabli. Je serai donc très vigilante lorsque la loi entrera en vigueur : il sera peut-être nécessaire de remettre l’ouvrage sur le métier, comme cela a été le cas, par exemple, pour l’interruption volontaire de grossesse. En ce qui concerne les articles 18 et 19, ils permettent d’éviter toute dérive financière.”
“À titre personnel, je continue toutefois de penser qu’il y a une part de mauvaise foi chez celles et ceux qui voient dans le délit d’entrave une atteinte à la liberté d’expression, alors que l’objet de cette mesure était d’éviter la perturbation des établissements et la diffusion délibérée d’indications de nature à induire intentionnellement en erreur, dans un but dissuasif, sur les caractéristiques de l’aide à mourir. Je vous fais part de mon incompréhension envers les députés qui ont supprimé cet article en commission alors que, par deux fois, nous avions adopté le délit d’entrave, complété, lors de la dernière lecture, par le délit d’incitation. La présence de cette mesure n’a pas empêché l’adoption de la proposition de loi à chaque étape de son parcours législatif. Je ne comprends donc pas ce revirement et je le trouve dangereux.”
“Je suis fière que, collectivement, nous ayons intégré la dimension des sciences sociales dans le travail de la commission. L’article 16 n’a pas été modifié. Il précise, d’une part, le circuit d’élaboration et de délivrance des préparations magistrales létales, et, d’autre part, le mandat donné à la HAS pour élaborer des recommandations de bonnes pratiques quant à la substance. Sur l’article 17, vous ne serez pas surpris, je suis plus partagée. Ma solidarité avec le collectif des rapporteurs est acquise. Elle témoigne de notre capacité à travailler ensemble même si nous avions au départ des conceptions différentes de l’aide à mourir.”
“L’article 15 a encore été amélioré par rapport à février dernier, lorsque nous avions décidé que la commission chargée de contrôler la mise en œuvre du droit à l’aide à mourir et d’assurer l’information du gouvernement et du Parlement serait aussi la garante du bon fonctionnement du système d’information et que les médecins qui la composent disposeraient d’un accès clair au dossier médical, partagé ou non, des personnes ayant recours à l’aide à mourir. Nous avons mieux encadré les données mobilisables dans ce cadre et précisé les finalités de cette collecte. Nous avons notamment prévu que les informations relatives aux personnes ayant recours à l’aide à mourir ne pourront être traitées à des fins de recherche scientifique qu’avec leur accord.”
“Après l’échec, attendu, de la commission mixte paritaire (CMP), la commission des affaires sociales a entrepris cette nouvelle lecture dans l’esprit qui avait présidé aux deux précédentes, voire dans le prolongement de l’examen du projet de loi sur le même sujet, il y a deux ans. Nous-mêmes, comme rapporteurs, et une majorité de députés avons voulu tout à la fois affirmer notre attachement à ce progrès majeur qu’est la possibilité de choisir sa fin de vie et sécuriser, dans toutes ses composantes, la procédure d’aide à mourir. Les dispositions dont j’ai l’honneur d’être rapporteure contribuent directement à l’objectif de garantir l’effectivité de la demande, puis du bénéfice de l’aide à mourir.”
“Pour commencer, je salue Olivier Falorni, qui a permis que le texte soit repris après la dissolution de l’Assemblée et fasse l’objet d’un travail collectif. Nous voici parvenus à une étape importante du long parcours parlementaire pour l’octroi d’une liberté nouvelle, l’ultime liberté : celle de choisir en toute conscience ; celle de reprendre le pouvoir sur la maladie, pour les personnes qui le souhaitent et que leur conscience, leur philosophie de vie, leur rapport à la souffrance conduisent à cette réflexion puis à cette décision, de manière éclairée ; celle de ne pas laisser le hasard dominer sa fin de vie, mais de s’approprier ses derniers instants, de les organiser avec sa famille, ses proches.”
“Faciliter ces remplacements est un enjeu primordial pour les travailleuses et travailleurs afin de prévenir l’épuisement. Vous proposez de porter à 80 % le taux du crédit d’impôt au titre des dépenses engagées pour assurer un remplacement pour congé : pourquoi ne pas aller jusqu’au bout ? Ce service constitue un outil essentiel pour prévenir la souffrance et le risque suicidaire. Il doit être renforcé. Portons à 100 % le taux du crédit d’impôt. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Permettez-moi de continuer la discussion avec Mme la ministre. Vous avez une maladie, vous, les ministres, c’est que vous faites semblant de comprendre ce qu’on dit. Je n’ai jamais dit que les subventions pour la psychiatrie avaient baissé ; j’ai juste dit que les efforts faits ne compensaient pas les années de sous-dotation et que les collectivités d’outre-mer étaient toujours en retard par rapport à celles de l’Hexagone, alors qu’elles concentrent des facteurs de risques multiples. C’est tout ce que j’ai dit. Merci de ne pas trahir nos propos. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.) Les agricultrices et agriculteurs en souffrance psychique ont parfois besoin d’être remplacés. Cependant, des craintes peuvent exister, notamment quant au coût de ce type de congé.”
“C’est toujours au-dessous des autres régions !”
“C’est presque un avis favorable ! (Sourires.)”
“Nous sommes plusieurs au groupe LFI-NFP à travailler sur la question de la psychiatrie. Nous n’avons pas été conviés, contrairement à d’autres députés – je le regrette. (« Très bien ! » et applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – Mme Sandra Regol applaudit également.)”
“…alors que les besoins continuent de croître. Ensuite, les coupe-file que vous avez évoqués sont une fausse bonne solution. Comment établir les priorités ? Il n’y a plus de psychologues professionnels dans l’éducation nationale – de combien d’élèves une infirmière scolaire a-t-elle la charge ? En plus, vous faites appel au secteur libéral – comment fait-on pour lutter contre la désertification médicale et les inégalités territoriales ? Étant donné l’état de santé mentale de la majeure partie de la population, notamment des jeunes, tout le monde mériterait de bénéficier d’un coupe-file. Enfin, j’aurais aimé vous présenter le rapport que Sébastien Peytavie et moi avons remis sur le financement de la psychiatrie. Vous avez organisé une réunion interministérielle et une conférence de presse mardi 2 juin.”
“En imposant la présence d’au moins deux représentants des organisations professionnelles et syndicales agricoles ultramarines au sein de la mission nationale pour la santé mentale des agricultrices et des agriculteurs, l’amendement vise à leur donner une voix dans la définition des priorités. Madame la ministre, vous m’avez répondu que vous faisiez beaucoup pour la psychiatrie dans les outre-mer. Sébastien Peytavie et moi venons de remettre un rapport évaluant la réforme du financement de la psychiatrie. Il est vrai qu’un effort a été fait ; toutefois, il ne comble pas les années de retard et de sous-dotation. Les régions d’outre-mer étaient auparavant sous-dotées et elles le sont donc encore (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP), …”
“Il s’agit là encore d’un amendement de bon sens. Les régions d’outre-mer subissent fortement le poids de leur insularité, la dépendance aux importations, des coûts de production et de vie plus élevés ainsi que les effets déjà bien visibles du changement climatique, tels que les cyclones, la sécheresse, l’érosion des sols ou la dégradation des rendements. Ces facteurs aggravent les difficultés économiques et sociales et pèsent lourdement sur la santé mentale. Les politiques nationales ne prennent pas suffisamment en considération la réalité vécue par les travailleuses et travailleurs agricoles de ces territoires.”
“Les coupe-file, ce n’est pas une bonne idée ! Si tout le monde a besoin d’un coupe-file, comment fera-t-on ?”
“Lisez mon rapport et vous verrez que c’est bien le cas ! M. Peytavie peut le confirmer !”
“Cet amendement de bon sens de notre collègue Ratenon vise simplement à ce que les collectivités d’outre-mer soient pleinement intégrées dans la stratégie nationale de prévention du mal-être et du risque suicidaire dans le monde agricole. De nombreux témoignages soulignent la nécessité d’une action de détection et d’accompagnement spécifique aux territoires ultramarins, afin d’éviter tout retard dans son déploiement par rapport à la métropole. J’insiste sur ce point, car ces territoires sont déjà marqués par d’autres facteurs de sur-risques et bénéficient des dotations financières les plus faibles de France en matière psychiatrique. Cet amendement tend à limiter cet effet cocktail des défaveurs. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.)”
“J’aimerais revenir sur l’amendement n o 16 de M. Neuder, qui n’a pas été défendu. Je le regrette, car il contenait des éléments cruciaux. Comme je l’ai évoqué lors de la discussion générale, il s’agit de savoir comment associer au guichet unique tout le secteur psychiatrique local : les centres médico-psychologiques (CMP), les équipes mobiles, les hôpitaux, la communauté professionnelle territoriale de santé (CPTS) et les conseils locaux de santé mentale (CLSM). Il convient de ne pas créer, avec le guichet unique, un dispositif parallèle qui ne parlerait pas aux autres, notamment ceux chargés du repérage et de l’accompagnement. Je ne m’étends pas davantage sur ce très bon amendement de M. Neuder. Monsieur le rapporteur, sera-t-il possible de l’intégrer au cours de la navette ? Cela me paraît indispensable.”
“Le pilotage du guichet unique recèle des enjeux que j’ai déjà relevés lors de la discussion générale, concernant le secret, la rigueur, le suivi et les informations collectées. En désignant un référent au sein des directions départementales des territoires (DDT), comme nous le proposons, d’une part, nous garantirions la neutralité de la structure chargée de mettre en œuvre la politique de détection, d’autre part, nous faciliterions son lien avec les structures de santé et avec le secteur psychiatrique. Les DDT apparaissent comme les services les plus adaptés à l’échelon local. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Vous n’avez pas le monopole du monde agricole !”
“De même, il faudra que chacun, au moment du débat sur le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS), se souvienne de nos discussions d’aujourd’hui pour faire sortir la psychiatrie de la crise permanente dans laquelle elle s’enfonce. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Nous allons renforcer le système de détection des troubles des agriculteurs – et c’est heureux –, mais encore faut-il qu’existe un secteur psychiatrique en bonne santé pour qu’ils puissent être accompagnés dignement. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Cela nécessite de la solidité ainsi qu’une formation pensée avec des professionnels de l’agriculture comme avec des acteurs de la santé, qui doivent par ailleurs être associés au travail de détection et d’accompagnement. Le guichet unique ne sera pas fonctionnel sans articulation avec le secteur psychiatrique duquel il relève. J’espère que nous aurons à ce titre les débats qui conviennent. Nous voterons en faveur de la proposition de loi, mais il faudra que chacun soit au rendez-vous cet automne, lors de l’examen du projet de loi de finances (PLF), pour soutenir les réponses économiques d’envergure attendues par les agriculteurs. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – M. Sébastien Peytavie applaudit également.) Je pense notamment au renforcement de l’aide à la relance de l’exploitation agricole (Area).”
“J’ai noté que la liste des sentinelles potentielles était large. Si je comprends l’intérêt d’avoir un panel d’acteurs étendu, de façon à ne pas manquer de bonnes volontés, je souligne au moins deux points de vigilance. Le premier concerne la garantie du secret des informations collectées. Cette obligation doit s’appliquer autant aux sentinelles qu’au guichet unique. Or, à ce stade, le texte est silencieux à ce sujet, alors même que les éléments collectés s’apparentent à des informations de santé. Cela pose en second lieu la question de la formation des sentinelles et des personnes chargées du guichet unique. Elles exerceront à la croisée d’au moins trois éléments : les risques psychosociaux au travail, la diversité du monde agricole et le repérage de troubles psys.”
“La mission d’information sur le financement de la psychiatrie que je viens d’achever avec notre collègue Sébastien Peytavie atteste que le problème de l’accès aux soins et aux structures de secteur en milieu rural est ignoré. Sur ce sujet aussi, nous devons avancer. Bien entendu, les dispositifs proposés par la proposition de loi vont dans le bon sens, même si vous comprenez de mon intervention qu’à nos yeux, ils ne tiennent pas entièrement compte de la condition des agriculteurs et des enjeux de prévention et d’accompagnement. Toutefois, dans un souci d’amélioration du droit, nous voterons en faveur d’un texte qui a le mérite de créer une certaine unanimité sur la reconnaissance des troubles des agriculteurs et qui tente d’y répondre. Je ferai tout de même quelques remarques sur les dispositifs tels qu’ils sont conçus.”
“Nous savons que le sur-risque concerne aussi les agriculteurs plus jeunes, signe que l’épuisement professionnel et le sentiment d’impuissance s’installent de plus en plus tôt. Nous devons comprendre que la pression économique et le désespoir de ne pas pouvoir vivre de son travail se sont renforcés ces dernières années. L’absence de réponses structurantes en la matière est incompréhensible. Pourtant, des propositions ont été faites par des collègues de mon groupe, dans le cadre de l’examen du budget ou de la discussion des lois agricoles, mais elles ont été rejetées. C’est tout aussi incompréhensible. À la pression économique, qui est à l’origine de beaucoup des maux de la profession, s’ajoutent les difficultés d’accès aux soins en santé mentale.”
“Les derniers éléments factuels de la MSA, qui remontent à dix ans, relevaient 529 suicides dans l’année, bien plus que les 300 mentionnés dans l’exposé des motifs de la proposition de loi. Nous pourrions élargir le sujet aux addictions, notamment à l’alcool comme soupape de décompression pour noyer ses soucis. Cela a son importance, parce que nous avons besoin d’être éclairés sur le phénomène de façon précise, parce que notre mission est d’adapter les réponses et les dispositifs aux besoins réels. Nous avons aussi la mission de mieux comprendre comment les troubles s’installent et comment se produisent les passages à l’acte. Grâce à la MSA, qui a déjà fait une part importante du travail, nous savons que le risque de suicide s’accroît avec le temps et l’épuisement psychologique que fait naître le sentiment de ne jamais s’en sortir.”
“C’est regrettable, et j’y reviendrai. Le texte que nous étudions arrive dans un contexte d’urgence absolue. Nous connaissons depuis des années la détresse des agriculteurs et des agricultrices, qui agite régulièrement l’actualité et sur laquelle nous sommes toutes et tous alertés par la profession. Je parle aux agriculteurs de ma circonscription et je sais leurs difficultés, dans un monde où il faut garder la face, tenir jusqu’au bout et garder sa bonne réputation, à exprimer leur désarroi et à assumer qu’ils ont envie d’abandonner. La capacité à chercher de l’aide est primordiale, en particulier pour les hommes. D’ailleurs, ils ont moins recours aux dispositifs de soutien que les femmes alors qu’ils se suicident davantage qu’elles. Les chiffres que nous possédons sur la prévalence des troubles psys et des passages à l’acte sont datés.”
“En premier lieu, je tiens à adresser, au nom du groupe de La France insoumise, tout notre soutien aux agricultrices et aux agriculteurs. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Nous connaissons les difficultés majeures auxquelles sont exposés l’ensemble des professionnels et des filières. Le travail intense fourni par le groupe parlementaire LFI sur le monde agricole, notamment par Manon Meunier et Mathilde Hignet, ne trouve pas toujours écho dans cette assemblée.”
“Si vous aviez agi avant, ça irait mieux !”
“Où étiez-vous hier, quand nous débattions des cancers pédiatriques ?”
“Oui, ne faites pas semblant de ne pas comprendre !”
“Le public voit surtout que les bancs de votre majorité sont vides !”
“Mais justement ! Vous instrumentalisez cette question.”
“Les violences sexistes et sexuelles sont une réalité terrible que nous avons mis du temps à regarder en face ; la souffrance des victimes est d’une violence inouïe. Lorsqu’une femme sur trois est victime de violences sexistes ou sexuelles au cours de sa vie, lorsque trois enfants par classe sont victimes de violences sexistes et sexuelles, la meilleure manière de protéger les victimes est de s’atteler à enrayer la fabrique des agresseurs. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Toutefois, si nous voulons réellement placer la victime au centre de la justice, nous devons aller plus loin. Nous demandons la fin de la victimisation secondaire lors de la procédure judiciaire, l’amélioration des droits des victimes et la création d’un véritable parcours de soins pour toutes les victimes, pris en charge à 100 % par la sécurité sociale. Pour finir, j’aurai une pensée pour les enfants – filles et garçons – et pour les femmes victimes de VSS ; pour celles et ceux qui en ont parlé ; pour celles et ceux qui n’ont pas pu le faire encore. Un jour, nous serons à la hauteur du fléau que sont les violences sexistes et sexuelles dès la petite enfance, et nous pourrons vous regarder dans les yeux sans honte.”
“Les centres médico-psychologiques (CMP) sont saturés et, alors que 300 centres régionaux du psychotraumatisme seraient nécessaires pour nous conformer à la convention d’Istanbul, la France en compte moins de 50, avec un délai d’attente moyen d’un an. Il faut des professionnels formés au psychotrauma et, dans ce cadre, le dispositif Mon Soutien psy n’est pas adapté. Enfin, vous nous parlez d’accompagnement social et d’aide juridique, mais une association sur deux a réduit ses activités ou envisage une réduction de sa masse salariale. Pour chaque association, ce sont en moyenne cinquante-trois femmes et enfants accompagnés en moins par rapport à 2024. Puisque cette loi va dans le bon sens et que les victimes ont le droit d’être informées de la libération de leur auteur, le groupe La France insoumise votera pour cette proposition de loi.”
“En 2025, 71 % des associations féministes déclaraient une situation financière dégradée ou très dégradée par rapport à 2024, conséquence directe des baisses de subventions ou des retards de versement des financements publics. Ces choix budgétaires conduisent à moins protéger les femmes et mettent leur vie en danger. Ainsi, 72 % des associations rurales sont contraintes de fermer ou de réduire leurs permanences, alors que la moitié des féminicides ont lieu en milieu rural. Vous nous parlez d’orienter les victimes vers des soins médicaux, mais aucun protocole n’a été mis en place aux urgences pour accueillir les victimes de VSS. Vous nous parlez de soutien psychologique. Lequel ?”
“La fonction de ce guichet sera de veiller à la mise en œuvre des interdictions judiciaires prononcées dans l’intérêt des victimes ; à la bonne information de ces dernières ; à leur orientation vers les structures compétentes en matière de soins médicaux, de soutien psychologique, d’accompagnement social et d’aide juridique. Bien que nous déplorions que ce guichet unique ait été déclassé au rang d’expérimentation, nous soutenons sa création. Je souhaite néanmoins poser une question. Que signifie orienter des victimes vers les structures compétentes, lorsque celles-ci sont toutes déjà saturées ? Les politiques et les coupes budgétaires des gouvernements successifs ont mécaniquement détricoté les dispositifs d’accompagnement des victimes.”
“Les victimes ne seront réellement protégées que par la mise en circulation de téléphones grave danger et de bracelets antirapprochement ; par la formation aux VSS des professionnels de chaque commissariat et gendarmerie ; par le renforcement des effectifs du service pénitentiaire d’insertion et de probation et par un véritable travail pour responsabiliser les auteurs de violences sexistes et sexuelles. La création d’un guichet unique de suivi des victimes sous l’autorité de la Diav – délégation interministérielle à l’aide aux victimes – est importante.”
“Repenser la justice pour les victimes doit être le cœur de nos préoccupations et l’objectif final de tous les textes qui visent à lutter contre les VSS – violences sexistes et sexuelles. Cette proposition de loi va dans le bon sens : nous soutenons le droit total des victimes à être informées des décisions qui les concernent, en particulier la libération de leurs agresseurs. Nous soutenons aussi l’idée qu’il faut protéger les victimes, et éloigner les auteurs de ces violences partout où ceux-ci peuvent constituer un danger. L’information des victimes est nécessaire, mais ne permet en rien de prévenir la récidive et de les protéger réellement.”
“Un amendement de la rapporteure, adopté en commission des lois, a transformé l’instauration d’un guichet d’aide aux victimes en simple expérimentation, ce que nous déplorons. C’est pourquoi cet amendement vise à rendre ce guichet pérenne en supprimant les alinéas précisant qu’il n’est institué qu’à titre expérimental.”
“Pouvez-vous répondre de façon claire au sujet des modalités de rapatriement, des protocoles déployés et des scénarios d’évolution de la situation sanitaire ? Pouvez-vous nous indiquer clairement la façon dont vous comptez communiquer, et associer et informer les parlementaires, les acteurs du monde sanitaire ainsi, bien sûr, que l’ensemble des Français ? (Les députés du groupe LFI-NFP se lèvent et applaudissent.)”
“Vous n’en prenez pas le chemin. Ce matin encore s’est tenue une réunion interministérielle dont nous ne savons rien, si ce n’est qu’une conférence de presse aura lieu après cette séance. Nous sommes face à un double problème. D’une part, l’hantavirus soulève un grand nombre de questions qui appellent un vrai débat dans cet hémicycle sur le rapatriement, le nombre de cas contact, le protocole de quarantaine, le stock de matériel, l’état de la recherche française, sans oublier l’état de notre système de soins. D’autre part, il soulève la question de votre méthode. Nous avons tous le souvenir des conseils de défense sanitaire, directement rattachés à l’Élysée pour contourner le Parlement. Prendre cette direction ne serait pas acceptable.”
“C’est aussi un enjeu géopolitique : Donald Trump a claqué la porte de l’OMS et de nombreux Français assisteront à la Coupe du monde de football aux États-Unis, où les mesures de protection sanitaire sont les plus faibles. Il ne s’agit ni de céder à la panique, ni d’y faire céder. Rassurer la population implique de satisfaire à une exigence de transparence à toutes les étapes. Cela impose la bonne information des parlementaires. Vous avez l’obligation d’associer, de communiquer et d’informer. Ce sont les seuls gestes barrières contre une épidémie de panique et la prolifération des fausses informations. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Monsieur le premier ministre, cinq de nos compatriotes ont été rapatriés du MV Hondius , où s’est développé un foyer de contamination à l’hantavirus. Nous ne connaissons pas les modalités de ce rapatriement et, comme nos concitoyens, nous nous informons grâce aux médias. C’est de cette façon que nous avons suivi les évolutions chaotiques des procédures de quarantaine, qui laissent s’installer un sentiment d’impréparation : c’est comme si le pays n’avait pas eu à traverser la pandémie de covid il y a six ans ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Ce n’est pas seulement une question de santé. Ces Français sont les nouvelles victimes des maladies écologiques qui se propagent à cause du dérèglement climatique, au sujet duquel nous ne cessons de lancer l’alerte.”
“Alors qu’en France, un tiers des femmes subissent des violences sexistes ou sexuelles qui auront de graves conséquences sur leur santé physique et mentale, quels engagements prenez-vous pour leur proposer enfin une prise en charge à la hauteur, dans le respect de la convention d’Istanbul ?”
“Je précise que la Sarthe est particulièrement affectée par les choix politiques de la présidente de la région Pays de la Loire, Mme Christelle Morançais, qui a supprimé toutes les aides aux associations, notamment celles destinées au CIDFF et au planning familial. Dans ce contexte de grande fragilisation des associations, le déficit de financements publics et le renforcement du mécénat privé empêchent la pérennisation de tout dispositif d’aide aux victimes. Que répondez-vous aux victimes de violences sexistes et sexuelles de mon département qui n’ont aucune solution ?”