Dominique Voynet
ECOS · France
“Au Moyen Âge – en novembre 2023 –, le groupe a souhaité expérimenter l’IA dans le travail des rédactions. Moins de trois ans plus tard était annoncé un plan social de 400 personnes, dont la moitié dans les équipes de rédaction, lors d’une réunion extraordinaire du comité social et économique du groupe.”
“On se pose la question en voyant des députés du groupe Ensemble pour la République déposer 110 amendements sur l’article unique d’une proposition de loi, votée à l’unanimité au Sénat et inscrite à l’ordre du jour de la niche GDR, en vue d’empêcher l’adoption d’une présomption d’utilisation des contenus culturels par les fournisseurs d’IA.…”
“Monsieur le premier ministre, j’ai écouté avec attention votre intervention consacrée à l’intelligence artificielle en amont du salon VivaTech. Vous y dites des choses sensées : que l’IA bouleverse et bouleversera plus encore demain notre manière de produire, d’apprendre, de nous informer et même de penser.”
“Les quatre alinéas que nous proposons de supprimer ont été modifiés en commission pour dispenser les autorisations d’intervention des lieutenants de louveterie de la consultation préalable du public en cas d’urgence ou de « dommages graves causés aux activités agricoles ou forestières ».”
“Cet amendement est important. La commission a admis la possibilité de tirer des loups dans les zones les plus protégées de notre territoire, à savoir les réserves naturelles nationales et les parcs nationaux.”
“Cent personnes au sein d’une nouvelle brigade d’inspecteurs chargés du contrôle de la sécurité sanitaire, c’est à la fois beaucoup – si on considère qu’il ne s’agit pas de créations nettes d’emplois, puisque ces agents exercent déjà des missions importantes dans d’autres services – et très peu.”
The complete record
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“Tant qu’on y est, investissons pour la cinquième et la sixième génération,…”
“Pourquoi s’en tenir à la quatrième génération ?”
“…mais en attendant, on les accumule dans des piscines de refroidissement ou des entrepôts – une solution provisoire qui dure depuis trente ans. S’agissant de l’uranium appauvri, la réalité est triviale. On dispose de ce produit en quantités phénoménales sans pouvoir l’utiliser, à court ou à moyen terme. Les déchets, ce sont des matières pour lesquelles il n’existe aucune perspective de valorisation dans des conditions économiquement acceptables et maîtrisées techniquement. Nous proposons de ne pas prolonger indéfiniment leur entreposage en retardant le stockage définitif, au motif d’une potentielle valorisation dans un futur hypothétique. Ce ne serait pas raisonnable. Le n o 720 est un sous-amendement de repli qui introduit un avis contraignant de l’ASNR lorsqu’il s’agit de requalifier les déchets nucléaires en matières valorisables.”
“Le premier vise à supprimer le 5 o sexies, qui permettrait de requalifier les déchets radioactifs en matières valorisables, afin d’en retarder l’élimination définitive et de changer les termes économiques du bilan des industries du secteur. Mais gère-t-on vraiment ces déchets ? D’après l’inventaire dressé par l’Andra, 1,76 million de mètres cubes de matière radioactive étaient stockés en France en 2021, dont une grande partie en attente d’une solution pérenne – c’est bien plus aujourd’hui. Pour les déchets à haute activité et à vie longue, qui concentrent 99 % de la radioactivité totale, nous ne disposons toujours pas de solution opérationnelle. Peut-être y aura-t-il un jour un site de stockage dans la Meuse,…”
“Sachez que la majorité des pays nucléarisés ont abandonné le retraitement, jugé non viable économiquement et trop risqué. Alors qu’Orano vend à des pays comme les États-Unis des conteneurs pour y entreposer des matières radioactives non retraitées, la France n’envisage pas cette option. Le seul pays qui pratique aussi le retraitement est la Russie… c’est vraiment encourageant. Appelons un chat un chat, faisons preuve d’honnêteté intellectuelle. Si vous voulez la transparence, parlez de « retraitement », non de « recyclage ». (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe EcoS et sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Nous proposons de remplacer le terme « recyclées » par celui de « retraitées ». Parler de recyclage constitue en effet une forme de vérité alternative, relève de la pensée magique. Le retraitement est en fait une opération partielle, coûteuse et polluante. Il s’agit de fracturer, de séparer des produits radioactifs, d’isoler du plutonium, des actinides, des déchets de haute activité et à vie longue, des déchets à vie longue de faible ou de moyenne activité. En outre, on ne parle jamais de l’usage massif de produits chimiques, présenté comme accessoire. Maxime Laisney a décrit l’aval du système, qui conduit à stocker jusqu’à 90 tonnes de plutonium sur des étagères et à refroidir des combustibles complexes dans des piscines saturées, qui doivent être à leur tour refroidies.”
“Je suis étonnée que vous ne soyez pas plus curieux, chers messieurs d’en face ! Je ne compte même pas les 23 milliards déjà engloutis dans Flamanville. Avons-nous les moyens de financer en parallèle de nouvelles installations et un renouvellement complet des installations plus anciennes ? J’en doute.”
“Précisément ! C’est un vrai problème ! Quand on pose des questions précises, on nous répond toujours que c’est une estimation « à la louche ».”
“Rappelons que, selon la Cour des comptes, la construction de six nouveaux réacteurs coûtera déjà 51,7 milliards d’euros – chiffre provisoire qui sera réévalué.”
“On y a détecté, en juin 2025, de nouvelles microfissures dues à la corrosion sous contrainte sur des tuyauteries qui avaient été remplacées à peine deux ans auparavant. Or certaines parties de ces circuits, notamment celles qui sont situées autour du circuit primaire, ne pourront jamais être intégralement changées car elles sont inaccessibles une fois le béton coulé ou intégré dans l’enceinte de confinement. Résultat : des coûts de fonctionnement qui explosent, une surveillance renforcée, des modélisations qui prennent beaucoup de temps, des arrêts prolongés. Tout cela pèse lourd. Vouloir moderniser à tout prix la totalité du parc existant, y compris là où c’est techniquement impossible, c’est s’engager dans une spirale d’investissements inefficace.”
“L’amendement n o 716 est facile à défendre : il vise à ce que toute prolongation du fonctionnement d’une centrale existante soit conditionnée à la garantie d’un niveau de sûreté au moins équivalent à celui requis pour les centrales neuves qui seraient mises en service au même moment. Nous ne sommes pas prêts à renoncer à un haut niveau de sûreté, lequel est garanti par l’ASNR, comme vient de le rappeler Charles Fournier. L’amendement n o 717 vise à supprimer une obligation irréaliste : le renouvellement de l’ensemble des installations nucléaires sans évaluation préalable de la faisabilité technique et du coût. Depuis hier, nous avons évoqué à plusieurs reprises le cas de la centrale de Civaux, une des plus récentes du parc.”
“C’est un argument des années 1980 ! Ça ne nous rajeunit pas !”
“Nos citoyens attendent des résultats concrets à court terme face à l’urgence climatique, mais nous sommes en train de leur dire que, dans huit ou dix ans, nous saurons peut-être, à coups de milliards, s’il est possible de continuer à développer un projet tel qu’Iter. Je propose pour ma part d’orienter ces milliards vers les énergies renouvelables, solaire, éolienne et même hydrogène, qui sont bien plus rapidement mobilisables, plutôt que de parier sur une chimère technologique à l’horizon incertain. (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS.)”
“Pour le moment, on a surtout coulé du béton : je rappelle que le complexe tokamak est composé de 400 000 tonnes de béton et de ferraille. Je veux ici de nouveau souligner, parce que nous serons immanquablement caricaturés, que nous ne sommes évidemment pas hostiles à la recherche. (Exclamations sur les bancs du groupe RN.) Cependant, nous souhaitons éviter que se reproduisent certaines erreurs du passé, puisqu’il est arrivé que l’on passe trop vite de travaux théoriques, validés ou pas en laboratoire, à des installations expérimentales, puis à des infrastructures d’une ambition considérable ; or cela pénalise nos marges de manœuvre financières et nous empêche de financer les énergies renouvelables.”
“Au-delà de l’aspect financier sur lequel je reviendrai, Iter représente un pari technologique majeur. De nombreuses voix scientifiques se sont élevées pour mettre en doute la pertinence de ce projet coûteux, dont l’issue reste incertaine. Même au cas où l’on réussirait à produire du plasma, ce qui n’est à ce jour qu’une hypothèse théorique, la résistance des matériaux utilisés n’est pas garantie. Nous en sommes déjà à vingt ans de recherches et 25 milliards auraient été dépensés pour ce projet ! (« L’éolien, c’est combien ? » sur les bancs du groupe RN.) La direction d’Iter a annoncé l’an dernier huit nouvelles années de retard, pour l’instant, et un surcoût du même ordre que ce qui a déjà été dépensé, pour assez peu de résultats.”
“Nous pourrions également parler du démantèlement de la centrale expérimentale de Brennilis en Bretagne : bien qu’elle soit toute petite, son coût est évalué à 850 millions d’euros, soit deux fois plus que le montant initialement prévu. Mettre fin à cette opacité budgétaire et assumer la responsabilité des centrales du berceau à la tombe suppose certes de planifier les constructions et de prévoir les prolongations, mais à l’heure où vous parlez de relance du nucléaire, oublier ce qu’il adviendra des installations une fois leur cycle de vie achevé reviendrait à cacher la vérité des coûts. Inscrire le démantèlement dans les coûts, c’est faire preuve de rigueur, de transparence et de responsabilité à l’égard des générations futures. (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS et sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Monsieur le rapporteur, il convient en effet d’assurer la transparence totale des coûts du nucléaire. J’y veille personnellement – je sais que cela vous fait plaisir (Sourires) – dans le cadre de mon mandat au Haut Comité pour la transparence et l’information sur la sécurité nucléaire (HCTISN).”
“Et à la mort dans d’affreuses souffrances. (Sourires.)”
“Je crois d’ailleurs, monsieur le rapporteur, que nous étions convenus d’adopter un amendement visant à inscrire explicitement ce principe dans la loi, mais il est tombé. Or, alors que la France affirme son soutien à l’Ukraine, elle continue de dépendre de manière significative d’importations en provenance de la Russie, pour le gaz naturel liquéfié et l’uranium enrichi. Je ne vois pas bien quelle logique il y aurait à continuer d’importer de l’énergie en provenance de pays qui font l’objet de sanctions internationales, en dégradant notre balance commerciale, pour justifier une politique active de recherche d’exportations. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe EcoS.)”
“À moi aussi, il paraît hasardeux d’inscrire comme objectif dans la loi la recherche d’exportations dans le secteur de l’énergie, sachant que l’on parle essentiellement ici d’électricité. Produire toujours plus pour justifier l’exportation peut certes être tentant quand notre production est excédentaire – en 2023, la France a exporté quelque 50 térawattheures d’électricité, redevenant le premier exportateur européen après une année 2022 où elle avait dû importer 16 térawattheures. Toutefois, cette performance reste fragile. Par ailleurs, lors des débats en commission, nous avons eu un échange intéressant sur la nécessité de mettre en cohérence notre politique énergétique avec notre politique étrangère.”
“Il est essentiel d’inscrire dès à présent dans les objectifs de la politique énergétique nationale le renforcement de ces interconnexions. Ce n’est pas un simple outil technique, mais une condition de la résilience, de la solidarité et de l’efficacité de notre politique de transition énergétique.”
“Elles permettent de mutualiser les ressources de production électrique et sont un levier essentiel face à l’alternance des renouvelables : quand il y a du vent dans une région, mais pas de soleil dans une autre, elles rendent possible la circulation de l’électricité là où cela est nécessaire. Leur rôle ne s’arrête pas là. Vous avez décrit la subtilité, à la seconde près, des systèmes de régulation nécessaires pour assurer la stabilité du réseau. Avec le dérèglement climatique, les risques sur la production nucléaire augmentent aussi. Nous l’avons vu en 2022 : en faisant baisser le niveau des rivières, la sécheresse a entraîné la mise à l’arrêt de plusieurs réacteurs. Dans ce cas-là, les interconnexions deviennent vitales pour pallier les irrégularités de production.”
“Il tend à insérer les mots « notamment par le renforcement des interconnexions régionales et européennes » à la fin de l’alinéa 2. La note scientifique produite par Jean-Luc Fugit et Daniel Salmon pour l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (Opecst) met en évidence l’ampleur des investissements nécessaires dans les années à venir pour adapter le réseau électrique aux besoins et aux usages ainsi que pour réduire les vulnérabilités de notre système. Ces interconnexions, qu’elles soient régionales ou européennes, sont indispensables à une politique énergétique efficace.”
“La crédibilité du nucléaire repose sur la solidité et la sérénité de nos débats en la matière. Je sais que nos échanges sont toujours plus éruptifs à la reprise de vingt et une heures trente, mais il serait dommage que les débats dégénèrent dans une tournure superficielle et que nous soyons incapables de nous écouter sur une question aussi sérieuse. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes EcoS et LFI-NFP.)”
“Juste quelques mots en réponse à l’intervention de M. Sitzenstuhl. Franchement, est-ce le discours des militants antinucléaire qui a affaibli la tuyauterie en acier du circuit d’injection de sécurité (Applaudissements sur les bancs des groupes EcoS et LFI-NFP) et qui est responsable de la corrosion sous contrainte qui a entraîné l’arrêt simultané de nombreuses tranches nucléaires ?”
“Faisons preuve d’un peu de sagesse et respectons l’esprit du ZAN. Monsieur le rapporteur, vous renvoyez ces discussions à plus tard, mais cela fait des mois que nous parlons sans arrêt du ZAN et que chaque texte est l’occasion de nouveaux coups de boutoir contre la loi « climat et résilience », qui avait pourtant été largement adoptée par l’Assemblée nationale et par le Sénat. Il est franchement désolant de reculer sans cesse en sacrifiant l’environnement, la biodiversité et l’avenir de l’humanité ! (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS.)”
“Je ne fais pleurer personne, je vous alerte ! (M. Dominique Potier applaudit.)”
“Ces projets créeront très peu d’emplois ou de valeur ajoutée et entraîneront de graves conséquences pour l’environnement, pour la ressource en eau et pour la disponibilité du foncier. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe EcoS.) Cessez donc de verser dans la caricature pour faire pleurer votre audience ! (Exclamations sur plusieurs bancs des groupes RN et UDR.)”
“Au cours de la dernière demi-heure, plusieurs orateurs ont plaidé pour accorder de la liberté aux maires de petites communes souhaitant sauver leur école ou accueillir quelques emplois. Pourtant, la réalité concrète que nous connaissons tous, dans chacune des 577 circonscriptions de France, c’est la multiplication ou la pérennisation de zones d’activité, de zones commerciales, de zones artisanales, de zones industrielles (Applaudissements sur quelques bancs du groupe EcoS) , en concurrence les unes avec les autres, qui finiront par devenir des friches sur lesquelles s’installeront d’énormes hangars, des stocks de matériaux pondéreux ou encore des garages accueillant des poids lourds pendant le week-end.”
“Il y a trois mois, la proposition de loi Duplomb ne l’était pas non plus !”
“Vous avez le nez qui pousse ! (Mme Dominique Voynet mime le nez de Pinocchio.)”
“Le prix du travail, il est aussi plus cher chez nous !”
“…et de mépriser le sort d’un écrivain persécuté par un gouvernement autoritaire. Dès lors, et malgré les intrigues, les provocations et les arrière-pensées domestiques, nous voterons pour la libération de ce grand écrivain dont la place n’est pas en prison. (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS et sur plusieurs bancs du groupe SOC.)”
“Soyons clairs : le texte issu des débats en commission, puis en séance publique, n’est pas de nature à apaiser les tensions. Le piège est cependant tendu : soit nous votons un texte exigeant la libération immédiate et inconditionnelle de Boualem Sansal mais qui la rend plus hasardeuse encore, tant il comporte de dispositions semblant relever du règlement de comptes avec le gouvernement algérien, soit nous ne votons pas ce texte, et nous nous voyons alors accusés d’être des agents de l’étranger…”
“L’intérêt majeur du texte réside dans son titre : il s’agit d’appeler à la libération immédiate et inconditionnelle de Boualem Sansal. En revanche, on peut se demander si le détail du texte n’est pas de nature à jeter de l’huile sur le feu, tant il s’applique à condamner, voire à menacer le gouvernement algérien. Les relations entre la France et l’Algérie ne sont pas au beau fixe, après la reconnaissance contestable, par la France, des droits du Maroc sur le Sahara occidental et les attaques désastreuses de Bruno Retailleau contre le gouvernement algérien, dont on a pu constater l’éclatante efficacité.”
“Nous devons être à la hauteur de l’histoire que nous incarnons, celle de la République française, celle d’un pays qui défend les libertés, mais qui sait aussi les préserver par la force tranquille de sa diplomatie. Au nom de cette tradition, au nom de la dignité humaine et au nom d’une parole politique qui ne se résout ni à la faiblesse ni à la brutalité, je vous appelle non pas à reculer, mais à faire un pas de côté, qui favorise l’intelligence et l’apaisement. C’est parfois dans la retenue que l’on déploie la plus forte des solidarités ; c’est par la diplomatie que l’on construit les victoires durables. Faisons le choix de la responsabilité et du dialogue. (Applaudissements sur les bancs des groupes EcoS et SOC.)”
“On en conviendra : exiger la libération inconditionnelle de Boualem Sansal en alignant des conditions, des exigences, des menaces – larvées ou frontales –, c’est se moquer du monde. La formulation volontairement modeste de l’amendement de diplomatie humaniste déposé par Sabrina Sebaihi s’explique par la volonté de ne pas prendre en otage la liberté d’un homme et de ne pas attiser les tensions. Dans le contexte franco-algérien, chaque mot compte ; chaque silence aussi. Nous refusons de voter un texte par lequel on croit défendre la liberté mais qui risquerait d’en éloigner celui que nous voulons libérer. Oui, il faut parler, mais il faut parler juste, non pas pour condamner dans le vide, mais pour agir dans le réel. Pour cela, il faut bâtir des ponts, non pas ériger des tribunes.”
“Cette récupération politique détourne l’attention des véritables enjeux : la défense des libertés fondamentales et le respect des droits de l’être humain. Il est impératif de dénoncer cette instrumentalisation. La mobilisation pour la libération de Sansal doit rester ancrée dans une démarche humaniste et universelle, exempte de toute récupération idéologique. Nous ne pouvons permettre que la cause de la liberté soit détournée pour alimenter des discours de division et de haine. Nous, écologistes, sommes prêts à voter cette proposition de résolution, à la condition que le texte soit expurgé de toute provocation, de toute surenchère. Il ne s’agit pas ici de régler tous les points de désaccord qui minent la relation entre la France et l’Algérie, mais de plaider efficacement pour la libération immédiate et inconditionnelle d’un homme.”
“…mais pour renforcer des discours stigmatisants à l’égard de l’Algérie et des populations issues de l’immigration.”
“Elle doit être fidèle à sa tradition, celle qu’exprime Dominique de Villepin lorsqu’il rappelle : « Nous avons payé à travers l’histoire suffisamment cher pour apprendre qu’il n’y a qu’un chemin, […] c’est celui du respect. » Je ne peux ainsi passer sous silence la dérive préoccupante que constitue l’instrumentalisation politique du cas de Boualem Sansal par la droite et l’extrême droite. Ces forces politiques, qui s’érigent aujourd’hui en parangons autoproclamés de la liberté d’expression, semblent utiliser la situation de Boualem Sansal pour servir des agendas idéologiques bien éloignés des principes universels des droits humains. (Mme Christine Arrighi et M. Pierre Pribetich applaudissent.) Des figures de la droite extrême ont exprimé leur soutien à Boualem Sansal, non pas par souci de justice,…”
“À travers l’amendement de réécriture que nous avons déposé, nous proposons de redonner à la diplomatie parlementaire sa voix d’équilibre et d’intelligence. Nous voulons que la République française parle d’une voix qui ne crie pas, mais qui soit entendue. Nous demandons un geste d’humanité, eu égard à l’état de santé de Boualem Sansal, en nous plaçant dans les pas du président de la République et du ministre des affaires étrangères. Nous adressons une main tendue, non pas un coup de menton. Le ton actuel de cette proposition de résolution européenne porte en lui le risque d’une escalade symbolique, stérile et contre-productive. En diplomatie, les mots ont un poids, qui peut peser lourd dans la balance des négociations. La France ne doit pas être le pays qui, par maladresse ou arrogance, referme les portes qu’il faut ouvrir.”
“Je prends la parole ce soir avec gravité et avec la conscience aiguë de ce que ce moment exige de nous toutes et tous : de la hauteur, du respect, de la responsabilité. L’arrestation de Boualem Sansal, sa détention, les atteintes à ses droits fondamentaux nous bouleversent. La place d’un écrivain n’est jamais en prison. Cependant, notre devoir, en tant que parlementaires français, ne se limite pas à l’indignation ; il s’étend à la manière dont nous exprimons notre solidarité et aux conditions dans lesquelles nous œuvrons à sa libération, car un mot mal choisi peut refermer une porte que nous voulions entrouvrir. Les écologistes ont toujours été aux avant-postes du combat pour les libertés. Cependant, nous savons aussi que la diplomatie est une science de l’efficacité, non une simple posture de dénonciation stérile.”
“( Exclamations et sourires sur divers bancs.) En une heure, j’approfondirai ce que je n’ai pas pu dire en cinq minutes. Ce ne sera pas du temps perdu, je vous le promets. ( Applaudissements sur quelques bancs du groupe EcoS.)”
“Misons plutôt sur des technologies matures, comme Charles de Courson nous y a invités tout à l’heure, sur des technologies sûres, propres, économes, pacifiques, créatrices d’emplois et de richesses locales, partagées avec tous nos voisins. J’entends déjà ricaner ceux dont les seules connaissances en la matière viennent des déjeuners avec des lobbyistes ou de la lecture d’une bande dessinée à succès et ceux qui, comme M. Amblard, ignorent qu’il faut produire trois kilowatts pour en apporter un seul au consommateur final. Nos problèmes ne viennent pas des moulins à vent ou de l’Europe. Arrêtons de croire que le reste du monde a tort et que nous avons raison, parce que nous sommes Français. Ne laissons pas le prince décider seul. Ne cédons pas à l’ébriété technologique. Monsieur le premier ministre, invitez-moi à déjeuner.”
“Toutefois, miser prioritairement sur le nucléaire reviendrait à aggraver notre retard dans la transition énergétique et à renoncer durablement à une électricité abondante et compétitive. Ce serait reproduire l’erreur du minitel contre internet.”
“Cinquièmement, le modèle économique du projet est encore incertain. À 70 euros par mégawattheure, EDF ne parvient déjà pas à vendre son électricité nucléaire aux industriels électro-intensifs, qui menacent de s’expatrier. Cela a valu son poste à M. Luc Rémont. Il est donc difficile d’imaginer qu’EDF puisse trouver des acheteurs lorsque le prix s’élèvera à 100 euros par mégawattheure. Ici, on torpille le photovoltaïque, quand nos voisins européens continuent à investir massivement dans les énergies renouvelables, bien moins coûteuses. En 2023, 623 milliards d’euros ont été investis dans les énergies renouvelables, contre 23 milliards dans le nucléaire : c’est vingt-sept fois moins. Alors, que faire ? Personne ne propose de sortir du nucléaire du jour au lendemain.”
“Ensuite, le contrat sur la différence garantit à EDF une rémunération de 100 euros par mégawattheure produit, soit un niveau très supérieur au prix du marché, mais qui demeure insuffisant pour garantir la rentabilité de l’EPR, selon la Cour des comptes. Le coût d’une telle mesure se chiffre en dizaines de milliards d’euros. Enfin, les coûts induits sont importants, en particulier s’agissant du raccordement de nouveaux réacteurs au réseau et de la refonte complète de ce que le petit monde du nucléaire appelle « l’aval du cycle ». On parle ici de 40, 50 voire 100 milliards supplémentaires pour le retraitement, alors même qu’il s’agit d’une solution contestable et que le simple stockage des combustibles usés permettrait d’en économiser une bonne partie. Les Américains procèdent ainsi, grâce aux procédures et à la technologie d’Orano.”
“En mars 2025, le Conseil de politique nucléaire a précisément demandé à EDF de présenter un chiffrage engageant en coûts et en délais. Alors que la Cour des comptes rappelle qu’il est nécessaire de sécuriser le financement de ce dossier, il avance comme si l’expérience ne nous avait rien appris. Nous en sommes donc à 100 milliards mais, en réalité, l’addition sera bien plus salée, en raison des mécanismes de soutien complémentaires, au coût exorbitant. D’abord, le prêt à taux zéro, dont les autres modes de production d’électricité ne bénéficient pas, viendra alourdir le poids de la dette nationale. C’est un sujet de tensions pour le ministère de l’économie et des finances, comme l’a reconnu récemment le PDG d’EDF. On comprend pourquoi.”
“Les réacteurs doivent être refroidis en permanence, donc être bâtis à proximité d’un cours d’eau ou de la mer. Je rappelle que l’échéance du fonctionnement des nouvelles centrales est fixée en 2100. Qui oserait affirmer que les cours d’eau pourront continuer à remplir cette mission jusqu’à cette date, alors même que les situations de stress hydrique augmenteront inexorablement sous l’effet du changement climatique ? Qui saura gérer l’impact de l’élévation du niveau des eaux et de l’extension des zones inondables et en bord de mer ? Quatrièmement, la question du coût n’est pas résolue. Le budget initialement annoncé a déjà explosé : alors qu’EDF nous annonçait un coût de 52 milliards en 2019, son PDG a annoncé en 2025 qu’il s’élevait désormais à 100 milliards.”
“Dans n’importe quel autre secteur, on parlerait de fiasco industriel. Faut-il vraiment le reproduire à six, huit ou quatorze exemplaires ? N’est-ce pas là un pari extrêmement risqué ? J’ai cinq préoccupations à ce sujet. Premièrement, la faisabilité d’un tel projet n’est pas assurée. L’EPR 2 est très différent de son prédécesseur. Son design a déjà pris un an de retard. Sa constructibilité reste hautement hypothétique. Deuxièmement, le calendrier n’est pas réaliste. La date de 2035, initialement avancée, n’était pas crédible. L’échéance a ensuite été reportée à l’année 2038 et je ne doute pas qu’elle continuera d’être reportée. Faudra-t-il se donner rendez-vous en 2045 pour y voir plus clair ? Troisièmement, l’impact du changement climatique a été insuffisamment pris en compte.”