Dominique Voynet
ECOS · France
“Au Moyen Âge – en novembre 2023 –, le groupe a souhaité expérimenter l’IA dans le travail des rédactions. Moins de trois ans plus tard était annoncé un plan social de 400 personnes, dont la moitié dans les équipes de rédaction, lors d’une réunion extraordinaire du comité social et économique du groupe.”
“On se pose la question en voyant des députés du groupe Ensemble pour la République déposer 110 amendements sur l’article unique d’une proposition de loi, votée à l’unanimité au Sénat et inscrite à l’ordre du jour de la niche GDR, en vue d’empêcher l’adoption d’une présomption d’utilisation des contenus culturels par les fournisseurs d’IA.…”
“Monsieur le premier ministre, j’ai écouté avec attention votre intervention consacrée à l’intelligence artificielle en amont du salon VivaTech. Vous y dites des choses sensées : que l’IA bouleverse et bouleversera plus encore demain notre manière de produire, d’apprendre, de nous informer et même de penser.”
“Les quatre alinéas que nous proposons de supprimer ont été modifiés en commission pour dispenser les autorisations d’intervention des lieutenants de louveterie de la consultation préalable du public en cas d’urgence ou de « dommages graves causés aux activités agricoles ou forestières ».”
“Cet amendement est important. La commission a admis la possibilité de tirer des loups dans les zones les plus protégées de notre territoire, à savoir les réserves naturelles nationales et les parcs nationaux.”
“Cent personnes au sein d’une nouvelle brigade d’inspecteurs chargés du contrôle de la sécurité sanitaire, c’est à la fois beaucoup – si on considère qu’il ne s’agit pas de créations nettes d’emplois, puisque ces agents exercent déjà des missions importantes dans d’autres services – et très peu.”
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“Il s’agit d’un amendement assez similaire, déposé sur la proposition de la Fédération nationale d’agriculture biologique. Les organismes uniques de gestion collective étant des instances qui permettent aux irrigants de parler aux irrigants et de s’accorder entre eux, l’idée est de faire en sorte, dans un souci de transparence, que leurs modalités de fonctionnement soient débattues et rendues publiques pour garantir qu’ils ne sont pas le lieu d’ententes clandestines, qui échapperaient aux citoyens.”
“Pour ma part, je plaide pour que l’aspiration de M. Taupiac à une grande loi sur l’eau soit entendue, et qu’en 2027 la question de l’eau et de la répartition des ressources fasse l’objet d’un débat politique de bon niveau dans notre pays – ce qui n’est pas le cas ce matin. (Applaudissements sur les bancs des groupes EcoS, LFI-NFP et SOC.)”
“Mais si l’idée est de préserver les avantages acquis des plus anciens et de nier la nécessité de partager la ressource et d’empêcher que l’ensemble des utilisateurs, irrigants ou non irrigants, agriculteurs ou non, puissent débattre de la gestion de l’eau, je m’étonne que cela ne suscite aucune réaction de votre part, et je ne comprends pas ce que vous faites parmi nous. Si vous n’avez aucun avis sur ce dont nous débattons, nous pouvons vous libérer !”
“Madame la ministre de la transition écologique, nous vous attendions vraiment ce matin, et votre silence sur quelques sujets que nous avons abordés est assez préoccupant. (Applaudissements sur les bancs des groupes EcoS et SOC.) On nous dit que l’usage du mot « sobriété » ulcère le monde agricole. Je lui ai cherché des antonymes dans le dictionnaire, et j’ai trouvé « gaspillage », « excès », « gloutonnerie », « outrance », « frénésie » ou encore « démesure »… Le monde agricole a, comme nous tous, de la sagesse et le sens des responsabilités.”
“Il convient donc de clarifier le rôle des différentes instances, afin que chacun trouve sa juste place dans la consultation et la concertation et que l’on puisse ainsi légitimer les projets. Bref, ne retirez pas votre amendement cette fois-ci, monsieur Taupiac ! Résistez ! (Sourires.)”
“Cet amendement me paraît au contraire très utile. Depuis le début de la discussion, aucune clarification réelle quant à l’articulation entre les Sage et les PTGE n’a été apportée. Je n’ai pas non plus compris le rôle que vous assignez aux commissions locales de l’eau. Si, à chaque fois que nous parlons de concertation, nous sommes suspectés de rechercher la confrontation et le blocage, cela n’ira pas. La Commission nationale du débat public (CNDP) l’a théorisé : pour être efficace, une concertation doit s’inscrire dans un temps limité. On ne peut pas, comme l’a fait la ministre de la transition écologique, arguer du retard de la couverture du territoire national par des Sage pour inventer des trucs qui aboutiront à faire moins bien.”
“Pourquoi ne pas déployer des Sage partout ?”
“Enfin, la rumeur insistante circule que vous seriez déjà en train de réécrire l’article 5 avec le Sénat. J’aimerais être sûre que tel n’est pas le cas ; sinon, nous perdons notre temps !”
“…qui se posent des questions sur la qualité de l’eau qui leur est fournie.”
“On a été capables non seulement de ne pas répéter les erreurs du passé, mais aussi de réparer les dégâts, en reméandrant les rivières, en remédiant à l’enrochement des berges, en luttant contre l’imperméabilisation de zones dévastées, en restaurant la capacité de stockage des tourbières. Voilà ce qu’il faut faire ; il ne faut pas se contenter d’arbitrer entre irrigants ! Au demeurant, arbitrer entre les usages de l’eau, cela implique d’arbitrer entre l’ensemble des usagers de l’eau : entre les agriculteurs irrigants et les agriculteurs non irrigants ; entre les agriculteurs et les autres usagers, par exemple les ostréiculteurs en Charente,…”
“Vous faites tout en nuances et en subtilités !”
“J’interviens en soutien à l’amendement de M. Taupiac. Je ne voudrais pas qu’on laisse se répandre l’idée qu’il y aurait ici des gens qui considèrent que l’usage de nouvelles technologies en matière d’agriculture est un point préoccupant ou négatif. Ce n’est pas le cas. Ma question taraudante et persistante, à laquelle il me semble que nous n’avons pas encore obtenu de réponse satisfaisante, est celle des arbitrages financiers au moment de la mise en place de ces nouveaux outils. Je constate que la plupart des régions sont en difficulté financière pour assumer leurs responsabilités. J’ai l’impression qu’on leur transfère de nouvelles tâches sans les moyens financiers correspondants, ce qui présage des arbitrages douloureux et difficiles. J’aimerais que ce point ne soit pas éludé au cours de la discussion.”
“Ce que je dis, c’est que ces projets sont déjà financés !”
“Nous avons évoqué tout à l’heure le Posei : il représente 338 millions par an de fonds européens. Ce n’est pas du tout le même ordre de grandeur ici. De même, nous avons intégré parmi les projets d’avenir agricole les abattoirs, qui sont des équipements très capitalistiques. Dès lors, je me pose plusieurs questions. Avec quel argent allons-nous financer tout cela ? Est-il bien nécessaire d’arroser là où c’est déjà mouillé ? Sans rejeter l’innovation technologique en agriculture, l’idée est plutôt de réaffirmer que l’avenir de notre modèle agricole passe par notre capacité à maintenir des sols vivants, une biodiversité riche et des fermes nombreuses de polyculture-élevage.”
“Hier, plusieurs collègues ont passé une demi-heure à s’insurger contre un anglicisme pourtant connu de tous – l’approche One Health . Et là, on voit apparaître une formule qui ne présente pas une solidité législative très convaincante : les projets « agritech », c’est-à-dire les innovations technologiques au service de l’agriculture. Elles sont certes indispensables, mais elles bénéficient déjà d’un important soutien politique, institutionnel et financier. Pour la période 2018-2023, la Cour des comptes estime qu’environ 6,7 milliards d’euros ont été engagés par l’État pour soutenir l’innovation en agriculture, dont une part très importante est allée directement à ces technologies. Je m’interroge donc sur la nécessité de prévoir le financement des technologies agritech au titre des projets d’avenir agricole.”
“Nous avons besoin de ces deux outils, qui ne jouent pas à la même échelle géographique : les PAA au niveau des régions, et les PAT au niveau des territoires, dans lesquels ils œuvrent utilement à la mise en commun de politiques comme à la relocalisation des pratiques agricoles. Je m’inquiète d’autant plus que la loi de finances pour 2026 a déjà supprimé les financements destinés aux PAT opérationnels pour ne conserver que ceux qui sont destinés aux PAT émergents. Le présent amendement a pour objet de nous rassurer, en articulant les deux outils et en évitant que l’on ne déshabille Pierre pour habiller Paul. (M. Marcellin Nadeau applaudit.)”
“Hier, madame la ministre, Aurélie Trouvé vous a demandé comment seraient financés les projets d’avenir agricole. Vous avez mentionné dans votre réponse les crédits de la région, qui gère les fonds européens de développement rural, ou encore ceux du plan France 2030 ; cela ne nous a pas rassurés car ces fonds, pour l’essentiel, sont déjà engagés pour les années à venir. Le présent amendement de Boris Tavernier, travaillé avec l’Association des maires de France et des présidents d’intercommunalité ainsi que Terres en villes, vise à garantir qu’un outil utile créé en 2014 par la loi d’avenir pour l’agriculture, l’alimentation et la forêt – les projets alimentaires territoriaux – ne sera pas dépouillé de son maigre financement au profit des projets d’avenir.”
“Madame la ministre, je suis heureuse de vous voir – c’est rare, et je l’apprécie. (Protestations sur les bancs des groupes EPR, DR et Dem.) Mais je souhaiterais aussi vous voir en commission et dans l’hémicycle à l’occasion de l’examen du projet de loi d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles, qui prévoit de moins protéger les captages dans les zones qui ne sont pas considérées comme les plus vulnérables et de faciliter la construction de retenues d’eau et de bassines.”
“Surtout, allez-vous enfin affronter la réalité en face et mettre la France en conformité avec ses obligations au titre de la directive « eau », afin que cesse le sacrifice de nos rivières ? (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS et sur quelques bancs des groupes SOC et GDR.)”
“Vous négligez, hélas, les alertes d’Anper-TOS et du collectif SOS Loue, mais la Commission européenne a ouvert en mars une nouvelle procédure d’infraction à l’encontre de notre pays : en l’absence d’une transposition correcte de la directive-cadre européenne sur l’eau, la méthodologie française d’évaluation de l’état écologique des eaux sous-évalue en effet leur dégradation réelle, conduisant à classer en bon état des rivières qui ne le sont pas. La France disposait de deux mois pour répondre à la Commission. Ce délai est écoulé. Mes questions seront donc simples : le gouvernement a-t-il répondu à la Commission européenne ? Cette réponse sera-t-elle rendue publique ?”
“Madame la ministre de la transition écologique, 2020, 2023, 2025 : votre ministère vit au rythme des mises en demeure de la Commission européenne, qui pointe son incapacité à assurer le bon état écologique de nos rivières et de nos eaux souterraines. Le constat est accablant : 40 % des cours d’eau seulement sont classés en bon état écologique par vos propres services. Pesticides, nitrates, microplastiques, PFAS,… La liste s’allonge des captages d’eau potable interdits à la consommation humaine. Dans la vallée de la Loue, une des plus belles rivières de France, peinte par Courbet, les truites souffrent d’ulcères répugnants et disparaissent, victimes de la saprolégniose, une maladie directement liée à la pollution azotée. La baignade y est d’ores et déjà interdite et le restera pendant toute la saison estivale.”
“La mesure que vous proposez serait totalement contre-productive. Pour que les choses se passent bien, il faut souvent s’appuyer sur des initiatives individuelles positives, utiles à la sécurité des participants, à la limitation de l’impact sur l’environnement ou les riverains ; incriminer ceux qui les prennent reviendrait à les décourager. (M. Jean-Claude Raux applaudit.)”
“Tous les arguments que je viens d’entendre sur les bancs de la droite et de l’extrême droite avaient été employés à cette occasion : on allait voir ce qu’on allait voir, un déferlement de violences sexuelles, de drogues, de violations de la loi. Aujourd’hui, les institutions départementales et le maire de Belfort sont extrêmement fiers de ce festival, entré dans la norme, et y concourent activement. Entre fêtes légales et illégales, il existe souvent une zone grise ; les jeunes sont d’autant plus enclins à négocier des modalités d’organisation qui respectent les femmes, les riverains, la sécurité sanitaire, qu’ils identifient des adultes prêts à les entendre. Notre amendement vise donc à exclure du champ de la répression les comportements qui contribuent au bon déroulement du rassemblement.”
“Je suis assez âgée pour avoir vécu les premières années des Eurockéennes de Belfort. (Mme Sandrine Rousseau applaudit.)”
“Si on ne se prêtait pas à des arguties de vocabulaire, on conviendrait que le dépassement des repères de consommation constitue un excès. Toutefois, il m’importe que le texte retienne la prévention de la consommation excessive d’alcool comme l’un des éléments essentiels d’une stratégie de prévention des maladies cardiovasculaires. Je retire donc l’amendement.”
“On bute, depuis le début de l’examen de ce texte, sur le fait qu’il entend traiter des comportements individuels au mépris d’une réalité admise par tous. Car le sujet, notamment celui de la consommation excessive d’alcool, relève bien d’une approche collective, populationnelle. La consommation excessive d’alcool constitue un facteur de risque cardiovasculaire bien identifié, avec des conséquences dramatiques – presque 10 000 décès par an y sont directement corrélés. Le dépassement des repères de consommation d’alcool préconisés concernerait près d’un quart de la population. Il me paraît donc indispensable d’ajouter cet élément dans le texte.”
“Le droit d’être accompagné, parfois par des collaborateurs ou des journalistes, le droit à capter des images, à consulter certains documents, et le droit à s’entretenir individuellement avec des personnes privées de liberté, dans le respect des contraintes liées au consentement, à la confidentialité des propos tenus et au secret de l’enquête, doivent être réaffirmés. Nous voterons bien sûr le texte, tel qu’il nous est proposé par ses corapporteurs. (Mme Elsa Faucillon applaudit.)”
“Les deux corapporteurs ont su saisir l’occasion de ces travaux pour réapprécier, réaffirmer et consolider le droit de visite des parlementaires et des bâtonniers, en partant du travail déjà engagé par Pouria Amirshahi, qui avait déposé une proposition de loi sur le sujet en octobre dernier. Je partage leur ambition, là où le Sénat a fait le choix de se cantonner à la simple correction, appelée par le Conseil constitutionnel, de la carence juridique. Pour s’assurer qu’aucune différence de traitement entre les personnes privées de liberté ne subsiste et que nul ne soit sujet au bon vouloir des administrations et des lieux de privation de liberté concernés, le travail mené en commission a permis d’améliorer la situation.”
“Il n’est pas simplement question de constater les conditions de détention, mais également les conditions de travail de l’ensemble des personnes exerçant au sein de ces lieux de privation de liberté. Aucun groupe politique représenté ici ne le conteste ou n’appelle à la suppression du droit de visite. Toutefois, et c’est la raison pour laquelle nous sommes réunis aujourd’hui, ce droit – qui est devenu l’un des éléments essentiels de notre démocratie – est fragilisé. Il est donc de notre responsabilité de le renforcer pour en assurer l’effectivité totale et indifférenciée. Plusieurs intervenants et les corapporteurs ont rappelé les conditions dans lesquelles notre assemblée a été amenée à se pencher sur la nécessaire consolidation de ce droit.”
“On compte dix matelas au sol dans le secteur des condamnés, dont les cellules se trouvent dans un état pitoyable. Le risque d’incendie y est pointé par les agents. Le secteur des prévenus compte – situation inédite – quatre matelas au sol. Certains détenus demandent à pouvoir se reposer au quartier disciplinaire. La promiscuité crée une tension constante, les incidents se multiplient, les conditions de travail des personnels se dégradent. Il devient de plus en plus difficile d’assurer les extractions, le greffe, les parloirs, la cuisine ou les soins. Ces exemples ne sauraient être réduits à de simples anecdotes. Ils démontrent avec force que, sans contrôle parlementaire réel et effectif, les manquements les plus graves à la dignité humaine peuvent se perpétuer dans l’indifférence générale.”
“La peine, rappelons-le, c’est la privation de liberté – pas la contention physique au-delà des recommandations médicales et du cadre réglementaire, pas la privation de douche, pas l’impossibilité de soigner un abcès dentaire, pas l’obligation de faire ses besoins devant des tiers. Je veux à cet instant, monsieur le ministre, vous alerter sur les conditions de détention à la maison d’arrêt de Besançon. En septembre 2024, la contrôleuse générale des lieux de privation de liberté soulignait la dégradation des conditions d’hygiène et d’accès aux soins. Il y avait alors 384 personnes détenues dans cet établissement vétuste. Ce dimanche 29 mars au soir, le directeur de l’établissement a sonné l’alarme : ces personnes détenues sont aujourd’hui 450, avec sept arrivants entre vendredi et samedi.”
“Pour moi, ce sont les cellules disciplinaires aveugles de Fleury-Mérogis ; l’obligation faite à un avocat, compte tenu de l’exiguïté du « bureau » où il échange avec son client, de prendre des notes sur ses genoux ; la violence de l’éclairage et l’intensité sonore des immenses coursives de la prison de la Santé ; l’état sordide des chambres d’isolement de certains centres hospitaliers spécialisés (CHS) psychiatriques ; les barreaux des cages dans lesquelles sont entassés les étrangers en situation irrégulière à Mayotte avant leur transfert au centre de rétention, où des familles entières, enfants compris, sont maintenues dans de vastes salles collectives dans des conditions qui interdisent toute intimité et tout repos.”
“Admettons cependant qu’il ne fait que rendre possible un constat de l’état réel des lieux de privation de liberté – locaux de garde à vue, geôles et dépôts au sein des tribunaux, établissements pénitentiaires, établissements de santé mentale, unités hospitalières sécurisées, centres de rétention administrative et centres éducatifs fermés –, sans remédier à celui-ci. Il permet – dans des conditions encadrées – de rendre compte des conditions dans lesquelles des êtres humains y sont détenus ou y font l’objet de soins, mais non de les améliorer. Chacun, à cet instant, garde en mémoire les lieux et les situations qu’il a pu observer.”
“La valeur d’une démocratie se mesure, entre autres, à la dignité qu’elle préserve pour les plus vulnérables, y compris pour ceux que la justice a privés de liberté. C’est précisément pour que les atteintes aux droits fondamentaux ne prospèrent pas dans l’ombre que parlementaires et bâtonniers se sont vu reconnaître le droit de visiter les lieux de privation de liberté. Ce droit n’est pas un privilège : c’est une garantie démocratique essentielle. C’est en l’exerçant que beaucoup d’entre nous ont pu mettre en lumière des manquements graves à la dignité humaine. Le texte que nous examinons ce matin est nécessaire, j’y reviendrai.”
“Il est vrai que l’arrivée de Q Energy, filiale d’un groupe sud-coréen, est rassurante et je voudrais être sûre que la prochaine turbine européenne… (Le temps de parole étant écoulé, Mme la présidente coupe le micro de l’oratrice.)”
“Madame la ministre, vous m’avez pour l’essentiel rappelé des choses que les acteurs locaux connaissent déjà, étant observé que ce projet fait l’objet d’une opposition des principales communes concernées et exposées, ce que je regrette car je souhaite qu’il se développe et aboutisse. Après des interrogations sur l’impact environnemental du projet, la plupart des questions concernent la dimension économique.”
“Le directeur général a été renvoyé fin janvier, trois membres du conseil de surveillance ont démissionné et des perquisitions ont eu lieu au siège de l’entreprise en raison d’irrégularités financières. Les comptes n’ont pas été publiés en 2025. Je souhaite également appeler votre attention sur l’incertitude qui prévaut quant aux choix de turbines européennes. La puissance de 20 mégawatts (MW) par éolienne n’est en effet atteinte en routine que par les entreprises chinoises car les industries européennes n’ont développé de telles turbines que très récemment, avec Siemens. Ma question est simple. Pouvez-vous apporter à la représentation nationale et aux acteurs locaux, des réponses claires quant aux difficultés économiques que rencontre BayWa r.e. et aux intentions de l’État pour assurer la viabilité du projet éolien ?”
“Il est donc légitime de se questionner sur l’attribution du premier parc éolien flottant commercial de France à ces deux entreprises, qui ont été retenues sur le critère prépondérant du tarif de préférence le moins élevé, sans compétence préalable ni partenariat technique et stratégique établi en amont. Les difficultés financières rencontrées par la filiale BayWa r.e. attirent également l’attention. Elle accuse des pertes nettes de 1,6 milliard en 2024 ; sa dette cumulée s’élève à 5 milliards d’euros. Un plan de restructuration a été mis en place avec des suppressions d’emplois massives. Un projet de vente de parts a échoué. Concrètement, la stabilité économique du groupe est remise en cause.”
“J’ai souhaité interpeller le ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique sur la fragilité préoccupante du projet éolien offshore Pennavel, actuellement en développement sur la zone maritime Bretagne Sud 1. Les deux filiales du consortium belgo-allemand qui a remporté l’appel d’offres – Elicio et BayWa r.e. – n’ont en effet aucune expérience dans l’éolien flottant. La première, Elicio, a participé au cofinancement de trois parcs éoliens en mer fixes, au large de la Belgique, tandis que la seconde n’a jamais été impliquée dans quelque projet offshore que ce soit. Pour y remédier, un recours massif à la sous-traitance a été envisagé à toutes les étapes du projet.”
“C’est pour cela que vous n’êtes pas de gauche !”
“Il faut être à l’écoute des signes, des manifestations non verbales de cette douleur. C’est la responsabilité des soignants, face à un sujet aussi grave que celui que nous examinons, de fournir des informations adaptées et de s’exprimer de façon accessible, qu’ils soient confrontés à une personne dont les ressources sont limitées ou à un parlementaire expérimenté de niveau bac + 15. (Applaudissements sur de nombreux bancs des groupes EcoS, LFI-NFP, SOC et GDR.)”
“Je siège depuis plusieurs jours et je n’ai pas encore pris la parole. Je note les efforts des uns et des autres pour se comprendre, en utilisant parfois des termes auxquels nous n’accordons pas le même poids. Le débat qui a eu lieu précédemment et dont M. Sitzenstuhl nous a rappelé l’équilibre fragile m’incite à intervenir. Il faut préciser ce que l’on entend quand on emploie l’expression d’altération grave du discernement. J’ai été frappée de constater à quel point il était fait appel aux notions de déficit intellectuel ou de capacités intellectuelles limitées de certaines personnes, avec une condescendance qui me semble totalement inadéquate. Les soignants savent que les patients ne sont pas toujours capables d’exprimer leur sentiment d’une souffrance térébrante, qui les tétanise et les rend parfois incapables de parler.”
“Ce n’est pas de l’euthanasie puisque ce n’est pas fait à la place des gens !”
“C’est la liquidation des cerveaux qui nous dérange !”
“Cela n’a aucun intérêt de mettre en cause, de façon personnelle, les uns ou les autres. Nous sommes des élus de la nation ; nous assumons de la façon la plus forte possible nos convictions, nos positions, nos responsabilités. Si nous pouvions revenir au contenu du texte, ce serait formidable. (Applaudissements sur les bancs des groupes EcoS, EPR, SOC, DR, Dem, HOR ainsi que sur quelques bancs du groupe RN.)”
“…mais c’était mal aussi de mettre en cause la présence sur le terrain de M. Nuñez. (Applaudissements sur quelques bancs des groupes EPR et HOR.) Je connais bien M. Nuñez, que j’ai rencontré dans les quartiers, sur le terrain, en Seine-Saint-Denis quand j’étais maire de Montreuil, et je dois dire qu’il n’a jamais fait défaut quand nous avons eu besoin de lui. (Applaudissements sur les bancs des groupes EPR, Dem et HOR.)”
“C’était mal de mettre en cause, tout à l’heure, l’âge de Mme Mesmeur…”
“Monsieur le ministre, vous avez répondu de façon frontale à la provocation d’Ugo Bernalicis.”
“Un sursaut collectif doit avoir lieu, dès maintenant, si nous voulons garantir l’habitabilité future de notre planète. C’est tout l’objet de cette proposition de résolution européenne de Julie Laernoes, que je remercie pour cette initiative essentielle. Nous demandons notamment à l’Union européenne de ne pas reculer sur les objectifs 2040. Notre pays doit prendre toute sa part à ce chantier vital – et je remercie M. le ministre d’avoir fait preuve d’une si grande concentration pour m’écouter… (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS. – M. Gérard Leseul applaudit également.)”
“En 2025, 690 milliards d’euros ont été investis, dans le monde, dans les énergies renouvelables – c’est dix-neuf fois plus que dans le nucléaire. Les énergies renouvelables sont déjà la première source de production européenne d’électricité. Faire mieux, c’est aussi cesser de donner foi aux arguments éculés et aux sottises butées qu’on entend parfois dire sur ces bancs. Les énergies renouvelables seraient intermittentes ? Non stockables ? Comment avancer, si nous continuons à raconter des sottises et à juger avec mépris, sur la foi de données du siècle dernier, les performances et les choix de tous nos voisins et partenaires européens ? Si nous nions les progrès de la recherche ? Si nous ne parvenons pas à nous placer sur ces secteurs d’avenir ?”