Jean-Paul Lecoq
GDR · France
“D’abord, les inégalités sociales persistent, preuve que l’on ne peut se contenter d’appeler à la responsabilité individuelle quand l’accès à une alimentation saine dépend du revenu. Ensuite, notre action reste trop centrée sur les comportements, alors que l’environnement alimentaire détermine largement les choix des individus.”
“Les maladies cardio-neuro-vasculaires occupent une place paradoxale dans notre débat public : elles furent pendant longtemps la première cause de mortalité en France, et pourtant elles demeurent trop souvent absentes des priorités politiques.”
“La contraception hormonale ainsi que la ménopause peuvent entraîner une augmentation du risque. De plus, les principaux facteurs de risque, la mauvaise alimentation, l’inactivité physique, la consommation de tabac et l’usage nocif de l’alcool vont de pair avec les inégalités sociales.”
“En entreprise comme à l’école, les actions de sensibilisation deviendront annuelles et pourront associer un large éventail d’acteurs : associations agréées, mutuelles, étudiants en santé, mais aussi personnes morales de droit privé. Sur ce dernier point, notre groupe souhaite exprimer une réserve.”
“Cette gouvernance éclatée empêche toute stratégie cohérente et ambitieuse. Les résultats sont là : 20 millions de personnes en France présentent des pathologies liées à l’alimentation.”
“Confier à des acteurs privés, potentiellement guidés par des logiques commerciales, des missions de sensibilisation sanitaire nous semble être le symptôme d’une privatisation silencieuse de compétences qui devraient rester pleinement régaliennes.”
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“C’est quand on abandonne cette exigence que la France est oubliée, qu’elle n’est plus respectée. Votre majorité n’aurait pas dû faire cette proposition d’allonger la durée de rétention. Elle aurait dû considérer qu’il fallait vous laisser le temps de faire les démarches nécessaires, de rencontrer les différents chefs d’État, afin de montrer que la France ne cherche pas à garder longtemps leurs ressortissants en centre de rétention administrative, mais qu’elle souhaite au contraire qu’ils puissent rentrer chez eux le plus rapidement possible.”
“Je préfère votre action à l’égard de l’Algérie à celle du président de la République, qui a reconnu le Sahara occidental marocain. C’est cette reconnaissance qui a dégradé les relations entre notre pays et l’Algérie. Appuyons-nous sur le droit international, de même que nous vous proposons ce matin de vous appuyer sur les droits de l’homme, sur les droits universels. C’est sur la base de ces droits que notre République, notre démocratie, montrera la qualité de ses valeurs et pourra rayonner sur le monde.”
“Je pense que ce sont des relations de ce type que nous devrions avoir avec les pays desquels nous essayons d’obtenir des laissez-passer consulaires.”
“Il vise à supprimer les alinéas 2 et 3, afin de limiter l’extension des conditions de détention en CRA aux fins de prolongation du maintien au-delà de la durée maximale de rétention. Monsieur le ministre, j’ai l’impression que votre majorité n’a pas confiance en vous. ( Exclamations sur les bancs du groupe EPR. ) Quand vous êtes entré en fonction, en tant que ministre de l’intérieur, vous avez engagé des démarches que je ne peux que saluer. J’ai beaucoup apprécié votre déplacement en Algérie. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Or l’article 7 subordonne le maintien en rétention à la menace supposée pour l’ordre public, indépendamment de toute perspective réelle d’éloignement, détournant ainsi la rétention de son objet légal. Cette approche est contraire à la directive relative aux normes et procédures communes applicables dans les États membres au retour des ressortissants de pays tiers en séjour irrégulier, dite directive retour. Elle fragilise gravement les garanties contre l’enfermement arbitraire. De surcroît, le Conseil constitutionnel a jugé, en août 2025, en se prononçant sur la proposition de loi sénatoriale, que cette disposition était contraire à l’article 66 de la Constitution. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Le groupe GDR s’oppose à cette mesure, considérant qu’elle s’inscrit dans une logique de rétention de longue durée, largement critiquée et dont l’inefficacité est documentée. Depuis quarante ans, la durée maximale de rétention n’a cessé d’augmenter, passant de 7 jours en 1981 à 45 jours en 2011, puis à 90 jours en 2019, sans que ces durcissements successifs n’aient permis d’améliorer significativement l’exécution des mesures d’éloignement. En droit européen – vous vous référez souvent à l’Europe –, la rétention administrative constitue une mesure coercitive exceptionnelle et strictement encadrée, qui ne peut être justifiée que par l’existence d’une perspective raisonnable d’éloignement à bref délai.”
“L’article 7 prévoit d’allonger jusqu’à 210 jours, de manière exceptionnelle, la durée maximale de rétention administrative de certaines personnes étrangères. Cette durée est actuellement en vigueur pour des personnes condamnées pour des faits à caractère terroriste. Or les données issues de nombreuses études montrent que la rétention administrative repose sur des procédures fragiles. En 2023, près de 60 % des personnes placées en CRA ont finalement été libérées, ce qui montre à la fois l’inefficacité du dispositif et l’ampleur des placements abusifs. Allonger encore la durée de rétention ne ferait qu’aggraver la surpopulation des CRA et multiplier les atteintes aux droits fondamentaux, sans bénéfice démontré – à moins que vous le démontriez ce matin – en matière de sécurité.”
“« Travailler plus longtemps dans la semaine, plus longtemps dans l’année et plus longtemps dans la vie » professe Édouard Philippe.”
“On ne touche pas au 1 er mai tout court !”
“Plusieurs fois, nous avons demandé la suspension de l’accord entre l’Union européenne et Israël. (Applaudissements sur les bancs des groupes GDR, LFI-NFP et EcoS. – Mme Anna Pic et M. Olivier Faure applaudissent également.) Cet accord comporte une clause spécifique relative au respect des droits humains. À quoi sert-elle si vous ne l’activez pas ? Soit ces vies ne valent rien, donc vous êtes d’accord, soit vous dites enfin stop et vous vous unissez à l’Espagne pour faire suspendre cet… (Le temps de parole étant écoulé, Mme la présidente coupe le micro de l’orateur. – Les députés des groupes GDR, LFI-NFP et EcoS ainsi que quelques députés du groupe SOC se lèvent et applaudissent ce dernier.)”
“(Applaudissements sur les bancs des groupes GDR, LFI-NFP et EcoS.) Israël a décidé de mener une guerre d’anéantissement, d’abord sur la Palestine, puis sur le Liban et enfin sur l’Iran, en violation totale du droit international, avec une violence inouïe, disproportionnée, indiscriminée. Pourtant, Israël bénéficie toujours du soutien sans faille, inconditionnel de ses alliés, qui lui donnent non pas le droit de se défendre, mais celui de bafouer toutes les règles du droit international, tout standard d’humanité. Qu’a fait la France pour arrêter ces massacres ? Elle a formulé de petites condamnations, mais aucune sanction. (Mêmes mouvements.) Ne nous dites pas, encore une fois, que vous avez participé à des négociations. Oseriez-vous répondre cela aux familles des victimes libanaises des bombardements ?”
“Ma question s’adresse au premier ministre. La semaine dernière, alors que s’amorçait le cessez-le-feu entre l’Iran et les États-Unis, l’armée israélienne a bombardé à cent reprises le Liban en moins de dix minutes : Beyrouth, sa banlieue, le Sud-Liban et la Bekaa, des quartiers densément peuplés, des zones civiles ciblées, sans avertissement, avec un bilan – qui ne cesse de s’alourdir – de plus de 300 morts et de 2 000 blessés. Ce schéma rappelle celui qu’a suivi l’armée israélienne en Iran. Le gouvernement d’Israël ne fait pas la guerre à un régime en Iran ou à une faction politique armée au Liban, mais à tout un peuple et même à plusieurs.”
“Tu es le seul membre de ton groupe présent !”
“Tu parles d’un symbole ! C’est l’expression de la lutte des classes !”
“On l’a fait une fois, on a vu ce que ça a donné.”
“Elle va parler combien de temps comme ça ? Ce n’est pas normal de laisser le gouvernement faire ça !”
“Le droit international, ça vous dit quelque chose ?”
“Vous, vous pouvez partir, vous verrez que ça ira tout de suite mieux !”
“Vous êtes venue pour faire la leçon ? Nous ne sommes pas à l’école !”
“Ce n’était pas la peine de revenir à la tribune pour répéter ce que vous avez déjà dit !”
“Il n’y a même pas dix députés pour applaudir !”
“Il y a une force qui n’est pas sur cette ligne, et elle est présente !”
“Pas d’insultes ! Madame la présidente, dites à la ministre de se calmer !”
“Arrêtez de nous faire la leçon ! On n’est pas à l’école !”
“Cela laisse le temps de faire des bébés !”
“La notion d’urgence telle qu’elle a été définie par Ugo Bernalicis est importante. Les parlementaires qui visitent un lieu de privation de liberté le font parce qu’ils ont été alertés ou interpellés au sujet de son fonctionnement – qu’il s’agisse d’un CRA, de personnes incarcérées dans un commissariat après des manifestations, etc. Dès lors, tout retard devient suspect. Il est donc indispensable de justifier le moindre refus, la moindre attente, sans quoi il s’agirait de facto d’une atteinte à notre droit imprescriptible à visiter des lieux de privation de liberté. Entendez ce message ! Ne permettez pas que ce droit soit limité ; notre fonctionnement démocratique en dépend.”
“Nous disposons de talents, même si nous ne savons pas toujours les garder, et de start-up, même si l’une d’elles, installée à Marseille, vient de déménager à Munich – ce qui est regrettable. Le retour géographique exigé par l’Union européenne pour les investissements auxquels elle consent est donc problématique. Dans la mesure où seuls trois pays sont ultraperformants, ce retour géographique ne constitue-t-il pas une absurdité dans le domaine spatial ? La dissémination des investissements sur l’ensemble du territoire européen risque au contraire de poser un problème. Où en sommes-nous sur ce point ? Le gouvernement vous a-t-il accompagné en promouvant une forme d’exception spatiale, comme on a mis en avant une exception culturelle ? Selon vous, serait-il légitime de défendre une telle idée ?”
“En ce qui me concerne, je garde les pieds sur terre, mais la tête dans l’espace, j’aime bien ! (Sourires.) J’aborderai plusieurs points. L’orbite basse est l’une des plus fragiles et l’une des plus sensibles, et nombreux sont les satellites qui y circulent. Les normes que nous avions soutenues pour le retour des satellites se sont révélées handicapantes parce que coûteuses à mettre en œuvre. En face, l’un de nos concurrents considère l’espace à peu près comme un far west : aux États-Unis, on pense que l’absence de normes, c’est mieux parce que cela favorise la recherche et l’innovation. Qu’en pensez-vous ? Les choses évoluent-elles dans le bon sens ? D’autre part, nous sommes champions d’Europe en matière de spatial mais tous les États membres ne jouent pas le même match ! Il n’y a en vérité que l’Italie, l’Allemagne et la France.”
“Je trouve la métaphore de l’alignement de planètes bienvenue lorsqu’on parle de spatial !”
“Le groupe de la Gauche démocrate et républicaine souhaite rappeler son soutien aux populations civiles de la région et son attachement à l’autodétermination des peuples, à l’intégrité territoriale, au respect des minorités dans tous les pays ainsi qu’au respect du droit à la justice et du droit international. La France doit cesser sa diplomatie du « deux poids, deux mesures ». Qu’est-ce qu’on entend par « deux poids, deux mesures » ? Monsieur le ministre, les mots comptent et à chaque fois que je vous entends dire « on ne soutient pas », ce n’est pas la même chose que de dire « on dénonce », « on condamne » ou « on sanctionne ». Ce qu’on attend de vous, ce qu’on attend de la France, c’est qu’elle se positionne et qu’elle sanctionne les crimes.”
“Les ministres israéliens de la défense et des finances ont déclaré cette semaine que la frontière israélienne devait être avancée jusqu’au fleuve Litani. Les volontés expansionnistes d’Israël sont bien connues. Israël et les États-Unis violent régulièrement la souveraineté d’États tiers car ils savent que vous ne ferez rien. Cet été, le Conseil de sécurité des Nations unies a décidé de mettre fin au mandat de la Finul à la fin de l’année 2026, grâce à la France, alors que les États-Unis et Israël faisaient pression pour une fin immédiate. La durée de son mandat doit non seulement être prolongée, mais son périmètre d’action doit également être étendu. La Finul doit devenir une force d’interposition garantissant au Liban le respect de l’intégrité de son territoire.”
“Créée en 1978, la Force intérimaire des Nations unies au Liban, la Finul, a pour mission de contrôler la cessation des hostilités au Sud Liban et d’assurer un accès humanitaire aux civils. La France est le cinquième contributeur de personnel civil et militaire en janvier 2026 avec 635 Français. Cette force est régulièrement la cible d’attaques. Que fait la France pour protéger ces militaires déployés au Liban sous drapeau onusien ? Quelles sanctions ont été prises à l’encontre de toutes les parties qui ont visé ces forces ? Comme dans de nombreuses guerres, les premières victimes sont les civils pris en étau entre deux camps, ici Israël et les États-Unis, d’un côté, le Hezbollah et l’Iran de l’autre. Les habitants du Sud Liban ne veulent pas partir. Ils savent qu’Israël veut s’étendre.”
“L’Assemblée a publié un très bon rapport sur le sujet !”
“Ainsi, lorsque les Américains veulent s’approprier des richesses, c’est mal, mais l’Union, elle, peut déclarer : « c’est pour nous » (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP) , tout en affirmant que les Groenlandais doivent décider souverainement pour eux-mêmes. Tout est dit ! J’en viens à la sécurité européenne, souvent menacée à l’Est ces dernières années, et désormais également à l’Ouest. Emmanuel Macron a pris les devants en organisant à deux reprises un exercice militaire conjoint au Groenland. Il apparaît assez clairement que le but est, in fine, de construire une armée européenne. Le groupe GDR et les députés communistes y sont opposés.”
“On peut lire dans la recommandation de 2025 qu’ « au regard de l’importance des ressources naturelles de l’Arctique, notamment dans le domaine des hydrocarbures, des terres rares et de la pêche », le Parlement européen recommande « de veiller à ce que cette coopération, d’une part, contribue à la croissance démographique et à la revitalisation des communautés locales dans l’Arctique et, d’autre part, réduise la dépendance de l’Union à l’égard de la Chine et d’autres fournisseurs peu fiables ; de tenir compte des intérêts stratégiques de l’Union lorsqu’il s’agit d’assurer l’accès à des matières premières critiques auprès de partenaires fiables et partageant les mêmes valeurs, ainsi que la croissance économique de l’Union ».”
“Elle appelle à renforcer les partenariats consensuels en ce qui concerne l’extraction et le traitement durable des ressources naturelles, notamment concernant les hydrocarbures, les terres rares et la pêche. J’aime assez la référence au traitement durable des hydrocarbures, parfait oxymoron !”
“L’Assemblée générale de l’ONU n’est-elle pas l’instance la plus qualifiée en matière de droit international ? Revenons à l’échelle régionale, celle de l’Europe et, plus particulièrement, de l’Union européenne. La proposition de résolution européenne qui nous est soumise aborde deux thèmes qui nous interpellent : la sécurité collective de l’Union et son autonomie stratégique. Ces deux points rejoignent une recommandation européenne, issue du groupe Renew Europe, adoptée le 26 novembre 2025 par le Parlement européen. Étonnamment, cette recommandation prône un rapprochement stratégique entre l’Union et l’Otan dans le domaine de la défense, allant jusqu’à des exercices conjoints défensifs dans la région du Grand Nord. Une autre partie de la recommandation relative aux ressources naturelles interpelle.”
“Force est de constater que nous répétons nos erreurs, à moins qu’il ne faille y voir une stratégie. Bien qu’Emmanuel Macron soit président de la République, la France ne se réduit pas à sa personne, et heureusement ! Je ne cesserai de répéter que le droit international doit être notre boussole. La souveraineté des États n’est pas à vendre. Le droit des peuples à l’autodétermination n’est pas une option. À cet égard, j’aimerais ajouter qu’il n’est pas nécessaire de faire partie de la conférence des parlementaires de la région Arctique pour défendre le droit international. La France est membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU. Cela devrait suffire pour affirmer notre autorité, faire travailler notre diplomatie et voir avancer les sujets.”
“Un peuple habite-t-il sur le territoire qu’il convoite ? Peu lui importe. S’il la veut, cette terre devient l’intérêt des États-Unis, un intérêt de sécurité nationale. Voilà l’exemple de quelqu’un qui confond propriété avec responsabilité et pouvoir avec devoir. Le droit international n’existe pas pour Donald Trump. La preuve en est qu’il a enlevé le président vénézuélien et son épouse. La raison de cet enlèvement n’est pas la violation des règles électorales, mais le pétrole. Face à cette situation, qu’a fait Emmanuel Macron ? Il l’a presque félicité ! Le groupe de la Gauche démocrate et républicaine avait tenu un débat sur le rôle de la France dans l’effondrement du droit international concernant la guerre à Gaza et le soutien inconditionnel de la France à Israël.”
“Parfois, la nature se joue des hommes. Donald Trump voulait le Groenland ; les États-Unis en ont eu le climat pendant quelques jours ! Parfois, la nature a elle aussi des choses à dire… Cette proposition de résolution européenne ne vise pas seulement, comme son titre l’indique, à apporter notre soutien au Danemark et au Groenland mais relève, en réalité, de plusieurs sujets : la souveraineté territoriale, l’impérialisme états-unien et la défense européenne. L’impérialisme de Donald Trump n’est ni nouveau ni circonscrit : il concerne la bande de Gaza, le golfe du Mexique, le Venezuela, le Canada, le Groenland, Cuba et j’en passe. Les raisons en sont le pouvoir et le profit. Donald Trump a rappelé à Davos qu’il est un magnat de l’immobilier ; partout où il va, il pense constructions, titres de propriété et bénéfices.”
“Madame la ministre, la France, qui ne participe pas à toutes les actions de solidarité au même niveau, se targuait à l’ONU d’être le deuxième financeur du Fonds mondial et s’enorgueillissait de cette contribution au multilatéralisme et aux politiques internationales. Or, fait rarissime, le président de la République n’a pas participé au dernier sommet de reconstitution des ressources du Fonds, à Johannesbourg ; il était représenté par le ministre des affaires étrangères. Toute la communauté internationale en a déduit qu’il allait se passer quelque chose d’important par rapport au Fonds mondial de lutte contre le sida. Nous savons que quelque chose va se passer, que le budget est voté, que la contribution française risque de diminuer. Pourquoi alors ne voulez-vous pas nous indiquer le montant prévu ?”
“Une telle politique nécessite des moyens et toutes les interventions de sensibilisation des jeunes, à Gonfreville-l’Orcher ou au Havre, avaient lieu avec des associations. On ne mène pas des politiques publiques qu’avec des fonctionnaires ; on le fait aussi avec le soutien d’associations qui doivent avoir des moyens. C’est cela que vous allez casser. Je vous invite vraiment à revoir votre copie. Madame la ministre, vous êtes médecin, vous êtes fondamentalement d’accord avec ce que nous disons à propos de la santé. Osez interpeller Bercy ! Sinon, assumez vos responsabilités !”
“Madame la ministre, je ne vais pas vous embêter tout le temps avec des questions de financement. Toutefois, pour ma part, je suis de la génération « Ciel, mon mardi ! » C’est à travers cette émission et son présentateur que j’ai découvert les questions liées au sida et les enjeux du préservatif bon marché – je crois me souvenir que le prix était de 1 franc, à l’époque. Ensuite, pendant les vingt-cinq ans où j’ai été élu dans une ville voisine du Havre, les préservatifs y étaient gratuits. Ils étaient disponibles dans les salles de sport, dans les piscines, à l’accueil de la mairie et dans tous les espaces que fréquentaient les jeunes.”
“Si on baisse les budgets, madame la ministre, cela coûtera encore plus cher en vies et en conséquences pour l’ensemble de nos sociétés. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Je crois que nous sommes tous fiers ici que notre pays soit l’un des membres fondateurs du Fonds mondial de lutte contre le sida et qu’il ait été, dans les années que vous venez de citer, le deuxième financeur de ce fonds. J’ai bien dit le deuxième ! C’est notre fierté ! Mais nous nous inquiétons du fait que dans notre pays, les associations auront désormais moins de moyens, et qu’à l’échelle internationale, la solidarité ne va plus fonctionner. (« Eh oui ! » sur les bancs des groupes LFI-NFP et EcoS.) Quant aux raisons budgétaires invoquées, c’est comme quand on parle des maladies en France. Dans les quartiers sans médecin, les personnes sont mal soignées. Or on s’aperçoit que cela coûte encore plus cher à la sécurité sociale que si elles avaient été prises en charge dès le début.”
“Je vous invite à nous les donner… Il y a bien quelqu’un qui les détient, passez un coup de fil à Bercy ! (Vifs applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP – MM. Pierre Pribetich et Nicolas Thierry applaudissent également.)”
“Pierre Pribetich applaudit également.) Donc, madame la ministre, soit vous n’avez pas d’infos, et c’est un signal dangereux sur la nature du budget que l’on a confectionné pour la nation, soit vous en avez, mais elles sont si indécentes au yeux de ceux qui se battent contre cette maladie que vous n’osez pas les révéler ce soir, de peur que nous les commentions.”
“Madame la ministre, vous avez été interpellée par plusieurs orateurs sur le montant que la France va consacrer au Fonds mondial de lutte contre le sida. Il est tout de même incroyable que le gouvernement, alors que nous sommes réunis ce soir, dans l’hémicycle, après le vote du budget – tous les commentateurs disent : « La France a un budget ! » –, pour traiter du financement de la lutte contre le sida, ne soit pas capable de dire quel montant il compte lui consacrer. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP et sur les bancs des commissions. – M.”
“Chaque euro retiré, chaque programme suspendu, chaque engagement repoussé se traduit concrètement par des vies brisées, des contaminations évitables, des morts que l’on aurait pu empêcher. Pour toutes ces raisons, avec la conviction que ce combat dépasse les clivages partisans, les députés du groupe de la Gauche démocrate et républicaine voteront cette résolution. (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC et sur ceux des commissions. – Mmes Ségolène Amiot, Nicole Dubré-Chirat, Maud Petit et Dominique Voynet applaudissent également.)”
“Alors je demande à ceux qui veulent appliquer une logique d’austérité à l’aide publique au développement : que direz-vous lorsque la maladie l’emportera ? Qu’allez-vous dire aux familles des victimes ? Aux malades ? Qu’on a préféré financer la bombe atomique ? Au lieu de jouer un rôle moteur, d’entraîner ses partenaires européens, d’envoyer un signal clair aux financeurs publics et privés, la France recule, madame la ministre. La santé n’est pas une variable d’ajustement budgétaire et votre collègue, le ministre des affaires étrangères, ne nous a pas rassurés cet après-midi quant au maintien du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme. Face au VIH, l’histoire nous a appris que l’indifférence tue.”