Olivier Fayssat
UDDPLR · France
“Outre ces effets dévastateurs, les chiffres sont édifiants : les utilisateurs de TikTok consultent l’application quarante fois par jour en moyenne ; les 4-18 ans y passent en moyenne une heure quarante-sept par jour ; et 63 % des jeunes Français de 12 ans l’utilisent, alors que la plateforme est interdite aux moins de 13 ans.”
“Monsieur le ministre des affaires étrangères, la loi sur la criminalisation de la colonisation française a été publiée au Journal officiel algérien au mois de mai.”
“Nous soutenons en revanche beaucoup plus unanimement l’article 2 relatif à l’infraction de promotion du suicide, et nous approuvons l’article 6 sur l’extension aux lycées de l’interdiction des téléphones à l’école, même si nous regrettons que la rédaction du Sénat renvoie au règlement intérieur de chaque établissement une large part des m…”
“Les réseaux sociaux sont un vrai sujet : addictions, santé mentale, harcèlement, liberté d’expression, circulation de l’information et de la désinformation, ils sont le lieu de tous les excès et constituent un phénomène qui pèse sur le temps de travail et affecte jusqu’au fonctionnement de notre assemblée.”
“…l’interdiction du portable à l’école et au collège en 2018 ainsi que la protection de l’image des enfants en 2024. Ce texte s’inscrit dans cette continuité, et nous saluons le travail de Mme la rapporteure, comme celui du Sénat, qui en a utilement renforcé certains points.”
“Nous savons que votre gouvernement n’appliquera pas la résolution visant à dénoncer les accords franco-algériens du 27 décembre 1968, proposée par le Rassemblement national et adoptée dans cet hémicycle le 30 octobre – pour cela, nous patienterons jusqu’en 2027.”
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“Pour la deuxième fois de la journée, j’ai le plaisir de vous annoncer que le groupe UDR s’opposera à l’unanimité à votre motion de rejet. (Applaudissements sur les bancs des groupes UDR et RN.)”
“« Offrir des réponses immédiates aux phénomènes troublant l’ordre public » : je comprends que La France insoumise ait pris ce titre comme une provocation, voire comme une agression dirigée contre son petit fonds de commerce.”
“Pour certains, c’est la mise en œuvre des mesures proposées – forcément plus compliquée que la théorie – qui peut poser problème, outre que l’interdiction portera atteinte à la liberté et à l’anonymat. Notre groupe manifestera en conséquence une diversité de votes, tandis que certains de ses membres s’abstiendront. (Applaudissements sur les bancs des groupes UDR et RN.)”
“Les mesures proposées vont au-delà de la seule question des plateformes, puisqu’elles ont trait à la sensibilisation, à la prévention ou à la limitation de la place des écrans dans le milieu scolaire. Vous l’aurez compris, aucune consigne ne sera donnée : la liberté de vote prévaut au sein du groupe UDR.”
“Nous soutenons en revanche beaucoup plus unanimement l’article 2 relatif à l’infraction de promotion du suicide, et nous approuvons l’article 6 sur l’extension aux lycées de l’interdiction des téléphones à l’école, même si nous regrettons que la rédaction du Sénat renvoie au règlement intérieur de chaque établissement une large part des modalités d’application de la mesure. Nous aurions peut-être préféré une règle claire et identique sur l’ensemble du territoire. En somme, le texte n’apporte pas de solution à la régulation des réseaux sociaux, notamment quant aux contenus qu’ils diffusent ou aux données qu’ils traitent, cette thématique relevant strictement du droit européen.”
“…l’interdiction du portable à l’école et au collège en 2018 ainsi que la protection de l’image des enfants en 2024. Ce texte s’inscrit dans cette continuité, et nous saluons le travail de Mme la rapporteure, comme celui du Sénat, qui en a utilement renforcé certains points. La plupart d’entre nous, mais pas tous, voteront l’article 1 er instaurant une interdiction d’accès aux réseaux sociaux avant 15 ans et la suspension des comptes déjà existants de mineurs de moins de 15 ans. Cet article présente un risque liberticide qui ne doit pas être négligé, et qui expliquera certaines abstentions dans nos rangs.”
“Le groupe UDR est totalement en phase avec l’esprit de cette proposition de loi, d’autant que notre président Éric Ciotti a déjà soutenu la majorité numérique à 15 ans en 2023,…”
“Outre ces effets dévastateurs, les chiffres sont édifiants : les utilisateurs de TikTok consultent l’application quarante fois par jour en moyenne ; les 4-18 ans y passent en moyenne une heure quarante-sept par jour ; et 63 % des jeunes Français de 12 ans l’utilisent, alors que la plateforme est interdite aux moins de 13 ans. L’algorithme de TikTok est particulièrement efficace pour capter l’attention : en multipliant les interactions, le format court des vidéos lui permet de cerner rapidement les centres d’intérêt – une captation telle que certains psychologues considèrent qu’il existe une véritable « addictivité » de cette plateforme. Si TikTok est la plus néfaste des applications, Instagram, Snapchat et Twitter présentent aussi des risques pour les plus jeunes, à des degrés plus ou moins élevés.”
“Les réseaux sociaux sont un vrai sujet : addictions, santé mentale, harcèlement, liberté d’expression, circulation de l’information et de la désinformation, ils sont le lieu de tous les excès et constituent un phénomène qui pèse sur le temps de travail et affecte jusqu’au fonctionnement de notre assemblée. Les conséquences sont amplifiées sur les plus jeunes, notamment en termes de déficit de sommeil, de troubles de l’attention ou de sédentarité, avec des risques de dépression, d’anxiété et de baisse de la concentration en classe. L’exposition aux écrans entraîne des retards dans l’acquisition du langage, dans la reconnaissance des émotions et dans la motricité fine.”
“Que protéger les mineurs des réseaux sociaux ne soit pas dans votre top 3 peut s’entendre. La liberté de vote est laissée aux membres de notre groupe sur ce texte, car les avis sont partagés à son sujet. En revanche, j’ai le plaisir de vous annoncer que votre motion de rejet a fait l’unanimité au sein du groupe UDR : nous sommes absolument tous contre ! (Applaudissements sur les bancs des groupes UDR et RN.)”
“Si j’ai bien compris les propos de M. Boyard, La France insoumise établit une liste de priorités. Si les textes que nous examinons ne la respectent pas, pan ! Motion de rejet ! Heureusement que tous les groupes parlementaires ne fonctionnent pas de la même façon.”
“Si vous adoptiez vis-à-vis de l’Algérie un ton aussi ferme que celui de vos réponses aux députés, on n’en serait pas là ! (Vifs applaudissements sur les bancs des groupes UDR et RN.)”
“Nous savons que votre gouvernement n’appliquera pas la résolution visant à dénoncer les accords franco-algériens du 27 décembre 1968, proposée par le Rassemblement national et adoptée dans cet hémicycle le 30 octobre – pour cela, nous patienterons jusqu’en 2027. Mais en attendant, je vous le demande : pourquoi cet objectif de 250 000 visas ? Pourquoi cette humiliation diplomatique dans laquelle vous pataugez ? Pourquoi n’entendez-vous pas les Français ? Pourquoi maintenez-vous ce cap de soumission qui nous précipite tout droit vers les récifs ? (Applaudissements sur les bancs des groupes UDR et RN.)”
“Stéphane Romatet, qui a dévoilé la feuille de route fixée par le président Macron : le volume de visas délivrés aux ressortissants algériens doit repartir à la hausse pour retrouver son niveau antérieur, soit plus de 250 000 visas par an. Cela fait longtemps que vous avez mis la France à genoux devant l’Algérie ; nous voilà à plat ventre. Parallèlement, estimant de toute évidence que même la politique de l’Europe n’est plus assez immigrationniste à son goût, le président Macron refuse d’appliquer la directive retour adoptée par le Parlement européen.”
“Monsieur le ministre des affaires étrangères, la loi sur la criminalisation de la colonisation française a été publiée au Journal officiel algérien au mois de mai. Cette loi qualifie cette période de crime d’État, énumère trente et une infractions considérées comme des crimes de colonisation imprescriptibles et punit de cinq à dix ans d’emprisonnement la promotion ou même une simple justification de la colonisation dans les sphères médiatiques, académiques, culturelles ou politiques. Votre réponse à cette loi provocatrice, humiliante et liberticide, qui criminalise l’histoire de France, les harkis et les pieds-noirs ? (Mme Sabrina Sebaihi s’exclame.) Elle est venue la semaine dernière par la voix de l’ambassadeur de France en Algérie, M.”
“Pour ma part, je refuse de m’endormir ce soir avec ce doute insupportable d’avoir permis la mise à mort de personnes fragiles (« Oh là là ! » et exclamations sur quelques bancs des groupes LFI-NFP, SOC et Dem) , d’êtres humains qui ne voulaient pas forcément mourir, mais qui ont juste fini par accepter de renoncer à vivre. (Applaudissements sur les bancs des groupes UDR et RN.) Faisons preuve d’humilité. Ce texte est dangereux : nous avons échoué à sécuriser son application. Je voterai donc contre et j’invite toutes celles et ceux qui ont un doute, même un tout petit doute, à privilégier la vie à la mort en votant contre également. (Applaudissements sur les bancs des groupes UDR et RN, dont quelques députés se lèvent pour applaudir.)”
“En appuyant sur le bouton de vote, nous porterons, ou pas, non seulement une part de responsabilité, mais peut-être aussi une part de culpabilité dans la mort de personnes dont on ignorera si leur volonté de mourir était réellement pérenne, éclairée et lucide. Nous découvrirons a posteriori des décisions hâtives, obtenues sous l’influence de manœuvres successorales, sous la pression silencieuse d’intérêts financiers ou de contraintes budgétaires. Nous découvrirons des morts provoquées par négligence, par défaut d’écoute, par une erreur d’interprétation d’une volonté éphémère. Alors nous saurons que nous avons permis des mises à mort par résignation suggérée. Mais ce sera trop tard, nous serons responsables, et coupables, coupables parce que nous nous rappellerons que, au moment de voter, nous avions pourtant un doute.”
“…et seront obligés de préparer le poison, sous peine de sanctions disciplinaires. Je voudrais aussi qu’on pense aux proches. Ces proches pour lesquels le médecin ou l’infirmier doit veiller à ce qu’ils n’exercent aucune pression pour faire renoncer à l’administration de la substance létale. Ces proches qui n’ont aucun droit à être informés qu’une procédure d’euthanasie est en cours, mais qui devront vivre avec le souvenir d’une vie qui s’est terminée par injection létale. Ces proches que l’on prive de la fin naturelle de l’histoire, et pour lesquels ce soulagement immédiat, parfois obtenu dans la précipitation, pourra devenir un remords inconsolable. Je voudrais conclure en disant que vous pouvez être pour l’aide à mourir, mais nous devons être contre ce texte.”
“…il n’est pas nécessaire que le malade soit en phase terminale, une personne ayant encore plusieurs années de vie devant elle peut obtenir la mort ; le délai minimum de réflexion de la personne n’est que de deux jours à partir de la décision du médecin ; enfin, les pharmaciens sont privés de clause de conscience…”
“Je citerai quelques-uns des points d’alerte qui ne peuvent que nous inciter à la prudence, à la réserve et au doute : un seul et même médecin décide de toute la procédure d’euthanasie, médecin qui n’est pas nécessairement le médecin traitant, et qui peut rencontrer la personne pour la première fois le jour de la demande de mort ; aucune exigence formelle n’est d’ailleurs requise quant à l’expression de la volonté de mourir ; aucun témoin n’est requis pour sécuriser la compréhension de la demande de mourir ; l’euthanasie est possible sur les personnes sous tutelle et sous curatelle, et sur les personnes dont le discernement est altéré ; une personne ayant un trouble psychique grave, comme une tendance suicidaire, n’est pas exclue du processus ;…”
“Il ne permettra que de provoquer la mort, dans certains cas. Alors, « certains cas », cela n’autorise pas le moindre dérapage, ni le moindre détournement de la volonté du législateur, ni la moindre erreur d’interprétation de la volonté du malade. Nous ne pouvons pas accepter de laisser passer une construction imparfaite, une construction qui autoriserait ne serait-ce qu’une seule mort, provoquée sur la base d’un consentement altéré ou vicié, sur un abus de faiblesse, un état déprimé qui n’aurait duré que quelques jours ou une détresse non entendue. Au fil des lectures par notre assemblée, les conditions d’accès au dispositif ont été élargies, jamais resserrées.”
“Nous avons eu tellement de débats que chacun, je crois, a pu se forger son opinion et sait aujourd’hui s’il est pour ou contre l’aide à mourir. En ce qui me concerne, il ne me reste qu’une seule certitude au terme de ces débats : nous avons échoué dans la rédaction de ce texte. Ce qui doit tous nous rassembler, c’est l’impératif de sécurité que nous devons aux malades ; il se traduit par un impératif de perfection législative lorsqu’il s’agit d’encadrer un enjeu aussi irréversible que la mort. Car ce texte embarquera des médecins, des soignants, des pharmaciens, des proches et des malades dans une décision de mort. Il n’y a pas de plus lourde responsabilité. Mais le texte qui nous intéresse aujourd’hui ne permettra d’épargner aucune vie. Absolument aucune, ce n’est pas son objet.”
“Pour une fois que le Parlement européen nous ouvre une porte pour lutter contre l’immigration clandestine, il est dommage de nous priver de cet outil. Je vous remercie cependant pour votre réponse. (Applaudissements sur les bancs des groupes UDR et RN.)”
“…à ne pas vouloir utiliser les moyens prévus par ce règlement. Après s’être distinguée comme la plus mauvaise élève de l’Europe pour la gestion de ses finances publiques, faisant peser un risque systémique sur la zone euro, la France compte-t-elle aussi emporter le titre de champion d’Europe de l’inefficacité dans la lutte contre l’immigration clandestine ? (Applaudissements sur les bancs des groupes UDR et RN.)”
“Nous sommes ainsi le seul pays, avec l’Espagne de Pedro Sánchez, qui régularise à tour de bras des centaines de milliers de clandestins,…”
“C’est un nouvel outil extrêmement utile et attendu pour faire face à des flux migratoires vers les pays de l’Union européenne en constante augmentation depuis les années 2000, flux dont nous savons qu’ils continueront d’augmenter fortement. En 2025, le taux de retour effectif dans leur pays d’origine des personnes expulsées de l’Union européenne était de 27 %. Personne ne peut donc dire qu’il n’y a pas de problème et que la gestion actuelle est efficace. Pourtant, dans un nouvel exercice de grand justicier, le président de la République, toujours si prompt à défendre la politique de l’Europe et dont le mandat se termine heureusement dans moins d’un an, a cru bon de dire que la France n’aurait pas recours à cet outil.”
“Monsieur le ministre de l’Europe et des affaires étrangères, le 17 juin dernier, le Parlement européen a approuvé le règlement dit « retour », qui permettra pour la première fois aux pays membres de l’Union européenne d’extenaliser le traitement des demandes d’asile.”
“Ces personnes ne peuvent même pas signer un chèque. Cependant, ce n’est pas une punition : c’est une mesure destinée à les protéger contre elles-mêmes. Il semble donc insensé de leur laisser prendre une décision de vie ou de mort.”
“Il y a des gens à qui la société a confisqué la capacité légale de contracter.”
“L’amendement tend à lever toute ambiguïté quant à la condition d’âge exigée pour accéder à l’aide à mourir en précisant que la majorité doit être constatée non seulement lors de la présentation de la demande mais également au moment de l’administration de la substance létale.”
“(Applaudissements sur les bancs du groupe UDR et sur quelques bancs du groupe RN.)”
“Ne perdons pas de vue non plus que plusieurs dispositions restent fragiles, comme l’interdiction de publicité – la rapporteure du Sénat a d’ailleurs exprimé publiquement des réserves sur l’article 3. Néanmoins, le groupe UDR votera ce texte pour protéger notre industrie, nos emplois et notre environnement. Nous le ferons aussi en espérant que le gouvernement s’emparera véritablement des outils que ce texte lui donne et ne laissera pas les décrets d’application dormir dans des tiroirs. C’est une première étape, une porte ouverte, et il faudra aller plus loin sur les mesures miroirs aux frontières de l’Union européenne, sur la dimension sociale que nous n’avons pas pu intégrer aujourd’hui et sur la relocalisation de notre production. Mais cette porte, il fallait l’ouvrir.”
“Cet amendement tient également compte des échanges avec la Commission européenne sur la procédure de notification prévue par la directive 2015/1535. Nous le soutiendrons. Enfin, la France n’a pas à s’excuser d’être pionnière au regard du reste de l’Europe. La France sera même le premier pays au monde à légiférer spécifiquement contre la mode ultra-express. C’est un signal adressé à nos partenaires européens, à nos industries et à nos concitoyens : nous ne pouvons pas laisser notre territoire devenir le débouché de modèles économiques qui violent les règles du jeu auxquelles nous nous astreignons. À ce propos, notre groupe regrette que la proposition d’intégrer une référence au devoir de vigilance sur les conditions sociales de production, notamment le travail des enfants, ait été rejetée.”
“Non seulement ces charges financières croissantes enverront un signal clair au marché mais, de plus, ces écocontributions financeront enfin des infrastructures de collecte, de réemploi et de recyclage sur notre territoire national. Certains ont exprimé des doutes : les critères cumulatifs risquent-ils de permettre des contournements ? L’interdiction de publicité est-elle pleinement compatible avec le droit européen ? Ces questions sont légitimes, mais elles ne doivent pas paralyser le législateur. La loi fixe un cadre, et les décrets d’application pourront ajuster les seuils avec la souplesse nécessaire, d’autant plus que le gouvernement a déposé un amendement à l’article 2 visant à permettre une meilleure coordination avec les dispositions de la directive-cadre européenne 2008/98 relative aux déchets.”
“À partir de cette définition, il impose des messages d’information aux consommateurs sur les plateformes concernées, rend obligatoire l’affichage du lieu de fabrication aussi visiblement que le prix, prive ces entreprises de la réduction d’impôts mécénat – car celle-ci ne doit pas financer ce qui détruit notre environnement – et interdit à partir du 1 er janvier 2027 toute publicité en leur faveur, y compris par les influenceurs, sous peine d’une amende pouvant atteindre 100 000 euros. Le texte instaure également des pénalités progressives dans le cadre de la responsabilité élargie des producteurs : de 25 centimes à 6 euros par produit en 2026, de 1 euro à 10 euros en 2030.”
“Ce phénomène est identifié comme une menace systémique de par l’augmentation spectaculaire du nombre de vêtements mis sur le marché, le renouvellement accéléré des collections, la baisse de la qualité des produits, l’explosion des déchets textiles, la pression croissante sur les filières de réemploi et de recyclage, la concurrence déloyale envers les entreprises françaises respectueuses des normes environnementales et sociales et, enfin, la crise des opérateurs de collecte et de tri. Il fallait donc encadrer ce modèle dévastateur pour nos entreprises françaises et pour l’environnement. Et c’est ce que fait ce texte, notamment en définissant la mode ultra-express de façon précise à partir de deux critères cumulatifs : un nombre élevé de références neuves mises sur le marché et une faible incitation à réparer.”
“Tout d’abord, je tiens à saluer le travail accompli par les deux rapporteures et par les deux chambres qui ont su dépasser leurs divergences et parvenir à cet accord en commission mixte paritaire, rassurant ainsi sur le fonctionnement parlementaire. Le texte pointe du doigt un phénomène préoccupant : celui de la mode ultra-express. Chaque année, ce sont des milliards de vêtements qui sont mis sur le marché par des plateformes étrangères, telles Shein ou Temu, selon un modèle qui repose sur une logique simple : produire vite, vendre moins cher que le coût réel et faire supporter à la planète et à nos concitoyens la facture environnementale et sociale.”
“Nous pensons exactement l’inverse. Quand on modifie la Constitution de la République pour un territoire, ce territoire doit pouvoir se prononcer sur le principe et pas seulement sur les modalités. Voilà pourquoi le groupe UDR votera contre ce texte : non par hostilité à la Corse, bien au contraire, mais par refus d’un texte qui ouvre des pouvoirs sans contre-pouvoirs, qui ressuscite une notion déjà censurée, qui se prive de ses propres leviers et qui écarte les Corses du seul choix qui comptait vraiment, celui du principe. Une telle ambition méritait un texte solide, comme le contre-projet porté par la voix de la présidente Marine Le Pen pour le groupe Rassemblement national, et que nous avons soutenu. En conclusion, je dirai juste que la Corse méritait mieux. (Applaudissements sur les bancs des groupes UDR et RN.)”
“Ils ne le seront jamais sur le principe même de l’autonomie ou sur le texte constitutionnel que nous votons aujourd’hui. Le rapporteur l’assume en jugeant que l’essentiel réside dans le contenu et non dans le principe.”
“Une majorité corse qui voudrait libérer du terrain pour construire et loger davantage de familles pourrait se voir accusée de régression au seul motif qu’elle modifierait une règle existante. La même décision serait lue comme un progrès par les uns et comme un recul par les autres. Ce n’est pas une garantie sociale : c’est une porte ouverte au blocage permanent et à une logique de décroissance qui n’a pas sa place dans un texte sur nos territoires. Il est tout de même inquiétant que le rapporteur lui-même reconnaisse que cette clause institue une exception propre à la Corse et qu’elle soulève d’infinies difficultés. Enfin, les Corses ne seront consultés, au mieux, que sur les modalités d’application à travers la loi organique.”
“Sur le principe d’égalité, nous sommes évidemment d’accord, mais qu’est-ce que cela signifie concrètement ? Cette formule ferme la porte à toute préférence locale, par exemple pour aider un Corse à se loger sur son île face à la pression des résidences secondaires. C’était pourtant l’un des leviers que les élus corses réclamaient. On accorde donc l’autonomie d’une main et, de l’autre, on la prive de l’un de ses usages essentiels. Le texte se contredit lui-même. Il ouvre par ailleurs la voie à un principe de non-régression sociale et environnementale. Concrètement, la non-régression fonctionne comme un cliquet : une fois acquise, une protection ne pourrait plus jamais être abaissée. Cela paraît généreux, mais en réalité c’est un piège. Reprenons l’exemple du logement.”
“On nous assure que l’adjectif « insulaire » suffit à écarter tout risque, puisque ce mot désignerait simplement les habitants de l’île. Mais soit cette communauté désigne tous les habitants, et alors la mention ne sert à rien car ils sont déjà des citoyens français comme les autres ; soit elle désigne autre chose, et alors elle crée dans notre loi suprême une catégorie à part au sein du peuple français. En 1991, le Conseil constitutionnel avait précisément censuré la notion de peuple corse au nom de l’unité du peuple français. Inscrire de notre plein gré dans la Constitution ce que le juge avait écarté, ce n’est pas une garantie de plus, c’est un renoncement. L’absence de contre-pouvoirs est pour nous une deuxième source d’inquiétude. Le texte donne à la collectivité de Corse un pouvoir nouveau, celui d’édicter ses propres normes.”
“Nous arrivons au terme d’un cheminement de quatre années. Le texte qui nous est soumis n’est plus celui du 27 avril. Il a été débattu, amendé, parfois amélioré. Mais sur les points décisifs, l’Assemblée a fait des choix que le groupe UDR n’accompagnera pas. La Corse a des spécificités réelles et notre groupe est favorable à une évolution institutionnelle. Notre désaccord ne porte pas sur l’ambition mais sur la sécurité du texte, car une révision constitutionnelle est, par nature, presque impossible à corriger une fois adoptée. Nous n’avons pas droit à l’à-peu-près. Mon premier point d’alerte porte sur le mot « communauté ». Le texte inscrit dans la Constitution la mention d’une « communauté insulaire, historique, linguistique et culturelle » liée à la terre corse.”
“À l’heure où 90 % des Cubains vivent en dessous du seuil de pauvreté absolue et où 70 % sautent au moins un repas par jour, il est indiscutable que les Cubains et le régime ont des intérêts opposés, des positions incompatibles. Dès lors, quand on soutient l’un, on condamne les autres. Enfin, soyons lucides : votre proposition de résolution est purement incantatoire. La diplomatie macronienne n’a plus les moyens de peser dans les relations internationales, Emmanuel Macron ne saurait s’opposer au blocus américain de Cuba. Pour toutes ces raisons, et je pense que vous ne serez pas surpris, le groupe UDR choisira les Cubains et votera contre la dictature, donc contre cette proposition de résolution. (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)”
“Mes chers collègues du groupe GDR, dans le camp d’en face, celui que vous nous demandez ce soir de défendre, qui défendez-vous ? Eh bien, vous défendez Poutine, Khamenei, Maduro et Kim Jong-un. Voilà votre liste d’amis.”
“Vous choisissez votre camp seulement pour être contre l’Amérique, quoi qu’il en coûte au peuple que vous prétendez défendre. Curieusement d’ailleurs, les Tibétains ne semblent pas pouvoir bénéficier de votre grandeur d’âme face à la Chine communiste. J’en viens à notre second point de désaccord majeur : vous défendez un régime qui soutient activement nos adversaires. Cuba est un allié de Moscou, le régime cubain soutient Vladimir Poutine dans sa guerre d’agression contre l’Ukraine, ce même Poutine que nous combattons avec nos partenaires. Cuba entretient aussi des liens renforcés avec l’Iran des mollahs, ce régime qui massacre sa population, finance le terrorisme international et a du sang français sur les mains depuis le Drakkar, en 1983.”
“Depuis 2021, 1 million de Cubains supplémentaires ont fui leur pays, soit 9 % de la population en quatre ans à peine. Ce n’est pas l’embargo américain qui a conduit à ce désastre : ce sont soixante-cinq ans de socialisme d’État, soixante-cinq ans de brutalité d’État, que vos amis de La Havane n’ont jamais démentis. Voilà ce que vous nous demandez de cautionner devant la représentation nationale, en disant que le blocus viole le droit international. Nous avons, nous aussi, des réserves sur l’extraterritorialité du droit américain : elles sont connues. Mais pour invoquer le droit international en vue de défendre un régime qui refuse à ses propres citoyens le droit de vote et le droit à la liberté d’expression, et qui détient plus de 1 200 prisonniers politiques dans ses geôles, il faut cet aplomb que nous vous connaissons.”
“Là où vous voyez un peuple affamé par l’embargo américain, il y a une population martyrisée par soixante-cinq ans d’un parti unique qui se réélit tout seul, soixante-cinq ans de communisme, soixante-cinq ans d’économie d’État – un État qui emploie plus de 60 % des travailleurs et nie le droit fondamental de la propriété privée. Dès lors, l’embargo américain sur Cuba n’est pas un anachronisme : c’est une réponse nécessaire et toujours d’actualité. L’embargo, c’est l’opposition, la contradiction que nous devons apporter à une dictature qui opprime son peuple.”
“Ce qui n’est pas nouveau non plus, c’est que nous n’avons pas la même lecture de l’histoire : là où nous voyons 100 millions de morts – que je veux bien ramener à 90 millions parce que c’est votre journée d’initiative parlementaire et pour vous donner un gage de bonne volonté –, vous répondez en revendiquant 75 000 fusillés. Nous n’avons pas oublié que la doctrine castriste repose, dès l’origine, sur la conviction que la révolution doit être exportée. Che Guevara l’a théorisé dans son livre La guerre de guérilla : toute démocratie libérale est assimilée à une façade de l’impérialisme américain et constitue donc une cible légitime.”
“Cette proposition de résolution transpire la romance poétique de ce communisme libérateur qui chante les exploits de Che Guevara et de Fidel Castro, oubliant les milliers d’exécutions sommaires, les famines et l’oppression d’un peuple. Il est exact que le monde a changé ; et pourtant, l’embargo perdure. Le monde a changé, mais pas le régime cubain, ni cette société figée dans l’année 1959, avec ses voitures et ses bâtiments hérités, qui n’ont été ni entretenus ni remplacés depuis lors. Rien n’a changé, et surtout pas la misère du peuple cubain, aussi documentée qu’insupportable.”